MUSIQUE DE LA GARDE RÉPUBLICAINE

 

 

 

 

L'organisation nouvelle de l'armée, en modifiant l'effectif des corps d'infanterie et en réduisant la durée du service actif, devait nécessairement entraîner l'adoption de dispositions spéciales intéressant la constitution et le fonctionnement des musiques militaires. C'est dans ces conditions qu'est intervenue la loi du 1er avril 1930 relative à leur réorganisation, ainsi qu'à la situation du personnel des chefs et sous-chefs de musique.

 

Contrairement à ce qui eut lieu après la guerre de 1870-1871 — où la suppression des musiques fut un moment envisagée — le Parlement, mieux informé, a estimé que, même avec les difficultés du service à court terme, leur rôle essentiel reste d'être un organe militaire destiné à exercer une action puissante sur le moral et la sensibilité des troupes. Par ailleurs, au point de vue social, les musiques militaires sont non moins utiles, car elles contribuent à assurer la formation des groupements musicaux (harmonies, musiques, fanfares, etc.) et facilitent le recrutement de leurs membres.

 

Enfin, comme l'exposait au Sénat le général Hirschauer, rapporteur de la loi, dans notre pays si attaché par goût et par tradition aux cérémonies militaires, les fêtes auxquelles participe l'armée ne prennent tout leur sens et leur valeur éducative que si elles retentissent des accents des fanfares ou musiques militaires, qui leur donnent toute la solennité désirable.

 

Aux termes des dispositions nouvelles, le nombre des musiques militaires est de soixante-huit, et celui des fanfares de cinquante et un, pour l'ensemble de l'armée. Leur composition, sauf celle de la légion de la Garde républicaine qui a une constitution spéciale, a été fixée, par le décret du 21 juin 1930, à trente-huit exécutants pour les musiques et à dix-neuf pour les fanfares. Afin d'assurer à ces organes les instrumentistes qui sont indispensables à leur bon fonctionnement, il est prévu dans leur composition un certain nombre de militaires de carrière, solistes et chefs de pupitre ayant rang de sous-officier qui rappellent les gagistes d'autrefois. Quant aux chefs de musique, dont le statut était jusqu'alors régi par la loi du 7 avril 1902, il a paru équitable d'améliorer leurs conditions d'existence en les faisant bénéficier de mesures analogues à celles prises à l'égard des personnels de la plupart des services de l'armée. C'est ainsi qu'on leur a donné le grade effectif (chef de musique commandant, chef de musique capitaine, chef de musique lieutenant, chef de musique sous-lieutenant) dont ils n'avaient jusqu'alors que l'assimilation, et que leur hiérarchie, qui s'arrêtait au grade de capitaine, comportera désormais l'échelon de commandant, dont l'accès est réservé au chef de musique de la légion de la Garde républicaine.

 

Il a paru légitime de reconnaître les services éminents de celui-ci, qui n'obtient la direction de cette phalange d'élite qu'à la suite d'un concours difficile passé devant un jury composé de personnalités musicales les plus marquantes (professeurs au Conservatoire national de musique, compositeurs, etc.), et d'anciens chefs de musique de la Garde. Cette mesure si justifiée s'imposait d'autant plus que, lors de déplacements à l'extérieur ou à l'occasion de cérémonies internationales, le chef de musique de la Garde républicaine s'est trouvé parfois en état d'infériorité, quant aux préséances, vis-à-vis des chefs de musique étrangers, dont plusieurs sont en possession du grade d'officier supérieur. (Il n'est pas inutile de rappeler à ce propos qu'il existait en Allemagne avant la guerre, un emploi d'inspecteur des musiques militaires avec rang de colonel.) De même, il a paru équitable de rehausser la situation du sous-chef de musique de la Garde ; celui-ci pourra dorénavant être nommé au grade de sous-chef de musique principal. Par ailleurs, sa limite d'âge est fixée à cinquante-cinq ans, alors que les autres sous-chefs de musique de l'armée ne peuvent rester en activité au delà de cinquante ans ; en outre, il percevra une solde spéciale.

 

Musique de la légion de la Garde républicaine. — L'origine de la musique de la Garde républicaine remonte à 1848, à l'époque où fut créé, à Paris, sous ce nom, le corps qui remplaçait la Garde civique. Le noyau en fut constitué bénévolement par la réunion, sous la direction du maréchal des logis trompette Paulus (Jean-Georges), de jeunes instrumentistes dévoués à l'art musical qu'on avait prélevés sur les unités de la Garde. Ceux-ci formèrent bientôt une fanfare dont l'existence n'avait aucun caractère officiel. Ce fut dans ces conditions particulièrement modestes que se groupèrent les premiers éléments de ce corps d'élite appelé à une si glorieuse destinée.

 

Quelques années plus tard, le 10 mai 1852, lors de la distribution des drapeaux qui eut lieu au Champ-de-Mars, la fanfare de la Garde de Paris (la Garde républicaine était devenue la Garde de Paris) s'imposait à l'attention générale par l'exécution d'œuvres de son répertoire. Elle obtenait un très vif succès et recevait sur-le-champ les félicitations du Gouvernement pour qui l'audition de cette fanfare avait été une véritable révélation. Désormais, son existence était assurée ; elle devait être de toutes les fêtes et cérémonies officielles.

 

 

 

la musique de la Garde de Paris en 1856

 

 

En 1856, un décret du 12 mars transformait en musique d'harmonie, à l'effectif de cinquante-cinq exécutants, la fanfare créée par Paulus. Celui-ci, qui avait été nommé l'année auparavant au grade de chef de musique avec rang de sous-lieutenant, voyait ses efforts récompensés et pouvait plus tard s'enorgueillir à juste titre d'avoir doté la France de son institution musicale la plus populaire. Les circonstances d'ailleurs favorisaient alors les musiques militaires. Le décret du 16 août 1854, à la préparation duquel avait participé le général Mellinet, établissait une organisation des musiques de l'armée dont l'influence fut considérable sur le développement des harmonies et fanfares. La réalisation, par Adolphe Sax, de perfectionnements dans le mécanisme des instruments à vent devait aussi y contribuer de la manière la plus heureuse.

 

La musique de la Garde de Paris s'assura vite un rang éminent parmi les musiques d'harmonie. Lors de l'Exposition universelle de 1867, elle participa au concours international de musique et s'adjugea le premier grand prix ex æquo avec la musique autrichienne « Duc de Wurtemberg » et les musiques réunies des « Grenadiers de la Garde n° 2 » et de la « Garde Royale de Prusse ». A ce concours avait également pris part la musique des Guides de la Garde Impériale, de formation récente et qui jouissait aussi d'une grande réputation.

 

Le succès retentissant que Paulus remporta avec ses artistes, lui valut de recevoir de flatteuses invitations de la part de l'étranger désireux d'entendre cette phalange musicale, dont la renommée commençait à s'étendre hors de nos frontières.

 

Successivement la musique de la Garde, devenue Garde républicaine en 1871, se rendit en Angleterre à l'occasion de l'Exposition internationale de Londres, puis aux Etats-Unis, en 1872, où elle obtint le premier grand prix à l'important festival organisé à Boston. En 1879, elle retourna à Londres et y fut accueillie avec enthousiasme. Sa réputation universelle était établie.

 

Sellenick, qui, de 1871 à 1872, avait dirigé la musique de la 2e légion de la Garde républicaine, succéda le 6 novembre 1873 à Paulus atteint par la limite d'âge. Comme ce dernier, Adolphe Sellenick était d'origine alsacienne. Ancien chef d'orchestre à l'Opéra de Strasbourg, compositeur de talent, il est l'auteur de petits chefs-d’œuvre dont le plus célèbre est la Marche indienne. L'habile impulsion qu'il donna à la musique, la Garde contribua puissamment à son développement artistique. Celle-ci vit alors son effectif porté à soixante-quinze exécutants par la fusion des musiques des 1re et 2e légions de la Garde républicaine.

 

La direction passa en 1884 aux mains de Gustave Wettge, chef de musique au 1er régiment du génie. Originaire du Nord, compositeur agréable et habile harmoniste, il laissa le souvenir d'un chef distingué. Il fut le premier candidat qui s'assura au concours le pupitre de direction de la musique de la Garde.

 

Le 24 février 1893, Gabriel Parès lui succédait. Il était Parisien de naissance et son père avait lui-même servi comme musicien à la Garde. Parès avait été élève de Maury, professeur au Conservatoire national de musique et sous-chef de la musique de la Garde ainsi que l'un des artisans de sa formation. Le nouveau chef s’était déjà distingué à la tête de la musique des Equipages de la flotte, à Toulon, notamment lors du grand festival militaire qui eut lieu à Paris, à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889.

 

Musicien averti, il dota la musique de la Garde républicaine d'un répertoire vraiment digne d'elle ; les œuvres symphoniques de nos grands maîtres, savamment orchestrées par lui, y prirent une place prépondérante.

 

La loi du 7 avril 1902 ayant modifié le statut du personnel des chefs de musique de l'armée et constitué leur corps en trois classes avec correspondance de grade jusqu'à celui de capitaine, Gabriel Parès devint le premier chef de musique de la Garde ayant rang de capitaine. Il eut l'honneur de recevoir, en novembre 1897, la musique du régiment Préobrajenski, de la Garde impériale russe. Lors de l'Exposition internationale de Saint-Louis en 1904, la musique de la Garde républicaine fit avec lui un voyage triomphal aux Etats-Unis ainsi qu'au Canada.

 

Chaque année, ce corps musical d'élite était appelé en tous lieux pour prêter son concours à des cérémonies officielles ainsi qu'à des fêtes diverses. Les fréquents services auxquels il avait ainsi à satisfaire ne furent d'ailleurs pas sans créer, à un moment donné, quelques difficultés dans le recrutement de ses membres, et au mois de décembre 1910, Gabriel Parès abandonna le pupitre de direction. (L'intérim devait être exercé pendant quelques mois par César Bourgeois, sous-chef de musique de la Garde.)

 

Indépendamment des nombreuses transcriptions d'œuvres symphoniques et des sélections d'opéras et opéras-comiques, où Parès se révèle un orchestrateur de talent, on lui doit des compositions, marches militaires, ouvertures dramatiques, ainsi qu'un bon traité d'orchestration et d'instrumentation militaires.

 

En juin 1911, la musique de la légion de la Garde républicaine passait sous la direction de Guillaume Balay, qui avait été l'élève de Paul Vidal. Originaire de Crozon (Finistère), compositeur apprécié, le nouveau chef continua l'importante tâche de ses prédécesseurs et enrichit le répertoire d'œuvres symphoniques de tout premier ordre. C'est à lui qu'échut l'honneur pendant la guerre de recevoir à Paris la musique des Carabiniers royaux d'Italie et celle des « Coldstream's guards » et de diriger un grand concert qui réunissait les trois gardes dans un festival, le 28 avril 1916. Il devait encore présider en 1917, la solennité organisée au Trocadéro par les deux cent cinquante musiciens de la Garde royale anglaise au bénéfice des populations des villes françaises reconquises par l'armée britannique.

 

Depuis le 1er mai 1927, Pierre Dupont occupe le pupitre de direction.

 

Né à Saint-Omer, le 3 mai 1888, il fit ses premières études d'harmonie à l'Ecole nationale de musique de cette ville, sous la direction d'Henri Filleul, puis au Conservatoire de Paris, en 1905, où il entrait dans la classe d'harmonie de Lavignac ; il devenait ensuite l'élève de Paul Fauchet, professeur au Conservatoire, avec qui il terminait ses études.

 

Reçu avec le n° I chef de musique en 1911, il fut affecté au 67e régiment d'infanterie, puis successivement au 401e à Strasbourg et au 170e R. I. à Kehl.

 

A la tête de la musique de ce régiment, Pierre Dupont obtint, en 1926, avec félicitations du jury, le premier Grand Prix international au grand tournoi de musique militaire du Havre, où s'étaient rencontrées des musiques militaires étrangères réputées, telles que celles de la « Royal Artillery Band » de Londres et de la Garde royale de Hollande.

 

Il est le premier qui, pour son admission à la Garde républicaine, ait subi l'épreuve de chef d'orchestre, laquelle — chose pour le moins surprenante — n'avait jusqu'alors jamais été imposée aux concurrents.

 

Pierre Dupont est un orchestrateur de grand mérite : il a transposé pour l'orchestre d'harmonie les œuvres symphoniques des compositeurs les plus marquants de l'école moderne et encore enrichi le répertoire, déjà considérable, de la musique de la Garde.

 

Promu le 25 mars 1931 au grade d'officier supérieur, il est le premier chef de musique de l'armée à bénéficier des dispositions nouvelles de la loi du 1er avril 1930, qui permet de conférer, au choix, le grade de commandant au chef de musique de la légion de la Garde républicaine, après six années d'ancienneté de fonctions dans le grade précédent. Par le même décret, Foret, sous-chef de musique de la garde, a été nommé sous-chef de musique principal.

 

 

 

la musique de la Garde républicaine en 1927

 

 

Cette brillante phalange, si appréciée des Parisiens, et qui s'est acquis une réputation mondiale, groupe l'élite des artistes musiciens pour la plupart lauréats du Conservatoire national de musique. Certains même sont professeurs au dit établissement ou encore solistes réputés de nos grands orchestres symphoniques. Parmi les solistes qui ont contribué, dans le passé, à la réputation de la musique de la Garde, il convient de citer : Léon Fontbonne, flûtiste ; Thriébert, Clerc et Gaudard, hautboïstes, de l'Opéra et des concerts Colonne ; Paradis, clarinettiste de l'Opéra ; Prevet, Lachanaud et Laforgue, cornets à piston de l'Opéra ; A. Petit, trompette, professeur au Conservatoire ; Couillaud, trombone, professeur au Conservatoire, etc.

 

L'effectif de la musique de la Garde est actuellement de quatre-vingt-trois musiciens, comprenant, outre le chef et le sous-chef, des musiciens de 1re de 2e et de 3e classe ayant tous rang de sous-officier ; ceux-ci bénéficient d'un traitement différent suivant la classe. Leur recrutement se fait par sélection au concours et sous réserve de certaines conditions d'aptitude au service militaire.

 

(A. Delbé, Larousse Mensuel Illustré, août 1931)

 

 

 

 

 

 

solistes de la Musique de la Garde républicaine (1904-1905)

 

 

 

 

QUELQUES MUSICIENS DE LA GARDE RÉPUBLICAINE

 

 

 

BALAY Guillaume (29.Crozon, 30 avril 1871 – 29.Morlaix, 13 décembre 1943). — Chef de la musique de la Garde Républicaine de 1911 à 1927.

 

BOURGEOIS César (59.Armentières, 08 juillet 1870 – Paris, 05 décembre 1950). — Sous-chef de la musique de la Garde Républicaine de 1905 à 1925 ; chef intérimaire de la musique de 1910 à 1911.

 

BRUN François-Julien (42.Saint-Etienne, 18 juin 1909 – Paris, 13 mai 1990). — Flûte solo de la Garde Républicaine à partir de 1937 ; chef de la musique de 1945 à 1969.

 

COURTADE Alexandre (Paris, 04 mars 1872 – 1951). — Trompette solo de la Garde Républicaine et chef de fanfare à l'Opéra.

 

 

 

 

DEFRANCE Gabriel (87.Limoges, 03 mars 1878 – 94.Gentilly, 02 avril 1952). — Tambour-major de la Garde Républicaine de 1911 à 1933.

 

 

 

 

DEVÉMY Jean Fernand Paul (59.Valenciennes, 05 avril 1898 – 1969). — Cor d'harmonie, soliste de la Garde Républicaine et des Concerts Lamoureux.

 

DUPONT Pierre (62.Saint-Omer, 03 mai 1888 – 92.Suresnes, 18 septembre 1969). — Chef de la musique de la Garde Républicaine de 1927 à 1944.

 

 

 

 

FONTBONNE Léon (63.Clermont-Ferrand, 10 avril 1858 – 09 mai 1940). — Flûte solo de la Garde Républicaine de 1883 à 1908.

 

FORET Félicien (51.Vertus, 21 juillet 1890 – 07.Tournon-sur-Rhône, 19 août 1978). — Sous-chef de la musique de la Garde Républicaine de 1925 à 1945.

 

FOVEAU Eugène Joseph (21.Dijon, 20 novembre 1886 – 05 janvier 1957). — Bugle solo de la Garde Républicaine de 1918 à 1936. Trompette solo à l'Opéra à partir de 1914. Professeur de cornet à pistons au Conservatoire de Paris du 01 mars 1925 au 20 novembre 1956.

 

 

 

 

GOURDIN Charles (1868 – 1936). — Tambour-major de la Garde Républicaine de 1895 à 1911.

 

PAPAIX François. — Sous-chef de la musique de la Garde Républicaine (en poste en 1904-1905).

 

PARADIS Henri (84.Avignon, 13 décembre 1861 – 07 mars 1940). — Clarinette solo de la Garde Républicaine (en poste en 1904-1905) et de l'Opéra.

 

PARÈS Philippe Charles Gabriel (Paris, 28 novembre 1860 Paris, 02 janvier 1934). — Chef de la musique de la Garde Républicaine de 1893 à 1910. Il a composé le Secret de Maître Cornille, opéra-comique. Père du compositeur Philippe Parès (01 janvier 1901 – 02 février 1979).

 

 

 

 

PAULUS Jean Georges (67.Haguenau, 05 août 1816 – 75007.Paris, 14 avril 1898*). — Fondateur et Chef de la musique de la Garde Républicaine de 1848 à 1873.

 

PONSEN Raoul (– 08 janvier 1971). — Trompette-major de la Garde Républicaine à partir de 1938.

 

PRODHOMME Louis Pierre (53.Chemazé, 21 août 1883 – 1952). — Trompette-major de la Garde Républicaine à partir de 1911 à 1938.

 

SELLENICK Adolphe (33.Libourne, 03 septembre 1826 – 27.Les Andelys, 25 septembre 1893). — Chef de la musique de la Garde Républicaine de 1873 à 1884. => biographie

 

STÉNOSSE André Hippolyte (Paris, 19 novembre 1874 ). — Flûte solo de la Garde Républicaine.

 

VERNEY René (Paris, 14 mars 1880 –). — Clarinette solo de la Garde Républicaine.

 

WETTGE Gustave (59.Condé-sur-l'Escaut, 21 juillet 1844 – 92.Bois-Colombes, 14 mai 1909). — Chef de la musique de la Garde Républicaine de 1884 à 1892.

 

 

 

 

 

Un festival des musiques militaires européennes à Paris, en juillet 1933. Le capitaine Pierre Dupont, chef de la musique de la Garde républicaine, dirige l'exécution d'un concert donné aux Tuileries. De gauche à droite, on reconnaît : les grenadiers de la garde royale britannique, le Ier régiment des guides belges et la Garde républicaine.

 

 

 

 

 

 

 

LA MUSIQUE DE LA GARDE RÉPUBLICAINE

 

 

Bien surpris aurait été le trompettiste Jean-Georges Paulus si quelque voyante inspirée lui avait dévoilé que le noyau de trompettistes dont il était l'animateur monterait dans le firmament de la musique, pour devenir une harmonie de haut renom. Il eût mal imaginé qu'une célébrité mondiale serait acquise à une phalange aux débuts modestes, aux services étroitement limités. A quoi pouvaient bien penser les hommes de Paulus, tous bénévoles ? Certes, nulle ambition de lucre ne les atteignait, nulle pensée intéressée ne venait les visiter. Du travail bien fait, des sonorités héroïques bien calibrées, que demander de plus ? C'est pourtant de ces débuts modestes que naîtra la musique de la Garde, celle dont, un jour, George V dira : « La France peut être fière de posséder un tel joyau. »

 

Comment Paulus arriva à ses fins.

 

Ces musiciens avaient formé une fanfare, la Fanfare de la Garde de Paris. Nulle reconnaissance officielle. Certain jour — le 10 mai 1852 —, il advint qu'une distribution de drapeaux eut lieu au Champ-de-Mars. Présente à cette cérémonie patriotique, la Fanfare de la Garde de Paris lança aux échos de fières sonorités qui enthousiasmèrent la foule. Un enthousiasme qui gagna les chefs militaires et les membres du gouvernement. Ce fut, après l'exécution, une pluie d'éloges sur le chef et les musiciens, Belle occasion ! pensa Paulus. Il s'agissait de ne pas la laisser échapper. Il fit si bien qu'une existence officielle lui fut reconnue, à lui et à ses musiciens, dont la vie précaire fut ainsi garantie contre les incertitudes quotidiennes.

Heureux débuts ! Quelques années plus tard, le 12 mars 1856, par décret, la fanfare de Paulus devenait harmonie, avec un effectif de cinquante-cinq musiciens. Paulus n'est pas oublié, dans cette marche au succès, et le maréchal des logis est promu sous-lieutenant. Les futurs chefs pourront prétendre à des grades plus élevés. La musique militaire restait fidèle aux rythmes des marches, mais le répertoire symphonique ne devait pas lui rester fermé.

 

Le vent en poupe.

 

Les Parisiens étaient fiers de cette harmonie, qui avait si rapidement gravi les échelons du succès et donné des preuves de sa valeur et de sa vitalité, au cours de nombreuses exécutions publiques. L'autorité militaire n'avait pas refréné le développement d'une institution qui la flattait. Si décisive, cette réussite de l'harmonie de la Garde, qu'à l'Exposition Universelle de 1867 un premier grand prix lui est décerné. Honneur qu'elle partage avec de réputées musiques étrangères comme la musique autrichienne « Duc de Wurtemberg », le 2e régiment et les grenadiers de la garde royale de Prusse.

Le souvenir de ce concours est toujours présent dans la salle des répétitions. Un parchemin rappelle ce succès. Il est signé d'illustres noms : Berlioz, Delibes, Ambroise Thomas, Gounod, Reber. Pourquoi, dès lors, ne pas chercher d'autres succès en dehors des remparts de Paris, et cueillir de nouvelles sympathies ? Aussi, en 1871, la musique de la Garde se rend à l'Exposition de Londres, où le public lui témoigne sa faveur. En 1872, elle traverse l'Océan, et Boston lui réserve un Premier Grand Prix.

 

 

 

Diplôme décerné à la musique de la Garde de Paris lors du concours international de 1867, et portant les signatures de Léo Delibes, Hector Berlioz, Henri Reber, François Auber, Charles Gounod, Ambroise Thomas, membres du jury.

 

 

Deux successeurs de marque : Sellenick, Wettge.

 

Paulus meurt le 6 novembre 1879. Sellenick lui succède, Alsacien comme Paulus. Il a de la ténacité, et il parvient à fusionner avec la musique de la Garde les 1re et 2e Légions, ce qui porte l'effectif à soixante-quinze exécutants. Sellenick, qui ne craint pas sa peine, destine à sa formation de nombreuses compositions, parmi lesquelles certaine Marche indienne qui n'a pas déserté les pupitres des musiques populaires.

La région du Nord est, on le sait, riche en musiciens, et c'est de cette région que vient Wettge, qui prend, après Sellenick, la direction de la musique de la Garde. Il venait de la musique du Ier Génie. Wettge fut le premier chef à passer un concours qui exige des connaissances musicales très poussées. L'harmonie doit lui être familière. Il doit se retrouver dans les dédales du contrepoint et ne rien ignorer des subtilités de la fugue. Et, de plus, qu'exige-t-on d'un chef, sinon de disposer du fluide mystérieux, signe de l'autorité qui impose non seulement la volonté, mais aussi le goût de celui qui commande ? A ce don intérieur s'ajoute la finesse de l'oreille, qui ne se laisse pas surprendre et dépiste les intonations troubles. Voilà ce qu'à l'avenir on demandera aux chefs de posséder, quand ils monteront au pupitre.

 

 

 

Lors du concours de 1867, la musique de la Garde de Paris offrit aux musiciens étrangers invités un fastueux banquet, au célèbre restaurant des Frères Provençaux. Le dessin ci-dessus évoque les toasts chaleureux qui y furent échangés.

 

 

Sous l'égide de Gabriel Parès et de Guillaume Balay.

 

Un nouveau chef à l'horizon, en 1891 : Gabriel Parès. Un Parisien bon teint qui s'avise de naître dans les parages immédiats de la caserne de la musique de la Garde, qu'il écoute avec ravissement. Est-ce prémonition ? L'enfant, l'adolescent se laissent bercer par ces échos. Puis, le jeune homme entre au Conservatoire, où il fait de sérieuses études. La musique militaire l'attire et l'attend, et, après avoir servi dans différents régiments, Parès est nommé chef de la musique des équipages de la flotte à Toulon, où il mûrit les conceptions qu'il appliquera plus tard.

Maintenant qu'il se sent plus sûr de lui-même, Parès a l'ambition de diriger, un jour, la musique de la Garde. Il se présente au concours, et réussit. L'âge mûr réalise les souhaits de l'enfance. Les méditations toulonnaises vont trouver leur application, grâce à la magnifique phalange qu'il va diriger. Pourquoi, se demande-t-il, les œuvres symphoniques réputées ne seraient-elles pas admises au répertoire des musiques d'harmonie ? Ces harmonies ne pourraient-elles jouer un rôle de premier plan pour propager le goût des chefs-d’œuvre, dont la jouissance est réservée à des privilégiés ? L'idée allait faire son chemin avec plus d'ampleur, et créer des foyers où la musique serait honorée avec plus de style.

Et ce fut l'apparition de transcriptions où les musiciens du passé fraternisaient avec les contemporains, et se mettaient avec ceux-ci à la portée des plus humbles auditeurs.

Parés devait en consigner les principes et l'application dans un magistral Traité d'orchestration qui fit sensation, à son apparition, et continue de conseiller utilement ceux que passionnent ces métamorphoses sonores.

Parès déploie également une grande activité, celle qui incombe à sa charge. Défilés, concerts, répétitions, réceptions, voyages ne manquent pas au tableau de service des chefs qui ont accepté de se dévouer à cette institution.

Pour sa part, Gabriel Parès se voit fort mêlé aux échanges de politesses musicales. Il accueille, en 1897, la musique du régiment Préobrajensky de la garde impériale de Saint-Pétersbourg. Et la musique de la Garde ira aux Etats-Unis, au Canada et à l'Exposition de Saint-Louis, pour y faire apprécier la solidité et le goût de son interprétation.

Un incident avec « le Tigre » obligera Parés à quitter la musique de la Garde. Mais, au cours de la guerre 1914-1918, on se souvient de lui, et on lui demande de se rendre aux Etats-Unis, pour montrer que le prestige de notre art est aussi vif que celui de nos armes.

 

 

 

Page de titre d'un rapport manuscrit d'Emile Perrot : Les musiques militaires en 1867, sur le fameux concours international de musique donné à Paris cette année-là, à l'occasion de l'Exposition Universelle.

 

 

Guillaume Balay.

 

Après deux Alsaciens, après un homme du Nord et un Parisien, un homme de l'Ouest, le Breton Guillaume Balay, va se pencher sur le destin de la musique de la Garde. Plusieurs unités régimentaires ont vu à l'œuvre ce fils du granit armoricain. Son autorité est connue, son goût apprécié. Il s'attachera, lui aussi, à faire prospérer le legs que les aînés lui ont transmis, car il y a déjà, à la Garde, une tradition, un esprit de corps.

Après ses études au Conservatoire de Paris, Balay prépare l'examen de chef et sacrifie à la composition, celle-ci inspirée souvent du terroir natal. En 1916, en pleine guerre, il reçoit la musique des carabiniers royaux d'Italie et la musique des Cold Stream Guards. Les deux musiques étrangères se joignent à la musique de la Garde et donnent un concert à la salle du Trocadéro, sous la direction de Guillaume Balay. L'effet sur le public est prodigieux, et les trois valeureuses harmonies s'unissent pour une œuvre de paix, dans une atmosphère de guerre.

 

Les effets de la musique : drame et comédie.

 

Beaucoup de personnes non initiées aux concerts symphoniques se sont découvert un goût musical en entendant la musique de la Garde. Elle exerce une irrésistible attraction sur des êtres étrangers à la casuistique des théoriciens, indifférents aux vaticinations des prophètes de la musique. Elle agit, elle envoûte même, comme le montre la tragique aventure que voici. Un jeune homme d'une trentaine d'années écoutait un jour, au Champ-de-Mars, un concert que dirigeait le commandant Pierre Dupont. La musique avait plongé cet auditeur dans une sorte d'état second, voisin de l'hypnose. Il entendait la musique, semblait-il, comme si elle venait d'un autre monde. Le concert terminé, il reste sur sa chaise. Tout le monde est parti. Un garde vient vers lui et le prie de se lever. Le regard fixe, étrange, le jeune homme se lève comme un halluciné. Puis il sort un revolver, l'appuie sur sa poitrine et se tire une balle dans le cœur. Il s'écroule, on se précipite et on le transporte à l'hôpital Necker. Il meurt avant d'y arriver. Dans sa poche, une lettre : « Je me tue, faute de pouvoir atteindre le but de ma vie : devenir musicien. J'ai tenu à écouter une dernière fois la musique de la Garde républicaine, afin de rester sous le charme de cette musique unique au monde. »

Dramatique fin d'un être hypersensible, qui subissait le pouvoir de la musique au point de s'abolir en elle. Ce prestige de la musique de la Garde pouvait donner lieu aussi à de moins tragiques dénouements. Après un concert donné à Turin par la musique, toujours dirigée par le commandant Pierre Dupont, une foule enthousiaste s'était massée devant le train, et prétendait s'opposer au départ. Une imposante femme brune aux yeux ardents avait été bouleversée par le style du piston solo, cependant qu'une autre brune, ravissante, avait cédé à l'éloquence chaleureuse du trombone. Le train put tout de même repartir.

 

 

 

 

Le commandant Pierre Dupont.

 

Le commandant Pierre Dupont, successeur de Guillaume Balay, restera dans le sillage de ses prédécesseurs, et restera fidèle à leur tradition, qui est de servir et d'oser. Jusqu'alors, les chefs de la musique de la Garde avaient le grade de capitaine. Un décret ministériel permit aux chefs d'accéder à celui d'officier supérieur. Pierre Dupont fut le premier à bénéficier de cette nouvelle disposition. Originaire de la région du Nord, il travailla l'harmonie avec Lavignac, au Conservatoire de Paris, après des débuts à l'école de musique de Saint-Omer. Reçu à l'examen de sous-chef, il est nommé à Brive. En 1911, il passe brillamment l'examen de chef et est reçu premier de sa promotion. Il est ensuite affecté au 62e, au 401e, à Strasbourg, et au 107e d'infanterie, à Kehl. La guerre, bien sûr, il l'avait faite, et bravement.

Après la retraite de Balay, Pierre Dupont prend part au concours imposé pour devenir chef de la musique de la Garde. Il est reçu premier. Il est aussi le premier à passer une épreuve de chef d'orchestre qui, jusqu'alors, n'avait été subie par personne. Sans doute, le nouveau chef rend-il aux classiques les honneurs attendus. Mais un souffle de modernité va passer dans les programmes, et les compositeurs contemporains sont admis à faire valoir des droits que reconnaît Pierre Dupont, en leur assurant des interprétations qui sont des leçons de style. Florent Schmitt se laissa solliciter, et écrivit pour la musique de la Garde une grande fresque sonore, Dionysiaques, créée par elle. D'autres noms : Fauré, Debussy, d'Indy, Ravel, Roussel, Pierné, et j'en oublie, goûteront à la généreuse hospitalité de la Garde. Pierre Dupont, s'il dirige, transcrit des œuvres, montrant dans cet art un tact rare. Pour évoquer le souvenir des soldats morts au combat, au tombeau du Soldat inconnu, à l'Arc de Triomphe, ou dans quelque haut lieu où la mémoire ne se dérobe pas, retentit souvent une sonnerie lente, plaintive, émouvante. C'est l'appel « Aux morts ». Pierre Dupont en est l'auteur.

Lors de sa rentrée à Paris, le 7 novembre 1944, la musique de la Garde donna un concert de gala au Palais de Chaillot, sous la présidence du général Kœnig, et sous la direction de Pierre Dupont. Un concert auquel participaient, avec la musique, la musique auxiliaire, les batteries et la fanfare de trompettes de cavalerie de la Garde. Ce fut le plus beau concert de la carrière de Pierre Dupont, que la retraite allait toucher.

 

Grandeur sans servitude de la musique de la Garde.

 

Dès l'origine, la musique de la Garde donnait un éclat, un lustre plus vifs à certaines cérémonies officielles. Un rôle qu'elle n'a jamais écarté. Musique militaire avant tout, elle est présente aux manifestations nationales. Elle rend honneur au chef de l'Etat, aux hautes autorités militaires et civiles. Elle participe aux défilés des unités de la Garde. des grandes écoles militaires, donne plus de grandeur au 14 juillet, au 11 novembre. Des marches comme Sambre et Meuse scandent fièrement ces défilés, chers au patriotisme des spectateurs.

Les hôtes illustres étrangers, les ambassadeurs sont souvent accueillis par la Garde. Ils sont flattés de cette délicate déférence. On parle encore, à la Garde, d'une piquante erreur que commit un jour une haute personnalité étrangère. Certain prince abyssin allait quitter Paris, et la musique de la Garde eut à lui souhaiter l'adieu en jouant l'hymne national abyssin, que l'on avait eu toutes les peines du monde à se procurer. Au moment de monter en wagon, le prince écouta, avec un profond recueillement, puis, l'exécution terminée, dit : « Comme elle est jolie, votre Marseillaise ! »

Les services de la musique de la Garde ne sont pas réservés aux seuls grands de la terre. Ils ont de plus modestes approbateurs. Pour les sociétés musicales populaires, elle est un guide, le flambeau qui éclaire la route de la musique. En l'écoutant, les harmonies trouvent une raison de faire mieux que leur propre travail de volontaires, d'amateurs dévoués. De tout temps, chaque fois que, invitée d'honneur, la Garde joue devant ces auditeurs un programme soigneusement composé, on parle longtemps de ces exécutions éclairs, dont la perfection ravit. Car on sait quelles difficultés il a fallu dépister, note par note, et vaincre, avant de triompher.

Ce sont, ces musiciens — on s'en doute quelque peu — des instrumentistes de haute classe, rompus aux surprises de la virtuosité. On n'entre à la musique de la Garde que par voie de concours, après des épreuves où les concurrents ont montré que les astuces techniques pouvaient être déjouées par leur propre astuce d'exécution. Ils sont tous premiers prix du Conservatoire de Paris. Concours qui est, en somme, une super-sélection, après un premier choix. Ce qui explique la perfection d'une mise au point sensible à l'extrême.

 

 

 

 

L'actuel chef de la Garde : François-Julien Brun.

 

Une centenaire dont la santé est celle de la jeunesse, telle nous apparaît la musique de la Garde. Elle existait, en fait, en 1848, mais la date officielle de sa naissance est l'année 1856. Six chefs ont guidé son cheminement à travers les ans. Son septième chef, celui qui la dirige actuellement, est François-Julien Brun. De brillantes études à la classe de flûte du Conservatoire de Paris lui assurent un premier prix de virtuosité que ratifie, en 1938, le Concours International de Vienne, en lui décernant le grand prix. Soliste des grands concerts et de la Radio, flûte solo de la musique de la Garde, il en prend, par la suite, la direction. Au Conservatoire, il avait suivi le cours d'harmonie de Paul Fauchet, pratiqué la fugue avec Caussade et la composition avec Paul Dukas.

François-Julien Brun entend réaliser ses fonctions de chef, délicates, comme elles le furent pour les aînés, dans un esprit de grandeur et de noblesse. Ses interprétations dénotent intelligence et sensibilité, au cours de programmes ouverts à toutes les brises de la musique. Le 28 avril 1948, au théâtre des Champs-Elysées, avec la présence effective du président Auriol, la musique de la Garde célébrait le centenaire de sa naissance. Elle se présentait sous une nouvelle formation, unissant l'harmonie traditionnelle à quarante instruments à cordes, une formation inédite due à son chef, François-Julien Brun, qui lui donne le nom d'orchestre harmono-symphonique. L'effectif de la musique de la Garde est dès lors porté à 123 musiciens, groupement dont Berlioz avait jadis tracé les grandes lignes et souhaité l'existence.

 

Voyage éclair au Japon.

 

Les voyages — ils forment la jeunesse — n'ont pas ralenti notre vaillante centenaire qui, d'un coup d'aile, s'est envolée vers le Japon, en déposant sa carte sur le pôle. Car le voyage se fit en avion. Un autre voyage, d'une trentaine de milliers de kilomètres, s'était déroulé en Amérique. C'était peu, comme record de vitesse, par comparaison avec le Japon. Dix-huit heures de vol avant d'atterrir au pays des kimonos.

Un pays où l'on aime la culture française, celui où l'on voit une jeune étudiante assurer le service de l'ascenseur dans un hôtel et lire nos auteurs les plus nouveaux, sensible aussi à notre musique, aux courants les plus divers de la musique occidentale. Des auditeurs qui écoutent avec passion, de jeunes musiciens qui s'assimilent nos procédés avant de jouer leur propre jeu sur l'échiquier de la musique. C'est dans un tel milieu que la Garde donna des auditions dont on apprécia la délicatesse et la force nuancée. Auditions qui furent répétées dans diverses villes du Japon. Là aussi, il est, comme en Occident, des harmonies populaires qui peuvent rivaliser avec les nôtres, ce qui dénote une évolution musicale très avancée, dans le sens que nous autres, Occidentaux, nous lui prêtons.

Le succès de François-Julien Brun fut très vif, très remarqué. Le chef et ses musiciens avaient engagé une partie difficile, qui fut gagnée. Une nouvelle page de gloire venait de s'inscrire dans les annales de ce joyau national. Un renom qui rejoint une parole célèbre de Georges Clemenceau : « La musique de la Garde est une institution nationale. » Nous ajouterons : « internationale ».

 

(Paul Le Flem, Musica disques, juillet 1962)

 

 

 

 

 

 

 

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