COMPOSITEURS

 

 

 

ADAM Adolphe Charles. Compositeur, critique musical et directeur de théâtre français (Paris, 24 juillet 1803 ‑ rue de Buffault, Paris, 03 mai 1856) enterré au cimetière Montmartre (5e division). Fils de Jean-Louis [Johann Ludwig] Adam (Müttersholz, près de Sélestat, Bas-Rhin, 03 décembre 1758 - Paris, 08 avril 1848), pianiste, compositeur et musicologue. Epouse la cantatrice Chérie Couraud. Père de L. Adam (mort à 19 ans le 10 août 1851). Il travailla avec Benoist, puis avec Boieldieu. Son premier ouvrage, Pierre et Catherine (1829), inaugure une série de 24 œuvres, parmi lesquelles plusieurs lui ont valu une gloire durable. Il est l’auteur du plus célèbre des ballets romantiques, Giselle (1841), qui est resté l’archétype du genre. Une grande part de sa gloire lui vient de son trop fameux Noël. Créateur et directeur du Théâtre-National (1847‑1848), il donna de nombreux et fort intéressants articles de critique musicale, qui furent réunis plus tard (Souvenirs d’un musicien, Paris, 1857 ; Derniers souvenirs d’un musicien, Paris, 1859). Membre de l’Institut en 1844, il succède à son père comme professeur de composition au Conservatoire en 1849. Œuvres lyriques : Pierre et Catherine (1829) ; le Chalet (Opéra-Comique, 1834) ; le Postillon de Longjumeau (Opéra-Comique, 1836) ; le Roi d’Yvetot (1842) ; Richard en Palestine (1844) ; le Toréador (Opéra-Comique, 1849) ; Si j’étais roi (1852) ; le Sourd ou l’Auberge pleine (Opéra-Comique, 1853).

« Un des maîtres de l'opéra-comique selon la formule, un peu vieillie aujourd'hui, de Boieldieu. De ses nombreux ouvrages, les seuls qui se jouent encore assez fréquemment en France sont le Chalet et Si j'étais roi ! En Allemagne, le Postillon de Lonjumeau et la Poupée de Nuremberg jouissent encore d'une certaine vogue. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

ALFANO Franco. Compositeur italien (Naples, 08 mars 1876 San Remo, 27 octobre 1954). Professeur de composition à Bologne (1916), à Turin (1923), puis directeur de l'Académie Sainte-Cécile à Rome (1942), du Lycée musical Rossini à Pesaro (1950), enfin surintendant du théâtre Massimo à Palerme. Ses premières compositions lyriques, Miranda (1896) et la Fonte di Eschi (1898), sont aujourd'hui oubliées. Il s'impose en 1904 avec Résurrection, tirée du roman de Tolstoï. Adepte de l'école vériste, il écrivit encore l'Ombre de Don Juan (1914), la Légende de Sakountala (1923) et Cyrano de Bergerac (1936). Il termina en 1925 la partition de Turandot laissée inachevée par Puccini.

 

AUBER Daniel François Esprit. Compositeur français (Caen, Calvados, 29 janvier 1782* Paris, 12 mai 1871) enterré au Père-Lachaise (4e division, buste par Dantan). Élève de Cherubini, il débuta au théâtre avec une pièce de Népomucène Lemercier représentée au château de Chimay en 1812. A Paris, ses deux premiers ouvrages furent des échecs, mais la Bergère châtelaine en 1820 attira l'attention sur lui. Durant un demi-siècle il devait être le principal fournisseur de l'Opéra et de l'Opéra-Comique, utilisant souvent des livrets de Scribe avec lequel il s'était lié d'amitié. Il toucha à tous les genres, traitant la Neige à la manière de Rossini, avec force vocalises, et le Maçon dans un style très dépouillé. Avec la Muette de Portici, il s'installa dans la grandiloquence du grand opéra. Tout cela d'ailleurs avec une sûreté de métier qui ne laissait rien au hasard. Membre de l'Académie des Beaux-arts en 1829, directeur des Concerts de la cour en 1839, il succéda à Cherubini comme directeur du Conservatoire en 1842 et le resta jusqu'à sa mort. Parmi les 45 ouvrages qu'il signa, on peut retenir Fra Diavolo (1830), le Cheval de bronze (1835), l'Ambassadrice (1836), le Domino noir (1837), les Diamants de la couronne (1841), Haydée (1847). De 1839 à sa mort, il habita 22 rue Saint-Georges à Paris.

« Il est mort à Paris le 12 mai 1871, pendant la Commune. Compositeur très fécond, qui n'a guère écrit que pour le théâtre et surtout dans le genre de l'opéra-comique. De ses très nombreux ouvrages scéniques, plusieurs ont joui d'une vogue assez prolongée : le Maçon, Fra Diavolo, le Cheval de bronze, les Diamants de la couronne, Haydée, le Domino noir. Aujourd'hui, une seule partition de lui surnage et c'est celle d'un grand opéra : la Muette de Portici. Cette œuvre a même joué un rôle historique : c'est elle qui, en 1830, donna le signal de la révolution belge. Ce qui caractérise Auber, en effet, c'est une vigueur, une fougue qui contrastent avec la mièvrerie de beaucoup de contemporains et qui trouvent une très heureuse application dans cette pièce à thème révolutionnaire. Auber fut directeur du Conservatoire de Paris, de 1842 à sa mort. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

AUDRAN Edmond. Compositeur français (Lyon, Rhône, 12 avril 1840* Tierceville, Calvados, 17 août 1901 ou Tierceville, Seine-et-Oise, 17 mars 1901) enterré au cimetière de Montmartre (28e division). Fils de Marius Audran (1816-1887), premier ténor de l'Opéra-Comique, il s'orienta d'abord vers la musique religieuse. Il fit jouer, à Marseille, ses premières opérettes dont le Grand Mogol (1877) qui obtint un brillant succès. En 1878 il se fixa à Paris où durant vingt ans il écrira toute une série d'ouvrages bien venus. Ses partitions sont saines, simples et séduisantes. Certaines sont restées au répertoire de nos scènes d'opérettes : la Mascotte (1880), Gillette de Narbonne (1882), Miss Helyett (1890), la Poupée (1896).

Etudes à l'Ecole Niedermeyer ; prix de composition (1859). Maître de chapelle à l'Eglise Saint-Joseph de Marseille (1861). Débute à Marseille par l'Ours et le Pacha, opérette (1862) ; donne ensuite la Chercheuse d'esprit, opérette en 1 acte d'après Favart (1868) ; la Nivernaise, opérette en 1 acte (1866) ; le Petit Poucet, opérette en 3 actes (1868) ; le Grand Mogol, opérette-vaudeville en 3 actes avec Chivot et Duru (1877). Fait ensuite représenter à Paris : la Sulamite, oratorio (Salle Herz) ; la Saint-Valentin, 1 acte (Cercle Saint-Arnaud, 1878) ; en collaboration avec Chivot et Duru : les Noces d'Olivette, opéra-comique en 3 actes (Bouffes-Parisiens, 13 novembre 1879) ; la Mascotte, opéra-comique en 3 actes (Bouffes-Parisiens, 29 décembre 1880) ; Gillette de Narbonne, opéra-comique en 3 actes (Bouffes-Parisiens, 11 novembre 1882) ; la Dormeuse éveillée, opéra-comique en 3 actes (Bouffes-Parisiens, 29 décembre 1883) ; les Pommes d'Or, féerie, avec Blondeau, Monréal, Chivot et Duru (Comédie-Parisienne, 12 février 1883) ; le Grand Mogol (reprise, Gaîté, 21 septembre 1884) ; Pervenche, opéra-comique en 3 actes avec Chivot et Duru (Bouffes-Parisiens, 31 mars 1885) ; Serment d'amour, opéra-comique en 3 actes avec Ordonneau (Nouveautés, 19 février 1886) ; la Cigale et la Fourmi, opéra-comique en 3 actes avec Chivot et Duru (Gaîté, 30 octobre 1886) ; la Fiancée des Verts-Poteaux, opéra-comique en 3 actes avec Ordonneau (Menus-Plaisirs, 08 novembre 1887) ; le Puits qui parle, opérette-fantaisie avec Burani et de Beaumont (Nouveautés, 15 mars 1888) ; Miette, opéra-comique en 3 actes avec Ordonneau (Renaissance, 24 septembre 1888) ; la Fille à Cacolet, comédie en 3 actes avec Duru et Chivot (Variétés, 10 juillet 1889) ; la Lune, pantomime avec Beissier (Vaudeville, 11 mai 1890) ; l'Œuf rouge, opéra-pantomime en 3 actes avec Busnach et Vanloo (Folies-Dramatiques, 14 mars 1890) ; Miss Helyett, opéra-comique en 3 actes avec Boucheron (Bouffes-Parisiens, 12 novembre 1890) ; l'Oncle Célestin, opérette en 3 actes avec Ordonneau et Kéroul (Menus-Plaisirs, 24 mars 1891) ; Article de Paris, opéra-comique en 3 actes avec Boucheron (Menus-Plaisirs, 17 mars 92) ; Sainte-Freya, opéra-comique en 3 actes avec Boucheron (Bouffes-Parisiens, 04 novembre 1892) ; Madame Suzette, opérette en 3 actes avec Ordonneau et Sylvane (Bouffes-Parisiens, 29 mars 1893); Mon Prince, opérette en 3 actes avec Clairville et Sylvane (Nouveautés, 18 novembre 1893) ; l'Enlèvement de la Toledad, opéra-comique en 3 actes avec Fabrice Carré (Bouffes-Parisiens, 17 octobre 1894) ; la Duchesse de Ferrare, opérette en 3 actes avec Boucheron (Bouffes-Parisiens, 25 janvier 1895) ; Photis, comédie lyrique en 3 actes avec Louis Gallet (Genève, février 1896 ; reçue à l'Opéra-Comique) ; la Reine des reines, opéra bouffe en 3 actes avec Flers (Eldorado, 14 octobre 1896) ; la Poupée, opéra-comique en 4 actes avec Ordonneau et Valabrègue (Gaîté, 21 octobre 1896) ; M. Lohengrin, opérette en 3 actes avec Fabrice Carré (Bouffes-Parisiens, 30 novembre 1896). Audran a fait en outre représenter en 1887 à l'Alhambra de Bruxelles le Paradis de Mahomet, opérette en 3 actes. Il est l'auteur d'une Messe avec soli, chœurs et orchestre exécutée en 1875, à Marseille, puis à Paris (Église Saint-Eustache). Ouvrages non représentés en 1897 : les Petites Femmes, pièce en 4 actes avec Sylvane (reçue au Palais-Royal) ; la Princesse blonde, opéra-comique en 3 actes avec Chivot ; etc. En 1897, il habitait 27 rue Guillaume-Tell à Paris.

« Commença par la musique religieuse à l'école Niedermeyer pour se découvrir bientôt un tempérament de maestro léger. La plupart de ses opérettes ont connu le succès et un bon nombre d'entre elles continuent à faire le fond du répertoire. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

BACHELET Alfred. Compositeur et chef d'orchestre français (Paris, 26 février 1864 Nancy, Meurthe-et-Moselle, 10 février 1944). Grand prix de Rome en 1890, il entra à l'Opéra comme chef des chœurs dès son retour de la villa Médicis. En 1907 il montait au pupitre pour diriger Faust. Nommé directeur du conservatoire de Nancy en 1919, il y organisa les Concerts populaires qui révélèrent plus d'une partition contemporaine. Comme compositeur, il manifesta un puissant tempérament dans trois œuvres qu'il écrivit sans la moindre concession au goût des foules : Scemo (Opéra, 1914), Quand la cloche sonnera (Opéra-Comique, 1922) et Un jardin sur l'Oronte (Opéra, 1932). Elu membre de l'Académie des Beaux-arts en 1929, en remplacement d'André Messager.

 

BALFE Michael (Michael William BALPHE dit). Compositeur, chef d'orchestre et baryton irlandais (Dublin, 15 mai 1808 Rowney Abbey, Hertfordshire, 20 octobre 1870). Père de Victoire Balfe. Cet extraordinaire touche-à-tout commença des études musicales à Dublin, les perfectionna à Londres où dès l'âge de seize ans, il jouait de petits rôles au Drury Lane, puis il partit pour l'Italie travailler avec Filippo Galli. En 1827 il chante Figaro du Barbier de Séville au Théâtre-Italien de Paris devant Rossini dont il devient l'ami. En 1829 il est baryton à l'Opéra de Palerme et en 1835 chante Papageno au Covent Garden. C'est à Palerme qu'il compose son premier opéra, I Rivali di se stesso, dont il dirige lui-même la création, ce qui l'incite à entreprendre une carrière de chef d'orchestre. Il sera affiché comme tel à Paris en 1842, à Londres en 1850 au Drury Lane et dix ans plus tard au Covent Garden. Il voyagea d'ailleurs dans toute l'Europe, Russie comprise, et partout ses œuvres étaient représentées. Il en signa une vingtaine dont une Manon Lescaut que créa la Malibran (1836), une Fille de Bohême que le Théâtre-Lyrique de Paris afficha en 1869, et trois ouvrages créés à Paris : à l'Opéra-Comique le Puits d'amour (1843) et les Quatre Fils Aymon (1845), à l'Opéra l'Étoile de Séville (1845). Désireux de fonder une école d'opéra spécifiquement anglaise, il donna ses dernières œuvres à Londres. Puis, brusquement, en 1864, il abandonne toute activité musicale pour se retirer dans le Hertfordshire et y terminer sa vie en gentleman farmer.

 

BANÈS Antoine. — Compositeur français (1856–1924). => biographie

 

BARBIER Frédéric. Compositeur français (1829–1889). => biographie

 

BARBOT Paul. Ténor, compositeur et pianiste français (1827–1913). => biographie

 

BASTIDE Paul. Compositeur et chef d'orchestre français (1879–1962). => biographie

 

BAZIN François Emmanuel Joseph. Compositeur français (Marseille, 04 septembre 1816 – Paris, 02 juillet 1878), enterré au Père-Lachaise (32e division, buste en marbre par Doublemard). Second prix de Rome en 1840, il fut professeur de solfège, d’harmonie (1844), puis de composition (1871) au Conservatoire de Paris. Il fit une carrière très officielle, jalonnée d’honneurs. En 1872, il fut élu à l’Académie des Beaux-Arts. On lui doit des mélodies, des chœurs, une messe, le Christ (oratorio, 1858), environ 10 opéras-comiques dont le Trompette de Monsieur le Prince (Opéra-Comique, 1846), Maître Pathelin (Opéra-Comique, 1856), le Voyage en Chine (Opéra-Comique, 1865), ainsi que des écrits : Cours d’harmonie théorique et pratique ; Cours de contrepoint théorique et pratique ; la Musique à Saint-Malo (1885).

 

BEAUPLAN Amédée de. Compositeur et auteur dramatique français (1790–1853) => biographie

 

BEETHOVEN Ludwig van. Compositeur allemand (Bonn, 15 décembre 1770 – Vienne, 26 mars 1827).

« L'activité artistique de Beethoven s'est exercée surtout dans le domaine de la musique instrumentale pure. Ce n'est qu'incidemment qu'il s'est occupé de théâtre et Fidelio est dans son œuvre un monument resté isolé. La pièce a du reste subi entre ses mains de grandes modifications. Sous sa première forme, elle fut donnée à Vienne le 20 novembre 1805 ; elle fut remaniée et reprise dans cette même ville le 29 mars 1806 ; enfin, en 1814, toujours à Vienne, Beethoven donnait, le 23 mai, la version définitive. En 1807, Fidelio avait été monté à Prague sous sa seconde forme.

Pour cet opéra, qui lui tenait énormément à cœur, et qui contient des beautés de premier ordre, Beethoven n'a pas écrit moins de quatre ouvertures. La dernière, en mi majeur, qui figure dans la partition gravée, est celle qu'il écrivit pour la reprise de la pièce en 1814. Les autres (en ut majeur) ne se donnent qu'au concert sous le titre de Léonore, et numérotées de un à trois. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

BEMBERG Hermann. Compositeur et pianiste anglais (Paris, 29 mars 1861 – 1931). Études au Conservatoire dans les classes de Dubois, Franck et Massenet. Couronné en 1887 (prix Rossini). Débute au théâtre par le Baiser de Suzon, opéra-comique en 1 acte avec Pierre Barbier (Opéra­-Comique, 04 juin 1888) ; donne ensuite Elanie (Londres, Covent-Garden, 1892-93 ; puis New York, Métropolitain, 1894) ; la Ballade du désespéré (Aix-les-Bains, 1895), etc. Bemberg est l'auteur de nombreuses mélodies et d'une Mort de Jeanne d'Arc, composée en 1887 et non exécutée. En 1897, il habitait 30 avenue de Messine à Paris.

 

BÉRIOT Charles Wilfrid de. Compositeur et pianiste français (Paris, 12 février 1833 – Sceaux-du-Gâtinais, Loiret, 22 octobre 1914). Second fils de Charles Auguste de Bériot. Il étudia le piano avec Thalberg après être sorti de l'Ecole militaire à l'âge de vingt ans. Il enseigna le piano à l’école Niedermeyer (1886) et au Conservatoire de Paris (1887). Il est l’auteur de 2 ouvrages sur l’art d’accompagner. Principales compositions : Fernand Cortez, poème symphonique ; Fantaisie-Ballet, pour violon ; deux Quatuors, avec piano ; Trio ; Sonate, piano et flûte ; Septuor ; Sonate à deux pianos ; Ouvertures ; trois Concertos de piano ; Méthodes ; Mélodies pour le chant ; une soixantaine de morceaux de piano, etc. Il participa en 1887 à une opérette collective, le Baron Frick. En 1897, il habitait 19 rue Eugène-Flachat à Paris.

 

BERLIOZ Hector Louis. Compositeur français (La Côte-Saint-André, Isère, 11 décembre 1803* – Paris, 08 mars 1869). C’est dans un milieu familial plus favorable aux lettres qu’à la musique que s’écoula son enfance. A l’issue de ses études secondaires, qu’il achève à Grenoble en 1821, son père l’envoie à Paris préparer la carrière médicale; mais le jeune homme suit sans enthousiasme les cours de la Faculté. Il fréquente, en revanche, très assidûment l’Opéra et la bibliothèque du Conservatoire. Malgré l’opposition de sa famille, il se fait admettre en 1826 au Conservatoire et devient l’élève de Lesueur et de Reicha. Afin de pouvoir poursuivre ses études musicales et faire entendre au concert ses premières œuvres, il s’engage comme choriste aux Nouveautés. En 1830, après trois essais infructueux, il obtient le prix de Rome avec sa cantate la Dernière Nuit de Sardanapale, et part pour l’Italie, où il ne séjourne qu’un an et demi. Peu après son retour, il épouse à Paris en octobre 1833 Hariett Smithson, dont il avait découvert le talent lors des représentations shakespeariennes de 1827 et qu’il courtisait depuis ce moment. Pour subvenir aux besoins du ménage, Berlioz accepte d’écrire dans différents journaux et collabore successivement au Correspondant, à la Revue européenne, au Courrier de l’Europe, à la Gazette musicale de Paris (1834) et au Journal des débats (1835). Il publiera plus tard (1852‑1862) ces articles réunis en volumes. En janvier 1839, il est nommé conservateur de la bibliothèque du Conservatoire. Les œuvres se succèdent avec des fortunes diverses: l’échec de Benvenuto Cellini, celui de Roméo et Juliette, le demi‑succès du Freischütz, dont Berlioz a écrit les récitatifs et dirigé la reprise à l’Opéra, les scènes familiales dont l’accable une épouse qui s’adonne à la boisson, tout contribue à faire prendre en horreur la vie de Paris au compositeur. Il s’enfuit en compagnie de la jeune cantatrice Maria Recio (déc. 1842) et parcourt pendant six mois l’Allemagne. Revenu à Paris, il fait paraître son Traité d’instrumentation et entreprend la réalisation définitive de la Damnation de Faust. Ce sont ensuite les tournées triomphales en Europe centrale (1845‑1846) et en Russie (1847), puis l’échec des concerts du théâtre Drury Lane (Londres, 1848) et celui de la Société philharmonique, qu’il fonde en 1850 à Paris. La semaine Berlioz organisée par Liszt à Weimar (nov. 1852) remporte un éclatant succès qui lui vaut quelques engagements. Un second festival (1855) consacrera son triomphe dans la même ville, précédant de peu son accession à l’Institut (21 juin 1856). Entre‑temps, la mort d’H. Smithson a permis à Berlioz d’épouser Maria Recio (1854). Cependant, l’incompréhension qui entoure son œuvre en France, la mort de sa seconde femme (1862) et celle de son fils (1867) accentuent son découragement. Il parcourt une dernière fois l’Autriche (1866), l’Allemagne (1867) et la Russie (1868) ; il descend jusqu’à Nice pour y revoir la mer, préside encore un concours d’orphéons à Grenoble et rentre à Paris pour ne plus quitter sa chambre jusqu’à sa mort.

« Berlioz fut avant tout un symphoniste et ses ouvrages dramatiques se sont mal maintenus au répertoire. Les Troyens, son œuvre la plus étendue, dont la représentation exige deux soirées (1. la Prise de Troie, 2. les Troyens à Carthage), sont encore autant dire inconnus en France, bien qu'en Allemagne on les joue de temps à autre. Il en est de même de Benvenuto Cellini, Béatrice et Bénédict, un ouvrage plus court et plus léger, a été donné pour la première fois à Paris, grâce à l'initiative des « Grandes auditions de France », après avoir connu en Allemagne un certain succès. Enfin, l'œuvre de Berlioz que le public de théâtre français connaît le mieux est sa Damnation de Faust, soit une œuvre que Berlioz n'avait pas destinée au théâtre, et dont il n'est pas sûr qu'il eût approuvé la mise à la scène. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

BERNICAT Firmin. Compositeur français (1842–1883). => biographie

 

BERTON Henri François. Compositeur français (1784–1832). => biographie

 

BERTON Henri Montan. Compositeur français (1767–1844). => biographie

 

BERTON Pierre Montan. Compositeur français (1727–1780). => biographie

 

BEYDTS Louis. Compositeur et critique musical français (Bordeaux, Gironde, 29 juin 1895 Caudéran, Gironde, 15 septembre 1953). Disciple de Messager et de Reynaldo Hahn, il a conservé la tradition des partitions claires et mélodiques soutenues d'une subtile orchestration. Possédant une technique solide, une fine intelligence et du bon goût, il a signé de délicieuses opérettes : Moineau, A l'aimable Sabine et de bonnes musiques de films : la Kermesse héroïque (1935), le Diable boiteux et le Secret de Mayerling (1948). Critique musical sévère mais pertinent, il fut nommé directeur de l'Opéra-Comique en 1952.

 

BIZET Georges. Compositeur français (1838–1875). => biographie

 

BLAISE Adolphe Benoît. Compositeur et chef d'orchestre français (Paris, 1700 Paris, 1772). Il écrivit la musique de nombreux ballets et de petits opéras-comiques représentés à la foire Saint-Germain et à la Comédie-Italienne. Deux de ces derniers furent repris par l'Opéra-Comique : Annette et Lubin (1862) puis Isabelle et Gertrude (1865). Il fut chef d'orchestre à l'Opéra-Comique (salle des Menus-Plaisirs de 1750 à 1753 ; Hôtel de Bourgogne de 1760 à sa mort).

 

BLASIUS Matthieu-Frédéric. Compositeur et chef d'orchestre français (Lauterbourg, Bas-Rhin, 23 avril 1758 Versailles, Yvelines, 1829). Ce fut un des plus précieux chefs de l'Opéra-Comique où il débuta le 01 avril 1790 et où il dirigea pratiquement tous les ouvrages jusqu'en 1816. Il fut le créateur à Paris de l'Enlèvement au sérail, au théâtre Olympique. Compositeur, il signa des romances, des pages de musique de chambre, des marches militaires et quelques charmants petits opéras-comiques comme la Paysanne supposée (1788), les Trois Sultanes (1792) et l'Amour ermite (1793). Professeur au Conservatoire dès sa fondation, il a laissé une méthode de clarinette qui fit longtemps autorité.

 

BLAZE (CASTIL-). Critique musical et compositeur français (1784–1857). => biographie

 

BLAZE Henri. Compositeur et critique musical français (1763–1833). => biographie

 

BLOCKX Jan. Compositeur et chef d'orchestre belge (Anvers, 21 janvier 1851 – Anvers, 26 mai 1912). Il est éminemment représentatif de l’école flamande, dont les caractères distinctifs se retrouvent dans ses opéras. En tête de ceux‑ci s’inscrivent : Princesse d’auberge (1898 ; qui contient le lied de Relnilde : Petite mère aimée), la Fiancée de la mer (1902), Thill Uilenspiegel (1900) et Baldie (1908). Blockx est également l’auteur du ballet Milenka (1888).

« Jan Blockx est le plus brillant représentant du théâtre lyrique flamand, pour lequel il a écrit tout un répertoire. De ses œuvres, Princesse d'auberge est celle qui a connu les succès les plus étendus. Traduite en plusieurs langues, cette pièce a été jouée dans plusieurs pays d'Europe et a fait connaitre au loin le nom du musicien qui l'a écrite. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

BOIELDIEU François Adrien. Compositeur français (Rouen, 16 décembre 1775 – Jarcy, Essonne, 08 octobre 1834). Frère de Louis Boieldieu (1779 mars 1862), éditeur de musique. Epouse 1. Clotilde (1875 16 décembre 1825), danseuse de l’Opéra ; 2. Phillis, cantatrice. Père d’Adrien Boieldieu. Il fait ses premières études musicales à la maîtrise de la cathédrale de Rouen, sous la direction de l’organiste Broche. Attiré par la scène, il écrit la Fille coupable, opéra‑comique en 2 actes, sur un livret de son père, représenté avec succès au théâtre des Arts (1793), puis il donne Rosalie et Mirza (1795). A Paris, où il se fixe en 1796, il connaît une brillante réussite. Trois pièces en 1 acte, la Famille Suisse, l’Heureuse Nouvelle et le Pari, représentées en 1797, lui assurent d’emblée une grande réputation. Nommé professeur de piano au Conservatoire en 1798, il n’en poursuit pas moins sa carrière théâtrale, et accumule les succès avec Zoraïme et Zulnar (1798), Beniowski, le Calife de Bagdad (1800), Ma tante Aurore (1803). Appelé en Russie par le tsar Alexandre Ier, il séjourne à Saint‑Pétersbourg de 1804 à 1810. Maître de chapelle de la cour impériale, il a écrit une dizaine de partitions, parmi lesquelles : Aline, reine de Golconde (1804), Abderkan (1804), la Jeune Femme colère (1805), les Voitures versées (1808), Rien de trop (1810). Revenu à Paris, il se classe vite parmi les chefs de file de l’école française. Louis XVIII le nomme compositeur de sa musique particulière; l’Institut l’appelle à la succession de Méhul en 1817 ; le Conservatoire, en 1820, lui confie une chaire de composition. Après de nombreuses partitions, la Dame blanche (1825) consacre définitivement sa renommée, succès national qui fait échec à l’italianisme envahissant. On doit également à Boieldieu des œuvres pour le piano qui marquent une étape dans le répertoire français de l’instrument.

« Il est mort en son domaine de Jarcy près Grosbois, le 8 octobre 1834. Boieldieu est un des plus illustres parmi les maîtres de l'opéra-comique. Une seule pièce de lui, cependant, a survécu jusqu'à nous, cette Dame blanche, dont plus de mille représentations ont été données sur la seule scène de l'Opéra-Comique de Paris. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

BOIELDIEU Adrien Louis Victor. Compositeur français (Paris 3e, 03 novembre 1815 – Quincy-sous-Sénart, Seine-et-Oise [auj. Essonne], 09 juillet 1883*). Fils de François Adrien Boieldieu et de Thérèse Louise Antoinette Regnault. Epouse Thècle-Virginie-Henriette-Abdon Textor de Ravisi (1825 – ap. 1883). Il a écrit de très nombreuses romances, des œuvres religieuses, et plusieurs opéras-comiques, dont Marguerite (1838), l’Aïeule (1841), le Bouquet de l’Infante (1847) et la Butte des Moulins (1852). Musicien bien doué, il n’a pas eu une personnalité très accentuée.

 

BOISDEFFRE Charles Henri René LE MOUTON de. Compositeur français (Vesoul, Haute-Saône, 03 avril 1838 – Vézelise, Meurthe-et-Moselle, 25 novembre 1906*). Il n'a rien écrit pour le théâtre ; il s'est distingué surtout dans la musique religieuse et quantité de mélodies pour chant et piano. Parmi ses principales œuvres il convient de citer : Trio en mi bémol, pour piano, violon et violoncelle (1re exécution 1870) ; Quintette, pour piano et instruments à corde (1872) ; Sonate, pour piano et violon (1872) ; Quatuor, pour piano, violon, alto et violoncelle (1877) ; Marche religieuse, pour orchestre (concerts du Trocadéro, 1878) ; Cantiques des cantiques, paraphrase biblique (1878) ; Moïse sauvé des eaux, scène biblique pour soli, chœur et orchestre (1880) ; Septuor, piano et instruments à vent (1885) ; Ewa la folle, légende norvégienne, pour soli, chœurs et orchestre (1886) ; Dans la Forêt, ode symphonique pour ténor, chœurs et orchestre (1888) ; Sextuor, pour piano et instruments à cordes (1888) ; Messe solennelle, pour 4 voix, chœurs, orgue, et orchestre (Saint-Eustache, 22 novembre 1890) ; 2e Sonate, pour piano et violon (1891) ; Sonate, pour piano et violoncelle (1894) ; Symphonie en la mineur (1894), etc. Autres œuvres : Six recueils de six mélodies pour chant et piano ; un nombre considérable de pièces pour instruments à cordes et à vent, avec accompagnement de piano, etc. En 1883, les œuvres de Musique de chambre de M. de Boisdeffre ont été couronnées par l'Académie des Beaux-Arts (Prix Chartier). Chevalier de la Légion d'honneur (1894). En 1897, il habitait 46 rue du Général-Foy à Paris.

 

BOITO Enrico dit Arrigo. Compositeur et homme de lettres italien (Padoue, 24 février 1842 Milan, 10 juin 1918). Au sortir du Conservatoire de Milan il vint travailler à Paris où il se lia avec Rossini, Auber, Berlioz et Verdi pour lequel il écrivit le poème de l'Inno delle nazioni (1862). Au cours de ses voyages en Europe il s'avisa des faiblesses des opéras italiens et songea à leur apporter les réformes de structure et d'esthétique que Wagner apportait au théâtre lyrique allemand. C'est dans ce but qu'il composa Mefistofele, poème et musique, sur le même sujet que le Faust de Gounod (1868). Mais son effort pour un nouveau style de l'opéra italien se manifesta surtout dans les livrets qu'il signa pour Facio, Catalini, Mancinelli et Palombo. Il écrivit pour Ponchielli celui de la Gioconda et pour Verdi ceux d'Otello (1887) et Falstaff (1893). Compositeur, on lui doit encore Nerone, terminé par Toscanini qui le créa en 1924, et Orestiade qui ne fut jamais représenté.

 

BONDEVILLE Emmanuel. Compositeur français (Rouen, Seine-Maritime, 29 octobre 1898 – 1987). Il travailla avec Albert Wolff qui dirigea ses premières œuvres : le Bal des pendus aux Concerts Lamoureux (1933) et l'École des maris à l'Opéra-Comique (1935). Un des fondateurs du Triton, il fut à partir de 1936 directeur musical de stations de radio. Directeur de l'Opéra-Comique en 1949, il devint celui de l'Opéra en 1952. Il a également signé Madame Bovary (Opéra-Comique 1951) et Cléopâtre (Rouen 1974). Membre de l'Académie des Beaux-arts, (1959 ; secrétaire perpétuel, 1964).

 

BOULANGER Ernest. Compositeur français (1815–1900). => biographie

 

BOULANGER Lili. Compositrice française (1893–1918). => biographie

 

BOULANGER Nadia. Compositrice française (1887–1979). => biographie

 

BOURGAULT-DUCOUDRAY Louis. Compositeur français (1840–1910). => biographie

 

BRUNEAU Louis Charles Bonaventure Alfred. Compositeur, chef d'orchestre et critique musical français (Paris, 03 mars 1857 Paris, 15 juin 1934) enterré au cimetière des Batignolles. Elève de Massenet, il hérita de son maître un langage simple et clair, mais s'écarta de lui quant aux sujets. Influencé par le naturalisme littéraire, il voulut le transplanter dans l'opéra et choisit ses héros parmi les humbles : ouvriers, paysans, soldats. Aussi eut-il souvent Zola comme librettiste. Son théâtre s'enrichit d'ailleurs de l'esprit social de son temps, non sans certaines prétentions humanitaires et philosophiques. Il débuta en 1885 avec Kérim, au théâtre du Château-d'Eau, puis signa successivement pour l'Opéra-Comique le Rêve (1891), l'Attaque du moulin (1893), l'Ouragan (1901), l'Enfant roi (1905), les Quatre Journées (1916), le Roi Candaule (1920) et Angelo (1928) ; pour l'Opéra Messidor (1897), le Jardin du paradis (1923) et Virginie (1927). Son Naïs Micoulin fut créé à Monte-Carlo en 1907. Il fut aussi un critique musical estimé, collaborant au Gil Blas, au Figaro et au Matin.

Études musicales au Conservatoire ; premier prix de violoncelle (1874) ; premier second Grand Prix de Rome (1881). Débute au théâtre par Kerim, drame lyrique en 3 actes, avec P. Milliet et Lavedan (Théâtre-Lyrique, 09 juin 1887) ; fait ensuite représenter le Rêve, drame lyrique en 4 actes avec Louis Gallet, d'après Zola (Opéra-Comique, 18 juin 1891) ; l'Attaque du Moulin, drame lyrique en 4 actes, avec Louis Gallet, d'après Zola (Opéra-Comique, 25 novembre 1893). Œuvres de concert : Ouverture héroïque (concerts Pasdeloup) ; Léda, poème de H. Lavedan (concerts Godard) ; Peuthisilée, poème de Catulle Mendès (concerts Colonne) ; Lieds de France, poème de Catulle Mendès (Théâtre d'Application) ; etc. En répétitions en 1897 : Messidor, drame lyrique en 4 actes avec Émile Zola (Académie nationale de Musique). Alfred Bruneau a succédé à Darcours comme critique musical au Figaro. Le prix Monbinne lui a été décerné pour sa partition de l'Attaque du Moulin. Chevalier de la Légion d'honneur. Membre de l'Académie des Beaux-arts (1925). En 1897, il habitait 11 bis rue Viète à Paris.

« Lié d'amitié avec Emile Zola, Alfred Bruneau a créé une formule réaliste nouvelle, pour laquelle il a emprunté certains procédés à Wagner, mais en les transposant sur le plan français et en leur imprimant son cachet personnel. Presque tous ses ouvrages scéniques ont pour livrets des sujets pris dans l'œuvre de Zola. Deux d'entre eux se sont seuls imposés jusqu'ici : le Rêve et l'Attaque du Moulin. Mais, bien que depuis quelques années il garde le silence, Bruneau n'a peut-être pas dit son dernier mot. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

BÜSSER Paul Henri. Compositeur et chef d'orchestre français (Toulouse, Haute-Garonne, 16 janvier 1872* Paris 16e, 30 décembre 1973). Epouse à Paris 16e le 31 mars 1958 Yvonne Gall, soprano. Prix de Rome en 1893, il fut organiste à Saint-Cloud et aborda la conduite d'orchestre en dirigeant en 1900, au théâtre du Château-d'Eau, la Reine de Saba de son maître Gounod. En 1902 il entra à l'Opéra-Comique en dirigeant le Roi d'Ys et en 1905 à l'Opéra en y créant son ballet la Ronde des saisons. Il y créera par la suite le Sortilège, Graziella, la Mégère apprivoisée, Persée et Andromède, la Vision de Mona. Reçu à l'Institut en 1938, il fut directeur de l'Opéra-Comique de 1939 à 1941 et de l'Opéra de 1946 à 1951. Depuis 1931, il dirigeait une classe de composition au Conservatoire. Compositeur, il a signé successivement Daphnis et Chloé (1897), Colomba (1921), les Noces corinthiennes (1922), la Pie borgne (1927), le Carrosse du saint-sacrement (1948), la Vénus d'Arles (1965). On lui doit d'autre part d'heureuses révisions de Mireille, des Indes galantes et d'Oberon. Il a écrit un livre de souvenirs, De Pelléas aux Indes galantes, et une très intéressante étude sur Gounod.

Premières études musicales à Toulouse (maîtrise de la cathédrale), puis à Paris, d'abord à l'école Niedermeyer et ensuite au Conservatoire. Prix de fugue en 1891 (élève de Guiraud). Premier second grand prix de Rome, cantate : Amadis de Gaule (1892) ; premier grand prix, cantate : Antigone (1893). A ce moment élève de Gounod. Envoie de Rome une suite pour orchestre : A la Villa Médicis, exécutée à Rome, puis plus tard aux concerts de l'Opéra (26 janvier 1896). Œuvres en préparation en 1897 : Colomba, drame lyrique, avec L. Gallet, d'après Mérimée ; le Miracle des Perles, 3 actes avec L. Gallet sur une Légende de Mme Jane Dieulafoy, etc. Organiste du grand orgue à Saint-Cloud depuis 1892. Membre de l'Académie des Beaux-arts (1938). En 1897, il habitait 22 rue de Saint-Pétersbourg à Paris.

 

CAHEN Albert. Compositeur français (Paris, 08 janvier 1846 – Cap-d'Ail, Alpes-Maritimes, 1903). Élève de Mme Szarvady, pour le piano ; de César Franck, pour l'harmonie, la fugue et la composition musicale. A fait représenter : Jean le Précurseur, poème biblique de L. Gallet (Concerts Colonne, 1874) ; le Bois, opéra-comique en 1 acte avec Glatigny (Opéra-Comique, octobre 1880) ; Endymion, poème mythologique de L. Gallet (Concerts Pasdeloup, mars 1883) ; la Belle au bois dormant, féerie, avec L. Gallet (Genève,  1886) ; le Vénitien, opéra en 4 actes avec Gallet (Rouen, théâtre des Arts, 14 avril 1890) ; Fleur des neiges, ballet avec J. Richard (Bruxelles, Monnaie, avril 1891) ; la Femme de Claude, drame lyrique en 3 actes de L. Gallet, d'après Dumas fils (Opéra-Comique, 24 juin 1896). En 1897, il habitait 118 rue de Grenelle à Paris.

 

CAMBERT Robert. Compositeur français (Paris, 1628 Londres, 1677). Élève du célèbre claveciniste Chambonnière, il débuta comme organiste en l'église Saint-Honoré. Surintendant de la musique d'Anne d'Autriche, il devint chef des violons du roi. Lorsque Pierre Perrin obtint le privilège de fonder une Académie de musique à Paris, il demanda à Cambert les partitions de Pomone, premier ouvrage monté par l'Opéra de Paris, et des Peines et plaisirs de l'amour. Des difficultés financières ayant compromis l'entreprise de Perrin, il se réfugia à Londres et fonda à son tour une Académie où il fit représenter son Ariane.

 

CAMONDO Isaac de. Compositeur français (1851–1911). => biographie

 

CHABRIER Alexis Emmanuel. Compositeur français (Ambert, Puy-de-Dôme, 18 janvier 1841 – Paris, 13 septembre 1894). Fils de Jean Chabrier, avocat et fils de magistrat, et de Marie-Anne Evelina Durosay-Chabrier, cousine du ministre de l’Intérieur Victor Fialin, dit vicomte de Persigny. Après ses humanités à Clermont (1852‑1857), Chabrier se fixe à Paris, étudie le droit pour entrer, en 1861, dans l’Administration. Il démissionne en 1879, afin de se livrer tout entier à la musique. Il travaille le piano, à Ambert, avec Zaporta et Pitarch, espagnols carlistes réfugiés; à Clermont, avec Tarnowski, émigré russe; à Paris, avec le Polonais Edouard Wolff, qui avait été l’ami de Chopin. Il s’initie à la composition avec Semet et, surtout, Aristide Hignard. Parmi ses œuvres, il faut citer : Œuvres vocales : Des mélodies, parmi lesquelles : Invitation au voyage (1871); Sommation irrespectueuse (1880); Credo d’autour, Toutes les fleurs, Chanson pour Jeanne, les Cigales, l’Ile heureuse, Villanelle des petits canards, Ballade des gros dindons, Pastorale des cochons roses (avant 1890); la Sulamite, scène lyrique (1885); Ode à la musique, pour soli et chœur de femmes (1890). Œuvres pour piano : Pièces pittoresques (1881); Valses romantiques (1883); Aubade, Ballabile, Caprice, Feuille d’album, Ronde champêtre (1890); Bourrée fantasque (1891). Œuvres pour orchestre : Lamento (1874); Larghetto (1876); España (1882); Habanera (1885); Joyeuse Marche (1890). Théâtre : L’Etoile (1877); l’Education manquée (1879) ; Gwendoline (1885); le Roi malgré lui (1887); Briséis, inachevée (1888-1892). Génie musical plein de contradictions, mais d’une prodigieuse intensité, frisant parfois le mauvais goût, il atteint par ailleurs à la grandeur et touche au sublime. Ses œuvres fourmillent des plus précieuses trouvailles dans les mélodies, les harmonies et les rythmes. Il faut y ajouter une jovialité exubérante, allant parfois jusqu’à la bouffonnerie, et, pardessus tout, une ardente vitalité animant toute sa musique. Un tel ensemble de caractères si marqués ne se rencontre chez aucun autre compositeur et fait de Chabrier un des plus grands musiciens qu’ait possédés la France. Cela explique l’influence qu’il exerça sur l’Ecole française contemporaine.

« Le célèbre auteur d'España a débuté tard dans la musique, pour laquelle il avait cependant des dons naturels étonnants. Toute la première partie de sa vie fut celle d'un fonctionnaire. Mais il vivait dans un milieu d'artistes, poètes, littérateurs, musiciens et surtout peintres, car il avait un sens très ouvert de la peinture, et c'est ce sens du coloris qui fait le plus grand charme de sa musique. Il fut parmi les premiers et les plus ardents défenseurs de Wagner en France. C'était en outre un humoriste extraordinaire, de qui émanait en permanence une grosse joie rabelaisienne. Ses œuvres sont peu nombreuses, mais presque toutes remarquables. Chabrier a tracé dans l'histoire musicale de la France un sillon profond. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

CHADEIGNE Félicien. Compositeur et chef d'orchestre français (1848–1925). => biographie

 

CHAMINADE Cécile Louise Stéphanie. Compositrice et pianiste française (Paris 17e, 08 août 1857 – Monte-Carlo, 13 avril 1944*). Études musicales avec Lecouppey, Savard et Marsick. A fait exécuter : Callirhoë, ballet symphonique (Marseille, 16 mars 1888) ; les Amazones, symphonie lyrique, poème de Grandmougin (Anvers, 18 avril 1888) ; deux suites d'orchestre, plusieurs morceaux de concert, etc., exécutés aux concerts Pasdeloup, Lamoureux, Colonne, à la Société philharmonique de Londres ; à Angers, Lille, Marseille, Anvers, Genève, etc. En 1897, elle habitait 39 boulevard du Midi au Vésinet.

Œuvres pour piano seul éditées chez Enoch en 1897 : Sonate en ut mineur ; Minuetto ; Libellules ; Etude symphonique ; Guitare ; Valse Caprice ; Six Etudes de concert : 1. Scherzo, 2. Automne, 3. Fileuse, 4. Appassionato, 5. Impromptu, 6. Tarentelle ; Pas des Cymbales, transcription de concert ; Callirhoë, ballet symphonique ; Sérénade, 1er air de ballet ; Pas des Amphores, 2e air de ballet ; Pas des Echarpes, 3e air de ballet ; Callirhoë (variation), 4e air de ballet ; Danse pastorale, 5e air de ballet ; Marine ; Toccata ; Pierrette ; les Willis ; Gigue ; Lolita, caprice espagnol ; Primavera (arrgt Weyler) ; la Chaise à porteurs (arrgt Tavan) ; Sérénade d'automne (arrgt Weyler) ; Scaramouche ; Havanaise ; Mazurk’ suédoise ; les Sylvains ; Arabesque ; Studio ; la Morena ; Pièce dans le style ancien ; Danse ancienne ; Six Romances sans paroles : 1. Souvenance, 2. Elévation, 3. Idylle, 4. Eglogue, 5. Chanson bretonne, 6. Méditation ; Deuxième Valse ; Prélude pour orgue ou piano ; Troisième valse brillante ; Terpsichore, air de ballet ; Chanson napolitaine ; Ritournelle, transcription ; Trois Préludes mélodiques : n° 1 en la mineur, n° 2 en fa majeur, n° 3 en ré mineur ; Vert-galant ; Ballade ; Six Pièces humoristiques : 1. Réveil, 2. Sous bois, 3. Inquiétude, 4. Autrefois, 5. Consolation, 6. Norvégienne.

 

CHARPENTIER Gustave. Compositeur et chef d'orchestre français (Dieuze, Moselle, 25 juin 1860* – Paris 8e, 18 février 1956*) enterré au Père-Lachaise (10e division). Frère de Victor Charpentier, violoncelliste. Fait ses études à Tourcoing où ses parents viennent habiter après la guerre. Entre à quinze ans, comme employé, dans une filature où il reste deux ans. Entre ensuite au Conservatoire de Lille, où il remporte quelques prix, puis vient au Conservatoire de Paris (1881). De la classe de violon de Massart il passe au cours d'harmonie de Pessard, où il concourt deux fois sans résultat. Enfin, en 1885 il entre dans la classe de composition de Massenet et en sort, en 1887, avec le premier grand prix de Rome. De retour de la Villa Médicis il fait exécuter : Impressions d'Italie, suite d'orchestre (Institut, puis Concerts Lamoureux et Colonne) ; Didon, scène lyrique (Institut, Concerts Colonne, puis Bruxelles, 1888) ; les Fleurs du mal, mélodies d'après Baudelaire ; Quinze poèmes chantés, dont plusieurs avec chœurs et orchestre ; la Vie du Poète, drame lyrique (Opéra, 17 juin 1892) ; Sérénade à Watteau (Jardin du Luxembourg, 09 novembre 1896), etc. Œuvres terminées en 1897 : Louise, drame lyrique en 4 actes et 5 tableaux ; Orphée, légende lyrique en 4 actes et 6 tableaux ; Tête rouge, pièce lyrique, etc. Membre de l'Académie des Beaux-arts (1912). En 1897, il habitait 6 rue Custine à Paris.

« Né le 25 juin 1860 à Dieuze, en Alsace, partage actuellement sa vie entre Paris et Antibes. Chevalier de la Légion d'honneur, membre de l'Institut, Charpentier est un des membres les plus en vue de l'école française. Il a donné au théâtre Louise et Julien, dont il a écrit le livret et la musique ; mais il a en portefeuille d'autres ouvrages dramatiques qui verront sans doute la rampe avant longtemps. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

CHAUMET J.-B. William. Compositeur français (Bordeaux, Gironde, 26 avril 1842 – Gajac, Gironde, 1903). Cousin de Maxime Dethomas. Prix Cressent et prix Rossini. Comme œuvres lyriques il a fait représenter : le Péché de Géronte, opéra-comique en 1 acte (Théâtre-Lyrique de l'Athénée, janvier 1873) ; Idéa, poème dramatique, avec tableaux vivants (Bordeaux, Folies-Bordelaises, août 1873) ; Bathyle, opéra-comique en 1 acte, poème d'Ed. Blau (Opéra-Comique, 04 mai 1877) ; Hérode, poème dramatique, paroles de Georges Boyer (Conservatoire, 1885 ; Bordeaux, Grand-Théâtre, 1895) ; Mamzelle Pioupiou, pièce en 5 actes, avec Bisson (Porte-Saint-Martin, 31 mai 1889), etc. Chaumet est l'auteur d'un grand nombre de morceaux de concert, pour orchestre, piano, chant, etc. Œuvre terminée en 1897 : Mauprat, drame lyrique en 4 actes avec Gallet et Ed. Blau, d'après George Sand. En 1897, il habitait 37 boulevard Berthier à Paris.

 

CHOUDENS Antony. Compositeur et éditeur de musique suisse (1848–1902). => biographie

 

CHRISTINÉ Henri. Compositeur français (Genève, 1867 Paris, 1941). Professeur au lycée de Genève, il jouait du piano et de l'orgue, et épousa une chanteuse de café-concert pour laquelle il composa des chansons. Dranem, Mayol, Polin, Fragson comptèrent bientôt parmi ses interprètes. Il débuta dans l'opérette par de petits actes représentés à la Scala de Paris. Phi-Phi le rendit célèbre lorsqu'elle fut créée aux Bouffes-Parisiens le 11 novembre 1918 dans l'euphorie de l'armistice. Il connut par la suite d'autres succès avec Dédé (1921), P.L.M. (1925) et le Bonheur, mesdames (1934). En 1933, il fonda l'Amicale des compositeurs français de musique légère qui se proposait de réagir contre l'invasion de la France par les opérettes étrangères.

 

CIEUTAT Henry-Maurice. Compositeur français (Paris, 15 juillet 1861 –). Élève de Samuel Rousseau pour la composition musicale. Débute en 1885 par des petites pièces jouées à l'Eldorado et à la Scala, où il fait représenter jusqu'en 1893 : le Singe de Coralie, la Crémaillère, Mariage à bout portant, la Chaste Suzanne, Procès-verbal, etc., opérettes en un acte, en collaboration avec P. Bilhaud, Beissier, Remy, Sémiane, Dahl, etc. Fait jouer en outre : le Furet, 1 acte (Porte-Saint-Martin, 1887) ; la Jeunesse de la Tour, opéra-comique en 3 actes avec Lepailleur (Cambrai, 28 mars 1887, puis Lille, Saint-Quentin) ; le Château de Mac-Arott, ballet-féerie en 5 tableaux avec Mythe (Folies-Bergère, 03 mai 1887) ; Paris-Cancans, revue, musique de scène (Folies-Dramatiques, 1887) ; le Rêve, opéra-comique en 1 acte avec Sémiane et Gérès (Menus-Plaisirs, 18 février 1888) ; puis de 1888 à 1893 : le Collier, opéra-comique en 1 acte ; le Lys, pantomime en 1 acte ; Pan, scène musicale ; Pierrot puni, opéra-comique en 1 acte (Menus-Plaisirs, Bouffes-Parisiens, Lyon, Genève, Rouen, Vichy, etc.) ; les Joujoux, ballet en 1 acte avec Beissier (Casino de Paris, 1894) ; Fiammina, ballet-pantomime (Casino de Paris, 1896) ; Vénus à Paris, ballet-pantomime en 5 tableaux avec Beissier et Mercklein (Casino de Paris, 09 septembre 1896). Pièces terminées en 1897 : l'Anneau de Salomon, 5 actes avec Remy et L. Vasseur ; le Prix de Beauté, 3 actes avec Remy et Lepailleur ; Lully, pièce en 3 actes avec Michel Carré et Remy ; Lucile, drame lyrique avec Legrand ; Crispin battu, 1 acte avec L. Gallet ; la Fleur rouge, ballet en 2 actes avec L. Gallet ; le Fruit défendu, 1 acte avec J. Barbier ; Mimi-Pinson, 1 acte avec Remy et Sémiane, etc. M. Cieutat qui a été secrétaire de MM. Paul Mantz et Kaempfen, directeurs des Beaux-Arts, est attaché à l'administration des Beaux-Arts. En 1897, il habitait 20 rue de Rivoli à Paris.

 

CILEA Francesco. Compositeur et pianiste italien (Palmi, Calabre, 23 juillet 1866 Varazza, Ligurie, 20 novembre 1950). Il fit ses études au conservatoire de Naples, où fut créé en 1889 son premier opéra, Gina. S'apparentant à l'école vériste italienne, il triompha à la Scala en 1897 avec son Arlésienne. Mais sa grande œuvre restera Adrienne Lecouvreur qui fut créée au Teatro Lirico de Milan en 1902. Il fut professeur au Conservatoire de Naples de 1890 à 1892, dirigea celui de Palerme de 1915 à 1917 et revint à celui de Naples, comme directeur, en 1935.

 

CLAIRVILLE Edouard. Compositeur français (1854–1904). => biographie

 

CLÉRICE Justin. Compositeur français d'origine argentine (Buenos Aires, 16 octobre 1863 – Toulouse, Haute-Garonne, 09 septembre 1908*). Vient à Paris en 1882 et entre au Conservatoire (classes de Delibes et Pessard). Fait représenter le Meunier d'Alcala, opéra-comique en 3 actes avec Garrido et Lafrique (Lisbonne, Théâtre Trinidad, 10 avril 1887) ; Figarella, opéra-comique en 1 acte avec Grandmougin et Méry ; M. Huchot, vaudeville en 1 acte avec Térésand (Bouffes-Parisiens, 03 juin et 03 novembre 1889) ; Au pays noir, ballet en 2 actes avec Lafrique (Anvers, Théâtre-Royal, 13 novembre 1891) ; le 3me Hussards, opérette en 3 actes avec Mars et M. Hennequin (Gaîté, 14 mars 1894) ; Phrynette, 1 acte avec Beissier (Parisiana-Concert, 28 janvier 1895) ; Léda, pantomime avec Beissier (Parisiana, février 1896), etc. En préparation en 1897 : les Œufs de Pâques, comédie lyrique en 2 actes avec Méry ; Colibri, ballet avec Ed. Noel ; la Petite Vénus, 3 actes avec Ordonneau et Raymond ; Margaredd, 4 actes avec Dubarry ; Flagrant Délit, opéra-comique avec Jahyer et Puech ; la Dame de cœur, ballet en 2 actes avec Mars ; etc. En 1897, il habitait 17 boulevard de la Chapelle à Paris.

 

CŒDÈS Auguste. Compositeur français (1840 – mort fou à Passy, 1884). Il se fit connaître par la publication de quelques romances, chansons et morceaux de danse. On lui doit la musique de plusieurs opérettes : la Belle Bourbonnaise, trois actes (1874) ; Clair de lune, trois actes (1875) ; Fleur de baiser, trois actes (1876) ; le Chevalier de Lartignac, un acte (1877) ; la Girouette, trois actes (1880). Il a écrit aussi la musique d'un ballet, le Bouquet de Lise, et, avec Hervé et Raspail, celle d'une féerie, la Cocotte aux œufs d'or (1873). Enfin, il a publié, sous le titre de Soirées d'automne, un recueil de mélodies vocales.

André Hippolyte Cœdès (Paris 9e, 06 mars 1871 – 85 rue d'Amsterdam, Paris 8e, 22 octobre 1954*), fils de Louis Albert Cœdès et de Marie Louise Mongin, époux de Carmen Louise Jeanne Campagna de Sartano, fut compositeur.

 

COHEN Jules Emile David. Compositeur français (Marseille, Bouches-du-Rhône, 02 novembre 1835* – Paris, 13 janvier 1901). Vient à Paris, entre au Conservatoire, y remporte les premiers prix de piano (1850, classe Marmontel), d'orgue (1852, classe Benoit) ; de contrepoint et de fugue (1851, classe d'Halévy). A été Inspecteur de la musique de la chapelle de l'Empereur Napoléon III, professeur au Conservatoire pendant 35 ans ; chef de chant et des chœurs, à l'Opéra, pendant 20 ans. A fait représenter : Maître Claude, opéra-comique en 1 acte avec Saint-Georges et de Leuven (Opéra-Comique, 18 mars 1861) ; José Maria, opéra-comique en 3 actes avec Meilhac et Cormon (Opéra-Comique, 16 juillet 1866) ; les Bleuets, opéra-comique en 4 actes avec Cormon et Trianon (Théâtre-Lyrique, 23 octobre 1867) ; Déa, opéra-comique en 2 actes avec Cormon et M. Carré (Opéra-Comique, 30 avril 1871). Jules Cohen a composé les Chœurs d'Athalie, les Chœurs d'Esther, les Chœurs et ballet de Psyché, exécutés à la Comédie-Française ; trois Cantates, exécutées à l'Opéra, à l'Opéra-Comique et au Théâtre-Lyrique. Plusieurs Messes, catholiques et israélites ; deux Aubades, pour les distributions de prix du Conservatoire ; Deux cents morceaux de chant, autant de piano, à deux mains, quatre mains et deux pianos ; plusieurs Symphonies, Oratorios, morceaux divers, etc. En 1897, il habitait 71 rue de Monceau à Paris et Villa des Bleuets à Herblay.

 

COQUARD Arthur. Compositeur français (Paris, 1846 – Paris, 1910). Docteur en droit (1870), ami de Duparc, attaché à la Bibliothèque nationale, il décide de se consacrer à la musique et de poursuivre ses études sous la direction de César Franck. Censeur et directeur des études musicales à l’Institution des jeunes aveugles (1852‑1899), critique musical au Correspondant, au Monde, à l’Univers, il tiendra, à l’Echo de Paris, la rubrique de la musique jusqu’à sa mort. Son œuvre comporte des partitions dramatiques (l’Epée du roi, 1884; le Mari d’un jour, 1886 ; la Jacquerie, 1895 ; Jahel, 1900 ; la Troupe Jolicoeur, 1903 ; Isdroning, Oméa, 1908 ; la Reine de Beauce), des musiques de scène, des suites d’orchestre (Eté), des mélodies (Joies et douleurs). Il a laissé une Histoire de la musique en France depuis Rameau (1891) et un Berlioz.

Ne peut suivre d'abord son goût pour l'art musical, forcé par sa famille de faire son droit, il pousse ses études jusqu'au doctorat, devient secrétaire de M. Martel, ancien président du Sénat, puis entre à la Bibliothèque nationale, comme employé auxiliaire, c'est alors seulement que, grâce aux loisirs que lui laissent ses fonctions, il peut se livrer à ses études musicales sous la direction de César Franck. Il débute comme compositeur par le Chant des épées (Concerts Colonne, 1876) ; puis il fait exécuter, dans les grands Concerts symphoniques à Paris, en province et à l'étranger de nombreux morceaux ou fragments d'ouvrage, parmi lesquels : Héro ; Ossian ; Andromaque ; Cassandre ; Drame antique de H. Bornier (3 parties) ; Helvétia (3 parties) ; Chœurs d'Esther, de Racine ; Jeanne d'Arc, oratorio en 3 parties ; Plainte d'Ariane ; Haï-Luli ; le Gaulois captif, etc. Au théâtre Coquard a fait représenter : l'Epée du Roi, opéra en 2 actes avec A. Silvestre (Angers, 21 mars 1884) ; le Mari d'un jour, opéra-comique en 3 actes avec d'Ennery et A. Silvestre (Opéra-Comique, 04 février 1886) ; l'Oiseau bleu, drame lyrique en 2 actes avec Simone Arnaud (Bodinière, 1894) ; la Jacquerie, drame lyrique en 4 actes avec Simone Arnaud et Edouard Blau, dont Lalo n'avait pu écrire que le 1er acte (Monte-Carlo, 09 mars 1895 ; Opéra-Comique, 23 décembre 1895). Ouvrages terminés en 1897 : Jahel, 4 actes, avec Simone Arnaud et L. Gallet, reçu à la Monnaie, de Bruxelles ; Philoctète, drame lyrique, etc. Coquard, qui est professeur de musique à l'Institution nationale des Jeunes Aveugles, a fait pendant longtemps la critique musicale au journal le Monde ; il a publié en 1891 un volume De la musique en France auquel l'Académie a décerné le prix Bordin. En 1897, il habitait 56 boulevard des Invalides à Paris.

 

COSTÉ Jules. Compositeur français (1828–1883). => biographie

 

DAVID Félicien César. Compositeur français (Cadenet, Vaucluse, 13 avril 1810 Saint‑Germain‑en‑Laye, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 29 août 1876). D’abord maître de chapelle à Aix‑en‑Provence, il vint à Paris vers 1830. Le Désert, composé après un voyage en Orient, fit de lui le créateur de l’exotisme musical (1844, qui contient, entre autres : Hymne à la Nuit ; Rêverie du Soir ; Chant du Muezzin). Auteur de la Perle du Brésil (1857) et de Lalla‑Roukh (1862), il succéda à Hector Berlioz à l’Institut (1869). Il a laissé aussi quelques recueils de romances, 2 symphonies et de la musique de chambre (24 quintettes d’archets).

« Tombeau de Félicien David. – On construit en ce moment au cimetière du Pecq-sous-Saint-Germain le tombeau définitif de Félicien David. Ce monument, qui est élevé à l’aide de souscriptions, consiste en un portique en pierre, haut de 11 mètres. Le sarcophage sera placé sous une espèce de dais formé de quatre assises de pierre, adossées au mur. » (la Semaine des constructeurs, 20 juillet 1878)

« Tombeau de Félicien David. – On achève en ce moment, dans le cimetière du Pecq-sous-Saint-Germain, le tombeau définitif de Félicien David, édifié au moyen d’une souscription.

Ce monument, placé au fond du cimetière, n’occupe pas moins de 36 mètres superficiels. Il consiste en un portique d’ordre grec de 11 mètres de hauteur. Au centre d’un massif de pierre large de 12 mètres se dressent deux colonnes, derrières lesquelles sont placés deux pilastres d’une grande largeur. Ces quatre assises supportent un entablement formant une espèce de dais. C’est sous ce dais que se trouvera le sarcophage, élevé de 3 mètres au-dessus du massif. » (la Semaine des constructeurs, 26 octobre 1878)

 

DEBUSSY Achille Claude. Compositeur et pianiste français (Saint-Germain-en-Laye, 22 août 1862 – Paris, 25 mars 1918). Frère d'Adèle Debussy (-Annemasse, Haute-Savoie, 06 juin 1952). Il entre à 10 ans au Conservatoire, dans la classe de piano de Marmontel et dans la classe de solfège de Lavignac, passe ensuite dans la classe d’harmonie d’E. Durand, dans la classe d’orgue de Franck, puis dans la classe de composition de Guiraud, en vue d’obtenir le prix de Rome, qui lui est décerné, en 1884, pour sa cantate l’Enfant prodigue. Antérieurement à cette récompense officielle, Debussy, grâce à la connaissance qu’il avait faite de la baronne de Meck, la protectrice de Tchaïkovski, l’avait suivie comme « pianiste ordinaire » dans ses nombreux voyages en Suisse, eu Italie, où il rencontra Wagner, puis à Vienne, et même à Moscou. Retenu à Paris par son amitié pour le ménage Vasnier, il ne part pour Rome qu’en janvier 1885 et y séjourne pendant deux années, en rapporte des « envois » qui effarouchèrent l’Institut : 1 ode symphonique, Zuleïma, d’après Henri Heine; 1 poème symphonique avec chœurs, Printemps, remanié ultérieurement; 1 Fantaisie pour piano et orchestre, publiée seulement après sa mort, et la Demoiselle élue, poème lyrique, avec solos et chœurs de femmes. Revenu à Paris, il ne le quitte que pour de brefs voyages à Londres, à Vienne, où il fait une visite déférente à Brahms, puis à Bayreuth, où il manifeste pour Tristan et Parsifal une admiration qui, quoi qu’on en ait dit, n’a jamais varié. Il assiste aux spectacles d’Extrême‑Orient à l’Exposition universelle de 1889, s’enthousiasme pour Boris Godounov, de Moussorgski, qui lui est révélé chez Chausson. Il compose ses premières mélodies, ses premières pièces de piano, les premières Ariettes de Verlaine, 2 chœurs qui retiennent l’attention de juges clairvoyants, tel le violoniste E. Ysaye, pour qui il écrit une première esquisse des Nocturnes et son Quatuor à cordes. Il publie les Poèmes de Baudelaire et les Proses lyriques, où il y a beaucoup plus que des promesses. Il entreprend un drame lyrique, Rodrigue et Chimène, sur un livret de Catulle Mendès, qu’il ne devait pas tarder à abandonner, voit accueillir chaleureusement à la Société nationale le Prélude à l’après‑midi d’un faune (1894) et les Chansons de Bilitis (1900) ; il met au point 1e prestigieux triptyque orchestral des Nocturnes (1900), s’absorbe pendant plusieurs années dans la mise en musique du drame de Maurice Maeterlinck Pelléas et Mélisande (1902). S’étant séparé en 1904 de sa première femme, Rosalie dite Lily Texier, qu’il avait épousée le 19 octobre 1899, il épousait ensuite en 1905 Emma Bardac née Moyse, musicienne de goût raffiné, dont il eut une fille, Claude-Emma (1905-1919) qui devait mourir peu après lui, à l’âge de treize ans. Ce furent alors des années fructueuses qui virent terminer la Mer, esquisser plusieurs projets de théâtre, naître successivement les Estampes, les Images, Children’s Corner pour piano, le deuxième cahier des Filles galantes, les Chansons de France, le Promenoir des deux amants, les Ballades de Villon, les Poèmes de Mallarmé, la musique de scène pour le Martyre de saint Sébastien, de D’Annunzio. Malgré une santé de plus en plus altérée, il donne encore : le triptyque des Images pour orchestre; 3 ballets : Khamma, la Boîte à joujoux, Jeux ; les 2 cahiers de Préludes; les 2 séries d’Etudes pour piano; les Epigraphes antiques; En blanc et noir, pour 2 pianos, et les 3 ultimes Sonates : pour violoncelle et piano, pour flûte, alto et harpe, pour violon et piano.

« Après avoir étonné le monde spécial des musiciens par des compositions où se révélait un tempérament extrêmement personnel, M. Debussy s'imposa au grand public avec son unique ouvrage dramatique, Pelléas et Mélisande, qui marque une date décisive dans les annales du théâtre lyrique. Peu fécond, M. Debussy n'a rien donné à la scène depuis lors, bien qu'à plusieurs reprises le bruit ait couru que l'auteur de Pelléas préparait un second ouvrage de grandes dimensions. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

DEFFÈS Pierre-Louis. Compositeur français (Toulouse, Haute-Garonne, 25 juillet 1819 – Toulouse, 1900). Premières études musicales (piano et harmonie) à Toulouse, ensuite au Conservatoire de Paris. Premier grand prix de Rome en 1847 avec la cantate : l'Ange et Tobie. Après un voyage en Italie et en Allemagne il fait exécuter sa première grande composition : Messe solennelle (Rome, Saint-Louis des Français, 12 janvier 1850), puis, l'année suivante, une grande Symphonie (séance publique de l'Institut). Débute au théâtre par l'Anneau d'Argent, opéra-comique en 1 acte avec Barbier et Carré (Opéra-Comique, 05 juillet 1855) ; fait ensuite représenter : la Clef des champs (Opéra-Comique, 20 mai 1857) ; Broskowano (Théâtre-Lyrique, 29 septembre 1858) ; les Petits Violons du roi, opéra-comique en 3 actes (Théâtre-Lyrique, 30 septembre 1859) ; le Café du roi (Ems, 17 avril 1861, puis Théâtre-Lyrique) ; les Bourguignonnes (Ems, 19 juillet 1862) ; la Boîte à surprises (Ems, 10 août 1864) ; Passé minuit (Bouffes-Parisiens, 24 novembre 1864) ; Valse et Menuet (Ems, 29 juillet 1865) ; le Fantôme du Rhin (Ems, août 1866) ; la Comédie en voyage (Ems, 27 juillet 1867) ; les Croqueuses de Pommes, opérette en 5 actes (Menus-Plaisirs, 29 septembre 1868) ; Petit Bonhomme vit encore (Bouffes-Parisiens, 10 décembre 1868) ; le Trompette de Chamboran (Dieppe, 08 août 1877) ; les Noces de Fernande (Opéra-Comique, 19 novembre 1879). Œuvre non représentée : la Fille de Shylock, opéra en 4 actes, avec J. Adenis. En outre Louis Deffès est l'auteur de plusieurs messes, saynètes, mélodies, chants, parmi lesquels Lenguo moundino et la Toulousiano, deux œuvres populaires dans le Languedoc. Deffès est directeur du Conservatoire de Toulouse depuis 1883 ; Chevalier de la Légion d'honneur, Officier de l'Instruction publique ; correspondant de l'Académie des Beaux-Arts.

 

DELANNOY Marcel François Georges. Compositeur et critique musical français (La Ferté-Alais, Essonne, 09 juillet 1898* Nantes, Loire-Atlantique, 14 septembre 1962). Epouse à 75010.Paris le 19 juillet 1927 Odette Ertaud, soprano. Il débuta en 1927 à l'Opéra-Comique avec le Poirier de misère qui fut contesté, mais prit sa revanche en 1930 avec le gracieux Fou de la dame. Pour l'exposition internationale de 1937, il écrivit une amusante comédie musicale, Philippine, mais son œuvre maîtresse restera Ginevra créée en 1942. Ses partitions sont claires, mélodiques et habilement orchestrées. On lui doit encore un opéra, Puck (1949), d'après le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, et deux ballets : la Pantoufle de vair (1935) et les Noces fantastiques (1945). Il fut d'autre part un critique musical fort pertinent.

 

DELIBES Clément Philibert Léo. Compositeur et organiste français (Saint-Germain-du-Val, Sarthe, 21 février 1836* – Paris, 16 janvier 1891), enterré au cimetière de Montmartre (9e division). Epouse Ernestine Denain (enterrée au cimetière de Montmartre, 17e division). Il a fait ses études au Conservatoire de Paris (Le Couppey, Bazin, Adam). Il fut accompagnateur au Théâtre‑Lyrique, organiste, puis chef des chœurs à l’Opéra (1863). Il succéda à Réber comme professeur au Conservatoire (1881) et au fauteuil de Victor Massé à l’Institut (1884). Outre des oeuvres religieuses, choeurs et mélodies, sa production peut se diviser en 3 groupes, de caractères très différents : 1° des opéras bouffes et des opérettes, dont il composa un très grand nombre dans les premières années de sa carrière : Deux Sous de charbon (1855), l’Omelette à la Follembûche (1859), Mon ami Pierrot (1862), le Serpent à plumes (1864), etc.; 2° des opéras‑comiques de demi‑caractère, qui lui ont valu une popularité d’excellent aloi : le Roi l’a dit (1873 ; qui contient la Sérénade : Déjà les hirondelles), Jean de Nivelle (livret d’Edmond Gondinet et Philippe Gille, création à l’Opéra-Comique le 08 mars 1880 ; qui contient : Chœur des Vendangeuses ; Ballade de la Mandragore ; Mélodie : On croit à tout lorsque l’on aime ; Air d’Arlette : Ah ! reviens ; Romance : Il est jeune, il est amoureux), et, surtout, son chef‑d’œuvre, Lakmé (1883) ; et enfin, Kassya, qui ne fut mis à la scène qu’après sa mort, en 1893 (qui contient : Chanson slave : O Nadja, dit le Seigneur ; Air de l’hirondelle : Il suffit d’attendre ; La Neige [entracte-prélude]); 3° des ballets, qui ont ouvert la voie à une collaboration plus étroite entre la musique et la danse : Coppélia (1870), Sylvia (1876).

« Un des plus brillants maîtres du théâtre lyrique léger en France. Ses plus grands succès ont pourtant été remportés à l'Opéra dans le genre du ballet. Dans ce domaine spécial, Sylvia et Coppélia restent des chefs-d’œuvre insurpassés. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

DESORMES Louis César. Compositeur et chef d'orchestre français (Alger, 1845 – Paris, 1898). Etudes musicales au Conservatoire de Paris ; élève d'Elwart pour l'harmonie. A composé plus de 200 chansons et romances, 500 morceaux de piano et orchestre, dont Sérénade de Mandolines, Venezia valse, En revenant de la Revue, Ma Mie, etc. Au théâtre, il a composé la musique d'un grand nombre de petites pièces : Donnez-vous la peine d'entrer, revue en 2 actes (Concert du XIXe siècle, janvier 1874) ; le Concert à Gonesse, opéra en 1 acte avec Durafour (Pépinière, 29 novembre 1874) ; les Diamants de Florinette, opérette en 1 acte avec Ordonneau (Pépinière, 20 mars 1875) ; Antonie et Cléopâtre, comédie en 1 acte avec Guenée (Palais-Royal, 17 octobre 1876) ; et une vingtaine d'opérettes représentées à l'Eldorado et dans d'autres concerts ; aux Folies-Bergère 37 ballets depuis 1883 ; les Réservistes à venir, la Seguédilla (1887) ; Dans l'inconnu (1888) ; Joujoux-Ballet, Flagrant délit (1889) ; Marine, le Roi s'ennuie (1890) ; Un atelier fin de siècle, les Perles (1891) ; Rêve d'Or, les Folies Parisiennes (1892) ; Fleur de Lotus, France et Russie, Emilienne aux Quatre z' arts (1893) ; Un duel après le Bal, les Demoiselles du XXe siècle, Chez le Directeur (1894) ; les Mines d'or (1895), etc. ; la Castillane (Toulouse, 1895) ; Surpris par l'Orage, pantomime avec Martinetti (Marseille, 1895) ; etc. Chef d'orchestre des Folies-Bergère depuis plusieurs années, Desormes a dirigé l'un des orchestres des Bals de l'Opéra pendant deux saisons (1895-1896). En 1897, il habitait 21 avenue Alphonse-Denis à Hyères (83).

 

DIAZ Eugène (Eugène Emile DIAZ DE LA PEÑA dit). Compositeur français (Paris, 27 février 1837 – Colleville-sur-Mer, Calvados, 11 septembre 1901*). Fils de Narcisse Virgile Diaz de la Peña (33.Bordeaux, 20 août 1807 – Menton, 18 novembre 1876), peintre. Étudie d'abord la peinture, puis la musique ; travaille avec Bizet, Guiraud, etc. Lauréat du prix de la Coupe du Roi de Thulé, il fait représenter cet opéra en 5 actes, poème de L. Gallet et Ed. Blau, à l'Académie nationale de musique (10 janvier 1873) ; il a donné encore au théâtre Benvenuto, drame lyrique en 4 actes, poème de Hirsch (Opéra-Comique, 03 décembre 1890). Auteur de nombreuses mélodies. Fait aussi de la peinture.

 

DIET Edmond-Marie. Compositeur français (Paris, 25 septembre 1854 – Paris, 1924). Il fit ses études sous la direction de Franck et de Guiraud, et s’orienta vers la musique de théâtre ; il a composé de nombreux opéras-comiques, opérettes, ballets et pantomimes représentés aux Menus-Plaisirs, aux Bouffes-Parisiens et à l’Athénée-Comique. Citons, parmi ses œuvres, les opéras-comiques Stratonice (1887), le Cousin Placide (1887), et les opérettes Mme Putiphar (1897), Madame la Présidente (1902).

Il a fait représenter : Stratonice, opéra-comique en 1 acte, avec Chardon (Menus-Plaisirs, 19 novembre 1887) ; le Cousin Placide, opéra-comique en 2 actes, avec Belville (Salle Kriegelstein, 17 décembre 1887, puis Liège, 1892) ; Scientia, ballet en 1 acte (Paradis-Latin, 1889) ; la Grève, pantomime en 2 actes (Galerie Vivienne) ; Masque rose, scène idylle, avec J. Rameau ; Fleur de Vertu, opérette en 3 actes avec E. Depré (Bouffes-Parisiens, 30 mai 1894) ; M. Ruy-Blas, monomime en 1 acte, avec Millanvoye et Eudel (Cercle funambulesque, 18 juin 1894) ; la Belle et la Bête, ballet en 2 actes, avec Richard O'Monroy (Folies-Bergère, 17 septembre 1895) ; l'Araignée d'Or, conte féerique en 2 tableaux, avec Jean Lorrain (Folies-Bergère, 07 mai 1896) ; Rêve de Noël, pantomime ballet en 3 tableaux avec J. Lorrain (Olympia, 04 décembre 1896), etc. Plusieurs mélodies et morceaux religieux. En préparation en 1897 : Daphnis et Chloé, idylle en 7 tableaux, avec Montoya, pour le Chat-Noir ; une opérette en 3 actes et 2 ballets. En 1897, il habitait 2 rue de Choiseul à Paris.

 

DONIZETTI Gaetano. Compositeur italien (Bergame, 29 novembre 1797 – Bergame, 08 avril 1848). Epouse en 1829 Virginia Vasselli. Elève dans sa ville natale de Simone Mayr et ensuite, à Bologne, du P. Mattei, il fut, dans sa jeunesse, chanteur (basse), écrivit ses premières compositions pour instrument et fit représenter son premier opéra à Rome en 1822 (Zoraide di Granata). Il eut un certain succès et continua d’écrire pour le théâtre. Son premier opéra bouffe de quelque importance fut l’Ajo nell’imbarazzo (1824). Dès lors, il dut répondre avec une prodigieuse fertilité aux continuelles requêtes d’opéras nouveaux pour tous les théâtres d’Italie, et, puisqu’il ne se contentait pas de les écrire, mais en voulait suivre de près la préparation, surtout pour la nouvelle conception dramatique tout à fait personnelle qu’il imposait au drame lyrique et à l’opéra bouffe, il fut à la fois compositeur, maître de chant, répétiteur et directeur de ses spectacles. En 1827, il s’établit à Naples et écrivit 12 opéras en trois années. En 1829, il fut nommé directeur du théâtre royal de Naples, et, en 1834, maître de contrepoint au Conservatoire de cette ville. L’année suivante, il était appelé à Paris, où il fit représenter Marin Faliero sans grand succès. Toutefois, après avoir définitivement quitté Naples en 1838, il s’établit à Paris, où, s’étant accordé avec Scribe, il fit représenter : les Martyrs (Poliuto, 1840), le Duc d’Albe (en 1882 seulement), la Fille du régiment (1840), la Favorite (1840), Rita ou le Mari battu, Don Pasquale (1843) et Dom Sébastien du Portugal (1843). De Paris, il fit de brefs voyages en Italie (à Bologne, en 1842, il conduisit la première exécution du Stabat mater de Rossini, sur invitation de l’auteur) et se rendit souvent à Vienne (Linda di Chamounix, 1842; Maria di Rohan, 1843). En 1846, il fut interné à Ivry comme fou et, l’année suivante, on le transporta à Bergame. Il était membre de l’Institut. Il a écrit, entre autres, 28 cantates, 115 compositions de musique religieuse, 18 quatuors, 3 quintettes, 13 symphonies, beaucoup d’airs de chambre et de pièces de salon, des oratorios et 71 opéras. Sa production théâtrale est inégale, mais, dans ses meilleurs opéras, il introduit une puissance dramatique qui prépare le romantisme de Verdi, et, avec une belle aisance, il réussit la fusion du style sérieux et du style bouffe. L’Elisir d’amore (1832), Lucia di Lammermoor (1835), la Favorite (1840) et Don Pasquale (1843) sont entrés triomphalement dans le répertoire lyrique et jouissent aujourd’hui encore de la faveur populaire.

« Né à Bergame, mort dans la même ville, où il était retourné après les premières atteintes de la paralysie, le 8 avril 1848. Donizetti a été un des plus brillants représentants de l'école italienne. Sa facilité était prodigieuse. Il appartient au répertoire français, si l'on fait abstraction de traductions et de remaniements, par quelques ouvrages écrits pour Paris sur des livrets français. Ces ouvrages comptent parmi ses meilleurs et ce sont eux qui défendent encore le mieux sa mémoire à l'heure qu'il est. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

DORET Gustave. Compositeur et chef d'orchestre suisse (Aigle, canton de Vaud, Suisse romande, 20 septembre 1866 – Lausanne, 1943). Elève de Joachim à Berlin, de Jules Massenet, Camille Saint-Saëns et Dubois à Paris, il débuta dans cette ville comme chef suppléant des Concerts d’Harcourt. Il a été directeur de la musique à l’Opéra-Comique en 1909. Ses œuvres principales sont : Fête des vignerons (1905) ; Aliénor, Tell, Davel (théâtre du Jorat) ; les Armaillis, le Nain du Hasli, la Tisseuse d’orties, drames lyriques, et des mélodies qui firent de lui, avec Jaques-Dalcroze, le fondateur d’un art populaire suisse romand.

« G. Doret est un des compositeurs les plus en vue qu'ait donnés la Suisse romande. C'est un oratorio, les Sept paroles du Christ, qui fit connaître son nom. Il a écrit depuis plusieurs ouvrages pour le théâtre. Les Armaillis sont le plus connu. Le Nain du Hasli a été joué à Genève ; Loys n'a jamais été mis à la scène. Un ouvrage plus important, la Tisseuse d'orties, a été reçu à l'Opéra-Comique et y attend son tour. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

DUBOIS Clément François Théodore. Compositeur français (Rosnay, Marne, 24 août 1837* – Paris 17e, boulevard Pereire, 11 novembre 1924). Fait ses études musicales au Conservatoire de Paris. Premiers prix d'harmonie, d'accompagnement, d'orgue (Classe Benoît), de contrepoint et de fugue. Premier grand prix de Rome (Classe d'Ambroise Thomas), en 1861, avec la cantate Atala. De Rome il envoie à l'Académie des Beaux-Arts deux Ouvertures et une Messe solennelle, exécutée à la Madeleine en 1870. De retour à Paris, il se livre à l'enseignement ; maître de chapelle à Sainte-Clotilde, puis à la Madeleine il devient organiste de cette église. En 1871, il succède à Elwart comme professeur d'harmonie au Conservatoire et, en 1891, à Delibes comme professeur de composition. Enfin à la mort d'Ambroise Thomas il devient directeur du Conservatoire (06 mai 1896). An théâtre, Th. Dubois a fait représenter : la Guzla de l'Emir, opéra-comique en 1 acte avec J. Barbier et M. Carré (Athénée, 30 avril 1873) ; le Pain bis, opéra-comique en 1 acte avec de Brunswick et de Beauplan (Opéra-Comique, 26 février 1869) ; la Farandole, ballet en 3 actes avec Ph. Gille, Mortier et Mérante (Opéra, 06 mars 1882) ; Aben-Hamet, opéra en 4 actes et 1 prologue, avec Détrovat et L. de Thémines (Italiens, 16 décembre 1884) ; Xavière, pièce lyrique en 3 actes avec Louis Gallet (Opéra-Comique, 26 novembre 1895). Les autres œuvres de Th. Dubois sont en nombre considérable ; pour plus de clarté nous les classons ci-après par catégorie :

Œuvres lyriques : les Sept Paroles du Christ, oratorio, soli, chœurs et orchestre (Première audition à Sainte-Clotilde, 1867) ; le Paradis perdu, drame-oratorio, soli, chœurs et orchestre (1er prix du concours musical de la Ville de paris, 1878 ; Concerts-Colonne 1878) ; l'Enlèvement de Proserpine, scène lyrique, soli, chœurs et orchestre (Société de Sain-Bris, 1879) ; Hylas, scène lyrique, soli, chœurs et orchestre (Conservatoire de Lille, 1893) ; Bergerette, pour solo, chœurs et orchestre (Conservatoire, 1894) ; les Vivants et les Morts, pour solo, chœurs et orchestre (Conservatoire populaire de Roubaix, 1893) ; Délivrance, cantate pour soli et chœurs avec accompagnement de piano (Société d'Assistance des aveugles, Paris, 1887) ; Valse mélancolique, solo et chœur de femmes avec orchestre ; Notre-Dame de la mer, drame oratorio avec Louis Gallet (Concerts Lamoureux, 1897).

Œuvres symphoniques : Ouverture de Concert en ré majeur (Conservatoire, 1865) ; Trois airs de ballet (Pasdeloup, 1872) ; Première suite d'orchestre (Concerts Colonne, 1874) ; Quatre petites pièces pour orchestre (Concerts Colonne, 1874) ; Trois petites pièces pour orchestre (Concerts Colonne, 1891) ; Marche héroïque de Jeanne d'Arc (Reims, Société Philharmonique, 1888) ; Fantaisie triomphale, pour orgue et orchestre (Chicago, 1889) ; deux Suites d'orchestre sur la Farandole (la 1re exécutée au Trocadéro, 1884) ; Hymne nuptial (Trocadéro, 1893) ; Méditation-Prière, pour cordes, hautbois, harpe et orgue (Trocadéro, 1890) ; Concerto-Capriccio pour piano, avec orchestre (Société nationale de musique, 1876) ; Mélodie religieuse, violon avec orchestre (New York, 1891) ; Deuxième suite d'orchestre (Villageoise) (Concerts Colonne, 1877) ; Ouverture symphonique eu ut majeur (Conservatoire, 1879) ; Ouverture de Frithioff, légende scandinave (Concerts Colonne, 1881) ; Troisième suite d'orchestre (Société nationale de musique, 1881).

Musique religieuse : Messe brève, en fa, 4 voix et orgue ; Messe brève, en mi bémol, 3 voix, orchestre et orgue ; Messe brève, en la, 3 voix et orgue ; Messe dans le style palestrinien, sans accompagnement ; Messe de requiem, soli, chœurs, orchestre et orgue ; Petite messe des morts, avec orgue ; Credo, Benedictus, ténor et orgue ; Noël, mélodie avec accompagnement de piano, violon et orgue, etc., et de nombreux motets avec soli et accompagnement d'orgue, de violon, d'orchestre, etc.

Chœurs sans accompagnement : le Pas d'armes, 4 voix d'hommes (imposé, Concours international de Reims, 1869) ; les Voix de la nature, 4 voix d'hommes (imposé, Concours international de Reims, 1875) ; Tarentelle, 4 voix d'hommes (imposé, Concours international de Genève, 1882) ; Après la moisson, 4 voix d'hommes (imposé, Concours international de Reims, 1892) ; le Drapeau français, 3 voix d'enfants (Concours des écoles de Paris, 1880) ; le Renard et la Cigogne, 2 voix d'enfants avec accompagnement de piano.

Orgue et harmonium : Nombreuses pièces et une Messe de mariage, pour grand orgue.

A ces compositions il faut ajouter un grand nombre de transcriptions des œuvres de Haendel, Mendelssohn, Wagner, Schumann, etc., une quantité de morceaux de chant, piano et plusieurs compositions de musique de chambre. Parmi les œuvres dramatiques non éditées nous citerons : la Prova di un' opera seria (envoi de Rome, 1863), et Circé, opéra en 3 actes, en collaboration avec Jules Barbier.

Théodore Dubois a remplacé Charles Gounod à l'Académie des Beaux-arts, en 1894. Officier de la Légion d'honneur ; Officier de l'Instruction publique ; Officier de l'Ordre du Sauveur de Grèce.

 

DUKAS Paul Abraham. Compositeur et chef d'orchestre français (Paris 1er, 01 octobre 1865 – Paris, 17 mai 1935). Epouse à  Saint-Cloud le 11 septembre 1916, Mazulée Dinah Suzanne Pereyra (Paris, 30 novembre 1883 1947). Elève, au Conservatoire, d’Ernest Guiraud, il obtint en 1888 le premier prix de contrepoint et de fugue et le second prix de Rome avec sa cantate Velléda. En 1892, il écrit 1 ouverture pour Polyeucte ; en 1896, 1 Symphonie en ut majeur ; en 1897, l’Apprenti sorcier, scherzo symphonique sur une ballade de Goethe. Puis ce furent successivement 1 Sonata (1902) et des Variations sur un thème de Rameau (1903) pour piano ; Ariane et Barbe‑Bleue, conte lyrique en 3 actes, sur un poème de Maurice Maeterlinck (Opéra‑Comique, 1907; Opéra, 1935) ; la Péri (1912), poème chorégraphique, d’après une légende orientale. Il faut y ajouter : Prélude élégiaque sur le nom de Haydn, la Plainte au loin du faune, pour piano; Sonnet de Ronsard, chant et piano ; Villanelle, cor et piano (1906) ; Alla gitana vocalisé ; ainsi que l’orchestration de plusieurs scènes de Frédégonde, opéra inachevé d’E. Guiraud (Opéra, 1895) ; des révisions des Indes galantes, de la Princesse de Navarre, des Fêtes de Ramire, de Nelée et Myrtis, de Zéphyr de Jean‑Philippe Rameau, et de plusieurs autres œuvres : de Beethoven, Couperin, Scarlatti. Professeur de la classe d’orchestre, puis de celle de composition au Conservatoire (1927) et à l’Ecole normale de musique, il a formé toute une école de compositeurs qui ont amplement profité de sa science et de sa vaste culture. Il a été chef d’orchestre à l’Opéra-Comique. A l’Institut, il succéda en 1934 à Alfred Bruneau peu avant d’être enlevé subitement par une crise cardiaque. Son œuvre de critique, d’une haute qualité et d’une pénétrante psychologie, comprend des chroniques à la Revue hebdomadaire et dans plusieurs autres périodiques (cf. les Ecrits de Paul Dukas sur la musique, 1948).

« M. Paul Dukas est un des plus brillants élèves de C. Franck. Très connu comme symphoniste par son Apprenti sorcier, qui a fait le tour de l'Europe, il a écrit en outre une symphonie en ut majeur et de la musique de chambre. Ariane et Barbe-Bleue est son ouvrage de début au théâtre. et jusqu'ici cet ouvrage est resté unique ; mais pour un coup d'essai, c'était un coup de maître, et d'emblée Dukas concentra sur lui l'attention. On peut attendre encore beaucoup de ce compositeur dans toute la force de l'âge. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

DUPONT Gabriel. Compositeur français (Caen, Calvados, 1878 Le Vésinet, Yvelines, 1914). Second grand prix de Rome en 1901, il ne put se rendre à la villa Médicis mais se présenta néanmoins au concours Sanzogno. Il en fut le lauréat devant 137 candidats avec la Cabrera qui fut créée à Milan en 1905 par la Bellincioni. Il y révélait un réel talent musical et scénique qui s'affirma dans ses œuvres suivantes : la Glu (Nice 1910), la Farce du cuvier (Bruxelles 1912), Antar (Opéra 1921). Il mourut de tuberculose.

 

DUPREZ Gilbert-Louis. Ténor et compositeur français (1806–1896). => biographie

 

DUVERNOY Victor Alphonse. Compositeur et pianiste français (Paris, 31 août 1842 – Paris, 1907). Elève de Marmontel et de Bazin au Conservatoire de Paris, il y devint professeur de piano en 1886. Il écrivit de nombreux morceaux de genre pour piano, dont les célèbres Bagatelles, 1 concertstück, quelques œuvres symphoniques, 2 opéras, un ballet et d’autres pièces qui connurent un succès passager.

Etudes musicales au Conservatoire, premier prix de piano, en 1855 (classe Marmontel). Se livre à l'enseignement tout en s'occupant de composition et fonde avec Léonard, Stiehle, Trombetta et Jacquard, une Société de musique de chambre. Titulaire d'une classe de piano au Conservatoire. Parmi les œuvres nombreuses de Duvernoy il faut citer : la Tempête, poème symphonique, couronné par la Ville de Paris (Concerts Colonne) ; Sardanapale, opéra en 3 actes avec Pierre Berton (Concerts Lamoureux, puis, Lyon, 02 avril 1892) ; Cléopâtre, scène lyrique poème de Louis Gallet (Concerts Colonne) ; Hellé, opéra en 4 actes avec Nuitter et du Locle (Opéra, 24 avril 1896). Plusieurs pièces d'orchestre et une quantité de morceaux de piano. Duvernoy a été, pendant dix ans, critique musical de la République française. Chevalier de la Légion d'honneur, Officier de publique. En 1897, il habitait 20 boulevard Malesherbes à Paris.

 

ERLANGER Camille. Compositeur français (Paris, 25 mai 1865 Paris, 1919) enterré au Père-Lachaise (96e division). Grand prix de Rome en 1888, c'est durant son séjour à la villa Médicis qu'il composa sa première œuvre lyrique, Saint Julien l'Hospitalier, dont les extraits furent exécutés avec succès au concert. Par la suite plusieurs de ses ouvrages tinrent longtemps l'affiche à l'Opéra-Comique : Kermaria (1897), le Juif polonais (1900), Aphrodite (1906), la Sorcière (1912) et Forfaiture (1921). Il signa également le Fils de l'étoile (Opéra 1904), Bacchus triomphant (Bordeaux 1909), l'Aube rouge (Rouen 1912) et Hannele Mattern (Strasbourg 1949).

Etudes musicales au Conservatoire, premier grand prix de Rome, en 1888 (classe Delibes). A fait exécuter : Velleda, scène lyrique (Concerts Colonne, 1889) ; la Chasse fantastique, morceau symphonique (Institut, 1893) ; Saint Julien l'Hospitalier, légende dramatique en 3 actes et 7 tableaux avec M. Luguet, d'après Flaubert (fragment au Conservatoire, 1894 ; exécution intégrale, Conc.-Opéra, 1896) (la Chasse fantastique se trouve dans cette œuvre) ; Kermaria, drame lyrique en 3 actes avec Gheusi (Opéra-Comique, janvier 1897). En préparation en 1897 : Bar-Kokeba, drame musical en 3 actes et 4 tableaux avec Catulle Mendès ; la Glu, drame lyrique tiré du roman de Richepin. En 1897, il habitait 37 rue Montholon à Paris.

« Compositeur très estimé qui compte deux succès au théâtre lyrique : le Juif Polonais et Aphrodite. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

FALL Leo. Compositeur et chef d'orchestre autrichien (Olmütz [auj. Olomouc], Autriche [auj. République tchèque], 02 février 1873 – Vienne, Autriche, 16 septembre 1925). Il dirigea pendant de longues années des opérettes avant de devenir lui-même un fécond auteur d’opérettes viennoises. Ses œuvres les plus connues sont : Der fidele Barrer (le Joyeux paysan, 1907), Die Dollarprinzessin (Princesses Dollar, 1907), Die geschiedene Frau (la Divorcée, 1908), Die Rose von Stambul (1916), Madame Pompadour (1922).

« Un des plus populaires parmi les représentants contemporains de l'opérette viennoise. Les opérettes de Fall, traduites en plusieurs langues, se jouent actuellement dans tous les pays du monde. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

FAURE Jean-Baptiste. — Baryton et compositeur (18301914). => biographie

 

FAURÉ Gabriel Urban. Compositeur et pianiste français (Pamiers, Ariège, 12 mai 1845 – Paris, 04 novembre 1924) enterré au cimetière de Passy. Fait son éducation artistique à l'École de musique religieuse. Premiers prix de piano et d'harmonie en 1860 ; prix de composition en 1861. A publié pour chant, orgue, piano, orchestre, etc., une quantité de romances, mélodies, morceaux de musique religieuse, etc. A composé la musique de scène du Caligula d'Alexandre Dumas, du Shylock de Haraucourt (Odéon, 1889), du Voile du bonheur de Georges Clemenceau (Renaissance, 04 novembre 1901). En outre Fauré a fait représenter l'Organiste, 1 acte (Salle Duprez, 27 mars 1887). Maître de chapelle, puis organiste de la Madeleine (02 juin 1896). Professeur de composition, contrepoint et fugue, au Conservatoire (10 octobre 1896). Chevalier de la Légion d'honneur. Membre de l'Académie des Beaux-arts (1909). En 1897, il habitait 154 boulevard Malesherbes à Paris.

 

FÉVRIER Henry. Compositeur français (Paris, 02 octobre 1875 Paris, 06 juillet 1957) enterré au Père-Lachaise (13e division). Père de Jacques Février, pianiste. Il débuta avec des œuvres de musique de chambre et des mélodies, puis se consacra au théâtre, y apportant, outre ses dons personnels très marqués, une technique résolument wagnérienne. Il a successivement signé : le Roi aveugle (1906), Monna Vanna (1909), Carmosine (1913), Gismonda (1918), la Damnation de Blanchefeur (1921), l'Ile désenchantée (1925), Oletta (1927), la Femme nue (1929) et Sylvestre (1932).

 

FLÉGIER Ange. Compositeur et pianiste français (Marseille, Bouches-du-Rhône, 25 février 1846* –). Etudes musicales au Conservatoire de Marseille, puis au Conservatoire de Paris (1866-1869), élève de Bazin, pour l'harmonie et d'Ambroise Thomas, pour la composition. Admis à concourir pour le prix de Rome, en 1869 ; classé troisième, une maladie l'empêche de concourir à nouveau l'année suivante. A fait représenter Fatma, opéra-comique en 1 acte, paroles de Voisin (Marseille, Grand-Théâtre, 08 avril 1875), puis dans les concerts symphoniques de Paris, Marseille, Angers, etc. : Fantaisie-ballet, divertissement chorégraphique en 1 acte ; Ossian, poème lyrique, soli, orchestre et chœurs ; Scènes antiques, suite d'orchestre en 5 parties ; Marche de gala ; Trio pour hautbois, clarinette et basson (dédié à Massenet), etc. Flégier a en outre composé une centaine de mélodies, poèmes et duos parmi lesquels : les Stances, le Cor, le Beau Rêve, le Rhône, les Larmes, l'Homme et la Mer, les Enfants et les Amoureux, Rêve de bonheur, Messidor, Nocturne, Soir d'Eté, etc. Il a publié un volume de pièces pour le piano. Officier d'Académie, Officier de l'Ordre de Charles III d'Espagne. En 1897, il habitait 18 passage de l'Elysée-des-Beaux-Arts à Paris.

 

FLON Philippe. Chef d'orchestre et compositeur français d'origine belge (1860–1923). => biographie

 

FOSSE Vincent. Compositeur français (1855–). => biographie

 

FOURDRAIN Félix. Compositeur et organiste français (Paris, 03 février 1880 Paris, 23 octobre 1923). C'est comme organiste de l'église Sainte-Elisabeth qu'il débuta dans la carrière musicale. Cependant le théâtre l'attirait et, mélodiste distingué, ayant le souci de la forme et des harmonisations savoureuses, il composa seize ouvrages lyriques dont un seul opéra. Il mourut le soir de la création de sa Griffe à l'Opéra-Comique.

 

FOURET Maurice. Compositeur français (1888–1962). => biographie

 

GANNE Gustave Louis. Compositeur et chef d'orchestre français (Buxières-la-Grue, Allier, 05 avril 1862* Paris, 13 juillet 1923). Il débuta comme chef d'orchestre aux Folies-Bergère pour lesquelles il composa des pantomimes et des ballets. En 1900, il est directeur musical du Casino de Royan ; en 1905, à l'Opéra de Monte-Carlo, il fonde les Concerts Ganne. Depuis 1895 il dirigeait chaque année les bals de l'Opéra à Paris et en 1910 fut nommé chef d'orchestre à l'Apollo. Compositeur, il a signé des marches militaires, dont la Marche lorraine, des ballets pour le Casino de Paris et plusieurs opérettes dont deux sont devenues célèbres : les Saltimbanques et Hans le joueur de flûte.

Études musicales au Conservatoire de Paris ; 1er prix d'harmonie, classe Théodore Dubois (1881), prix d'orgue, classe Franck (1882). Débute au théâtre par un ballet, la Source du Nil, 1 acte (Folies-Bergère, 1882) ; fait ensuite représenter sur la même scène plusieurs autres ballets ; Volapuck, 2 tableaux (1886) ; Fleurs et Plumes, 1 acte (1887) ; Merveilleuses et Gigolettes, 2 actes (1894) ; puis une pantomime, le Réveil d'une Parisienne (1894). Au Casino de Paris : l'Heureuse Rencontre, divertissement en 1 acte (1892) ; la Fin du monde, ballet en 1 acte (1893) ; Rabelais, opéra-comique en 4 actes avec Méténier et Dubut de Laforêt (25 octobre 1892) ; la Rue, pantomime en 1 acte (1894). Aux Menus-Plaisirs, les Colles des femmes, vaudeville-opérette avec Kéroul et Jaime (29 septembre 1893). Au Casino de Royan : l'Abeille et la Fleur, 1 acte (1895) ; Phryné, ballet en 3 actes avec Aug. Germain (1896). Ganne est l'auteur de plusieurs morceaux devenus très populaires ; le Père la Victoire (175 000 exemplaires vendus) ; la Czarine (325 000 exemplaires) ; Marche Lorraine, etc., il a composé la musique de Tout-Paris, vaudeville en 5 actes représenté au Châtelet en 1891. En 1897 il était chef d'orchestre des bals de l'Opéra, 1er chef d'orchestre du Casino municipal de Royan et habitait 15 avenue Trudaine à Paris.

« M. L. Ganne est surtout célèbre dans le monde entier comme l'auteur de marches et danses célèbres (Marche lorraine, Bourrée d'Auvergne, la Czarine, mazurka, etc.). Il fit ses débuts au théâtre avec un Rabelais qui n'eut que peu de succès. Il a pris depuis sa revanche avec les Saltimbanques, une des opérettes les plus goûtées du répertoire contemporain. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

GARNIER Ernest. Compositeur français (1858–1932). => biographie

 

GASTINEL Léon Gustave Cyprien. Compositeur français (Villers-les-Pots, Côte-d'Or, 15 août 1823* – Fresnes, Val-de-Marne, 18 octobre 1906*). Premières études musicales à Dijon, puis au Conservatoire de Paris. 1er grand prix de Rome en 1846 avec la cantate Vélasquez, poème de Camille Doucet. Fait représenter au théâtre : le Miroir, opéra-comique en 1 acte avec Bayard et d'Avrigny (Opéra-Comique, 19 janvier 1853) ; l'Opéra aux Fétiches, opéra-comique avec Ludovic Halévy (Bouffes-Parisiens, 05 mai 1857) ; Titus et Bérénice, opéra-comique en 1 acte avec Ludovic Halévy (Bouffes-Parisiens, 12 mai 1860) ; le Buisson vert, opéra-comique en 1 acte avec M. Carré (Théâtre-Lyrique, 14 septembre 1861) ; le Rêve, ballet en 2 actes avec Ed. Blau (Opéra, 09 juin 1890) ; le Barde, opéra en 4 actes, poème et musique (Nice, mars 1896). Gastinel a composé plusieurs oratorios, messes solennelles, exécutées à Rome et à Paris, musique de chambre, musique symphonique et compositions orphéoniques. Ouvrages non représentés en 1897 : la Kermesse, opéra-comique en 3 actes ; Eutatès, opéra en 5 actes, poème et musique ; Ourania, légende dramatique en 3 actes, etc. En 1897, il habitait 5 rue Michelet à Paris.

 

GAUBERT Philippe. Compositeur français. => Chefs d'orchestre

 

GAUTIER Jean François Eugène dit Eugène. Compositeur, violoniste et chef d'orchestre français (Vaugirard, 27 février 1822 – Paris, 01 avril 1878). Second grand prix de Rome en 1842, il fut premier violon à l'Opéra, puis second chef d'orchestre à l'Opéra-National [devenu Théâtre-Lyrique] (1847-1848) ; il y fit jouer, en société avec Pilati, un opéra de circonstance : les Barricades de 1848. Nommé professeur d'histoire de la musique au Conservatoire, il a publié : Un musicien en vacances, volume formé de la réunion de ses articles du Journal officiel (1873).

 

GAUTIER Paul. Compositeur français. => biographie

 

GÉDALGE André. Compositeur et pédagogue français (Paris, 27 décembre 1856 – Paris, 1926). Employé de librairie jusqu'en 1884, il entre au Conservatoire cette année-là, y travaille avec Guiraud et obtient le second grand prix de Rome l'année suivante. Professeur de contrepoint et de fugue au Conservatoire de Paris (1905), il publia plusieurs ouvrages didactiques : Traité de la fugue (1901), l’Enseignement de la musique par l’éducation méthodique de l’oreille (1921-1923), et forma d’éminents élèves : Ibert, Milhaud, Honegger. Comme compositeur, on lui doit quelques ouvrages scéniques (Hélène, 1893), 4 symphonies, 1 concerto pour piano, 1 quatuor, 2 sonates (piano et violon) et des mélodies.

Il a fait représenter le Petit Savoyard, pantomime en 4 actes avec M. Carré et Remond (Nouveautés, 10 mars 1891) et Pris au piège, opéra-comique en 1 acte (Opéra-Comique, 07 juin 1895). Lauréat du Prix Cressent, en 1895, avec Hélène, drame lyrique en 2 actes. Gédalge est l'auteur de Sita, féerie lyrique tirée du Ramayana ; il a composé deux Symphonies, un Quatuor à cordes, plusieurs suites d'orchestre, pièces de piano, etc. En 1897, il habitait 130 rue du Faubourg-Saint-Denis à Paris.

 

GEORGES Alexandre. Compositeur et organiste français (1850–1938). => biographie

 

GIORDANO Umberto. Compositeur italien (Foggia, 27 août 1867 Milan, 12 novembre 1948). Au sortir du Conservatoire de Naples, il présenta en 1888 au concours Sanzogno un opéra, Marina, qui fut fort remarqué. Appartenant à l'école vériste italienne, il obtint de très grands succès lyriques dans son pays. A l'étranger il s'est fait surtout connaître par ses émouvantes partitions d'André Chénier, Fedora, Siberia, Madame Sans-Gêne, et The Jest.

« Un des compositeurs les plus estimés de l'Italie contemporaine. Un de ceux qui ont eu l'honneur d'être traduits et représentés à l'étranger. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

GLUCK Christoph Willibald, chevalier von. Compositeur allemand (Erasbach, près de Weidenwang, Haut-Palatinat, 02 juillet 1714 – Vienne, 15 novembre 1787). Son père était maître des eaux et forêts et jouissait d’une large aisance ; Gluck le suivit à Reichstadt, en Bohême (1717), puis à Böhmish‑Kamnitz (1722), enfin à Eisenberg, près de Komotau (1727), chez les princes de Lobkowitz. Il fut inscrit à l’université de Prague, mais on ne sait comment il apprit la musique. Décidé à ne pas adopter la profession de son père, Gluck vécut de la vie d’étudiant pauvre, chantant, jouant de l’orgue ou du violon; en 1734, il arrive à Vienne, qu’il quitte, à la suite de Melzi, en 1736, pour se rendre à Milan, où il étudie la fugue et la composition théâtrale avec Sammartini. En 1741, on joue son premier opéra, et le second est donné à Venise en 1742. Dès lors il compose et, en 1745, se rend à Londres, y rencontre Händel, et produit plusieurs œuvres dramatiques inspirées des événements qui agitaient l’Angleterre; c’est en plein succès qu’il joue son fameux Concerto sur 26 verres accordés par l’eau de source (1746). De retour en Allemagne, il y passe environ deux ans, et y fait entendre (à Hambourg, Leipzig, Dresde) des œuvres nouvelles; il avait pris connaissance des partitions de Jomelli et, surtout, de Hasse, collaborant comme « chanteur » avec les Vestris, Noverre et la troupe des Mingotti, dont il devient bientôt le chef d’orchestre itinérant. Au début de 1749, après une assez longue maladie, il donne des concerts à Copenhague et fait représenter un opéra devant la Cour. A la fin de l’année, Gluck fait partie de la troupe Locatelli et donne à Prague un nouvel opéra, Esio. Enfin, en 1750, il épouse Marianne Pergin, âgée de dix‑huit ans. Après un voyage à Naples en 1752, il rentre à Vienne, où, grâce à sa réputation grandissante, il est mis en contact avec le monde de la cour impériale, pour laquelle il écrit plusieurs œuvres. Bientôt (1753‑1754) entre en scène le comte Durazzo, directeur des théâtres impériaux, fort amateur des vaudevilles français; Gluck va se diriger de ce côté, et aussi vers la danse et les chœurs (1755); à plus de quarante ans, il accède à la notoriété; riche de sa part d’héritage et des biens de sa femme, il se contente encore des maigres subsides impériaux. En 1756, il se trouve à Rome, triomphe d’une cabale montée contre lui, reçoit le titre de « Chevalier de l’Eperon d’or », puis s’intéresse, à Vienne, à une parodie de Favart en français, suivie d’autres opéras‑comiques venus des foires Saint‑Laurent et Saint‑Germain de Paris. Sans abandonner l’opéra italien, il s’attache aux scénarios parisiens, pour lesquels il écrit de nouveaux airs dans la forme française des ariettes (1756, 1758) et de nombreux opéras‑comiques sur des livrets de Favart, Anseaume, etc. Sa correspondance avec Favart, qui s’étend sur sept ans, montre qu’il s’était familiarisé avec la prosodie française. En 1761, le poète aventurier Calzabigi arrive à Vienne ayant, sur l’esthétique de l’opéra, des conceptions puisées en France, et qui correspondaient assez bien à celles de Gluck, d’Algarotti, de Métastase lui-même : éviction des airs inutiles, sobriété de la musique à l’égard de la poésie, importance de l’ouverture, rôle des chœurs, suppression du clavecin pour accompagner les récits, intégration du ballet à l’action. C’est une réforme profonde de l’opéra italien que Gluck amorce avec l’Orfeo de Calzabigi (1762). L’année suivante, Gluck est à Bologne, pendant que Durazzo tente de faire graver Orphée à Paris. Rentré à Vienne, Gluck y connaît un succès croissant, et sa réputation, son prestige ont franchi les frontières : en 1764‑1765, les journaux parisiens insèrent des airs du Chevalier, dont les textes, traduits, circulent en Allemagne et au Danemark. C’est en 1764 que Gluck arrive à Paris pour la première fois; il y révisa les épreuves d’Orphée, rencontra Favart et rentra à Vienne, par Francfort, fin avril ou début mai. Il y consacra presque tout son temps à l’étude de Rameau et de Lully. Bientôt, il se détachera de Métastase et de l’opéra italien pour se tourner vers Calzabigi et se rapprocher de l’opéra français. Le livret d’Alceste lui fournit l’occasion de réaliser ses vues nouvelles. L’œuvre, donnée en 1767, d’abord accueillie comme une « messe d’enterrement », fit ensuite recette; en 1769, Gluck conclut une association pour l’exploitation du théâtre de Vienne, qui devait se traduire par la ruine du compositeur et de sa femme (1770) ; heureusement, le Chevalier avait été appelé en 1769 à Parme, où il avait dirigé des représentations triomphales d’Orphée. C’est en 1769 aussi qu’il dut donner des leçons de musique à la future reine de France, Marie‑Antoinette ; elle prit, en avril 1770, le chemin de Paris, où elle devait devenir la protectrice de Gluck. A cette époque aussi, il va faire la connaissance du Français Gaud Lebland Du Roullet, auteur d’un livret d’Iphigénie en Aulide accepté par le musicien et que Dauvergne est sollicité de faire représenter à Paris, où il dirige l’Opéra (1772). C’est le début de la querelle ouverte à propos de Gluck : musique et langue françaises contre musique et langue italiennes (1772‑1773). C’est encore en 1772 que le musicographe anglais Burney se rendit à Vienne pour y rencontrer Gluck, qu’il jugea extraordinaire. Enfin, en novembre 1773, Gluck arrivait à Paris avec sa femme et sa nièce Marianne. Les répétitions d’Iphigénie donnèrent lieu à des scènes pittoresques et se prolongèrent jusqu’en avril 1774; la première fut accueillie avec enthousiasme et souleva les plus ardentes discussions; la rivalité s’établit presque aussitôt entre les partisans de Gluck, groupés autour de Marie‑Antoinette (qui allait être reine le mois suivant), et ceux de la musique italienne, que Piccinni devait bientôt représenter sous les auspices de la Du Barry. En août, Orphée, traduit en français par Moline, fut donné devant une salle comble et se maintint pendant 47 représentations. Ainsi se terminait la première des « cinq saisons » de Gluck à Paris. Les quatre autres voyages eurent lieu, en 1775 et 1779, à l’occasion d’Alceste (1776), d’Armide (1777), puis d’Iphigénie en Tauride (1779) ‑ traité également par Piccinni ‑ et d’Echo et Narcisse (1779). Entre‑temps, Gluck, se trouvant à Paris, y apprit la mort de sa nièce Marianne (1776), qu’il considérait comme sa fille. En dépit des cabales et de la présence de Piccinni, le plus vif succès avait accueilli en France les opéras du protégé de Marie‑Antoinette. Il n’en fut pas de même de la pastorale d’Echo et Narcisse, à laquelle le livret, très faible, valut un demi‑échec; Gluck, qui avait eu une petite attaque d’apoplexie en juillet 1779, s’éloignait de Paris, remis; mais après l’insuccès de son « opéra d’été », le Chevalier, qui avait songé (en 1775 et 1778) à se fixer en France, y renonce et se laisse aller à la francophobie. Il fut cependant en rapport avec l’administration de l’Opéra pour donner un Oreste (1780), mais ce projet n’aura pas de suite. Gluck écrivit sa dernière lettre autographe en mai 1781 ; il allait être paralysé du bras droit et se tint cependant au courant de ce qui se passait en France, par l’intermédiaire d’un secrétaire, donnant de ses nouvelles à ses amis, s’intéressant aussi à la vie musicale viennoise, et projetant encore en 1782, puis en 1783, de se rendre en France pour y donner les Danaïdes, que son élève Salieri écrivait sous sa dictée, et qui furent représentées à Paris (sans Gluck) en 1784. A ce moment, déjà, le maître se contentait de vivre dans le calme d’une maison située au sud de Vienne, où il décéda après avoir absorbé, contre l’avis du médecin, un peu d’alcool, cause de l’apoplexie finale.

« Né à Weidenwang, près Berching, en Franconie, le 2 juillet 1714, mort à Vienne le 15 novembre 1787.

Gluck, né roturier, mais anobli plus tard avec le titre de chevalier, dut aux relations qu'il avait nouées à la cour de Vienne avec l'archiduchesse Marie-Antoinette de passer à Paris lorsque celle-ci fut devenue dauphine de France. C'est ainsi qu'après une activité prolongée mais assez obscure en Autriche dans le domaine de l'opéra italien, il eut la gloire de réformer le grand opéra français. Il avait essayé pareille réforme à Vienne déjà avec son Orphée, puis avec Alceste, mais n'avait pas trouvé dans la capitale autrichienne un terrain favorable. Orphée et Alceste ne triomphèrent qu'une fois traduits en français et adaptés à la scène française. De l'œuvre de Gluck, seuls ont survécu les ouvrages qu'il donna à Paris. C'est ainsi qu'il doit être considéré comme appartenant à l'histoire de l'opéra français. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

GODARD Benjamin Louis Paul. Compositeur français (Paris, 18 août 1849 – Cannes, 10 janvier 1895*). Il travailla le violon avec Vieuxtemps et fut, au Conservatoire de Paris, l’élève de Reber. Lauréat de l’Institut (prix Chartier) et de la Ville de Paris, il a publié un nombre considérable de pièces de piano et une centaine de mélodies, 2 concertos, 4 symphonies (la Symphonie‑Ballet, 1882 ; Symphonie gothique, 1883 ; Symphonie orientale, 1884 ; Symphonie légendaire, avec soli et chœurs, 1886), ainsi que les opéras Pedro de Zalamea (1884), Jocelyn (1888), rendu célèbre par sa berceuse, Dante et Béatrice (1890), Ruy Blas (1891), la Vivandière (1895), les Guelfes, et la musique pour Beaucoup de bruit pour rien. Admirablement doué, sa musique témoigne d’un instinct mélodique très sûr, mais non exempt de facilité. Il était, depuis 1887, professeur de la classe d’ensemble instrumental du Conservatoire de Paris.

« Un compositeur remarquablement doué et très fécond, dont le tort fut peut-être de trop écrire. Son œuvre de théâtre ne représente qu'une petite partie de son œuvre totale. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

GOUNOD Charles. Compositeur français (1818–1893) => biographie

 

GRANDVAL (Marie Félicie Clémence de REISET, comtesse de). Compositrice française (La Tour-du-Bois, Sarthe, 21 janvier 1830 –). Étudie la composition musicale avec Saint-Saëns. Débute par une Messe et un Stabat (exécutés dans plusieurs églises) ; donne ensuite aux Italiens Piccolino, opéra d'après la pièce de Sardou ; la Pénitente (Opéra-Comique, 13 mai 1868) ; les Fiancés de Rosa (Théâtre-Lyrique) ; Mazeppa, opéra en 5 actes (Bordeaux, 1892), etc. Mme de Grandval a fait exécuter plusieurs œuvres symphoniques aux Concerts Pasdeloup et Colonne ; un de ses oratorios, la Fille de Jaïre, a obtenu le prix Rossini ; elle a composé en outre un grand nombre de mélodies et un drame sacré, Sainte Agnès, qui doit être joué prochainement ; elle a également écrit la partition du Bouclier de diamant, opéra fantastique, dont le livret est de MM. Adonis et Hartmann. En 1897, elle habitait 4 rue du Commandant-Rivière à Paris.

 

GREGH Louis. Compositeur et éditeur de musique (Philippeville, 1843 –). Il a fait représenter : le Présomptif, opérette en 3 actes de Valabrègue et Mannequin (Renaissance, 06 juin 1884, jouée précédemment à Bruxelles) ; Arlette, comédie en 2 actes avec Beissier (Théâtre-d'Application, 20 décembre 1891) ; Patard, Patard et Cie, vaudeville-opérette en 5 actes avec Clairville et Sylvane (Folies-Dramatiques, 09 octobre 1893) ; Instantanée, pantomime en 2 actes avec Beissier et Boussenot (Théâtre-d'Application, 08 février 1894) ; le Capitaine Roland, opéra-comique en 2 actes avec A. Lafrique (Théâtre Mondain, 29 mars 1895) ; Arlette, ballet-pantomime avec Beissier (Olympia, 13 mars 1896), etc. En 1897, il habitait 40 boulevard Haussmann à Paris.

 

GRILLET Laurent. Compositeur français (Sancoins, Cher, 22 mai 1851 – Paris, 1901). Etudie le violon et l'harmonie avec son père, puis avec le violoncelliste Auguste Martin. Premier violon au Grand-Théâtre de Lyon (1872), il continue ses études d'harmonie sous la direction de E. Mangin ; puis, venu à Paris en 1874, il travaille le contrepoint et la fugue avec Emile Ratez, actuellement directeur du Conservatoire de Lille. Membre fondateur de l'Association artistique (1874-1881) ; sous-chef d'Olivier Métra, aux Folies-Bergère (1876) ; premier chef d'orchestre des Folies-Dramatiques (1881), de la Renaissance (1885), du Casino de la Villa des Fleurs, à Aix-les-Bains (saisons 1881-1884), du Casino de Cabourg (1887). Chef d'orchestre du Nouveau-Cirque depuis la création de cet établissement (février 1886). Il a fait représenter : le Sabbat, ballet en 1 acte et 3 tableaux avec Marc-Leprevost (Folies-Bergère, 14 janvier 1880) ; Violettes et Troubadours, ballet en 1 acte avec Grévin (Folies-Bergère, 29 décembre 1880) ; Troupe hongroise, ballet en 1 acte avec Grévin (Palace-Théâtre, 06 février 1883) ; Une fête à Grenade, ballet en 1 acte avec Mariquita (Théâtre de l'Exposition, 01 juin 1889) ; En bonne fortune, pantomime en 2 actes avec Massiac (Cercle-Funambulesque, février 1891) ; Graciosa, opéra-comique en 3 actes avec Massiac (Menus-Plaisirs, 03 février 1892) ; les Éreintés de la Vie, fantaisie-pantomime avec Champsaur (Cirque Molier, 23 mai 1888). Grillet a composé la musique de toutes les pantomimes représentées au Nouveau-Cirque, la Grenouillère, la Foire de Séville, l'Île des Singes, Lulu, le Combat naval, le Roi Dagobert, Gribouille, Papa Chrysanthème, Pierrot Soldat, le Feu au moulin, etc. ; il a publié une quantité de morceaux pour chant, piano et orchestre. Membre fondateur de la Société des instruments anciens, créée dans un but de reconstitution purement artistique, pour faire entendre de la musique ancienne exécutée sur des instruments du temps, il y joue de la vielle dont les traditions lui ont été transmises par son père, qui fut le maître incontesté de cet instrument. Grillet a publié dans le Ménestrel, les Ancêtres du violon, étude historique et critique des instruments à archet qui ont précédé le violon et qui, considérablement augmentée, va paraître prochainement en volume. En 1897, il habitait 22 rue Beaurepaire à Paris.

 

GRISART Charles-Jean-Baptiste. Compositeur français (Paris, vers 1840 –). Auteur d'un grand nombre de morceaux de piano, transcriptions pour violon, adaptations symphoniques, messes, mélodies, etc. A fait représenter : Memnon, opéra-comique en 1 acte avec Cadol et Bocage (Folies-Bergère, 30 novembre 1871) ; la Quenouille de verre, opérette en 3 actes avec A. Millaud (Bouffes-Parisiens, 07 novembre 1873) ; les Trois Margot, opéra bouffe en 3 actes avec Bocage et Chabrillat (Bouffes-Parisiens, 06 janvier 1877) ; le Pont d'Avignon, opéra bouffe en 3 actes avec Liorat (Bouffes-Parisiens, 03 septembre 1878) ; le Petit Abbé, saynète musicale avec Bocage et Liorat (Vaudeville, 09 octobre 1879) ; les Poupées de l'Infante, opéra-comique en 3 actes avec Bocage et Liorat (Folies-Dramatiques, 09 avril 1881) ; le Bossu, opéra-comique en 4 actes avec Bocage et Liorat (Gaîté, 19 mars 1888) ; le Petit Bois, opérette en 1 acte avec Liorat (Bouffes-Parisiens, 07 mars 1893). En préparation en 1897 : Sa majesté Lulu, opérette en 3 actes, avec Liorat. En 1897, il habitait 20 rue de l'Odéon à Paris.

 

GUNSBOURG Raoul. Compositeur et directeur de théâtre (1860–1955). => biographie

 

HAHN Reynaldo. Compositeur et chef d'orchestre vénézuélien naturalisé français en 1912 (Caracas, Venezuela, 09 août 1874 Paris 8e, 7 rue Greffulhe, 28 janvier 1947) enterré au Père-Lachaise (85e division). Élève de Lavignac et Massenet, il devait devenir, s'étant fait naturaliser, l'un des musiciens français les plus distingués. Intelligent, érudit, il fut un chef d'orchestre efficace et discret qui débuta au casino de Cannes en 1906. Par la suite il ne dirigea que les œuvres qu'il aimait. Compositeur, il écrivit des mélodies qu'il interprétait lui-même dans les salons, des chaconnes, des pavanes dans le style ancien. Au théâtre, l'Opéra-Comique présenta son Ile du rêve en 1898 et sa Carmélite en 1902. Il s'orienta ensuite vers l'opérette et signa de charmants ouvrages : Ciboulette qui triomphe toujours (1923), le Temps d'aimer (1926), Brummel (1931), Ô mon bel inconnu (1933). On lui doit encore un opéra, le Marchand de Venise (1935), des ballets, des musiques de scène. Il a reconstitué pour Don Juan l'orchestre original que dirigeait Mozart en 1787, et rétabli pour Mireille sa version première. Il fut un pertinent critique au Figaro et écrivit d'une plume élégante quelques ouvrages littéraires comme Du chant (1920), la Grande Sarah (souvenirs sur Sarah Bernhardt dont il était l'ami, 1930), l'Oreille au guet (1937) et Thèmes variés (1946). Il mourut directeur de l'Opéra de Paris, poste auquel il fut appelé dès la libération de la capitale (1945). Membre de l'Académie des Beaux-arts (1945).

Études musicales au Conservatoire de Paris (élève de Massenet). A publié un grand nombre de mélodies et quelques morceaux de piano à deux et quatre mains. A composé la musique de scène le plusieurs pièces, notamment de l'Obstacle d'Alphonse Daudet (Gymnase, 27 décembre 1890). En préparation en 1897 : l'Île des rêves, idylle polynésienne en 3 actes, d'après Loti, avec Hartmann et A. Alexandre. En 1897, il habitait 6 rue du Cirque à Paris.

 

HALÉVY Fromental (Jacques Fromentin Elias LÉVY dit). Compositeur français (Paris, 27 mai 1799 – Nice, Alpes-Maritimes, 17 mars 1862*) enterré au cimetière Montmartre (3e division). Frère de Léon Halévy (père de Ludovic Halévy) ; père de Geneviève Halévy (épouse Georges Bizet). Elève de Berton et de Cherubini, grand prix de Rome (1819), professeur d’harmonie (1827), puis de composition (1833) au Conservatoire, chef de chant à l'Opéra (1830-1845), membre de l’Académie des beaux-arts (1836), il fut le maître de Gounod et de Bizet, qui épousera sa fille. Outre ses Leçons de lecture musicale et le Traité de contrepoint de Cherubini qu’on lui attribue, sa production est presque exclusivement théâtrale. Il avait un sens très aigu des effets dramatiques, et ses œuvres témoignent de la sûreté autant que de l’habileté avec lesquelles il en jouait. Il laisse une trentaine d’opéras et ballets, d’où se détachent d’éclatantes réussites, telles la Juive (1835) et  la Reine de Chypre (1841). Il a écrit un certain nombre d’œuvres liturgiques, dont les psaumes CXV et CXVII, encore au répertoire de beaucoup de synagogues. En 1841, il habitait 17 rue de La Rochefoucault.

« Un des plus grands maîtres de l'Opéra, l'égal de Meyerbeer. La Juive maintient sa haute situation au répertoire du Grand Opéra. Les autres œuvres de Halévy ont vu décroître leur vogue et tombent de plus en plus dans l'oubli. La fille de Halévy épousa Georges Bizet, un des plus brillants élèves de son père au Conservatoire de Paris. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

HEROLD Louis Joseph Ferdinand. Compositeur français (Paris, 28 janvier 1791 – Paris, 18 janvier 1833) enterré au Père-Lachaise (13e division). Fils de Ferdinand Herold (Seltz, Alsace, 1755 - Paris, 1802), pianiste et compositeur. Il fut d’abord élève de son père, avant d’être celui de Méhul, de Catel et d’Adam. Grand prix de Rome en 1812, il se tourne d’emblée vers le théâtre. Ses fonctions successives d’accompagnateur, puis de chef de chœurs à l’Opéra-Italien (1824-1827), celles de chef de chant à l’Opéra (1827) contribuèrent à développer l’instinct dramatique très sûr et le sens de l’écriture vocale qui s’épanouissent dans ses œuvres maîtresses, dont certaines sont restées célèbres : Marie (1926), Zampa (1831) et le Pré-aux-Clercs (1832), qui atteignit sa millième représentation moins de trente-neuf ans après sa création.

« Un des meilleurs compositeurs d'opéras comiques du début du XIXe siècle. Son Pré-aux-Clercs, après une vogue très grande et très durable, tend à disparaître du répertoire en France, mais s'y maintient encore en Allemagne sous le titre Der Zweikampf (le Duel). Maladif, Hérold mourut jeune encore avant d'avoir pu donner toute sa mesure. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

HERVÉ (Louis Auguste Joseph Florimond RONGER dit). Compositeur et organiste français (Houdain, Pas-de-Calais, 30 juin 1825* Paris 16e, 03 novembre 1892) enterré au cimetière de Boulogne-Billancourt (6e division, tombe n° 313). Ce fut un personnage étonnant qui, renouant avec la tradition de la foire Saint-Germain, tint au théâtre tous les emplois : auteur, compositeur, chanteur, comédien, machiniste, chef d'orchestre, décorateur. Au besoin le tout dans une même soirée. Il étudia l'orgue à l'église Saint-Roch et la composition avec Auber. En 1840, il est organiste à l'hospice de Bicêtre et écrit une opérette, l'Ours et le Pacha, qu'il fait interpréter par des pensionnaires fous. En 1845, il est nommé organiste à Saint-Eustache. Parallèlement à ces activités religieuses il compose des vaudevilles pour les théâtres de la périphérie. En 1849, il devient chef d'orchestre à l'Odéon, puis au Palais-Royal. C'est pour cette dernière scène qu'il écrit les Folies dramatiques données en avant-première devant la cour aux Tuileries. Son succès lui permet d'obtenir le privilège d'un petit théâtre où il pouvait faire représenter des opérettes à deux personnages. Aussi ouvre-t-il le 21 octobre 1854 les Folies concertantes, huit mois avant l'inauguration des Bouffes-Parisiens d'Offenbach. En 1858, il exploite les Folies Marigny associé avec le mime Deburau. Des difficultés pécuniaires l'obligèrent à tenter sa chance à Marseille, puis à se faire engager comme second ténor par l'Opéra de Montpellier. Il part pour Le Caire, cette fois comme chef d'orchestre, mais y est abandonné par son imprésario. S'étant fait rapatrier, il reprend la baguette aux Délassements-Comiques et à l'Eldorado, scènes pour lesquelles il compose des ballets et des musiques de revues. C'est à cette époque qu'il s'oriente vers les grands théâtres d'opérettes parisiens. Il écrira pour eux des ouvrages insolites, un peu fous, mais aux qualités musicales excellentes, maniant la parodie avec aisance. Ces ouvrages devaient d'ailleurs faire courir tout Paris : les Chevaliers de la table ronde (1866), l’Œil crevé (1867), Chilpéric (1868) et le Petit Faust (1869). Invité à Londres en 1870, il y fera triompher ses ouvrages, et sera chef d'orchestre à l'Empire Theatre de 1886 à 1891. Après la guerre franco-allemande il devait encore signer quelques succès comme le Trône d'Écosse, Alice de Nevers, et surtout Mam'zelle Nitouche (1883), toujours considéré comme son chef-d'œuvre.

« Le véritable créateur du bouffe français. Musicien de peu de fond, mais doué d'un sens aigu de la grosse bouffonnerie musicale, qui lui a valu de nombreux succès. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

HILLEMACHER Paul Joseph Guillaume. Compositeur français (Paris, 25 novembre 1852 Versailles, Yvelines, 11 août 1933). Fils d'Eugène-Ernest Hillemacher (Paris 1818 – 1887), peintre. Frère de Lucien Hillemacher. Grand prix de Rome en 1876. En 1897, il habitait 66 rue Ampère à Paris. Composés en collaboration étroite entre les deux frères, leurs ouvrages sont signés P. L. Hillemacher. On leur doit essentiellement des ouvrages lyriques ainsi que des pièces pianistiques et des mélodies. Ils ont fait représenter : Loreley, légende symphonique en 3 parties (prix de la ville de Paris, 1882) ; Saint-Mégrin, opéra en 4 actes avec Dubreuil et Eug. Adenis (Bruxelles, 03 mars 1886) ; Une aventure d'Arlequin, opéra-comique en 1 acte (Bruxelles, mars 1888) ; la Cinquantaine, petite suite d'orchestre (concerts Lamoureux) ; le Régiment qui passe, opéra-comique en 1 acte avec M. Hennequin (Royan, 11 septembre 1894) ; Héro et Léandre, musique de scène pour le poème de Haraucourt (Chat-Noir, 1893-94) ; le Drac, drame lyrique en 3 actes avec Gallet d'après G. Sand (Carlsrühe, 13 novembre 1896). En préparation en 1897 : Circé, drame lyrique en 3 actes avec Haraucourt.

 

HILLEMACHER Lucien Joseph Edouard. Compositeur français (Paris, 10 juin 1860 Paris, 1909). Frère de Paul Hillemacher avec qui il a composé ses œuvres. Grand prix de Rome en 1880. En 1897, il habitait 173 rue de Courcelles à Paris.

 

HIRCHMANN Henri (Henri HERBLAY dit). Compositeur français (Saint-Mandé, 1872 – Paris, 1961). Il devait s'assurer deux succès, et ceux-ci coup sur coup, avec la Petite Bohème aux Variétés (1905-1906) et avec les Hirondelles (1907) qui d'un coup d'aile passaient des bruxelloises Galeries-Saint-Hubert à la parisienne Gaîté-Lyrique. Mais son étoile pâlissait en 1911 avec ses Petites Etoiles. Par contre, la Petite Bohême profita largement de la sympathie universelle pour Mimi, Rodolphe, Musette et leur suite. Rien n'y manque. Mimi chante déjà (ou encore) : « Je m'appelle Mimi, de mon état je suis fleuriste », tandis que Rodolphe affirme : « Travailler dans les vers comme elle dans les roses », cela dans un de ces greniers où l'on est bien à vingt ans, avant de retrouver à l'Ermitage de Montmorency, l'escarpolette de tendres aveux : Florestan seul y manque pour la pousser en trois temps. Du même compositeur : la Feuille de Vigne (1907), la Vie joyeuse (1910), les Deux Princesses (1914) et Charmante Rosalie (1916), cette dernière œuvre jouée à l'Opéra-Comique. Son pseudonyme est parfois orthographié HIRSCHMANN.

 

HOLMÈS (Augusta Mary Anne HOLMES puis). — Compositrice et pianiste irlandaise naturalisée française (sous le nom de Holmès) en 1871 (Paris 1er, 16 décembre 1847 – Paris, 28 janvier 1903). Elle s’est fait entendre à Paris comme pianiste dans les concerts. Produit sa première œuvre : une composition sur le psaume In Exitu, à la Société philharmonique (1873). L'année suivante elle fait représenter à l'Opéra populaire du Châtelet Héro et Léandre, symphonie en 1 acte ; puis : Andante pastoral (Concerts Pasdeloup, 1877) ; Lutèce (1879) ; les Argonautes (1880) ; les Sept Ivresses, poème symphonique (1883) ; Irlande, symphonie (1885) ; Ode triomphale, Patrie, primée au concours de musique du centenaire de 1789 (Palais de l'Industrie, 11 septembre 1889) ; la Montagne noire, drame lyrique en 4 actes, paroles et musique (Opéra, 08 février 1895). En outre Mme Holmès a publié, un grand nombre mélodies, dont quelques-unes sous le pseudonyme d'Hermann Zenla. En 1897, elle habitait 40 rue Juliette-Lamber à Paris.

 

HONEGGER Arthur. Compositeur et critique musical suisse (Le Havre, Seine-Maritime, 10 mars 1892 Paris, 27 novembre 1955) enterré au cimetière Saint-Vincent à Montmartre. A l'âge de dix ans il composait des petits opéras (texte et musique) sans avoir fait particulièrement d'études musicales. Il commença vraiment celles-ci en 1905 avec le maître de chapelle de Saint-Michel au Havre, et écrivit une Esmeralda sur le livret de Victor Hugo, qu'il ne devait d'ailleurs pas achever. Élève de Gédalge au conservatoire de Paris (1912) il travailla également avec Widor et d'Indy. Ce sont ses musiques de scène pour le Dit des jeux du monde de Paul Méral (1918) et les Mariés de la tour Eiffel de Cocteau (1921) qui l'imposèrent dans le monde musical. Il fit alors des tournées de chef d'orchestre dans les deux Amériques, en Allemagne et en Russie, tout en composant des pages symphoniques (Pacific 231) et des oratorios : le Roi David (1923), Judith (1925), Amphyon (1929), Sémiramis (1933), ces deux derniers sur des livrets de Paul Valéry. Avec Paul Claudel il signa Jeanne au bûcher (1935) et la Danse des morts (1936). Au théâtre on lui doit Antigone (Bruxelles 1927), l'Aiglon, en collaboration avec Jacques Ibert (1937) et trois opérettes : les Aventures du roi Pausole (1930), la Belle de Meudon (1931), les Petites Cardinal (1938, avec Jacques Ibert). Ce musicien solide, un des plus représentatifs du XXe siècle, écrivit d'autre part de nombreux articles pour le journal Comœdia et deux volumes de mémoires : Incantation des fossiles (Lausanne, 1948), Je suis compositeur (Zurich, 1952). Enfin il a enrichi plusieurs films de partitions attachantes, souvent émouvantes, entre autres les Misérables (1933), Crime et châtiment (1935), l'Équipage (1935), Mayerling (1935), Un ami viendra ce soir (1945).

 

HÜE Georges. Compositeur français (1858–1948). => biographie

 

HUMPERDINCK Engelbert. Compositeur et critique musical allemand (Siegburg-sur-le-Rhin, 01 septembre 1854 – Neustrelitz, 27 septembre 1921). Frère d’Adelheid Humperdinck (ép. Wette). Il fit ses études à Cologne et à Munich; successivement professeur aux Conservatoires de Barcelone (1885‑1887), de Francfort (1890) et de Berlin (1900‑1920), il avait été auparavant le collaborateur de Wagner à Bayreuth (1880‑1882) ; il fut aussi quelque temps critique musical de la Gazette de Francfort. Il a composé de la musique de scène pour Lysistrata, la Tempête, le Conte d’hiver, le Marchand de Venise, Comme il vous plaira, et l’Oiseau bleu, de la musique symphonique, 1 quatuor à cordes, des lieder, 2 opéras‑comiques, 2 féeries et 3 opéras, dont le plus célèbre, Hänsel und Gretel (Hänsel et Gretel, Weimar, 23 décembre 1893), doit son succès autant aux chansons populaires, qu’il utilise avec habileté, qu’à son langage orchestral, non exempt, toutefois, d’influences wagnériennes.

« Ami et disciple de Wagner, Humperdinck est un des rares musiciens qui aient réussi à se faire une place à côté du géant. Hænsel et Gretel, les Kœnigskinder comptent aujourd'hui parmi les plus fermes colonnes du répertoire, en Allemagne et en tous pays. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

IBERT Jacques. Compositeur français (Paris, 15 août 1890 – Paris, 05 février 1962). Prix de Rome en 1919, il devait échapper à toute école pour s'imposer par une expression personnelle de la musique s'appuyant sur la mélodie subtile, la sobriété des moyens et la clarté de l'orchestration. Directeur de la villa Médicis à Rome de 1936 à 1940 puis de 1946 à 1960, il s'y révéla un précieux ambassadeur de la culture française. Compositeur, il a laissé de nombreuses œuvres instrumentales et vocales, une musique de scène pour Un chapeau de paille d'Italie et plusieurs ouvrages lyriques : Angélique (1927), Persée et Andromède (1929), le Roi d'Yvetot (1930), Gonzague (1931), l'Aiglon (1937) et les Petites Cardinal (1938), ces deux derniers en collaboration avec Arthur Honegger. Il signa également des ballets et des musiques de films. Il a été administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux du 30 septembre 1955 au 13 avril 1956. Membre de l'Académie des Beaux-arts (1956).

 

INDY Vincent d' (Paul Marie Théodore VICENT, baron d'INDY dit). — Compositeur et organiste français (Paris, rue de Grenelle, 27 mars 1851 – Paris, 02 décembre 1931) enterré au cimetière du Montparnasse (13e division). Élève de César Franck, pour la composition ; et du Conservatoire, classe d'orgue (1873-1875). Grand prix de composition musicale de la ville de Paris (1885). A fait représenter ou exécuter : Attendez-moi sous l'orme, opéra-comique en 1 acte avec Prevel et Bonnière (Opéra-Comique, 11 février 1882) ; le Chant de la cloche, légende dramatique en 1 prologue et 7 tableaux (grand prix de la ville de Paris, exécuté en février 1886 sous la direction de Lamoureux) ; Wallenstein, trilogie ; Sauge fleurie ; Symphonie sur un air montagnard français ; Jean Hunyade ; etc. ; Fervaal, drame musical en 3 actes et 1 prologue, poème et musique (fragments exécutés aux concerts de l'Opéra, novembre 1895) ; la Forêt enchantée, légende symphonique (Concerts Lamoureux, novembre 1896). Parmi les autres très nombreuses compositions de Vincent d'Indy : Ouverture pour Antoine et Cléopâtre ; la Chevauchée du Cid ; Karadec, musique de scène ; l'Art et le Peuple, chœur ; Cantate Domino ; Sainte-Marie-Magdeleine, cantate ; et de nombreuses pièces mélodies, suites, valses, etc., pour piano seul et avec accompagnement de violon, violoncelle, alto, orgue, ou de chant : soprano, baryton et chœurs. Chevalier de la Légion d'honneur ; inspecteur de l'enseignement musical de la ville de Paris. Président des Sociétés de concerts de Barcelone, du Havre, etc. En 1897, il habitait 7 avenue de Villars à Paris, où il est décédé.

« Considéré à bon droit comme le meilleur élève de C. Franck. Fondateur de la Schola cantorum. Un musicien merveilleusement doué, d'une science prodigieuse, une haute et belle conscience artistique. Ecrit lui-même les poèmes de ses drames musicaux, à l'imitation de Wagner, dont il fut en France un des champions. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

JACQUET H.-Maurice. Compositeur et chef d'orchestre français (1886–1954). => biographie

 

JAQUES-DALCROZE Emile. Compositeur et pédagogue suisse (Vienne, Autriche, 06 juillet 1865 Genève, Suisse, 01 juillet 1950). Il travailla à Paris avec Marmontel, Delibes et Gabriel Fauré, fut également à Vienne l'élève de Bruckner et débuta comme chef d'orchestre en 1890 à l'Opéra d'Alger. Revenu à Genève il enseigne le solfège et l'harmonie au Conservatoire. Cependant il s'intéresse particulièrement aux enfants et invente pour eux la gymnastique rythmique unissant le mouvement à la musique. Il enseigne cette discipline à l'Institut Jaques-Dalcroze qu'il fonde à Genève en 1915. Se penchant sur le folklore helvétique il compose des chansons, des rondes enfantines et de remarquables partitions pour les fêtes nationales suisses. Le théâtre lui doit un drame lyrique, le Violon maudit, et plusieurs opéras-comiques dont le charmant Bonhomme jadis représenté à l'Opéra-Comique en 1906.

« Né le 6 juillet 1865 à Vienne (Autriche), de parents suisses. A fait la plus grande partie de sa carrière à Genève. Il dirige maintenant l'Institut de Hellerau (Dresde), créé par lui pour l'enseignement de la gymnastique rythmique. Compositeur très personnel et fécond, connu d'abord par ses chansons, puis par ses œuvres instrumentales, chargé par son canton d'origine de la composition du Festival Vaudois pour la célébration du centenaire du canton de Vaud en 1903, M. Jaques-Dalcroze a en outre donné plusieurs œuvres de théâtre, dont la plus connue est le Bonhomme Jadis. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

JONAS Emile. Compositeur français (Paris, 05 mars 1827 – Saint-Germain-en-Laye, Yvelines, 22 mai 1905*). Il se fit admettre, en 1841, au Conservatoire de musique, où il remporta le premier prix d'harmonie en 1847 (classe Lecouppey) et le second grand prix de Rome en 1849 (classe Carafa) avec la cantate Antonio. Huit ans plus tard, il était attaché à cet établissement comme professeur de solfège ; puis professeur de la classe d'harmonie pour les élèves militaires, en même temps chef de musique d'une des subdivisions de la garde nationale de Paris. Directeur de la musique de la synagogue du rite portugais, secrétaire du comité d'organisation des festivals militaires à l'Exposition universelle de 1867. Émile Jonas a composé pour le théâtre un assez grand nombre d'opérettes et d'opéras bouffes représentés d'abord aux Bouffes-Parisiens : le Duel de Benjamin, 1 acte (1855) ; la Parade, 1 acte (1856) ; le Roi boit ; les Petits Prodiges (1857) ; Job et son chien, 1 acte (1863) ; le Manoir des La Renardière, 1 acte (1864) ; Avant la noce, 1 acte (1865) ; puis les Deux Arlequins, 1 acte (Fantaisies-Parisiennes, 1865) ; Malborough s'en va-t-en guerre, avec Delibes, Bizet et Legouix (Athénée, 1867) ; le Canard à trois becs, 3 actes avec. J. Moineaux (Folies-Dramatiques, 06 février 1869) ; Désiré de Champigny, 1 acte (Bouffes-Parisiens, 1869) ; Javotte, 3 actes (Athénée, 1871 ; repris à Londres sous le titre de Cinderella) ; le Chignon d'or, 3 actes (Bruxelles, 1874) ; la Poularde de Caux, 1 acte avec Bazille, Clapisson, E. Gautier, Gevaert, Mangeant et Poise ; Bonne Aventure, opéra-comique en 3 actes avec Najac et Bocage (Renaissance, 03 novembre 1882) ; le Premier Baiser, opéra-comique en 3 actes de Najac et Toché (Nouveautés, 20 mars 1883), etc. Jonas a fait exécuter deux ouvertures au Conservatoire en 1851 et 1852 ; il a publié un recueil de chants hébraïques (1854). Deux opérettes Kelebella, et Miss Robinson, publiée dans le Journal des Demoiselles. Officier de la Légion d'honneur. En 1897, il habitait 28 rue de Trévise à Paris.

 

JONCIÈRES Victorin de (Félix Ludger ROSSIGNOL dit). — Compositeur et critique musical français (Paris, 12 avril 1839 – Paris, 1903) enterré au cimetière Montmartre (12e division, buste par Marqueste). Fait ses études au lycée Bonaparte ; cultive d'abord la peinture dans l'atelier de Picot, puis l'abandonne pour la musique. Après avoir écrit quelques compositions, notamment le Sicilien, opéra-comique d'après Molière, il entre au Conservatoire dans la classe d'Elwart qu'il quitte peu après à la suite de dissentiments que son attachement aux théories wagnériennes provoque entre lui et son professeur. Il a fait représenter : Hamlet, ouverture, entr'actes et musique de scène sur la tragédie de Shakespeare (Gaîté, 1862) ; Sardanapale, opéra en 3 actes avec H. Becque (Théâtre-Lyrique, 08 février 1867) ; le Dernier Jour de Pompéi, opéra en 4 actes avec Nuitter et Beaumont (Théâtre-Lyrique, 21 septembre 1869) ; Dimitri, opéra en 4 actes avec de Bornier et Silvestre (Théâtre-Lyrique, 05 mai 1876) ; la Reine Berthe, opéra en 2 actes avec J. Barbier (Opéra, 27 décembre 1878) ; le Chevalier Jean, drame lyrique en 4 actes avec Gallet et E. Blau (Opéra-Comique, 11 mars 1885) ; Lancelot, drame lyrique en 3 actes et 5 tableaux avec Gallet et E. Blau, reçu à l'Opéra. Joncières, qui rédige depuis 1871 le feuilleton musical de la Liberté, a en outre composé plusieurs symphonies, suites d'orchestre et morceaux divers. Chevalier de la Légion d'honneur. Officier de l'Instruction publique. Président de la Société des Compositeurs de musique. En 1897, il habitait 10 rue de Castiglione à Paris.

 

LACOMBE Louis. Pianiste et compositeur français (1818–1884). => biographie

 

LACOME D'ESTALENX Paul Jean Jacques. Compositeur français (Le Houga, Gers, 04 mars 1838 – Le Houga, 1920). D'une famille de musiciens, étudie particulièrement la musique et vient à Paris en 1860, après avoir remporté un prix pour la composition d'une opérette dans un concours organisé par un journal. Il collabore à plusieurs revues littéraires et publie quelques travaux de critique, notamment la Musique en famille (1876). A fait représenter au théâtre : J' veux mon peignoir, opéra-comique en 1 acte avec Mancel (Tertulia, 11 mai 1872) ; En Espagne, opéra bouffe en 1 acte avec Mancel (Tertulia, 28 mai 1872) ; la Dot mal placée, opéra-comique en 3 actes avec Mancel (Athénée, 28 février 1873) ; le Mouton enragé, opérette en 1 acte avec Noriac et Jaime (Bouffes-Parisiens, 27 mai 1873) ; Amphitryon, opéra-comique en 1 acte avec Nuitter et Beaumont (Théâtre-Taitbout, 05 avril 1875) ; Jeanne, Jeannette et Jeanneton, opéra-comique en 3 actes avec Delacour et Clairville (Folies-Dramatiques, 27 octobre 1876) ; Pâques fleuries, opéra-comique en 3 actes avec Clairville et Delacour (Folies-Dramatiques, 21 octobre 1879) ; le Beau Nicolas, opéra-comique en 3 actes avec Vanloo et Leterrier (Folies-Dramatiques, 08 octobre 1880) ; la nuit de la Saint-Jean, opéra-comique en 1 acte avec Delacour et Lusignan (Opéra-Comique, 13 novembre 1882) ; Madame Boniface, opéra-comique en 3 actes avec E. Depré et Ch. Clairville (Bouffes-Parisiens, 20 octobre 1883) ; Myrtille, opéra-comique en 3 actes avec Erckmann-Chatrian et Drack (Gaîté, 27 mars 1885) ; les Saturnales, opéra-comique en 3 actes avec Valabrègue (Nouveautés, 26 septembre 1887) ; la Gardeuse d'oies, opérette en 3 actes avec Leterrier et Vanloo (Renaissance, 26 octobre 1888) ; Ma mie Rosette, opéra-comique en 3 actes avec Prével et Liorat (Folies-Dramatiques, 04 février 1890) ; Mademoiselle Asmodée, opéra-comique en 3 actes avec Ferrier et Clairville, musique de V. Roger (Renaissance, 24 novembre 1891) ; le Cadeau de Noces, opéra-comique en 4 actes avec Liorat, Stop et Fernand Hue (Bouffes-Parisiens, 20 janvier 1893) ; le Bain de Monsieur, opérette en 1 acte avec Pradels et Maurel (Eldorado, 12 septembre 1895), etc. En préparation : le Maréchal Chaudron, opéra-comique avec Rolle et Chivot, reçu à la Gaîté ; les Quatre Filles Aymon, 3 actes avec Liorat et Fonteny, musique de V. Roger, etc. Lacome a composé plus de 200 mélodies parmi lesquelles l'Estudiantina ; des suites d'orchestre, trios, quatuors, etc. Il a mis en musique les Contes de Perrault (1880). Chevalier de la Légion d'honneur, Chevalier de l'Ordre de Charles III ; Officier de l'Instruction publique. En 1897, il habitait 30 avenue Trudaine à Paris.

 

LAGOANÈRE Oscar Louis Antoine Ferdinand de. — Compositeur français (Bordeaux, Gironde, 25 août 1853 –). Études au lycée de Bordeaux ; études musicales au conservatoire ; piano (classe Marmontel) ; harmonie et accompagnement (classe Duprato et Savard). Reçu professeur aux écoles de la Ville de Paris en 1873. Débute comme pianiste-accompagnateur aux Bouffes-Parisiens, en 1871 ; y reste cinq ans ; passe au théâtre de la Renaissance comme accompagnateur et second chef d'orchestre, y reste quatre ans. Devient 1er chef d'orchestre aux Folies-Dramatiques, 2 ans ; puis à la Porte-Saint-Martin, cinq ans. Directeur des Menus-Plaisirs, en 1887 ; il prend la direction des Bouffes-Parisiens, en 1889, y monte Cendrillonnette, l'Enfant prodigue, Miss Helyett, etc.; revient aux Menus-Plaisirs, 1891-1893 ; entre à l'Olympia en 1891 comme chef d'orchestre et devient directeur de cet établissement le 01 février 1896. M. de Lagoanère a fait représenter : Il était une fois, 1 acte avec Jaime (Menus-Plaisirs, 1886) ; l'Étape d'un 27 jours, opérette en 1 acte (Folies-Marigny) ; Un ménage au violon, opérette en 1 acte avec Galipaux (Variétés) ; Fillette et Loup garou, opérette en 1 acte avec Dufrenoy (Horloge) ; les Deux Panthères, opérette en 1 acte (Bouffes-du-Nord). Il a composé la musique de scène de Macbeth, de Shakespeare, traduction de Richepin (Porte-Saint-Martin) ; du Voyage à travers l'impossible (Porte-Saint-Martin) ; de Carnot, drame (Ambigu) ; de nombreuses mélodies, valses, romances, etc. A l'Olympia il a composé la musique de plusieurs pantomimes et ballets : Olympia, le Coucher de la Mariée, la Folie de l'or, Bains de dames, Fêtes arlésiennes, etc. En 1897, il habitait 8 rue Caumartin à Paris.

 

LALO Édouard. Compositeur français (1823 – 1892). => biographie

 

LAMBERT Lucien. Compositeur français (Paris, janvier 1861 Oporto, 1945). Elève de Jules Massenet et de Théodore Dubois, il obtint le prix Rossini en 1883 avec sa cantate Prométhée enchaîné. Il a abordé tous les genres de composition, mais a particulièrement réussi dans la musique dramatique. Ses œuvres ont été représentées à l’Opéra et à l’Opéra-Comique : le Spahi (1896), la Marseillaise (1900), la Roussalka (1911).

Étudie le piano avec son père, l'harmonie avec Barbereau, le contrepoint et la fugue avec Th. Dubois, la composition avec Massenet. A composé Prométhée enchaîné, poème de C. Du Locle (prix Rossini, 1883), exécuté à la Société des concerts du Conservatoire ; Sire Olaf, musique de scène pour la légende dramatique de A. Alexandre (Lille, 1887 ; Paris, Lyrique, 1888) ; Brocéliande, opéra féerique de A. Alexandre (Rouen, 1893) ; le Spahi, drame lyrique en 3 actes, poème de Gallet et A. Alexandre (Prix de la Ville de Paris, 1896). Une Ouverture et un Poème symphonique exécutes aux concerts Lamoureux et Colonne. En préparation en 1897 : la Penticosa, drame lyrique en 2 actes avec Eug. et Ed. Adenis (reçu au Théâtre royal d'Anvers). En 1897, il habitait 201 boulevard Malesherbes à Paris.

 

LAPARRA Raoul. Compositeur français (1876 1943). => biographie

 

LA TOMBELLE Fernand de. Compositeur français (Paris, 03 août 1854 Castelnaud-Fayrac, Dordogne, 1928). Il fut élève de Guilmant et de Théodore Dubois ; il a écrit surtout de la musique de chambre et de la musique d’église, des pièces d’orgue et des œuvres chorales : les Sept Paroles du Christ, et l’oratorio Crux, de style néo‑classique.

Élève de Guilmant et de Th. Dubois. Lauréat du Conservatoire, 1er prix de quatuor et de symphonie de la Société des compositeurs. Auteur de nombreuses compositions pour orgue, exécutées au Trocadéro et très répandues en Angleterre et en Amérique S'est intéressé surtout à la musique de chambre, ou symphonique ; sonates, trios, quatuors, à cordes ou avec piano, suites d'orchestre, etc. A composé aussi plusieurs scènes chorales et volumes de mélodies. A fait représenter au Théâtre Cluny, une fantaisie en 1 acte en collaboration avec Callias et Depré (02 mars 1892). En 1897, il habitait 6 rue Newton à Paris.

 

LAURENT DE RILLÉ Anatole. Compositeur français (Orléans, Loiret, 1824 – Paris, 1915). Etudie d'abord la peinture, puis la musique avec Comoghio, ensuite avec Elwart. A composé un grand nombre de chœurs orphéoniques : Noël, les Martyrs aux arènes, la Noce de village, les Buveurs, le Chant des travailleurs, la Saint-Hubert, Hymne à Sainte Cécile, le Pardon d'Auray, l'Océan, etc. A fait représenter au théâtre une quantité d'opérettes ; d'abord aux Folies-Nouvelles : Aimé pour lui-même, Bel-Boul, le Sire de Framboisy, Elle a des bottes, Trilby, le Jugement de Paris (1857) ; Achille à Scyros, le Moulin de Catherine, la Demoiselle la Hoche Tromblon (1858) ; le Sultan Mysapouf (1859), etc., puis Frasquita (Bouffes-Parisiens, 1859) ; Au fond du verre (Bade, 1859) ; le Petit Poucet, opéra bouffe en 3 actes avec Leterrier et Vanloo (Athénée, 08 octobre 1868) ; les Pattes blanches, opérette en 1 acte avec Constantin (Bouffes-Parisiens, 20 mai 1873) ; la Liqueur d'or, opéra-comique en 3 actes avec Liorat et Busnach (Menus-Plaisirs, 11 décembre 1873) ; Babiole, opéra-comique en 3 actes avec Clairville et Gastineau (Bouffes-Parisiens, 16 janvier 1878) ; la Princesse Marmotte, opéra en 3 actes avec Clairville, Gastineau et Busnach (Bruxelles, Galeries Saint-Hubert, 1880) ; la Leçon de Chant, opéra-comique en 1 acte avec Adenis (Lyrique-Vivienne, 21 juin 1891) ; le Crime de Musette, monomime (Parisiana, 1895), etc. En 1866, Laurent de Rillé a été nommé inspecteur général de l'enseignement du chant dans les Lycées et les Ecoles normales de France. Secrétaire, puis président des commissions musicales des expositions universelles de 1867, 1878 et 1889, il a composé la cantate officielle exécutée à l'Opéra-Comique le 15 août 1867. Président de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Président de la commission de surveillance de l'enseignement du chant dans le Département de la Seine. En 1897, il habitait 1 rue Fontaine à Paris.

 

LAZZARI Joseph Fortune Sylvestre dit Sylvio. Compositeur autrichien naturalisé français en 1896 (Bozen, Tyrol méridional, 30 décembre 1857 Suresnes, Hauts-de-Seine, 10 juin 1944*). Autrichien de naissance il fit ses études à Vienne, où il fut profondément marqué par l'esthétique wagnérienne. Sa première œuvre, Armor, fut représentée à Prague en 1898. Cependant il vint à Paris en 1882 travailler avec Giraud et Gounod. Il subit alors l'influence des impressionnistes et il tenta dans ses partitions de réaliser une synthèse entre le style de Wagner et celui des contemporains français. Naturalisé français en 1896 il se fixe définitivement à Paris, y produisant des opéras qui révéleront un compositeur complet, sobre et d'une très belle émotion : la Lépreuse (1912), le Sauteriot (1918), la Tour de feu (1928).

 

LE BORNE Fernand. Compositeur français (Charleroi, Hainaut, Belgique, 10 mars 1862 Paris, 1929). Élève de Massenet, Saint-Saëns et César Franck. A composé plusieurs symphonies, suites d'orchestre, concertos, quatuors, sonates, morceaux de concerts, mélodies, motets, une Messe solennelle en la ; Daphnis et Chloé, drame pastoral (Bruxelles, 10 mai 1885) ; Mudarra, drame lyrique en 4 actes et 7 tableaux, poème de L. Tiercelin et Bonnemère, non encore représenté ; les Temps de guerre, tableaux symphoniques exécutés aux concerts de l'Opéra (janvier 1896) ; Hedda, légende symphonique en 3 actes, poème de P. Ferrier et Bocage (reçue à l'Opéra-Comique), etc. Critique musical au Monde Artiste. En 1897, il habitait 221 rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris.

 

LECOCQ Charles Alexandre. Compositeur français (Paris, 03 juin 1832 – Paris, 24 octobre 1918) enterré au Père-Lachaise (89e division). Études musicales au Conservatoire, élève de Bazin et d'Halévy ; 1er prix d'harmonie en 1850 ; 2e prix de fugue en 1852. Débute au théâtre par le Docteur Miracle, opérette reçue aux Bouffes-Parisiens au concours (1857) ; fait ensuite représenter le Baiser à la porte, et Litine et Valentin, opérettes en 1 acte avec de Lagnette (Champs-Élysées, 1864) ; les Ondines au Champagne, opérette en 1 acte (Folies-Marigny, 1865) ; le Myosotis, 1 acte avec Cham et Busnach (Palais-Royal, 02 mai 1866) ; le Cabaret du Ramponneau, opérette en 1 acte (Folies-Marigny, 11 octobre 1867) ; l'Amour et son carquois, opéra bouffe en 2 actes (Athénée, 30 janvier 1868) ; Fleur-de-Thé, opéra bouffe en 3 actes, avec Chivot et Duru (Athénée, 11 avril 1868) ; les Jumeaux de Bergame, opéra-comique en 1 acte avec Busnach (Athénée, 20 septembre 1868) ; Gandolfo, opérette en 1 acte avec Duru et Chivot (Bouffes-Parisiens, 16 janvier 1869) ; le Rajah de Mysore, opérette en 1 acte avec Duru et Chivot (Bouffes-Parisiens, 21 septembre 1869) ; le Beau Dunois, opéra bouffe en 1 acte avec Duru et Chivot (Variétés, 13 avril 1870) ; le Testament de M. de Crac, opérette en 1 acte avec Moineaux et Noriac (Bouffes-Parisiens, 23 octobre 1871) ; le Barbier de Trouville, opérette en 1 acte avec Jaime (Bouffes-Parisiens, 19 septembre 1871) ; Sauvons la caisse, opérette en 1 acte avec Laguette (Tertulia, 22 septembre 1871) ; les Cent Vierges, opéra bouffe en 3 actes avec Clairville, Chivot et Duru (Variétés, 13 mai 1872) ; la Fille de Madame Angot, opéra bouffe en 3 actes avec Clairville, Koning et Siraudin (Bruxelles, 04 décembre 1872 ; puis Folies-Dramatiques, 21 février 1873) ; Giroflé-Girofla, opéra-comique en 3 actes avec Leterrier et Vanloo (Bruxelles, 21 mars 1874 ; puis Renaissance, 11 novembre 1874) ; les Prés-Saint-Gervais, opérette en 3 actes avec Sardou et Gille (Variétés, 14 novembre 1874) ; le Pompon, opéra-comique en 3 actes avec Chivot et Duru (Folies-Dramatiques, 10 novembre 1875) ; la Petite Mariée, opéra bouffe en 3 actes avec Leterrier et Vanloo (Renaissance, 21 décembre 1875) ; Kosiki, opérette en 3 actes avec Busnach et Liorat (Renaissance, 18 octobre 1876) ; la Marjolaine, opérette en 3 actes avec Vanloo et Leterrier (Renaissance, 03 février 1877) ; le Petit Duc, opéra-comique en 3 actes avec Meilhac et Halévy (Renaissance, 25 janvier 1878) ; la Camargo, opéra-comique en 3 actes avec Leterrier et Vanloo (Renaissance, 20 novembre 1878) ; le Grand Casimir, vaudeville en 3 actes avec Prével et Saint-Albin (Variétés, 11 janvier 1879) ; la Petite Mademoiselle, opéra-comique en 3 actes avec Meilhac et Halévy (Renaissance, 12 avril 1879) ; la Jolie Persane, opéra-comique en 3 actes avec Leterrier et Vanloo (Renaissance, 28 octobre 1879) ; Janot, opéra-comique en 3 actes avec Meilhac et Halévy (Renaissance, 22 janvier 1881) ; la Roussotte, pièce en 3 actes et 1 prologue de Meilhac, Halévy et Millaud, musique avec Hervé et Boullard (Variétés, 26 janvier 1881) ; le Jour et la Nuit, opéra bouffe en 3 actes avec Vanloo et Leterrier (Nouveautés, 05 novembre 1881) ; le Cœur et la Main, opéra-comique en 3 actes avec Nuitter et Beaumont (Nouveautés, 19 octobre 1882) ; la Princesse des Canaries, opéra bouffe en 3 actes avec Chivot et Duru (Folies-Dramatiques, 09 février 1883) ; l'Oiseau bleu, opéra-comique en 3 actes avec Chivot et Duru (Nouveautés, 16 janvier 1884) ; la Vie Mondaine, opérette en 4 actes avec de Najac et P. Ferrier (Nouveautés , 13 février 1885) ; Plutus, opéra-comique en 2 actes avec Millaud et Jollivet (Opéra-Comique, 31 mars 1886) ; les Grenadiers de Mont-Cornette, opéra-comique en 3 actes avec Daunis, Delorme et Ed. Philippe (Bouffes-Parisiens, 04 janvier 1887) ; la Volière, opéra-comique en 3 actes avec Nuitter et Beaumont (Nouveautés, 12 février 1888) ; Ali-Baba, opéra-comique en 3 actes avec Vanloo et Busnach (Eden-Théâtre, 28 novembre 1889 ; joué précédemment à Bruxelles) ; l'Égyptienne, opéra-comique en 3 actes avec Chivot, Nuitter et Beaumont (Folies-Dramatiques, 08 novembre 1890) ; Nos Bons Chasseurs, vaudeville en 3 actes avec M. Carré et Bilhaud (Nouveau-Théâtre, 10 avril 1894) ; etc. En préparation en 1897 : Renza, 3 actes avec J. Barbier ; Cyrano de Bergerac, opérette en 3 actes avec Clairville ; Don Japhet, 3 actes avec M. Carré, etc. Lecocq a écrit en outre des mélodies, des chansonnettes et un recueil de compositions, Miettes musicales. Chevalier de la Légion d'honneur. En 1897, il habitait 27 rue du Mont-Thabor à Paris.

« Un des plus féconds compositeurs d'opérettes contemporain. Il a ramené le genre à la tradition de l'ancien opéra-cornique, en lui donnant une tenue musicale plus élevée que ses prédécesseurs Hervé et Offenbach. Il n'a pas, par contre, leur énorme fantaisie. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

LEFEBVRE Charles-Edouard. Compositeur français (Paris, 19 juin 1843 – Aix-les-Bains, Savoie, 1917). Études musicales au Conservatoire, Grand prix de Rome en 1870, avec la cantate : le Jugement de Dieu. Nombreuses compositions : Andante, pour orchestre (envoi de Rome) ; Judith, drame lyrique (fragments exécutés au Conservatoire, puis exécution intégrale aux concerts Pasdeloup, 1879) ; Ouverture dramatique (Concerts Colonne) ; Dalila, scène pour orchestre ; Symphonie en ré ; Lucrèce, opéra en 3 actes (non représenté) ; le Trésor, opéra-comique en 1 acte poème de Coppée (Angers, 1883 ; Bruxelles, 1884) ; Sérénade, pour orchestre ; Zaïre, opéra en 4 actes poème de Collin (Lille, 1887) ; Eloa, poème lyrique ; Melka, légende fantastique (Concerts Lamoureux) ; Djelma, opéra en 3 actes poème de Lomon (Opéra, 25 mai 1894) ; Sainte-Cécile, poème lyrique (Concerts de l'Opéra, février 1896) ; des chœurs, menuets, romances, andantino, nocturnes, quatuors, préludes, musique d'église et nombre de pièces pour piano et violon et violoncelle, alto, orgue, etc. En 1884, Lefebvre a obtenu le prix Chartier (Acad. des Beaux-Arts) pour ses œuvres de musique de chambre. Chevalier de la Légion d'honneur. En 1897, il habitait 37 avenue de Villiers de Paris.

 

LEFÈVRE-DÉRODÉ Ernest. Compositeur français (1853–1913). => biographie

 

LEHÁR Franz. Compositeur austro-hongrois (Komárno, Hongrie, 30 avril 1870 – Bas Ischl, 24 octobre 1948). Après ses études au Conservatoire de Prague, il fut d’abord musicien d’orchestre, puis chef d’orchestre militaire. La Veuve joyeuse (1905) décida de son orientation. Lehár devint le plus célèbre compositeur d’opérettes viennoises modernes.

« Un des maîtres de l'opérette viennoise contemporaine, et celui qui compte à son actif les plus retentissants succès. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

LEMAIRE Jean Eugène Gaston. Compositeur français (château d'Amblainvilliers, Seine-et-Oise, 09 septembre 1854 –). Etudes musicales à l'Ecole Niedermeyer. Débute dans le journalisme comme critique musical à la Presse (1888). Publie ensuite quelques mélodies, valses, etc. et fait jouer En dansant la gavotte, scène Louis XV, chantée et dansée, poème de Dréville (Figaro et Hôtel de Ville, 1890). Depuis cette époque il a fait représenter dans les théâtres, cercles, casinos ou salons : Perrette et le pot au lait, pantomime en 1 acte avec J. Oudot (Galerie Vivienne, 11 février 1891) ; la Nuit d'Octobre, adaptation symphonique (Cercle des Mathurins, 1891) ; Conte de printemps, pantomime en 2 actes avec Lefébure et Ludessi (Bodinière, 18 mai 1892) ; la Belle Tunisienne, opérette en 1 acte avec Froyez (Etretat, 26 août 1892) ; la Lettre de Cachet, opéra-comique en 1 acte avec Oudot et Froyez ; les Maris de Juanita, opéra-comique en 1 acte avec M. Carré ; Pierrette directeur, ballet mêlé de vers, avec M. de Lihus ; Marquise pour rire, pantomime en 1 acte avec Max Maurey (Mathurins, 1892-95) ; Rose, conte lyrique en 4 parties, avec Maurice Richard (Théâtre des Poètes, 14 mars 1895) ; le Supplice de Jeannot, divertissement ; le Rêve de Manette, monomime ; Fleur d'Amour, pantomime japonaise ; la Leçon de Redowa, scène 1810, etc. (Salons, 1894-96).

Gaston Lemaire a publié de nombreux morceaux pour chant, piano, orchestre, etc. : Andante religioso ; deux Ave Maria ; l'Enfant Jésus ; Invocation à l'Eucharistie ; Marie et l'Eucharistie ; Air favori de Cléo de Mérode ; O Salutaris ; le Pain des Anges (cantique 1er comm.) ; Air de ballet (piano, flûte et mandoline) ; En rêvant ; Gavotte des Mathurins ; Jeffick, poème symphonique ; Marche nuptiale ; Bob-Walter, pochade serpentine, etc.

En préparation en 1897 : un opéra-comique avec Michel Carré. Officier d'Académie. En 1897, il habitait 69 avenue de la Grande-Armée à Paris 16e.

 

LENEPVEU Charles Ferdinand. Compositeur français (Rouen, Seine-Maritime, 04 novembre 1840 – Paris, 1910). Commence l'étude du droit mais l'abandonne pour celle de la musique. Après avoir obtenu à Caen, un 1er prix pour une cantate (1861), il est admis en 1863 au Conservatoire, classe d'Ambroise Thomas, et remporte, en 1865, le Grand prix de Rome, avec la cantate Renaud et Armide, exécutée en 1866. Depuis son retour de Rome, Lenepveu a donné : le Florentin, opéra-comique en 3 actes de Saint-Georges, couronné au concours institué en 1869 par le ministère des Beaux-Arts et représenté à l'Opéra-Comique le 25 février 1874 ; Messe de Requiem, exécutée à la salle des concerts du Conservatoire ; Velléda, opéra en 4 actes, poème de Challamel et Chantepie, représenté pour la première fois le 04 juillet 1882 au Covent-Garden, de Londres, avec Adelina Patti comme principale interprète ; Méditation, poésie de Pierre Corneille ; Jeanne d'Arc, drame lyrique en 3 parties, poème de Paul Allard, exécuté pour la première fois dans la cathédrale de Rouen le 01 juin 1886 ; Ode triomphale à Jeanne d'Arc, poésie de Paul Allard ; Hymne funèbre et triomphal, poésie de Victor Hugo, exécuté pour la première fois à Rouen, le 14 juillet 1889 ; et de nombreuses mélodies, scènes lyriques, compositions religieuses, etc. Charles Lenepveu a été nommé membre de l'Académie des Beaux-arts, en remplacement d'Ambroise Thomas, le 1er mai 1896. Chevalier de la Légion d'honneur ; Officier de l'Instruction publique ; Commandeur de Saint-Grégoire-le-Grand. En 1897, il habitait 9 rue de Verneuil à Paris.

 

LEONCAVALLO Ruggero. Compositeur italien (Naples, 08 mars 1858 Montecatini, près de Florence, 09 août 1919). Grand admirateur de Wagner, il rêva d'écrire une trilogie lyrique italienne dont il n'acheva que le premier volet, I Medici, représenté à Milan en 1893. Mais l'année précédente (1892) avait vu triompher son Paillasse qui devait décider de sa célébrité. Il resta donc fidèle à l'école vériste italienne, mais ses œuvres suivantes furent généralement moins appréciées : Chatterton (Rome 1896), la Bohème (Venise 1897), Zaza (Milan 1900), Roland von Berlin (Berlin 1904), Malbrough s'en va-t-en-guerre (Paris 1910), I Zingari (Milan 1912) et la Petite Reine des roses (Paris 1913).

« Un des chefs de l'école vériste italienne. De ses œuvres déjà nombreuses, une surtout l'a fait connaître hors d'Italie, ce Paillasse robuste et vulgaire qu'on peut ne pas aimer, mais qui n'en révèle pas moins une force élémentaire avec laquelle il faut compter. Depuis Paillasse, Leoncavallo a suivi une veine plus légère avec la Bohème, Zaza, etc. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

LEROUX Xavier Henry Napoléon. Compositeur français (Velletri, Etats romains, 11 octobre 1863 Paris, 1919). Epouse Meyriane Héglon-Leroux, cantatrice. Grand prix de Rome en 1885, il se consacra essentiellement à la musique de théâtre, débutant avec des musiques de scène pour les Perses d'Eschyle, Pluton d'Aristophane et la Sorcière de Sardou. Sa première œuvre lyrique, Evangéline, fut créée à Bruxelles en 1895, puis se succédèrent de solides succès : Astarté (Opéra 1901), William Ratcliff (Nice 1906), la Reine Fiammette (1903), le Chemineau (1907), qui se fixèrent dans le répertoire de l'Opéra-Comique lequel accueillit encore son Carillonneur (1913) et ses Cadeaux de Noël (1915). Professeur d'harmonie au Conservatoire de Paris, il fut un temps directeur de la revue Musica et fonda en 1907 le conservatoire privé Femina.

Études musicales au Conservatoire de Paris ; élève de Théodore Dubois et Jules Massenet : 1er prix d'harmonie et accessit de piano (1881), 1er prix de fugue, second grand prix (1884) et premier grand prix de Rome (1885). Principales œuvres jouées : Endymion, cantate, poème d'Augé de Lassus ; Cléopâtre, drame en 5 actes et 6 tableaux de Sardou et Moreau (Porte-Saint-Martin, 23 octobre 1890) ; Harald, ouverture dramatique (Concerts Lamoureux) ; William Ratcliff, 4 actes avec Louis de Gramont (3e tableau exécuté aux Concerts Colonne) ; Evangéline, drame lyrique avec Louis de Gramont, Hartmann et A. Alexandre (Bruxelles, Monnaie, décembre 1895) ; musique de scène des Perses, d'Eschyle (Odéon, 05 novembre 1896) ; une Messe, avec orchestre ; des motets, des mélodies : le Nil, Floraison, Chrysanthème, Pensée de printemps, etc. Ouvrages terminés et non représentés en 1897 : l'Épave, opéra avec Louis de Gramont ; Printemps parfumé, avec Louis de Gramont ; Vénus et Adonis, avec Louis de Gramont, etc. En 1897, il habitait 17 rue Vivienne à Paris.

 

LETOREY Omer. Compositeur français (Chalon-sur-Saône, Saône-et-Loire, 1873 – Paris, 1938). Elève de l’école Niedermeyer et du Conservatoire, prix de Rome (1895), organiste, maître de chapelle, directeur de la musique de scène à la Comédie-Française et chef des chœurs à l’Opéra, il a composé quelques opéras-comiques : Cléopâtre (1918), l’Œillet blanc (1930), le Sicilien ; 1 poème symphonique : Brand, d’après Ibsen, etc. On lui doit aussi une Etude sur le contrepoint chromatique.

 

LETOREY Pierre Henri Ernest. Compositeur français (Rouen, Seine-Maritime, 02 novembre 1867 –). Études musicales au Conservatoire, classe de Pessard, puis avec professeurs particuliers. Auteur de nombreux morceaux symphoniques au répertoire des casinos ; mélodies et scènes vocales et lyriques : Champagne, Jeanne d'Arc, les Oiseaux, etc., quantité de pièces de chant et quelques opérettes en un acte : Rosier de Nanterre, Nos Pioupious, non encore représentées. Letorey a dirigé l'orchestre de divers établissements : Athénée (1890) ; Alcazar d'hiver (1893) ; Eldorado (1894) ; Pépinière (1895), etc., et divers bals de la Ville de Paris. En 1897, il habitait 22 rue du Bois à Levallois-Perret.

 

LEVADÉ Charles Gaston. Compositeur français (Paris, 03 janvier 1869 –). Elève de Jules Massenet au Conservatoire, grand prix de Rome en 1899, il a écrit de nombreuses mélodies (les Vieilles de chez nous), le Psaume CXIII pour solistes, orchestre et chœurs, 1 pantomime (Cœur de Margot, 1895), 1 opéra de chambre (l’Amour d’Héliodora, 1903), 1 opéra (les Hérétiques, 1905), 2 opéras-comiques (la Rôtisserie de la reine Pédauque, 1920 ; la Peau de chagrin, 1929) et diverses transcriptions.

Etudes musicales au Conservatoire ; 1re médaille de solfège (1884) ; accessit d'harmonie (1888) ; 1er prix d'accompagnement au piano (1890) ; 1er second Grand prix de Rome (1893), élève de Massenet. Il a composé plusieurs mélodies chantées dans les concerts Erard, Pleyel, etc. ; de nombreux morceaux de musique religieuse, de chant et de piano ; une pantomime, Cœurs de Magots, avec Krauss (Bodinière, 28 janvier 1895) ; des suites d'orchestre et des pièces pour piano, violon, violoncelle. Chœurs mixtes et chœurs pour voix de femme, etc. En 1897, il habitait 8 rue de Vintimille à Paris.

 

LIPPACHER Clément. Compositeur français. Né à Haguenau (Alsace). Premières études musicales à Strasbourg, prix d'harmonie et d'orgue. Organiste de l'église Sainte-Eugénie, à Paris. A fait représenter : les Papillons, ballet en 2 actes avec Holtzer, musique avec Pugno (1882) ; la Vente de M. X... (1883) ; la Pension de Me Laicque, avec Mengal (1886) ; Viviane, ballet-féerie en 5 actes de Gondinet, musique avec Pugno (Eden-Théâtre, 28 octobre 1886), etc. Lippacher a composé la musique de scène du Christ et du Noël d'Alsace, de Grandmougin (1892) ; de nombreuses suites d'orchestre, mélodies, et divers morceaux d'orgue et de piano. En 1897, il habitait 13 rue du Conservatoire à Paris.

 

LUIGINI Alexandre Clément Léon Joseph. Compositeur et chef d'orchestre français (Lyon, Rhône, 09 mars 1850 – Paris, 29 juillet 1906). Il fut l’élève de Jules Massenet au Conservatoire de Paris ; excellent chef d’orchestre, il débuta en 1877 au Grand-Théâtre de Lyon, fonda les Concerts du Conservatoire de cette ville, et passa, en octobre 1897, à l’Opéra-Comique de Paris, où il devint directeur de la musique (1904-1906). On lui doit 2 opéras-comiques et plusieurs ballets.

Études musicales au Conservatoire de Paris ; harmonie, classe Savard ; violon, classe Massart (prix, 1869). Violon solo, puis 1er chef d'orchestre au Grand Théâtre de Lyon. Fondateur des Concerts du Conservatoire de Lyon. A fait représenter au Grand Théâtre de Lyon : le Rêve de Nicette, ballet avec Dalia et Vincent (20 février 1870) ; Ange et Démon, ballet en 3 actes avec Dalia et Alessandri (13 janvier 1875) ; les Caprices de Margot, opéra-comique en 1 acte (06 avril 1877) ; la Reine des fleurs, ballet en 1 acte avec Lamy (20 novembre 1879) ; les Noces d'Ivanowna, ballet en 1 acte avec Ruby (02 décembre 1883) ; Fleurs et Papillons, ballet en 1 acte avec Ruby (07 décembre 1885) ; le Bivouac, ballet (09 février 1889) ; les Écharpes, ballet en 1 acte avec Natta (15 octobre 1891) ; le Meunier, ballet en 1 acte avec Natta (25 janvier 1892) ; Arlequin écolier, ballet en 1 acte avec Natta (04 avril 1894) ; à Montpellier : Bayon d'or, ballet en 1 acte avec Roux (18 avril 1891) ; Rose et Papillon, ballet en 1 acte avec Roux (19 février 1891) ; à Toulouse : Danritha, ballet en 1 acte (25 mars 1894). A. Luigini a composé plusieurs œuvres : Ballet égyptien ; la Voix des cloches ; Ballet russe ; Aubade ; Carnaval turc ; Marche solennelle ; Marche de l'Emir, etc. Trois quatuors classiques pour instruments à cordes ; Gloria Victis, cantate patriotique (Lyon, 1887), etc., il est l'auteur de la musique de Faublas, opéra-comique en 3 actes de Cadol et Duval (Théâtre Cluny, 25 octobre 1881). En 1897, il habitait 32 rue de la République à Lyon.

 

LULLY Jean-Baptiste (Gian-Battista LULLI francisé en). Compositeur italien naturalisé français en 1661 (Florence, 28 novembre 1632 – Paris, 22 mars 1687). Epouse à Paris (église Saint-Eustache) en juillet 1661 Madeleine Lambert, fille du chanteur Michel Lambert, avec qui il eut 6 enfants dont Louis, Jean-Baptiste et Jean-Louis de Lulli. Il fut conduit à Paris par le chevalier de Guise, qui le présenta à Mlle de Montpensier, désireuse d'avoir près d'elle un petit Italien. La princesse le reçut et le plaça dans ses cuisines comme marmiton ! Lully avait alors treize ans ; il n'était pas encore bon musicien, mais, passionné pour cet art, il employait ses loisirs à jouer sur un mauvais violon. Le hasard voulut qu'un jour le comte de Nogent l'entendit ; frappé de ses dispositions, il en parla à la princesse et obtint qu'on lui donnât des maîtres. Dès lors, l'enfant échangea sa situation culinaire contre celle d'élève des sieurs Métru, Gigault et Roberdet, organistes de Saint-Nicolas des Champs. Peu de temps après, il était admis parmi les musiciens ordinaires de Mlle de Montpensier. Cette histoire, son jeune talent, l'originalité des airs qu'il composait, attirèrent bientôt sur lui l'attention générale. Malheureusement, dans les airs qu'il jouait, il s'en trouva un qui était loin de célébrer les louanges de la princesse. Lully fut immédiatement chassé, mais ne perdit pas courage. Grâce à ses talents, il parvint à entrer dans la grande bande des violons du roi ; sut plaire à ce monarque tellement, qu'à l'âge de dix-neuf ans (1652), il se vit nommé par lui inspecteur général de ses violons, avec une nouvelle bande d'élite, dite petits violons, placée sous sa direction. Ce fut pour ces petits violons, devenus bientôt les meilleurs de France, que Lulli écrivit ses symphonies, sortes d'ouvertures entremêlées d'airs de danse. Il se mit ensuite à composer des ballets, des mascarades, où le roi lui-même figurait. Parmi ces divertissements, on cite l'Alcidione, le Ballet des Arts, l'Amour déguisé, etc., comme étant les plus remarquables. Puis il composa la musique des pièces de Molière : la Princesse d'Élide, l'Amour médecin, le Bourgeois gentilhomme, Monsieur de Pourceaugnac, etc., et dansa lui-même, au début, dans plusieurs de ces divertissements. La faveur de Lully auprès de Louis XIV fut portée au comble par le succès toujours renaissant de sa musique. Le roi ne voulant pas en entendre d'autre, Lully ne négligea aucune occasion de produire dans tous les genres. On ne saurait énumérer ici les grâces, gratifications, brevets, etc., de toutes sortes qu'il obtint de ce monarque. Il alla même jusqu'à lui arracher l'autorisation d'établir à Paris une Académie royale de musique, autrement dit, un théâtre d'opéra, malgré les lettres patentes qui concédaient ce privilège à Perrin et à ses successeurs (1672). A cette date commence pour Lully l'ère de ses plus glorieux succès. Son activité tint du prodige. Seul, on le vit être à la fois directeur, administrateur, maître de musique et de ballets, régisseur, metteur en scène, décorateur et machiniste de son théâtre ; de plus, il eut à former lui-même chanteurs, danseurs et musiciens ; enfin, au milieu de ces travaux accablants, il sut trouver encore le temps et la force d'écrire dix-neuf opéras (presque tous des chefs-d’œuvre) et de les représenter dans une période de quinze années ! Lully, d'ailleurs, trouva en Philippe Quinault, son poète, un puissant secours. Quinault faisait plusieurs canevas, les présentait au choix du roi, et de suite le compositeur se mettait à l’œuvre, avant même que le poète eût terminé ses vers. Les opéras de Lully furent joués pendant près d'un siècle. Les plus célèbres sont Alceste, Thésée, joué le dernier en 1778 ; Proserpine, Orphée, Amadis, Armide, etc. Dans sa musique religieuse, on remarque un Veni Creator, un Miserere, un De profundis, un Te Deum, etc. Lully porta le litre de surintendant de la musique du roi. Chez ce grand artiste, malheureusement, la noblesse du caractère ne répondit pas à l'élévation du génie. Lully, servile et bas avec les grands, devenait despote, insolent et brutal avec ceux qui ne pouvaient lui résister. D'une jalousie haineuse contre tout talent pouvant lui porter ombrage, il se montra ingrat envers ses meilleurs amis. Cambert, Bernier, Lalouette, Molière, La Fontaine, et un grand nombre d'autres moins connus avec lesquels il agit indignement, sont là pour l'attester.

 

MAGNARD Lucien Denis Gabriel dit Albéric. Compositeur français (Paris 18e, 09 juin 1865 manoir des Fontaines, près de Baron, Oise, 03 septembre 1914). Fils du rédacteur en chef du Figaro, il entra au Conservatoire de Paris dans les classes de Théodore Dubois et Massenet. Il travailla ensuite quatre ans avec Vincent d'Indy et s'installa dans un petit manoir des environs de Senlis où, loin des intrigues et des querelles, il médita sur les grands classiques, composa des partitions qu'il faisait éditer à ses frais et qu'il ne cherchait pas à faire exécuter, ignora farouchement tout ce qui n'était pas la musique. En dehors de quelques pages symphoniques on lui doit trois ouvrages lyriques d'une très haute tenue : Yolande représentée à la Monnaie en 1892, Bérénice que créa l'Opéra-Comique en 1911, et Guercœur que l'Opéra révéla en 1931. Il trouva la mort alors qu'il tentait d'interdire aux Allemands de pénétrer dans sa propriété.

 

MAILLART Louis dit Aimé. Compositeur français (Montpellier, Hérault, 24 mars 1817 – Moulins, 1871). Il fut élève d’Halévy au Conservatoire de Paris (1833). Il y obtint le premier prix de fugue en 1838; le premier grand prix de Rome lui fut décerné en 1841. On a donné de lui, à Paris, plusieurs œuvres lyriques qui ont été favorablement accueillis : Gastibelza (Opéra national, 1817), le Moulin des tilleuls (Opéra national, 1849) ; la Croix de Marie (Opéra‑Comique, 1852 ; les Dragons de Villars, qui, avec Gastibelza, sont les plus renommés (Théâtre-Lyrique, 1856) ; les Pêcheurs de Catane (Théâtre-Lyrique, 1860) ; Lara (Opéra-Comique, 1864).

« Une seule œuvre, entre plusieurs qu'il a données, a rendu ce compositeur célèbre : les Dragons de Villars. Cet opéra-comique demeure au répertoire en France et en Allemagne, où il jouit d'une grande vogue sous le titre : Das Glöckchen des Eremiten. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

MARCELLES Paul (Marcel Paul Roger FOURNIER dit). Compositeur français (Paris, 16 novembre 1863 –). Elève de l'École Centrale des arts et manufactures. Élève, pour la musique, de Gédalge. Il a fait représenter Pierrette Doctoresse, pantomime en 1 acte avec Gaston Guérin (Cercle Mathurins, 1891) ; Ludus pro patria, pantomime en 1 acte avec Gerbault et Artus (Bodinière) ; Veuve Prosper, successeur, opérette en 3 actes avec Vély et Alévy (Déjazet) ; Une bonne soirée, opérette en 1 acte avec Vély et Alévy (Ambigu, 1894) ; Zut, pantomime en 1 acte (Cercle Funambulesque). Paul Marcelles a composé la musique de plusieurs revues : Paris-Forain, de Redelsperger ; Paris-Trianon, de Vély et Alévy ; les Dessous de l'année, de Clairville et Vély (Nouveau-Théâtre). En préparation en 1897 : les Travaux d'Hercule, opérette en 3 actes avec Vély et Alévy ; Hors Cadre, opérette en 1 acte avec Clairville et Guérin, etc. En 1897, il habitait 13 rue de Turin à Paris.

 

MARÉCHAL Charles Henri. Compositeur français (Paris, 22 janvier 1842 – Paris, 1924). Il entra au Conservatoire en 1866. En 1870, il remporta le premier grand prix de Rome en même temps que Ch. Lefebvre. Il débuta par un oratorio, la Nativité, puis se voua plus particulièrement à la scène : les Amoureux de Catherine (Opéra-Comique, 1876), la Taverne des Trabans (Opéra-Comique, 1881), Calendal (1894), Ping-Sing (1895), le Lac des aulnes, ballet (1907), etc. On lui doit encore des scènes chorales, des mélodies, des pièces de piano, et 3 livres de souvenirs : Rome (1904), Paris (1907), Lettres et souvenirs, 1870‑1874 (1920). Il est également l'auteur des deux jolis morceaux intercalés dans l'Ami Fritz, de MM. Erckmann et Chatrian.

Études musicales au Conservatoire ; grand prix de Rome en 1870. Débute au théâtre par les Amoureux de Catherine, opéra-comique en 1 acte de J. Barbier, d'après Erckmann-Chatrian (Opéra-Comique, 08 mai 1876) ; donne ensuite la Taverne des Trabans, opéra-comique en 3 acte, avec J. Barbier (Opéra-Comique, 31 décembre 1881) ; l'Étoile, opéra-comique en 1 acte de P. Collin (Théâtre-d'Application, 31 mai 1889) ; Deïdamie, opéra en 2 actes d'Édouard Noël (Opéra, 15 septembre 1893) ; Calendal, opéra en 4 actes de Perrier et Mistral (Rouen, 21 décembre 1894). Maréchal a composé la musique de scène de l'Ami Fritz (Comédie-Française, 1876) ; des Rantzau (Comédie-Française, 1882) ; de Smilis (Comédie-Française, 1884) ; de Crime et Châtiment (Odéon, 1888). Il a fait exécuter au Conservatoire, en 1876, la Nativité, poème sacré de Cicile ; aux Concerts Colonne : les Vivants et les Morts, strophes de Ph. Gille (1886), le Miracle de Naïm, drame sacré de Paul Collin (1891). Au concours musical de Rouen : la Légende de Jumièges, poème de Noël (26 juillet 1896). Il a composé une quantité de mélodies, morceaux pour piano, chant et orchestre, plusieurs chœurs pour l'enfance, quelques morceaux de musique religieuse : Ave Maria, Agnus Dei, Kyrie, Notre Père, O Salutaris, etc., et deux opéras : Daphnis et Chloé et Ping-Sing, non représentés en 1897. En 1897, il habitait 11 bis rue Viète à Paris.

 

MARIOTTE Antoine. Compositeur français (1875–1944). => biographie

 

MARTY Georges Eugène. Compositeur et chef d'orchestre français (Paris, 16 mai 1860 – Paris, 1908). Entre au Conservatoire en 1872 ; 1re médaille de solfège (1875) ; 1er prix d'harmonie (1878) ; 1er grand prix de Rome à l'unanimité (1882). Deux fois lauréat des concours de la Ville de Paris. A fait exécuter : Édith, cantate du prix de Rome (Concerts Colonne, 1882) ; Ballade d'hiver (Concerts Pasdeloup, 1885) ; Ouverture de Balthazar, Matinée de Printemps (Concerts Lamoureux, 1887-88) ; Lysic, pantomime en 1 acte avec E. Larcher (Cercle funambulesque, 1888) ; le Duc de Ferrare, drame lyrique avec P. Milliet (fragments, Concerts de l'Opéra, 1896). Georges Marty a composé en outre plusieurs suites d'orchestre, quantité de morceaux de piano à deux et quatre mains, des mélodies, chœurs, etc. ; Merlin enchanté, poème dramatique d'E. Moreau ; le Duc de Ferrare, drame lyrique en 3 actes avec P. Milliet, etc. En préparation en 1897 : la Grande Mademoiselle, opéra-comique en 3 actes avec Dubut de Laforest. Officier d'Académie, professeur de la classe d'ensemble vocal au Conservatoire, chef de chant à l'Opéra ; chef des chœurs et chef d'orchestre des Concerts de l'Opéra (saison 1895-1896). En 1897, il habitait 106 rue Jouffroy à Paris.

 

MASCAGNI Pietro. Compositeur italien (Livourne, 07 décembre 1863 – Rome, 02 août 1945). Elève de Ponchielli à Milan, il était un obscur chef de musique municipale dans une petite ville de l’Italie méridionale, quand il remporta le concours Sonzogno avec son opéra en 1 acte, Cavalleria rusticana (Rome, 1910), qui connut un succès mondial. Le sujet est tiré d’un conte du grand romancier réaliste sicilien Giovanni Verga. La musique a comme point de départ le réalisme de Carmen et l’exploitation de certaines trouvailles extérieures du drame wagnérien, dans un climat de passion brûlante. Mascagni devint ainsi le chef de file du « vérisme » italien, mais il ne retrouva plus la veine éclatante de son premier succès. Après la réussite de l’idylle l’Amico Fritz (1891), seul Iris (1898) s’impose à la considération, par la sérieuse application de sa recherche harmonique. De Guglielmo Ratcliff (1895), on rappelle l’intermède orchestral, et de le Maschere (comédie lyrique en 1 prologue et 3 actes, livret de Luigi Illica, Théâtre Costanzi de Rome, 17 janvier 1901), la belle ouverture. Autres opéras : I Rantzau (1892), Amica (1905, en français, pour Monte-Carlo), Isabeau (1911), Parisina (1913), Lodoletta (1917), Il Piccolo Marat (1921), Nerone (1935).

 

MASSÉ Félix Marie dit Victor. Compositeur français (56.Lorient, 07 mars 1822* – Paris, 05 juillet 1884) enterré au cimetière de Montmartre (26e division). Epouse à Paris le 21 octobre 1854 Mlle Mayer ; leur fille, Zoé Jeanne Marie Massé épousera le librettiste Philippe Gille. Il entra au Conservatoire en 1834, fut élève de Zimmermann et de Halévy, et y obtint les premiers prix de piano (1838), d'harmonie et d'accompagnement (1840), de contrepoint et fugue (1843). Le premier grand prix de Rome lui fut décerné en 1844. A son retour, il se fit remarquer par des mélodies sur les Orientales de Victor Hugo, et débuta au théâtre avec la Chanteuse voilée (1832), un acte qui fut bien accueilli à l'Opéra-Comique. Galatée (ou Galathée) suivit de près (livret de Jules Barbier et Michel Carré, création le 14 avril 1852), au même théâtre; puis vinrent les Noces de Jeannette (1853), la Fiancée du diable (1854), Miss Fauvette et les Saisons (1855), toujours à l'Opéra-Comique. Au Théâtre-Lyrique : la Reine Topaze (1856) ; le Cousin de Marivaux, au théâtre de Bade (1857) ; les Chaises à porteurs (Opéra-Comique, 1858) ; la Fée Carabosse (théâtre Lyrique, 1859) ; la Mule de Pédro (Opéra, 1863) ; Fior d'Aliza (Opéra-Comique, 1866) ; le Fils du brigadier (Opéra-Comique, 1867) enfin, Paul et Virginie (Théâtre-Lyrique, 1876). Dans cette série, la Chanteuse voilée, les Noces de Jeannette, Galatée, la Reine Topaze et Paul et Virginie sont comptés comme les meilleurs. Massé a encore publié des recueils de Chants bretons, du Soir, d'Autrefois, qui contiennent de jolies mélodies. Le genre de Massé est le demi-caractère. Son œuvre, sans être sérieux, n'est pas absolument léger ; la clarté le distingue, et, si l'originalité n'y domine pas, au moins est-il toujours d'une bonne facture et d'une grande entente scénique. Chef des chœurs à l'Opéra depuis 1860, professeur de composition au Conservatoire (1866-1880), il fut élu membre de l’Institut en 1871.

 

MASSENET Jules. Compositeur français (1842–1912). => biographie

 

MÉHUL Étienne. Compositeur français (Givet, 22 juin 1763 – Paris, 18 octobre 1817), enterré au Père-Lachaise (13e division). Organiste à dix ans, Méhul fut envoyé à Paris (1778), où il eut la révélation de l’Iphigénie en Tauride de Gluck (1779). Gluck l’engagea à écrire pour le théâtre. De 1790 à 1807, Méhul a composé 25 opéras ou opéras-comiques, dont quelques-uns en collaboration. Pendant la Révolution, il a écrit des œuvres patriotiques diverses, dont le célèbre Chant du départ (1794) ; plus tard, un Chant lyrique pour l’inauguration d’une statue de Napoléon à l’Institut (1811). A la fondation du Conservatoire (1794), Méhul a été l’un des quatre « inspecteurs » de l’enseignement. Il fut membre de l’Institut (1795).

Méhul est l’un des musiciens qui ont à la fois prolongé le XVIIIe siècle et ouvert la voie aux artistes originaux du début du XIXe. Combinant le style dramatique de Gluck et le charme mélodique italien, il a cherché constamment à se renouveler. Le succès durable de Joseph (repris à l’Opéra-Comique jusque dans le premier tiers du XXe siècle) est justifié par la noblesse de la mélodie, la vigueur de la déclamation et l’ampleur des ensembles. Les ouvertures de Méhul ont un intérêt qui dépasse celui de la plupart des ouvertures contemporaines; elles annoncent celles de Weber et le poème symphonique. Celle du Jeune Henri est encore jouée au concert. Beethoven a estimé Méhul, dont la symphonie en mi mineur a des points de contact avec la 5e symphonie, sans qu’on puisse décider laquelle des deux a pu inspirer l’autre.

« Un des plus grands musiciens français, l'auteur du Chant du départ qui, avant la Marseillaise, enflammait les armées de la République. De toutes les œuvres d’Etienne-Nicolas Méhul, Joseph est la plus parfaite ; c'est aussi la plus célèbre et celle qui s'est le mieux maintenue au répertoire, mais à l'étranger plus encore qu'en France. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

MESSAGER André. Compositeur et chef d'orchestre français (1853–1929). => biographie

 

MEYERBEER (Jakob Liebmann BEER dit Giacomo). Compositeur allemand (Berlin, 05 septembre 1791 – Paris 8e, 02 mai 1864). Fils d’un riche banquier berlinois, Meyerbeer se montra de bonne heure doué pour la musique. Ses principaux maîtres ont été Clementi, Zelter et l’abbé Vogler. Sur les conseils de Salieri, il alla compléter sa formation en Italie et composa dans le style italien une série d’opéras (1817-1824). Mais c’est à Paris, à partir de 1826, qu’il a trouvé sa voie dans l’opéra romantique français, sorte de mélodrame historique en musique, où Meyerbeer a su s’adapter à la déclamation dramatique française tout en restant allemand par l’harmonie et l’orchestration et italien par la mélodie. En 1842, il s’établit à Berlin, où Frédéric‑Guillaume IV l’avait nommé directeur général de la musique, mais il continua à remporter ses grands succès à Paris.

La vogue immense et le décri de Meyerbeer correspondent à peu près au triomphe et à la décadence du mélodrame romantique, dont ses opéras sont une sorte de réplique musicale. Tantôt grandiloquent, tantôt fade et inconsistant, Meyerbeer a pourtant réussi des mélodies d’une ligne élégante (entrée de Vasco, au 4e acte de l’Africaine) ou des scènes dramatiques vigoureuses (duo du 4e acte des Huguenots). Il n’a aucune profondeur tragique, mais un sens très sûr de l’effet scénique, de la déclamation dramatique et de l’emploi des timbres de l’orchestre, où il est nettement supérieur à la plupart des auteurs d’opéras à succès de son époque et, surtout, aux Italiens. Le style composite des opéras de Meyerbeer et leur écriture vocale favorable aux chanteurs leur ont assuré partout un succès durable jusqu’en 1914. Mais la critique n’a jamais été unanime à son égard. Il a été fort malmené, notamment par Richard Wagner et Robert Schumann. En revanche, Hector Berlioz et Camille Saint-Saëns ont fait son éloge, surtout à propos de la partition des Huguenots.

« Le créateur d'un nouveau style de grand opéra français et le musicien de théâtre le plus populaire en France pendant une cinquantaine d'années. Meyerbeer avait été l'élève du célèbre abbé Vogler, et le condisciple de C. M. von Weber. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

MISSA Edmond-Jean-Louis. Compositeur français (Reims, Marne, 12 juin 1861 – Paris, 1910). Elève de Jules Massenet, prix de Rome (1881), il a écrit de nombreux opéras (le Chevalier timide, Lydia, Lucas et Lucette [opéra-comique, livret de Paul Gravollet, 1905]), des opérettes (la Belle Sophie), des romances, des pièces de piano et de la musique symphonique.

Études musicales au Conservatoire, prix de fugue, mention honorable au concours du prix de Rome (1881, élève de Massenet). Prix Cressent. A fait représenter Juge et Partie, opéra-comique en 2 actes d'Adenis (Opéra-Comique, 17 novembre 1886) ; Lydia, opéra-comique en 1 acte de Lyden et Smoni (Dieppe, 26 juillet 1887) ; le Chevalier timide, opéra-comique en 1 acte de Busnach (Menus-Plaisirs, 01 septembre 1887) ; la Belle Sophie, opérette en 3 actes de Burani et Adonis (Menus-Plaisirs, 11 avril 1888) ; Doctoresse, pantomime en 1 acte de Hugounet et Villeneuve (Bouffes-Parisiens, 17 décembre 1890) ; la Princesse Nangara, opérette en 3 actes avec Battaille (Reims, 12 mars 1892) ; Mariage galant, opéra-comique en 1 acte de Boucheron et Oswald, musique avec Pietrapertosa (Menus-Plaisirs, 03 décembre 1892) ; Tararaboum-revue, revue en 4 actes de Ferrier et Delilia (Menus-Plaisirs, 30 décembre 1892) ; l'Hôte, pantomime en 3 actes avec M. Carré et Hugounet (Casino de Paris, 23 mai 1893) ; Dinah, comédie lyrique en 4 actes de M. Carré et Choudens (Comédie-Parisienne, 28 juin 94) ; Ninon de Lenclos, opéra-comique en 4 actes de Lénéka et Bernède (Opéra-Comique, 19 février 1895) ; le Dernier des Marigny, revue en 4 actes avec M. Carré et Colias (Folies-Marigny, 22 janvier 1896) ; les Deux Peuples, 1 acte avec Roger Milès (Olympia, 30 septembre 1896). En préparation en 1897 : la Peur, drame mimé en 2 actes ; Rosel, drame lyrique en 3 actes ; Lulli, opéra-comique en 3 actes ; la Pitchounette, 3 actes ; les Demi-Vierges, 4 actes ; le Grand Gueux, 4 actes ; Muguette, opéra en 5 actes avec M. Carré et Hartmann (pour l'Opéra-Comique), etc. Missa est l'auteur d'un grand nombre de mélodies romances, chœurs ; morceaux pour piano, orchestre, etc. En 1897, il habitait 8 rue Castex à Paris.

 

MONDONVILLE Jean-Joseph CASSANÉA de. — Violoniste et compositeur français (Narbonne, décembre 1711 – Belleville, 08 octobre 1772). Frère aîné de Jean Cassanéa de Mondonville dit le Jeune, compositeur. Epouse en 1747 Anne-Jeanne Boucon. Grand-père de Charles-Jean-Justin de Mondonville (Paris, 1798-), baryton qui chanta Figaro dans le Mariage de Figaro (version française de Castil-Blaze) à l'Odéon en 1826.

Il se fit connaître par des motets, différentes pièces de musique de chambre et par des opéras, dont les plus renommés sont le Carnaval du Parnasse (1749) ; Titon et Aurore (1753) et Daphnis et Alcimadure en patois languedocien (1754). Très intrigant et vivement protégé à la cour, Mondonville eut en Mme de Pompadour un soutien puissant. À l'époque de la guerre des Bouffons (1753), la favorite s'étant prononcée pour la musique française, ce fut Mondonville qui fut choisi pour en être le champion. Pour soutenir ce combat, il écrivit Titon et Aurore. On ne sait trop ce qui se serait passé si toutes les précautions n'avaient été prises à l'avance pour assurer la victoire à la musique française. Le jour de la première représentation, tout le parterre fut occupé par les gendarmes de la maison du roi, défenseurs des Français ; de telle sorte qu'il ne resta plus pour le coin de la reine, tenant pour les Bouffons, que les corridors du théâtre. Dans de pareilles conditions, la victoire était vraiment trop facile. Pourtant les Bouffons furent renvoyés le lendemain.

 

MOZART Johannes Chrysosthomus Wolfgang Theophilus dit Wolfgang Amadeus. Compositeur autrichien (Salzbourg, 27 janvier 1756 – Vienne, 05 décembre 1791). On lui doit les opéras : Die Schuldigkeit des ersten Gebotes KV 35 (1767), Apollo et Hyacinthus KV 38 (1767), la Finta Semplice KV 51 (1768), Bastien et Bastienne KV 50 (1768), Mithridate, re di Ponto KV 87 (1770), Ascanio in Alba KV 111 (1771), Il Sognio di Scipione KV 126 (1772), Lucio Silla KV 135 (1772), la Finta Giardiniera KV 196 (1774), Il Re pastore KV 208 (1775), les Petits Riens (ballet) KV 299b (1778), Thamos KV 345 (1779), Zaide KV 344 (1779), Idomeneo KV 366 (1781), Die Entführung aus dem Serail KV 384 (1782), l’Oca del Cairo, KV 422 (1783), lo Sposo deluso KV 430 (1783), Der Schauspieldirektor KV 486 (1786), le Nozze di Figaro KV 492 (1786), Don Giovanni KV 527 (1787), Cosi fan tutte KV 588 (1790), Die Zauberflöte KV 620 (1791), la Clemenzia di Tito KV 621 (1791).

« Le plus grand musicien qu'ait donné l'Autriche. Seule sa prodigieuse fécondité a pu déprécier son œuvre en y mettant trop de choses hâtives et d'occasion. Mais dans sa production, l'œuvre de théâtre ressort avec éclat et suffirait à elle seule à assurer à son auteur l'immortalité. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

NOUGUÈS Jean Charles. — Compositeur français (Bordeaux, Gironde, 26 avril 1875 – Paris, 28 août 1932). On lui doit : Januha, opéra (1897) ; Thamyris, opéra (1904) ; la Mort de Tintagiles, opéra d’après l’œuvre de Maurice Maeterlinck, créé au Théâtre des Mathurins (1905) ; le Désir, la Chimère, l’Amour, pantomime (1906) ; Quo vadis ?, opéra d’après l’œuvre de Henryk Sienkiewicz, créé à l’Opéra de Nice (1909) ; Chiquito, opéra créé à l’Opéra-Comique (1909) ; l’Auberge rouge, opéra (1910) ; la Vendetta, opéra (1911) ; l’Aiglon, opéra (1912) ; la Danseuse de Pompeï, ballet (1912) ; les Frères Danilo, opéra en 2 actes (1912/1913) écrit pour la collection « le Théâtre chez soi » de Pathé frères ; Narcisse, ballet (1913) ; l’Eclaircie, opéra (1914).

« Il a débuté au théâtre avec la Mort de Tintagilles, en collaboration avec Maurice Maeterlinck. C'est Quo vadis ? qui lui a valu la grande réputation mondiale. Plus de 3000 représentations de cette œuvre ont été données dans le monde entier. M. Jean Nouguès est encore en pleine activité productrice et n'a pas dit son dernier mot. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

NUX Paul VÉRONGE DE LA. Compositeur français (Fontainebleau, Seine-et-Marne, 29 juin 1853 –). Etudes musicales au Conservatoire, classe de F. Bazin pour la composition ; premier second grand prix de Rome en 1874 ; second premier grand prix en 1876. A fait représenter au théâtre Zaïre, opéra en 2 actes de Besson et Ed. Blau. En préparation en 1897 : les Labdacides, opéra. Auteur de nombreuses compositions pour concerts, piano, etc. Chevalier de la Légion d'honneur.

 

OFFENBACH Jacques (Jacob EBERST dit). Compositeur allemand naturalisé français en 1860 (Cologne, 20 juin 1819 – Paris, 05 octobre 1880) enterré au cimetière de Montmartre (9e division). Epouse à Paris le 14 août 1844 Herminie d'Alcain. Fils d’un chantre israélite de Cologne, originaire d’Offenbach près de Francfort (auteur d’un livre de prières chantées pour la jeunesse juive), il vint fort jeune à Paris (1842) et entra au Conservatoire dans la classe de violoncelle de Vaslin. Violoncelliste de l’Opéra-Comique, il se fit connaître par ses compositions sur les Fables de La Fontaine (le Corbeau, la Cigale et la Fourmi), qui lui valurent d’être engagé comme chef d’orchestre de la Comédie-Française en 1847 ; c’est à ce titre qu’il composa la Chanson de Fortunio pour les représentations du Chandelier d’A. de Musset. Quelques années plus tard, il obtint le privilège directorial d’un théâtre d’opérettes et de pantomimes, qu’il ouvrit en 1855 sous le nom de Bouffes-Parisiens et qu’il exploita successivement à la salle Lacazes, puis au théâtre Comte (passage Choiseul). C’est là que furent créées un grand nombre de ses opérettes célèbres. Ayant abandonné ses fonctions en 1866, il fit jouer ses œuvres sur les scènes des Variétés, du Palais-Royal, de la Renaissance, des Folies-Dramatiques, où elles connurent de brillants succès jusqu’en 1872, date à laquelle il prit la direction du théâtre de la Gaîté, qu’il céda en 1876 à Vizentini. Il écrivit pour cette scène une féerie, le Voyage dans la lune. Sauf de très rares voyages, dont un en Amérique, Offenbach ne quitta guère Paris et la fin de sa vie fut assombrie par des attaques de goutte très douloureuses. Avant ses débuts au théâtre, Offenbach avait publié quelques duos et morceaux pour violoncelle, ainsi que des romances ; mais, dès 1855, sa production est exclusivement consacrée au théâtre. Il ne réussit guère, cependant, sur les scènes officielles : son ballet le Papillon se solde, à l’Opéra, par un échec retentissant (1860) ; il n’obtient aucun succès à l’Opéra-Comique avec Barkouf (1860), Robinson Crusoé (1867), Vert-Vert (1869) et Fantasio (1872) ; il ne triomphera sur ce théâtre qu’après sa mort, avec les Contes d’Hoffmann, achevés par E. Guiraud (1881). C’est toutefois dans l’opérette qu’Offenbach excelle. Il apporte dans ce genre une verve, une cocasserie, une truculence et une abondante facilité de moyens comiques qui justifient le succès dont ses œuvres ont joui et jouissent encore auprès du public. Sa musique reflète l’ambiance décadente du Second Empire, dont elle nous propose une savoureuse caricature lorsqu’elle ne pousse pas à la charge ; à l’humour souvent délicat qui caractérise l’opérette française, Offenbach ajoute une pointe acerbe qui l’oriente vers une autre catégorie du comique : le burlesque. Parmi les 102 opérettes qu’il nous a laissées et dont la plupart ne comportent qu’un acte, citons les plus célèbres : les Deux Aveugles (1855), le Violoneux (1855), Ba-ta-clan (1855), Croquefer (1857), le Mariage aux lanternes (1857), Orphée aux Enfers (1858), les Bavards (1862), la Belle Hélène (1864), Barbe-Bleue (opéra bouffe en 3 actes et 4 tableaux ; Variétés, 05 février 1866), la Vie parisienne (1866), la Grande-Duchesse de Gérolstein (1867), la Périchole (1868), le Château de Toto (1869), la Princesse de Trébizonde (1869), les Brigands (1869), Pomme d’Api (1873), le Docteur Ox (1877), la Jolie Parfumeuse (1873), la Foire Saint-Laurent (1877), la Fille du tambour-major (opéra-comique en 3 actes, livret d’Henri Chivot et Alfred Duru, créé à Paris, au Théâtre des Folies-Dramatiques, le 13 décembre 1879), Madame Favart (1879), Belle Lurette (1880), Mademoiselle Moucheron (posthume, 1881). Il a résumé les souvenirs de sa tournée en Amérique dans un opuscule : Notes d’un musicien en voyage (1877). L. Schmidt, Stern et Zamara ont tiré 3 opérettes de ses fragments inédits, et Monte-Carlo a représenté en 1907 un opéra posthume : Myriame et Daphné.

 

PACINI Antonio. Compositeur et éditeur de musique italien (1778–1866). => biographie

 

PAER Ferdinando. Compositeur italien (Parme, 01 juin 1771 – Paris, 03 mai 1839), enterré au Père-Lachaise (13e division). Elève du violoniste Ghiretti, il fit représenter en 1791, à Venise, son premier opéra : Circé, et en 1792, à Parme : l’Astuzia amorosa. Chef d’orchestre à Venise (1791‑1797), il succède en 1802 à Naumann comme maître de chapelle de la cour de Dresde ; il devient Chef de la musique personnelle de Napoléon Ier (1807-1812), il dirigea ensuite l’orchestre du Théâtre‑Italien (1812-1827) ; membre de l’Académie en 1831, directeur de la musique de la chambre royale en 1832, il enseigna également au Conservatoire. Outre quelques pièces instrumentales, on lui doit 2 oratorios, 1 Passion, des cantates et 43 opéras, dont le Maître de chapelle (1824) semble avoir seul survécu. Son œuvre dramatique comprend, notamment, une Eleonora dont le sujet est le même que celui de Fidelio. Le style de Paer s’apparente à celui du Singspiel et de l’opéra bouffe.

« Après avoir écrit de nombreux opéras italiens, Paer se voua à l'opéra-comique français, et c'est dans ce genre qu'il a remporté ses plus brillants succès. Détail curieux : le Maître de Chapelle, seule pièce de lui qui soit restée au répertoire, est une parodie de l'opéra italien. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

PALADILHE Emile. Compositeur français (Montpellier, Hérault, 03 juin 1844* – Paris, 06 janvier 1926). Admis très jeune au Conservatoire de Paris, il y fait ses études sons la direction de Marmontel, Benoist et Halévy ; second prix de piano en 1856 ; premiers prix de d'orgue et de piano en 1857 ; premier Grand prix de Rome, en 1860, avec la cantate Ivan IV, exécutée à l'Opéra en décembre de la même année. Pendant son séjour à Rome, Paladilhe a envoyé a l'Académie des Beaux-Arts, un opéra-bouffe italien, une Messe solennelle, une Ouverture et une Symphonie en mi bémol. De retour à Paris il a publié plusieurs mélodies, notamment Mandolinata, Premières Pensées, Mélodies écossaises, etc., des morceaux de musique religieuse, etc. Au théâtre il a fait représenter : le Passant, opéra-comique en 1 acte avec Coppée (Opéra-Comique, 24 avril 1872) ; l'Amour africain, opéra-comique en 2 actes avec Legouvé (Opéra-Comique, 08 mai 1875) ; Suzanne, opéra-comique en 3 actes avec Cormon et Lockroy (Opéra-Comique, 30 décembre 1878) ; Diana, opéra-comique en 3 actes avec J. Normand et H. Régnier (Opéra-Comique, 23 février 1885) ; Patrie !, opéra en 5 actes avec Sardou et Gallet (Opéra, 20 décembre 1886) ; les Saintes Maries de la mer, drame lyrique avec Gallet (Montpellier, 1892). En préparation en 1897 : Dalila, drame lyrique avec Gallet, d'après O. Feuillet ; Vanina, drame lyrique avec Gallet, etc. Paladilhe a composé une Messe de Saint-François-d'Assise, exécutée à l'église Saint-Eustache, le 27 novembre 1896. membre de l'Académie des Beaux-arts, depuis le 02 juillet 1892, en remplacement d'Ernest Guiraud. Chevalier de la Légion d'honneur. En 1897, il habitait 14 rue Saint-Marc à Paris.

« Prix de Rome, puis finalement membre de l'Institut en remplacement de Guiraud, Paladilhe n'est pas un compositeur fécond. A côté de quelques opéras-comiques, il a donné un unique grand opéra, Patrie !, dans le style Halévy-Meyerbeer. Cette œuvre brillante et pompeuse soutient bien la comparaison avec les meilleures du genre, et se maintient au répertoire. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

PARÈS Philippe Charles Gabriel. Chef d'orchestre et compositeur français (Paris, 28 novembre 1860 Paris, 02 janvier 1934). Père du compositeur Philippe Parès (01 janvier 1901 – 02 février 1979). Chef de musique de la Garde Républicaine de 1893 à 1910. Il a composé le Secret de Maître Cornille, opéra-comique.

 

PÉNAVAIRE Jean-Grégoire. Compositeur et chef d'orchestre français (Lesparre, Gironde, 15 septembre 1840 – Paris, 1906). Elève de Fétis et d’Elwart, chef d’orchestre au théâtre de Nantes, il a écrit de la musique symphonique, quelques pièces vocales, 4 opéras-comiques et 1 ballet : les Folies d’Espagne.

Etudes musicales sous la direction de Millon, Sivori, Morel, Elwart et Fétis. Chef d'orchestre au théâtre d'Anvers ; 1er violon aux Italiens et aux Concerts Pasdeloup. A écrit un grand nombre d'œuvres pour orchestre, chant, piano, violon, etc. : la Vision des croisés ; Torquata Tasso ; Miguel Cervantès ; Symphonie en ut mineur ; Recueil de vingt mélodies ; Vieilles chansons sur de nouveaux airs ; Romanzetto ; Concerto en la, etc. Il a fait représenter Chanson de mai, opéra-comique (Cercle des Familles, décembre 1872) ; Ninette et Ninon, opéra-comique en 1 acte avec Langlé et Mme Lesguillon (Athénée-Lyrique, 25 avril 1873) ; la Folie espagnole, ballet (1874) ; le Contrat, opéra-comique (Théâtre de Spa, septembre 1890), etc. En portefeuille en 1897 : Monseigneur Scapin, opéra-comique en 1 acte ; le Chevalier d'Aubertin, 3 actes ; la Fée de Mérindol, 3 actes, etc. En 1897, il habitait 21 rue Notre-Dame-de-Lorette à Paris.

 

PESSARD Emile Louis Fortuné. Compositeur français (Montmartre [auj. Paris 18e], 28 mai 1843 Paris, 10 février 1917). Études musicales au Conservatoire ; élève de Bazin pour l'harmonie et l'accompagnement, de Laurent pour le piano, de Benoist pour l'orgue et de Carafa pour la composition : 1er prix d'harmonie en 1862 ; 1er grand prix de Rome en 1866, avec la cantate Dalila, exécutée à l'Opéra le 21 février 1867. Inspecteur du chant dans les écoles de la ville de Paris (1878-1880). Professeur d'harmonie au Conservatoire, en remplacement de Savart (1881). Directeur de l'enseignement musical dans les maisons d'éducation de la Légion d'honneur. Émile Pessard a fait représenter au théâtre la Cruche cassée, opéra-comique en 1 acte de Lucas et Abraham (Opéra-Comique, 21 février 1870) ; le Char, opéra-comique en 1 acte de Paul Arène et Alphonse Daudet (Opéra-Comique, 18 janvier 1878) ; le Capitaine Fracasse, opéra-comique en 3 actes de Mendès (Lyrique, 02 juillet 1878) ; Tabarin, opéra en 2 actes de Ferrier (Opéra, 12 janvier 1885) ; Tartarin sur les Alpes, 4 actes et 13 tableaux de Bocage et de Courcy, d'après Alphonse Daudet (Gaîté, 17 novembre 1888) ; Don Quichotte, opéra-comique en 1 acte de Deschamps (Menus-Plaisirs, 04 juillet 1889) ; les Folies amoureuses, opéra-comique en 3 actes de Lénéka et Matrat, d'après Regnard (Opéra-Comique, 15 avril 1891) ; une Nuit de Noël, drame en 5 actes de Maurice Lefevre et Roddaz, musique de scène (Ambigu, 19 août 1893) ; Mam'zelle Carabin, opérette en 3 actes de F. Carré (Bouffes-Parisiens, 03 novembre 1893) ; le Muet, opérette mimée en 1 acte avec Galipaux (Bodinière, 26 mars 1894) ; etc. En outre, il a publié plus de dix volumes de mélodies, morceaux pour piano, instruments, etc. Il a composé des messes, plusieurs suites d'orchestre, un trio pour piano, violon et violoncelle, etc. Depuis 1891, Émile Pessard fait la critique musicale à l'Évènement. Officier de la Légion d'honneur ; officier de l'Instruction publique. En 1897, il habitait 26 rue Richer à Paris.

« Elève de Bazin et de Carafa, Grand Prix de Rome, il a donné au théâtre plusieurs ouvrages dont aucun n'a fait très longue carrière, à part Mam’zelle Carabin, une très amusante opérette qui a connu les représentations nombreuses et a fait recette un peu partout. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

PFEIFFER Georges-Jean. Pianiste et compositeur français (Versailles, Yvelines, 12 décembre 1835 –). Lauréat de l'Institut Chartier pour la musique de chambre. Mention honorable au concours Rossini ; études et concertos adoptés par les Conservatoires français et étrangers. Auteur de nombreuses mélodies et de plusieurs morceaux pour orchestre, piano, etc. A fait représenter au théâtre : l'Enclume, opéra-comique en 1 acte de P. Barbier (Opéra-Comique, 23 juin 1884). En répétition : le Légataire universel, opéra-comique en 3 actes de J. Adenis et Bonnemère, d'après Regnard (à l'Opéra-Comique). En préparation en 1897 : Jacqueline, drame lyrique en 2 actes avec J. et Ed. Adenis. Vice-président de la Société des compositeurs de musique ; vice-président du syndicat de la protection artistique et littéraire. Critique musical du Voltaire. En 1897, il habitait 40 rue Condorcet à Paris.

 

PHILIPOT Jules. Compositeur français (1824–1897). => biographie

 

PIERNÉ Henri Constant Gabriel. Compositeur et chef d'orchestre français (Metz, Moselle, 16 août 1863 – Ploujean, Finistère, 17 juillet 1937) enterré au Père-Lachaise (13e division). Cousin de Paul Pierné. Études musicales au Conservatoire ; 1er prix de piano en 1879 (classe Marmontel) ; 1er prix de fugue et contrepoint (1881) ; 1er prix d'orgue en 1882 (classe César Franck) ; 1er grand prix de Rome même année (classe Massenet). A composé la musique de : le Collier de perles, pantomime en 2 actes, poème de Mendès (Spa, août 1891 ; puis Casino de Paris, 1891) ; les Joyeuses Commères de Paris, fantaisie de Mendès et Courteline (Nouveau-Théâtre, 1892) ; Bouton d'or, fantaisie lyrique en 4 actes de M. Carré (Nouveau-Théâtre, 03 janvier 1893) ; le Docteur Blanc, mimodrame en 5 actes de Mendès (Menus-Plaisirs, 05 avril 1893) ; Yanthis, pièce en 4 actes de J. Lorrain (Odéon, 18 février 1894) ; Izeïl, drame en 4 actes de Silvestre et Morand (Renaissance, 24 janvier 1894) ; la Princesse lointaine, pièce en 4 actes et en vers de Rostand (Renaissance, 05 avril 1895) ; Salomé, pantomime lyrique de Silvestre et Meltzner (Comédie-Parisienne, 04 mars 1895) ; la Coupe enchantée, opéra-comique en 2 actes de Matrat (Royan, 24 août 1895) ; etc. En préparation en 1897 : Lizarda, 3 actes avec Silvestre (pour l'Opéra-Comique) ; Vendée, opéra en 3 actes avec Ad. Brisson et Folley (reçu au Grand Théâtre de Lyon) ; Don Luis, 3 actes avec Beaumont, etc. M. Pierné a composé en outre un grand nombre de mélodies, morceaux d'orchestre, etc. Il a fait exécuter aux concerts de l'Opéra, Nuit de Noël, 1870, épisode lyrique (janvier 1896). Il est organiste du grand orgue de l'église Sainte-Clotilde, où il a succédé à César Franck. Membre de l'Académie des Beaux-arts (1924). En 1897, il habitait 14 rue Monsieur-le-Prince à Paris.

 

PIERNÉ Paul. Compositeur français (Metz, Moselle, 1874 – Paris, 1952). Cousin de Gabriel Pierné. Il fut organiste de l’église Saint-Paul-Saint-Louis à Paris, et a laissé 2 opéras, 1 ballet, 2 symphonies, 1 messe, des mélodies et des poèmes symphoniques.

 

PIZZETTI Ildebrando. Compositeur italien (Parme, 20 septembre 1880 Rome, 1968). Élève du Conservatoire de Parme, il s'intéressa au chant grégorien et à la polyphonie vocale. Nommé professeur à Rome en 1907, il fit la connaissance de Gabriele d'Annunzio qui lui fournit deux de ses livrets : Fedra (1915) et la Figlia di Jorio (1954). Directeur du Conservatoire de Florence en 1917, il devint celui du Conservatoire de Milan en 1923 et fut chargé de la chaire de composition à l'académie Sainte-Cécile en 1936. Il est l'auteur de onze opéras de très haute tenue où il prolonge le vérisme italien et ses traditions mélodramatiques dans une écriture châtiée où le chant s'inspire souvent du grégorien. Ainsi Debora e Joele (1922), Fra Gherardo (1928), l'Orseolo (1935), Meurtre dans la cathédrale (1959) et Clitemnestre (1965).

 

PLANQUETTE Jean Robert. Compositeur et pianiste français (Paris, 31 juillet 1848 Paris, 28 janvier 1903) enterré au Père-Lachaise (93e division). Dès sa sortie du Conservatoire de Paris il composa des chansons, des romances, et se rendit célèbre avec le Régiment de Sambre-et-Meuse que toutes les musiques militaires adoptèrent. Il a signé une vingtaine d'opéras-comiques dont plusieurs connurent un durable succès : les Cloches de Corneville (1877), Rip (1884), Surcouf (1887), le Capitaine Thérèse (1901).

Etudes musicales au Conservatoire ; 1er prix de solfège, 2e prix de piano ; élève de Duprato pour la composition. Débute par des chansons et des saynètes pour les cafés-concerts et met en musique plusieurs monologues. Aborde le théâtre avec Paille d'avoine, opérette en 1 acte avec Jaime, Rozale et Lemonnier (Délassements, 12 mars 1874) ; et donne ensuite les Cloches de Corneville, opéra-comique en 3 actes de Clairville et Gabet (Folies-Dramatiques, 19 avril 1877) ; Babel-Revue, revue en 4 actes de Burani et Ed. Philippe, musique avec Okolowicz (Athénée, 10 janvier 1879) ; le Chevalier Gaston, opéra-comique en 1 acte de Véron (Monte-Carlo, 1879) ; les Voltigeurs de la 32e, opéra-comique en 3 actes de Gondinet et Duval (Renaissance, 07 janvier 1880) ; la Cantinière, 3 actes de Burani et Ribeyre (Nouveautés, 26 octobre 1880) ; Rip, opéra-comique de Meilhac, Gille et Farnie (Folies-Dramatiques, 11 novembre 1884) ; la Crémaillère, 3 actes de Burani et A. Brasseur (Nouveautés, 28 novembre 1885) ; la Princesse Colombine, opérette en 3 actes de M. Ordonneau et André (Nouveautés, 07 décembre 1886) ; Surcouf, opéra-comique de Chivot et Duru (Folies-Dramatiques, 06 octobre 1887) ; la Cocarde tricolore, opéra-comique de Cogniard, remanié par Ordonneau (Folies-Dramatiques, 12 février 1892) ; le Talisman, opéra-comique en 3 actes de d'Ennery et Burani (Gaîté, 20 janvier 1893) ; Panurge, 4 actes de Meilhac et Saint-Albin (Gaîté, 22 novembre 1895). En préparation en 1897 : Floréal, opéra-comique avec Silvestre et Burani. En outre, Planquette a publié un recueil de chansons militaires : Refrains du Régiment. En 1897, il habitait 11 rue de Calais à Paris.

 

POISE Jean Alexandre Ferdinand. Compositeur français (Nîmes, Gard, 03 juin 1828 – Paris, 13 mai 1892). Il entra au Conservatoire en 1850 et étudia la composition avec Adolphe Adam, puis avec Zimmermann. Il obtint en 1852 le second prix de Rome. Il se consacra dès lors à l’opérette et à l’opéra-comique et écrivit des œuvres d’une inspiration charmante. Il a donné au Théâtre-Lyrique, Bonsoir, voisin (1853), et les Charmeurs (1855) ; à l'Opéra-Comique, les Absents, Dom Pedro (1858), le Jardinier galant (1861), le Corricolo (1868), les Trois Souhaits (1873), les Surprises de l'Amour (1877) et l'Amour médecin (1880). Le premier et les deux derniers de ces ouvrages ont obtenu de francs succès. Poise a encore donné aux Bouffes‑Parisiens le Thé de Polichinelle (1856), et à l'Athénée, les Deux Billets (1870). On lui doit encore une cantate officielle (les Moissonneurs, 1866), de gracieuses mélodies, et Joli Gilles, représenté à l'Opéra‑Comique.

« Il est l'auteur d'une douzaine d'opéras-comiques et d'opérettes, dont plusieurs ont fait une belle carrière. Les plus connus, outre le petit ouvrage Bonsoir, voisin !, sont Joli Gilles et l’Amour mouillé. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

PONCHIELLI Amilcare. Compositeur italien (Paderno Fasolaro, près de Crémone, 31 août 1834 Milan, 16 janvier 1886). Epouse en 1874 Teresina Brambilla. Il fut élève au Conservatoire de Milan (1843-1854). Son père était organiste ; il lui succéda dans ce métier en sortant du Conservatoire, et sera maître de chapelle de la cathédrale de Bergame. Mais attiré par le théâtre, il donnait en 1856 son premier opéra, I Promessi Sposi à Crémone, suivi en 1861 de la Savoiarda. Il ne connut de vrai succès qu'à la reprise des Promessi Sposi à Milan en 1872. En 1874 il faisait représenter à Milan I Lituani et le 8 avril 1876 son chef-d’œuvre, la Gioconda, sur un livret de Boito. On devait encore créer à la Scala deux de ses opéras, Il Figliuol prodigo (1880) et Marion Delorme (1885), mais ceux-ci n'arrivèrent pas à s'imposer. Il fut le meilleur des compositeurs d’opéras qui pouvaient se réclamer de Verdi. Ponchielli occupa longtemps le poste de professeur de composition au Conservatoire de Milan (il eut pour élève le jeune Giacomo Puccini).

« Amilcare Ponchielli est le compositeur italien le plus en vue de la période qui relie Verdi aux « véristes ». Il a donné en Italie de nombreux ouvrages très appréciés. Le seul qui ait été traduit en plusieurs langues et ait atteint une réputation européenne est Gioconda. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

PONS Charles. Compositeur français (1870–1957). => biographie

 

PUCCINI Giacomo. Compositeur italien (Lucques, 22 décembre 1858 – Bruxelles, 29 novembre 1924). Il fit ses études à l’Institut musical Pacini de Lucques et au Conservatoire de Milan. Il aborda d’emblée le genre de l’opéra et remporta deux succès consécutifs à Milan avec le Villi (1884) et Edgar (1889). Vinrent ensuite les œuvres qui assurèrent sa renommée mondiale : Manon Lescaut (Turin, 1893), la Bohème (Turin, 1896, et Paris, 1900), la Tosca, inspirée de Sardou (Rome, 1900, et Paris, 1903), Madame Butterfly (Milan, 1904). Une tendance nouvelle se fait jour dans les œuvres ultérieures : la Fanciulla del West (New York, 1910), la Rondine (Monte-Carlo, 1917) et le Trittico (New York, 1918, et Rome, 1919), composé de 3 pièces en 1 acte : Il Tabarro, Suor Angelico, Gianni Schicchi. La dernière partition de Puccini, Turandot, restée inachevée, fut terminée par Alfano et représentée en 1924 à la Scala de Milan. Toutes ces œuvres témoignent d’un instinct très sûr du théâtre, d’un usage constant d’effets qui portent sur le public et d’un langage au lyrisme exacerbé. Eminent représentant du vérisme italien, Puccini a également écrit, en dehors de ses opéras, 1 Messe solennelle, 1 Capriccio sinfonico, 2 menuets pour orchestre à cordes et de la musique de chambre.

 

PUGET Loïsa. Compositrice française (1810–1889). => biographie

 

PUGET Paul. Compositeur français (1848–1917). => biographie

 

PUGNO Stéphane Raoul. — Pianiste et compositeur français (Montrouge, Hauts-de-Seine, 23 juin 1852 Moscou, lors d'une tournée de concerts, 03 janvier 1914). Etudes musicales au Conservatoire, 1er prix de piano (1866) ; 1ers prix d'harmonie et de solfège (1867) ; prix de fugue et 1er prix d'orgue (1869). Organiste et maître de chapelle pendant vingt ans, professeur au Conservatoire. Il a composé quantité de morceaux de piano, chant, etc. Au théâtre et dans les concerts il a donné : la Résurrection de Lazare, oratorio de Grandmougin et Favin (Concerts Pasdeloup, 11 avril 1879) ; la Fée Cocotte, féerie en 3 actes de Marot et Philippe, musique avec Bourgeois (Palace-Théâtre, 26 janvier 1881) ; Ninetta, opéra-comique en 3 actes de Bisson et Hennequin (Renaissance, 26 décembre 1882) ; Viviane, ballet-féerie en 5 actes de Gondinet, musique avec Lippacher (Eden-Théâtre, 28 octobre 1886) ; le Sosie, opéra bouffe en 3 actes de Valabrègue et Kéroul (Bouffes-Parisiens, 08 octobre 1887) ; le Valet de cœur, opérette en 3 actes de Ferrier et Clairville (Bouffes-Parisiens , 19 avril 1888) ; le Retour d'Ulysse, opéra bouffe en 3 actes de F. Carré (Bouffes-Parisiens, 01 février 1889) ; la Vocation de Marius, vaudeville en 4 actes de F. Carré et Debelly (Nouveautés, 29 mars 1890) ; la Petite Poucette, vaudeville-opérette en 3 actes de M. Ordonneau et Hennequin (Renaissance, 07 mars 1891) ; la Danseuse de corde, pantomime en 3 actes de Scholl et Roques (Casino de Paris, 05 février 1892) ; Pour le Drapeau, mimodrame en 3 actes de H. Amic (Ambigu, 18 février 1895). En préparation en 1897 : Mélusine, avec Armand Silvestre ; les Pauvres Gens, drame lyrique en 3 actes avec Henri Cain. En 1897, il habitait 67 rue Rochechouart à Paris.

 

RAMEAU Jean-Philippe. Compositeur français (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764). Fils de l’organiste de Notre‑Dame de Dijon, il apprit la musique en travaillant avec son père, qui l’envoya en Italie en 1701. Il n’alla pas plus loin que Milan et revint en France. Il fit un premier séjour à Clermont‑Ferrand à partir de 1702; venu à Paris en 1705, il devint organiste des jésuites de la rue Saint‑Jacques et des pères de la Merci. En 1706, il publie son premier livre de pièces de clavecin; il retourne en 1708 à Dijon, où il remplace son père à Notre-Dame. Après un bref passage à Lyon (1714), il revient à Clermont, où il écrit son fameux Traité de l’harmonie, et regagne Paris en 1723 ; il n’y est plus un inconnu, car son traité a excité la curiosité. Piron lui demande d’arranger des vaudevilles pour l’Endriague, féerie burlesque donnée à la foire Saint‑Germain en 1723. En 1724, son 2e livre de pièces de clavecin assoit sa renommée ; entretemps, il compose l’air célèbre des Sannages pour une présentation de Caraïbes au Théâtre‑Italien. On le trouve organiste à Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie en 1732 et au Collège des jésuites en 1736; il jouit à ce moment d’une solide réputation de professeur, et sa méthode d’accompagnement lui attire de nombreux élèves. Il finit par connaître, dans le cercle de La Pouplinière, l’abbé Pellegrin, qui lui fournit le livret d’Hippolyte et Aricie, tragédie lyrique en 5 actes et 1 prologue, jouée à l’Opéra en 1733. Ce ne fut d’abord qu’un demi‑succès : Rameau avait contre lui les lullystes et tous ceux que sa réelle valeur offusquait. Les Indes galantes, qui furent plus tard un des plus grands succès de l’Opéra, réussirent un peu mieux (1735), ainsi que Castor et Pollux (1737). Toutefois, Dardanus (1739) excita une curiosité telle que les places furent retenues huit jours d’avance. Sur ces entre faites, le maître avait publié sa Génération harmonique, et ouvert chez lui une école de composition. Désormais, il est bien en vue ; on en trouve la preuve dans les reprises d’Hippolyte et Aricie en 1742 et 1743, des Indes galantes (1743) et des parodies de ces pièces jouées à la Foire ce qui constituait alors une des consécrations du succès. Et cet homme, si peu courtisan, va enfin devenir un musicien officiel : il est nommé « compositeur de musique de la Chambre » en 1745. Platée le premier « opéra‑comique » créé sur une scène française, n’eut beaucoup de faveur ni à la cour de Versailles (1745) ni à l’Opéra (1749), et Zoroastre (1749) fut accueilli avec réserve. Cependant, les auditeurs sans parti pris reconnaissaient en Rameau un grand maître ; il était à ce moment le représentant qualifié de la musique française. Aussi, quand éclata la querelle des Bouffons (1752‑1754), fut‑il pris à partie par les italianisants. Il défendit la musique française, et, comme les soi‑disant théoriciens assaillants faisaient porter l’assaut principal sur le monologue d’Armide de Lully, il en fit une magistrale apologie dans ses Observations sur notre instinct pour la musique (1754; il la reproduisit dans son précieux Code de musique pratique) et pulvérisa la misérable argumentation de J.‑J. Rousseau. A partir de ce moment, il n’écrivit guère que de petites pièces pour la Cour. Son avant‑dernier opéra, les Paladins, n’eut que quelques représentations. Toutefois, les reprises des Indes galantes (1751), de Castor et Pollux (1754, en pleine guerre des Bouffons), de Dardanus (1760) furent des triomphes pour l’illustre compositeur. Il laissa aux musiciens le témoignage de son expérience dans son Code de musique pratique (1760). En 1764, le roi l’anoblissait, en lui conférant aussi le cordon de Saint‑Michel. Quelques mois après, Rameau s’apprêtait à monter son dernier opéra, Abaris ou les Boréades, quand il mourut. On ne connaît rien de la vie intime de ce grand maître; il n’a fait de confidences à personne; ce qu’il y a de sûr, c’est que la musique a été l’unique passion de toute sa vie; le mot de Piron semble le définir parfaitement : « Toute son âme et tout son esprit étaient dans son clavecin; quand il l’avait fermé, il n’y avait plus personne au logis. »

« Un des plus grands maîtres de l'opéra français. Après avoir été longtemps délaissées, ses œuvres jouissent aujourd'hui d'un regain de vogue, et Hippolyte et Aricie a déjà été repris à l'Académie nationale de musique. D'autres opéras de Rameau suivront sans doute avant longtemps. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

RAVEL Maurice. Compositeur français (Ciboure, 07 mars 1875 – Paris, 28 décembre 1937). Elève du Conservatoire de Paris (1889), il y suit les leçons d’Anthiome, Ch. W. de Bériot, Pessard, Gédalge et Fauré. Après un second grand prix de Rome, obtenu d’emblée en 1901, il essuie deux échecs aux concours suivants et, quand il se présente pour la dernière fois, en 1905, il n’est pas admis à monter en loge. C’est alors que s’ouvre la période la plus féconde de son activité. Elevé à Paris, il y vivra habituellement jusqu’à la guerre de 1914, où il s’engage. En 1920, il s’installe à Montfort‑l’Amaury; mais l’intérêt croissant que suscitent ses œuvres l’oblige à de fréquents voyages dans toute l’Europe et, en 1928, aux Etats‑Unis. Vers 1933, il éprouve les premiers symptômes d’une affection cérébrale qui, sans altérer son intelligence, entraîne des troubles du langage et de la motricité (apraxie). Il succombera à la suite d’une opération tentée en désespoir de cause. Musicien‑né, voué dès l’enfance à la musique, le compositeur, en Ravel, s’est formé sans peine aux disciplines académiques. En un certain sens, le métier est tout pour lui, parce qu’il l’inspire en lui dictant ses choix. Ses fins semblent toujours déduites de ses moyens, en sorte que sa maîtrise éclate également dans les différents genres qu’il a cultivés, bien qu’elle ait trouvé son expression la plus décidée et la plus originale dans l’ordre de la musique instrumentale.

Œuvres vocales : A. Une quarantaine de mélodies; 22 publiées séparément, le reste en recueils : Schéhérazade pour chant et orchestre (Tristan Klingsor, 1903), Histoires naturelles (J. Renard, 1906), Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé pour chant et instruments (1913), Chansons madécasses pour chant et instruments (Parny, 1925‑1926), Don Quichotte à Dulcinée (P. Morand, 1932); à quoi s’ajoutent 3 recueils de mélodies harmonisées : Cinq Mélodies populaires grecques (1907), Quatre Chants populaires (1910), Deux Mélodies hébraïques (1914). B. Chœur mixte a cappella : Trois Chansons (M. Ravel, 1915).

Œuvres instrumentales : A. Piano quelque 35 pièces, dont la Habanera pour 2 pianos (1895), Menuet antique (1895), Pavane pour une infante défunte (1899), Jeux d’eau (1901), Sonatine (1905), Miroirs (5 pièces) [1905], Ma Mère l’Oye, 5 pièces enfantines pour piano à 4 mains (1908), Gaspard de la nuit, 3 poèmes (1908), Valses nobles et sentimentales (1911), le Tombeau de Couperin, suite de 6 pièces (1917); et 2 concertos pour piano et orch. (1931), le second pour la main gauche seule. ‑ B. Musique de chambre : quatuor à cordes, en fa (1902‑1903), Introduction et allegro pour harpe avec accompagnement de fl., orch. et quatuor à cordes (1905‑1906), trio en la pour piano, vl. et vlc. (1914), 2 sonates : l’une pour vl. et vlc. (1920‑1922), l’autre pour vl. et piano (1927), et 1 rhapsodie de concert pour vl. et piano luthéal : Tzigane (1924). ‑ C. Musique symphonique : Rhapsodie espagnole pour orch. (1907), la Valse (1919-1920), Boléro (1928).

Œuvres dramatiques : A. Théâtre lyrique : l’Heure espagnole, comédie musicale en 1 acte (Franc‑Nohain, 1907), l’Enfant et les Sortilèges, fantaisie lyrique en 2 parties (Colette, 1920‑1925). ‑ B. Ballets : Daphnis et Chloé, symphonie chorégraphique en 3 parties (M. Fokine, 1909‑1912), Ma Mère l’Oye, version remaniée et orchestrée de l’original pour piano à 4 mains (1912).

« Bien qu'ayant échoué au Prix de Rome, ce compositeur n'en a pas moins fait une belle carrière, et l'on peut encore espérer beaucoup de lui. L'Heure espagnole est le seul ouvrage dramatique de Ravel qui ait vu jusqu'ici les feux de la rampe. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

RAVERA Nicolo Teresio. Compositeur italien (Alessandria, Piémont, 24 février 1851 –). Ayant étudié au Conservatoire de Milan (premiers prix de piano, d'orgue et de composition), il voyagea, surtout en Amérique, comme concertiste de piano. Il écrivit de la musique de piano, des mélodies vocales et des opéras, dont plusieurs furent créés à Paris : Une folle journée (1888), Lucette et Colin (1888), le Divorce de Pierrot (1892), la Mare au diable (1895), Pierrette somnambule (1900), le Sosie de Bridoye (1902).

Débute par un petit opéra-comique : Lucette et Colin, en collaboration avec Bryon (salle Herz, 06 mai 1888) ; donne ensuite Fiamma, opéra en 4 actes (Théâtre municipal d'Alexandrie, octobre 1890) ; le Divorce de Pierrot, opéra-comique en 1 acte avec Lénéka et Gandrey (Hôtel Continental, 18 avril 1892) ; la Mare au diable, opéra-comique en 3 actes avec Lénéka, d'après George Sand (Lyrique-Vivienne, 04 avril 1895), etc. En préparation en 1897 : Estelle, drame lyrique en 3 actes avec Louis Gallet. En 1897, il habitait 12 rue de Hambourg à Paris.

 

RENAUD Albert. Compositeur français (Paris, 1855 –). Études musicales sous la direction de César Franck et Léo Delibes ; ex-organiste du grand orgue de Saint-François-Xavier, auteur de nombreuses mélodies, morceaux pour piano, orgue, orchestre, etc., et d'une Messe solennelle, pour soli, chœur à 4 voix, deux orgues et orchestres, exécutée en 1891. A fait représenter au théâtre : Aladin, féerie en 4 actes d'E. Depré (Lyrique Vivienne, 18 janvier 1891) ; A la Houzarde, opéra-comique de J. Lemaire et d'Hurcourt (Bruxelles, Alcazar, 21 mai 1891) ; Rokneddin, ballet-pantomime en 3 actes de M. Carré et Fourcade (Eden-Théâtre, 07 avril 1892) ; Sleeper Awakened (le Dormeur éveillé), pièce-ballet en 3 actes de Sir Augustus Harris (Londres, Palace-Theatre, 10 décembre 1892) ; Don Quichotte, pièce lyrique en 4 actes et 20 tableaux de Sardou et Nuitter (Châtelet, 09 février 1895). Ouvrages terminés ou en préparation en 1897 : l'Éventail, ballet en 3 actes avec Van Dyck et de Roddaz ; Candide, opéra-comique en 3 actes et 6 tableaux de Nuitter et Beaumont ; le Roi Midas, pièce lyrique et fantastique en 3 actes et 8 tableaux d'Augé de Lassus ; le Soleil de minuit, opéra-comique en 3actes de Nuitter et Beaumont ; le Danseur d'Antibes, ballet en 2 actes et 3 tableaux d'Augé de Lassus ; Yoli ou le Pays des âmes, ballet en 3 actes de Paul Milliet ; le Cœur sanglant, drame en 4 actes de L. Tiercelin ; l'Abbé de Vieilleville, opéra-comique en 1 acte de Ch. de Batz et R. Kemp ; le Roi de Camargue, drame lyrique en 4 actes et 7 tableaux de Jean Aicard, Roger Milès et Générès, etc. Albert Renaud collabore à la Patrie comme critique musical. En 1897, il habitait 7 cité du Retiro à Paris.

 

REY Étienne. Compositeur français (1832-1923). => biographie

 

REY Jean-Baptiste. Compositeur français (1734-1810). => biographie

 

REYER Ernest (Louis Etienne Ernest REY dit). — Compositeur français (Marseille, Bouches-du-Rhône, 01 décembre 1823 – 83.Le Lavandou, 15 janvier 1909*). Entre dès l'âge de six ans à l'école communale de musique, de Marseille, dirigée par Barsotti ; deux fois lauréat du prix de solfège. Placé à seize ans dans les bureaux de l'administration des finances à Alger, il continue ses études musicales et compose à l'occasion de la visite du duc d'Aumale, une Messe solennelle, exécutée devant les princes ; il publie ensuite quelques romances et vient à Paris en 1848, auprès de sa tante, Louise Farrenc qui dirige ses études. Le 05 avril 1850 il fait exécuter au Théâtre-Italien, le Sélam, ode symphonique avec chœurs, sur un poème de Théophile Gautier ; quatre ans plus tard, le 20 mai 1854, il donne au Théâtre-Lyrique Maître Wolfram, opéra-comique en 1 acte, poème de Méry. Depuis cette époque il a fait représenter : Sacountala, ballet-pantomime en 2 actes de Théophile Gautier (Opéra, 14 juillet 1858) ; la Statue, opéra-comique en 3 actes de Barbier et Carré (Théâtre-Lyrique, 11 avril 1861 ; repris à l'Opéra-Comique, 20 avril 1878) ; Erostrate, opéra en 2 actes de Méry, Carré et Pacini (Bade, 21 août 1862 ; repris modifié à l'Opéra, 16 octobre 1871) ; Sigurd, opéra en 4 actes de Du Locle et A. Blau (Bruxelles, Monnaie, 07 janvier 1884 ; repris à l'Opéra, 12 juin 1885) ; Salammbô, opéra en 5 actes de Du Locle (Bruxelles, Monnaie, 10 février 1890 ; puis Rouen, théâtre des Arts, 23 novembre 1890 ; repris à l'Opéra, 16 mai 1892). En outre, Ernest Reyer a composé une Cantate exécutée à l'Opéra ; un hymne : l'Union des Arts, exécuté à Marseille, en 1862, pour l'inauguration d'une société d'artistes ; la Madeleine an désert, scène dramatique (Concerts Pasdeloup, 22 mars 1874) ; plusieurs morceaux de musique religieuse : Salva regina, Ave Maria, O Salutaris hostia, etc.; et quelques chœurs à 4 voix d'hommes : l'Hymne du Rhin, le Chant du paysan, Chœur des buveurs, Chœur des assiégés, etc. Reyer a collaboré comme critique musical d'abord à la Presse, puis à la Revue Française, au Courrier de Paris et enfin au Journal des Débats, où il a succédé à Berlioz. Membre de l'Académie des Beaux-arts en remplacement de Félicien David (11 novembre 1876). Bibliothécaire de l'Opéra. Commandeur de la Légion d'honneur, chevalier de l'Ordre de l'Aigle rouge, de Prusse (1862), etc. En 1897, il habitait 24 rue de la Tour-d'Auvergne à Paris.

« Il est mort dans sa propriété du Lavandou, près de Toulon. Ce musicien, qui devait parvenir au faîte des honneurs, débuta tard comme compositeur, ayant commencé la vie comme fonctionnaire. Il composait lentement et ne fut jamais complètement maître de la technique de son art ; aussi a-t-il produit relativement peu, bien qu'étant parvenu à un âge avancé. Mais son œuvre est marquée au cachet de son tempérament très personnel et occupe avec raison une place en vue au répertoire du grand opéra français. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

RICHEPIN Tiarko. Compositeur français (1884–1973). => biographie

 

ROCHEBLAVE Antoine. Compositeur français (1829–1882). => biographie

 

ROGER Victor. Compositeur français (Montpellier, Hérault, 21 juillet 1851 – Paris, 1903). Etudes musicales à l'Ecole Niedermeyer. Débute par des opérettes et des chansons à l'Eldorado, puis fait représenter le 18 août 1883, au Casino de Trouville, une opérette : Mademoiselle Irma, 1 acte avec Fabrice Carré, jouée par Judic, Grivot et Christian. Donne ensuite : Joséphine vendue par ses sœurs, opérette bouffe en 3 actes avec Ferrier et F. Carré (Bouffes-Parisiens, 20 mars 1886) ; Oscarine, opérette en 3 actes avec Nuitter et Guinon (Bouffes-Parisiens, 15 octobre 1888) ; Cendrillonnette, opérette en 4 actes de Ferrier, musique avec Serpette (Bouffes-Parisiens, 24 janvier 1890) ; le Fétiche, opérette en 3 actes de Ferrier et Clairville (Menus-Plaisirs, 13 mars 1890) ; Sansonnet, opérette en 3 actes avec Ferrier (Nouveautés, 26 novembre 1890) ; les Douze Femmes de Japhet, vaudeville en 3 actes avec Mars et Desvallières (Renaissance, 16 décembre 1890) ; le Coq, opérette en 3 actes avec Ferrier et Depré (Menus-Plaisirs, 30 octobre 1891) ; Mademoiselle Asmodie, opéra-comique en 3 actes de Ferrier et Clairville, musique avec Lacome (Renaissance, 24 novembre 1891) ; les 28 jours de Clairette, opérette en 4 actes avec Raymond et Mars (Folies-Dramatiques, 03 mai 1892) ; Caterinette, Pierre et Paul, opérettes en 1 acte avec Mars (Lunéville, 17 juillet 1893) ; Clary-Clara, opérette en 3 actes avec Raymond et Mars (Folies-Dramatiques, 20 mars 1894) ; Nicol-Nick, opérette en 4 actes avec Raymond et Mars (Folies-Dramatiques, 23 janvier 1895) ; la Dot de Brigitte, opérette en 3 actes avec Ferrier et Mars, musique avec Serpette (Bouffes-Parisiens, 06 mai 1895) ; le Voyage de Corbillon, vaudeville-opérette en 4 actes avec Mars (Cluny, 30 janvier 1896) ; Chez le Couturier, ballet-pantomime en 2 tableaux avec Flers et J. Lemaire (Folies-Bergère, 23 mai 1896) ; Sa majesté l'Amour, opérette en 3 actes avec Hennequin et Mars (Eldorado, 24 décembre 1896) ; etc. En préparation en 1897 : les Quatre Filles Aymon, opérette en 4 actes avec Liorat et Fonteny, musique avec Lacome ; Adélaïde, opérette en 3 actes avec Mars et Desvallières, etc. Victor Roger collabore à la France, comme critique musical. En 1897, il habitait 28 rue du Mont-Thabor à Paris.

« Auteur de plusieurs œuvres légères, dont quelques-unes ont atteint la grande vogue. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

ROSENLECKER Georges. Compositeur français (Le Havre, Seine-Maritime, 09 octobre 1849 –). Premières études d'harmonie avec A. Donnay, organiste de Notre-Dame, au Havre, puis élève de César Franck pour la fugue, la composition et l'orchestration. Auteur de nombreuses compositions pour chant, piano, etc. A fait représenter la Légende de l'Ondine, drame lyrique en 3 actes et 5 tableaux, poème de Jean de Villeurs (Théâtre Royal de Liège, 29 avril 1886 ; exécuté avant aux Concerts de l'Association artistique d'Angers, 1882). En préparation en 1897 : Satanita, opéra-comique en 3 actes, poème d'Armand Silvestre. Rosenlecker a été l'organisateur et le secrétaire du Comité qui fit en 1890 du Théâtre de Rouen, un Théâtre-Lyrique où furent représentés, devant des abonnés parisiens, plusieurs œuvres inédites en France, dont Samson et Dalila. En 1897, il habitait 28 avenue du Trocadéro à Paris.

 

ROSSINI Gioacchino. Compositeur italien (Pesaro, Etats de l'Eglise, 29 février 1792 – Paris 16e, 13 novembre 1868). Tombeau au Père-Lachaise (4e division), mais sa dépouille repose à Florence depuis 1887. Epouse 1. en 1822 Isabella Colbran ; 2. en 1845 Olympe Pélissier. Son père jouait du cor, sa mère était soprano. Il apprit rapidement le piano et se rendit à Bologne, où il fut, en 1807, l’élève de Tesei (chant) et de l’abbé Mattei (composition). Il débuta au théâtre en 1810, à Venise, avec une farce : la Cambiale di matrimonio, bientôt suivie de 3 ouvrages similaires : l’Equivoco stravagante (Bologne, 1811), l’Inganno felice (Venise, 1812), Il Cambio della valigia (1812). C’est à Ferrare, en 1812, qu’il fit représenter son premier opéra sérieux, Ciro in Babilonia, tandis que Venise accueillait encore 3 opérettes : la Scala di seta, l’Occasione fa il ladro (1812) et il Signor Bruschino o Il Figlio per azzardo (1813). La représentation de Tancredi, en 1813, à Venise, consacra la jeune renommée de Rossini ; l’Italiana in Algeri, qui la suivit de peu, remporta un succès identique: l’Italie entière acclama celui qu’elle considérait comme son plus grand compositeur d’opéras et que le Barbier de Séville devait porter en 1816, à Rome, au faîte de la gloire. Pendant près de dix ans, Rossini fut le maître incontesté du théâtre lyrique en Italie; de 1815 à 1823, en vertu d’un contrat avec l’imprésario Barbaja, qui régentait Naples, Vienne et Milan, il écrivit chaque année 2 opéras nouveaux, dont la nomenclature coïncide avec celle de ses succès : Aureliano in Palmira (Milan, 1814), Il Turco in Italia (Milan, 1814 ; Paris, 1820), Sigismondo (Venise, 1815), Elisabetta (Naples, 1815; Paris, 1822), Torvaldo e Dorliska (1816), Il Barbiere di Siviglia (Rome, 1816; Paris, 1819), la Gazzetta (Naples, 1816), Otello (Naples, 1816; Paris, 1821), la Cenerentola (Rome, 1817 ; Paris, 1822), la Gazza ladra (Milan, 1817; Paris, 1821), Armida (Naples, 1817), Adelaïde di Borgogna (Rome, 1818), Adina o Il Califfo di Bagdad (1818), Mosè in Egitto (Naples, 1818; Paris, 1822), Ricciardo e Zoraïde (Naples, 1818), Ermione (Naples, 1819), Eduardo e Cristina (Venise, 1819), la Donna del lago (Naples, 1819), Bianca e Faliero (Milan, 1820), Maometto II (Naples, 1820), Matilda di Ciabrano (Rome, 1821 ; Paris, 1829), Zelmira (Naples, 1822), Semiramide (Venise, 1823 ; Paris, 1825). Très affecté par l’accueil réservé que reçut cette dernière œuvre, Rossini quitta l’Italie pour Londres, où cinq mois de concerts et de leçons particulières lui rapportèrent plus de dix mille livres. Il vint ensuite à Paris, écrivit à l’occasion du sacre de Charles X Un viaggio a Reims (1825), et arrangea pour l’Opéra Maometto II et Mosè, qui devinrent le Siège de Corinthe (1826) et Moïse (1827). Il transforma de même Un viaggio a Reims, qui prit le titre de Comte Ory. Entre‑temps, il avait assumé momentanément la direction du Théâtre‑Italien, avant d’être nommé intendant de la musique royale et inspecteur général du chant, postes qu’il conserva jusqu’à la révolution de Juillet. Il écrivit encore Guillaume Tell (1829), et cessa brusquement de composer pour le théâtre. Il ne revint à son art que pour écrire le Stabat Mater (1832‑1841), quelques pièces pour l’église et des cantates. En 1836, il retourna en Italie, et séjourna successivement à Milan et Bologne, puis à Florence (1848). Mais, en 1853, il revint en France et se fixa définitivement à Paris. Il a légué la plus grande partie de ses biens à la Ville de Paris (dont la villa où il est mort, 5 avenue Ingres dans le 16e) pour assurer la fondation d’une maison hospitalière destinée aux vieux musiciens. En dehors des œuvres précitées, il a laissé des chœurs, des pièces vocales pour l’enseignement, des marches militaires et des pièces de piano dotées de titres humoristiques. La grâce et la vivacité de son inspiration entrent pour une bonne part dans le succès légitime fait à ses œuvres; mais on doit reconnaître que Rossini construisait habilement les scènes, menait avec esprit les ensembles et le dialogue; il usait en outre avec finesse d’une palette orchestrale très riche et très nuancée. Son style alerte, son enjouement étaient le fruit d’un art et d’une science accomplis, mis au service du plaisir des auditeurs. Art sans profondeur, peut-être, mais à coup sûr plein de vie et de charme, teinté parfois d’un humour délicat.

« Il est mort à Ruelle, près Paris, le 13 novembre 1868. Après une brillante carrière en Italie, il triompha en France avec le Barbier de Séville et Guillaume Tell. Cette dernière pièce, donnée en 1829, fut son dernier effort ; il se reposa, depuis, sur ses lauriers. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

ROUSSEAU Samuel Alexandre. Compositeur français (Neuve-Maison, Aisne, 11 juin 1853 – Paris, 1904). Père du compositeur Samuel-Rousseau. Prix de Rome en 1878, il devint maître de chapelle de Sainte-Clotilde. Il a composé des messes, des motets, des pièces d’orgue, 4 drames lyriques, dont la Cloche du Rhin, représentée à l’Opéra en 1898.

Études musicales au Conservatoire, 1er prix d'orgue en 1877, 1er second Grand prix de Rome, en 1878. Prix Cressent (1878). Prix de la Ville de Paris (1891). Auteur de nombreux morceaux de musique religieuse. notamment d'une Messe solennelle ; de quantité de mélodies, etc. A fait représenter au théâtre : Dianorah, opéra-comique en 1 acte, poème de Chantepie (Opéra-Comique, 28 décembre 1879) ; Mérowig, drame lyrique en 3 actes, poème de Montorgueil (Grand-Théâtre, 12 décembre 1892). En préparation en 1897 : Nunziata, drame lyrique, poème de Gheusi et Montorgueil. En 1897, il habitait 53 boulevard Saint-Martin à Paris.

 

ROUSSEAU Marcel dit SAMUEL-ROUSSEAU. Compositeur français (Paris, 1882 – Paris, 1955). Fils du compositeur Samuel Rousseau. Il fit ses études au Conservatoire de Paris et obtint en 1905 le second premier prix de Rome avec sa cantate Maïa. Longtemps professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris, vice‑président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, directeur de l’Opéra (1941‑1944), il a principalement composé pour le théâtre. Ses opéras‑comiques : Tarass Boulba (1919), le Hulla (1923), le Bon Roi Dagobert (1927) ; ses drames lyriques : le Roi Arthur (prix Rossini 1903), Kerkeb, danseuse berbère (1951) ; ses ballets : Promenade dans Rome (1936), Entre deux rondes (1940) ; ses musiques de scène pour Esther, Princesse d’Israël (1912), Bérénice ; ses études pour piano, ses mélodies et ses Variations pastorales pour harpe et orchestre témoignent d’une invention mélodique facile et charmante, exempte de vulgarité, qui l’apparente aux meilleurs maîtres du style léger. Membre de l'Académie des Beaux-arts (1947).

 

SAINT-SAËNS Charles Camille. Compositeur, pianiste et organiste français (Paris 6e, 3 rue du Jardinet, 09 octobre 1835 Alger, 16 décembre 1921) enterré au cimetière du Montparnasse (13e division). Commence l'étude du piano dès l'âge de deux ans et demi ; à cinq ans il déchiffre sans faute une partition de Grétry. A sept ans il devient l'élève de Stamati, pour le piano ; Maleden est son professeur de composition. Il suit pendant un an la classe d'Halévy, au Conservatoire. Admis comme élève du cours d'orgue de Benoît, il remporte le second prix de cet instrument en 1849 et le 1er prix en 1851. En 1852 il se présente au concours du prix de Rome, ne réussit pas et ne se représente plus. Nommé organiste de Saint-Méry en 185, organiste de la Madeleine en 1858 ; professeur de piano à l'École Niedermeyer, Saint-Saëns a fait exécuter à seize ans sa première grande composition Symphonie en mi bémol par l'orchestre de la Société de Sainte-Cécile (1851), puis quelques années plus tard, la Symphonie en fa, par la Société Sainte-Cécile, de Bordeaux (1856). Pour plus de clarté nous classerons l'œuvre considérable de Saint-Saëns comme suit :

Œuvres dramatiques et lyriques. — la Princesse jaune, opéra-comique en 1 acte de L. Gallet (Opéra-Comique, 18 juin 1872) ; le Timbre d'Argent, drame lyrique en 4 actes de J. Barbier et M. Carré (Théâtre-Lyrique, 23 février 1877) ; Samson et Dalila, opéra en 4 actes de F. Lemaire (Weimar, Théâtre Grand-ducal, 02 décembre 1877 ; Rouen, Théâtre des Arts, 03 mars 1890 ; Paris, Opéra, 23 novembre 1892) ; Etienne-Marcel, opéra en 1 acte de L. Gallet (Lyon, Grand-Théâtre, 08 février 1879 ; Belgique, puis Paris, Opéra-populaire, 24 octobre 1884) ; Henry VIII, opéra en 4 actes de Détroyat et A. Silvestre (Opéra, 05 mars 1883) ; Proserpine, drame lyrique en 4 actes de Vaquerie et L. Gallet (Opéra-Comique, 16 mars 1887) ; Ascanio, opéra en 5 actes de L. Gallet (Opéra, 21 mars 1890) ; Phryné, opéra-comique en 2 actes d'Augé de Lassus (Opéra-Comique, 24 mai 1893) ; Frédégonde, drame lyrique en 5 actes de L. Gallet, partition laissée inachevée par Guiraud (Opéra, 18 décembre 1895) ; Javotte, ballet en 2 actes de Croze (Bruxelles, Monnaie et Lyon Grand-Théâtre, novembre 1896). Les Noces de Prométhée, cantate couronnée au concours international de Paris (Cirque des Champs-Élysées, 01 septembre 1867) ; le Déluge, poème biblique (Concerts du Châtelet, 05 mars 1876) ; la Lyre et la Harpe, ode commandée pour le festival triennal de Birmingham (Birmingham, 28 août 1879 ; Paris, Concert populaires, 11 janvier 1880) ; Antigone, musique de scène (Comédie-Française).

Œuvres symphoniques. — Symphonie en mi bémol (orchestre de la Société de Sainte-Cécile, 1851) ; Symphonie en fa (Société Sainte-Cécile, de Bordeaux, 1856) ; Occident et Orient (exécutés à la distribution des récompenses de l'Exposition universelle de 1878) ; le Rouet d'Omphale ; Marche héroïque ; Phaéton ; Danse macabre ; Suite pour orchestre ; la Jeunesse d'Hercule ; 2e symphonie en la mineur ; Suite algérienne ; Une nuit â Lisbonne ; la Iota aragonese ; scène d'Horace, d'après Corneille ; 3e Symphonie en ut mineur ; Pallas-Athénée, etc.

Musique religieuse. — Motets au Saint-Sacrement : Ave Verum, en si m., en ré et en mi b ; O Salutaris, en la, en si b et en la b ; Tantum Ergo, en mi b ; Veni Creator, en ut. Motets à la Vierge : Ave Maria, en la, en sol, en mi et en si b ; Inviolata, en ré et en fa ; Sub Tuum, en fa m. ; Messe solennelle (soli chœur et orchestre) ; Messe de Requiem ; Bénédiction nuptiale (grand orgue), etc.

Morceaux de concert, avec orchestre. — Tarentelle (flûte et clarinette) ; Introduction et Rondo (violon) ; 4 Concertos pour piano : ré majeur, sol mineur, ut mineur, mi bémol ; 3 Concertos pour violon : la majeur, ut majeur, si mineur ; Concerto pour violoncelle en la mineur ; Romance, pour violoncelle ou cor ; Romance pour violon en ut majeur ; morceau de concert, pour violon ; Marche militaire française ; Africa, etc.

Mélodies, duos, trios (chant avec accompagnement de piano). — Alla riva del Tebro ; l'Attente ; Au cimetière ; la Brise ; la Chasse des Burgraves ; Clair de Lune ; la Cloche ; Étoile du matin ; le Lac ; la Mort d'Ophélie ; le Matin ; Soirée en mer ; Sérénade ; le Sommeil des fleurs ; Tristesse ; Vogue, vogue la Galère ; la Splendeur vide ; Sérénité ; Sabre en main ; la Solitaire, etc.

Divers. — Méditation ; Prière ; Barcarolle (harmonium) ; 3 Rapsodies ; Rapsodie bretonne ; Mélodies persanes ; les Soldats de Gédéon (double chœur à 4 voix d'hommes) ; Rêverie du soir ; Hymne à Victor Hugo ; les Marins de Kermor (chœur) ; les Titans (chœur) ; la Fiancée du Timbalier ; Havanaise ; Sarabande et Rigaudon ; Souvenirs d'Ismaïlia, etc.

En outre Saint-Saëns a composé un nombre considérable de Gavottes, Mazurkas, Romances, Sonates, Menuets, Valses, Berceuses, etc., et surtout des morceaux de piano : Études, thèmes, concertos, préludes, sonates, etc., à deux mains, à quatre mains, pour deux pianos, pour piano et violon, etc., etc. Il a transcrit pour piano un grand nombre de compositions de Bach, plusieurs quatuors de Beethoven, la valse et la kermesse de Faust, le menuet d'Orphée, la marche religieuse de Lohengrin (piano, violon et orgue), etc. Il a restauré la partition du Malade imaginaire, de Marc-Antoine Charpentier. D'autre part, Saint-Saëns a exposé et défendu ses théories musicales dans divers écrits. Protestant contre l'assimilation faite de ses idées avec celles de Wagner, il a combattu les tendances wagnériennes de ses confrères de la presse musicale et à cet effet il a publié une étude d'esthétique : Matérialisme et Musique (1882). Il a publié en outre : Harmonie et mélodie (1885) ; Notes sur les décors de théâtre dans l'antiquité romaine (1886) ; Rimes familières, etc. ; de passage à Alger en 1892, il y a fait représenter le 17 mars une petite comédie en un acte : la Crampe de l'écrivain. A l'occasion du cinquantenaire de son premier concert, Saint-Saëns a donné, le 02 juin 1896, salle Pleyel, un grand concert au bénéfice de l'Association des artistes musiciens. On lui doit encore la musique du film muet l'Assassinat du duc de Guise (1908). Elu membre de l'Académie des Beaux-arts, en remplacement de Reber, le 19 février 1881. Membre de l'Académie de Beaux-Arts, de Bruxelles (14 janvier 1885). Commandeur de la Légion d'honneur. En 1897, il habitait 4 place de la Madeleine à Paris.

« Né à Paris le 9 octobre 1835, Camille Saint–Saëns s'y fit remarquer de bonne heure par sa précocité. Presque octogénaire aujourd'hui, le maître français a eu une carrière d'autant plus longue qu'elle commença fort tôt, et sa période de grande production appartient déjà à une autre génération. Camille Saint-Saëns s'est distingué dans tous les genres, et ce n'est pas au théâtre qu'il a remporté ses succès les plus éclatants et les plus nombreux. Pourtant, certains de ses ouvrages dramatiques, principalement Samson et Dalila, figurent en très bonne place au répertoire des théâtres de musique. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

SALVAYRE Gervais Bernard Gaston. Compositeur français (Toulouse, Haute-Garonne, 24 juin 1847 – Saint-Ague, près de Toulouse, 1916). Premières études musicales à la maîtrise de la cathédrale, puis au Conservatoire de Toulouse (1er prix de violoncelle : Classe Garreau) ; ensuite au Conservatoire de Paris : élève de Benoît, pour l'orgue (1er prix en 1868) ; de Bazin, pour la fugue et de Thomas pour la composition. 1er Grand prix de Rome, en 1872, avec la cantate Calypso. Envoie de Rome un Stabat mater, exécuté an Conservatoire. A fait représenter au théâtre : le Bravo, opéra-comique en 4 actes de Blavet (Théâtre-Lyrique, 18 avril 1877) ; le Fandango, ballet en 1 acte de Meilhac, Halévy et Mérante (Opéra, 26 novembre 1877) ; Richard III, opéra en 4 actes de Blavet (Saint-Pétersbourg, décembre 1883) ; Egmont, drame lyrique en 4 actes de Millaud et Alb. Wolff (Opéra-Comique, 06 décembre 1886) ; la Dame de Monsoreau, opéra en 5 actes de Dumas et Maquet (Opéra, 30 janvier 1888). En préparation en 1897 : Myrto, comédie lyrique en 3 actes de Louis Gallet ; Salah-Ed-Din, opéra en 4 actes de Bocage et P. Ferrier ; Beaucoup de bruit pour rien, de L. Gallet, d'après Shakespeare ; etc. Salvayre a fait exécuter aux Concerts du Conservatoire, aux Concerts Lamoureux et Colonne, d'importants ouvrages symphoniques. Il a publié un grand nombre de mélodies et de pièces détachées. Critique musical au Gil Blas. Chevalier de la Légion d'honneur. En 1897, il habitait 39 rue de Saint-Pétersbourg à Paris.

 

SELLENICK Adolphe. Chef d'orchestre et compositeur français (1826–1893). => biographie

 

SEMET Théophile Aimé Émile. Compositeur français (Lille, Nord, 06 septembre 1824* ). Il fut admis au Conservatoire en 1845 ; puis, ses études terminées, se livra à l'enseignement et occupa l'emploi de timbalier à l'Opéra. Semet fit son premier essai au théâtre avec les airs de vaudeville qu'il composa pour une pièce des Variétés intitulée la Petite Fadette, tirée du roman de George Sand (1850). Ensuite il donna au Théâtre-Lyrique : les Nuits d'Espagne, qui obtinrent un grand succès (1857) ; la Demoiselle d'honneur, qui fut moins heureuse, à la fin de la même année ; Gil Blas, avec lequel il se releva brillamment (1860) ; Ondine, ouvrage faible qui n'eut que quelques représentations. A l'Opéra‑Comique il donna une nouvelle Petite Fadette, qui n'avait que le fond du sujet de commun avec la première (1869) ; puis, jusqu’en 1880, il n'a rien fait représenter au théâtre.

 

SERPETTE Henri Charles Antoine Gaston. Compositeur français (Nantes, Loire-Atlantique, 04 novembre 1846* – Paris, 1904). Fait de sérieuses études littéraires, suit les cours de droit et se fait recevoir avocat. Entre au Conservatoire (classe d'Ambroise Thomas), en 1868 ; 1er grand prix de Rome, en 1871 avec la cantate Jeanne d'Arc, exécutée à l'Opéra le 24 novembre de la même année. De retour d'Italie il débute au théâtre par la Branche cassée, opéra bouffe en 3 actes de Jaime et Noriac (Bouffes-Parisiens, 23 juin 1874). Depuis il a fait représenter : le Manoir du Pic Tordu, vaudeville en 3 actes de Crémieux, Nuitter, Saint-Albin et Mortier (Variétés, 28 mai 1875) ; le Moulin du Vert Galant, opérette en 1 acte de Bernard et Grangé (Bouffes-Parisiens, 12 avril 1876) ; la Petite Muette, opéra-comique en 3 actes de Ferrier (Bouffes-Parisiens, 04 octobre 1877) ; la Nuit de Saint-Germain, opéra-comique en 3 actes de Hirsch et Saint-Arroman (Bruxelles, Fantaisies-Parisiennes, 20 mars 1880) ; Madame le Diable, féerie-opérette en 1 acte de Meilhac et Mortier (Renaissance, 05 avril 1882) ; la Princesse, comédie-opérette de Toché (Variétés, 22 octobre 1882) ; Steeple-Chase, opérette en 1 acte de P. Decourcelle (Saint-Gratien, 22 juillet 1883) ; Tige de lotus, opéra-comique en 1 acte de Toché (Contrexéville, 26 juillet 1883) ; Insomnie, opéra-comique en 1 acte de Mayrena et Cohen (Deauville, 17 août 1883) ; Fanfreluche, opéra-comique en 3 actes de Burani, Hirsch et Saint-Arroman (Renaissance, 16 décembre 1883) ; Mademoiselle Réséda, opérette en 1 acte de J. Prével (Renaissance, 02 février 1884) ; le Château de Tire-Larigot, opérette-fant. en 3 actes et 10 tableaux de Blum et Toché (Nouveautés, 30 octobre 1884) ; le Petit Chaperon rouge, opérette en 3 actes de Blum et Toché (Nouveautés, 10 octobrer 1885) ; le Singe d'une nuit d'été, opérette en 1 acte de Noël (Bouffes-Parisiens, 01 septembre 1886) ; Adam et Ève, opérette-fant. en 3 actes de Blum et Toché (Nouveautés, 06 octobre 1886) ; la Gamine de Paris, opérette en 3 actes de Leterrier et Vanloo (Bouffes-Parisiens, 30 mars 1887) ; la Lycéenne, 3 actes de Feydeau (Nouveautés, 23 décembre 1887) ; Cendrillonnette, opérette en 4 actes de Ferrier, musique avec Victor Roger (Bouffes-Parisiens, 24 janvier 1890) ; la Demoiselle du Téléphone, vaudeville en 3 actes de Desvallières, Mars et Sylvane (Nouveautés, 26 janvier 1891) ; Me-na-ka, opérette en 1 acte de P. Ferrier (Nouveautés, 02 mai 1892) ; la Bonne de chez Duval, vaudeville-opérette en 3 actes de Raymond et Mars (Nouveautés, 06 octobre 1892) ; Cousin-Cousine, opérette en 3 actes de Kéroul et Ordonneau (Folies-Dramatiques, 23 décembre 1893) ; Chiquita, opérette en 1 acte de Clairville (Nouveautés, 04 février 1895) ; la Dot de Brigitte, opérette en 3 actes de Ferrier et Mars, musique avec Victor Roger (Bouffes-Parisiens, 06 mai 1895) ; le Carnet du Diable, f.-opérette de Blum et Ferrier (Variétés, 23 octobre 1895) ; le Capitole, opérette en 3 actes de Ferrier et Clairville (Nouveautés, 05 décembre 1895) ; le Carillon, opérette-féerie en 4 actes de Blum et Ferrier (Variétés, 07 novembre 1896). Serpette a donné des articles de critique musicale dans plusieurs journaux. En 1897, il habitait 4 rue de Londres à Paris.

 

SÉVERAC Déodat de. Compositeur français (Saint-Félix-de-Caraman, Lauraguais, Haute-Garonne, 20 juillet 1873 Céret, Pyrénées-Orientales, 24 mars 1921). Fils du peintre Gilbert de Séverac, il aimait la terre et les paysans ; aussi ses œuvres, toujours poétiques et raffinées, s'inspirent-elles sans cesse du folklore. Pour le théâtre il composa le Cœur du moulin, un charmant ouvrage que l'Opéra-Comique monta en 1903, le Mirage (1905), Héliogabale (1910), la Fille de la terre (1921) et les Antibel qui ne furent jamais représentés. Il vivait retiré dans le Roussillon.

 

SILVER Charles. Compositeur français (Paris, 16 avril 1868 Paris, 1949). Epouse à Paris 9e le 03 septembre 1900* Georgette Bréjean-Gravière, cantatrice. Prix de Rome en 1891, il fut nommé professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris. Il a laissé 4 opéras, 1 ballet, 1 oratorio (Tobia, 1902), de la musique symphonique, Au jardin du Paradis, suite d’orchestre pour le conte d’Andersen, des chœurs et des mélodies.

Études musicales an Conservatoire, classes Dubois et Massenet ; 1er Grand prix de Rome en 1891, avec la cantate l'Interdit, exécutée à l'Institut. A composé la musique de l'Escarpolette, 1 acte de Laya (Bodinière) ; du Conte du Bohémien, fantaisie de J. Lorrain (Théâtre Minuscule, 02 décembre 1895) ; de la Belle au Bois dormant, opéra-féerie en 3 actes et 1 prologue de Carré et Collin (non représenté). Est l'auteur d'une ouverture dramatique : Bérénice, exécutée aux Concerts Lamoureux, d'une suite symphonique en 4 parties : Poème Carnavalesque, exécutée aux Concerts de l'Opéra, d'une suite pour orchestre : le Ballet de la Reine, de plusieurs mélodies et d'un oratorio : Tobie, poème de P. Collin. En 1897, il habitait 10 cité d'Hauteville à Paris.

 

SIVRY Charles de. Compositeur et pianiste français (1848–1900). => biographie

 

SPONTINI Gaspare. Compositeur italien (Maiolati, Ancône, 14 novembre 1774 – Maiolati, 24 janvier 1851). Epouse en 1811 Céleste Erard, fille de Jean‑Baptiste Erard. Il commença ses études à Monsanvito et Jesi ; en 1793, il entra au Conservatoire des Turchini à Naples, où il travailla sous la direction de Sala et de Tritto. Il s’enfuit en 1795, on ne sait pour quelle raison. De 1796 à 1802, il donna à Rome, Naples (où il fréquenta Cimarosa), Florence, Venise, Palerme, plusieurs « farces » qui eurent du succès. En 1803, il s’embarqua pour Marseille et, peu après, s’établit à Paris. Au cours des années suivantes, il fit représenter, avec des succès divers, quelques opéras bouffes et un opéra sérieux (Milton), mais, surtout, il se familiarisa avec les œuvres de Gluck et des romantiques. Il fut nommé, par l’impératrice Joséphine, compositeur de la Chambre et soutenu par celle-ci, en 1807, lorsqu’il présenta son opéra la Vestale à l’Académie impériale de musique, où il remporta un triomphe. Le grand style dramatique de Spontini se trouve déjà réalisé : constructions puissantes, airs et récitatifs en haut relief, orchestration colorée. Le succès de Ferdinand Cortez date de 1809. L’année suivante, Spontini fut nommé directeur de l’Opéra-Italien, mais il dut quitter ce poste, à cause de déficits financiers, en 1812. En 1811, il avait épousé Céleste Erard, fille de Jean‑Baptiste. Après la Restauration, Spontini eut de nouveau le privilège de l’Opéra‑Italien, qu’il céda bientôt à la Catalani. Louis XVIII le fit compositeur de la Cour. Il écrivit alors plusieurs opéras en hommage au nouveau régime : Pélage ou le Roi et la Paix (1814), les Dieux rivaux, en collaboration avec Persuis, Berton et Kreutzer (1816), la « Bacchanale » pour les Danaïdes de Salieri (1817). Olympie, le troisième de ses grands opéras, représenté en 1819, fut accueilli froidement. En 1820, Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, fit venir Spontini à Berlin avec les fonctions de compositeur et directeur général de la musique de la Cour. Spontini fit son entrée avec une magnifique représentation d’Olympie, dirigée par lui-même. Son succès s’affirma avec Lalla Rookh (1821), transformée en Nurmahal oder das Rosenfest von Kashmir (1822), Alcindor, autre sujet oriental (1825) et Agnès von Hohenstaufen (1829, remaniée en 1837). En 1839, Spontini se rendit en Italie et intervint activement auprès du pape, des souverains, des musiciens, pour une réforme radicale de la musique sacrée. Cependant, l’hostilité croissante des nationalistes prussiens, le caractère intransigeant de Spontini, les discussions qu’il eut avec Rellstab et d’autres, pendant dix ans, une accusation de lèse-majesté formulée contre lui obligèrent finalement Spontini à abandonner le théâtre et son poste, lors de la représentation de Don Juan (1841). Il retourna à Paris, où il avait été élu en 1838 membre de l’Institut de France, mais, accablé physiquement et moralement, il se rendit en 1850 à Maiolati, son pays natal, où il fut accueilli triomphalement par ses concitoyens; cependant, il ne put raffermir sa santé chancelante, et mourut bientôt, assisté par sa femme et ses amis. Outre Milton, Nurmahal, Agnès, qui ont eu des rééditions modernes, beaucoup de documents et lettres de Spontini sont conservés dans les bibliothèques de Paris, Jesi et Maiolati.

« Il eut un temps de grande vogue à Paris, où il jouissait de la protection de Napoléon. Appelé à Berlin, il y fut en butte à de très violentes cabales et malgré la protection du roi et de la cour, il dut finir par se retirer sous les huées. Traitement injuste, qu'explique toutefois son caractère peu commode et sa maladresse. Ce fut néanmoins un grand compositeur de théâtre et ses œuvres, du reste peu nombreuses, se distinguent par une majesté, un sens de la pompe et de la grandeur très caractéristiques. La Vestale est celle de ces œuvres qui a le plus contribué à sauver son nom de l'oubli. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

STRAUS Oscar. Compositeur et chef d'orchestre autrichien (Vienne, Autriche, 06 avril 1870 Bad Ischl, 11 janvier 1954). Fils d'un financier, il étudia la composition à Berlin avec Max Bruch. Chef d'orchestre à Brünn en 1895, puis à Vienne en 1904, c'est cependant à Berlin qu'il présenta ses premières opérettes. Il en composera une trentaine dont les quatre plus célèbres furent représentées en France : Rêve de valse (1907), le Soldat de chocolat (1908), la Teresina (1925) et Trois Valses (1937). Il écrivit également la partition de Mariette sur un livret de Sacha Guitry en 1928. Obligé de s'expatrier en 1939 il vécut à Paris, New York, Hollywood et, la guerre finie, se fixa à Bad Ischl. Il signa d'autre part quelques musiques de films.

« Le célèbre auteur de Rêve de Valse est né à Vienne le 6 avril 1870. Après de solides études musicales, il commença la carrière de chef d'orchestre en diverses villes, puis à l’ « Ueberbrettl » de E. von Wolzogen, à Berlin. Après diverses compositions pour cette scène, il se lança dans l'opérette avec le succès que l'on sait. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

STRAUSS Johann II. Compositeur et chef d'orchestre autrichien (Vienne, 25 octobre 1825 – Vienne, 03 juin 1899). Il rivalisa d’abord avec son père, en constituant son propre orchestre (1844), avant de lui succéder. Ce compositeur fécond fut gracieux et séduisant. Ses valses (plus de 400) lui ont acquis une célébrité universelle et durable. Les plus connues sont le Beau Danube bleu, Sang viennois, la Vie d’artiste, Histoires de la forêt viennoise, Roses du Sud, etc. Il a fait des tournées dans toute l’Europe et en Amérique. En 1863, il abandonna son orchestre et se consacra à l’opérette. Il a remporté dans ce domaine de grands succès, rivalisant avec Offenbach et Lecocq. Il dirigea l’orchestre de l’Opéra (débuts le 14.05.1914). Parmi ses œuvres représentées au théâtre An der Wien (1871‑1897), il faut citer surtout la Chauve‑Souris (1874), Cagliostro (1875), le Fichu de la reine (1880), le Baron tzigane (1885).

 

STRAUSS Richard. Compositeur et chef d'orchestre allemand (Munich, 11 juin 1864 Partenkirchen, Alpes bavaroises, 08 septembre 1949). Epouse avant 1925 la cantatrice Pauline de Ahna. Fils du corniste Franz Strauss (mort ap. 1885), musicien de la chambre royale, il mène de front ses études secondaires et ses études musicales. Il travaille le piano avec Tombo, le violon avec Benno Walter, l’harmonie, le contrepoint, la fugue et la composition avec F. W. Meyer, la direction d’orchestre avec Hans von Bülow. Grâce à ce dernier, il est nommé directeur de l’orchestre de Meiningen en 1885. Troisième chef d’orchestre de l’Opéra de Munich en 1886, il devient maître de chapelle adjoint de la cour de Weimar, aux côtés de Lassen, en 1889. Entre‑temps il a pu assister à la première de Parsifal à Bayreuth (1882) et l’impression qu’il en éprouve oriente ses facultés créatrices vers la « musique de l’avenir », tendance qui se développera sous l’influence de son amitié avec Alex. Ritter, à partir de 1885, et qui se fera sentir dans ses premières œuvres symphoniques importantes : Aus Italien (1886) et Don Juan (1889); il reviendra maintes fois à Bayreuth, et participera aux répétitions comme assistant musical en 1889 et 1891 ; il dirigera les représentations de Tannhäuser (1894) et de Parsifal (1933 et 1934) au cours des festivals. Chef d’orchestre de la cour de Munich (1894) et de l’Opéra de la cour de Berlin, où il succéda à Weingartner (1898), puis directeur général de la musique (1908) et professeur de composition à l’Ecole supérieure de musique de Berlin (1917‑1920), il est appelé à diriger l’Opéra de Vienne (1919‑1924) aux côtés de Franz Schalk, tout en conservant une part de son activité professorale à Berlin. En dehors de ces fonctions officielles, il effectue de nombreux voyages à l’étranger : c’est en Egypte, en Grèce et en Italie (1891-1893) qu’il compose Guntram; de 1897 à 1900, il est invité comme compositeur et chef d’orchestre dans les principales villes d’Europe : Liège, Milan, Moscou, Londres, Paris (chef d’orchestre à l’Opéra, débuts le 14 mai 1914), Amsterdam, Barcelone, Zürich et Madrid l’accueillent triomphalement. Dès lors, sa carrière internationale se poursuit sans relâche et sa renommée ne cesse de grandir à l’étranger. La première représentation de Salomé, à Dresde, déchaîne, en 1905, de violentes polémiques et marque l’avènement d’en style plus personnel, qui s’affirmera dan les œuvres ultérieures; Richard Strauss se tourne délibérément vers la musique dramatique, et c’est au théâtre lyrique qu’il se consacre désormais, à de très rares exceptions près. Il reviendra toutefois vers la fin de sa vie à la musique instrumentale. Résidant en Suisse, près du lac Léman, depuis la dernière guerre, il avait reparu à Londres en 1947, pour diriger un festival de ses œuvres, ce qui lui valut un suprême triomphe. Il avait regagné sa propriété de Garmisch quelques semaines avant sa mort. Principales œuvres : Poèmes symphoniques : Aus italien (1886), Don Juan (1889), Macbeth (1890), Mort et Transfiguration (1890), Till Eulenspiegel (1895), Ainsi parlait Zarathoustra (1896), Don Quichotte (1898), la Vie d’un héros (1899), Symphonie domestique (1904), Symphonie alpestre (1915). Ouvrages lyriques : Guntram (1894), Feuersnot (1901), Salomé (1905), Elektra (1908), le Chevalier à la rose (1910), Ariane à Naxos (1912), la Femme sans ombre (1917), Intermezzo (1923), Hélène d’Egypte (1927), Arabella (1932), la Femme silencieuse (1935), Jour de paix (1936), Daphné (1937), l’Amour de Danaé (1940), Capriccio (1941).

« Le célèbre compositeur bavarois est né à Munich le 11 juin 1864. Ses œuvres de théâtre sont peu nombreuses, mais toutes de grande importance. La première qui retint l'attention est Salomé, sur le poème d'Oscar Wilde ; puis vinrent Elektra, Rosenkavalier et Ariadne à Naxos. Seules les trois premières ont été traduites en français. Ce qui empêche la diffusion des œuvres de R. Strauss, c'est leur extrême difficulté ; ce sont aussi les exigences du compositeur en ce qui concerne l'orchestre et... les droits d'auteur. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

STREET Georges Ernest. Compositeur (Vienne, 1854 –). Né en Autriche de parents français. Études musicales à Paris, avec Bizet et Berthold Dameke. Débute par quelques petites opérettes à l'Eldorado, à la Scala et à l'Alcazar : l'Amour en livrée ; le Charmeur ; la Fillette de Plouhinec, etc. Fait ensuite représenter : Scaramouche, ballet en 2 actes de Maurice Lefevre et Vuagnieux, musique avec Messager (Nouveau-Théâtre, 17 octobre 1891) ; les Deux Réservistes, 1 acte de Meyan et Carré (Nouveau-Théâtre, 22 octobre 1891) ; Fidès, drame mimé en 1 acte de Roger-Milès et Rossi (Opéra-Comique, 28 février 1894) ; Mignonnette, opérette en 3 actes de G. Duval (Nouveautés, 03 octobre 1896). Street a collaboré pendant huit ans au Matin, comme critique musical, et ensuite à l'Eclair. En 1897, il habitait 39 rue Joubert à Paris.

 

SUPPÉ Franz von (Francesco Cavaliere SUPPÉ-DANIELI dit). Compositeur et chef d'orchestre autrichien d'origine belge (Spalato, Dalmatie, 18 avril 1819 Vienne, Autriche, 21 mai 1895). Chef d'orchestre aux théâtres Josephstadt, an der Wien, puis Leopoldstadt de Vienne, il écrivit pour ces trois scènes de nombreux vaudevilles, puis des opérettes, une trentaine environ, toutes de verve et de jeunesse, faisant songer à Offenbach ou à Johann Strauss. Parmi elles la Dame de pique (1864), Cavalerie légère (1866), Fatanitza (1876), Boccace, la plus célèbre (1879) et Donna Juanita (1880).

« Un des rois de l'opérette viennoise. Auteur de tout un répertoire dont quelques pièces ont été traduites et jouissent de la vogue dans le monde entier. De ces dernières, Boccace est incontestablement la plus populaire. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

TERRASSE Claude Antoine. Compositeur et organiste français (L'Arbresle, Rhône, 27 janvier 1867* Paris, 30 juin 1923). Organiste à Auteuil, à Arcachon, enfin à l'église de la Trinité, il n'aborda le théâtre qu'en 1896 lorsque Lugné-Poe lui confia la musique de scène d'Ubu roi d'Alfred Jarry. Intelligent et spirituel, il devait enrichir le répertoire lyrique français de joyeuses opérettes, pleines de grâce et d'humour. Ce seront successivement : la Petite Femme de Loth (1900), les Travaux d'Hercule (1901), Chonchette (1902), le Sire de Vergy (1903), Monsieur de La Palisse (1904), Pâris ou le Bon juge (1906), le Coq d'Inde et l'Ingénu libertin (1907), le Mariage de Télémaque que l'Opéra-Comique monta en 1910, Pantagruel (1911), Alice des P.T.T. (1912), Cartouche (1912), l'Amour patriote (1913) et le Cochon qui sommeille (1918).

« Ce compositeur, d'un génie si français, est né à L'Arbresle en 1867. Il est de la lignée d'Offenbach et figure aujourd'hui le presqu'unique représentant d'une musique de théâtre franchement comique. Claude Terrasse a déjà donné de nombreuses partitions : la Petite femme de Loth, la Fiancée du scaphandrier, le Sire de Vergy, M. de la Palisse, les Travaux d'Hercule, le Mariage de Télémaque, Cartouche, etc. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

THOMAS Charles Louis Ambroise. Compositeur français (Metz, Moselle, 05 août 1811* - Paris 9e, 12 février 1896*) enterré au cimetière Montmartre (28e division). Fils de Jean Baptiste Martin Thomas (1770-1823), musicien. Epouse Jeanne Marie Elvire Remaury (1829 - ap. 1896). Fils d'un professeur de musique de Metz, qui commença ses études musicales, Ambroise Thomas fut admis au Conservatoire de Paris en 1828. Premier prix de piano en 1829 et d'harmonie en 1830, il remporta le premier grand prix de Rome en 1832. Son début dans l'art dramatique se fit avec la Double Echelle, joli opéra-comique en un acte qui fut joué le 27 août 1837. Le Perruquier de la Régence lui succéda (Opéra‑Comique, 1838) ; puis vinrent tour à tour le ballet la Gipsy (Opéra, 1839); le Panier fleuri (Opéra‑Comique, 1839); Caroline (Opéra‑Comique, 1840) ; le Comte de Carmagnola (Opéra, 1841); le Guérillero (Opéra, 1842); Angélique et Médor (Opéra‑Comique, 1843); Mina ou le Ménage à trois (Opéra-Comique, 1843) ; Betty, ballet (Opéra, 1846); le Caid (Opéra‑Comique, 1849) ; le Songe d'une nuit d'été (Opéra‑Comique, 1850); Raymond ou le Secret de la reine (Opéra‑Comique, 1851); la Tonelli (Opéra-Comique, 1853); la Cour de Célimène (Opéra‑Comique, 1855); Psyché (Opéra‑Comique, 1857) ; le Carnaval de Venise (Opéra‑Comique, 1857); le Roman d'Elvire (Opéra‑Comique, 1860) ; Mignon (Opéra‑Comique, 1866) ; Hamlet (Opéra, 1868) ; Gilles et Gillotin (Opéra‑Comique, 1874) ; Françoise de Rimini (Opéra, 1882). Ces ouvrages ne sont pas tous d'égale beauté, mais ils sont au moins tous remarquables par certaines idées, par l'esprit, par le style et par la facture. Quant à ceux qui s'appellent le Caïd, Psyché, Mignon, Hamlet, Gilles et Gillotin, etc., l'avenir leur réserve particulièrement de longues et fructueuses reprises. A ces opéras il faut ajouter deux cantates : la première, composée pour l'inauguration de la statue de Lesueur à Abbeville ; la seconde, Hommage à Boieldieu, pour le centenaire de ce compositeur à Rouen. Dans l’œuvre général d’Ambroise Thomas, il faut citer encore un grand nombre de chœurs orphéoniques : le Tyrol, la Vapeur, les Traîneaux, l'Atlantique, les Archers de Bouvines, etc., qui sont les plus populaires. Thomas, qui était depuis 1856 professeur de composition au Conservatoire, a succédé à Auber dans la direction de cet établissement en 1871. On lui doit plusieurs progrès dans le régime général des études et la suppression de quelques abus.

« L'auteur de Mignon a dirigé pendant de longues années le Conservatoire de Paris. De ses ouvrages pour le théâtre, un petit nombre ont seuls survécu. Aucun n'a approché de la vogue de Mignon, pièce qui a battu tous les records de l'Opéra-Comique. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

THOMÉ François Luc Joseph dit Francis. Pianiste et compositeur français (Port-Louis, île Maurice, 18 octobre 1850 1909) enterré au cimetière de Montmartre (21e division, monument par Landowski et Nénot). Vient fort jeune à Paris ; admis au Conservatoire en 1866, classe Marmontel pour le piano, classe Duprato pour l'harmonie, il remporte, en 1869, le second prix d'harmonie, et, en 1870, le 1er prix de fugue. Se livre à l'enseignement et à la critique musicale. A composé la musique de Djemmah, ballet en 2 actes de Détroyat et Pluque, et Folie parisienne, ballet-pantomime en 2 actes d'Agoust (Eden-Théâtre, 18 février 1886) ; le Papillon, ballet-pantomime de Legrand et Larcher (Lyrique, 23 décembre 1888) ; Barbe-Bleuette, fantaisie-opérette en 1 acte (Hôtel Continental, 28 février 1889) ; l'Infidèle, comédie en 1 acte et en vers de Porto-Riche (Vaudeville, 11 mai 1890) ; Roméo et Juliette, drame en 5 actes de G. Lefèvre, d'après Shakespeare (Odéon, 30 octobre 1890) ; l'Enfant Jésus, mystère en 4 actes de Grandmougin (Bodinière, 14 décembre 1891) ; Une soirée chez M. le Sous-Préfet, 1 acte de Galipaux (Bodinière, 01 février 1893) ; Vieil Air, jeune chanson, à-propos en 1 acte de Lénéka (Lyrique-Vivienne, 19 décembre 1893) ; le Trottin, pantomime en 1 acte avec Eudel et Millanvoye ; A l'Automne, 1 acte avec Saphs (Salle Duprez, 15 janvier 1895) ; Mademoiselle Pygmalion, pantomime en 3 actes de M. Carré et J. Hubert (Cercle Funambulesque, 14 mai 1895) ; etc. Francis Thomé est l'auteur d'une quantité de mélodies, romances, etc. Il a fait exécuter une ode symphonique : Hymne à la nuit. En 1897, il habitait 60 rue Condorcet à Paris.

 

TOMASI Henri. Compositeur et chef d'orchestre français (Marseille, Bouches-du-Rhône, 17 août 1901 Avignon, Vaucluse, 1971). Grand prix de Rome en 1927, il débuta comme chef d'orchestre au poste colonial de la Radio française (1932), fut chef d'orchestre à l'Opéra de Monte-Carlo de 1946 à 1950 et fit une carrière de chef itinérant en France comme à l'étranger. S'il a composé des œuvres symphoniques et de musique de chambre, il s'intéressa surtout au ballet. Mais on lui doit d'excellents ouvrages lyriques : l'Atlantide (Mulhouse 1951), Don Juan de Manara (Munich 1954), Sampiero Corso (Bordeaux 1956), le Triomphe de Jeanne (Rouen 1956), Princesse Pauline (Opéra-Comique 1962), le Silence de la mer et l'Elixir du révérend père Gaucher (Toulouse 1964), Ulysse (Mulhouse 1965). C'était un musicien au langage clair et chaleureux, élégamment orchestré avec beaucoup de poésie.

 

TOULMOUCHE Frédéric Michel. Compositeur français (Nantes, Loire-Atlantique, 03 août 1850 –). Elève de Victor Massé. Débute au théâtre par une opérette en 1 acte, Ah ! le bon billet, de Bureau et Jattiot (Renaissance, 06 décembre 1882) ; donne ensuite : le Moûtier de Saint-Guignolet, opéra-comique en 3 actes de Bisson, Jattiot et Bureau (Bruxelles, Galeries Saint-Hubert, 05 mai 1885) ; la Veillée des noces, opéra-comique en 3 actes de Bisson, Jattiot et Bureau (Menus-Plaisirs, 27 novembre 1888) ; l'Ame de la Patrie, opéra en 1 acte de Bonnemère (Saint-Brieuc, 09 juillet 1892) ; Mademoiselle ma femme, opérette en 3 actes d'Ordonneau et Pradels (Menus-Plaisirs, 05 mai 1893) ; la Perle du Cantal, opérette en 3 actes d'Ordonneau (Folies-Dramatiques, 02 mars 1895) ; la Saint-Valentin, opérette en 3 actes d'Ordonneau et Beissier (Bouffes-Parisiens, 28 mars 1895) ; les Deux Tentations, bouffonnerie en 1 acte de Pradels et Frappa (Nouveau-Théâtre, 19 novembre 1895) ; le Lézard, opérette en 1 acte de Busnach et Liorat (Scala, 1896) ; Tante Agnès, opérette en 2 actes de Boucheron (Olympia, 27 octobre 1896). En 1897, il habitait 4 rue du Faubourg-Montmartre à Paris.

 

TOURTE Francis. Compositeur et librettiste français (1816–1891). => biographie

 

TRIAL Jean-Claude. Compositeur et violoniste français (Avignon, Vaucluse, 1732 Paris, 1771). Frère du ténor Antoine Trial. Maître de chapelle à la cathédrale de Vaison, puis violoniste au théâtre de Montpellier, il vint à Paris et il se lia avec Rameau qui perfectionna son harmonie. D'abord violoniste à l'Hôtel de Bourgogne, il devint chef d'orchestre à la chapelle du prince de Conti qui le fit nommer, en 1767, directeur de l'Académie royale de musique, associé à Montan Berton. Il a composé des motets, des pages pour violon, des ouvertures pour les vaudevilles de l'Hôtel de Bourgogne, la musique pour la Chercheuse d'esprit de Favart et des ouvrages lyriques : Sylvie (1765), Théonis (1767), la Fête de Flore (1770).

 

VARNEY Pierre Joseph Alphonse. Chef d'orchestre et compositeur français (Paris, 01 décembre 1811 – Paris, 07 février 1879). Père de Louis Varney. Musicien érudit, d'une belle autorité, il débuta au pupitre à Gand avant de diriger à La Haye, à Rouen et enfin au Théâtre-Lyrique de Paris (1851). En 1854, il est chef au Grand-Théâtre de Bordeaux, revient à Paris en 1858 pour diriger aux Bouffes-Parisiens le répertoire Offenbach dont il crée Orphée aux Enfers, et reparaît à Bordeaux en 1865 pour y prendre la direction des Concerts Sainte-Cécile. Compositeur, il signa la musique de scène du Chevalier de Maison-Rouge d'Alexandre Dumas, partition où l'on trouve le chœur des Girondins qui fut adopté comme chant révolutionnaire en 1848. On lui doit également quelques œuvres lyriques comme la Ferme de Kilmoor (1852), l'Opéra au camp (1854), le Moulin joli (1866).

 

VARNEY Louis. Compositeur français (La Nouvelle-Orléans, 30 mai 1844 Paris, 20 août 1908). Fils d’Alphonse Varney. Il composa une quarantaine d'opérettes et d'opéras-comiques dont certains ont connu une vogue durable : les Mousquetaires au couvent (1880), Fanfan la Tulipe (1882), les Petits Mousquetaires (1885), le Papa de Francine (1896), les Demoiselles de Saint-Cyr (1900) et le Chien du régiment (1902).

Élève de son père. A composé la musique de : Il Signor Pulcinella, opéra-comique en 4 actes de Beauvallet et Leprévost (Athénée, 1876) ; Babel-Revue, revue en 3 actes de Burani et Ed. Philippe (Athénée, 10 janvier 1879) ; les Mousquetaires au couvent, opéra bouffe en 3 actes de Ferrier et Prével (Bouffes-Parisiens, 16 mars 1880) ; Coquelicot, opéra-comique en 3 actes de Silvestre, d'après les frères Cogniard (Bouffes-Parisiens, 02 mars 1882) ; Fanfan la Tulipe, opéra-comique en 3 actes de Ferrier et Prével (Folies-Dramatiques, 21 octobre 1882) ; Babolin, opéra-comique en 3 actes de Ferrier et Prével (Nouveautés, 19 mars 1884) ; les Petits Mousquetaires, opéra-comique en 3 actes de Ferrier et Prével (Folies-Dramatiques, 05 mars 1885) ; l'Amour mouillé, opéra-comique en 3 actes de Prével et Liorat (Nouveautés, 25 janvier 1887) ; Dix jours aux Pyrénées, 3 actes et 6 tableaux de Ferrier (Gaîté, 22 novembre 1887) ; Divorcée, opérette en 1 acte de Toché (Cabourg, 11 août 1888) ; la Japonaise, comédie-vaudeville en 4 actes de Najac et Millaud (Variétés, 23 novembre 1888) ; la Vénus d'Arles, opéra-comique en 3 actes de Ferrier et Liorat (Nouveautés, 30 janvier 1889) ; Riquet à la houppe, 3 actes et 20 tableaux de Ferrier et Clairville (Folies-Dramatiques, 20 avril 1889) ; la Fée aux Chèvres, 3 actes et 4 tableaux de Ferrier et Vanloo (Gaîté, 18 décembre 1890) ; la Fille de Fanchon la Vielleuse, opéra-comique en 3 actes de Liorat, Busnach, Prével et Fonteny (Folies-Dramatiques, 03 novembre 1891) ; la Femme de Narcisse, opérette en 3 actes de Fabrice Carré (Renaissance, 14 avril 1892) ; le Brillant Achille, vaudeville-opérette en 3 actes de Clairville et Beissier (Renaissance, 21 octobre 1892) ; Miss Robinson, opérette en 3 actes de Ferrier (Folies-Dramatiques, 17 décembre 1892) ; Cliquette, vaudeville-opérette de Clairville père et Busnach (Folies-Dramatiques, 11 juillet 1893) ; les Forains, opérette en 3 actes de Boucheron et Mars (Bouffes-Parisiens, 09 février 1894) ; la Fille de Paillasse, opéra-comique en 3 actes de Liorat et Leloir (Folies-Dramatiques, 20 avril 1894) ; la Princesse Idéa, ballet en 1 acte d'A. Moreau et Mariquita (Folies-Bergère, 27 mars 1895) ; les Petites Brebis, opérette en 2 actes de Liorat (Cluny, 05 juin 1895) ; Mam'zelle Bémol, vaudeville-opérette en 4 actes de Delilia et Raymond (Cluny, 07 septembre 1895) ; la Belle Épicière, opérette en 3 actes de P. Decourcelle et Kéroul (Bouffes-Parisiens, 16 novembre 1895) ; la Falote, opérette en 3 actes de Liorat et Ordonneau (Folies-Dramatiques, 16 avril 1896) ; le Papa de Francine, opérette en 4 actes de Cottens et Gavault (Cluny, 05 novembre 1896). En préparation en 1897 : Manette Lescaut, opérette en 3 actes de Liorat. En 1897, il habitait 9 rue Charon à Paris ; en 1900, 58 rue Laffitte à Paris.

« Auteur de 38 opérettes représentées pour la plupart à Paris. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

VASSEUR Léon Félix Auguste Joseph. Compositeur et organiste français (Bapaume, Pas-de-Calais, 28 mai 1844* Paris, 1917). Étudie d'abord la musique sous la direction de son père, puis à l'École Niedermeyer. Organiste de Saint-Symphorien, à Versailles, en 1863, il devient en 1870, organiste de la cathédrale de cette ville. En 1879, il fonde dans la salle Taitbout, le Nouveau-Lyrique, puis il devient le chef d'orchestre des Folies-Bergère et des concerts de Paris (1882). Vasseur a d'abord écrit un Office divin pour orgue et une Méthode d'orgue-harmonium, puis il a fait représenter : Un fi, deux fi, trois figurants, vaudeville en 1 acte de Jaime (Alcazar, 01 avril 1872) ; la Timbale d'Argent, opérette en 3 actes de Jaime et Noriac (Bouffes-Parisiens, 09 avril 1872) ; Mon mouchoir, opérette en 1 acte de Jaime (Bouffes-Parisiens, 09 mai 1872) ; la Petite Reine, opéra bouffe en 3 actes de Noriac et Jaime (Bouffes-Parisiens, 09 janvier 1873) ; le Grelot, opérette en 1 acte de Bernard et Grangé (Bouffes-Parisiens, 20 mai 1873) ; le Roi d'Yvetot, opéra bouffe en 3 actes de Chabrillat et Kémery (Bruxelles, 25 octobre 1873) ; les Parisiennes, opéra bouffe en 3 actes de J. Moineaux, Blum et Koning (Bouffes-Parisiens, 31 mars 1874) ; la Famille Trouillat, opérette en 3 actes de Blum et Crémieux (Renaissance, 10 septembre 1874) ; la Blanchisseuse de Berg-op-Zoom, opéra-comique en 3 actes de Chivot et Duru (Folies-Dramatiques, 27 janvier 1875) ; la Cruche cassée, opéra-comique en 3 actes de Noriac et Moineaux (Taitbout, 27 octobre 1875) ; la Sorrentine, opérette en 3 actes de Noriac et Moineaux (Bouffes-Parisiens, 24 mars 1877) ; l'Opoponax, opérette en 1 acte de Busnach et Nuitter (Bouffes-Parisiens, 02 mai 1877) ; le Droit du Seigneur, opéra-comique en 3 actes de Burani et Boucheron (Fantaisies-Parisiennes, 13 décembre 1878) ; le Billet de Logement, opéra-comique en 3 actes de Burani et Boucheron (Fantaisies-Parisiennes, 15 novembre 1879) ; le Petit Parisien, opéra-comique en 3 actes de Burani et Boucheron (Folies-Dramatiques, 16 janvier 1882) ; Royal Amour, opérette en 1 acte de Trogoff et Lagrange (Alcazar, 10 novembre 1884) ; le Mariage au tambour, opéra-comique en 3 actes de Burani, d'après A. Dumas, de Leuven et Brunswick (Châtelet, 04 avril 1885) ; la Brasserie, ballet en 1 acte de Narrey (Eden-Théâtre, 18 septembre 1886) ; Madame Cartouche, opérette en 3 actes de Busnach et Decourcelle (Folies-Dramatiques, 17 octobre 1886) ; Ninon, opéra-comique en 3 actes de Blavet, Burani et André (Nouveautés, 23 mars 1887) ; Mam'zelle Crénom, opérette en 3 actes de Jaime et Duval (Bouffes-Parisiens, 19 janvier 1888) ; le Prince Soleil, 5 actes de Raymond et Burani (Châtelet, 11 juillet 1889) ; Paris-Attraction, revue en 3 actes de Burani, Clerc et Lemonnier (Nouveautés, 15 novembre 1889) ; le Voyage de Suzette, 5 actes et 11 tableaux de Duru et Chivot (Gaîté, 20 janvier 1890) ; la Famille Vénus, opérette en 3 actes de Clairville et Bénédite, musique avec J. Vasseur (Renaissance, 02 mai 1891) ; le Pays de l'Or, 3 actes de Vanloo et Chivot (Gaîté, 26 janvier 1892) ; le Commandant Laripète, opéra bouffe en 3 actes de Silvestre et Valabrègue (Palais-Royal, 03 mars 1892) ; la Prétentaine, 4 actes de Ferrier et Bénédite (Nouveau-Théâtre, 10 octobre 1893). En préparation en 1897 : l'Anneau de Salomon, 5 actes ; la Pension Tonchard, 4 actes ; Aspasie, 4 actes ; Mariette, 1 acte ; la Petite Pologne, 4 actes ; la Foire aux Amours, 3 actes ; le Prince Bambou, 3 actes. En 1897, il habitait 1 rue Lallier à Paris.

« Il a écrit, pour les Bouffes-Parisiens surtout, une vingtaine d'opérettes dont plusieurs ont connu le succès. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

VERDI Giuseppe. Compositeur italien (Le Roncole di Busseto, province de Parme, 10 octobre 1813 – Milan, 27 janvier 1901). Fils de l’aubergiste des Roncole (hameau dépendant de Busseto), adjoint au maire, mais illettré. Après avoir commencé des études avec Fr. Provesi, organiste de Busseto, il fut envoyé par Antoine Barezzi à Milan. Il tenta d’y entrer au Conservatoire. Mais il avait dépassé l’âge de l’admission et à l’examen il fut renvoyé. Il continua alors ses études avec V. Lavigna, retourna ensuite à Busseto comme maître de chapelle, se maria en 1836 avec Margherita Barezzi (morte en 1840) fille de son protecteur Antonio Barezzi, et, après un premier essai d’opéra (Rocester), se rendit en 1838 à Milan, où il obtint un vrai succès avec son premier opéra : Oberto, conte di S. Bonifacio (Scala, 1839), qui lui ouvrit la carrière théâtrale. Son deuxième opéra, l’opéra-comique un Giorno di regno, fut aussi son premier échec, mais il l’avait écrit dans la période la plus triste de sa vie : il venait de perdre presque en même temps sa femme et ses deux enfants. Il abandonna alors le théâtre comique, pour s’adonner complètement au mélodrame. Et sa foudroyante carrière commença. Il voulait le succès artistique et l’argent ; il se les procura par tous les moyens : imitation de Bellini, exploitation du moment historique et politique, choix d’arguments fortement dramatiques, capables d’émouvoir un public populaire. Mais on ne peut méconnaître, même dans les opéras de cette première période, de Nabucco à Attila (1842-1846), la beauté des pages les plus connues de Nabucco, I Lombardi et Ernani, ni le sens dramatique et populaire dont il fit toujours preuve dans l’agencement des scènes de ses livrets. Lorsqu’il eut atteint le succès désiré, le mécontentement de soi-même le saisit. Tandis que sa renommée se répand à l’étranger, et qu’il épouse à Paris en 1859 Giuseppina Strepponi (morte en 1897), une des premières interprètes de ses opéras (1859), il révise aussi sa production. Les opéras de cette période de transition, de Macbeth à Stiffelio (1847-1850), témoignent de ses efforts pour approcher la tragédie en musique; il surveille mieux ses moyens, visant surtout à caractériser le plus exactement possible les personnages. Il inaugure ainsi la période de sa maturité, avec des essais hardis, pour son temps : Rigoletto (1851), dont l’argument, extrait du Roi s’amuse de Hugo, était considéré comme dangereux et révolutionnaire, et la Traviata (1853), le premier opéra avec des personnages de la vie contemporaine (ceux de la Dame aux camélias de Dumas). Il essaie le grand opéra avec les Vêpres siciliennes (Paris, 1855). Il recherche la vérité et la réalité musicales dans un Ballo in maschera (Rome, 1859) ; il parvient aux accents dramatiques et aux contrastes violents du comique et du tragique dans la Forza del destino (Saint-Pétersbourg, 1862). Sa production se ralentit et gagne en profondeur. Mais il n’avait pas encore rencontré le poète dont il avait besoin : jusqu’ici, il avait mis en musique des textes d’intérêt secondaire, pourvu que le drame lui fournît des situations puissamment dramatiques : Il Trovatore le Trouvère ») [1853] est le plus parfait exemple de livret inconcevable par son absurdité, malgré les pages d’une réelle valeur dont l’artiste a su l’habiller et qui ont encore aujourd’hui prise sur le grand public. La collaboration, d’abord orageuse, mais ensuite parfaite, avec le poète et musicien Arrigo Boito, celle également avec Ghislanzoni aboutiront aux derniers chefs-d’œuvre de Verdi. En effet, Verdi démontre après Don Carlos (1867), qu’il a bien étudié le théâtre de Meyerbeer ; mais il introduit également, avec le personnage du roi Philippe, une introspection musicale encore inédite dans le domaine du drame lyrique et qui apportera des éléments à Moussorgski ; après Aïda (Le Caire, 1871), le chef-d’œuvre de l’opéra spectaculaire italien, mais en même temps l’opéra le plus surprenant de l’histoire du mélodrame par son indéniable couleur locale, non imitée avec des moyens extérieurs, mais inventée, comme le disait Verdi, créée par pur effort d’imagination, par élan intérieur, on arrive aux deux derniers chefs-d’œuvre : Otello (Scala, 1886) et Falstaff (Scala, 1893), tous les deux inspirés du théâtre de Shakespeare et tous les deux réécrits pour Verdi par Arrigo Boito. Otello est un drame lyrique qui tient encore au mélodrame, par la puissance, la justesse de son récitatif et de son arioso toujours coulés dans les vieilles formules mélodramatiques. Falstaff, comédie lyrique, constitue le chef-d’œuvre de l’opéra-comique italien. La production théâtrale de Verdi (et Verdi est surtout musicien de théâtre) marque une continuelle ascension ; cependant la faveur du public, constante aujourd’hui encore, s’est toujours reportée sur les opéras les moins parfaits. Phénomène de goût qui démontre que, si une bonne partie du succès de Verdi est due à la situation politique Verdi étant reconnu comme le représentant du mouvement nationaliste italien , sa vraie réussite a dépendu de causes moins contingentes et moins extérieures. Verdi se dresse, en effet, comme l’héritier de la tradition théâtrale italienne ; peut-être même l’enchaîna-t-il, entraînant le goût du public vers des formes dont la vulgarité n’avait pas été atteinte par ses prédécesseurs italiens et étrangers. Ce fut en effet lui qui enracina dans le théâtre lyrique le goût du mélodrame romantique, rendant plus difficile le retour à la tragédie et à la comédie en musique (Otello et Falstaff). Son manque de culture et ses affirmations dans ce sens, comme ses erreurs de jugement, apparaissent fréquemment dans ses lettres. Mais il avait un culte inébranlable de l’art du chant; la générosité, la sincérité et la puissance de son inspiration faillirent lui faire croire qu’il était dans le vrai en estimant que le théâtre lyrique devait vivre uniquement des manifestations vocales de ses personnages, et que la seule vraie expression musicale était le mélodrame. En dépit de ces considérations, personne avant lui n’était parvenu à camper des personnages lyriques aussi débordants de vitalité musicale. La puissance de ses créations réussit, en effet, presque toujours à faire oublier la fausseté de la vie purement mélodramatique des personnages et les défauts de son orchestre. Mais il n’était pas fermé aux manifestations d’autrui. L’agilité avec laquelle, déjà vieux, il sut renouveler sa palette mélodramatique et enrichir ses moyens d’expression témoigne de sa richesse intérieure. Musicien religieux suivant la pente de son génie, Verdi, dans son Requiem dédié à la mémoire du poète Alessandro Manzoni, a exprimé avec une puissance pathétique les sentiments de l’âme chrétienne partagée entre la douleur et la crainte, l’espérance et l’amour. Un Stabat Mater, un grandiose Te Deum, des Laudes à la Vierge et 2 Ave Maria « a cappella » datent de 1898, trois ans avant la mort du maître. Verdi a dirigé l’orchestre de l’Opéra de Paris le 22 mars 1880.

 

VIDAL Paul Antonin. Compositeur et chef d'orchestre français (Toulouse, Haute-Garonne, 16 juin 1863 Paris, 1931). Grand prix de Rome en 1883, il entra à l'Opéra en 1889 et y fut successivement chef des chœurs, chef de chant et chef d'orchestre, montant pour la première fois au pupitre le 31 janvier 1894 pour Gwendoline. Il fut le créateur de l'Étoile, l'Étranger, Monna Vanna, le Miracle. En 1914, il sera nommé directeur de la musique à l'Opéra-Comique. Professeur d'harmonie et de composition au Conservatoire de Paris, il avait fondé les Concerts de l'Opéra avec Georges Marty en 1895. Compositeur, il a signé une opérette, Eros (1892), des ballets et d'importants ouvrages lyriques : Guernica (1895), la Burgonde (1898), Narsès (1908). Il termina l'orchestration de la Vivandière.

Études musicales au Conservatoire de Paris ; 2e second grand prix de Rome en 1881 ; premier grand prix en 1883, auteur d'un grand nombre de compositions : l'Amour dans les Enfers ; la Nativité, poème de Boucher ; Chant de Noël, solo et chœur ; la Chanson des Fées (le Baiser, de Banville) ; Chanson de l'Arquebusier, poème de Bornier ; le Gladiateur, scène lyrique ; Ave Maria, en mi (3 voix de femmes) ; Cantique ; quelques duos, chœurs et quelques mélodies sur des poèmes de Sully-Prudhomme, Hugo, Gheusi, Bilhaud, Th. Gautier, etc. A fait représenter au théâtre : Pierrot Assassin, pantomime en 1 acte avec P. Margueritte (Théâtre-Libre, 23 mars 1888) ; Colombine abandonnée, pantomime en 1 acte avec P. Margueritte et Beissier (Cercle funambulesque, 15 mai 1888) ; la Révérence, pantomime en 1 acte avec Lecorbeiller (Bouffes-Parisiens, 17 décembre 1890) ; Eros, fantaisie lyrique de Noriac, Jaime et Bouchor (Bouffes-Parisiens, 22 avril 1892) ; la Maladetta, ballet en 2 actes de Gailhard et Hansen (Opéra, 24 février 1893) ; le Mariage d'Yvette, opérette en 1 acte avec Sutra (Bodinière, 27 mai 1893) ; la Dévotion à Saint-André, 1 acte avec Vicaire (Lyrique-Vivienne, 25 février 1894) ; Guernica, drame lyrique en 3 actes de Gailhard et Gheusi (Opéra-Comique, 07 juin 1895). En préparation en 1897 : la Belle au Bois dormant, conte féerique en 1 acte et en vers, avec V. Margueritte ; Gauthier d'Aquitaine, drame lyrique, etc. Professeur au Conservatoire (classe d'accompagnement au piano) ; chef d'orchestre de l'Opéra. En 1897, il habitait 40 rue des Martyrs à Paris.

 

WAGNER Wilhelm Richard. Compositeur allemand (Leipzig, 22 mai 1813 – Venise, 13 février 1883). En 1814, la famille Wagner s’installa à Dresde, où Wagner commença ses études quelques années plus tard sur les bancs de la Kreuzschule. De retour à Leipzig (1827), il parfait sa culture générale, ébauche quelques compositions et, tout en poursuivant ses études supérieures de philosophie, il travaille l’harmonie et le contrepoint avec Weinlig, le cantor de Leipzig. Maître de sa technique, il écrit ses premières œuvres : 1 Fantaisie, 1 Polonaise, 2 sonates pour le piano, 1 symphonie, 7 compositions pour le Faust de Goethe, et tente d’aborder le théâtre avec les Noces (inachevé) et les Fées. Chef de chant à Würzburg (1833), puis chef d’orchestre à Magdeburg (1834-1836), où il s’éprend de la jeune cantatrice Minna Planer, qu’il épouse (1836), il compose et fait représenter en cette ville une œuvre inspirée de Shakespeare, la Défense d’aimer, dont l’échec se confirme après deux représentations. La fermeture du théâtre l’entraîne vers Leipzig, Königsberg (1837) et Riga. Il quitte cette dernière ville en janvier 1839, pour se rendre à Paris, via Londres. Les déceptions qu’il éprouve et la misère qui l’accable orientent son activité vers des travaux lucratifs : transcriptions de grands opéras en vogue et articles pour la Gazette musicale, tâches dont il s’évade en composant Rienzi et le Vaisseau fantôme (1840). Il rentre à Dresde en 1842 pour monter Rienzi, dont le succès lui vaut d’être nommé maître de chapelle de la cour royale de Saxe (1843). La représentation du Vaisseau fantôme n’obtient qu’un accueil poli ; celle de Tannhäuser (1845) est un échec. Ces déboires successifs incitent Wagner à se rallier dès 1848 au mouvement révolutionnaire naissant. Il se lie avec Röckel et Bakounine, et participe au soulèvement de Dresde (1849). Le triomphe de la réaction, le mandat d’amener décerné contre lui obligent Wagner à fuir sa patrie et à se réfugier à Zürich. C’est là qu’il rédige ses écrits théoriques : l’Art et la Révolution, l’Œuvre d’art de l’avenir, Opéra et drame. Sur les conseils de Liszt, qui vient de monter Lohengrin à Weimar (1850), il entreprend l’ébauche de l’Anneau du Nibelung, qu’il achèvera seulement une vingtaine d’années plus tard. La passion amoureuse qu’il éprouve pour Mathilde Wesendonck, femme d’un industriel de Zurich, l’oblige, en 1858, à quitter cette ville pour Venise, où il achève, sous l’empire des sentiments qui l’animent, Tristan et Isolde, dont l’idée première remonte à 1854. Pendant quelques années, Wagner lutte encore pour imposer son œuvre. L’échec de Tannhäuser, à Paris, en 1861, l’affecte profondément; il parcourt néanmoins les villes d’Europe qui lui restent ouvertes, dirigeant au concert des fragments de ses œuvres. En 1864, criblé de dettes, il quitte Vienne, où il s’était fixé, se réfugie quelque temps en Suisse et, de là, gagne Stuttgart, où, en 1864, l’envoyé du roi de Bavière se présente à lui, l’invitant à se rendre sans tarder auprès de son maître. Grâce à la faveur royale, Tannhäuser, le Vaisseau fantôme et Tristan et Isolde sont représentés à Munich, mais la cabale parvient, une fois encore, à exiler le maître. A Tribschen, où l’amitié de Louis II lui reste fidèle, la fille de Liszt, Cosima, vient le rejoindre et l’épouse le 25 août 1870, après avoir obtenu le divorce d’avec son mari, Hans von Bülow. Il eut de Cosima trois enfants illégitimes, avant le divorce de celle-ci : Isolde, Eva et Siegfried. Là s’écoulent six années de bonheur, durant lesquelles s’achèvent Siegfried, le Crépuscule des dieux et les Maîtres chanteurs. Là aussi s’élaborent les plans du théâtre de Bayreuth, petite ville de Bavière, où Wagner s’installe définitivement en 1872. L’inauguration des festivals de la « Colline verte » a lieu en 1876, en présence de l’empereur Guillaume Ier, du roi Louis II et de l’élite du monde entier. C’est le début d’un triomphe que vient couronner, six ans plus tard, la création de Parsifal (1882). Quelques mois après, la mort foudroie Wagner à Venise, alors qu’il travaillait à la rédaction d’un essai philosophique ; ses cendres, ramenées à Bayreuth, reposent dans le jardin de la villa Wahnfried, sous une dalle de marbre où se recueillent chaque année les pèlerins du Festival, dont ses petits-fils Wieland et Wolfgang furent les pieux et fidèles animateurs.

« Le créateur du drame lyrique moderne en Allemagne. Après une longue résistance, due à des causes souvent extra-musicales, le répertoire de Wagner, traduit en français, s'est implanté victorieusement à l'Opéra de Paris. Son dernier ouvrage, jusqu'en 1913 privilège exclusif du théâtre construit par Wagner à Bayreuth, a été donné à Paris dès les premiers jours de 1914. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

WEBER Carl Maria Friedrich Ernst, baron von. Compositeur allemand (Eutin, près de Lübeck, duché d’Oldenbourg, 18 novembre 1786 Londres, 05 juin 1826). Typique représentant du premier romantisme allemand, il fut infirme comme Byron, phtisique comme Chopin, mais doué d’une telle force dramatique qu’il ne s’abandonna jamais à la mollesse de l’élégie. Son père, d’abord officier, puis violoniste et contrebassiste et directeur d’entreprises théâtrales, voulait faire de son fils un pianiste prodige, mais il le soumit à une vie errante et son éducation musicale fut morcelée. A dix ans, il est, à Salzbourg, élève de Michael Haydn. A treize ans, il publie pour piano 6 Fughettes, puis 1 messe, et compose 1 opéra-comique (Puissance de l’amour et du vin), détruit dans un incendie. Il recueille des succès de pianiste, tout en étudiant, à Vienne et à Munich, avec Valesi et Kalcher. Il travaille la lithographie avec Senefelder. Il sera également doué pour la littérature, écrira un roman, fera de la critique, mais, parmi tous ces dons, il saura trouver un centre d’équilibre en les subordonnant à la musique. En 1800, il compose un deuxième ouvrage dramatique, la Fille des bois, et en donne un troisième à Augsbourg en 1803, Peter Schmoll et ses voisins. En 1804, à Vienne, il poursuit ses études avec l’abbé Vogler, qui lui procure un poste de chef au théâtre de Breslau. Sa vie se partagera dès lors entre la direction d’orchestre et la composition. Il a dix-huit ans et commence un quatrième opéra, Rubezahl (demeuré fragmentaire). En 1806, il est appelé en Silésie par le duc Eugène de Wurtemberg. Celui-ci, obligé par l’invasion napoléonienne de dissoudre sa chapelle privée, le recommande à son frère Louis, à Stuttgart, comme secrétaire. Période agitée, où Weber multiplie les imprudences, se fait accuser d’escroquerie, va en prison et se fait reconduire à la frontière en laissant 42 créanciers: mais Silvana était terminée (1810). Suivent trois années errantes, à Mannheim, à Darmstadt (où il retravaille avec Vogler et a pour condisciple Meyerbeer). Il compose Abu‑Hassan, opéra en un acte, entreprend des tournées de concerts et devient chef d’orchestre au Théâtre-Allemand de Prague (1813). Il y rencontre une cantatrice, Caroline Brandt, qu’il épousera en 1817. Auparavant, il se rend à Berlin et se mêle au groupe des poètes anti‑napoléoniens : de là ses fameux Chants de guerre. En 1816, le roi de Saxe lui donne la direction du Nouveau-Théâtre de Dresde. Il s’y heurte à l’opposition d’un clan italien, ce qui l’incite à créer, avec Der Freischütz (1821), puis Euryanthe (1823, sur un livret de W. de Chézy), un opéra national purement allemand. C’est son apogée. Il connaît le bonheur domestique, et les succès d’orchestre avec des ouvertures (notamment la Jubel‑Ouverture) et des pièces romantiques comme l’Invitation à la valse. Au théâtre, la même année que le Freischütz, il a donné Preciosa. En 1824, le théâtre de Covent Garden, à Londres, lui commande un opéra féerie, Oberon, qu’il ira diriger lui-même après un rapide passage à Paris. Miné par la phtisie, épuisé par les concerts qu’il s’était engagé à donner, il meurt la veille du jour qu’il s’était fixé pour retourner auprès des siens. En 1844, le gouvernement de Dresde fit revenir ses restes, et Wagner célébra patriotiquement ce retour.

« Le premier romantique musical, dont le Freischütz fut le point de départ de l'évolution du drame lyrique qui devait aboutir à Wagner. »

(Edouard Combe, les Chefs-d’œuvre du répertoire, 1914)

 

WECKERLIN Jean-Baptiste Théodore. Compositeur et musicologue français (Guebwiller, Haut-Rhin, 09 novembre 1821 – Guebwiller, 1910). Études musicales au Conservatoire de Paris, élève de la classe de composition d'Halévy (1845-1849) ; n'a pas concouru pour le prix de Rome. En 1847, il fait jouer au Conservatoire, Roland, grande scène historique et six ans après il donne au Théâtre-Lyrique, l'Organiste, opéra-comique en 1 acte (17 mai 1853) ; puis, plus tard : Après Fontenoy, 1 acte ; le Sicilien, de Molière, opéra en 2 actes a été répété 32 fois à l'Opéra-Comique et n'a pas été joué par suite de l'incendie du théâtre ; le Marché des Fées, opéra-comique en 4 actes avec Clairville n'a pas été représenté non plus. Weckerlin est l'auteur de plusieurs pièces en 1 actes : les Revenants bretons ; Tout est bien qui finit bien, etc. qui ont été publiées. Il a fait représenter au théâtre de Colmar trois opéras-comiques en dialecte alsacien ; en outre il a composé plusieurs odes-symphonies et oratorios : les Poèmes de la mer ; l'Inde ; la Naissance du Christ, etc. ; il a publié quelques volumes : Échos du temps passé, série d'airs anciens du XIIe au XVIIIe siècle ; Chants et chansons populaires ; Chansons populaires de l'Alsace ; Échos d'Angleterre ; Album de Grand' maman, etc. et une quantité de mélodies ; enfin il a donné la transcription de la musique du Bourgeois gentilhomme de Lully (Gaîté, 1876). Fondateur de la Société Sainte-Cécile, qui donna pendant plusieurs années des concerts de musique classique, Weckerlin a succédé à Félicien David comme bibliothécaire du Conservatoire. Chevalier de la Légion d'honneur. En 1897, il habitait 8 rue Rougemont à Paris.

 

WENZEL Léopold. Compositeur naturalisé français en 1883 (Naples, 23 janvier 1847 –). Études musicales au Conservatoire de San-Pietro Majella qu'il quitte à l'âge de 13 ans. Utilisant ses connaissances sur le violon il donne des concerts à Athènes, en Turquie, en Égypte, puis vient en France et entre dans l'orchestra de Métra, à l'Élysée-Montmartre (1866). Après la guerre de 1870, il devient chef d'orchestre de l'Alcazar de Marseille, puis de l'Alcazar de Paris. Naturalisé français en 1883, Wenzel s'est établi à Londres, où il dirige l'orchestre de l'Empire-Theatre depuis 1889. Au théâtre il a fait représenter : le Chevalier Mignon, opérette en 3 actes de Clairville père et fils et Depré (Bouffes-Parisiens, 23 octobre 1884) ; la Cour d'Amour, ballet en 3 actes de Balbiani (Eden-Théâtre, octobre 1884) ; Blondes Ivresses, ballet en 4 actes de Balbiani (Eden-Théâtre, 16 juin 1887) ; le Dragon de la Reine, opéra-comique en 3 actes de Decourcelle et Beauvallet (Bruxelles, Alhambra, 25 mars 1888) ; à l'Empire-Theatre de Londres, dix ballets : Rêve de fortune ; Cécile ; la Poupée ; Orphée ; Brighton ; Nisita ; Versailles ; Tour de Ville ; Cathrina ; la Fille que j'ai laissée derrière moi (1889-1893) ; l'Élève du Conservatoire, opérette en 3 actes de Burani et Kéroul (Menus-Plaisirs, 27 octobre 1894) ; Monte-Cristo, ballet (Londres, Empire, novembre 1896), etc. En outre Wenzel est l'auteur d'un grand nombre de mélodies : Gédéah ; l'Indienne ; la Napolitaine ; Veux-tu ? ; Harmonie ; Hymne à l'aurore, etc., et dans un genre tout différent : la Tonkinoise ; la Nuit aux baisers ; le Petit Vin de Bordeaux ; le P'tit Bleu. Officier d'Académie. En 1897, il habitait 122 Shaftesbury-avenue à Londres.

 

WIDOR Charles Marie. Compositeur et organiste français (Lyon, Rhône, 21 février 1845 – Paris, 12 mars 1937). Commence ses études musicales à Lyon, les continue à Bruxelles sous la direction de Lemmens (orgue) et Fétis (composition), puis revient à Lyon où il était déjà titulaire, depuis 1860, de l'orgue de Saint-François. Organiste de Saint-Sulpice à Paris, depuis 1869. Professeur d'orgue au Conservatoire en remplacement de César Franck, puis professeur de composition, contrepoint et fugue (octobre 1896). Widor a publié un grand nombre d'œuvres très diverses : symphonies, cantates, mélodies, sonates, concertos pour piano, violon, violoncelle, orgue et orchestre : la Nuit de Walpurgis ; Airs de ballet ; Quintette en ré mineur (2 violons, alto, basse et piano) ; Sérénade en si bémol ; huit symphonies (pour grand orgue) ; deux symphonies (orchestre) ; Prélude, Andante et Final, Trio en si bémol (piano, violon et violoncelle) ; Scènes de bal (piano) ; l'Orientale, Scherzo ; Dans les bois (5 pièces pour piano) ; Suite polonaise (piano) ; Pages intimes (piano) ; Nuit de Sabbat (orchestre) ; Carnaval (12 pièces piano) ; marche nuptiale (orchestre), etc. ; et diverses compositions de musique religieuse : Messe (2 ch. et 2 orgues) ; Psaume (ch., orchestre et orgue) ; O Salutaris (baryton) ; Ave Maria, en sol et en mi bémol ; deux motets à 5 voix (Tantum ergo et Regina Cæli) ; O Salutaris (ténor avec violoncelle et orgue). Au théâtre, il a donné : la Korrigane, ballet en 2 actes de Coppée et Mérante (Opéra, 01 décembre 1880) ; Conte d'Avril, comédie en 4 actes et en vers de Dorchain, d'après Shakespeare (Odéon, musique de scène, 22 septembre 1885) ; les Jacobites, drame en 5 actes de Coppée (Odéon, musique de scène, 21 novembre 1885) ; Maître Ambros, drame lyrique en 4 actes de Coppée et Dorchain (Opéra-Comique, 06 mai 1896) ; Jeanne d'Arc, pantomime en 3 actes de Dorchain (Hippodrome, 25 juin 1890). En préparation en 1897 : Nerto, opéra en 4 actes et 6 tableaux de Ginisty et Gramont ; les Pêcheurs de Saint-Jean, opéra de Henri Cain. Widor a rédigé la critique musicale à l'Estafette. Chevalier de la Légion d'honneur. Membre de l'Académie des Beaux-arts (1910 ; secrétaire perpétuel, 1914). En 1897, il habitait 3 rue de l'Abbaye à Paris.

 

WOLFF Albert. Chef d'orchestre et compositeur français (Paris, 19 janvier 1884 Paris, 21 février 1970). Travailleur, actif, sportif et cependant fort sensible, il fit ses études au Conservatoire de Paris dans les classes de Xavier Leroux et de Paul Vidal. Tout en étant coureur cycliste, il débuta comme organiste à Saint-Thomas-d'Aquin et comme accompagnateur du conservatoire Femina. En 1908, il entre salle Favart comme chef de chant. Nommé chef d'orchestre en 1911 il dirigea la tournée que l'Opéra-Comique effectua cette même année à Buenos Aires où il créa Louise, la Reine Fiammette et Pelléas et Mélisande. Ce fut un grand chef de théâtre, ayant le souci de l'interprétation expressive et de l'accompagnement nuancé. Il assura 32 créations salle Favart ainsi qu'une vingtaine de reprises importantes. Il eut à cœur, à l'étranger, de ne diriger que des œuvres françaises. Ainsi Louise et le Roi d'Ys au Metropolitan, Pelléas et Mélisande à Londres, le Jongleur de Notre-Dame, l'Heure espagnole à Buenos Aires, Ariane et Barbe-Bleue et Samson et Dalila en Italie. Il dirigea aussi en Suisse, en Belgique, en Allemagne, dans les pays scandinaves, en Lituanie et en Grèce. Il mena également une carrière internationale de chef de concert. Compositeur, il a signé trois ouvrages lyriques : le Marchand de masques (Nice 1914), l'Oiseau bleu (New York 1919) et Sœur Béatrice (Nice 1948). Mobilisé en 1914 comme brancardier il fut volontaire pour entrer dans l'aviation et fut officier pilote de 1915 à 1919.

 

WOLF-FERRARI Ermanno. Compositeur italien (Venise, 12 janvier 1876 – Venise, 21 janvier 1948). C'est à la suite d'un voyage à Bayreuth qu'il s'orienta vers la musique, mais il ne subit cependant pas l'influence wagnérienne. Il travailla à l'Akademie der Tonkunst à Munich, mais c'est à Venise que furent créées ses premières œuvres : un oratorio en 1899 et une féerie, Cendrillon en 1900. Directeur du lycée musical Benedetto Marcello à Venise de 1902 à 1910, il voyagea beaucoup en Italie et aux États-Unis avant de se fixer à Munich. Il renouvela l'opera buffa italien en signant de spirituelles partitions sur des livrets tirés d'œuvres de Goldoni, les Quatre Rustres par exemple. Mais on lui doit également de charmants opéras-comiques comme le Secret de Suzanne (Munich 1909), l'Amour médecin (Dresde 1913) et un opéra se rapprochant de l'école vériste italienne : les Joyaux de la madone (Berlin 1911). En 1939 il fut nommé professeur de composition au Mozarteum de Salzbourg.

 

WORMSER André Adolphe Toussaint. Compositeur français (Paris, 01 novembre 1851 –). Études musicales au Conservatoire : 1er prix de piano en 1872, 1er grand prix de Rome en 1875. Auteur de plusieurs œuvres symphoniques : Lupercales ; Suite Tsigane, etc. A fait représenter : Adèle de Ponthieu, opéra-comique en 3 actes avec M. Carré (Aix-les-Bains, 10 septembre 1887) ; l'Enfant prodigue, pantomime en 3 actes avec M. Carré (Cercle funambulesque, puis Bouffes-Parisiens, 21 juin 1890) ; le Dragon vert, fantaisie exotique avec M. Carré (Nouveau-Théâtre, 21 février 1895) ; le Rêve du tambour, pantomime en 1 acte avec M. Carré (Cercle funambulesque, 29 mars 1895) ; l'Idéal, saynète mimée (Londres, Palace Theatre, juillet 1896) ; Rivoli, opéra-comique en 3 actes avec Burani (Folies-Dramatiques, 30 octobre 1896). En préparation en 1897 : l'Étoile, ballet avec Aderer et Roddaz (à l'Opéra) ; les Chouans, drame lyrique d'après Balzac. En 1897, il habitait 83 rue Demours à Paris.

 

YVAIN Maurice. Compositeur français (Paris 2e, 12 février 1891 – Suresnes, Hauts-de-Seine, 28 juillet 1965*). Il composa des chansons, de la musique de danse, et, après sa démobilisation, nombre d'opérettes à succès : Ta bouche (1922), Là-Haut (1923), Pas sur la bouche (1925), Bouche à bouche (1925), Elle est à vous (1929), Chanson gitane (1946), le Corsaire noir (1958) par exemple. L'Opéra de Paris a présenté son ballet Blanche-Neige en 1951.

 

ZANDONAI Riccardo. Compositeur italien (Sacco di Rovereto, 1883 Pesaro, 1944). Élève de Mascagni à Pesaro, il fut considéré dès ses premières compositions comme un bon successeur de Puccini. De fait, certaines de ses partitions sont, avec émotion, du plus beau vérisme italien : Conchita ou la Femme et le pantin (1911), Francesca da Rimini (1914), Juliette et Roméo (1922), le Cavalier d'Ekebu (1928), Saint Julien l'Hospitalier (1928).

 

ZIMMERMAN Pierre. Compositeur et pianiste français (1785-1853). => biographie

 

 

 

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