LES ARTISTES DE LA DANSE A L'OPERA-COMIQUE

 

 

 

 

 

MAÎTRES DE BALLET
 

 

18791890 : Louise MARQUET (37.Tours, 12 mai 1834 – Paris, 22 décembre 1890)

 

18901898 : Berthe BERNAY (1856 –)

 

18981920 : MARIQUITA (Marie-Thérèse GAMALERY dite) (Alger, 1838 – 75009.Paris, 05 octobre 1922*)

 

19201923 : Jeanne CHASLES (– 1939)

 

19231925 : Louise STICHEL (Luigia Giovanna Giuditta MANZINI dite) (Milan, 20 juillet 1856 – ap. 1933)

 

19251932 : Louise VIRARD

 

19321933 : Carina ARI (Carina JANSSEN dite) (Stockholm, 14 avril 1897 – Buenos Aires, 24 décembre 1970)

 

19331946 : Constantin TCHERKAS (Saint-Pétersbourg, 1908 – 1965)

 

19461952 : Jean-Jacques ETCHEVERY (Jean-Jacques de PEYRET-CHAPPUIS dit) (Paris, 1916 – 1997)

 

1953 : Constantin TCHERKAS (Saint-Pétersbourg, 1908 – 1965)

 

1962–1972 : Michel RAYNE (94.Vincennes, 1922 –)

 

 

 

Louise Marquet, maîtresse de ballet

 

 

RÉGISSEURS DE BALLET

 

La Régie de la Danse fut assurée par Mmes MERCIER (en poste de 1892 à 1898), RICHAUME (19001913), Delphine ANDRÉ (19131934), Simone ROSNE (19341936), Irène COLLIN (à partir de 1936).

 

 

 

CHORÉGRAPHES

 

Les chorégraphies réalisées à l'Opéra-Comique de 1900 à 1950 ont été signées des artistes suivants :

 

Mme ARGENTINA

Mme Carina ARI

M. Marcel BERGER

Mme Jeannine CHARRAT

Mme Jeanne CHASLES

Mme Espanita CORTEZ

Mme Lycette DARSONVAL

M. Jean-Jacques ETCHEVERY

M. Nicola GUERRA

M. Boris KNIASSEF

M. Louis LEBERCHER

M. Serge LIFAR

Mme MARIEMMA

Mme MARIQUITA

M. Léonide MASSINE

M. Marius PETIPA

M. Robert QUINAULT

Mme STICHEL

M. Constantin TCHERKAS

M. Vaclav VELTCHEK

Mme Louise VIRARD

 

 

 

DANSEUSES (de 1900 à 1950) (seuls les principaux rôles sont précisés)

 

AEROS Morita. — En représentation, danse l'Amour Sorcier (Lucia).

 

ALEXANDROWICZ Olga. — Crée l'Ame heureuse (Fortunata) et les Heures (le Soir).

 

AMIEL Josette (92.Vanves, 19 novembre 1930 –). — Crée la Chanson du Mal Aimé (Marchande de fleurs), la Clef des Songes, le Doux Caboulot (Marchande de fleurs), les Heures (l'Aurore).

 

ANDRÉ Delphine. — 1re Danseuse travesti, a été également affichée sous le nom de Lefresne. A été Régisseur de la Danse.

 

ANDRÉ Henriette. — A créé la Danseuse de Pompéi (un Papillon), Evolution (Cake-walk), les Indes Galantes, la Plus Forte, la Boîte à Joujoux (le Soldat anglais), le Festin de l'Araignée (le Papillon), la Guivre (Bernerette), Sonatina (une fille d'honneur), Graziella. A dansé également Orphée (l'Ombre heureuse), Ariane et Barbe-Bleue (Alladine) et Gismonda.

 

ANNIE Christine. — A créé Bal Vénitien (Isabelle), Fête de Jadis (la Danseuse), Kermesse (la Femme poisson), Ma Mère l'Oye (la Belle), Malvina (la Taglioni). A débuté le 4 janvier 1940 dans Carmen (la Flamenca).

 

ARC Henriette d'. — Crée le Beau Danube (la Mère).

 

ARGENTINA (Antonia MERCÉ Y LUQUE dite la) (Buenos Aires, 04 septembre 1890 – près de Bayonne, 18 juillet 1936). — En représentation danse l'Amour Sorcier (Candela), Carmen (la Flamenca), Sonatina (la Bergère), Triana (Soléa).

 

ARI Carina (Carina JANSSEN dite) (Stockholm, 14 avril 1897 – Buenos Aires, 24 décembre 1970). — Crée Scènes Dansées et Valses de Brahms. A débuté dans Carmen (la Flamenca) le 10 novembre 1932.

 

ASTAR Nina del. — Crée la Danse pendant le Festin (la Hermosa). Danse la Flamenca pour ses débuts le 12 juillet 1931.

 

BADET Régina (Anne Régina dite) (33.Bordeaux, 09 octobre 1876 – 33.Bordeaux, 26 octobre 1949). — Débute le 23 décembre 1904 dans la Flamenca et crée Aphrodite (Théano), Ariane et Barbe-Bleue (Alladine), Athanaïs (Djali), Endymion et Phoèbe (Endymion), Télémaque, Miarka, Myrtil, Premier Rendez-vous (Lucile), la Reine Fiammette, Snégourotchka.

 

BERGGREN Lucienne. — A créé Guignol, le Beau Danube (la jeune fille), Bourrée Fantasque (la Folie), Casse-Noisette (Fée des neiges), la Belle au Bois Dormant, la Boutique Fantasque (un Caniche), le Cerf (la Source), Concerto de Prokofieff (l'Ange de la nuit), le Doux Caboulot (Jeanne), Impromptu, Marion, la Rose Rouge (la Rose).

 

BESSIS Sonia. — A créé Banquet (un Vin). A débuté dans Carmen (la Flamenca) le 07 juin 1936.

 

BONI Aïda (Milan, 18 novembre 1880 – 1974). — Crée le Cygne (la Dryade), Deux Pigeons s'aimaient (Fifine).

 

BRIANZA. — Débute le 23 septembre 1903 dans Lakmé.

 

BUGNY Olga. — Crée la Danseuse de Pompéi (un Papillon), la Plus forte, Polyphème (un Faune), la Boîte à Joujoux (la Capitaine), le Festin de l'Araignée (une Fourmi), les Petits Riens.

 

BYZANTI Lydia. — Crée Bal Vénitien (Colombine), Banquet (la Gourmandise), Kermesse (un Acrobate), Deuxième Rhapsodie, la Libellule (la Libellule), Ma Mère l'Oye (Florine), Pavane pour une Infante Défunte, Suite Provençale, Rosière du Village (une Mauvaise fille). A débuté le 10 février 1935 dans Mignon.

 

CALANCA. — Crée Au Beau Jardin de France (Euphrosia).

 

CARRO. — Crée le Mariage de Télémaque (Minerve).

 

CHARRAT Janine (38.Grenoble, 24 juillet 1924 –). — Crée Concerto de Prokofieff (l'Ange de la Lumière) et la Belle au Bois Dormant.

 

CHASLES Jeanne. — A créé Cendrillon, Une Aventure de la Guimard (la Guimard), Cigale (Cigale), Caroles de Noël, le Cygne (un Faune), Javotte (Jean), les Lucioles (la Libellule), Titania (Philido), Orphée (l'Ombre heureuse).

 

CHAVITA. — En représentation, débute le 22 novembre 1901 dans Carmen (la Flamenca).

 

COLLIN Irène. — Créatrice de Ballet des Nations, la Boîte à joujoux, Masques et Bergamasques, la Danseuse de Pompéi (un Papillon), Évolutions (l'Etoile), le Festin de l'Araignée (un vers de fruit), le Petit Elfe ferme l'œil (le Maire), la Plus Forte (la petite Vieille), Graziella. Danse Frasquita (Mercédès). Cesse de paraître en scène pour devenir Régisseur de la Danse.

 

COMTE Andrée. — Crée Évolution (la jeune fille, le demi-caractère), la Femme et le Pantin (la Calléga), le Sicilien. A dansé la Flamenca. A débuté le 01 octobre 1926 dans la Boîte à Joujoux (le Petit Soldat).

 

CORTEZ Espanita (92.Ville-d’Avray, 07 août 1921 –). — En représentation danse l'Amour Sorcier (Candela), Carmen (la Flamenca), la Vie brève (la Danseuse) et crée Danses d'Espagne, le Tricorne (la Meunière), Dolorès (Séguedille).

 

DARLING. — Débute dans Orphée (Ombre heureuse) le 10 octobre 1912. Reprend Kassya et les Petits Riens.

 

DARSONVAL Lycette (Alice Andrée Marie PERRON dite) (50.Coutances, 12 février 1912 – 50.Saint-Lô, 01 novembre 1996). — Crée la Belle au Bois Dormant, Casse-Noisette (Fée Dragée), la Précaution inutile (Rosine), Roméo et Juliette (Juliette), les Sylphides.

 

DAYDÉ Liane (Paris, 1932 –). — Débute dans le Ballet du Roy de Manon le 28 décembre 1948.

 

DEHELLY. — Crée le Cygne (Léda).

 

DELMARES Georgette. — Crée Elvya (le petit Abbé).

 

DERNY Magda. — Crée Au Beau Jardin de France (Zéphyus Gloria), Lumières et Papillon (le Papillon noir).

 

DOURGA-DERNY. — Danseuse hindoue, débute le 13 juillet 1916 dans Lakmé. Danse Mârouf.

 

DUGUÉ Germaine. — Est la créatrice de la Danseuse de Pompéi (un Esprit infernal), le Devin du Village (le Villageois), Télémaque, Myrtil, Mârouf, Polyphème (une Nymphe), Une Aventure de la Guimard (l'Amoureux), Cigale (la Pauvresse), Lumières et Papillons (la Lumière), le Festin de l'Araignée (une Fourmi), les Petits Riens.

 

DUPRÉ. — Débute dans Lakmé le 09 juillet 1916.

 

GALLET. — Crée les Indes Galantes, la Boîte à joujoux (Arlequin).

 

GARNIER Simone. — Crée Bal Vénitien (Mariette), la Belle au Bois Dormant, Banquet (un Vin), Fête de Jadis (Flore), Kermesse (Madame Antinéa), Ma Mère l'Oye (Princesse des Pagodes).

 

GOETZ. — Crée la Boîte à joujoux (le Marin). Débute dans Manon le 15 août 1917.

 

GRANADOS Carmen. — En représentation, danse la Vie brève et la Flamenca.

 

GUGGIARI. — Crée la Peau de Chagrin (l'Amour), Evolution (le Monsieur), Sonatina (une fille d'honneur).

 

GUIDEZ. — Crée Bal Vénitien (Sylvio).

 

HADRIELLY Rolande. — Crée Bal Vénitien (Lélia), le Cerf (le Lierre), Ma Mère l'Oye (la Fée).

 

IBANEZ Iréné. — Crée l'Amour Sorcier (Lucia), Triana (Nati).

 

INVERNIZZI. — Crée le Cygne (Pierrot).

 

INYOKA Nyota. — En représentation, danse Lakmé et crée la Femme Nue (la Danseuse Leïla).

 

JALADIS Édith. — Crée la Peau de Chagrin (le Faune), le Tricorne (la Femme du Gouverneur).

 

JOSELITO. — Crée Frasquita (Mercédès), l'Amour Sorcier (une Danseuse).

 

JUANINA. — Est également affichée sous le nom de Juanina SCHWARZ. Crée Malvina (la Cantinière), Tout Ank Amon, Kermesse (une Acrobate), la Libellule (Louisette), Deuxième Rhapsodie, Suite Provençale, Rosière du Village (une Mauvaise fille). Reprend Djamileh (Danse de l'Almée).

 

KERF Christine. — Crée Djali (la Sultane), les Petits Riens.

 

KERGRIST Geneviève. — A créé Ballade de la Geôle de Reading (Elle), le Beau Danube (la Danseuse), le Cerf (la Biche), la Chanson du Mal Aimé (le Voyou, la Folie, la Voie lactée, la Passante), Jeux (1re jeune fille), Khamma (Khamma), Paris-Magie (Eve). A dansé les Sylphides, les Heures (le Soleil), Impromptu, Marion.

 

KOUSTNEZOFF Maria. — En représentation, crée Danses Espagnoles.

 

LAFON Paulette. — Crée Guignol, Casse-Noisette (Fée des fleurs), la Rose Rouge (une jeune fille), les Sylphides.

 

LANDIER Suzanne. — Crée la Boîte à joujoux (une Poupée).

 

LEBERTRE Ninon. — Crée le Bal du Pont du Nord (Marion), le Beau Danube (la première main), la Boutique Fantasque (la fille cosaque), les Heures (la Nuit).

 

LEFRESNE. — Voir ANDRÉ Delphine.

 

LENCLUD Marthe. — Crée Blanc et Noir (Gilles).

 

LORRAIN Christiane. — Crée Au Beau Jardin de France (Thalis). Danse Elvya (le Petit Abbé).

 

LUPARIA Gina. — A créé la Danseuse de Pompéi (une Furie), les Indes Galantes, Nausicaa, Miarka, Mârouf, la Plus Forte, Polyphème (Diane Chasseresse), le Festin de l'Araignée (une Mante religieuse), Graziella et Cigale (une Cigale).

 

MAGLIANI. — Débute dans Mârouf le 17 janvier 1918.

 

MALAGUENITAS Mlles. — En représentation, créent la Vie Brève.

 

MARIEMMA. — En représentation, débute le 22 janvier 1947 dans Carmen (la Flamenca). Danse l'Amour Sorcier (Candela).

 

MARY. — Crée Cigale (le petit Ami), le Jongleur (la Vierge).

 

MÉRODE Cléo de (Cléopâtre-Diane dite) (Paris, 27 septembre 1875 – Paris, 17 octobre 1966). — Crée la Danseuse de Pompéi (Flore), Au Beau Jardin de France (Primavera), Blanc et Noir (Pierrette), Endymion et Phoebé (Phoebé).

 

MINTY Mado. — En représentation, crée le Festin de l'Araignée (l'Araignée).

 

 

 

Mado Minty dans le Festin de l'araignée (l'Araignée) à l'Opéra-Comique en 1922

 

 

MISTINGUETT (Jeanne Florentine BOURGEOIS dite) (95.Enghien-les-Bains, 03 avril 1875 – 78.Bougival, 05 janvier 1956). — En représentation, danse Idylle Carnavalesque.

 

MORIN Paule. — Crée Aubade.

 

NAPIERKOWSKA Stacia (Renée Claire Angèle Elisabeth NAPIERKOWSKI dite) (Paris, 16 septembre 1891 – Paris, 11 mai 1945). — A créé Télémaque, Myrtil, la Reine Fiammette, Snégourotchka, Blanc et Noir (la Chatte), les Lucioles (Pierrot Noir).

 

NEGRI Teresina. — biographie.

 

OHANN Régine. — Crée la Chanson du Mal Aimé (la Chanteuse), le Doux Caboulot (la Servante), les Heures (le Jour), Aubade.

 

PAÏVA Mona. — A créé le Hulla, les Indes Galantes, les Noces Corinthiennes, Au Bois Sacré (un Lutin), la Boîte à joujoux (la Poupée), Dame Libellule (le Papillon), Évolution, le Festin de l'Araignée (l'Ephémère), la Guivre (la Guivre), le Petit Elfe ferme l'œil (le petit Elfe). A dansé Aphrodite (Théano), Orphée (l'Ombre heureuse), Ariane et Barbe-Bleue (Alladine), Carmen (Flamenca).

 

PAVLOFF Sonia. — A créé Céleste, Gismonda, Mârouf, Sauteriot, Ballet des Nations, Au Bois Sacré (une Nymphe), Dame Libellule (la Libellule), Djali (une Esclave), Lumières et Papillons (Papillon bleu), Petit Elfe ferme l'œil (la Cigale, la Poupée, la Princesse), Pirouettes (Colombine), Scènes Alsaciennes (Lisbeth). A dansé Aphrodite (Théano), Cigale (Cigale).

 

PEPITA DE CADIX. — En représentation, danse la Flamenca en 1949.

 

PERNOT. — Crée le Festin de l'Araignée (Mante religieuse), la Guivre (Robelin).

 

PETIPA Marie (Saint-Pétersbourg, 29 octobre 1857 – Paris, 1930). — En représentation danse les 06, 08 et 10 novembre 1902 Pas Hongrois et Mazurka Caucasienne.

 

PIRON Léa. — Crée Scènes Alsaciennes (le Sergent Frank).

 

RAINAL Andrée. — Crée la Boîte à joujoux (le Policeman). Joue le Jongleur de Notre-Dame (la Vierge).

 

RAINAL Fernande. — A repris Lumière et Papillons (la Lumière) en 1925.

 

RAUWERA Mariette de. — Crée Éros Vainqueur, Évolution (la Dame), la Fiancée Vendue, le Fou de la Dame (Joli-Mai), les Indes Galantes, le Poirier de Misère (l'Amante), le Sicilien, la Boîte à Joujoux (le Petit Soldat), Reflets, Angélo (une Espagnole).

 

RIANZA Yetta. — A créé la Danseuse de Pompéi (Proserpine), les Petits Riens. A repris Danses Slaves de Kassya, le Devin du Village (la Villageoise).

 

RICHAUME. — A créé la Danseuse de Pompéi (un Esprit), Miarka, Myrtil, Snégourotchka, Cigale (une Cigale), Féminissima (Féminissima). A repris Xavière. A été régisseur de la Danse.

 

RITZ Marthe. — Crée Bal Vénitien (Caroline).

 

ROSNE Simone. — A créé la Danseuse de Pompéi (un Esprit), Gismonda, le Joueur de Viole, Nausicaa, la Plus Forte, Polyphème (1er Sylphe), Tarass Boulba, Au Bois Sacré (un Berger), la Boîte à joujoux (Pierrot), Dame Libellule (le Lézard), Évolution (le Travesti, le Collégien), le Festin de l'Araignée (le Bourdon), Masques et Bergamasques et Graziella. A été régisseur de la Danse de 1934 à 1936. A joué le Jongleur de Notre-Dame (la Vierge).

 

RUDEL Guina. — A créé Au Beau Jardin de France (Sylvia).

 

SAHARI-DJELI. — En représentation, crée Elvya (la Statue) et danse Aphrodite (Théano).

 

SALOMON Colette. — Crée Reflets.

 

SANTELMO Laura. — En représentation, débute dans la Flamenca le 07 décembre 1936.

 

SANTORI Edéa. — Crée Une Aventure de la Guimard (l'Amoureuse), Javotte (Javotte), Phoebé (Phoebé).

 

SAUVEGARDE Hélène. — Crée la Boîte à Joujoux (le Nègre), les Indes Galantes. Joue le Jongleur de Notre-Dame (la Vierge).

 

SCHWARZ Juanina. — Voir JUANINA.

 

SCHWARZ Solange (Paris, 12 novembre 1910 – 83.Ramatuelle, 24 avril 2000). — Crée l'École des Maris, Tarass Boulba, Tout-Ank-Amon, le Cygne de Saint-Saëns, la Boutique Fantasque (Cancan), les Heures (le Soleil), Jeux de Couleurs, la Pantoufle de Vair (Cendrillon), Printemps Fleuri, la Rosière du Village (la Rosière), Un Jour d'Été.

 

SIGNORELLI Colette. — Crée Ballade de la Geôle de Reading (une Vision), Boutique Fantasque (Tarentelle), Khamma (la Captive), Précaution inutile (Marceline), les Sylphides, le Tricorne (la Fille à la cruche). Danse l'Amour Sorcier (Lucia).

 

SMITH. — Crée Valses de Brahms.

 

SOULÉ Frédérique. — Crée Polyphème (1re Naïade). Danse le Festin de l'Araignée (le Papillon).

 

TÉRÉSINA. — En représentation, danse la Flamenca en 1938.

 

TESSEYRE. — Crée Céleste, la Danseuse de Pompéi (un Faune), Télémaque, les Petits riens.

 

THOMAS Georgette. — Crée le Doux Caboulot (jeune Fille à marier).

 

TROUHANOVA Natalia (1885 – Moscou, 25 août 1956). — Crée le Ballet des Nations et la Péri (la Péri).

 

USTARITZ Hélène. — Crée l'Ame Heureuse (Modeste), le Doux Caboulot (la Nourrice).

 

VAUSSARD Christiane (92.Neuilly-sur-Seine, 17 novembre 1923 – 04 août 2011). — Crée le Bal du Pont du Nord (Adèle) et les Femmes de Bonne Humeur (Mariuccia). Danse les Sylphides.

 

VRONSKA. — Débute dans Aphrodite (Théano) le 06 février 1918. Reprend Elvya et crée Romance.

 

WALKY Nina. — Débute dans la Flamenca le 25 mai 1917 et crée Au Beau Jardin de France (Aglaé).

 

WISIAKOWA Lydia. — Danse Evolution et la Femme Nue (Danseuse Léila). Crée la Fiancée vendue.

 

WUILLAUME. — Crée Javotte (Petit Pierre).

 

 

 

DANSEURS (de 1900 à 1950) (seuls les principaux rôles sont précisés)

 

ANCELIN. — Crée Bal Vénitien (Pantalon).

 

AVELINE Albert (Paris, 23 décembre 1883 – 92.Asnières-sur-Seine, 03 février 1968). — En représentation, danse Idylle Carnavalesque.

 

BON René (34.Montpellier, 30 août 1924–). — Crée Fête de Jadis (Arlequin), Kermesse (le Suiveur).

 

CHAURAND Jaque. — Crée le Bal du Pont du Nord (Baude).

 

DOTTI Jean-Claude. — Crée la Boutique Fantasque (le Caniche).

 

ETCHEVERY Jean-Jacques (Jean-Jacques de PEYRET-CHAPPUIS dit) (Paris, 1916 – 1997). — Crée la Précaution Inutile (Bazile).

 

FEREMBACH. — A créé Djali (le Grand Prêtre), Javotte (le Garde champêtre).

 

FILEMON. — En représentation, danse la Flamenca.

 

FOYE Christian. — Crée Bal Vénitien (Léandre), Fête de Jadis (le Secrétaire), Kermesse (le Dompteur), Ma Mère l'Oye (la Bête).

 

GERLYS. — Crée Polyphème (Dieu Pan), Au Beau Jardin de France (Vertumnus), Au Bois sacré (le Satyre).

 

GEVEL Maurice. — A créé Ballade de la Geôle de Reading (le Bourreau), Boutique Fantasque (le Patron), la Belle au Bois Dormant, le Beau Danube (l'Acrobate), Casse-Noisette (Prince des Neiges), le Cerf (le Chasseur), les Femmes de Bonne Humeur (Luca), les Heures (la Nuit), Impromptu, Khamma (l'Esprit du Dieu Amin-Râ), Marion, Ma Mère l'Oye (le Serpent vert), la Précaution Inutile (Almaviva), la Rose Rouge (l'Etudiant), le Tricorne (le Gouverneur), Fantaisie Nocturne (Polichinelle), la Clef des Songes.

 

GOUBÉ Paul (Paris, 1912 – Paris, 30 mars 1979). — A créé la Boutique Fantasque (Chef des Cosaques), Casse-Noisette (le Casse-Noisette), la Chanson du Mal Aimé (le Poète), les Heures (le Jour). A dansé le Beau Danube (le Hussard), Marion, les Sylphides.

 

GUÉLIS Jean (Paris, 10 décembre 1923 – 1991). — Crée la Belle au Bois Dormant, Casse-Noisette (le Prince), la Danse du Marin.

 

HOLTZER. — Débute dans Mârouf le 9 novembre 1916.

 

KALIOUJNI Sacha. — Crée Roméo et Juliette (Roméo).

 

KNIASSEF Boris (Saint-Pétersbourg, 1905 – 1975). — Crée Tarass Boulba (un Danseur), Jeux de Couleurs et Valses de Brahms.

 

LEBERCHER Louis. — Crée Jeux de Couleurs, la Rosière du Village (le Garde champêtre) et Danse de Debussy.

 

LEGAT Serge (Saint-Pétersbourg, 27 septembre 1875 – 01 novembre 1905). — En représentation danse les 6, 8 et 10 novembre 1902 Pas Hongrois et Mazurka Caucasienne.

 

LIFAR Serge (Kiev, 02 avril 1905 – Lausanne, 15 décembre 1986). — Crée le Prélude à l'Après-midi d'un Faune et danse le Lac des Cygnes.

 

MAGNICO Rafael. — Danse l'Amour Sorcier (la Vieille).

 

MALATZOFF Senka. — A créé la Danseuse de Pompéi (une Harpie) et repris Danses Slaves de Kassya.

 

MARCO. — Crée l’Amour Sorcier (Carmelo), Évolution, la Femme et le Pantin (Morenito), le Poirier de Misère (l'Amant). Danse la Flamenca.

 

MARKEL Dany. — Crée Ballade de la Geôle de Reading (le Geôlier), la Belle au Bois Dormant, Khamma (le Grand-Prêtre) et la Précaution Inutile (Bartholo).

 

MARIANNO. — Crée la Boîte à Joujoux (Polichinelle), le Joueur de Viole. Danse Mârouf.

 

MARS Lucien (1925 – juillet 2000). — A créé le Beau Danube (le Dandy), la Boutique Fantasque (le Dandy), Casse-Noisette (le Soldat), le Doux Caboulot (le Patron), la Clef des Songes.

 

MASSINE Léonide (Leonid Fedorovitch MYASSIN dit) (Moscou, 09 août 1896 – Weseke bei Borken, Westphalie, 15 mars 1979). — A créé le Beau Danube (le Hussard), la Boutique Fantasque (Cancan) et repris la Valse de Ravel.

 

MORÉNO. — A créé Sonatina (le Dragon) et Triana (el Tronco).

 

PAGAN Rafael. — A créé la Vie brève.

 

PRICE. — A créé Une Aventure de la Guimard (le Patron), Javotte (le Père), Scènes Alsaciennes (le Marchand d'images) et Miarka.

 

QUINAULT Robert (21 novembre 1887 – 06.Tourrettes-sur-Loup, 1973). — Est le créateur de la Danseuse de Pompéi (Adonis), le Devin du Village (le Courtisan), Télémaque, Mârouf, la Reine Fiammette, Ballet des Nations, Au beau Jardin de France (Mars), Djali (Esclave noir), les Lucioles (Pierrot blanc), la Péri (Iskander), Pirouettes (Pierrot), Reflets, Romance. A repris la Boîte à Joujoux (Polichinelle). A dansé Cigale (une Cigale).

 

RAYNE Michel (94.Vincennes, 05 novembre 1924 –). — A créé Ballade de la Geôle de Reading (Lui) le Cerf (le Cerf), Concerto de Prokofieff (le Démon), Jeux (le jeune homme), les Heures (le Soir), Impromptu, Paris-Magie (le Diable), la Précaution Inutile (Figaro), la Rose Rouge (le Rossignol), les Sylphides, le Tricorne (le Meunier), la Clef des Songes.

 

REYNALD Serge. — A créé la Boutique Fantasque (l'Assistant), la Chanson du Mal Aimé (le Pianiste).

 

RICHE Maurice. — A créé l’Amour Sorcier (un Gitan), Ballade de la Geôle de Reading (une Vision), Beau Danube (le Manager), la Belle au Bois Dormant, Boutique Fantasque (le Marchand de Melons), la Chanson du Mal Aimé (le Serveur), Casse-Noisette (le Président).

 

SABLINE Oleg. — A créé l'Ame Heureuse (le jeune Homme), Casse-Noisette (Maître de cérémonies), le Doux Caboulot (Pierre).

 

SCHKRABSKY. — A créé Scènes Alsaciennes (le Maître d'école).

 

TCHERKAS Constantin (Saint-Pétersbourg, 1908 – 1965). — Est le créateur de l'Ame Heureuse (le Prétendant), le Bal du Pont du Nord (le Frère), Bal Vénitien (Arlequin), Ballade de la Geôle de Reading (une Vision, un Prisonnier), Banquet (Banquet), Boutique Fantasque (Tarentelle), la Belle au Bois Dormant, Casse-Noisette (le Conseiller), Doux Caboulot (le Militaire), Fête de Jadis (Maitre de Danse), les Heures (l'Aurore), Kermesse (un Acrobate), Khamma (l'Affranchi), la Libellule (Cornélius), Ma mère l'Oye (le Fils du Roy), Pantoufle de Vair (le Prince charmant), Printemps Fleuri, la Rosière du village (Chasseur de papillons), le Tricorne (le Voisin), le Lac des Cygnes, Suite provençale, Un jour d'été, Cyrano (Montfleury), l’École des Maris, Guignol, Marion, Tout-Ank-Amon.

 

THORIAS. — A créé Dame Libellule (le Crapaud).

 

TORRES Albert. — En représentation, a créé Danses d'Espagne.

 

VARGAS Salvador. — Danse l’Amour Sorcier (Carmelo).

 

VELTCHEK Vaclav. — Crée le Fou de la Dame (Fou blanc) et la Fiancée vendue. Danse la Flamenca.

 

WAGUE Georges (Georges Marie Valentin WAAG dit) (Paris, 14 janvier 1874 – 06.Menton, 17 avril 1965). — Est le créateur de l’Amour Sorcier (le Spectre), Djali (le Sultan), Triana (Lorrho).

 

 

 

 

 

 

Mme Mariquita, maîtresse de ballet de l'Opéra-Comique

(de g. à dr. : M. Georges Ricou, chef du personnel artistique, Mme Mariquita, M. Léon Jancey, secrétaire général du théâtre)

 

 

le Corps de Ballet de l’Opéra-Comique (1907)

 

La création d'un véritable corps de ballet fut une des plus heureuses innovations de M. Albert Carré. Il se compose de 24 sujets, — de 24 talents, — et la plus érudite des chorégraphes : Mme Mariquita, l'instruit et le dirige. Sans doute, sous les directions précédentes, les représentations s'agrémentaient parfois de danses ; mais ce n'était là qu'un attrait secondaire. Grâce à Mme Mariquita, grâce à M. Albert Carré, notre second théâtre musical s'est conquis une réputation chorégraphique.

 

Divertissements de l'ancien Opéra-Comique, il m'est touchant de vous évoquer ! Vous précédiez de vos ébats Alphonse soupirant vers Camille (Zampa), et vous attribuiez alors aux pêcheurs siciliens des atours qui les eussent profondément étonnés. Ou bien votre guirlande de « tutus » et de sourires se déroulait devant Escamillo enlaçant Carmen : et l'imagination populaire rêvait d'une Espagne où, dans les rues, des dames peu vêtues préludent par leurs danses aux courses de taureaux. Vous aviez d'abord, au cours de la même soirée, rempli d'une chorégraphie bien française la « posada » sévillane de Lillas Pastia ; et les ‘chands de vins nationaux enviaient la possession d'une « bouchon » pouvant contenir tant de monde et d'agitation. On discernait difficilement l'art qui vous réglait ; mais vous aviez le mérite de la surprise. Si vous manquiez à telle œuvre où vous auriez été harmonieux, vous allongiez, en revanche, telle autre œuvre qui se fût utilement passé de vous. Trop modestes pour éblouir le spectateur, vous étiez au moins son repos. La volonté de M. Albert Carré, l'érudition de Mme Mariquita, vous ont révolus, divertissements du vieil Opéra-Comique, qui vous en teniez si imperturbablement, quant à l'art et la vérité, aux charmes physiques de vos danseuses.

 

 

 

une répétition d'ensemble du corps de ballet de l'Opéra-Comique

 

 

Mme Mariquita, qui fut une ballerine célèbre, mérite incomparablement le titre de chorégraphe. Sa science est aimable et nombreuse ; son idéal participe de l'éternelle beauté : elle emprunte sa conception des attitudes à la statuaire antique, — qui est le geste immuable des Dieux, — aux fantaisies eurythmiques ciselées sur les vases, ou à la fatidique douleur sculptée sur les tombeaux. On le voit bien dans la discipline qu'elle a donnée aux ballets d'Orphée et d'Alceste : voilà vraiment la Danse, telle que le peuple grec, harmonieux entre tous les peuples, la voulut et l'aima.

 

Les équilibres invraisemblables, et qui font suer également les danseurs et le public : ceux-là de fatigue, et celui-ci d'angoisse ; les exploits musculaires dont on fait encore tant de cas à l'Opéra sont surtout de la compétence du cirque. Il faut les lui laisser. La Danse eut, sous le ciel grec, l'éclosion naturelle et balancée d'une fleur. Où l'effort apparaît, l'art s'efface.

 

A l'Opéra-Comique, le soin de la chorégraphe ne s'est pas borné à régler des pas, à incliner des bustes et faire s'ouvrir, sur la blancheur des dents et pour un sourire affecté, la pourpre des lèvres ; il a formé les plis de cette robe, réalisé la danseuse tout entière en une statue de vie. Et souple, robuste, la face sereine, — le sourire mélancolique des lèvres et des yeux semblant s'étendre à tout le corps, — Mlle Chambon, par exemple, vous apparaîtra, grâce à ce soin, telle qu'une fille de Cléomène ou de Praxitèle sculptée, vivante, dans de la beauté. L'Académie nationale de musique, qui est aussi celle de la danse, ignore encore des « académismes » aussi exacts, aussi simplement émouvants, que celui des ballets d'Alceste et d'Orphée.

 

 

 

Mlle Régina Badet, première danseuse-étoile de l'Opéra-Comique, dans Aphrodite (Théano)

 

 

Mme Mariquita ne fait que continuer à l'Opéra-Comique la maîtrise qui nous valut, durant sa carrière déjà longue au Châtelet, à la Gaîté, puis aux Folies-Bergère, quelques-uns des plus merveilleux ballets ou pantomimes modernes. Elle répugne à l'acrobatie, qui constitue toujours, pour tant de maîtres, le dernier mot de la danse. Statuaire dont la matière ouvrable est la chair féminine, elle s'applique surtout à susciter, dans l'attitude d'un moment, une forme d'éternité. Elle est bien ainsi la digne collaboratrice de M. Albert Carré, si obstinément soucieux de beauté vivante.

 

A cette volonté, qui est la meilleure, on doit la presque absolue suppression du « tutu » ; — il devrait suffire, étant commode, aux répétitions. On lui doit une adaptation minutieuse de la danse aux époques évoquées, des reconstitutions d'où le faste inutile, le « clinquant », est banni.

 

Aujourd'hui, une gitana, seule, s'ébat dans la posada du IIe acte de Carmen, et cela nous trouble plus impérieusement que l'agitation fantaisiste à laquelle on nous condamnait autrefois. Sa danse est bien espagnole, et Mlle Régina Badet, dont je vais reparler, y excelle. Aujourd'hui, Escamillo n'est plus précédé, au dernier acte du chef-d’œuvre de Bizet, que de ses complices dans l'assassinat du taureau.

 

 

 

une répétition du ballet de Manon (de g. à dr. : Mlles Dugué, X, A. Vuillaume, X, X, Régina Badet, Yvonne, X, X)

 

 

Grâce à la précision délicieuse des costumes, le ballet de Manon (l'Opéra se transportant, toutes grâces dehors, au Cours-la-Reine) nous apparaît maintenant vraisemblable. Je pourrais multiplier les exemples de cette rénovation ou, plutôt, de cette création de la danse à l'Opéra-Comique.

 

Dans les œuvres où elle n'avait à lutter contre aucune tradition établie, Mme Mariquita a multiplié les imaginations les plus charmantes. Le talent personnel de vingt-quatre danseuses, au nombre desquelles Mlles Richomme, 1re danseuse, Dugué, Luparia, Chambon, déjà citée, Ridd, A. Vuillaume, M. Vuillaume, Reininger, etc., lui est une fidèle et intelligente collaboration.

 

Plusieurs ballets ont été représentés à l'Opéra-Comique depuis que Mme Mariquita y créa la danse. Ce sont le Cygne, de Mendès et Lecocq, où demeure attaché le souvenir de Mlle Jeanne Chasles ; Javotte, de Saint-Saëns ; Une aventure de la Guimard, de Messager ; Cigale, de Massenet ; Endymion et Phœbé, de Thomé. Puisque l'Opéra ne se souvient plus d'avoir représenté la Namouna, de Lalo, M. Albert Carré, Mme Mariquita nous doivent une reprise de ce chef-d’œuvre. Je souhaite que le répertoire de ballets soit augmenté. Ils empiéteraient heureusement sur certains levers de rideau — tel l'inachevé et fastidieux Maître de chapelle, de Paer auxquels M. Carré témoigne trop de charité.

 

 

 

une répétition du ballet d'Orphée (de g. à dr. : X, Mlles Ridd, Chambon [agenouillée], Luparia, Reininger, M. Vuillaume)

 

 

Le corps de ballet de l'Opéra-Comique a pour étoile Mlle Régina Badet. Son resplendissement est neuf. Elle apparut pour la première fois à l'Opéra-Comique lors de la millième représentation de Carmen. Sa figuration de la gitana qui mime et danse la Flamenca chez Lillas Pastia révéla spontanément les dons physiques les plus rares, un art naturel et passionné. Gitana, elle l'était de tout son être vigoureux et rythmique, elle l'était par sa chair brune et solaire, par ses yeux tels que des ténèbres éclatantes. Un sourire ardent, ivre, ouvrait sa bouche en blessure savoureuse. C'était vraiment l'Espagne ardente, aux passions tenaces, aux voluptés torrides, qu'elle tendait par ses bras délicieux et musclés, par la joie de son corps jeune et la vague sculptée des seins. C'était l'Espagne, c'était surtout l'élément bohémien errant dans ce pays de lumière et de monts où Dieu fut si tyrannique. La danse espagnole est pour beaucoup l'œuvre de ces bohémiens ; l'invasion more s'y survit. Elle raconte plastiquement l'Andalousie râlant sous l'Inquisition, et, cependant, poussant dans le corps de ses femmes, comme en des bourgeons merveilleux, la sève de sa terre miraculeuse. Tour à tour provocante et séduite, se livrant et se rétractant, tour à tour servile et impérieuse, elle est la revendication sinueuse du sol et des sens ; elle est la révolte du paganisme proscrit et invincible ; elle est l'inéluctable et nécessaire Désir. Et longtemps, en Espagne, la volonté de vivre toute la pauvre vie humaine, la liberté, se réfugieront dans la sorcière qui sait les plantes et croit aux astres ; dans ces danses aux lenteurs opulentes de rose, et dans leur héroïne : la gitana. Des siècles d'amour opprimé brûlent en elle ; ils ont sculpté ses seins, creusé ses reins nerveux. Ils habitent sa chair heureuse. Ils ondoient dans sa marche irritante ; et c'est de leurs feux que crépite la flamme noire de ses cheveux.

 

 

 

une répétition du ballet d'Endymion et Phœbé (de g. à dr. : Mlles Dugué, Chambon, X, Luparia, Régina Badet, X, X)

 

 

Cet être impulsif et chaleureux, où la nature éclate et se donne, Régina Badet le réalise pleinement. On eut tout de suite l'impression qu'une telle perfection dépassait la convention théâtrale, et que c'était la vie elle-même qui dansait.

 

La vie, voilà la qualité, — et c'est en art comme ailleurs la valeur suprême — par quoi Mlle Régina Badet nous séduit inégalablement. Chacun de ses regards, de ses gestes, en est expressif. Quand elle s'ébat, il s'élargit d'elle au public, s'il m'est permis d'ainsi dire, comme une tiédeur persuasive qui trouble et qui séduit, tel un effluve d'été. Elle est apte spontanément à la vérité dans les attitudes ; et de tout son art rayonne cette force rare : la santé.

 

Chaque nouvelle incarnation a confirmé ce génie de faire vivant qui caractérise Mlle Régina Badet. Elle en a fourni une preuve prestigieuse dans le rôle de Théano d'Aphrodite, où elle symbolise exactement le crépuscule de volupté d'une civilisation à son déclin. Mme Mariquita peut être fière d'une telle élève ; les artistes et le public lui en ont une vive gratitude.

 

(Georges Pioch, Musica n°55, avril 1907)

 

 

 

une répétition du ballet de Lakmé (de g. à dr. : X, X, X, Mlles Luparia, X, Richomme (1re danseuse), Ridd, X)

 

 

 

 

 

 

 

 

Espanita Cortez, première danseuse étoile de l'Opéra-Comique, et Michel Rayne, danseur étoile, dans le Tricorne

 

 

Peut-on sauver les ballets de l’Opéra-Comique ?

 

Sous prétexte que les imbéciles sont les seuls, en notre temps, à ne pas changer d'avis, les ballets de l'Opéra-Comique — qui furent supprimés, puis rétablis — risquent aujourd'hui de disparaître une fois de plus ; au nom des beaux principes d'économie, bien entendu.

M. Nicolas Koudriatzseff, l'impresario qui a organisé au Canada la tournée de la Comédie-Française et celle de la Compagnie Barrault-Renaud, a dû renoncer, d'accord avec son collègue des U.S.A., M. Uroch, à faire venir sur le Nouveau Continent la troupe chorégraphique de l'Opéra. Il y avait trop de frais ; trop de difficultés administratives, peut-être aussi. Certaine de ces demoiselles n'aurait-elle pas exigé qu'on fit atterrir son avion au beau milieu de New York, tout près du trafic ! Mais il m'a confié qu'un certificat d'origine tel que celui de l'Opéra-Comique jouissait, là-bas, d'un grand prestige. La danse, cet article d'exportation, n'a pas besoin des 20 % de prime pour plaire à l'étranger. De la Salle Favart pourraient donc partir, chez nos amis d'Europe ou d'outre-Atlantique, les artistes des ensembles avec les trois ou quatre étoiles qui ne sont pas encore devenues aussi autoritaires que des généraux, et qui ne veulent pas ruiner immanquablement leurs impresarii !

D'abord, un ballet coûte moins cher à monter Salle Favart qu'au Palais Garnier. Citons des faits : Annabel Lee, d'après un conte d'Edgar Poe, a triomphé, cette année, à l'Opéra-Comique. Les dimensions de la scène et de la salle rendent obsédant le cauchemar de ce couple qui, au-delà de l'étreinte, est voué à la mort. Des voilures, des cordages apparaissent en filigrane, en ombres chinoises, sur un fond, rouge comme un brasier représentant un port dont on devine à peine les embarcadères... Cent projecteurs aux mouvements invisibles transfigurent le drame : Marjorie Tallchief et George Skibine, par leurs attitudes, par leurs expressions pathétiques, font évoquer le jugement dernier de Michel-Ange. Magie de l'électricité ! Le luminaire, dirigé par un virtuose, S. Apruzzese, diffuse des vapeurs — des ténèbres aussi — sans oublier des flammes. Concordance parfaite : les deux grands danseurs semblent, dans cet incendie, faire craquer le cadre de la scène.

Jamais, bien entendu, les fastes de l'Opéra ne pourront s'accommoder d'un plateau qui demeure trop exigu pour les défilés quasi militaires de l'Opéra, pour des effectifs incluant la territoriale aussi bien que les enfants de troupe. D'où nécessité de veiller d'autant plus à la qualité des réalisations, Salle Favart ; de près, les illusions — que favorise la rampe — se dissipent et deviennent, pour le public, autant de trahisons, de réalités pesantes !

Curieuse époque ! A peine avons-nous renié Marius Petipa, et son héritière, Carlotta Zambelli — la sylphe — qu'il nous faut être à jamais asservis par ce doux géant : Serge de Diaghilev ! Nous ne nous sommes plus jamais repris. Par amour, il fit exprimer, à la danse de son pays, les messages de poésie et de musique que signèrent, notamment, Cocteau, Milhaud, Auric, Poulenc. Tel fut le zèle des disciples que rien ne fut plus tenté pour innover. Cinquante ans de pouvoir, après une révolution bienfaisante, engendrent la routine, provoquent les redites... Où sont les jeunes ?

Pourquoi ne pas essayer, à l'Opéra-Comique, des choréauteurs — disons, plus simplement, des maîtres de ballet — que l'on mettrait à l'abri des embarras financiers dévolus aux compagnies dites d'avant-garde ? Une génération montante doit être projetée en avant, au premier plan, grâce à nos deniers de contribuables. Place Boieldieu, on le fera bien, je le sais ; et aux moindres frais. A qui faire appel ? Maurice Béjart a franchi le stade des mises au point imparfaites ; Marigny fut récemment une plate-forme pour lui : le modernisme de ses conceptions demeure encore agressif. Roland Petit, lui, a perdu la pureté de son inspiration en rêvant de descentes d'escalier, de danses classiques devenant canailles : le music-hall ne l'a pourtant pas encore adopté. Babilée, ayant associé l'audace de ses bonds, l'insolence triomphante de ses attitudes au renom de Jean Cocteau, semble devoir interpréter, à perpétuité, l'émouvant Jeune homme et la mort. Ces trois danseurs, qui font danser, ne détiennent pas le monopole des audaces.

Monsieur le ministre, donnez encore une chance aux ballets de l'Opéra-Comique, à condition qu'ils aient de nouveaux maîtres. Cette générosité bien placée, bien contrôlée, s'avérera rentable. Le répertoire n'en vivra que mieux. Des inconnus enlèveront sa poussière ; quant aux créations, elles seront épaulées par le rayonnement de compositeurs et de peintres qui marquent trop souvent le pas. Les premières représentations provoqueront des surprises, voire de l'indignation. Rassurons-nous, ce n'est pas à chaque coup que le scandale ayant accueilli le Sacre du printemps pourra éclater... Enfin, la vanité des snobs étant piquée, le succès populaire sera assuré. Non, il ne faut pas réduire au chômage tout le corps de ballet, mais une partie seulement. Déjà, paraît-il, une bonne moitié a reçu son congé. Gardons les cadres : le passé comporte un enseignement.

Il y avait, une fois, une bonne petite compagnie de ballets, une sorte de coopérative, d'association où, parmi d'excellents artisans, se trouvaient des tempéraments exceptionnels. Vous avez reconnu les ballets de l'Opéra-Comique tels qu'ils furent il y a dix ans. Solange Schwarz, transfuge de l'Opéra, défendait la cause d'une virtuosité acquise par une rigoureuse formation classique. Paul Goubé, bien qu'étant le frère d'Edmonde Guy, dédaignait le music-hall pour la danse. Il y a trois ans, on décida de tout supprimer ; Goubé a donc fait carrière, depuis, en promenant des spectacles qu'il interprète et règle lui-même. Tous les artistes se dispersèrent alors. Il fallut repartir de zéro ; quand les autorités changèrent d'avis...

 

 

 

Mona du Château, de l'Opéra-Comique, dans le Beau Danube

 

 

Quel est le bilan de l'Opéra-Comique ? Les divertissements qui sont la parure des œuvres lyriques suffiraient à prouver que la troupe ne démérite pas. Certes, Mariquita, maîtresse de ballet aimant la tradition, trouva jadis moyen de passionner les foules avec les danses d'Orphée. Régina Badet, sous la direction d'Albert Carré, séduisit tout le Boulevard — par sa beauté. On parle encore des poses suggestives qu'elle prenait dans le Mariage de Télémaque. Aujourd'hui, les exigences sont d'un ordre différent. Mlles Mona du Château, Lebertre ou Krempff font applaudir, par les connaisseurs, le couronnement de la muse de Louise, le marché hindou de Lakmé ou la pavane de Manon. Le train-train est donc excellent. Passons aux soirées uniquement consacrées à la danse.

L'idée de consacrer, Salle Favart, le vendredi aux ballets est excellente. L'Opéra, lui, a ses mercredis. Déjà, la Pavane pour une infante défunte avait, grâce au talent expressif de Mlle Espanita Cortez, apporté à la gloire de Maurice Ravel l'hommage de cette artiste sincère. En même temps que ce mimodrame mélancolique, passionné, on put afficher Heure espagnole, qui demeure marquée par le souvenir de Fanny Heldy, sa créatrice. On fit mieux ensuite. Pour remettre tout en activité, pour libérer des forces trop longtemps refoulées, Léonide Massine fut requis. C'est ainsi que réapparurent, sous le contrôle de leur créateur, les meilleures œuvres du disciple de Diaghilev. D'abord, le Tricorne. Il ne se jouait plus comme à la création, devant la porte écrasante et ensoleillée qu'avait dessinée Picasso ; Manuel de Falla, avec ses arpèges en cascades, ses rythmes fiévreux, demeurait. Il fournit à la fougue d'Espanita Cortez, à l'expérience et au don tragique de M. Rayne, un prodigieux fond sonore. Dans le Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov, Mariano Andreu, lui, nous transportait, par son décor, en une Andalousie sans concessions à la facilité. Parmi les gitans, Jean-Bernard Lemoine exécuta une prodigieuse jota. Ces festivals Massine comportèrent également les Femmes de bonne humeur. Sur une place publique où l'on croyait reconnaître les maisons de Villefranche, avec la façade rose praline et crème fouettée de la chapelle Jean Cocteau, Christiane Vaussard, de l'Opéra, incarna la soubrette napolitaine. Sous le nez du public, l'esprit, la précision de ses pointes, la légèreté de ses cabrioles démontrèrent que Scarlatti et Goldoni avaient enfin trouvé leur cadre idéal. La présence de cette étoile de la danse galvanisa ses camarades de la Salle Favart ; citons MM. Lemoyne et Jacques Chazot, qui est, comme on le sait, l'auteur des meilleures anecdotes autour de Marie-Chantal, l'aristocrate, snob jusqu'à la férocité.

L'Opéra est là pour épauler la seconde scène lyrique pour lui donner du brio. Kalioujny, qui saute peut-être plus haut que ne le fit jamais Nijinski, vint, un soir, pour le pas de deux du Cygne Noir : Maryelle Krempff, nullement indignée d'un tel partenaire, exécuta fort bien les variations célèbres.

Ensuite et surtout, le Beau Danube a provoqué des incidents. Les valses, les flonflons, les rédowas de Johann Strauss n'en sont nullement responsables. Nervosité du public ? Sans doute les licenciements avaient provoqué, en coulisse, des rancœurs — que certains spectateurs partageaient. N'allons pas jusqu'à conclure que la représentation du 28 juin 1957 ait eu un retentissement susceptible d'impressionner les bureaux qui veulent, de toute urgence, réduire les budgets ! Retenons surtout que les réactions, même véhémentes, témoignent de la vitalité d'un auditoire et de l'intérêt passionné qu'il prend au spectacle. Qui, je le demande, aurait jamais pensé interdire les corridas en Espagne, sous prétexte qu'un toréro a été hué ou sifflé ?

Périsse, s'il le faut, le vieux corps de ballet ! L'Opéra-Comique doit se débarrasser de quelques poids lourds pour mieux dépister des talents nouveaux et faire œuvre utile de prospection : M. Agostini saura provoquer une telle curiosité que ce valeureux théâtre possédera, même grâce aux spectacles de danse, un attrait magnétique sur les foules.

(André Rivollet, Musica disques, novembre 1957).

 

 

 

 

 

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