Encylopédie     © l’Art Lyrique Français

ŒUVRES LYRIQUES FRANÇAISES

A   B   C   D   E   F   G   H   I   J   K   L   M   N   O   P   Q   R   S   T   U   V   W   X   Y   Z

 

M

MAE - MAJ - MARG - MARJ - MAU - MER - MIN - MONS

 

 

M’AME NICOLAS

 

Opérette en un acte, livret de Gaston Villemer, musique de Frédéric Barbier, représentée à l’Eldorado en 1873.

 

 

MA FILLE

 

Opérette en un acte, livret d'Alexis Bouvier, musique d’Isidore-Edouard Legouix, représentée aux Délassements-Comiques le 20 mars 1866.

 

 

MA FOLIE-BERGÈRE

 

Opérette en un acte, musique de M. A. Pilot, représentée aux Folies-Bergère le 17 février 1877.

 

 

MA MIE ROSETTE

 

Opérette en trois actes, livret de Jules Prével et Armand Liorat, musique de Paul Lacôme, représentée aux Folies-Dramatiques le 04 février 1890. L'ouvrage devait s'appeler d'abord la Jeunesse de Henri IV. Le, livret, qui met en scène un épisode romanesque des jeunes amours du Vert-Galant, manque autant de nouveauté que d'invention ; il y a là des souvenirs du Diable à quatre et de Victorine ou la Nuit porte conseil. La musique, fraîche, aimable, gracieuse, lui est de beaucoup supérieure. A signaler, au premier acte, le duo : Nous allons entrer en ménage, la chanson du roi et de gentils couplets ; au second, le chœur de la migraine, un gracieux rondeau de Rosette et les couplets du Cocorico ; au troisième, un morceau d'ensemble bien construit et un charmant duo entre le roi et Rosette. Interprètes : Mlles J. Nesville, Noémie Vernon, Thirion et Montbars, MM. Huguet, Gobin, Vandenne et Bellucci.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MA PETITE AMIE

 

Opérette en deux actes, livret de Serge Veber, lyrics de Roger Bernstein, musique de Georges Van Parys. Création aux Bouffes-Parisiens le 31 janvier 1937, avec Mmes Loulou Hégoburu, Germaine Roger ; MM. Henri Defreyn, René Dary, Robert Goupil, Carlos Conte.

 

"Anecdote aimable qui nous fait assister aux aventures d'une jeune fille évadée de sa pension anglaise pour diriger une troupe de danseuses et qui, échouant chez son propre père, devient la fée protectrice de celui-ci et finit par épouser elle-même l'amoureux de sa belle-mère. D'adroits couplets ornent cette anecdote sans prétention." (Larousse Mensuel Illustré, 1937)

 

 

MA TANTE AURORE ou LE ROMAN IMPROMPTU

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Charles de Longchamps, musique de François-Adrien Boieldieu.

 

Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 13 janvier 1803, sous la direction de Théodore Lefèbvre.

 

Représenté à l'Opéra le 26 mars 1806 lors d'une représentation au bénéfice de Mme Saint-Aubin de l'Opéra-Comique après vingt ans de service.

 

Représentation à l’Opéra-National (salle du Théâtre-Historique) le 18 octobre 1851.

 

« Cet ouvrage avait primitivement trois actes ; mais le dernier, ayant été mal accueilli à la première représentation, fut définitivement supprimé à la seconde. Le sujet du poème ne manque pas d'originalité. La Tante Aurore est une vieille fille romanesque qui ne veut marier sa nièce qu'à un héros éprouvé par mille aventures. On organise une scène de brigands, d'attaque à main armée, etc., et on triomphe de la résistance de la tante. La musique de cet opéra est plus correcte, mieux instrumentée que celle du Calife de Bagdad, et offre des motifs pleins de grâce et d'esprit. L'ouverture ne module que de la quinte à la tonique, et cependant son allure mélodique est si élégante, l'orchestration en est si finement agencée qu'on l'entend encore avec plaisir. Le premier duo entre Valsain et Frontin : Malgré de trop justes alarmes, joint à une facture tout italienne un accompagnement d'un goût exquis. Le quatuor des amants : Toi par qui l'on fait des romans ! est une imitation visible du célèbre quatuor de l'Irato, opéra de Méhul, représenté deux ans auparavant, et lui est bien inférieur. Les fautes de prosodie y abondent ; mais il y règne une franche gaieté. Vient ensuite le rondeau de Julie : D'un peu d'étourderie. Dans les couplets de la tante Aurore : Je ne vous vois jamais rêveuse, une des meilleures inspirations de Boieldieu, le caractère et la manie de la vieille fille sont exprimés avec cette finesse de touche dont il avait le secret. Le duo qui suit : Quoi, vous avez connu l'amour ? est traité avec beaucoup d'esprit ; les rentrées ajoutent à la partie vocale des nuances qui la font valoir comme dans les meilleurs ouvrages de Cimarosa. Le second acte est loin d'égaler le premier ; l'intérêt de la pièce s'amoindrit et avec lui la verve du compositeur. Il renferme cependant un duo qui est un chef-d'œuvre : De toi, Frontin, je me défie. L'opéra de Ma tante Aurore eut un grand succès et consacra définitivement la réputation naissante de Boieldieu. Le rôle de Frontin fut un triomphe pour le chanteur Martin. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« La première représentation de Ma tante Aurore est du 13 janvier 1803 ; la pièce avait trois actes, dont les deux premiers obtinrent un succès éclatant. Quant au troisième, il dut être supprimé après avoir été violemment sifflé. Mais on pourrait peut-être le rétablir aujourd'hui, devant public d'un atticisme moins chatouilleux ; car la cause principale du tumulte était dans le travestissement de Martin en nourrice, plaisanterie que le parterre d'alors trouva d'un goût trop osé. — Cependant, de ce malencontreux troisième acte est restée une romance longtemps célèbre pour cette particularité que sa mélodie n'emploie que trois notes. Jean-Jacques Rousseau avait déjà essayé de résoudre le même problème (air : Que le jour me dure ; n° 53 du recueil intitulé Consolations des misères de ma vie). Mais il ne menait son motif qu'à la seizième mesure, tandis que celui de Boieldieu eu compte trente-six. Cette romance de Ma tante Aurore (dit Charles Maurice, dans ses Épaves) « obtint une réussite inattendue parmi les Anglais que les suites de la paix d'Amiens avaient attirés à Paris. » — Voir Boieldieu, par Arthur Pougin ; un vol. in-8, Charpentier, 1875. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MA TANTE DORT

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Hector Crémieux, musique d’Henri Caspers. Création au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 21 janvier 1860. Première à l’Opéra-Comique (2e salle Favart) le 17 septembre 1860.

 

« C'est une fort jolie pièce, à la fois plaisante et de bon goût. L'introduction jouée par l'orchestre et accompagnée discrètement par les voix, le quatuor : Ma tante dort, l'air bouffe de Scapin : Chez les valets, il faut le reconnaître, et le trio : Scapin est mort, sont les morceaux saillants de la partition, qui a été interprétée par Meillet et Mme Ugalde. Cet ouvrage a été repris à l'Opéra-Comique en 1862. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Arlequinade dont les costumes avaient été copiés sur les gravures du livre de M. Maurice Sand : Masques et Bouffons. En 1862, Mme Ugalde transporta pièce et musique à l'Opéra-Comique. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MA VIEILLE BRANCHE

 

Opérette en un acte, livret de Hermil (dit Milher) et Numès, musique d’Edouard Deransart, représentée à l’Alcazar d’hiver en 1882.

 

 

MACBETH

 

Tragédie lyrique en trois actes, livret de Rouget de Lisle, musique de Chelard, ballets de Gardel, représenté à l'Académie royale de musique le 29 juin 1827 dans des décors de Ciceri.

 

« C'est l'ouvrage de Shakespeare et de Ducis, réduit aux proportions de trois actes. Macbeth, généralissime de l'armée écossaise, vient de remporter une victoire décisive ; égaré dans une forêt, il pénètre dans la caverne des sorcières qui lui prédisent qu'il sera roi. Entraîné par sa femme, il poignarde Duncan, crime qu'elle révèle pendant un accès de somnambulisme ; le coupable est arrêté. Succès. »

[Almanach des spectacles, 1828]

 

« L'arrangement du chef-d’œuvre de Shakespeare pour la scène lyrique n'était pas heureux, surtout à l'Opéra français, où l'action et les paroles du poème sont pour la majeure partie du public le principal de la représentation. Chelard, compositeur excellent, vit sa partition dédaignée, abandonnée par l'administration elle-même. Il y a de très belles choses dans cet ouvrage, mais l'harmonie en est tellement travaillée qu'il n'a pu être compris du public. Le compositeur quitta la France et fit entendre Macbeth à Munich avec le concours de Pellegrini et de Mlle Nanette Schechner, bonne cantatrice. L'opéra réussit complètement. Il en fut de même en Angleterre, où Mme Schroeder-Devrient chanta avec talent le rôle de lady Macbeth. M. Chelard, excellent contre-pointiste, a été dédommagé plus tard de son insuccès en France par la vogue qu'ont obtenue ses solfèges. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MACBETH

 

Mélodrame italien en quatre actes, livret de Francesco Maria Piave (1810-1876), d’après la tragédie de William Shakespeare, musique de Giuseppe Verdi.

 

Personnages : Macbeth, général (baryton) ; Banquo, général (basse) ; Lady Macbeth (soprano) ; dame d’honneur de Lady Macbeth (mezzo-soprano) ; Macduff, noble écossais (ténor) ; Duncan, roi d’Ecosse (rôle muet) ; Malcolm, son fils (ténor) ; Fleance, fils de Banco (rôle muet) ; un médecin (basse) ; un domestique ; un tueur ; un héraut (basse).

 

L’action se déroule en Ecosse, en 1040.

 

Première représentation à Florence, Teatro alla Pergola, le 14 mars 1847, avec Marianna Barbieri-Nini (Lady Macbeth), Felice Varesi (Macbeth), Brunacci, Benedetti, sous la direction d’A. Munzio.

 

Puis il fut joué à Saint-Pétersbourg en 1855 sous le titre de Sivardo il Sassone.

 

Le 21 avril 1865, une version française fut montée à Paris, au Théâtre-Lyrique (place du Châtelet), avec un nouveau livret de Maffei (1798-1885) traduit par Nuitter et Beaumont, et une partition adaptée aux goûts du public français, avec Mmes Rey-Balla (Lady Macbeth), Meirot (dame d'honneur), MM. Monjauze (Macduff), Ismaël (Macbeth), Petit (Banquo), Huet (Malcolm), Caillot (chef des Sicaires), Troy (officier du Palais), Guyot (médecin), Peront (1er fantôme), Gilland (2e fantôme), Renaudy (3e fantôme), sous la direction d’Adolphe Deloffre.

 

« Ce sujet fantastique, où le surnaturel joue un rôle si puissant, était complètement en dehors des moyens du compositeur et en opposition avec la nature très humaine et toute nerveuse de son talent. Aussi nous ne pouvons signaler que des efforts plus ou moins heureux, mais aucun morceau vraiment inspiré ni exprimant une situation avec la force qu'exige le drame mie Shakespeare. Le chœur des sorcières n'est que bizarre ; le duo de baryton et basse, entre Macbeth et Banco, est bien écrit ; la cavatine de lady Macbeth est pleine d'énergie, mais exige trop de cris et d'efforts. Le meilleur morceau de tout l'opéra est le duo entre Macbeth et sa femme : Fatal mia donna. Dans le second acte, la scène du festin est médiocrement traitée, le brindisi est vulgaire. La scène de l'apparition, dans le troisième acte, est manquée. Le chœur : Ondine e silfidi est agréable. Dans le dernier acte, l'air de Macduff, la scène de somnambulisme et l'air de Macbeth n'offrent rien de bien remarquable. Cet opéra, mis en dix tableaux avec des paroles françaises de MM. Nuitter et Beaumont, fut représenté au Théâtre-Lyrique le 21 avril 1865. La tentative de M. Carvalho échoua. Nous le répétons : l'ensemble de l'opéra de Macbeth est monotone et n'offre pas de morceaux saillants. Nous nous empressons toutefois de constater que M. Verdi a écrit pour la scène française des airs de ballet d'une grande originalité rythmique. Dans aucun de ses ouvrages il n'a fait chanter les premiers violons avec autant de délicatesse. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« C'est au printemps de 1847, et sur le théâtre de la Pergola, de Florence, que Macbeth fut chanté pour la première fois. Le maestro Verdi remania profondément son œuvre ayant de la faire entrer au répertoire du Théâtre-Lyrique ; il y ajouta plusieurs morceaux, entre autres des airs de ballet dont l'originalité et la grâce piquante ont été très appréciées. — Les principaux rôles étaient tenus par Ismaël, Petit et Mme Rey-Balla. — Le drame de Shakespeare a été traité plus d'une fois en musique. L'Opéra a donné, en 1827, un Macbeth de Chélard, dont les paroles étaient de Rouget de Lisle, l'auteur de la Marseillaise. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MACBETH

 

Drame lyrique en un prologue, trois actes et sept tableaux, livret d’Edmond Fleg, d'après la tragédie de William Shakespeare, musique d’Ernest Bloch (composé entre 1904 et 1909).

 

Personnages : Macbeth, général de l’armée du roi (baryton) ; Macduff, noble écossais (basse chantante) ; Banquo, général écossais (ténor grave) ; Duncan, roi d’Ecosse (ténor) ; Malcolm, son fils (ténor) ; Lennox, noble écossais (ténor grave) ; le portier (baryton) ; un vieux (basse) ; un serviteur (ténor) ; un assassin (basse) ; première apparition (basse) ; un médecin (basse) ; Lady Macbeth (soprano) ; Lady Macduff (soprano) ; la fille de Macduff (mezzo-soprano) ; première sorcière (soprano) ; deuxième sorcière (mezzo-soprano) ; troisième sorcière (contralto) ; seconde apparition (contralto) ; une dame d’honneur (contralto) ; Fleange, fils de Banquo (rôle muet) ; le bébé de Macduff (rôle muet) ; des cavaliers, des dames de la cour, des soldats, des paysans, les apparitions.

 

L’action se déroule en Ecosse, en 1040.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 30 novembre 1910. Mise en scène d'Albert Carré. Décors de Lucien Jusseaume. Costumes de Marcel Multzer.

Mmes Lucienne BRÉVAL (Lady Macbeth), Lucy VAUTHRIN (Lady Macduff), Jenny FAYOLLE (Fléance), CARRIÈRE (le fils de Macduff), ESPINASSE, BROHLY et CHARBONNEL (trois Sorcières), Alice RAVEAU (une Apparition), la petite PRIVAT (un enfant).

MM. Henri ALBERS (Macbeth), Félix VIEUILLE (Macduff), Paul PAYAN (le Vieillard), Raymond GILLES (Lennox), PASQUIER (le Serviteur), Louis AZÉMA (le Meurtrier), DELVOYE (le Portier), GUILLAMAT (l'Apparition), François MARIO (Malcolm), Jean LAURE (Banco), FEODOROFF (Duncan).

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN.

 

13 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

MACCHABÉES (LES)

 

[Die Maccabäer]

Opéra allemand en trois actes, livret de Salomon Hermann Mosenthal (1821-1877), version française d’Edouard Blau et Philippe Maquet (vers 1895), musique d’Anton Rubinstein, représenté à Berlin, Königliche Theater, le 17 avril 1875.

 

 

MAÇON (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Sewrin, musique de Lebrun, représenté à Feydeau le 04 décembre 1799. C'est une bluette sans intérêt.

 

 

MAÇON (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe et de Germain Delavigne, musique d'Esprit Auber.

 

Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 03 mai 1825, avec Marie Julie Boulanger (Mme Bertrand), sous la direction de François Pasdeloup.

 

« Au milieu d'une noce, le maçon est enlevé par des inconnus pour murer la porte d'une grotte où sont enfermés deux amants surpris par un Turc jaloux ; il ne sait où on l'a conduit. Le hasard lui fait découvrir la retraite de ces infortunés, et il les délivre. Gaieté, esprit, intérêt, musique agréable, tout a contribué au succès de cet ouvrage, dont le sujet est rapporté dans les Mémoires de Bachaumont. »

[Almanach des spectacles, 1826]

 

« Tout est joli dans cet ouvrage, qui a eu le plus grand succès, et est resté au répertoire. Tout le monde connaît l'air : Du courage, à l'ouvrage. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MADAME ANGOT À CONSTANTINOPLE

 

Opérette en trois actes, paroles de M. Seminilny, musique de M. Valentin, représentée au Havre le 11 avril 1874.

 

 

MADAME ANGOT ET SES DEMOISELLES

 

Opérette , représentée au théâtre des Folies-Marigny en 1874.

 

 

MADAME BONIFACE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Ernest Depré et Charles Clairville, musique de Paul Lacôme, représenté aux Bouffes-Parisiens le 20 octobre 1883.

 

« Madame Boniface est une gentille confiseuse du siècle dernier, dont le mari, qu'elle aime d'ailleurs, est ridiculement jaloux. Celui-ci l'envoie tout à coup à Orléans, pour la soustraire aux assiduités d'un grand seigneur, le comte Annibal de Tournedor. Mais le comte est un matois, qui, ayant eu vent de la chose, se déguise en cocher pour conduire lui-même la jeune femme, qu'il emmène non à Orléans, bien entendu, mais simplement dans son hôtel. Boniface, informé, éperdu, a recours à la justice, qui se déclare impuissante. Il songe alors à quitter Paris et à retourner simplement dans son pays d'Auvergne, lorsqu'il apprend que Friquette, sa femme, a réussi à s'échapper des mains de M. le comte et qu'elle en est sortie... comme elle y était entrée. Et pendant ce temps, le comte Annibal a été joué par son ami Fridolin, qui lui a soufflé sa fiancée. Tout est bien qui finit bien. A part les invraisemblances inhérentes au genre, le livret de Madame Boniface est amusant et très acceptable. La musique est agréable, fine et distinguée. On en peut signaler, au premier acte, la romance d'Annibal : Comme la fleur..., le trio des cornets et la valse insérée dans le finale ; au second, les couplets à trois voix : Change, change, un joli petit chœur, un duo bien construit et les couplets de Friquette : Il faut se taire ; enfin, au troisième, les couplets de Fridolin et la chanson auvergnate. Mme Théo apportait sa voix aiguë et sa grâce un peu mignarde au personnage de Friquette ; M. Piccaluga, un vrai chanteur au baryton velouté et plein de charme, débutait brillamment dans celui d'Annibal, après avoir fâcheusement végété à l’Opéra-Comique ; les autres rôles étaient tenus par MM. Maugé (Boniface), Charles Lamy (Fridolin), Riga (de la Vieille-Brèche), Désiré (Jacquot) et Mlle Levasseur (Isabelle). »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MADAME BONJOUR

 

Opérette, musique de Friedrich von Flotow, représentée à Vienne dans le mois de juin 1861. Cet ouvrage est le même que celui qui a pour titre la Veuve Grappin.

 

 

MADAME BOVARY

 

Drame lyrique en trois actes et sept tableaux, livret de René Fauchois, d'après le roman de Gustave Flaubert, musique d’Emmanuel Bondeville.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 01 juin 1951. Mise en scène de Louis Musy. Maquettes des décors et costumes d'André Planson. Décors exécutés par Deshays. Costumes exécutés par H. et A. Mathieu, la maison Madelle, et dans les Ateliers de l'Opéra-Comique par Thérèse Marjollet.

Mmes Jacqueline BRUMAIRE (Emma Bovary), Jeanne MATTIO (Félicité), Marguerite LEGOUHY (Mme Lefrançois), LEROY-THIEBAUT (Artémise), Claire CHAUVET (Virginie), Geneviève DUPUIS (Jeanne), Cécile SONNYS (une Commère), Simone FLAMENT, Yvette GENTY, Simone HEURTAULT et Denise JOLY (quatre Femmes).

MM. Roger BOURDIN (Lheureux), Michel DENS (Rodolphe), Émile ROUSSEAU (Homais), Louis RIALLAND (Charles Bovary), Charles CLAVENSY (Rouault), Xavier SMATI (l'Abbé Bournisien), Serge RALLIER (Léon), Michel ROUX (l'Aveugle), André NOEL (Nicolas), Charles DAGUERESSAR (Charlot), Jean ÉNIA (Arthur), Julien THIRACHE (Lestiboudois), Gustave ARSCHODT et Jean MICHEL (deux Paysans), Georges LAURENT (un Meunier, Eugène), Jean-Louis CARTIER (Binet, le Capitaine des Pompiers), Georges THERY (un Meunier, le Maire), Albert CARLE (Médéric), Étienne GILLY (Jules), Raphaël MAGNICOT (Martin), Richard HAVERBECK (Louis), Fernand LEDUC (Victor), Georges OLIVIER (Anthème), Roch PALERME (Arsène), André DUDOUET (un Meunier).

Chef d'orchestre : Albert WOLFF.

 

29e représentation le 26 avril 1962.

Mmes Andrée ESPOSITO (Emma Bovary), Solange MICHEL (Félicité), Gabrielle RISTORI (Mme Lefrançois).

MM. René BIANCO (Lheureux), Michel DENS (Rodolphe), Charles CLAVENSY (Homais), Jean GIRAUDEAU (Charles Bovary), Georges ALVES (Rouault), Jacques MARS (l'Abbé Bournisien), Rémy CORAZZA (Léon), Pierre GERMAIN (l'Aveugle), Jacques LOREAU (Nicolas), Antoine GRIFFONI (Charlot), Georges DAUM (Arthur), Julien THIRACHE (Lestiboudois).

Chef d'orchestre : Jésus ETCHEVERRY.

 

14 représentations en 1951, 7 en 1952, 1 en 1953, 2 en 1954, 2 en 1955, 11 en 1962, 3 en 1963, soit 40 au 31.12.1972.

 

 

MADAME BUTTERFLY

 

[Madama Butterfly]

Tragédie lyrique italienne en trois actes, livret de Luigi Illica (1857-1919) et Giuseppe Giacosa (1847-1906), d’après la pièce de David Belasco tirée d’une nouvelle de John Luther Long ; version française de Paul Ferrier ; musique de Giacomo Puccini.

 

Personnages : Cio-Cio-San, dite Madame Butterfly (soprano); Suzuki, sa servante (mezzo-soprano); Kate Pinkerton, l’épouse américaine de Pinkerton (soprano); F. B. Pinkerton, officier de la Marine américaine (ténor) ; Goro, marieur (ténor) ; Sharpless, consul des Etats-Unis à Nagasaki (baryton) ; le prince Yamadori, riche Japonais (baryton) ; le Bonze, oncle de Cio-Cio-San (basse) ; le commissaire impérial (basse) ; l’officier du registre (baryton) ; l’enfant de Cio-Cio-San ; les parents et les amis de Cio-Cio-San ; des domestiques.

 

L’action se déroule à Nagasaki, au début du XXe siècle.

 

Création à la Scala de Milan le 17 février 1904, par :

Mmes Rosina STORCHIO (Cio-Cio-San), GIACONIA (Suzuki).

MM. ZENATELLO (Pinkerton), G. DE LUCA (Sharpless), PINI-CORSI (Goro), sous la direction de Cleofonte CAMPANINI.

 

Création de la version définitive (profondément remaniée) le 28 mai 1904 à Brescia, avec Krusceniski et Zenatello, sous la direction d’Arturo Toscanini.

 

 

LONDRES

Covent Garden

10.07.1905

PARIS

Opéra-Comique

28.12.1906

NEW YORK

Metropolitan

11.02.1907

BRUXELLES

Monnaie

29.10.1908

Cio-Cio-San

E. DESTINN

M. CARRE

G. FARRAR

DORLY

Souzuki

LEJEUNE

B. LAMARE

L. HOMER

SYMIANE

 

 

 

 

 

Pinkerton

E. CARUSO

Ed. CLEMENT

E. CARUSO

SALDOU

Sharpless

A. SCOTTI

J. PERIER

A. SCOTTI

DE CLERY

Goro

X

CAZENEUVE

A. REISS

DUA

Chef d’orchestre

CAMPANINI

RÜHLMANN

A. VIGNA

S. DUPUIS

 

Première fois à Londres, au Covent-Garden, en juillet 1905 avec Mme DESTINN (Cio-Cio-San), MM. CARUSO (Pinkerton), SCOTTI (Scharpless), sous la direction d’André MESSAGER.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 29 octobre 1909, dans la version française, avec Mmes Dorly (Cio-Cio-San), Symiane (Souzouki), Sonia (Kate Pinkerton), Paulin (la mère de Cio-Cio-San), De Bolle (la cousine), Aubry (la tante), MM. Saldou (Pinkerton), de Cléry (Sharpless), Dua (Goro), Colin (le prince Yamadori), Delaye (le bonze), Villier (Yakousidé), Danlée (le commissaire impérial), Engel (l'officier du registre).

 

Première à l'Opéra-Comique le 28 décembre 1906. Mise en scène d'Albert Carré. Décors de Marcel Jambon et Alexandre Bailly. Costumes de Félix Régamey.

Mmes Marguerite CARRÉ (Cio-Cio-San), Berthe LAMARE (Souzouki), Marguerite BÉRIZA (Kate), OLRY (la Mère), Rachel LAUNAY (la Cousine), VILLETTE (la Tante), petite PLANSON (l'enfant)

MM. Edmond CLÉMENT (Pinkerton), Jean PÉRIER (Scharpless), CAZENEUVE (Goro), Fernand FRANCELL (le Prince Yamadori), HUBERDEAU (le Bonze), Louis AZÉMA (Yakusidé), DE POTTER (le Commissaire impérial), FÉVRIER (l'Officier du registre).

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN.

 

 

19.04.1912

Opéra-Comique

(100e)

01.07.1916

Opéra-Comique

(127e)

13.11.1927

Opéra-Comique

(455e)

19.04.1928

Opéra-Comique

(467e)

22.05.1929

Opéra-Comique

(500e)

28.01.1931

Opéra-Comique

(555e)

03.03.1938

Opéra-Comique

(643e)

01.02.1950

Opéra-Comique

(811e)

24.05.1951

Opéra-Comique

(827e)

11.12.1955

Opéra-Comique

(924e)

Cio-Cio-San

M. CARRÉ

M. DAVELLI

Andrée CORTOT

M. SOYER

M. SOYER

Yoshiko MIYAKAWA

F. HELDY

Georg. CAMART

Jeanne SEGALA

Geori BOUE

Souzouki

S. BROHLY

M. MATHIEU

CERNAY

CERNAY

L. ESTÈVE

BERNADET

J. MATTIO

Jeanne MATTIO

Raymonde NOTTI-PAGES

Jeannine COLLARD

Kate

HEILBRONNER

J. CALAS

Y. BREKA

Y. BREKA

Y. BREKA

FENOYER

M. DROUOT

Germ. CHELLET

Madeleine DROUOT

Germaine CHELLET

la Mère

MARIETTI

VILLETTE

VILLETTE

VILLETTE

VILLETTE

VILLETTE

VILLETTE

FENOYER

Jacqueline CAUCHARD

Andrée GABRIEL

la Cousine

POUMAYRAC

CARRIÈRE

PLA

PLA

PLA

CHAMPAGNE

SECONDI

Lily DANIERE

Lily DANIERE

Jany DELILLE

la Tante

VILLETTE

MARINI

JULLIOT

JULLIOT

JULLIOT

JULLIOT

LEGOUHY

Christ. GAUDEL

Christ. GAUDEL

Georgette SPANELLYS

l'Enfant

petite PRIVAT

petite MORTIER

petite DORIS

petite DORIS

petite DORIS

petite DORIS

petite ANCELIN

Dany MOUCHOT

Nicole BELLAMY

Arlette KOCKLER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pinkerton

F. FRANCELL

Ch. FONTAINE

LEGRAND

VILLABELLA

R. GIRARD

Jean NEQUEÇAUR

L. ARNOULT

Edouard KRIFF

RIALLAND

RIALLAND

Scharpless

J. PÉRIER

J. PÉRIER

TUBIANA

A. ALLARD

A. ALLARD

W. TUBIANA

W. TUBIANA

Emile ROUSSEAU

Robert JEANTET

VIEUILLE

Goro

MESMAECKER

MESMAECKER

MESMAECKER

MESMAECKER

MESMAECKER

DE CREUS

R. HERENT

Paul PAYEN

Paul PAYEN

Jacques HIVERT

Yamadori

PASQUIER

DE CREUS

MATHYL

MATHYL

MATHYL

GÉNIO

G. COURET

Gabriel COURET

P. GIANNOTTI

R. MASSARD

le Bonze

BELHOMME

BELHOMME

MORTURIER

GILLES

MORTURIER

GILLES

L. DUFONT

Gustave WION

Gustave WION

Jacques MARS

Yakusidé

PAYAN

PAYAN

P. PAYEN

P. PAYEN

P. PAYEN

P. PAYEN

JULLIA

Jean GIRAUD

Jean GIRAUD

Jean GIRAUD

Officier

ÉLOI

ÉLOI

ÉLOI

ÉLOI

ÉLOI

POUJOLS

POUJOLS

 

 

 

Commissaire

VAURS

DELOGER

E. ROUSSEAU

E. ROUSSEAU

E. ROUSSEAU

BEKAERT

RAVOUX

Julien THIRACHE

Julien THIRACHE

Henri BEDEX

Chef d'orchestre

RÜHLMANN

G. VISEUR

LAUWERYNS

LAUWERYNS

LAUWERYNS

LAUWERYNS

G. GLOEZ

Jean FOURNET

Pierre DERVAUX

Albert WOLFF

 

817 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, 19 en 1951, 18 en 1952, 15 en 1953, 16 en 1954, 21 en 1955, 25 en 1956, 20 en 1957, 20 en 1958, 10 en 1959, 31 en 1960, 31 en 1961, 25 en 1962, 23 en 1963, 15 en 1964, 20 en 1965, 21 en 1966, 16 en 1967, 13 en 1968, 11 en 1969, 12 en 1970, 16 en 1971, 2 en 1972, soit 1217 au 31.12.1972.

 

Première fois au Palais Garnier, (les 2e et 3e actes seulement) le 28 juin 1928, à l'occasion d'une représentation de Gala.

Mmes HELDY (Cio-Cio-San), ESTEVE (Souzouki), GERVAIS (Kate), la petite DORIS (l'Enfant).

MM. VILLABELLA (Pinkerton), Robert COUZINOU (Sharpless), DUBOIS (Goro), GILLES (Yamadori).

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN

Seule représentation à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

MADAME CARTOUCHE

 

Opéra-comique en trois actes, livret de William Busnach et Pierre Decourcelle, musique de Léon Vasseur, représentée aux Folies-Dramatiques le 19 octobre 1886, avec Mmes Marie Grisier-Montbazon (Sylvine), Jeanne Becker (Olympe) ; MM. Vauthier (La Bretèche), Gobin (Grégoire), Guy (Anicet), Riga (Grippardin), Bellucci (Le Courrier), Duhamel (Léveillé).

 

« Livret un peu obscur, mais en somme amusant et gai, quoique d'une gaité parfois un peu bien grosse, avec aussi peu de vraisemblance que possible, ce qui ne tire pas à conséquence en matière d'opérette ; musique assez agréable, dont on peut détacher quelques morceaux : au premier acte, un duo sentimental, Dis-moi comment l'amour t'a pris, et un duo bouffe ; au second, un amusant chœur de brigands ; et au troisième un duo de soprano et baryton fort bien venu. La pièce était bien jouée. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MADAME CHRYSANTHÈME

 

Conte lyrique en un prologue, quatre actes et un épilogue, livret de Georges Hartmann et André Alexandre, musique d’André Messager. Création au théâtre de la Renaissance le 26 janvier 1893. => fiche technique

 

 

MADAME CLARA (SOMNAMBULE)

 

Folie musicale en un acte, livret d’Albert Vanloo et Eugène Leterrier, musique d’Isidore Legouix, représentée au Palais-Royal le 15 mars 1877.

 

 

MADAME DE POMPADOUR

 

Opérette en trois actes et quatre tableaux, version française d'Albert Willemetz, Max Eddy et Jean Marietti, musique de Léo Fall. Création française au Théâtre Marigny le 17 mai 1930, avec Mmes Vecart (Mme de Pompadour), J. Marèse (Belotte), M. Thibault (Madeleine) ; MM. R. Burnier (René), R. Hérent (Calicot), Nelson (Poulard).

 

"Au cabaret du Jardin des Muses, Mme de Pompadour inconnue, s'éprend d'un jeune noble ; mais il y a également là un chansonnier qui se moque de la favorite. Celle-ci fait arrêter tout le monde par le ministre Maurepas, venu là pour surprendre la favorite. Elle tient ainsi dans ses filets le jeune noble. Louis XV surprend celui-ci chez sa maîtresse. Or, c'est précisément le mari d'une des amies de Mme de Pompadour : tout s'arrangera. Sur ces péripéties compliquées, Léo Fall a écrit une partition délicate qui tient de l'opérette viennoise et de l'opéra-comique." (Larousse Mensuel Illustré, 1930)

 

 

MADAME DE RABUCOR

 

Opéra bouffe en un acte, livret d'Adolphe Jaime, musique de Mme C. de Sainte-Croix, représenté aux Bouffes-Parisiens en février 1874.

 

 

MADAME DIOGÈNE

 

Opérette en un acte, paroles de MM. Legentil et Ryon, musique de M. Queille, représentée au concert de la Scala le 17 mars 1880.

 

 

MADAME DUGAZON

 

Opéra-comique en un acte, livret de Louis Leloir et Paul Gravollet, musique de Charles Hess.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 12 mai 1902. Mise en scène d’Albert Carré. Costumes de Charles Bianchini.

Mmes Mathilde de CRAPONNE (Madame Dugazon), COSTES (Marton).

M. André ALLARD (Dugazon).

Chef d'orchestre : GIANNINI.

 

12 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

  

« Ceci est une simple bleuette, qui ne rappelle même pas une anecdote plus ou moins authentique de l'existence de l'admirable artiste que fut Mme Dugazon. C'est un sujet de fantaisie, où les auteurs ont simplement imaginé une petite scène de jalousie et de raccommodement entre Mme Dugazon et son mari aux premiers jours de leur union — union qui ne fut d'ailleurs ni très longue ni très heureuse, et qui se rompit plus tard par un divorce. Sur cette bleuette M. Charles Hess a brodé une petite musique aimable, légère, à la fois bien écrite et sans prétention et telle qu'elle convenait au sujet. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

 

MADAME FAVART

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Henri Chivot et Alfred Duru, musique de Jacques Offenbach.

 

Première représentation à Paris, Folies-Dramatiques, le 28 décembre 1878, avec Juliette Girard (Madame Favart), sous la direction de Victor Herpin.

 

« Le genre de l'opérette s'accommode volontiers du libertinage élégant du XVIIIe siècle et, en empruntant les usages et le langage de cette époque, les auteurs peuvent éviter la trivialité des mœurs contemporaines. Voici l'analyse rapide de la pièce. Mme Favart aime son mari et veut lui demeurer fidèle. Pour éviter le courroux de Maurice de Saxe, le pauvre Favart a été obligé de se cacher et sa femme de prendre divers déguisements. Tous deux s'intéressent aux amours d'Hector de Beaupréaux et d'une jeune fille nommée Suzanne. Comme Hector ne peut être agréé qu'après avoir été nommé lieutenant de police à Douai, Mme Favart obtient cette place pour lui du marquis de Pontsablé en se faisant passer pour la femme d'Hector. Pontsablé, chargé d'arrêter l'actrice, se rend chez Hector, où les deux comédiens sont cachés. Il ne reconnaît pas Mme Favart, qui est déguisée en servante et envoie Suzanne au maréchal de Saxe qui, pour célébrer la victoire de Fontenoy, veut faire jouer devant lui la Chercheuse d'esprit. Suzanne est dans le plus grand embarras ; elle n'est jamais montée sur les planches et ne peut jouer le rôle de Nicette. Mme Favart la tire d'affaire ; elle est venue au camp sous un déguisement ; elle joue le rôle a merveille, obtient du roi sa grâce personnelle, celle de son mari et la disgrâce de Pontsablé. En traitant ce sujet léger, où tout est factice et de convention, le compositeur était dans son élément ; aussi sa partition est-elle une de ses meilleures et des plus variées. Les ensembles sont toujours bien vulgaires ; mais les couplets sont agréablement tournés, et il y en a beaucoup. La ronde égrillarde :

 

Ma mère aux vignes m'envoyit

Je n' sais comment ça s' fit,

 

est un pastiche du style de ce temps ; elle a été naturellement bissée par le public des Folies-Dramatiques. Les couplets de Suzanne priant son père de lui laisser épouser Hector ont un certain charme que la vulgaire familiarité des paroles laisse encore subsister ; la chanson de l'Échaudé, chantée par Favart, semble tirée, paroles et musique, du répertoire du théâtre de la foire Saint-Germain, tant l'imitation est réussie :

 

Quand du four on le retire

Tout fumant et tout doré,

Aussitôt chacun admire

Le gâteau bien préparé ;

Il a fort belle apparence,

On est pressé d'en manger ;

Mais pour de la consistance,

Il n'en faut pas exiger ;

Mettez-le dans la balance

C'est léger, léger, léger.

Bien des gens dans notre France

Ainsi peuvent se juger.

Tout pleins de leur importance,

Vous les voyez se gonfler.

Mettez-les dans la balance :

C'est léger, léger, léger.

 

La formule du rondeau de la Vieille est aussi vieillotte que son titre. Je passe sur toute la musique militaire qui remplit une partie du dernier acte pour citer encore une tyrolienne et le rondeau dans lequel Mme Favart raconte sa supplique au roi. Cette opérette est, en somme, amusante et habilement traitée par le musicien ; chantée par MM. Lepers, Luco, Simon-Max, Maugé, Octave, Speck ; Mmes Girard et Gélabert. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

MADAME GRÉGOIRE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe et Henri Boisseaux, musique de Louis Clapisson, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 08 février 1861, avec MM. Wartel, Lesage, Gabriel, Mlles Roziès et Moreau.

 

« La pièce est une des plus embarrassées et des plus chargées d'intrigue du théâtre de Scribe. La scène se passe au temps de Mme de Pompadour, contre laquelle on a fait circuler la satire qui commence ainsi :

 

Cotillon deux de son endroit

Un jour vint par le coche ;

On dit qu'aux mains elle avait froid ;

Ell’ les mit dans nos poches.

 

Le lieutenant de police a été chargé de découvrir l'auteur de cette impertinence. C'est dans le cabaret de Mme Grégoire que se passe une partie de l'action, et elle-même y joue un rôle essentiel. Le compositeur, ne trouvant pas de situations musicales dans cette pièce, a fait de grands frais de musique et d'orchestration. C'est sa partition la plus riche en morceaux longs et développés, sinon la plus heureuse. Nous citerons l'air : O mon ange, inspire-moi, et le trio : Mais voici le soir, bonsoir. Il y a aussi plusieurs scènes comiques bien traitées. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« La dernière pièce de Scribe, et qui trahissait la vieillesse de l'auteur par la prédominance de l'habileté sur l'imagination. Aussi le public, quoique familier avec les aventures romanesques de Mme de Pompadour, ne put suivre une intrigue à ressorts compliqués, à échappements imprévus, à engrenages multiples dont l'enchevêtrement constituait une indéchiffrable énigme. — Le musicien, paraît-il, ne vit pas clair non plus dans son livret, et il écrivit une partition brumeuse dont le temps a aujourd'hui dissipé le souvenir. — Du reste, l'exécution musicale n'offrit rien de bien brillant avec le concours de Lesage, de Wartel, de Gabriel et de Mlles Roziès et Moreau. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MADAME GRÉGOIRE

 

Vaudeville en quatre actes, de Paul Burani et Maurice Ordonneau, musique de M. Okolowicz, représenté au théâtre des Arts en mai 1880. La chanson de Béranger, d'en réalisme si vulgaire, n'a fourni que le titre de cette pièce, qui semble n'avoir été faite que pour profiter de l'audace avec laquelle Mme Judic débite des grivoiseries. Des dragons content fleurette aux trois nièces de la cabaretière, des pages en font autant aux femmes de trois grands seigneurs qui poursuivent trois comédiennes ; ce n'est que cela, et c'est beaucoup trop de dix-huit personnages occupés à une telle besogne.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

MADAME L’ARCHIDUC

 

Opérette en trois actes, livret d’Albert Millaud, musique de Jacques Offenbach.

 

Première représentation à Paris, Théâtre des Bouffes-Parisiens, le 31 octobre 1874, avec Anna Judic (Mariette), sous la direction de Charles Hubans.

 

 

MADAME LA PRÉSIDENTE

 

Opérette en trois actes, livret de Paul Ferrier et Auguste Germain, musique d’Edmond Diet, représentée au casino d'Enghien le 12 juin 1902, et au théâtre des Bouffes-Parisiens le 08 septembre suivant.

 

 

MADAME LE DIABLE

 

Opérette féerique en quatre actes, livret d'Henri Meilhac et Arnold Mortier, musique de Gaston Serpette, représentée au théâtre de la Renaissance le 05 avril 1882, avec Mmes J. Granier et Desclauzas, MM. Jolly, Mallard, Blondelet, Jannin et Bonnet.

 

 

MADAME LE DOCTEUR

 

Opérette en un acte, musique de F. Wachs, représentée au concert de l'Eldorado le 17 juillet 1875.

 

 

MADAME MASCARILLE

 

Opérette en un acte, livret de M. Viart, musique de M. Bovery, représentée aux Folies-Nouvelles en mars 1856.

 

 

MADAME NICOLET

 

Opérette en trois actes, paroles de M. Hugot, musique de M. Fock, représentée au théâtre du Chàteau-d'Eau le 29 novembre 1892.

 

 

MADAME PAPILLON

 

Bouffonnerie musicale, livret de Jules Servières [pseudonyme de Ludovic Halévy], musique de Jacques Offenbach, représentée aux Bouffes-Parisiens le 03 octobre 1855.

 

« On connait Pradeau et sa silhouette pour rire... Eh bien ! dans cette opérette, Pradeau revêtait le costume du beau sexe (!) »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

MADAME PIERRE

 

Drame lyrique en quatre actes, livret d'Henri Cain et J. Marx, musique d'Edmond Malherbe, représenté au Théâtre du Château-d'Eau (Alhambra) le 05 juin 1912 sous la direction du compositeur avec Mmes Lamber-Willaume [Willaume-Lambert] (Madame Pierre), Bailac (Paula), Delric (Jeanne), MM. Jean Bourbon (Pierre), Fabert (Marcel), Roelens-Collet (Jacques).

 

 

MADAME PISTACHE

 

Opérette en trois actes, livret de Jules Méry, Saint-Pol et Aussel, musique de M. Picheran, représentée aux Folies-Dramatiques le 14 juin 1899.

 

 

MADAME PUTIPHAR

 

Opérette en trois actes, paroles d’Ernest Depré et Léon Xanrof, musique d’Edmond Diet, représentée au théâtre de l'Athénée-Comique le 27 février 1897.

 

 

MADAME PYGMALION

 

Opérette-bouffe en un acte, livret de Jules Adenis et Francis Tourte, musique de Frédéric Barbier, création aux Bouffes-Parisiens le 06 février 1863. => détails

 

 

MADAME ROLAND

 

Drame lyrique en trois actes et cinq tableaux, livret d’Arthur Bernède et Paul de Choudens, musique de Félix Fourdrain.

 

Représenté à Rouen, Théâtre des Arts, le 12 février 1913.

 

 

MADAME ROSE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Albert Barré et Paul Bilhaud, musique d’Antoine Banès. Création à l’Opéra-Comique le 25 septembre 1893. => fiche technique

 

 

MADAME SANS-GÊNE

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Paul Milliet, d'après la comédie (1893) de Victorien Sardou, musique d’Umberto Giordano.

 

Personnages : Catherine Hubscher, « Madame Sans-Gêne », repasseuse (soprano) ; Toinette (soprano) ; Julie (soprano) ; la Rousse (soprano) ; Lefebvre, sergent de la garde nationale (ténor) ; Fouché (baryton) ; le comte de Neipperg (ténor) ; Vinaigre, tambour (ténor) ; la reine Caroline (soprano) ; la princesse Elise (soprano) ; la femme de chambre de Catherine (rôle muet) ; Despréaux, maître de ballet (ténor) ; Gelsomino, valet (baryton) ; Leroy, tailleur (baryton) ; de  Brigode, chambellan (baryton) ; Napoléon (baryton) ; Madame de Bülow (soprano) ; Roustan, chef des mamelouks (baryton) ; Constant, valet de chambre de Napoléon (rôle muet) ; voix de l’Impératrice (soprano) ; chœur et comparses ; bourgeois, marchands, gens du peuple, soldats, gens de la cour, diplomates, serviteurs, deux mamelouks.

 

Création à New York, Metropolitan Opera, le 25 janvier 1915 dans une version italienne de Renato Simoni (1875-1952), avec Geraldine Farrar, Giovanni Martinelli, Pasquale Amato, O. Althouse, sous la direction d’Arturo Toscanini.

 

Première fois en Europe, à Turin, le 28 février 1915.

 

Première à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 10 juin 1916, à l'occasion d'un Gala au bénéfice des Aveugles de Guerre. Mise en scène de Pierre-Barthélemy Gheusi. Décors de Visconti.

Mmes Marthe DAVELLI (Maréchale Lefèvre), Mary DORSKA (la Reine de Naples), ALAVOINE (l'Impératrice), Renée CAMIA, CALAS, Mathilde SAIMAN, BACHELET, BERNARD (Dames de la Cour).

MM. Charles FONTAINE (Maréchal Lefèvre), Jean PÉRIER (l'Empereur), Henri FABERT (Fouché), Léon DAVID (Neipperg), Eugène DE CREUS (Despréaux), FÉRAUD DE SAINT-POL (Leroy), BELLET (Brigode), BELLO (Roustan), ROSSEL (Jasmin), BERTHAUD (un Dignitaire).

Chef d'orchestre : Umberto GIORDANO.

 

9 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

MADAME SUZETTE

 

Opérette en trois actes, livret d’André Sylvane et Maurice Ordonneau, musique d’Edmond Audran, représentée aux Bouffes-Parisiens le 29 mars 1893.

 

 

MADAME TALLIEN À BORDEAUX

 

Drame en cinq actes et sept tableaux, de Paul Berthelot et Claude Rolland, avec musique de Jane Vieu, représenté à Bordeaux, sur le théâtre des Arts, le 31 janvier 1902.

 

 

MADAME TURLUPIN

 

Opéra-comique en deux actes, livret d’Eugène Cormon et Charles Grandvallet, musique d’Ernest Guiraud. Création au Théâtre-Lyrique (salle de l'Athénée) le 23 novembre 1872, avec Mlles Daram (Maguelonne), Chain (Isabelle), Bonnefoy (la Duègne), MM. Lepers (Turlupin), Laurens (Olivier), Galabert (Coquillard), Lemaire (le Capitaine Rodomont), Adolphe Girardot (Piphagne), Vinchon (Isidore).

 

Première à l’Opéra-Comique (salle du Châtelet) le 05 mars 1888.

 

« Les auteurs de la pièce ont imaginé un Turlupin tout autre que celui de la tradition. Il tient plutôt de l'arlequin sensible et bon de M. de Florian, que du joyeux compagnon de Gaultier-Garguille et de Tabarin. Le pauvre comédien doit de l'argent à l'aubergiste, et défend sa femme contre les entreprises du capitaine Rodomont. Mme Turlupin, par ses stratagèmes, réussit à assurer la recette de la troupe, et à berner l'audacieux galantin. La pièce est faible, et les moyens scéniques surannés. La musique en a fait un fort joli opéra-comique ; nous ne sommes pas gâtés sur ce point. Les scènes lyriques sont tellement encombrées de méchants ouvrages, que celui-ci a été accueilli avec une vive satisfaction par les gens de goût. La partition du Kobold (voyez ce mot) m'avait fait espérer que le compositeur prendrait rang parmi les maîtres ; car, dans la pléiade des musiciens qui ont remporté le prix de l'Institut, c'est à mon avis celui qui écrit le mieux ; mais il faut qu'il se montre difficile sur le choix de ses livrets. Je signalerai dans l'opéra de Madame Turlupin l'ouverture, dont l'instrumentation est d'une sonorité charmante, sobre et élégante ; les couplets : Enfants de la balle, et le chœur de la retraite qui termine le premier acte. L'entr'acte est une petite symphonie, écrite avec une délicatesse et une clarté qui dénotent un travail aussi intelligent que consciencieux. Je goûte peu la scène du Printemps, et, dans le reste de l'ouvrage, je n'ai remarqué de saillant que la romance et un petit trio. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

MADAME ZÉPHIR

 

Opéra-comique français en deux actes, paroles de M. Sinano, musique de Pasquale Clémente, compositeur italien, représenté au théâtre khédivial du Caire le 3 février 1893.

 

 

MADELEINE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Albert Vanloo et Eugène Leterrier, musique de Henri Potier, ancien accompagnateur de l'Opéra ; représentée au théâtre des Bouffes-Parisiens, le 10 janvier 1869. Les librettistes ont mis en scène un marin, amoureux d'une fille de pêcheur, et qui devient brave, comme malgré lui, pour l'épouser. On a remarqué les couplets : Je te présente ma main, la romance de Madeleine, et le quatuor : Il a peur. Chanté par Mme Galli-Marié et sa sœur, Mlle Irma Marié.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

MADELON

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jacques Cousin, musique de Beffroy de Reigny, représenté à Montausier le 4 juin 1799.

 

 

MADELON

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Thomas Sauvage, musique de François Bazin. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 26 mars 1852.

 

 

MADEMOISELLE ASMODÉE

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Paul Ferrier et Charles Clairville, musique de Paul Lacôme et Victor Roger, représentée au théâtre de la Renaissance le 24 novembre 1891.

 

 

MADEMOISELLE CARDINAL

 

Opérette en un acte, paroles d’A. Monnier, musique de J. Melodia, représentée au Divan Japonais en mai 1901.

 

 

MADEMOISELLE COLOMBE

 

Opéra-comique en un acte, paroles de MM. Jacquin et Marchand, musique de Charles Haring, représenté à Bordeaux le 25 avril 1891, avec Gabriel Hippolyte Gandubert.

 

 

MADEMOISELLE DE BELLE-ISLE

 

Drame lyrique en quatre actes, livret de Paul Milliet, d’après Alexandre Dumas père, musique de Spiro Samara, représenté à Gênes, Teatro Politeama, le 09 novembre 1905 dans une version italienne d’Amintore Galli (1845-1919).

 

 

MADEMOISELLE DE FONTANGES ou SI LE ROI SAVAIT

 

Opéra-vaudeville en deux actes, paroles de Théaulon et Prosper Léotard, musique de Pilati, représenté à la Renaissance le 11 mars 1839.

 

 

MADEMOISELLE DE GUISE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Emmanuel Dupaty, musique de Jean-Pierre Solié. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 17 mars 1808. L'auteur du livret a combiné les détails d'un roman de Mme de Genlis avec ceux de l'histoire de Charlemagne. Les personnages d'Eginard et d'Irma sont devenus, sous sa plume, M. de Beaufort, secrétaire du duc de Guise, et Mlle de Guise, sœur du duc. La partition a eu quelque succès et a été gravée.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MADEMOISELLE DE LAUNAY À LA BASTILLE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Auguste Creuzé de Lesser, Jean-François Roger et Mme Villiers, musique de Sophie Gail. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 16 décembre 1813.

 

 

MADEMOISELLE DE MÉRANGE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Adolphe de Leuven et Brunswick, musique d’Henri Potier. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 14 décembre 1841, avec Mmes Henri Potier (Blanche de Mérange), Descot (Mlle de Caylus), MM. Couderc (le Comte de Marcillac), Achille Ricquier (le Baron de Pompernik), Emon (le Marquis de Guébriant). => livret

 

La scène se passe à Fontainebleau. Un chevalier de Marcillac, assez mauvais sujet, parvient à se faire aimer si sérieusement d'une des filles d'honneur de la reine, de Mlle de Méranges, qu'il ne peut éviter de l'épouser malgré lui, par ordre de la reine. Marcillac est donc marié et envoyé à la Bastille avec sa femme, qui sera sa compagne de captivité. La pureté des sentiments de Mlle de Méranges triomphe des instincts égoïstes de ce don Juan. Les auteurs ont introduit dans la pièce un personnage épisodique fort divertissant, un baron allemand du nom de Pompernick, qui chante des couplets assez bien tournés :

 

Sur son château de Pompernick

Qu'on voit aux portes de Munich, etc.

 

La romance de soprano, chantée à la fin de l'ouvrage et jouée dans l'ouverture, est distinguée et expressive. On a remarqué aussi un duettino entre l'héroïne et sa confidente, et l'adagio du duo entre Blanche et le chevalier. Cette partition était le début du compositeur, dont la muse facile et légère a reçu de la presse l'accueil le plus flatteur.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MADEMOISELLE GEORGE

 

Comédie-opérette en quatre actes, livret de Victor de Cottens et Pierre Veber, musique de Louis Varney, représentée au théâtre des Variétés le 02 décembre 1900. Singulière idée de faire une reine d'opérette de l'actrice célèbre qui fut pendant un quart de siècle la reine de la tragédie et l'interprète acclamée de Corneille, de Racine et de Voltaire.

 

 

MADEMOISELLE MA FEMME

 

Opérette en trois actes, livret de Maurice Ordonneau et Octave Pradels, musique de Frédéric Toulmouche, représentée aux Menus-Plaisirs le 5 mai 1893. Interprètes : Mlles Lambrecht, Aussourd, Balthy, Derval et Bordo, MM. Martapoura, Bartel, Berville, Modot, Philippon et Gérard.

 

 

MADEMOISELLE MOUCHERON

 

Opérette-bouffe en un acte, livret d’Albert Vanloo et Eugène Leterrier, musique posthume de Jacques Offenbach, représentée à la Renaissance le 10 mai 1881. Interprètes : M. Jolly, Mlles Mili-Meyer et Desclauzas.

 

 

MADEMOISELLE NOM D'UNE PIPE !

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Georges Duval, musique de Charles Cuvillier, représenté au Palais-Royal en 1918.

 

 

MADEMOISELLE RÉSÉDA

 

Opérette en un acte, livret de Jules Prével, musique de Gaston Serpette, représentée à la Renaissance le 02 février 1884.

 

 

MADEMOISELLE SYLVIA

 

Opéra-comique en un acte, livret de Narcisse Fournier, musique de Samuel David. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 17 avril 1868, mise en scène d’Ernest Mocker.

 

« Le livret n'a pas intéressé le public. La musique est agréable. On a remarqué l'ouverture, un duetto de femmes dans un mouvement de valse, un air de soprano d'une bonne facture et un petit quatuor bien traité. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MADONE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Pierre Carmouche, musique de Louis Lacombe, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 16 janvier 1861. => détails

 

 

MADONE DU PROMENOIR (LA)

 

Opérette en trois actes, livret d'André Barde, musique d'Henri Christiné. Création au Théâtre Mayol le 03 novembre 1933 avec Mmes Nina Myral, Sim-Viva, Agnès Arley ; MM. Saint-Granier, R. Burnier, G. Cahuzac.

 

"Pontarly, qui craint fort pour sa femme et lui-même les assiduités de son ami, Olivier, imagine de le marier avec une personne légère qu'il fera passer pour la plus pure du monde. Il fait donc entrer au couvent une jolie fille rencontrée aux Folies-Bergère et qui a un visage de madone, Sylvette. Tout réussit, Olivier s'éprend de la madone du promenoir et celle-ci le lui rend bien. Car c'est uniquement par désespoir d'amour qu'elle était allée un soir aux Folies. Ainsi tout le monde est trompé, et la tromperie est la plus agréable qui soit. Aussi la musique de Christiné. Bien faite, agile, tour à tour spirituelle ou tendre, elle plaira assurément et plus d'un auditeur retiendra la cantate des pensionnaires, ou le duo de la vitesse et de la lenteur, ou l'air du bonheur." (Larousse Mensuel Illustré, 1933)

 

 

MAEDELI

 

Opéra, livret d’Henri Cain et Daniel Baud-Bovy, musique de Gustave Doret (1901)

 

 

MAESTRO BLAGUARINO (IL)

 

Opéra bouffe en un acte, paroles de Th. Julian, musique de Pilati, représenté au théâtre municipal de Lille le 25 décembre 1865.

 

 

MAESTRO DE BOURGADE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Ch. Bridault, musique de M. Bonnefoy, créé à Strasbourg en mars 1867. Cet ouvrage a été représenté sur le Grand-Théâtre de Lille dans le mois de février 1873, et a été chanté par Ricquier, Delaunay, Tournier et Mlle Cécile Mézeray. On y a remarqué une jolie Valse.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

MAESTRO DI CAPPELLA (IL)

 

[en français : le Maître de chapelle]

Intermède italien, musique attribuée à Domenico Cimarosa et Giovanni Paisiello. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 10 juillet 1801, par des artistes invités. Reprise le 09 février 1972 (2 représentations en 1972).

 

 

MAESTRO DI MUSICA (IL)

 

Opéra italien, musique de Pergolèse, représenté à Naples vers 1731. Traduit en français ; la partition a été gravée à Paris sous ce titre : le Maître de musique.

 

 

MAESTRO DI MUSICA (IL)

 

[en français le Maître de musique]

Intermède italien en deux actes, musique d'Alexandre Scarlatti, représenté sur le théâtre de l'Opéra à la suite d'Alphée et Aréthuse, précédé d'un prologue, le mardi 3 octobre 1752. Le livret de cet ouvrage offre les mêmes situations que celui du Maître de chapelle, de Paer. La Tonelli chanta le rôle de Laurette, jardinière et l'écolière du maestro. Scarlatti étant mort en 1725, son opéra avait été joué en Italie à une époque où ce genre n'était pas encore connu en France.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAESTRO GRISELLI

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Armand Lafrique, musique d’Emile Bouichère, représenté à Paris, Théâtre-Lyrique de la galerie Vivienne le 09 février 1895.

 

 

MAGASIN DES MODERNES (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Charles-François Panard et Nicolas Fromaget, musique de vaudevilles. Création à la Foire Saint-Germain le 03 février 1736. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 02 mars 1763.

 

 

MAGE (LE)

 

Opéra en cinq actes, livret de Jean Richepin, musique de Jules Massenet ; création à l'Opéra de Paris le 16 mars 1891. => fiche technique

 

 

MAGICIEN (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de H. Piquet, musique de Claude Fiévet, professeur à l'École de musique de Valenciennes, représenté à Valenciennes le 12 mars 1896.

 

 

MAGICIEN SANS MAGIE (LE)

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Jean-François Roger et Auguste Creuzé de Lesser, musique de Niccolo Isouard. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 04 novembre 1811.

 

 

MAGICIENNE (LA)

 

Opéra en cinq actes, livret d'Henri de Saint-Georges, musique de Fromental Halévy, création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 17 mars 1858. Décors de Joseph Nolau et Auguste Rubé (acte I), Charles Cambon et Joseph Thierry (actes II et V), Hugues Martin (acte III) et Edouard Desplechin (acte IV). Costumes d'Alfred Albert.

 

« Le sujet n'était pas heureux, et les développements, empruntés à plusieurs ouvrages très connus, manquaient de nouveauté et d'intérêt. La donnée du livret a été tirée d'une légende poitevine. Un comte de Lusignan est devenu amoureux de la belle Mélusine, noble et riche châtelaine du pays. Celle-ci consent à devenir sa femme, mais à condition qu'elle sera invisible pour lui pendant toute la durée de la nuit. Lusignan accepte ; mais, au bout d'un certain temps, cédant à un mouvement de jalousie, il s'introduit dans la partie du château où se réfugie chaque nuit Mélusine. Cette femme si belle lui apparaît alors sous la forme d'un monstre ailé couvert d'écailles, qui s'enfuit à l'approche du comte en remplissant l'air d'horribles cris appelés depuis cris de Mélusine. L'auteur n'a conservé que peu de chose de cette légende bizarre. Mélusine est une sorcière qui emploie toutes sortes de ruses pour se faire aimer de René, vicomte de Thouars, qui revient de la Palestine pour épouser Blanche de Poitou. D'un autre côté, une sorte de nécromancien, le chevalier Stello, a des droits sur Mélusine. Il fait connaître à son amant les traits nocturnes de cet être singulier voué à la malédiction divine. René, saisi d'horreur, retourne auprès de Blanche qui allait ensevelir sa douleur et ses regrets dans un monastère. Mélusine, touchée de repentir des crimes qui sans doute lui ont valu de tomber au pouvoir des génies infernaux, saisit un rosaire et s'écrie : Je crois en Dieu, je suis chrétienne ; elle expire ensuite dans les bras de René, tandis que Stello s'abîme dans les entrailles de la terre. La partition de la Magicienne ne saurait être comparée à celles de la Juive, de la Reine de Chypre ; mais elle renferme de très beaux morceaux, des scènes fort dramatiques. L'instrumentation est puissante, colorée, magistralement traitée ; la ballade de Blanche est bien caractérisée, et le refrain : Car ton amour donne la mort, est d'un effet saisissant; le chant guerrier, la prière chantée par le comte de Poitou, le chœur des fées et la romance de Mélusine suffisent pour composer un acte remarquable. La sérénade, l'orage, qui est le plus travaillé et un des mieux réussis que nous ayons vus au théâtre, sont les passages les plus saillants des deux actes suivants. Le chœur de nymphes et d'ondines qui ouvre le quatrième acte est délicieux et vraiment inspiré ; le trio entrecoupé par le cri des démons : Fille d'enfer, reprends ton nom, est dramatique. Le cinquième acte, qui offre une succession de beaux morceaux, aurait décidé du succès, si le livret s'y fût mieux prêté ; la romance de Blanche, le duo des deux femmes, la grande scène dans laquelle des chants sacrés contrastent avec les accents infernaux doivent être mis au rang des meilleures productions de M. Halévy. Les rôles ont été créés par Gueymard, Bonnehée, Belval, Mmes Borghi-Mamo, Gueymard et Mlle Delisle. C'est dans cet ouvrage qu'on a tenté de chorégraphier une partie d'échecs, innovation ingénieuse et qui a donné lieu à des costumes pittoresques ainsi qu'à des mouvements variés. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAGICIENNE DE LA MER (LA)

 

Légende lyrique en trois tableaux, livret de José Bruyr, musique de Paul Le Flem. Création à l’Opéra-Comique (3e salle Favart) le 29 octobre 1954, mise en scène de Louis Musy, décors et costumes de Maurice Moulène. 4 représentations en 1954, soit 4 au 31.12.1972.

 

 

MAGIE À LA MODE (LA)

 

Opéra, musique de Bonesi, joué au théâtre Beaujolais en 1782.

 

 

MAGIE INUTILE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Disson, représenté à Dijon le 25 juillet 1751.

 

 

MAGNIFIQUE (LE)

 

Comédie en trois actes, en prose, livret de Michel-Jean Sedaine, musique de Grétry. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 04 mars 1773. Grétry avait déjà travaillé sur des peines de Marmontel ; il eut la pensée de puiser ses inspirations à une autre source. Les vers faciles et harmonieux de l'auteur du Huron, de Sylvain, de Zémire et Azor convenaient mieux à sa musique que la versification négligée et prosaïque de Sedaine, quoique les ouvrages de celui-ci offrissent des situations dramatiques plus caractérisées. Grétry le reconnut lui-même en composant la partition du Magnifique. Mais le livret lui avait été offert par Mme de la Live d'Epinay, et il s'exécuta de bonne grâce. Le fond du sujet, comme dans la comédie de Houdard de Lamotte, est tiré du conte de La Fontaine. On y remarque une fort jolie scène dans laquelle une rose échappe de la main de l'héroïne. Elle a été traitée avec talent. Nous signalerons encore l'ouverture dans laquelle Grétry a introduit, on ne sait trop pourquoi, l'air de Vive Henri IV, auquel il a mêlé un second motif d'un effet assez original.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAGNIFIQUE (LE)

 

Opéra bouffe en un acte, livret de Jules Barbier, musique de Jules Philipot, représenté à l'Opéra-National-Lyrique le 24 mai 1876. Le sujet de la pièce est tiré du conte de Boccace, imité par La Fontaine. L'auteur y a introduit des bouffonneries, la plupart usées et d'un goût douteux. Quoique cette partition ait remporté le prix dans le concours ouvert par le ministère en 1867, elle n'a eu aucun succès auprès du public. Chanté par Montaubry, Grivot, Troy, Tissier, Mlles Marcus et Perret.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

MAGOT DE JACQUELINE (LE)

 

Opérette en un acte, livret d’Amédée de Jallais, musique de Paul Blaquières, représenté au théâtre des Champs-Elysées en juillet 1858.

 

 

MAGOT DE LA CHINE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Dancourt, musique posthume de Rigel père, représenté à l'Ambigu-Comique le 7 août 1800.

 

 

MAGUELONNE

 

Drame lyrique français en un acte, livret de Michel Carré fils, musique d’Edmond Missa, représenté au théâtre Covent-Garden de Londres le 13 juillet 1903. Le rôle principal de ce petit ouvrage était rempli par Emma Calvé.

 

 

MAHOMET II

 

Opéra en trois actes, paroles de Saulnier, musique de Jadin, représenté au Théâtre de l'Opéra le 09 août 1803 (21 thermidor an XI).

 

 

MAI (LE)

 

Comédie mêlée d’ariettes, livret de Desfontaines, musique de vaudevilles. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 08 mai 1776.

 

 

MAÏA

 

Cantate, poème de Fernand Beissier, mise en musique par Victor Gallois (1905), puis par Lili Boulanger (1911).

 

 

MAÏA

 

Drame lyrique en trois actes, livret de Paul de Choudens, musique de Ruggero Leoncavallo (1908).

 

 

MAÏDA

 

Conte musical en quatre actes et cinq tableaux, livret de Charles Réty, musique d’André Bloch (1909).

 

 

MAIN DE FER (LA) ou UN MARIAGE SECRET

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe et Adolphe de Leuven, musique d'Adolphe Adam. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 26 octobre 1841, avec Mmes Capdeville (Dorothée), Descot, MM. Mocker (Nathaniel), Sainte-Foy (l'apprenti ermite), Achille Ricquier, Auguste Laget (Eric).

 

« Cet ouvrage était primitivement intitulé le Secret. Il s'agit d'un tyran farouche, électeur de Hanovre, qui, après avoir fait mourir son frère, veut se débarrasser de son neveu en l'obligeant à embrasser l'état monastique ; mais il se trouve que ce neveu est déjà époux et père, et il aurait été inévitablement pendu à la fin du troisième acte, si les auteurs n'avaient amené un dénouement plus heureux en faisant mourir le tyran. La partition n'est pas des plus faibles qu'ait écrites Adam. La prière à quatre voix des paysans, qui sert d'introduction, est assez jolie ; le duo entre Bertha et Nathaniel pour soprano et ténor, la romance du prince Eric sont les morceaux saillants du premier acte. Au second, le grand air de bravoure : Que l'hymen est terrible, chanté par Mme Capdeville, a été applaudi ; mais c'est surtout la cavatine qui suit : A ses yeux j'offrais sans cesse, qui mérite d'être mentionnée ; le quintette est assez bien traité. Le dernier acte n'offre guère que les couplets : Dans un bal dont j'étais reine, auxquels on puisse encore s'intéresser. Les débuts de Laget dans cette pièce furent remarqués. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAIN FORCÉE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, musique de M. Marietti, représenté à Cauterets en septembre 1875.

 

 

MAISON À VENDRE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Alexandre Pineu-Duval, musique de Nicolas Dalayrac.

 

Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 23 octobre 1800.

Mmes PHILLIS (Lise), DUGAZON (Mme Dorval).

MM. ELLEVIOU (Versac), MARTIN (Darmond), DOZAINVILLE (Ferville).

Chef d’orchestre : Frédéric BLASIUS.

 

Les archives de la salle Favart signalent comme « première » de cette œuvre, la représentation de reprise du 11 février 1830.

 

Repris le 05 avril 1932.

 

 

 

17.01.1849

Opéra-Comique

(32e)

26.10.1911

Opéra-Comique

(75e)

10.10.1931

Opéra-Comique

(84e)

Lise

THIBAULT

Nelly MARTYL

BREGA

Mme Dorval

MEYER

TIPHAINE

TIPHAINE

 

 

 

 

Versac

PONCHARD

DE CREUS

V. PUJOL

Darmond

BUSSINE

PASQUIER

ROQUE

Ferville

RICQUIER

MESMAECKER

LE PRIN

Chef d'orchestre

TILMANT

E. PICHERAN

H. JAMIN

 

92 représentations officielles à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, dont 18 entre le 01.01.1900 et le 31.12.1950.

 

Représentation à l’Opéra-National (salle du Théâtre-Historique) le 09 novembre 1851.

 

« C'est une des pièces les plus amusantes du répertoire. La musique est franche et d'une désinvolture charmante, sans toutefois offrir des beautés saillantes. Nous signalerons les deux duos : Depuis longtemps j'ai le désir ; Chère Lise, dis-moi : je t'aime ; l'air : Fiez-vous, et celui : Trop malheureux Dermont. Cet opéra-comique a joui longtemps de la vogue. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Première représentation à l'Opéra-Comique en 1800. Succès longtemps soutenu. Deux ans plus tard la pièce, traduite en allemand, fut jouée à Munich avec de la musique de Maurer. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MAISON CHANGÉE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Lemière de Corvey, représenté au théâtre Molière, à Paris, en 1798.

 

 

MAISON DU DOCTEUR (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret d'Henry Boisseaux, musique de Georges Bizet (1854-1855).

 

 

MAISON DU MARAIS (LA) ou TROIS ANS D’ABSENCE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d'Alexandre Pineu-Duval, musique de Domenico Della Maria. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 08 novembre 1799.

 

 

MAISON DU REMPART (LA) ou UNE JOURNÉE DE LA FRONDE

 

Opéra-comique en trois actes, paroles de Mélesville, musique de Michel Carafa. Création à l'Opéra-Comique le 07 novembre 1833.

 

 

MAISON EN LOTERIE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Radet et Picard, musique d’A. Piccinni, représenté au Gymnase le 23 décembre 1820.

 

 

MAISON ISOLÉE (LA) ou LE VIEILLARD DES VOSGES

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Marsollier, musique de Dalayrac. Création à l'Opéra-Comique (salle Favart) le 11 mai 1797.

 

 

MAISON LOUÉE (LA) ou LA MAISON À DEUX MAÎTRES

 

Comédie mêlée d’ariettes en trois actes, livret de Desfontaines, musique de Jean-Paul-Egide Martini. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 30 août 1806.

 

 

MAISONNETTE DANS LES BOIS (LA)

 

Opéra-comique, musique de Pauwels, représenté à Bruxelles vers 1795.

 

 

MAÎTRE À CHANTER (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de M. Chéry, musique de M. Witkowsky, représenté à Nantes le 19 décembre 1891.

 

 

MAÎTRE AMBROS

 

Drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux, livret de François Coppée et Auguste Dorchain, musique de Charles-Marie Widor. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 06 mai 1886, décors de Jean-Baptiste Lavastre et Eugène Carpezat, avec Mmes Salla, Castagné, MM. Max Bouvet, Lubert, Fournets, Dulin.

 

« Un drame sombre qui nous mène en Hollande au temps du siège d'Amsterdam par le stathouder Guillaume d'Orange, avec une histoire d'amour pour amortir un peu la rudesse de la situation, l'ex-corsaire Ambros étant à la fois le héros de l'action guerrière et celui de cet épisode amoureux. Le livret, un peu trop développé sans doute, n'est point sans quelque intérêt ; la musique, un peu inexpérimentée au point de vue scénique, est loin d'être sans valeur. C'était le véritable début au théâtre du compositeur, qui n'avait encore abordé la scène qu'avec un joli ballet, la Korrigane, donné à l'Opéra. M. Widor est l'un des représentants les plus solides et les mieux doués de la jeune école française. Musicien profondément instruit, artiste véritablement inspiré, il est un de ceux sur lesquels l'attention du public est tout naturellement éveillée et fonde les plus sérieuses espérances. Sa partition de Maître Ambros, qui manque peut-être un peu d'air et de lumière, n'en est pas moins une œuvre intéressante, dont il faut signaler plusieurs morceaux bien venus : au premier acte, le beau choeur d'introduction : Verse en nos âmes le courage, une jolie chanson de matelot placée dans une bouche féminine, au troisième, toute la scène de la kermesse, avec le choeur des poissonnières, la chanson du mousse et les jolis airs de ballet, et la plus grande partie du quatrième très dramatique et très senti musicalement. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MAÎTRE BÂTON

 

Opérette en un acte, livret d’Eugène Bercioux, musique d’Alfred Dufresne, représentée aux Bouffes-Parisiens le 31 mars 1858.

 

« Libretto pâle et suranné ; musique moins originale que purement écrite. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

MAÎTRE BIOCH ou LE CHERCHEUR DE TRÉSORS

 

Opéra-comique en deux actes, musique de Terry, représenté à Liège vers 1862.

 

 

MAÎTRE CHANTEUR (LE)

 

Opéra en deux actes, livret d'Henri Trianon, musique d'Armand Limnander.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 17 octobre 1853. Divertissement de Joseph Mazilier. Décors d'Hugues Martin. Costumes de Paul Lormier.

Mmes Marie-Dussy, Poinsot, MM. Obin, Gueymard.

 

Repris à l'Opéra le 05 mars 1856 sous le titre de Maximilien.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 28 avril 1874 sous le titre de Maximilien avec Mmes Marie Battu (Marguerite), Mézeray, MM. Roudil (Gunther), Echetto (Rudolphe de Hesse), Laurent-Pascal (Maximilien), Monnier (l'armurier), Mechelaere.

 

« Le titre donne une fausse idée de la pièce et l'intérêt s'en trouve diminué. Il n'y a pas de maître chanteur, mais bien un empereur, ce qui n'est pas la même chose. Cet empereur, redresseur de torts, se déguise et se fait passer pour maître chanteur, sans doute dans le but de mieux savoir ce qui se passe dans ses Etats. Or, comme ce n'est nullement avec cette qualité qu'il agit dans la pièce, il importait de changer le titre si ou voulait reprendre l'ouvrage. C'est ce qui a eu lieu. La partition de M. Limnander en vaut la peine. Rodolphe, fils du landgrave de Hesse, veut séduire la fille de l'armurier Gunther. Il lui propose le mariage. Elle l'accepte ; il a lieu devant des témoins supposés au nombre desquels se trouve un inconnu, le soi-disant maître chanteur. Rodolphe ne tarde pas à se repentir d'une aussi lâche action. Le maître chanteur en informe le landgrave, qui veut chasser la maîtresse de son fils. Mais cet inconnu, c'est l'empereur Maximilien qui consacre par son autorité l'union de la fille de l'armurier avec Rodolphe. C'est un sujet musical, et M. Limnander en a tiré un bon parti. L'ouverture est bien traitée, bien instrumentée ; le chœur d'introduction, composé sur un mouvement de valse allemande avec accompagnement d'un bruit d'enclumes, produit un bon effet ; la chanson de l'armurier a du caractère, et le chant de Charlemagne de la noblesse ; la phrase : O mon pays, chère Allemagne, est une belle inspiration ; la romance : Nocturne solitude, en bémol et le duo scénique terminent bien le premier acte. Le second acte est tout à fait poétique. Nous rappellerons la romance du sommeil, la phrase de Marguerite : Moi qui l'aimais ; l'air de Gunther et l'ensemble en si bémol : Prends le glaive de Charlemagne ; ce sont là des morceaux qui attestent l'inspiration et le style distingué du compositeur. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAÎTRE CLAUDE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, musique de Jules Cohen. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 18 mars 1861, mise en scène d’Ernest Mocker, avec Mmes Marimon (Perrine), Angèle Cordier (Suzette), MM. Gourdin (Claude Lorrain), Troy (le Duc d'Aiguillon), Berthelier (Bouton de Rose).

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 21 novembre 1861.

 

« Il s'agit, dans le livret, d'un petit épisode supposé de la vie du peintre Claude Gelée, plus connu sous le nom de Claude Lorrain. Il est agréablement traité, et le musicien y a trouvé de jolies situations musicales. Les morceaux les plus remarqués sont l'ouverture, dans laquelle on distingue un solo de cor ; la mélodie : Je rêvais ; ensuite l'air : Allons, au franc chasseur, et celui de soprano : L'autre jour sur le bord de l'eau. Le rôle de Claude a été bien rendu par Gourdin. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAÎTRE D’ÉCOLE (LE)

 

Comédie en un acte, mêlée d'ariettes, musique de Lismore, représentée à l'Opéra-Comique de la Foire en 1760. Ce petit ouvrage était la parodie du joli opéra de Monsigny, le Maître en droit.

 

 

MAÎTRE D'ÉCOLE VILLAGEOIS (LE) ou LA LEÇON PERDUE

 

Opéra-comique en un acte, paroles et musique d'Alexis Dubois, acteur du théâtre de Lille, représenté sur ce théâtre en 1787.

 

 

MAÎTRE DE CHANT (LE)

 

Opérette en un acte, musique de Marcellus Muller (sous le pseudonyme de Wilhelm), représentée à Caen le 6 mars 1877.

 

 

MAÎTRE DE CHAPELLE (LE) ou LE SOUPER IMPRÉVU

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Sophie Gay, d’après le Souper imprévu, comédie en un acte d’Alexandre Duval, musique de Ferdinand Paer.

 

Personnages : Barnabé, maître de chapelle (basse comique) ; Benedetto, son neveu (ténor) ; Gertrude, cuisinière de Barnabé (soprano).

 

L’action se déroule en 1797, dans la maison du maître de chapelle d’un petit village des environs de Milan.

 

Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 29 mars 1821, par Mme BOULANGER (Gertrude), MM. Jean-Blaise MARTIN (Barnabé) et FEREOL (Benetto), sous la direction de Frédéric KREUBÉ.

 

Les archives de la salle Favart considèrent comme « première » de cette œuvre la représentation de reprise du 22 août 1830.

 

 

10.09.1848

Opéra-Comique

(144e)

04.09.1885

Opéra-Comique

(259e)

27.10.1900

Opéra-Comique

(437e)

13.01.1933

Opéra-Comique

(487e)

Gertrude

FÉLIX

CHEVALIER

DE CRAPONNE

E. RÜHLMANN

 

 

 

 

 

Barnabé

DANCE

COLLIN

DELVOYE

PONZIO

Benetto

SAINTE-FOY

BARNOLT

MESMAECKER

GENIO

Chef d’orchestre

TILMANT

J. DANBÉ

GIANNINI

E. COHEN

 

494 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950 (dont 58 entre le 01.01.1900 et le 31.12.1950).

 

Représentation à l’Opéra-National (salle du Théâtre-Historique) le 28 septembre 1851, avec M. Ribes et Mlle Guichard.

 

« Le compositeur avait cinquante ans lorsqu'il produisit ce petit chef-d'œuvre. La mélodie abonde dans toutes les scènes ; l'instrumentation en est soignée, ingénieuse. On y remarque surtout l'air du maître de chapelle et le fameux duo qu'il chante avec la cuisinière : Perche Perche. Ces morceaux sont devenus classiques. Le Maître de chapelle obtint autant de succès comme opéra-bouffe que l'opéra-séria de l'Agnese. Ce sont les deux titres de gloire de Paer. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Paer, né à Parme en 1771, a joui d'une grande célébrité pendant la première moitié de ce siècle. Il a occupé les plus hauts emplois auxquels un musicien puisse prétendre : maître de musique de Marie-Louise, puis de la duchesse de Berri ; directeur de la chapelle de Louis-Philippe, etc. C'est lui qui, comme directeur du Théâtre-Italien de Paris, fit jouer pour la première fois en France le Barbier de Rossini. Il est mort en 1839 ; et de tout son bagage, il n'est resté que le Maître de Chapelle, écrit en collaboration avec Mme Sophie Gay (mère de la célèbre Mme de Girardin) et créé à Feydeau en 1821 ; encore n'en joue-t-on plus que le premier acte. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MAÎTRE DE MUSIQUE (LE)

 

Comédie mêlée d’ariettes en deux actes, livret de Pierre Baurans, musique parodiée de divers compositeurs. Création à Paris, Théâtre-Italien, le 31 mai 1755. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 17 mars 1763. C’est une parodie d’Il Maestro di musica, intermède donné à l’Opéra de Paris en 1752.

 

 

MAÎTRE DE VILLAGE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de M. Bevalot, musique de M. Verschneider, représenté à Besançon en mai 1885.

 

 

MAÎTRE DU DIABLE (LE)

 

Pièce fantastique mêlée de chant, en trois actes et cinq tableaux, livret de Victor Locket, tiré du roman d'Edouard Cadol, musique de M. Roubaud, représentée aux Fantaisies-Nouvelles le 07 avril 1888, avec Mmes Poitevin, Barbieri, MM. Sifolelli, Coulanges, Minne, Delannoy.

 

 

MAÎTRE EN DROIT (LE)

 

Opéra-comique en deux actes, en vers, livret de Pierre-René Lemonnier, musique de Pierre-Alexandre Monsigny. Création sur le théâtre de la Foire Saint-Germain le 13 février 1760. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 08 février 1762.

 

« Le vieux jurisconsulte romain commence la série interminable et nauséabonde des docteurs, précepteurs et gouverneurs bernés par leurs élèves. Ces personnages ont reparu si souvent dans le théâtre de Scribe, qu'ils semblent faire partie de la mise en scène de ses livrets. Celui qu'on a vu dans le Comte Ory, en 1828, reparaît en 1843 dans la Part du Diable. Il faut espérer que ce centenaire est mort de vieillesse. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAÎTRE ET LE VALET (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Justin Gensoul, musique de Rodolphe Kreutzer. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 08 août 1816.

 

 

MAÎTRE GILLES

 

« Fantaisie rimée » de MM. Elhem et de Polloes, musique de M. Michiels, représentée au Théâtre-Mondain le 31 décembre 1895.

 

 

MAÎTRE GRELOT

 

Opérette en un acte, livret d’Emile de Najac, musique d’Adrien Talexy, représentée aux Folies-Bordelaises le 1er septembre 1881.

 

 

MAÎTRE GRIFFARD

 

[ou Monsieur Griffard]

Opéra-comique en un acte, livret de Mestépès, musique de Léo Delibes, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 03 octobre 1857, avec Mlles Faivre (Jeannette), Moreau (Isabelle), MM. Fromant (Léandre), Leroy (Maître Griffard).

 

L'air de Léandre travesti en clerc bas-normand : Je suis Blaise, natif de Falaise, est le morceau le plus applaudi de ce petit ouvrage. Delibes, élève d'Adam, en était à son premier opéra chanté sur un grand théâtre ; mais on connaissait de lui d'agréables opérettes jouées aux Bouffes-Parisiens. L'heureux auteur de Coppelia et du Roi l'a dit, a débuté aux Folies-Nouvelles par une saynète intitulée : Deux sous de charbon.

 

 

MAÎTRE MARTIN

 

Opéra en quatre acte, livret d’Eugène Landoy, d’après un conte d’Hoffmann, musique de Jan Blockx.

 

Première représentation à Bruxelles, Théâtre de la Monnaie, le 30 novembre 1892, avec Mmes Lejeune (Rosa), Archaimbaud (Anna), Walter (la servante), MM. Gilibert (Maître Martin), Leprestre (Frédéric), Ghasne (Rheinold), Isouard (baron Conrad), Barbary (Muller).

 

 

MAÎTRE PALMA

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène Furpille et Philippe Gille, musique de Mlle Rivay, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 17 juin 1860, avec MM. Lesage, Legrand, Mlle Moreau.

 

Livret bizarre, musique assez agréable.

 

« Un opéra de salon, reçu par la précédente direction, et qui fut glissé furtivement sur l'affiche, le soir d'un dimanche d'été. Ce manque de cérémonie fut cette fois, comme toujours, mal interprété par le public. La pièce était pourtant amusante, et méritait d'être donnée dans de meilleures circonstances. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MAÎTRE PATHELIN

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Adolphe de Leuven et Ferdinand Langlé, musique de François Bazin. Création sur le théâtre de l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 12 décembre 1856, mise en scène d’Ernest Mocker, avec Mmes Révilly (Mme Pathelin), Decroix (Bobinette), Talmont (Angélique), MM. Couderc (Maître Pathelin), Prilleux (Mr Josseaume), Berthelier (Aignelet), Edmond Cabel (Charlot), Lemaire (le Bailly).

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 01 décembre 1857 avec Mmes Meuriot, Cèbe, Colas, MM. Aujac, Borsary, Killy, Mengal, Gourdon.

 

« Les auteurs du livret ont renfermé en un seul acte la pièce de Bruéis, et, en conservant les principaux épisodes de la vieille Farce de maistre Pierre Pathelin, ils ont prouvé que les modernes pouvaient aussi bien s'en divertir que leurs aïeux du XVe siècle. M. Bazin est sorti victorieux des difficultés qu'offrait pour la musique un pareil sujet. Tout en exprimant avec franchise le caractère de chaque scène, il a écrit une partition élégante et estimée des connaisseurs. L'ouverture fait entendre le motif de la marche comique qui accompagne à la fin de l'acte l'entrée du tribunal, ce qui place l'ouvrage dans le cadre spécial qui lui convient. Nous citerons, parmi les morceaux les plus applaudis, les couplets de l'avocat, chantés par Couderc ; les couplets du berger, chantés par Berthelier, qui a débuté à l'Opéra-Comique dans cette pièce ; une jolie romance de ténor et le duo des Bé bé. Prilleux a très bien joué le rôle du drapier, et Lemaire a rendu d'une façon exhilarante celui du bailli. En somme, comme pièce et comme musique, Maître Pathelin est un des meilleurs actes d'opéra-comique du répertoire. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAÎTRE PERONILLA

 

Opéra bouffe en trois actes, livret de Charles Nuitter et Paul Ferrier, musique de Jacques Offenbach, représenté aux Bouffes-Parisiens le 13 mars 1878. Le sujet de la pièce est assez original. Maître Peronilla est un fabricant de chocolat qui, dans sa jeunesse, a exercé la profession d'avocat. Manuela, sa fille, est courtisée par Alvarez, dont les sérénades l'ont charmée, et par le vieux et ridicule Guardona. Ce dernier est préféré par le père, et l'acte civil du mariage est passé devant notaire. Mais les deux cousins de la jeune fille parviennent à substituer Alvarez à Guardona dans la cérémonie religieuse, qui a lieu pendant la nuit. Manuela se trouve donc bigame, et les tribunaux sont saisis de l'affaire. Leona, sœur de Peronilla, prend le parti de Guardona. La cause est appelée. Un avocat plaide en faveur de Manuela et, dans le feu de son éloquence, laisse tomber la perruque dont il s'est affublé. On reconnaît en lui le père de l'accusée. L'acte civil, dressé au nom de famille que porte également Leona, est appliqué à celle-ci, qui est contrainte d'épouser le vieux Guardona, et Manuela épouse Alvarez.

La musique est agréable et, sauf quelques phrases d'un goût médiocre et des réminiscences, offre de charmants morceaux. Je citerai particulièrement la jolie romance d'Alvarez : Quand j'ai dû, la mort dans l’âme ; les couplets des petits valets : Pedro, le petit bohémien ; le rondeau de Frimouskino : Je pars, je vais, je vole, qui est très bien fait, et la romance chantée par le même : Assurément, j'ai confiance. Le morceau le plus applaudi a été la Malagueña, chanson espagnole où se trouvent quelques modulations bizarres, mais intéressantes. Il est fâcheux que les paroles n'offrent pas la moindre trace d'esprit ni de littérature. Le succès de carrefour qu'on a fait au Roi barbu qui s'avance, bu qui s'avance, de la Belle Hélène, a sans doute engagé M. Offenbach à reproduire ce genre d'effet. Ce passage peut donner une idée du goût qui préside à la confection de ces ouvrages :

 

Les frères Vélasquez

Comm' témoins font florès,

Où faut-il Signez ?

 

PERONILLA.

On vous le dira,

On vous le di,

On vous le di,

On vous le dira.

 

M. Offenbach a tellement caricaturé l'art du compositeur, qu'on a quelque peine à le prendre au sérieux lorsqu'il veut l'être.

Le genre de l'opérette a remplacé celui de l'ancien vaudeville, malin et français, parisien surtout. Mais la partie musicale ayant été développée à l'excès, on n'a pu la faire accepter au public qu'en l'assaisonnant de gravelures et d'exhibitions plastiques. L'esprit, qui faisait les frais de l'ancien vaudeville et, de la comédie à ariettes, n'est plus nécessaire ; les situations scabreuses suffisent, accompagnées d'une musique qu'on écoute à peine. L'opérette est une transformation passagère qui flatte les goûts d'un public mêlé, cosmopolite et indifférent au fond. L'auteur dramatique gagnerait à n'accepter du musicien qu'une collaboration moins encombrante, moins coûteuse et réduite aux proportions de l'ancienne comédie à ariettes. C'est là le genre dans lequel l'opérette devra être ramenée et maintenue si l'on tient à conserver à l'esprit français les qualités dont il doit faire preuve dans ce genre de plaisir : le goût, la sensibilité, une gaieté spirituelle. Distribution : Alvarez, Mme Peschard ; Frimouskino, Mme Paola Marié ; Leona, Mme Girard ; Manuela, Mlle Humberta ; Antonio, Mlle Fanny Robert ; Paquita, Mlle Descot ; Felipe, Mlle Blot ; Juanito, Mlle Blanche ; Peronilla, M. Daubray ; Guardona, M. Jolly ; Ripardos, M. Troy ; Bridoison, le notaire, MM. Scipion, Pescheux ; les deux Velazquez, Maxnère, Dubois ; deux juges, Jannin, Chambéry ; le marquis, Sassard ; don Fabrice, Montaubry.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

MAÎTRE PIERROT

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Albert Carré, musique de Félix Pardon, représenté au Casino de Contrexéville le 09 août 1880 ; chanté par Lary et Mme Astruc.

 

 

MAÎTRE TAUPIN

 

Opéra-comique en un acte, paroles de M. de Liagre, musique de M. Guigou, représenté sur le théâtre du Gymnase, à Marseille, en 1877.

 

 

MAÎTRE WOLFRAM

 

Opéra-comique en un acte, livret de Joseph Méry, Paul Bocage et Théophile Gautier, musique d’Ernest Reyer.

Personnages : Hélène, jeune orpheline (soprano) ; Léopold Wolfram, musicien (baryton) ; Frantz, officier (ténor) ; Wilhem, maître d'école (basse).

 

Création au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 20 mai 1854, avec Mme MEILLET (Hélène), MM. Pierre LAURENT (Wolfram), TALLON (Fritz), Honoré GRIGNON (Wilhem).

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 26 septembre 1868 avec Mmes Duprestre (Hélène), MM. Lepers (Wolfram), Barbet (l'officier Fritz), Chappuis (Wilhem).

 

Première à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 05 décembre 1873.

Mme Marguerite CHAPUY (Hélène).

MM. Jacques BOUHY (Wolfram), COPPEL (Fritz), NATHAN (Wilhem).

Chef d'orchestre : Adolphe DELOFFRE.

 

Reprise du 7 février 1902 (12e représentation).

Mme EYREAMS (Hélène).

MM. DELVOYE (Wolfram), JAHN (Fritz), GRIVOT (Wilhem).

Chef d'orchestre : Alexandre LUIGINI.

 

32 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, dont 21 entre le 01.01.1900 et le 31.12.1950.

 

« L'action se passe en Allemagne et retrace un tableau des mœurs bourgeoises à la fois simple et touchant. Deux jeunes orphelins, Léopold Wolfram et Hélène, élevés ensemble par les soins du vieux professeur Wilhelm, semblent destinés à s'épouser. Ainsi le prétend le bon Wilhelm ; ainsi l'espère maître Wolfram, devenu un habile organiste. Mais Hélène, tout en chérissant celui-ci comme un frère, aime le soldat Frantz. Une lettre, perdue par elle, révèle son secret, et le pauvre Wolfram se résigne à oublier son amour en se vouant au culte de l'art ; il demande aux accords de son orgue les consolations dont son âme a besoin après une si cruelle déception. L'ouverture est traitée avec soin, et la couleur de l'instrumentation est appropriée au sujet. L'invocation à l'Harmonie, chantée par Wolfram, est une mélodie fort expressive. Elle est suivie des jolis couplets d'Hélène :

 

Je crois ouïr dans les bois

Une voix ;

Le vent me parle à l'oreille

La fleur me dit ses secrets

Les plus frais,

Et le ramier me conseille.

 

L'air du soldat Frantz : Maudit soit le ferrailleur, un chœur d'étudiants, une romance chantée par Léopold, et un duo développé et composé de phrases originales, forment une petite partition intéressante et dans laquelle la théorie musicale et le sentiment tout individuel de l'auteur de la Statue se sont révélés de manière à faire bien augurer de son avenir. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« M. Reyer faisait ses débuts de compositeur dramatique. Il n'était encore connu que par le Sélam, symphonie orientale venue à la suite du Désert, de M. Félicien David. Il a succédé à Berlioz comme critique musical du Journal des Débats. La pièce de Méry (avec quelques parties refaites par Théophile Gautier) avait été inspirée de la lithographie si connue de M. de Lemud. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

« Œuvre remarquable et bien préférable, au double point de vue littéraire et musical, à un grand nombre de longues partitions. »

[Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1876]

 

 

MAÎTRES CHANTEURS DE NUREMBERG (LES)

 

[Die Meistersinger von Nürnberg]

Drame poétique et musical allemand en trois actes et quatre tableaux, poème et musique de Richard Wagner.

 

Personnages : Hans Sachs, cordonnier (baryton héroïque) ; Veit Pogner, orfèvre (basse) ; Kunz Vogelgesang, pelletier (ténor) ; Konrad Nachtigall, laitier (basse) ; Sixtus Beckmesser, écrivain public (baryton) ; Fritz Kothner, boulanger (baryton) ; Balthasar Zorn, ferblantier (ténor) ; Ulrich Eisslinger, épicier (ténor) ; Augustin Moser, tailleur (ténor) ; Hermann Ortel, savonnier (basse) ; Hans Schwarz, bonnetier (basse) ; Hans Foltz, chaudronnier (basse profonde) ; Walther von Stolzing, un jeune chevalier de Franconie (ténor) ; David, un apprenti de Sachs (ténor) ; Eva, fille de Pogner (soprano) ; Magdalena, nourrice d’Eva (mezzo-soprano) ; un veilleur de nuit (basse) ; bourgeois de la Guilde, compagnons, apprentis, jeunes filles.

 

L’action se passe à Nuremberg, au milieu du XVIe siècle.

 

Créé à Munich, Théâtre Royal, le 21 juin 1868.

Mmes Matilde MALLINGER (Eva), Sophie DIETZ (Magdelaine).

MM. Franz NACHBAUER (Walther), Franz BETZ (Hans Sachs), K. SCHLOSSER (David), G. HOLTZEL (Beckmesser), BAUSEWEIN (Pogner), K. HEINRICH (Vogelgesang), SIGL (Nachtigall), FISCHER (Fritz Kothner), WEIRTSTERFER (Zorn), BEPPE (Eislinger), VOPPL (Muser), ZHOMS (Oriel), GRASSER (Schwarz), HAPN (Foltz), F. LANG (le Veilleur de Nuit).

Chef d'orchestre : Hans von BÜLOW

 

Première à Bruxelles (Théâtre Royal de la Monnaie), version française de Victor Wilder, le 07 mars 1885.

 

Premières fois, à New York (Metropolitan-Opera), le 04 janvier 1886 ; à Bayreuth (Théâtre du Festival), le 23 juillet 1888 ; en France, à Lyon (Grand Théâtre), version française d'Alfred Ernst, le 30 décembre 1896.

 

 

BRUXELLES

07.03.1885

NEW YORK

04.01.1886

BAYREUTH

23.07.1888

LYON

30.12.1896

Eva

Rose CARON

SEIDL-KRAUS

BETTAQUE

L. JANSSEN

Magdelaine

Blanche DESCHAMPS-JEHIN

M. BRANDT

G. STAUDIGL

E. COSSIRA

 

 

 

 

 

Walther

JOURDAIN

A. STITT

H. GUDEHUS

COSSIRA

Hans Sachs

SEGUIN

E. FISCHER

F. PLANK

G. BEYLE

David

DELAQUERRIÈRE

KRAMER

HEDMONDT

HYACINTHE

Beckmesser

SOULACROIX

O. KEMLITZ

FRIEDRICH

DELVOYE

Pogner

DURAT

J. STAUDIGL

GILLMEISTER

CHALMIN

Fritz Kothner RENAUD      

Chef d’orchestre

J. DUPONT

L. DAMROSCH

H. RICHTER

MIRANNE

 

Première fois à Paris, au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 10 novembre 1897 dans une version française d'Alfred Ernst. Mise en scène d'Alexandre Lapissida. Divertissements de Joseph Hansen.  Décors d'Amable. Costumes de Charles Bianchini.

 

 

10.11.1897

1e

27.03.1906

69e

17.02.1911

81e

28.12.1912

100e

Eva

Lucienne BRÉVAL

BREVAL

GALL

GALL

Magdelaine

GRANDJEAN

CARO-LUCAS

DAUMAS

GOULANCOURT

 

 

 

 

 

Walther

ALVAREZ

ALVAREZ

FRANZ

FRANZ

Hans Sachs

DELMAS

DELMAS

DELMAS

DELMAS

David

VAGUET

NUIBO

CAMPAGNOLA

DUBOIS

Beckmesser

RENAUD

RIDDEZ

RIGAUX

RENAUD

Pogner

L. GRESSE

CHAMBON

JOURNET

JOURNET

Vogelgesang

CABILLOT

CABILLOT

WARELLY

WARELLY

Nachtigall

DOUAILLIER

DOUAILLIER

TRIADOU

TRIADOU

Kothner

BARTET

BARTET

GONGUET

ROSELLY

Zorn

LAURENT

GONGUET

TEISSIE

GONGUET

Eislinger

DUPIRE

DUPIRE

NANSEN

NANSEN

Möser

GALLOIS

GALLOIS

REVOL

REVOL

Ortel

DELPOUGET

DELPOUGET

DELPOUGET

DELPOUGET

Schwarz

DENOYE

DENOYE

EZANNO

EZANNO

Foltz

PATY

STAMLER

CHAPPELON

CHAPPELON

Veilleur

CANCELIER

CANCELIER

CERDAN

CERDAN

Chef d’orchestre

TAFFANEL

P. VIDAL

MESSAGER

H. RABAUD

 

 

05.03.1923

108e

22.10.1930

139e

14.04.1937

 

04.06.1948

172e

31.10.1952

187e

Eva

LUBIN

LUBIN

Marisa FERRER

SEGALA

BOUE

Magdelaine

COURSO

J. MONTFORT

J. MONTFORT

BOUVIER

GORR

 

 

 

 

 

 

Walther

FRANZ

FRANZ

Georges THILL

VERDIERE

JOBIN

Hans Sachs

DELMAS

JOURNET

FROUMENTY

FROUMENTY

VAILLANT

David

RAMBAUD

RAMBAUD

RAMBAUD

GIRAUDEAU

GIRAUDEAU

Beckmesser

Robert COUZINOU

FABERT

BECKMANS

BECKMANS

BOURDIN

Pogner

A. HUBERTY

GROMMEN

HUBERTY

MEDUS

DEPRAZ

Vogelgesang

DUBOIS

DUBOIS

 

ROUQUETTY

ROUQUETTY

Nachtigall

ERNST

ERNST

 

GICQUEL

ROUX

Kothner

CARBELLY

CLAVERIE

CLAVERIE

PHILIPPE

PHILIPPE

Zorn

GONGUET

MORINI

 

CHASTENET

CHASTENET

Eislinger

REGIS

MADLEN

 

GOURGUES

RALLIER

Möser

SORIA

JOBIN

 

DESHAYES

DESHAYES

Ortel

MAHIEUX

FROUMENTY

 

MAX-CONTI

MAX-CONTI

Schwarz

BORDON

NEGRE

 

PETITPAS

PETITPAS

Foltz

COMBES

CAMBON

 

CAMBON

SERKOYAN

Veilleur

DALERANT

DALERANT

 

ENIA

MASSARD

Chef d’orchestre

CHEVILLARD

GAUBERT

Paul PARAY

FOURESTIER

SEBASTIAN

 

N. B. - Reprise de 1952, mise en scène de Max de RIEUX.

 

191e à l’Opéra le 6 décembre 1952 avec les interprètes de la reprise, sauf Mme RICQUIER (Magdolaine) et M. VERDIÈRE (Walther).

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Eva : Mmes BOSMAN (1898), HATTO (1901), LINDSAY (1906), ISNARDON (1923), BONAVIA (1926), LAVAL (1927), FERRER (1932), Lotte LEHMANN (1934), Maria MULLER (1936), CAMART (1949), MAS (1949).

Magdelaine : Mmes BEAUVAIS (1898), G. LEJEUNE (1911), CHARNY (1913), TESSANDRA (1932), BERGLUND (1934).

Walther : MM. COURTOIS (1898), VAGUET (1900), MURATORE (1906), DUBOIS (1906), E. AUDOIN (1927), THILL (1933), Max LORENZ (1934), DE TREVI (1937), TALEYRAC (1949).

Hans Sachs : MM. A. HUBERTY (1932), BOCKELMAN (1934), PROHASKA (1936).

Beckmesser : MM. NOTÉ (1898), SIZES (1913), Jean MAURAN (1927), Armand CRABBE (1933), FUSCH (1934), NOGUERA (1949).

David : MM. L. BEYLE (1898), L. LAFFITTE (1898), FABERT (1911), ZIMMERMANN (1934).

Pogner : MM. André GRESSE (1926), NARÇON (1933), KIPNIS (1934), L. HOFFMANN (1936), SAVIGNOL (1948).

 

191 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

  

« L'action se passe au XVIe siècle. Les maîtres chanteurs de Nuremberg se disposent au concours traditionnel qui a lieu le jour de la Saint-Jean. Le prix destiné au vainqueur est la belle Eva, fille de l'orfèvre Veit Pogner. On se croirait plutôt transporté dans un pays à esclaves que dans une ville d'Allemagne. Le chevalier Walther est amoureux d'Eva ; malgré la noblesse de son origine, il se fait recevoir bourgeois de Nuremberg ; il prend des leçons de chant de Hans Sachs, le cordonnier poète, et, grâce à une heureuse inspiration qui lui est venue pendant son sommeil, il l'emporte sur ses rivaux, et en particulier sur le greffier Beckmesser, qui, lui aussi, voudrait épouser Eva. Walther reçoit des mains de la belle la couronne de myrte et de laurier, et une sorte de bénédiction du vieil Hans Sachs, qui prophétise sur la mission de l'art allemand et s'indigne de ce qu'il s'est laissé corrompre par le goût gaulois. On voit que, même dans un opéra-comique, M. Wagner poursuit sa chimère et déclame contre l'influence française. Pourquoi alors ne se contente-t-il pas de ses succès en Allemagne ? Pourquoi a-t-il fait des tentatives fréquentes et infructueuses pour naturaliser ses opéras en France ? Nous lui souhaitons, au contraire, de donner à ses talents une direction moins exclusive, et de ne pas faire litière du goût français, qui nous a valu, de la part de l'Italien Rossini, Guillaume Tell, et de la part de l'Allemand Meyerbeer, Robert le Diable et les Huguenots, sans compter les chefs-d’œuvre indigènes. La donnée du livret des Meistersinger est au moins faible, sinon puérile. La musique a les mêmes allures prétentieuses, confuses et ténébreuses que la plupart des œuvres de M. Wagner. On a remarqué cependant plusieurs morceaux intéressants, l'air de Pogner : Ein Meistersinger muss er sein, la marche, le rêve de Walther, répété au troisième acte. Le deuxième tableau de ce troisième acte renferme plusieurs mélodies traitées avec beaucoup de talent. Cet ouvrage a été donné trois fois à Munich, sous les auspices du jeune roi de Bavière, protecteur et ami du compositeur. M. Wagner, pendant la première représentation, était assis à côté du roi Louis II. La représentation a duré cinq heures. M. Hans de Bulow a dirigé l'exécution. Les décors et la mise en scène ont coûté plus de cinquante mille florins. Fantaisie de jeune roi. Mazarin disait : « Ils chantent, ils payeront ! » A Munich, c'est le contraire, les contribuables payent, mais ne chantent pas la musique de M. Wagner. Il n'y a pas d'exemple d'un compositeur qui ait fait autant parler de sa personne et dont les œuvres soient si peu répandues par l'exécution, même par fragments. Cet opéra a été chanté par Nachbaur, Betz, Bausewein, Schlosser, Holzl, Mmes Mallinger et Diez. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Cet ouvrage tranche absolument, par son sujet, avec les autres œuvres du maître de Bayreuth. Nous sortons ici de la légende nébuleuse où il s'est toujours complu, et nous avons affaire non plus à des dieux et à des héros fantastiques, mais à de simples mortels de chair et d'os qui, comme nous, vivent de la vie de tous les jours et sont plus facilement compréhensibles. Ce qui ne veut pas dire pourtant que l'affabulation des Maîtres-Chanteurs soit plus théâtrale que celle des autres œuvres de Wagner, qui n'a jamais eu le sens des conditions et des exigences scéniques. Musicien admirable, mais détestable poète dramatique.

L'action se passe au XVIe siècle, au moment où les fameux maîtres-chanteurs de Nuremberg se préparent au concours traditionnel qui a lieu en cette ville le jour de la Saint-Jean, et dont le vainqueur recevra pour prix la main de la gentille Éva, fille de l'orfèvre Pogner. Celle-ci est l'objet des attentions d'un être ridicule, le greffier Beckmesser, qui voudrait bien l'emporter sur tous ses rivaux ; mais elle est aimée aussi d'un jeune seigneur, le chevalier Walther de Stolzing, dont elle partage les sentiments. Le malheur est que celui-ci n'est point musicien. Cependant il prend des conseils et des leçons de l'excellent Hans Sachs, le célèbre cordonnier-poète, et fait des progrès tellement rapides qu'à la suite d'une double épreuve il est proclamé vainqueur du concours et devient l'époux de la belle Éva. Tout cela est entremêlé d'épisodes divers, d'interminables dissertations sur la poésie et la musique qui seraient mieux à leur place dans un traité théorique que dans un poème d'opéra, et d'une foule de détails inutiles qui n'augmentent pas l'intérêt d'une action par elle-même absolument nulle.

La première idée des Maîtres-Chanteurs a germé, dit-on, dans le cerveau de Wagner dès 1845, à l'époque où il était chef d'orchestre à Dresde. Il n'acheva pourtant le livret de cet ouvrage qu'à Paris, aux mois de mai et de juin 1862. Il en commença la musique dans le cours de la même année à Biberich, et termina sa partition en 1867 à Triebschen, près de Lucerne. Il était devenu alors le protégé et le commensal du jeune roi Louis II de Bavière, ce qui explique que les Maîtres-Chanteurs furent représentés presque aussitôt à Munich, c'est-à-dire dès l'année suivante.

Wagner, quoi qu'en puissent dire quelques, uns, n'a jamais eu le sens du théâtre, ni comme musicien, ni surtout comme poète. Cela se voit avec éclat surtout dans les Maîtres-Chanteurs, dont le livret est d'une niaiserie enfantine. On peut affirmer que dans ce livret le poète a passé à côté des situations que le compositeur aurait dû réclamer, que le rôle des deux amoureux, Eva et Walther, est aussi sot que possible, que le canevas scénique est d'une insigne nullité, et que pendant les quatre heures que dure l'ouvrage, le principal, c'est-à-dire le sentiment, le passion, l'action dramatique, est complètement étouffé sous le poids d'incidents et d'épisodes qui ne devraient être que l'accessoire. Voilà une pièce interminable, dont le premier acte dure cinq quarts d'heure, le second une heure, le troisième près de deux heures, sans qu'un seul instant, une seule minute, on s'y sente touché, ému, attendri par un sentiment humain, par une pensée pénétrante, par un accent de passion. Il y a deux amoureux dans cette pièce, deux amoureux qui sont, ou qui semblent persécutés ; eh bien, pas un d'eux, à aucun moment, ne trouve un élan de tendresse, une parole, un mot qui peigne l'état de son âme, son désespoir, ses angoisses, ses tristesses ou ses joies. Bien plus, ces amoureux transis, lorsqu'ils se rencontrent, ne trouvent à se dire que des banalités, et lorsqu'ils devraient parler, lorsqu'ils pourraient unir leurs âmes dans un chant céleste, dans un cantique d'amour enivrant, l'auteur les réduit à la pantomime (comme on peut s'en rendre compte à la page 118 du livret français).

On conçoit que, pour des Allemands, ce livret singulier n'ait pas manqué d'un certain intérêt de curiosité. Cette reconstitution du vieux monde germanique, cette mise à la scène des anciens Meistersinger, cette résurrection de coutumes depuis longtemps disparues, cette évocation de la bonne et honnête figure de Hans Sachs, le cordonnier-poète, tout cela était de nature à plaire à un public qui retrouvait là le souvenir de ses ancêtres, et qui est doué d'ailleurs d'un chauvinisme littéraire inconnu aux autres peuples. Mais précisément, c'est une thèse littéraire que Wagner a soutenue pendant trois longs actes, et le développement d'une thèse ne constitue pas une action dramatique. Et, d'autre part, ces discussions, ces dissertations interminables sur les tons, sur les modes, sur le sens de la musique, sur son adaptation aux paroles, sur la manière de chanter, sur les règles générales de l'art, tout cela, au point de vue du théâtre, est un pur enfantillage, et n'offre d'intérêt d'aucune sorte. Il faut ajouter qu'avec les développements donnés par Wagner à cette apparence de sujet, cela devient effroyablement long et formidablement ennuyeux. Constatons, cependant, que certaines scènes sont bien venues et parfois amusantes. Telles, celle de la sérénade au second acte, et au troisième, celle vraiment comique qui amène la déroute du greffier Beckmesser. D'autre part, l'épisode du défilé des corporations, dans ce dernier acte, est heureusement trouvé et donne lieu à un spectacle intéressant. Quant à la scène burlesque qui termine le second acte, à cette poursuite de deux pitres, dont l'un prodigue à l'autre les coups de bâton et les coups de pied n'importe où, à la mêlée générale qui s'ensuit et que certaines femmes prétendent apaiser de leurs fenêtres, en vidant généreusement le contenu de certains vases sur la tête des combattants, ceci est simplement de la parade, une farce de tréteaux comme on en voit dans mainte opérette, et qu'on ne tolérerait peut-être pas chez nous sur une scène un peu relevée.

Il va sans dire que la musique, abstraction faite des défauts inhérents au système de Wagner, est singulièrement supérieure au poème. Ici, et avant toute chose, pour être absolument sincère, il faut exprimer une admiration profonde, sans restriction, pour l'incomparable génie symphonique du maître. On a assez à faire de critiquer son procédé, ses théories, ce qu'il est permis d'appeler ses manies ; on peut, du moins, rendre justice pleine et entière à ce génie véritablement merveilleux. Si cette partition vraiment accablante des Maîtres-Chanteurs est faite pour causer à l'auditeur une lassitude terrible, une fatigue souvent bien douloureuse, du moins faut-il dire qu'au point de vue strictement musical, et en faisant volontairement abstraction de toute espèce de préoccupation scénique, on ne peut s'empêcher d'admirer la splendeur de cet orchestre, sa variété, sa couleur, son immense richesse et son étonnante originalité. Jamais on n'ira plus loin dans le maniement de cet instrument aux cent voix, jamais on n'en tirera parti plus prodigieux, jamais on ne dépassera l'habileté du praticien qui produit, comme en se jouant, des effets d'une telle audace et d'une telle intensité. Ah ! si l'on pouvait, en entendant cet orchestre merveilleux, en écoutant ces dessins symphoniques dont l'élégance et la noblesse le disputent à la richesse et à la nouveauté, si l'on pouvait oublier qu'on est au théâtre, faire bon marché des conditions essentielles et des nécessités de l'action dramatique, si l'on pouvait surtout ne pas regretter que la voix humaine, ce plus admirable, ce plus expressif et ce plus émouvant de tous les instruments, est sacrifié sans pitié, sans logique et sans raison à cet ensemble polyphonique qui l'enserre et qui l'étouffe sous ses étreintes cruelles, quelles jouissances n'éprouverait-on pas ? Par malheur, ceci non seulement n'est plus du théâtre, mais est la négation même du théâtre : c'est de la musique concertante, et de la musique de concert, au premier chef.

Avec Wagner, on ne peut procéder que par généralités, l'analyse de détail devenant à peu près impossible par suite du manque voulu de points de repos et de points de repère. Étant donnée cette partition des Maîtres-Chanteurs, supposez un discours oratoire de cinq cents pages d'étendue, divisé en trois parties distinctes, mais chacune de ces parties ne laissant à l'orateur ou à l'auditeur aucune faculté de respiration, le premier ne s'arrêtant jamais, le second écoutant toujours, les membres de phrase succédant incessamment aux membres de phrase, les images aux réflexions, les sentences aux raisonnements, les maximes aux déductions, et tous aurez, par cette comparaison, une idée à peu près exacte de cette œuvre colossale — et d'une digestion terrible. Point d'alinéas dans ce discours formidable, jamais une phrase concluante, toujours des points suspendus, des incises s'enchaînant éternellement à d'autres incises, jusqu'à ce qu'enfin, après une heure ou une heure et demie de cette tension continuelle de l'oreille, des nerfs et de l'esprit, le discoureur veuille bien consentir à prendre et à vous laisser prendre un instant de repos, sous forme d'entr'acte.

Dans aucune autre de ses œuvres, peut-être, Wagner n'a poussé aussi loin la pratique de son déplorable système, système qui, on le sait, comprend trois points principaux : 1° continuité absolue du discours musical, qui ne se brise et ne s'interrompt jamais ; 2° abandon, par ce fait, d'une forme musicale quelconque, et adoption d'une sorte de récitatif ou de mélopée qui remplace le chant proprement dit par la parole chantée ; 3° subordination complète des voix à l'orchestre et prédominance absolue de celui-ci, ce qui est un contresens au triple point de vue du théâtre, de la musique et de la logique, les voix appartenant à des êtres humains qui, seuls, à l'aide de la parole, peuvent exprimer des idées concrètes, et l'expression musicale de ces idées leur étant enlevée pour être confiée à la masse instrumentale, impuissante par elle-même à rendre un sentiment précis et déterminé.

Sous prétexte de vérité dramatique, Wagner a rompu avec la vieille coutume qui divisait les actes par morceaux divers : airs, duos, trios, etc., et n'a plus voulu qu'une division par scènes, avec un dialogue ininterrompu entre les divers personnages, qui se répondent les uns aux autres sans jamais mêler leurs voix, et non seulement sans que jamais ce dialogue prenne une forme déterminée, sans qu'il affecte en aucun cas celle d'un morceau quelconque, mais en fuyant volontairement je ne dirai pas même la carrure, mais une apparence de symétrie entre les phrases. Donc, plus de césure, plus de repos, plus de temps d'arrêt, mais un discours ou un dialogue sempiternel, sans lignes principales, sans forme arrêtée, sans aucune précision. On peut dire que, musicalement, c'est la régularisation de l'incohérence. Car, enfin, l'absence de forme n'est pas par elle-même une forme, et n'est pas sans doute pour constituer ce qu'on appelle un progrès dans l'art.

Et il faut bien constater que cet éternel récitatif obligé est précisément le contraire de la vérité. La musique, beaucoup moins rapide que la parole, a besoin de beaucoup plus de temps qu'elle pour prendre sa valeur expressive ; matériellement, pratiquement, on ne peut traiter l'une comme l'autre ; c'est pourquoi le compositeur, ayant besoin d'un plus long temps que le poète pour donner à sa pensée l'expression qu'elle comporte, redouble souvent les vers que celui-ci lui confie. Se heurtant à cet obstacle, inhérent à la musique, Wagner emploie un autre moyen : il ne redouble pas les vers, mais il répète sa pensée dans d'autres vers, et cela deux, trois et jusqu'à quatre fois de suite, afin de trouver la possibilité de lui donner, musicalement, l'expression qu'elle doit avoir. De sorte que, pour échapper à un inconvénient, il tombe dans un pire, et que ces redondances, absolument insupportables par elles-mêmes, ont encore le défaut d'amener d'effroyables longueurs et d'écraser l'auditeur sous le poids d'insupportables redites. Et cela est si vrai, et cette partition des Maîtres-Chanteurs est si longue, si touffue, si cruellement étoffée que, lors de la représentation française de l'ouvrage à Bruxelles, on avait dû, dès le premier jour, lui faire subir de larges amputations, et que le sacrifice était plus considérable encore à la seconde représentation, où les coupures faites à l'œuvre n'atteignaient guère moins de quatre cents vers du poème. D'ailleurs, même sur les théâtres allemands, la partition des Maîtres-Chanteurs n'est jamais exécutée dans son intégralité.

On sait que Wagner, toujours dans son prétendu amour pour la vérité, a renversé une des conditions ordinaires de la musique dramatique. De prépondérante qu'elle était — et qu'elle doit être — la voix humaine avec lui devient servile, et se fait l'humble esclave de l'orchestre, lequel orchestre n'est plus seulement intéressant, comme c'est son droit, mais omnipotent. Rabaissée à un rôle simple récitant, ce n'est pas à elle que le compositeur demande l'expression, mais à la masse instrumentale, et, chose vraiment étrange ! cette voix, qui est chargée d'énoncer des faits et des pensées, est considérée par lui comme incapable d'en traduire le sentiment. Les partisans du maître prétendent que, dans ses œuvres, les voix sont traitées à l'égal des instruments, ce qui serait déjà fâcheux; mais cela n'est pas exact : les voix, seules parties prenantes dans l'action, n'ont pourtant qu'un rôle absolument effacé et secondaire, tandis que l'orchestre, être impersonnel et passif, absorbe tout l'intérêt musical et domine orgueilleusement l'ensemble. Si c'est là de la logique, si c'est là de la vérité, c'est que les mots ont perdu tout sens et toute signification.

J'ai dit que la partition des Maîtres-Chanteurs se refuse d'elle-même à une analyse serrée, par suite du manque de divisions et de l'absence de points de repère, et qu'il faut surtout l'apprécier et l'envisager au point de vue général. Je voudrais pourtant citer quelques-unes des pages les plus importantes. C'est d'abord, au premier acte, le beau choral d'introduction ; la cantilène de Walther : Au coin du feu, dans l'âtre clair ; le récit très franc, très large, d'un tour volontairement archaïque et d'une belle venue, dans lequel Kothner donne les règles de la tablature ; le beau chant de concours de Walther : Voilà ce qu'Avril dit aux bois, accompagné d'une façon superbe, surtout par les violons et les clarinettes, qui donnent à la trame orchestrale un moelleux et un fondu étonnants ; et enfin, le grand ensemble qui suit ce chant, et dont l'effet est d'autant plus puissant que, pour la première fois, on éprouve la joie trop rare d'entendre résonner plusieurs voix réunies. Au second acte, à part la sérénade comique de Beckmesser, qui est fort amusante, mais trop longue d'une strophe, on ne trouve plus guère à mentionner que la première partie de la scène entre Sachs et Eva, dont l'orchestre est adorable ; par malheur, cette scène aussi s'allonge tellement qu'elle en devient insupportable. Le troisième acte est assurément le meilleur, sous tous les rapports. Là, il faut louer le prélude, qui est d'un beau caractère ; une nouvelle cantilène de Walther : l'Aube pleurait ses perles dans les roses, qu'on entendra plusieurs fois, et dont le dessin exquis est souligné plus tard par un joli accompagnement de harpes et de violons ; un très beau quintette dans lequel Wagner a fait lâchement des « concessions au public », car ce morceau est conçu, mélodiquement et harmoniquement, dans la plus pure forme italienne ; la superbe marche du défilé des corporations, qui reproduit avec un éclat très vif toute la première partie de l'ouverture ; et enfin le bel ensemble choral de la glorification de Hans Sachs, qui est une page d'un grand souffle et d'une inspiration pleine de noblesse. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MAJOR PALMER (LE)

 

Opéra en trois actes, livret de Charles Pigault-Lebrun, musique d’Antonio Bartolomeo Bruni. Création à Paris, Théâtre Feydeau, le 26 janvier 1797. Première à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 25 mars 1802. Ce livret est un tissu d'invraisemblances.

 

 

MAJOR SCHLAGMANN (LE)

 

Opérette en un acte, livret de Vernier, musique d’Adolphe Fétis, représentée aux Bouffes-Parisiens le 19 octobre 1859, et à Bruxelles le 19 novembre 1859. L'ouverture de ce petit ouvrage est gracieuse et bien instrumentée. On a beaucoup applaudi une tyrolienne et des couplets de baryton : Grenadier du roi Guillaume. Chantée par Jean-Paul, Guyot, Mlles Cico et Lasserre.

 

« C'était l'œuvre de début, de M. Fétis, le fils du célèbre directeur du conservatoire de Bruxelles. Dès les premières mesures de l'ouverture (qui était du reste le meilleur morceau de la partition), on avait senti toute la valeur des études musicales de l'auteur. Il est donc constaté — et le contraire nous eût étonné — que M. Fétis fils sait son affaire, comme on dit, en terme de métier. Il lui reste à prouver que la science n'est chez lui que l'auxiliaire de l'imagination. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

MALADE IMAGINAIRE (LE)

 

Comédie en trois actes de Molière, musique de Marc-Antoine Charpentier.

 

Première fois au Palais Garnier, le 11 mars 1900, par les Artistes de la Comédie-Française provisoirement réfugiée à l'Opéra, à la suite d'un incendie de la salle Richelieu.

Mmes BARRETTA (Angélique), KALB (Toinette), AMEL (Béline), petite JULIETTE (Louison).

MM. COQUELIN cadet (Argan), Jules TRUFFIER (Thomas Diafoirus), LELOIR (Purgon), JOLIET (Diafoirus), ROGER (Bonnefoy), FALCONNIER (Fleurant), HAMEL (Béralde), DEHELLY (Cléante).

« La Cérémonie » : M. DE FERAUDY (le Prœses).

Chef d'orchestre : LEON

 

Seconde fois au Palais Garnier, à l'occasion des fêtes du tricentenaire de la naissance de Molière, le 17 janvier 1922, des extraits et la Cérémonie.

Mmes Y. LAFFON (Angélique), A. BEYLAT (Toinette).

MM. POLIN (Argan), A. SIMON-GIRARD (Cléante), LEFAUT (Béralde).

La « Cérémonie » avec le concours des vedettes de la capitale.

Chef d'orchestre : Henri BÜSSER.

 

Troisième fois au Palais Garnier, — le deuxième acte et la Cérémonie — le 31 décembre 1944.

Mmes MONY-DALMES (Angélique), PERREY (Toinette), CONTE (Béline), la petite Thérèse CASIER (Louison).

MM. RAIMU (Argan), CLARIOND (M. Diafoirus), BERTHEAU (Cléante), J. MEYER (Béralde), J. CHARON (Thomas Diafoirus).

Intermède :

MM. J.-L. BARRAULT (Polichinelle), VADEL, RUDEL, DARGOUT et BALLA (les Apothicaires).

Chef d'orchestre : André JOLIVET.

 

3 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

MALADE MALGRÉ LUI (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Luigi Bordèse, représenté au Creusot le 6 juillet 1891.

 

 

MALADE PAR AMOUR (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Solié, représenté à Feydeau en 1804.

 

 

MALATESTA (LES)

 

Grand opéra en quatre actes et sept tableaux, paroles et musique de Pons Moreno, réprésenté au Grand-Théâtre de Lyon le 24 mai 1879. L'auteur, de son vrai nom Morin, était un riche banquier lyonnais, simple amateur musicien, pourvu d'une instruction artistique plus que superficielle. Le livret remettait pour la vingtième fois à la scène les célèbres amours de Paolo Malatesta et de Francesca de Rimini, sans qu'une note vraiment pathétique résultât de cette nouvelle version ; la partition était une œuvre informe et sans couleur, entremêlant tous les styles dans un ensemble plein de vulgarité. La fortune de l’auteur lui avait permis de prendre à sa charge tous les frais nécessités par la présentation de son œuvre au public, et malgré tout, et en dépit de la présence de deux excellents artistes, M. Stéphane et Mlle Reine Mézeray, chargés des deux rôles principaux, celle-ci ne put être jouée qu'une seule et unique fois. La partition des Malatesta n'en fut pas moins publiée, mais toujours, comme on disait jadis, « aux dépens de l'auteur ».

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MALBROUGH

 

Opérette en trois actes, livret de Hermil (dit Milher) et Numès, musique de Deransart, représentée au Casino de Bougival en juin 1884.

 

 

MALBROUGH S'EN VA-T-EN GUERRE

 

Opéra bouffe en quatre actes, livret de Paul Siraudin et William Busnach, musique de Georges Bizet [acte I], Emile Jonas, Edouard Legouix et Léo Delibes, représenté au théâtre de l'Athénée le 13 décembre 1867 avec Mmes Suzanne Lagier (Mme Malbrough), Lovato (Bobinette), Praldi (Colombine), MM. Charles Potier (Malbrough), Léonce (Boule-de-Gomme), Vavasseur (Bouton d'or), Brice (Galaor), sous la direction de Bernardin [Bernard Courtois].

 

« C'est à M. Bernardin que l'on doit l'introduction, dans laquelle il a intercalé et traité avec variations l'air de Malbrough. Cette pièce a servi de préface aux bouffonneries plus ou moins spirituelles qui ont régné à l'Athénée jusqu'à la prise de possession de M. Martinet. » [Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MALHEUR D'ÊTRE JOLIE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Charles Desnoyers, musique de François Bazin. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 18 mai 1847. Une jeune demoiselle, tenue enfermée dans un château par un tuteur, est promise à un vieux baron. Elle aime le page Isolier, et, pour échapper à un mariage odieux, elle prend un élixir qui doit la rendre laide aux yeux du baron. Son tuteur apprend heureusement le sortilège innocent et consent à l'union des jeunes amants. Après une ouverture brillante, on entend un petit chœur de femmes et une romance gracieuse : Dédaignant toujours l'alliance ; l'air chanté par le valet Cadichon : Quand le bon docteur travaillait, a un accompagnement d'une couleur fantastique qui répond au sujet ; la romance du page : Enfant encore, admis près d'elle, est écrite dans un style archaïque qui ne manque pas de couleur locale.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MALHEURS D'ORPHÉE (LES)

 

Opéra-minute en un acte et trois tableaux, livret d’Armand Lunel, musique de Darius Milhaud (op.85).

 

Personnages : Orphée (baryton) ; Eurydice (soprano) ; chœur des métiers ; chœur des animaux ; chœur des bohémiens.

 

Création au théâtre de la Monnaie de Bruxelles le 07 mai 1926, sous la direction de Corneil de Thoran, avec Mmes Lina Bianchini (Eurydice), de Carlez (le renard), Mertens (le loup), Laudy (la sœur jumelle), Gerday (la sœur cadette), Ballard (la sœur aînée), MM. John-Charles Thomas (Orphée), Maudier (le maréchal), Decock (le charron), Demoulin (le vannier), Arnaud (le sanglier), Raidich (l'ours).

 

Première à l’Opéra-Comique (3e salle Favart) le 10 mars 1972 [série de représentations : 10, 12, 17, 18, 25, 30 mars et 03 avril]. Mise en scène et chorégraphie de Jean-Jacques Etchevery. Décors et costumes du Festival Gulbenkian de Lisbonne.

Mmes Bernadette Antoine [10, 12, 30 mars et 03 avril] et Hélène Garetti [17, 18, 25 mars] (Eurydice et la Sœur jumelle), Odette Romagnoni (le Renard), Jeannine Collard (le Loup), Micheline Grancher (la Sœur cadette), Jacqueline Broudeur [10, 12, 18 et 30 mars] et Jacqueline Lussas [17, 25 mars et 03 avril] (la Sœur aînée).

MM. Henri Gui (Orphée), Michel Cadiou (le Maréchal), Raymond Steffner (le Charron), Louis Hagen-William (le Vannier), Rémy Corazza (le Sanglier), Pierre Thau (l'Ours).

Direction musicale : Jean-Claude Hartemann / Jean Doussard.

7 représentations à l'Opéra-Comique au 31.12.1972.

 

 

MALVINA

 

Opérette en trois actes et cinq tableaux, livret de Maurice Donnay et Henri Duvernois, musique de Reynaldo Hahn.

 

Création à la Gaité-Lyrique le 23 mars 1935 dans des décors et costumes réalisés d'après les maquettes de Jenny Carré, avec Mmes Renée CAMIA (Malvina), Marguerite THIBAULT (Adèle), Charlotte CLASIS (Mme Choquart), Blanche DELIMOGES (Mme de Rigaldier), VANDER (Léocadie), May MURIEL (Caroline), MM. Roger BOURDIN (Jules Valérien), Robert ALLARD (Arthur), Marcel CARPENTIER (M. Choquart), Paul MAQUAIRE (Albert), sous la direction de Jules GRESSIER.

 

Première à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 14 juillet 1945, à l'occasion d'un Gala au bénéfice des œuvres sociales de la 3e DIA (Général de Montsabert), avec des décors et des costumes dessinés par Guy Arnoux et une mise en scène de Guy Ferrand.

Mmes Germaine ROGER (Malvina), Lina DACHARY (Adèle), Jane LAUGIER (Mme de Rigaldier), Christiane GAUDEL (Caroline), Charlotte CLASIS (Mme Choquart), Simone LECONTE (Mme de Condom), Josiane MAGUY (Léocadie).

MM. Jacques JANSEN (Valérien), Paul MAQUAIRE (Arthur), Émile ROUSSEAU (M. Choquart), Élie SAINT-COME (Albert), Paul PAYEN (M. de Balzac), Jacques HIVERT (Evariste), Gabriel JULLIA (M. de Condom), POUJOLS (un Huissier, un Garde national).

Ballet réglé par Constantin TCHERKAS, dansé par Mlles Juanina SCHWARZ (la Cantinière), Christine ANNIE (la Taglioni) et les Dames du corps de ballet.

Chef d'orchestre : Reynaldo HAHN.

 

5 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

« Les librettistes sont ici les plus habiles gens du monde, si habiles qu'ils ont apparemment pensé que Véronique étant la plus agréable des opérettes, il n'y avait qu'à la recommencer. Ils l'ont fait avec un agrément certain, et ils ont orné une intrigue bien conduite de couplets charmants. M. Chocard, marchand de frivolités, a deux filles et deux commis ; mais tous deux prétendent à la cadette, jeune évaporée qui ne rêve que romances, tandis que l'aînée soupire en secret pour le sage et honnête Arthur. Elle aura gain de cause : ce bon garçon, ami de la régularité, comprendra qu'il a fait fausse route, et abandonnera la romantique Malvina à son rival, lequel n'est qu'un faux commis et en réalité pratique la musique. Cela se passe autour des Trois glorieuses — ce qui nous vaut quelques airs martiaux — et se termine dans les bois de Viroflay.

A côté de ces airs francs et admirablement venus, M. Reynaldo Hahn a d'ailleurs donné libre cours à son inspiration pleine de charme et d'esprit et il a écrit quelques pages sans grande prétention peut-être mais précisément les plus vraiment musicales, comme la jolie chanson Monsieur de Balzac m'a embrassée, et l'ensemble de la Femme du vidame. » (Larousse Mensuel Illustré, 1935)

 

 

MALVINA Ière

 

Opérette en trois actes, paroles de Maurice Mac-Nab et Paul Manoury, musique de M. Hirleman, représentée aux Folies-Dramatiques le 13 juin 1900.

 

 

MAMELLES DE TIRÉSIAS (LES)

 

Opéra bouffe en un prologue et deux actes, livret de Guillaume Apollinaire (1903), musique de Francis Poulenc.

 

Personnages : le directeur de théâtre (baryton) ; Thérèse (soprano) ; son mari (baryton à la création puis attribué par Poulenc à un ténor) ; M. Lacouf (ténor) ; M. Presto (baryton) ; le gendarme (baryton) ; la marchande de journaux (mezzo-soprano) ; le journaliste (ténor) ; le fils (baryton). Dans le public : une dame élégante (mezzo-soprano) ; une grosse dame (mezzo-soprano) ; un monsieur barbu (basse). Le peuple de Zanzibar.

 

L’action se déroule à Zanzibar, ville imaginaire de la Côte d’Azur, entre Nice et Monte-Carlo.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 03 juin 1947. Mise en scène de Max de Rieux. Décors et costumes d'après les maquettes de Romain Erté. Décors exécutés par René Matagne, costumes par MM. H. et A. Mathieu. Machinerie de Paul Lemesle.

Mmes Denise DUVAL (Thérèse), Irène GROMOVA (une Dame élégante), Jane ATTY (la marchande de journaux), Yvonne GIRARD-DUCY (une grosse Dame).

MM. Paul PAYEN (le Mari), Émile ROUSSEAU (le Gendarme), Robert JEANTET (le Directeur), Alban DERROJA (Lacouf), Marcel ENOT (Presto), Jacques HIVERT (le Fils), Serge RALLIER (le journaliste), Gabriel JULLIA (un Monsieur barbu).

Chef d'orchestre : Albert WOLFF.

 

26e représentation le 22 juin 1949.

Mmes Denise DUVAL (Thérèse), Germ. CHELLET (une Dame élégante), Marg. LEGOUHY (la marchande de journaux), Marg. MYRTAL (une grosse Dame).

MM. Paul PAYEN (le Mari), Émile ROUSSEAU (le Gendarme), Robert JEANTET (le Directeur), LE PRIN (Lacouf), Marcel ENOT (Presto), Jacques HIVERT (le Fils), Serge RALLIER (le journaliste), Michel FOREL (un Monsieur barbu).

Chef d'orchestre : Pierre DERVAUX

 

Représentations des 10, 12, 17, 18, 25, 30 mars et 03 avril 1972. Décors et costumes de Jean-Denis Malcles. Mise en scène de Louis Ducreux. Chorégraphie de Joseph Lazzini.

Mmes Renée Auphan (Thérèse), Jeannine Collard (la Marchande de journaux).

MM. Jean Giraudeau [10, 12, 17 et 18 mars] et Michel Sénéchal [25, 30 mars et 03 avril] (le Mari), Michel Roux (le Gendarme), Claude Cales [10, 12, 17 et 18 mars] et Jean Angot [25, 30 mars et 03 avril] (le Directeur), Xavier Depraz (Presto), Robert Andreozzi (Lacouf), Michel Cadiou (le Journaliste), Rémy Corazza (le Fils).

Direction musicale : Jean-Claude Hartemann / Jean Doussard.

 

27 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, 3 en 1951, 7 en 1972, soit 37 au 31.12.1972.

 

 

MAM’ZELLE CARABIN

 

Opérette en trois actes, livret de Fabrice Carré, musique d’Emile Pessard, représentée aux Bouffes-Parisiens le 3 novembre 1893.

 

« Gentil ouvrage, dont la forme contrastait d'une façon singulièrement heureuse avec ceux du même genre qu'on offre chaque jour au public. Un livret aimable, gai, bon enfant, sans gravelures et sans sous-entendus grossiers, une musique fine, élégante, écrite d'une main experte et sûre par un ancien grand prix de Rome devenu professeur d'harmonie au Conservatoire, voilà qui justifie suffisamment le succès obtenu par Mam'zelle Carabin, succès dont une part importante revient d'ailleurs à ses excellents interprètes : Mmes Simon-Girard, Maurel et Burty, MM. Huguenet, Piccaluga, Ch. Lamy et Bartel. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MAM’ZELLE COLOMBE

 

Opéra-comique en un acte, paroles de M. Jacquin, musique de Charles Haring, représenté au Grand-Théâtre de Bordeaux, en avril 1891, dans une soirée spéciale donnée par la Société colombophile de la Gironde.

 

 

MAM’ZELLE CRÉNOM

 

Opérette en trois actes, livret d’Adolphe Jaime et Georges Duval, musique de Léon Vasseur, représentée aux Bouffes-Parisiens le 19 janvier 1888, avec Mmes Marie Grisier-Montbazon (Juliette), Macé-Montrouge, Gilberte, Toudouze ; MM. Cooper, Piccaluga, Montrouge, Scipion, Jannin.

 

« Ceci était plutôt une pièce à couplets dans le genre de l'ancien vaudeville qu'une véritable opérette, car la musique n'y occupait qu'une place très secondaire. L'action était gaie, leste et très amusante, la musique un peu pâle et manquant de saveur. » [Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MAM'ZELLE FRÉTILLON

 

Opéra-comique italien en trois actes (malgré ce titre français), musique de Vincenzo Monti, représenté au théâtre National de Rome le 22 novembre 1902. Cet ouvrage a été joué ensuite à Enghien, en septembre 1903. Les paroles sont de Fernand Beissier.

 

 

MAM’ZELLE GAVROCHE

 

Comédie-opérette en trois actes, livret d’Ernest Blum, Edmond Gondinet et Albert de Saint-Albin, musique d’Hervé, représenté aux Variétés le 24 janvier 1885.

 

 

MAM’ZELLE GENEVIÈVE

 

Opéra-comique en deux actes, livret de Brunswick et Arthur de Beauplan, musique d’Adolphe Adam, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 23 mars 1856, avec MM. Meillet, Honoré Grignon, Mmes Meillet, Vadé et Mlle Garnier.

 

Cette pièce bretonne n'a eu aucun succès.

 

« Le dernier opéra d'Adam au Théâtre-Lyrique, et non le meilleur. Il devait donner encore (le 29 avril 1856) les Pantins de Violette, aux Bouffes-Parisiens, et mourir subitement quatre jours après, âgé de 54 ans, dans son domicile de la rue de Buffault. Le catalogue de ses partitions théâtrales, publié dans son ouvrage : Souvenirs d'un musicien, ne contient pas moins de soixante-quinze numéros, y compris les vaudevilles et les ballets. Il a laissé encore une quantité considérable de cantates, de morceaux religieux et de pièces détachées de tous les genres. Adolphe Adam, qui était entré à l'Institut en 1844, n'avait obtenu que le second prix de Rome en 1825. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MAM’ZELLE IRMA

 

Opérette en un acte, livret de Fabrice Carré, musique de Victor Roger, représentée au Casino de Trouville en août 1883.

 

 

MAM’ZELLE JEANNE

 

Opérette en un acte, livret d'Emile de Najac, musique de Léonce Cohen, représentée aux Bouffes-Parisiens le 17 février 1858.

 

« Si cette paysannerie se fût intitulée Mademoiselle Jeanne ou le bonheur de vivre aux champs, un pareil sous-titre n'eût pas été plus... Berquin que la pièce elle-même et en aurait dévoilé — en peu de mots — toutes les naïves ficelles. Comme cela eût dispensé de la jouer !... — Mlle Chabert, premier prix du Conservatoire, a débuté dans cet ouvrage. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

MAM’ZELLE MARIETTE

 

Opérette en un acte, paroles de M. Aurèle, musique d’Emile Bourgeois, représentée aux Folies-Montholon le 19 avril 1874.

 

 

MAM’ZELLE NITOUCHE

 

Comédie-opérette en trois actes et quatre tableaux, livret d’Henri Meilhac et Albert Millaud, musique d’Hervé.

 

Première représentation à Paris, Variétés, le 26 janvier 1883, avec Anna Judic (Denise), sous la direction de Marius Boullard.

 

Première au Trianon-Lyrique le 30 novembre 1934 avec Mmes Nadia Dauty (Mlle Nitouche), Jane Morlet (la Supérieure), Simone Masson (l'Actrice), Lyne Lapeyre (la Tourière) ; MM. Boucot (l'Organiste), Ovido (le Brigadier Loriot), Popino (le Major), Demoly (le Régisseur).

 

"On a peut-être souvenir que Florimond Hervé était, en même temps qu'auteur d'opérettes, organiste ; et ce double métier est précisément celui de l'organiste de Mlle Nitouche ; on devine dès lors quel fut le modèle premier de Meilhac et Milhaud. Ils ont par surcroît proposé au compositeur une suite de chansons, dont les textes ne sont pas toujours étourdissants, mais qu'Hervé a su parer d'une musique de coupes rythmiques variées, d'un entrain étonnant, d'un dessin mélodique charmant et qui font de lui bien mieux que le rival d'Offenbach." (Larousse Mensuel Illustré, 1934)

 

 

MAM’ZELLE PÉNÉLOPE

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Henri Boisseaux, musique de Théodore de Lajarte, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 03 novembre 1859, avec Mlle Amélie Faivre (Catherine), MM. Potel (Landry), Adolphe Girardot (Bobinus), Gabriel (Lorrain).

 

Première à l’Opéra-Comique (2e salle Favart) le 08 juin 1877, avec Mlle Chevalier (Catherine), MM. Ulysse du Wast (Landry), Barnolt (Bobinus), Davoust (Lorrain).

 

« C'est une pièce amusante à quatre personnages. L'ouverture est orchestrée avec goût. Elle est formée de jolis motifs villageois. Le duo de Catherine et de Landry : Aujourd'hui, le doux mois de mai a du caractère et la mélodie en est heureuse. Nous aimons moins les couplets bouffes de Bobinus : Rosa la rose sur un tempo diminuetto. Les couplets de la pleurnicheuse Catherine sont excellents : Ah ! de chagrin mon âme est pleine. Le duo de Catherine et de Landry est le morceau le plus travaillé de l'opéra : il module beaucoup, mais naturellement. Le quatuor : Quittez ce bas pour un amant, est traité d'une manière intéressante. La grâce et la légèreté, avec une pointe de sentiment que le sujet comporte, se retrouvent dans le terzetto : Dans la nuit en silence. On voit dans cette petite partition que M. de Lajarte est non seulement un bon musicien, mais aussi un nomme d'esprit. Tout y est à sa place avec le degré d'expression qui convient à chaque situation. La pièce a été bien jouée par Girardot, Gabriel, Potel et Mlle Faivre. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Comédie lyrique du genre intime, jouée par Potel et Mlle Faivre. Ils y dansaient un pas de bourrée qu'on leur faisait toujours recommencer. Mais les amateurs ouvraient aussi l'oreille à d'autres morceaux de la partition. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MAM’ZELLE PIERROT

 

Opérette en un acte, livret d’Amédée de Jallais et Henri de Kock, musique de Frédéric Barbier, représentée aux Folies-Bergère le 26 septembre 1869.

 

 

MAM'ZELLE PIOUPIOU

 

Pièce militaire en cinq actes d'Alexandre Bisson et André Sylvane, musique de William Chaumet, représentée au théâtre de la Porte-Saint-Martin le 31 mai 1889.

 

 

MAM'ZELLE QUAT’SOUS

 

Opéra-comique en quatre actes, livret d’Antony Mars et Maurice Desvallières, musique de Robert Planquette, représentée au théâtre de la Gaîté le 15 novembre 1897, avec Mmes Mathilde Cocyte (Marion), Mariette Sully (Thérésette), Debério (Denise), Largini (Zoé et une Marchande de programmes), Karty, Carrel, Ludovic, MM. Paul Fugère (Michel Boraiche), Lucien Noël (Anatole), Soumis (Isidore), Paul Bert (Rascalou), Dacheux, Bienfait, Bernard.

 

 

MAM'ZELLE ROSE

 

Opérette en un acte, livret d’Adrien Decourcelle et Eugène Bercioux, musique de Frédéric Barbier, création aux Variétés en 1874.

 

 

MAM'ZELLE SANS-GÊNE

 

Opéra-comique en deux actes, paroles de Pierre Virès, musique de Maurice Galerne, représenté à Grenoble en janvier 1900. L'héroïne de la pièce est une Lyonnaise bien connue dans la région, Thérèse Figuent, qui, habillée en dragon, fit toutes les guerres de la Convention et du Premier Empire. La musique accompagnait prestement une action amusante et lestement menée.

 

 

MAM'ZELLE VENDÉMIAIRE

 

Opérette en trois actes et quatre tableaux, livret d'André Lénéka et Armand Foucher, musique de Germaine Raynal et Ernest Gillet, représentée à Paris, théâtre Apollo, le 10 février 1917.

 

 

MANDOLINES (LES)

 

Opéra-ballet, musique de Charles Sodi, représenté à l'Académie royale de musique le 14 septembre 1744. Sodi était Italien et fort habile mandoliniste. Il écrivit la musique de plusieurs parodies jouées à la Comédie-Italienne. Un de ses airs : Quanto mai felice siete, obtint un grand succès.

 

 

MANDRAGORE (LA)

 

Drame lyrique en trois actes, livret de Jules Brésil, musique de Henry Litolff, représenté au théâtre des Fantaisies-Parisiennes de Bruxelles le 29 janvier 1876. Le sujet est tiré de Joseph Balsamo (Cagliostro) d'Alexandre Dumas, et le style général de la pièce est d'un caractère plus sérieux que celui des précédents ouvrages auxquels le compositeur a eu le tort, selon moi, d'associer son remarquable talent. L'orchestration est traitée avec une expérience consommée ; on a surtout applaudi les couplets de Graziella, un chœur au premier acte et le finale du second, ainsi qu'une chanson à boire dans le troisième. Chanté par Falchieri, Mme Morlet et Mlle Olga Lewine.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

MANDRAGORE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, paroles de P. Brunel, musique de Maurice Claudius, représenté au Grand-Théâtre de Nantes, sous la direction de l'auteur, le 28 février 1903.

 

 

MANDRIN

 

Opérette à grand spectacle en trois actes et vingt tableaux, livret d'André Rivoire et Romain Coolus, musique de Joseph Szulc. Création au Théâtre Mogador le 12 décembre 1934, mise en scène d'Edmond Roze, chorégraphie de Floyd Du Pont, maquettes des décors et costumes d'Ernst Stern, décors réalisés par Emile Bertin, costumes réalisés par Max Weldy, avec Mmes Solange Renaux (Isabelle), Hélène Regelly (Solange), Germaine Duclos (Colette), Monette Dinay (Perrette), Gina Relly (Bathilde), MM. Georges Jouatte (Mandrin), Charles Friant (Antoine), Robert Allard (Bernard, dit La Tendresse), René Hérent (Periola), Marcel Carpentier (Fouchard), Henri Vilbert (Olive), José Dupuis (le Procureur), G. Lacoste (un Marchand), Robert Rose (Jérôme), Max-Jam (Fernandet), Métairie (Moustique), Rosen (Gros Lucas), Buffoli (Rondin), sous la direction de G. Diot.

 

 

MANETTE

 

Opéra-comique en trois actes, paroles et musique de Pauline Thys, dont des fragments ont été exécutés dans un spectacle de jour donné au Vaudeville le 30 avril 1865.

 

 

MANGÉ PAR LES SAUVAGES

 

Opéra bouffe en un acte, paroles de M. Lefebvre, musique de M. Burty ; représenté au théâtre des Nouveautés en novembre 1871.

 

 

MANNEQUIN (LE)

 

Comédie en un acte et en vers, mêlée d'ariettes, paroles de Lieutaud, musique de Chapelle, représentée au théâtre de Louvois en 1793. Ce sujet a souvent été traité sous différents titres, tels que ceux-ci : le Tableau parlant, l'Amant statue, la Statue, etc.

 

 

MANNEQUIN DE BERGAME (LE)

 

Opéra-bouffon en un acte, livret d’Eugène de Planard et Paul Duport, musique de François-Joseph Fétis. Création à l'Opéra-Comique (salle Ventadour) le 01 mars 1832, avec MM. Fargueil, Juliet, Ernest, Mlle Prévost et Mme Lemesle.

 

« C'est un opéra-bouffon imité des formes de la comédie italienne, que le savant aristarque de la musique a écrit dans un de ses jours assez rares de gaieté. La Cuffiara, de Paisiello, a fourni aux librettistes l'idée de leur Mannequin. Il s'agit d'un président qui joue les arlequins. C'est une farce qui ne s'analyse pas. L'auteur de la musique a essayé d'introduire sur notre scène des morceaux écrits en nota e parola, qui demandent une volubilité et une facilité d'intonation que nos chanteurs français ne pourraient acquérir qu'à l'aide d'un continuel exercice dont le répertoire ne leur fournit pas l'occasion. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MANŒUVRES D’AUTOMNE

 

[Ein Herbstmanöver]

Opérette viennoise en trois actes, livret de K. de Bakonyi, musique d’Emmerich Kálmán, créée à Budapest en 1908.

 

Représentée dans une version française de Pierre Veber au Théâtre des Célestins de Lyon le 20 mars 1914.

 

 

MANOIR DE PICTORDU (LE)

 

Opérette en trois actes, livret d'Albert de Saint-Albin et Arnold Mortier, musique de Gaston Serpette, représenté au théâtre des Variétés le 28 mai 1875, avec Mmes Aline Duval, Berthall, Berthe Legrand, Donvé, Ghinassi, Geffroy, Sylvana, C. Magne, Pera, Maria, MM. Pradeau, Berthelier, Léonce, Daniel Bac, Gaussins, Germain.

 

« La pièce est extravagante. On a applaudi une jolie valse à la fin du premier acte. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

MANOIR DES LARENARDIÈRE (LE)

 

Opérette bouffe en un acte, paroles de M. Mestepès, musique d’Emile Jonas, représentée aux Bouffes-Parisiens le 29 septembre 1864.

 

 

MANON

 

Opéra-comique en cinq actes, livret d’Henri Meilhac et Philippe Gille, musique de Jules Massenet. Création à l'Opéra-Comique le 19 janvier 1884. => fiche technique

 

 

MANON LESCAUT

 

Opéra-comique en trois actes et cinq tableaux, livret d’Eugène Scribe, musique d’Esprit Auber.

 

Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 23 février 1856, avec Marie Cabel (Manon), Mlles Lemercier et Zoé Bélia, MM. Puget, Faure, Beckers, Jourdan, Nathan, sous la direction de Théophile Tilmant.

 

« Le roman de l'abbé Prévost a fourni les principaux épisodes de la pièce. M. Scribe a déployé une grande habileté à déguiser le fond immoral de l'intrigue ; mais décidément cette histoire a des chapitres trop chargés d'ignominie pour plaire sur une scène lyrique. Ce marquis d'Hérigny, qui se sert d'un soldat de son régiment pour suivre à la piste une jeune ouvrière de la rue de la Ferronnerie à la rue Saint-Jacques, porte assez mal ses épaulettes de colonel. La réunion au Cadran bleu, la conduite du soldat Lescaut, qui perd au pharaon l'argent donné à sa cousine par le chevalier Desgrieux ; Manon chantant comme une mendiante la Bourbonnaise pour payer la dépense de la guinguette, tout cela est à la fois trivial et odieux. Le second acte se passe à l'hôtel d'Hérigny ; mais la scène du pavillon, dans laquelle Manon fait servir à souper à son amant par les gens du marquis dont elle a accepté les offres, n'est pas plus admissible. Quant au dernier acte, qui transporte le spectateur dans la Louisiane, il devait offrir une suite de péripéties plus invraisemblables les unes que les autres pour ramener sur la scène les personnages, et les rendre témoins de la mort de la pauvre Manon. Dans un roman, l'auteur a plusieurs centaines de pages pour développer l'action et préparer le lecteur aux situations les plus inattendues. Dans une pièce, et surtout dans une œuvre lyrique, où la marche des événements est encore suspendue par l'exécution des morceaux de musique, il faut être sobre, clair, concis, rapide. Voilà pour la forme ; quant au fond, les auteurs qui veulent mettre sur la scène un roman célèbre ne remarquent pas assez que le livre s'adresse à un individu, qu'il n'y a pas d'intermédiaire entre la page et son œil qui la lit. Il en résulte que l'auteur peut s'adresser à lui avec plus de franchise et s'abandonner à la peinture de certains tableaux sans trop s'exposer à déplaire ; tandis que la pièce s'adresse à un public composé d'individus qui sans le savoir surveillent leurs impressions mutuelles, et communiquent entre eux moralement comme par un courant magnétique. En voilà assez sur la tentative malheureuse de M. Scribe. Si nous passons à la musique, nous ne pouvons que regretter que tant de talent, de grâce, d'habileté aient été dépensés d'une manière éphémère et avec une telle prodigalité sur un sujet ingrat. L'ouverture est ravissante. Au premier acte, nous rappellerons le duo de Manon et de Marguerite ; l'allégro lancé avec hardiesse par Mme Cabel : Les dames de Versailles, et la Bourbonnaise, chantée par Manon avec accompagnement de guitare. Les couplets du marquis, au second acte, ont l'élégance que le caractère du personnage comporte. Les idées musicales semées au commencement du troisième acte ont un caractère original ; la danse nègre, la chanson créole, le quatuor sotto voce offre des effets sui generis, dont on ne trouve pas les équivalents dans les autres ouvrages de M. Auber. La dernière scène, consacrée à la mort de Manon et au désespoir de Desgrieux, a fourni au maître l'occasion d'écrire une sorte de symphonie dramatique fort expressive. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MANON LESCAUT

 

Drame lyrique italien en quatre actes, livret de Luigi Illica, Domenico Oliva, Marco Praga et Giulio Ricordi, d'après l’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut, roman de l'Abbé Prévost ; version française de Maurice Vaucaire ; musique de Giacomo Puccini.

 

Personnages : Manon Lescaut (soprano) ; Lescaut, son frère, sergent de la garde du roi (baryton) ; le chevalier des Grieux (ténor) ; Géronte de Ravoir, trésorier général (basse) ; Edmond, un étudiant (ténor) ; l’aubergiste (basse) ; un maître à danser (ténor) ; un musicien (mezzo-soprano) ; l’allumeur public (ténor) ; un commandant de navire (basse) ; un perruquier (mime) ; sergent des archers (basse).

 

L’action se déroule à Amiens, Paris, Le Havre et en Louisiane, au XVIIIe siècle.

 

Première représentation à Turin, Teatro Reale, le 1er février 1893, par :

Mmes CESIRA-FERRANI (Manon), CERESOLI, MM. CREMONINI (des Grieux), MORO (Lescaut), POLINI (Géronte), RAMINI, CASTAGNOLI, sous la direction d’Alexandre POMÉ.

 

Premières fois, en France, à Bordeaux le 04 mars 1906, puis à Nice (Casino Municipal), le 19 mars 1906 (en français) ; à Marseille le 12 février 1907 (en français) ; à Anvers le 12 décembre 1907 (en français) ; à Paris (Théâtre du Châtelet), par la Troupe du Metropolitan, le 13 juin 1910 (en italien) ; à Genève le 24 janvier 1913 (en français).

 

Première fois à la Monnaie de Bruxelles, dans la version française, le 10 février 1911, sous la direction de Sylvain Dupuis, avec Mmes Dorly (Manon), Sonia (un musicien), MM. Girod (Des Grieux), Ponzio (Lescaut), La Taste (Géronte, comte de Gerval), Dua (Edmond, un maître de ballet), Delaye (le commandant de vaisseau), Villier (l'aubergiste), Dognies (l'allumeur public), Colin (un sergent des archers).

 

 

NICE

19.03.1906

PARIS

13.06.1910

Manon

Ch. WYNS

L. BORI

 

 

 

Des Grieux

CONSTANTINO

E. CARUSO

Lescaut

DUTILLOY

P. AMATO

Géronte

ROUGON

PINI-CORSI

Chef d’orchestre

X

TOSCANINI

 

Première fois au Palais Garnier (le 4e acte seulement) le 12 mars 1916 (en italien), dans une mise en scène de O. LABIS.

Mme Carmen MELIS (Manon).

MM. Amadeo BASSI (des Grieux), Domenico VIGLIONE-BORGHESE (Lescaut).

Chef d'orchestre : Rodolfo FERRARI

Seule représentation à l’Opéra au 31.12.1961.

 

Cet ouvrage a été repris au Casino Municipal d'Enghien, le 21 juin 1956 (en italien), avec : Mme Clara PETRELLA (Manon), MM. BERGONZI (Des Grieux), MANTOVANI (Lescaut), DALAMANGAS (Géronte), sous la direction d'Argeo QUADRI.

 

« On peut supposer que c'est le très grand succès de la Manon de M. Massenet qui a engagé deux auteurs italiens à extraire à leur tour un opéra du roman célèbre de l'abbé Prévost. Ils n'ont pas eu tort sans doute, puisque le succès, un succès véritable, a couronné leurs efforts, et que cette nouvelle Manon Lescaut a fait en deux années le tour de presque tous les théâtres d'Italie. Un fait singulier se produisit même. C'était à l'époque où la Manon française venait de paraître elle-même en Italie, qu'elle parcourait triomphalement, aux acclamations de tous. On eût pu croire que l'une, quelle qu'elle fût, ferait du tort à l'autre, et que le succès de celle-ci devait empêcher le succès de celle-là. Il n'en fut rien, la comparaison ne fut préjudiciable à aucune, et l'une et l'autre se succédaient en tous endroits sans cesser de recevoir les applaudissements du public, qui leur témoignait une égale sympathie. Un journal italien publia même à ce sujet un dessin assez caractéristique représentant les deux Manons, la française et l'italienne, se rencontrant en souriant, les bras chargés de couronnes de fleurs, le dessin portant cette légende : « Manon-Massenet et Manon-Puccini, de bonnes cousines latines, se rencontrant en quelque station au cours de leur voyage à travers l'Italie, pourront se congratuler réciproquement pour le bonheur bien mérité qui les accompagne. »

Le style de la Manon Lescaut de M. Puccini ne ressemble en rien à celui de la Manon de M. Massenet. Le compositeur italien n'a pas mis dans son oeuvre la délicatesse, la grâce exquise, le charme pénétrant qu'on rencontre dans celle de son confrères français. C'est par d'autres moyens qu'il a réussi, mais il n'a pas moins réussi. Sa musique se fait remarquer surtout par une grande chaleur d'expression, par des accents d'une passion intense, intense parfois jusqu'à l'excès. Cela est un peu gros, surtout au point de vue de l'orchestre, mais cela porte, parce que l'élan est vrai et que l'inspiration est spontanée. On a signalé particulièrement une jolie romance de Des Grieux, son premier duo avec Manon, une chanson dite par celle-ci, le finale du second acte, le prélude et la grande scène du départ au troisième, enfin l'épisode de la mort de Manon. Un journal italien appréciait ainsi l'œuvre de son compatriote : « M. Puccini a mis dans sa partition toute son âme d'artiste, de la passion, de la chaleur et de la grâce, de l'élégance, du goût. Quelquefois il abuse de certaines formes orchestrales qu'il préfère ; il colore trop, met de l'emphase dans le discours musical. Mais quelle clarté, quelle expression, quel sentiment ! Cela séduit et émeut ; souvent avec des transitions brusques, des passages hardis, mais toujours avec sincérité d'art. Voilà un compositeur qui a une place marquante dans la jeune école italienne, et en entendant la musique de M. Puccini, on peut se convaincre que M. Mascagni ne sera pas seul à recueillir l'héritage de Verdi. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MANTEAU (LE) ou LES NIÈCES RIVALES

 

Opéra-comique en un acte, musique de Champein, représenté au théâtre de Beaujolais vers 1790.

 

 

MANTILLE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène de Planard et Prosper-Parfait Goubaux, musique de Luigi Bordèse. Création à l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 31 décembre 1838.

 

 

MANTO LA FÉE

 

Tragédie lyrique en cinq actes avec prologue, paroles de Menesson, musique de Batistin (Struck), représenté à l'Opéra le 29 janvier 1711.

 

 

MARCEL ou L'HÉRITIER SUPPOSÉ

 

Opéra-comique en un acte, livret de René-Charles de Guilbert de Pixerécourt, musique de Louis-Luc Loiseau de Persuis. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 12 février 1801.

 

 

MARCEL ET Cie

 

Bouffonnerie musicale en un acte, paroles de Tacova (H. Avocat) et Désiré Courtecuisse, musique de M. Fossey ; représentée aux Bouffes-Parisiens en octobre 1869. Cette pièce a pour auteurs deux comédiens, Tacova et Désiré ; on s'en aperçoit au sujet. Marcel est un acteur qui, avec sa camarade Charlotte, joue successivement toutes sortes de rôles pour plaire à un vieil amateur, et lui arracher un consentement au mariage de sa fille. On a remarqué dans la musique les couplets : Mon village est dans la Touraine, et une marzurke chantée. Jouée par Désiré, Jean Paul, Mlle Bonelli.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

MARCELIN

 

Opéra-comique en un acte, livret de François Bernard-Valville, musique de Louis-Sébastien Lebrun. Création à Paris, Théâtre Feydeau, le 22 mars 1800. Première à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 03 octobre 1801.

 

 

MARCHAND D’ESCLAVES (LE)

 

Parodie en deux actes, livret de Jean-Baptiste Radet et Jean-René Le Couppey de La Rozière, musique de vaudevilles. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 27 janvier 1784. C’est une parodie de la Caravane du Caire, opéra-ballet de Grétry représenté à l’Opéra le 15 janvier 1784.

 

 

MARCHAND DE MARRONS (LE)

 

Opéra-comique en deux actes, musique du chevalier de Saint-Georges, représenté au théâtre des Beaujolais en 1788.

 

 

MARCHAND DE VENISE (LE)

 

Opéra, livret tiré de la pièce de William Shakespeare, musique de J.-A. Just, représenté à Amsterdam vers 1787.

 

 

MARCHAND DE VENISE (LE)

 

Opéra en trois actes et cinq tableaux, livret en vers de Miguel Zamacoïs, d'après Shylock de William Shakespeare, musique de Reynaldo Hahn.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 21 mars 1935. Mise en scène de Pierre Chéreau. Décors et costumes dessinés par Yves Alix.

Mmes Fanny HELDY (Portia), MAHE (Nérissa), RENAUDIN (Jessica), MARILLIET (une Gouvernante), VIAL (une Servante), NATHAN, HOLNAY, CLERY, DOULS, LUMIERE (les Masques).

MM. André PERNET (Shylock), SINGHER (Bassanio), CABANEL (Antonio), LE CLEZIO (Gratiano), CHASTENET (Lorenzo), NARÇON (le Doge), RAMBAUD (Prince d'Aragon), MOROT (Tubal), ETCHEVERRY (Prince du Maroc), GILLES (le Masque, 1er Vénitien), GOURGUES (2e Vénitien), DE LEU (Salarino, un Page), ERNST (l'Audiencier), PACTAT, MEDUS (2 Juifs), FOREST (un Serviteur), MADLEN (3e Juif, un Gondolier).

MM. ANGLES, HONTARREDE, DEMAGNY (les Masques), LANDRAL, PIERROTET (2 serviteurs).

Chef d'orchestre : Philippe GAUBERT

 

Reynaldo HAHN a dirigé son œuvre à l'Opéra le 03 mai 1935.

 

Reprise à l’Opéra du 18 novembre 1949 (29e représentation), dans une mise en scène de Max DE RIEUX.

Mmes Denise DUVAL (Portia), DISNEY (Nérissa), CAUCHARD (Jessica), JOSSELIN, GUIBON, GRANDVIERES, LEROY, PETIT, JOURNAUX, VINCENT, FRAISE, MARCHAL, FIORY, ANGERLY (les Masques).

MM. NOGUERA (Shylock), JEANTET (Bassanio), FROUMENTY (Antonio), GIRAUDEAU (Gratiano), MICHEL (Lorenzo), PHILIPPE (le Doge), RAMBAUD (Prince d'Aragon), MEDUS (Tubal), HUC-SANTANA (Prince du Maroc), ROUQUETTY (le Masque), DESHAYES, GOURGUES (2 Vénitiens), RALLIER (Salarino), MAX-CONTI (l'Audiencier), GICQUEL, DELORME (2 Juifs), PETITPAS (le Grand de Venise), DECARLI (l'Eunuque).

MM. SOUCHOY, DAGUIER, TERFOU, ROUET, D'ARCY, BOUVIER, POUSSIER, ROUSTAN (les Masques).

Chef d'orchestre : D. E. INGHELBRECHT

 

32e à l’Opéra, le 19 février 1950, avec les interprètes de la reprise, sauf :

Mme Odette RICQUIER (Nérissa).

MM. COURET (Prince d'Aragon), ROUX (Prince du Maroc), GIANNOTTI (2e Juif) et Maurice FRANCK au pupitre.

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Portia : Mme FERRER (1939).

Nérissa : Mme COURTIN (1935).

Shylock : M. ETCHEVERRY (1939).

Bassanio : M. CHARLES-PAUL (1935).

Gratiano : M. NORÉ (1935).

 

32 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

"M. Miguel Zamacoïs a fort adroitement dépouillé, cousu, adapté le drame shakespearien ; il en a fait une pièce adroite, clairement conduite, et qui, même sans musique, connaîtrait sans doute le succès. C'est peut-être là son défaut. Le librettiste n'a pas assez songé au musicien ; occupé de mener son action, il a tout à fait oublié d'offrir au compositeur des parties lyriques, sauf dans la scène des coffrets où les deux collaborateurs s'élèvent à la plus plaisante et à la mieux chantante bouffonnerie. Empêtrée dans un récitatif continu, ou presque, la musique, malgré l'adresse de M. Reynaldo Hahn, traîne un peu ; mais il y a des parties charmantes comme la sérénade, ou émouvantes comme l'air de Shylock, qui eût pourtant gagné à être davantage un air." (Larousse Mensuel Illustré, 1935)

 

 

MARCHAND FORAIN (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène de Planard et Paul Duport, musique de Marco Aurelio Marliani. Création à l’Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 31 octobre 1834. Le rôle principal a été écrit pour Mme Casimir. On peut citer le joli trio de l'horoscope : Allons, allons, un peu de confiance.

 

 

MARCHANDE D'ALLUMETTES (LA)

 

Conte lyrique en trois actes, livret de Rosemonde Gérard et Maurice Rostand, musique de Tiarko Richepin. Création à l'Opéra-Comique le 25 février 1914. => fiche technique

 

 

MARCHÉ AUX DOMESTIQUES (LE)

 

Opérette en un acte, musique de Luigi Bordèse, représentée au Creuzot le 3 février 1889.

 

 

MARCHÉ AUX SERVANTES (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d'Etienne Tréfeu, musique de Luigi Bordèse (vers 1867).

 

 

MARCHE HÉROÏQUE

 

Poème symphonique, musique de Camille Saint-Saëns.

 

Première fois au Palais Garnier, le 06 octobre 1896, à l'occasion d'un Gala en l'honneur de S. M. l'Empereur de Russie, sous la direction d'Edouard MANGIN.

 

Première fois au Palais Garnier dans une présentation scénique d’O. LABIS, à l'occasion d'un Gala en l'honneur de Camille SAINT-SAËNS, le 19 décembre 1915.

M. Léon LAFFITTE et les Chœurs de l'Opéra.

Chef d'orchestre : Camille SAINT-SAËNS.

 

Repris au Palais Garnier le 14 octobre 1935 dans une présentation scénique de Pierre CHEREAU.

Mmes DONIAU-BLANC, RICQUIER, GERVAIS, HAMY et les Chœurs.

Chef d'orchestre : Henri BÜSSER.

 

7 auditions à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

MARCHE PARISIENNE (LA)

 

Cantate dédiée aux familles des braves morts dans les journées des 27, 28 et 29 Juillet 1830, paroles de Casimir Delavigne, créée au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 04 août 1830 par Adolphe Nourrit.

 

 

MARCO SPADA

 

Oéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe, musique d’Esprit Auber. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 21 décembre 1852, mise en scène de Louis Palianti, avec Mmes Caroline Duprez (Angela), A. Favel (la Marchesa) ; MM. Charles Battaille (le Baron de Torrida), Boulo (Federici), Couderc (Pepinelli), Bussine (Fra-Borromeo), Carvalho (le Gouverneur), Nathan (Geronio).

 

« L'éternel brigand si exploité déjà par le librettiste reparaît encore ici ; mais le public lui a fait un froid accueil. La musique a les qualités qui distinguent le style du compositeur. Toutefois, à l'exception d'une romance, on n'a rien relevé de saillant dans la partition. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARE AU DIABLE (LA)

 

Pastorale lyrique en trois actes, tirée du roman de George Sand, livret d’André Lénéka, musique de N.-T. Ravera, représentée au petit Théâtre-Lyrique de la Galerie Vivienne le 04 avril 1895, avec Mlles Créhange, Vaillant, Nierbronn, d'Albrey, MM. Salomon, Gencia, Vals, Louis.

 

 

MARÉCHAL CHAUDRON (LE)

 

Opérette en trois actes, livret de Georges Rolle, Jean Gascogne et Henri Chivot, musique de Paul Lacôme, représentée au théâtre de la Gaîté le 27 avril 1898.

 

 

MARÉCHAL DE VILLARS (LE)

 

Mélodrame en trois actes, paroles de Frédéric du Petitméré et Duperche, musique de Schaffner, représenté à la Porte-Saint-Martin le 27 novembre 1817.

 

 

MARÉCHAL FABERT (LE) ou UNE PETITE AVENTURE D’UN GRAND HOMME

 

[ou le Faux rendez-vous ou Petite aventure d'un grand homme]

Opéra-comique en un acte, livret d’Emilien de Ginestet, musique de son frère Prosper de Ginestet. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 02 août 1823.

 

« Le maréchal Fabert, qui est le Grand Homme à la Petite Aventure, accompagne sa fille qu'il éloigne du théâtre de la guerre. Arrivé dans une auberge de village, non loin de Sedan, il veut savoir, de sa fille ce que c'est qu'un jeune homme qui les suit depuis leur départ, s'arrêtant partout où ils s'arrêtent, et se remettant en route dès qu'ils repartent. Amélie ne se montre pas fort pressée de répondre, et ne met pas beaucoup de franchise dans les éclaircissements qu'elle donne ; le maréchal conçoit quelques soupçons. Il met la maîtresse de l'auberge dans sa confidence, et au moyen d'une lettre, interceptée par cette femme, il reconnaît le fils du maréchal de Rantzau, son bienfaiteur, dans l'indiscret qui s'attache si obstinément à ses pas. Il voit, par cette lettre, que le jeune homme aime sa nièce et que même il ne lui est pas indifférent. Cette découverte n'a rien de désagréable pour lui ; mais, pour faire une mercuriale à l'étourdi, il lui fait donner un Faux Rendez-vous où il se trouve à la place de sa nièce. On comprend qu'après la leçon tout s'arrange pour le mieux, et que les amants s'unissent. Ce petit ouvrage manque de gaîté et d'originalité. Le maréchal Fabert y a paru rabaissé à de bien mesquines proportions ; cependant le parterre ne s'est point montré rigoureux, et les auteurs ont été nommés. »

[Almanach des spectacles, 1824]

 

 

MARÉCHAL-FERRANT (LE)

 

Opéra-comique en deux actes, en prose, livret de François-Antoine Quétant et Louis Anseaume, musique de Philidor. Création sur le théâtre de la Foire Saint-Laurent le 22 août 1761, sous la direction de Guillemont, et à la cour devant Leurs Majestés. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 10 février 1762.

 

« La scène se passe dans la boutique de Marcel, maréchal-ferrant ; le sujet n'a rien de remarquable, mais la musique est celle d'un maître. La facture en est excellente, l'harmonie conduite avec un art tout à fait hors ligne, la mélodie souvent intéressante. Il n'y a pas d'ouverture. Le premier air, celui de Marcel : Chantant à pleine gorge, est accompagné au bruit de l'enclume par une partie de violons et une de basse, avec quelques rentrées de flûtes, et produit un effet excellent; puis vient un bon trio pour deux sopranos et basse. Les couplets de Claudine et de Marcel sont pleins de rondeur ; le duo entre Labride, cocher du château voisin, et Marcel : Premièrement, buvons, est fort comique ; l'ariette chantée par Labride, ténor, est une imitation de cloches avec un accompagnement en pizzicato d'un effet charmant : Quand, pour le grand voyage, Margot plia bagage. Les morceaux suivants, chantés par Jeannette et Colin, offrent une instrumentation très travaillée dont on ne trouve aucun exemple dans les partitions de cette époque écrites en France. Le premier acte se termine par un trio dans lequel le compositeur s'est surpassé dans le genre bouffon. L'âne de Bastien ne fait que braire, la cavale d'Eustache va clopin clopant, et, grâce au contre-point de Philidor, tout cela produit une harmonie fort originale. Au deuxième acte, l'air de Jeannette : J'ai perdu tout ce que j'aime, est écrit si haut qu'il semble inchantable. On ne saurait admettre que le diapason fût sensiblement abaissé ; car l'air est en mi mineur, et la contrebasse joue souvent le sol, sa note la plus grave. Nous signalerons encore l'air du cocher Labride : Brillant dans mon emploi, qui est un chef-d’œuvre. Il se termine par des vocalises sur le mot gare, qui ne pouvaient être dites que par un chanteur habile. La scène du revenant montre toute la souplesse du génie de Philidor ; enfin un tutti plein de verve termine l'opéra, qui est des plus remarquables et aurait de nos jours un grand succès s'il était remonté avec soin. Le Maréchal-ferrant a eu plus de deux cents représentations. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARÉCHAL-FERRANT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Steveniers, représenté au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le 03 décembre 1862.

 

 

MARGOT

 

Opéra-comique en trois actes, livret d'Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, musique de Louis Clapisson, représenté au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 05 novembre 1857.

 

« Cette pièce n'a pas eu de succès. La partition renferme cependant de jolies choses, entre autres les couplets de Nanon au troisième acte : Chut ! et les deux airs chantés par Mme Miolan-Carvalho : le premier sur le Langage des fleurs, au second acte, et le deuxième au troisième acte. On a remarqué une sorte d'introduction instrumentale dans laquelle M. Clapisson a cherché à faire de la musique imitative. Il y a certainement de l'ingéniosité et du savoir-faire dans cette imitation des bruits de basse-cour, mais cela est-il bien à sa place au théâtre de l'Opéra-Comique, et sous la plume d'un membre de l'Institut ? L'ouvrage a été chanté par Monjauze et Mme Carvalho et a eu trente représentations. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Un interminable album de romances, qui parut fastidieux malgré l'intérêt qu'y pouvait apporter le talent de Mme Carvalho. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MARGUERITE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène Scribe et Eugène de Planard, musique d’Adrien-Louis Boieldieu. Création à l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 18 juin 1838. Le livret est trop chargé d'épisodes tragiques qui sont tirés d'une légende allemande. Dans le premier acte, on a remarqué les couplets en trio : On dit au village qu'il est fort bien fait ; le duo : Au bonheur, au plaisir que votre cœur se livre ; le finale dramatique avec la ronde : Livrons-nous à la danse. Le second acte débute par un air de soprano plein de sentiment et qui a obtenu un succès mérité : Merci de tous vos soins ; c'est bien ; me voilà prête ; l'air bouffe du bailli : Ah ! vraiment, j'en perds la tête ; qui faut-il donc que j'arrête ? et un finale très dramatique ont été applaudis. On a entendu dans le troisième acte une jolie romance : Au serment qui nous lie, et une aubade chantée par le chœur dans la coulisse. Les rôles ont été créés par Jansenne, Henri, Couderc, Mlles Rossi et Berthault. L'opéra de Marguerite a eu assez de succès pour promettre au fils de Boieldieu, qui n'était alors âgé que de vingt-deux ans, une facile et glorieuse carrière. Après avoir fait représenter un petit nombre d'ouvrages, il paraît avoir renoncé à travailler pour le théâtre et s'être contenté d'écrire pour les salons. Il y a dans cette résolution une défiance de soi-même ou peut-être un secret de piété filiale que la critique doit respecter.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARGUERITE

 

Opéra en trois actes, musique de Van Buggenhout, écrit à Bruxelles vers 1845.

 

 

MARGUERITE (LA)

 

Opéra-comique, paroles de M. Aurès, musique de M. Dermineur, représenté à Alger en février 1875.

 

 

MARGUERITE D'ANJOU

 

[Margherita d’Angiu]

Opéra semi-séria, paroles de Romani, musique de Giacomo Meyerbeer, représenté à la Scala de Milan, le 14 novembre 1820. Cet ouvrage est de ceux qui caractérisent la première manière du maître. Quoiqu’écrit sous l'influence italienne, il offre des mélodies travaillées visiblement, contournées, peu naturelles. L'inspiration est encore absente ou plutôt mal réglée. Toutefois, il y avait là la marque d'un musicien d'un mérite supérieur, et, il faut le dire, les moyens extramusicaux dont le compositeur pouvait disposer venant aussi à son aide, Margherita d'Angiu obtint du succès et fut représentée successivement à Munich, à Londres, en Belgique, à Paris, où on en donna une traduction de Thomas Sauvage au théâtre de l'Odéon le 11 mars 1826, la musique étant arrangée pour la scène française par Crémont. Les rôles furent créés à Milan par le célèbre chanteur Tachinardi, par Levasseur et Rosa Mariani.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARGUERITE D'AUTRICHE

 

Opéra, musique de Grégoire, représenté au grand théâtre Royal d'Anvers en 1850.

 

 

MARGUERITE DE WALDEMAR

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Saint-Félix, musique de Gustave Dugazon. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 12 décembre 1812.

 

 

MARGUERITE ET FAUST

 

Poème lyrique, musique de Henri Cohen, exécuté dans la salle du Conservatoire en 1847.

 

 

MARI À LA PORTE (LE)

 

Opérette, livret de Delacour et Léon Maurant, musique de Jacques Offenbach, représenté aux Bouffes-Parisiens le 22 juin 1859.

 

« Joli vaudeville qui n'eût point déparé le répertoire de l'ancien Gymnase, et qui a tenu l'affiche pendant une partie de l'été de 1859. Les concerts Musard, pour contrebalancer le succès de leurs voisins les Bouffes, ont employé un excellent moyen ; ils ont joué sous toutes les formes les mélodies du Mari à la porte. Nous nous rappelons entre autres choses agréables la tyrolienne de Mlle Tautin, qu'on avait convertie en valse. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

MARI AU BAL (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Emile Deschamps, musique d’Amédée de Beauplan. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 25 octobre 1845. => détails

 

 

MARI COMPLAISANT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Bernard (Bernard-Léon) et Fléchi, musique de Henry, représenté sur le théâtre de la Vieille-Rue-du-Temple le 8 septembre 1806.

 

 

MARI CORRIGÉ (LE)

 

Opéra, musique d’Arquier, représenté au théâtre lyrique et comique de la rue de Bondy, à Paris, vers 1790.

 

 

MARI D’EMPRUNT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Dabaytua et Hennequin, musique de Bertaud, représenté à l’Ambigu-Comique le 3 janvier 1801.

 

 

MARI D’UN JOUR (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Adolphe d'Ennery et Armand Silvestre, musique d’Arthur Coquard. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 04 février 1886, avec Mmes Simonnet et Degrandi, MM. Degenne, Fugère, Isnardon et Barnolt pour principaux interprètes. Le poème manquait à la fois de vraisemblance et d'intérêt, et la musique a paru un peu trop sérieuse pour le sujet.

 

 

MARI DE CIRCONSTANCE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène de Planard, musique de Charles-Henri Plantade. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 18 mars 1813, avec Marie Julie Boulanger.

 

Ce livret a été remis en musique par le compositeur polonais Antoni Orlowski (Varsovie, 1811 - Rouen, 11 février 1861) et représenté le 05 mars 1836 au théâtre des Arts, à Rouen, où il était violoniste.

 

 

MARI DE LA FAUVETTE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Villeneuve et Veyrat, musique de Charles Dufort, représenté sur le théâtre de la Renaissance, dans le mois de février 1840. On a remarqué dans cet ouvrage un trio d'une bonne facture. Mme Atala Beauchêne en a chanté le rôle principal.

 

 

MARI DE LA REINE (LE)

 

Opérette en trois actes, livret d’Ernest Grenet-Dancourt et Octave Pradels, musique d’André Messager. Création aux Bouffes-Parisiens le 18 décembre 1889. => fiche technique

 

 

MARI SANS LE SAVOIR (LE)

 

Opérette en un acte, livret de Léon Halévy et Jules Servières [pseudonyme de Ludovic Halévy], musique de M. de Saint-Remy [pseudonyme de Charles, duc de Morny], représentée au théâtre des Bouffes-Parisiens le 31 décembre 1860. Sous ce pseudonyme, M. le duc de M... a fait exécuter une partition de sa composition sur une comédie spirituelle. Sans le savoir, probablement, les auteurs ont mis en scène le testament d'Eudamidas. M. Chauvaroux est parti pour les Indes avec son neveu Florestan. Un de ses amis en mourant lui lègue sa fille, et, ne doutant pas de l'acceptation de Chauvaroux, veut qu'Antoinette prenne immédiatement le nom de son futur mari. A son retour, l'ami marié sans le savoir ne demande pas mieux que d'être l'exécuteur testamentaire ; mais il surprend son neveu Florestan aux pieds d'Antoinette, et il consent volontiers à la substitution de personne. M. le duc était mieux versé dans la rédaction des notes diplomatiques que dans l'arrangement des notes de la gamme.

 

Mais vous leur fîtes, monseigneur.

En les croquant, beaucoup d'honneur.

 

Potel, Desmonts, Mlle Chabert ont chanté cette opérette, élégamment tournée d'ailleurs.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARI SYLPHE (LE)

 

Opéra, musique de L.-C. Moulinghen, représenté en France vers 1790.

 

 

MARIA DI ROHAN

 

Mélodrame italien en trois actes, livret de Salvatore Cammarano, musique de Gaetano Donizetti.

 

Création à Vienne, Kärntnertortheater, le 05 juin 1843.

 

Première à Paris, Théâtre des Italiens, le 20 novembre 1843 avec : Mmes GRISI (Maria), BRAMBILLA (Armande de Gondi), MM. RONCONI (Duc de Chevreuse), SALVI (Henri Cholais), RIZZI (de Suze).

 

Première fois en français (version de Lockroy et Ed. Badon), à Bruxelles, Théâtre Royal de la Monnaie, le 09 janvier 1845 : Mmes JULLIAN (Maria), ROUVROY (Armande de Gondi), MM. LABORDE (Duc de Chevreuse), LAURENT (Henri Cholais), FERNANDO (Vicomte de Suze), MILLET (de Fiesque), sous la direction de Ch. HANSSENS.

 

Première au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 22 mars 1917, à l'occasion d'un Gala au bénéfice des mobilisés de l'Opéra :

Mmes Edith LYS (Maria), Nerina LOLLINI (Armande de Gondi).

MM. BATTISTINI (Duc de Chevreuse), Vittorio RE (Henri Cholais), BONAFE (Vicomte de Suze), NARÇON (de Fiesque), CAMARGO (Aubry), LACOME (un Familier), HACKETT (un Domestique).

Chef d'orchestre : Arturo VIGNA

 

Après cette unique représentation, le 2e acte seul fut repris à l’Opéra le 10 février 1918, dans la version française de Lockroy et Badon.

Mme Raymonde VECART (Maria).

MM. BATTISTINI (Duc de Chevreuse), Louis DUFRANNE (Henri Cholais), NARÇON (de Fiesque), CAMARGO (Aubry), ERNST (Familier).

Chef d'orchestre : Arturo VIGNA

 

1 représentation intégrale à l’Opéra (plus deux fois le 2e acte seul) au 31.12.1961.

 

 

MARIAGE A L'ANGLAISE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jean-Baptiste-Charles Vial et Justin Gensoul, musique de Frédéric Kreubé. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 04 mars 1828.

 

 

MARIAGE AU CLICHÉ (LE)

 

Opérette, paroles d’E. Didier et E. Roger, musique d'Alfred Mutel ; représentée au concert de Tivoli en juillet 1869. On a remarqué un quatuor et un trio bien traités. Jouée par Lary, Bégué, Mmes Dastruc et Tell.

 

 

MARIAGE AU MAZET (LE)

 

« Opéra-fantaisie » en un acte, musique d'Alphonse Pellet, représenté à Nîmes le 10 juillet 1872.

 

 

MARIAGE AU TAMBOUR (LE)

 

Opérette militaire en trois actes et six tableaux, livret de Paul Burani, musique de Léon Vasseur, représenté au Théâtre du Châtelet le 04 avril 1885.

 

« Ce n'était ici que la transformation, assez peu heureuse, d'un ancien et charmant vaudeville d'Alexandre Dumas, de Leuven et Brunswick, qui avait obtenu, un demi-siècle auparavant, un succès éclatant, et que M. Burani s'était chargé de délayer en trois grands actes d'apparence lyrique. Le résultat ne répondit pas à l'effort, et le gentil vaudeville ne devint qu'un piètre opéra-comique, malgré une assez bonne interprétation confiée à Mmes Perrouze, d'Harville et Jeanne Théol, à MM. Vauthier, Plet, Marcelin et Romani.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MARIAGE AUX LANTERNES (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Michel Carré et Léon Battu, musique de Jacques Offenbach.

 

Création aux Bouffes-Parisiens le 10 octobre 1857, avec Mmes MARESCHAL (Denise), Lise TAUTIN (Fanchette), DALMONT (Catherine), M. Paul GEFFROY (Guillot), sous la direction de Jacques OFFENBACH.

 

Première à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 04 décembre 1919.

Mmes SYRIL (Denise), MONCY (Fanchette), CALAS (Catherine).

MM. Victor PUJOL (Guillot), LYS (le Garde-champêtre).

Chef d'orchestre : Félix HESSE.

 

Représentation du 16 octobre 1924.

Mmes ESTEVE (Denise), Olympe GARCIA (Fanchette), Nette FERRARI (Catherine).

MM. PUJOL (Guillot), ELOI (le Garde-champêtre).

Chef d'orchestre : Elie COHEN.

 

39 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

« Cet ouvrage, qui n'est pas le premier sur notre liste, est pourtant celui dont l’acte de naissance porte la date la plus ancienne. Il fut donné à la salle Herz [le 07 mai 1855], sous le titre de : le Trésor à Mathurin, quelques années avant l'ouverture des Bouffes. Les rôles en étaient tenus par Sainte-Foy, Mmes Meillet, Lemercier et Théric (de la Comédie-Française). Traduit en allemand, le Mariage aux lanternes a été joué avec beaucoup de succès dans presque toutes les villes d’outre-Rhin. On y applaudit surtout un duo très vif, écrit pour deux voix de femme, et un quatuor dont le motif principal, ingénieusement développé, est du meilleur effet. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

 

MARIAGE AUX TAMBOURINS (LE)

 

Opérette en un acte, paroles de Fernand Esselin, musique de Jules Chastan, représentée aux Bouffes-Parisiens le 14 mai 1903.

 

 

MARIAGE AVANT LA LETTRE (LE)

 

Opérette en trois actes, livret d’Adolphe Jaime et Georges Duval, musique d’Olivier Métra, représentée aux Bouffes-Parisiens le 5 décembre 1888. Interprètes : MM. Vauthier, Simon-Max, Schmidt, Mmes Jeanne Thibault, Lardinois, Macé-Montrouge.

 

 

MARIAGE CLANDESTIN (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Devienne, représenté au théâtre Montansier en 1791.

 

 

MARIAGE D'ANTONIO (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Mme de Beaunoir, musique de Lucile Grétry, alors âgée de treize ans, orchestrée par son père. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 29 juillet 1786.

 

 

MARIAGE D'ISABELLE (LE)

 

Opérette en un acte, livret du duc de Dino et du marquis de Talleyrand-Périgord, musique de Léopold Hackensöllner, représenté à Florence en mars 1875. Chantée par Mario Tiberini. Le duc de Dino a aussi joué un des rôles de la pièce.

 

 

MARIAGE D'UNE ÉTOILE (LE)

 

Opérette en un acte, livret d’E. Grangé et V. Bernard, musique de M. Legouix, représentée aux Bouffes Parisiens le 1er avril 1876. Cette étoile est une diva de café-concert qui perd et recouvre son la, et autour de laquelle se démène une bande d'Auvergnats, ses parents, charbonniers et charbonnières. Chantée par Pescheux, Scipion, Mmes Paola Marié et Lefort.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

MARIAGE DE COLOMBINE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Frédéric Barbier, représenté au théâtre de Bourges en 1852.

 

 

MARIAGE DE DON LOPE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jules Barbier, musique d’Édouard de Hartog, représenté au Théâtre-Lyrique (place du Châtelet) le 29 mars 1865. Mme Faure-Lefebvre y chantait avec succès une chanson espagnole. L'auteur de la musique appartenait à la colonie hollandaise de Paris.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 15 mars 1866 avec Mmes Dumestre (Rosine), Fossombroni (Lucrèce), Arquier (Camille), MM. Mengal (don Inigo), Barbot (don Lope), Achard (Guzman).

 

 

MARIAGE DE FIGARO (LE)

 

Comédie en cinq actes, de Beaumarchais, arrangée par Notaris sur la musique de Mozart, représentée à l'Opéra (Académie de musique) le 20 mars 1793 (30 ventôse an I). Le dialogue en prose de Beaumarchais servait à relier les morceaux de cette admirable partition. Cet amalgame détestable et l'état des esprits firent que l'ouvrage n'eut que cinq représentations. Cellérier et Francœur étaient alors administrateurs de l'Opéra. Lays chanta médiocrement, dit-on, le rôle de Figaro.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARIAGE DE JEAN-JACQUES ROUSSEAU (LE)

 

Opéra, musique d’Antoine-Barthélemy Bruni, représenté à Feydeau en 1795.

 

 

MARIAGE DE LA VEILLE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Lœillard d'Avrigny, musique de Louis-Emmanuel Jadin. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 02 janvier 1796.

 

 

MARIAGE DE LÉANDRE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Clément Caraguel, musique d’Ernest Boulanger, représenté à Bade en septembre 1859.

 

 

MARIAGE DE MARCELLE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Paul de Choudens, musique de Rodolphe Lavello (vers 1897).

 

 

MARIAGE DE MARGUERITE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Charles Miry, représenté à Gand le 27 novembre 1867.

 

 

MARIAGE DE NANON (LE) ou LA SUITE DE MADAME ANGOT

 

Pièce en un acte, de Maillot, musique de Leblanc, représentée au théâtre d'Émulation en 1797.

 

 

MARIAGE DE TABARIN (LE)

 

Drame lyrique en trois actes, paroles et musique de Pauline Thys, représenté au théâtre de l'Athénée, dans une matinée extraordinaire, le 23 avril 1876. Il a été représenté avec succès au théâtre Nuovo de Florence, le 03 décembre 1881 dans une traduction italienne sous le titre de la Congiura di Chevreuse.

 

 

MARIAGE DE TÉLÉMAQUE (LE)

 

Comédie musicale en cinq actes et six tableaux, livret de Jules Lemaître et Maurice Donnay, musique de Claude Terrasse.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 04 mai 1910. Mise en scène d'Albert Carré. Décors de Lucien Jusseaume. Costumes de Marcel Multzer.

Mmes Marguerite CARRÉ (Hélène), MATHIEU-LUTZ (Nausicaa), Marguerite BÉRIZA (Pénélope), JURAND (Arêté), Mathilde COCYTE (Euryméduse), GANTÉRI (Adresté), FAYE (Alkyppé), ROBUR (Philo).

Mlle CARO (Minerve).

MM. Lucien FUGÈRE (Ulysse), Fernand FRANCELL (Télémaque), DELVOYE (Ménélas), Louis AZÉMA (Alkinoos), PAYAN (Phémiros), BELHOMME (Hermestikos), DUPRÉ (Eumée), MESMAECKER (Podasochus), CAZENEUVE (Styrax), Louis VAURS (Éléonus), ÉLOI (Asphalion).

Au 3e tableau, ballet réglé par Mme MARIQUITA, dansé par Mlles Régina BADET, NAPIERKOWSKA, G. DUGUÉ, TEISSEYRE, M. Robert QUINAULT et les Dames du corps de ballet.

Chef d'orchestre : Eugène PICHERAN.

 

Reprise à l'Opéra-Comique du 13 novembre 1913 (28e représentation).

Distribution de la création, sauf : Mmes TIPHAINE (Pénélope), TISSIER (Arêté), VILLETTE (Euryméduse), Renée CAMIA (Adresté), CARRIÈRE (Alkyppé), SYRIL (Philo). — MM. Jean PÉRIER (Ulysse), DELOGER (Eténous). Chef d'orchestre : Albert WOLFF.

 

Reprise à l'Opéra-Comique du 29 octobre 1921 (40e représentation).

Mmes Marguerite CARRÉ (Hélène), Yvonne BROTHIER (Nausicaa), Madeleine SIBILLE (Pénélope), Lucienne ESTÈVE (Arêté), VILLETTE (Euryméduse), Maud BERNARD (Adresté), Nette FERRARI (Alkyppé), DELAMARE (Philo).

Mlle Fernande RAYNAL (Minerve).

MM. Lucien FUGÈRE (Ulysse), Louis CAZETTE (Télémaque), ROUSSEL (Ménélas), Louis AZÉMA (Alkynoos), Louis MORTURIER (Phémiros), Willy TUBIANA (Hémistikos), DUPRÉ (Eumée), MESMAECKER (Padosochus), René HÉRENT (Styrax), SAUVAGEOT (Eténous), ÉLOI (Asphalion).

Ballet dansé par Mlles Mona PAIVA, Fernande RAYNAL, Simone ROSNE et les Dames du corps de ballet.

Chef d'orchestre : Albert WOLFF.

 

50e représentation à l'Opéra-Comique  le 29 janvier 1922, avec la distribution ci-dessus, sauf : Mme Marthe COIFFIER (Adresté), M. Roger LALANDE (Eténous). Chef d'orchestre : ARCHAINBAUD.

 

50 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

 

MARIAGE DIFFICILE (LE) ou LES DEUX COUSINS

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Auguste Rousseau et Ménard, musique d’Auguste Panseron. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 19 février 1823.

 

« Un oncle qui revient des îles avec une fortune immense se présente sous un nom supposé à ses deux neveux, contre lesquels il avait reçu des impressions fâcheuses. Il a lieu de reconnaître que ce sont deux petits saints. Il les marie et partage son bien avec eux. Le public a trouvé cette fable un peu commune ; il n'a pas manifesté d'humeur contre l'ouvrage, mais il s'est montré fort peu envieux de connaître l'auteur, et on ne l'a pas nommé. Le compositeur, qui avait mérité plus d'égards, a partagé la disgrâce du poète. »

[Almanach des spectacles, 1824]

 

 

MARIAGE EN L'AIR (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d'Henri de Saint-Georges et Dupin, musique d’Eugène Déjazet, représenté à l’Opéra-National (salle du Théâtre-Historique) le 26 janvier 1852.

 

« Une arlequinade avec le Pierrot et le Cassandre obligés. M. Eugène Déjazet a dirigé le petit théâtre du boulevard du Temple (ex-Folies-Nouvelles) auquel sa mère a laissé son nom. Comme compositeur il n'a eu d'autre succès populaire que la chanson du Vin à quat' sous qui se débitait par les rues, il y a quelque vingt-cinq ans. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MARIAGE EN POSTE (LE)

 

Opéra de salon, paroles de Galoppe d'Onquaire, musique de M. Weckerlin, représenté dans l'hôtel de M. Emile de Girardin, rue Marbeuf, le 10 mai 1857, et chanté par Archainbault, Préval et Mlle Mira, et chez Rossini en mars 1859, chanté par Bussine, Biéval et Mlle Mira.

 

 

MARIAGE EXTRAVAGANT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Désaugiers et Valory, musique de Champein, représenté au Vaudeville le 08 septembre 1812.

 

 

MARIAGE EXTRAVAGANT (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène Cormon, d'après le vaudeville de Désaugiers, musique d’Eugène Gautier. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 20 juin 1857, avec Mlle Henrion, MM. Lemaire, Berthelier, Nathan et Ponchard.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 01 février 1858 avec Mlle Cèbe (Betsy), MM. Aujac (Edouard), Borsary (docteur Vernès), Mengal (chimiste aliéné), Gourdon (Simplet).

 

« Le docteur Vernes dirige une maison d'aliénés. Il attend à la fois son futur gendre et un fou qu'on dirige sur son établissement. Par une suite de quiproquos, il prend Edouard, son gendre, pour le fou, et il est pris par Edouard pour un insensé qui se fait passer pour le père de sa fiancée Betzy. Le docteur, croyant guérir le jeune homme de sa fureur matrimoniale, organise la célébration d'un mariage supposé, déguise ses domestiques en parents et en invités. On a signé le contrat, lorsqu'un coup de sonnette retentit à la grille de la maison. C'est le vrai fou qui arrive. Le docteur Vernes regarde la signature du contrat, c'est celle du futur de sa fille. On se reconnaît, on s'embrasse et il n'y a plus qu'à confirmer le mariage extravagant. Le compositeur avait à traiter un livret fort amusant et qui a eu un grand succès en 1812. Il a refait la musique des couplets et d'un duo composés pour l'ancien vaudeville par Champein. L'ouverture est d'un musicien habile. On a surtout remarqué le trio : On sonne, l'air du fou Darmancé : Sans la folie et les amours. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARIAGE FORCÉ (LE)

 

Comédie de Molière. Ce fut Jean-Baptiste Lully qui en écrivit la musique.

 

 

MARIAGE GALANT

 

Opérette en trois actes, livret de Maxime Boucheron et François Oswald, musique de Missa et

Pietrapertosa, représentée au théâtre des Menus-Plaisirs le 3 décembre 1892.

 

 

MARIAGE IMPOSSIBLE (LE)

 

Opéra-comique, musique de Grisar, représenté à Bruxelles en 1833.

 

 

MARIAGE INATTENDU (LE)

 

Opéra-comique en un acte, musique de Pierre Gaveaux, représenté au théâtre Montansier en 1804.

 

 

MARIAGE MALHEUREUX (LE)

 

Opéra-comique, musique de L.-C. Moulinghen, représenté en France vers 1795.

 

 

MARIAGE PAR CAPITULATION (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret de Louis Dancourt, acteur de province, musique de Jean-Joseph Rodolphe. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 03 décembre 1764.

 

 

MARIAGE PAR COMMISSION (LE) ou LE SEIGNEUR ALLEMAND

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Antoine-Jean-Baptiste Simonnin, musique d’Antonio Bartolomeo Bruni. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 04 décembre 1815.

 

 

MARIAGE PAR IMPRUDENCE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Etienne de Jouy, musique de Martin-Pierre Dalvimare. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 04 avril 1809. C'est la seule œuvre lyrique du célèbre harpiste. Elle n'a pas eu de succès.

 

 

MARIAGE PAR LETTRE DE CHANGE (LE)

 

Comédie en un acte, en vers, avec un divertissement, paroles de Poisson fils, musique de Granval, représentée au Théâtre-Français le 13 juillet 1735.

 

 

MARIAGE PATRIOTIQUE (LE)

 

Opéra-comique, musique de Deshayes, représenté au théâtre de Beaujolais en 1793.

 

 

MARIAGE PRINCIER

 

Opérette bouffe en trois actes, paroles de Paul Ferrier, musique de M. Grillet, représentée au théâtre de la Renaissance le 17 août 1900.

 

 

MARIAGE SECRET (LE)

 

[Il Matrimonio segreto]

Opéra bouffe italien en deux actes et cinq tableaux, livret de Giovanni Bertati (1735-1815), d’après The Clandestine Marriage, comédie de George Colman et David Garrick (1766) et Sophie ou le mariage caché, comédie de Marie Jeanne de Heurles de Laboras de Mezières Riccoboni (1768), musique de Domenico Cimarosa.

 

Personnages : Geronimo, un riche marchand (basse comique) ; Elisetta, sa fille aînée, fiancée au comte Robinson (mezzo-soprano) ; Carolina, sa fille cadette, mariée en secret à Paolino (soprano) ; Fidalma, sœur de Geronimo, veuve (contralto) ; le comte Robinson (basse) ; Paolino, commis de Geronimo (ténor).

 

L’action se déroule à Bologne, au XVIIIe siècle.

 

Création à Vienne, Burgtheater, le 07 février 1792, avec Dorotea Bussani, Francesco Benucci, P. Mandini, A. Morichielli-Bosello, Francesco Bussani. Le même jour, l’empereur Léopold II signait le traité d’alliance avec la Prusse contre le gouvernement révolutionnaire français. Le succès fut éclatant. L’empereur, qui assistait au spectacle, invita à dîner le compositeur et tous les exécutants à la fin de la représentation. Après le repas, le souverain voulut retourner au théâtre avec la troupe au complet pour rejouer l’œuvre entièrement.

 

En 1793, l’œuvre fut jouée à Naples, avec quelques modifications et l’adjonction de nouveaux morceaux. L’enthousiasme fut tel qu’il fut donné cent dix soirées consécutives.

 

Représenté pour la première fois à Paris, Théâtre des Italiens, le 10 mai 1801.

 

Repris au Théâtre des Italiens en mars 1851 avec Mmes SONTAG (Caroline), GIULIANI (Lisette), Ida BERTRAND (Fidalma), MM. LABLACHE (Géromino), CALZOLARI (Paolino), et FERRANTI (Robinson).

 

Version française de Castil-Blaze, opéra-comique en trois actes, représentée à Nîmes le 11 mars 1817.

 

Version française de Daniel Muller représentée au Théâtre du Trianon Lyrique le 12 mars 1921 : Mmes Lucy VAUTHRIN (Caroline), Sonia ALNY (Lisette), Suzanne BEAUMONT (Fidalma), MM. José de TREVI (Paolino), Max MARRIO (Géromino), NOGUÉ (le Comte). Chef d'orchestre : Maurice FRIGARA.

 

Première à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 10 octobre 1931, dans la version française de Daniel Muller. Mise en scène d'Alex Jouvin. Décors et costumes de Maxime Dethomas.

Mmes Odette ERTAUD (Caroline), MATHIEU-GEORGETTE (Lisette), Andrée MOREAU (Fidalma).

MM. Marcel CLAUDEL (Paolino), Jules BALDOUS (Géromino), André BALBON (Comte Robinson).

Chef d'orchestre : Louis MASSON.

 

Cet ouvrage fut repris, dans la même version, sous la direction artistique de Stéphane Wolff le 05 juillet 1946 au Théâtre Sarah-Bernhardt, dans des décors de Romain Erté et une mise en scène de Max de Rieux avec Mmes Nadine RENAUX (Caroline), Lucienne TRAJIN (Lisette), Andrée MOREAU (Fidalma), MM. Jean GIRAUDEAU (Paolino), Raoul KOUDELINE (Geromino) et Jacques SCELLIER (Robinson), sous la direction de Raoul LABIS.

 

13e représentation à l'Opéra-Comique le 23 septembre 1963. Version française de Daniel Muller. Décors de Georges Wakhévitch. Costumes de Denis Martin. Mise en scène de Louis Ducreux.

Mmes Paulette CHALANDA (Caroline), Colette HERZOG (Lisette), Edmée SABRAN (Fidalma).

MM. Jean-Christophe BENOIT (le Comte Robinson), Julien GIOVANNETTI (Géronimo), André MALLABRERA (Paolino).

Chef d'orchestre : Jean-Claude HARTEMANN.

 

7 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, 9 en 1963, 4 en 1964, 2 en 1965, soit 22 au 31.12.1972.

  

« Ce chef-d’œuvre des chefs-d'œuvre dans le genre bouffe eut un succès prodigieux. On raconte à ce sujet que l'empereur Léopold, ayant entendu la première représentation de cet opéra, fit inviter les chanteurs et les musiciens à un banquet, et voulut entendre la pièce le soir même une seconde fois.

C'est un drame bourgeois de demi-caractère. Le signor Geronimo, négociant riche et sourd, a pour commis le jeune Paolino, qui a épousé secrètement Caroline, la plus jeune fille de son patron. Cette situation cause à tous deux une vive angoisse, exprimée dans le duo Cara, non dubitar :

 

Ah! pietade troveremo

Se il ciel barbaro non e.

 

Geronimo apprend que le comte Robinson va venir lui demander la main de sa fille Elisetta. Rien n'égale la joie du bonhomme:

 

Udite tutti, udite

Le orecchie spalancate

Di giubbilo saltate.

 

C'est d'un brio et d'une verve incomparables. Le trio des femmes est charmant : Le faccio un' inchino contessa garbata. Robinson préfère Carolina à sa sœur ; coup de théâtre qui amène un beau quatuor :

 

Sento in petto un freddo gelo

Che cercando mi và il cor;

 

et le duo de basses entre Geronimo et le comte :

 

Se fiato in corpo avete

Si, si la sposerete.

 

Geronimo ne veut pas entendre raison, et sa sévérité le sert dans cette occasion ; il se radoucit subitement lorsque le comte déclare qu'il abandonnera la moitié de la dot s'il lui laisse épouser Carolina. Paolino est désolé. De son côté, Fidalma, tante des jeunes personnes, est éprise du commis et veut se faire épouser par lui. En présence de tant de difficultés, il ne reste qu'un moyen : celui de fuir. C'est ici que le compositeur a écrit un air célèbre, plein de tendresse et de charme :

 

Pria che spunti in ciel l'aurora

Cheti, cheti a lento passo,

Scenderemo fin abbasso

Che nessun ci sentirà.

 

Elisetta, dans un accès de jalousie, croit surprendre le comte et sa sœur enfermés ensemble pendant la nuit. Elle appelle ; on vient ; et il ne reste aux pauvres amants qu'à déclarer qu'ils sont mariés. Aucun compositeur n'a su mieux réunir dans la même scène les deux éléments tragique et comique. Geronimo parait inflexible d'abord, le comte intervient pour le couple intéressant et promet d'épouser Elisetta. Fidalma, n'espérant plus rien pour elle-même, engage philosophiquement son frère à pardonner :

 

Già che il caso è disperato,

Ci dobbiamo contentar.

 

Et tout se termine au mieux : Oh ! che gioja ! oh ! che piacere !

L'ouverture d'Il matrimonio segreto est une préface digne de l'ouvrage. Nous signalerons encore le duo ravissant d'amour et de mystère:

 

Stendimi pur la meno

Che mi vacilla il piè.

 

L'instrumentation de Cimarosa est toujours et partout claire, vive, pétillante d'esprit ; les idées mélodiques abondent. Il n'emploie qu'avec réserve les instruments à vent. On a fait une reprise brillante du chef-d'œuvre à Paris, en 1836, avec Lablache, Tamburini, Rubini, Mme Albertazzi.

Il matrimonio segreto a été représenté à la cour de Munich, le 6 juin 1850, par des amateurs appartenant aux plus hautes classes de la société. Le prince Albert, frère cadet du roi, doué d'une belle voix de basse, a chanté le rôle de Geronimo. Aux Italiens, Mme Alboni a laissé de bons souvenirs dans le rôle de Fidalma. Gardoni, Zucchini et Scalese ont aussi interprété avec talent cet opéra, qu'on ne saurait monter avec trop de soin ; car c'est un de ces ouvrages-types qui servent à juger le mérite d'une troupe et l'intelligence artistique d'un directeur. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARIAGE SINGULIER (LE)

 

Comédie mêlée de vaudevilles en un acte, livret de Charles Nicolas Favart, musique de vaudevilles. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 02 janvier 1787.

 

 

MARIAGES SAMNITES (LES)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Barnabé Farmian Durosoy, musique de Grétry. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 12 juin 1776.

 

 

MARIANA

 

Drame lyrique en un acte, poème de M. Largrillière, musique de M. Sinsoilliez, représenté à Lille le 21 mars 1893.

 

 

MARIANNE

 

Opéra-comique en un acte, livret de Jules Prével, musique de Théodore Ritter. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 17 juin 1861, avec Mlles Bélia (Marianne), Tual (la Comtesse), MM. Troy (le Comte), Berthelier (Jean-Pierre).

 

 

MARIANNE

 

Opéra-comique en un acte, paroles d’Augustin Challamel, musique de François Bazin, publié dans le Magasin des demoiselles en 1861.

 

 

MARIANNE ET JEANNOT

 

Opérette en un acte, paroles et musique d'Eugène Moniot, représentée à la Renaissance le 01 septembre 1875.

 

 

MARIANNE ou L’AMOUR MATERNEL

 

Opéra-comique en un acte, livret de Benoît-Joseph Marsollier, musique de Nicolas Dalayrac. Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 07 juillet 1796.

 

 

MARIE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Eugène de Planard, d’après son roman Almedan ou le Monde renversé, musique de Ferdinand Herold. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 12 août 1826, décors de Mathis et Desroches, avec Mmes Paul (la Baronne), Eugénie Rigaut (Emilie), Prévost (Marie), Marie Julie Boulanger (Suzette), MM. Huet (le Baron), Lafeuillade (Adolphe), Jean-Baptiste Chollet (Henri), Guiaud (Georges), Féréol (Lubin).

 

Première au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple) le 14 septembre 1855 avec Mmes Bourgeois, Pannetra, Girard, MM. Ernest Leroy (Adolphe), Léon Achard, Honoré Grignon, Adolphe Girardot, Prilleux.

 

« L'auteur a tiré ce sujet de son roman intitulé : Almédon. Marie, élevée par un vieux soldat qu'elle croit son père, aime en secret Adolphe, qui va épouser Emilie, fille d'un baron ; elle fuit, on la retrouve ; on lui apprend qu'elle est fille d'un premier lit de la baronne ; on l'unit à Adolphe qui la chérit, et Emilie donne la main au frère de son futur, pour qui elle avait peu d'inclination. Grand succès. »

[Almanach des spectacles, 1827]

 

« Que dirons-nous de Marie ? Ce chef-d’œuvre qui a préludé à Zampa et au Pré-aux-Clercs est resté gravé dans la mémoire de tous. Pour analyser le plaisir que ces ravissantes mélodies ont fait éprouver aux auditeurs, il faudrait les récapituler toutes, et l'espace nous manque. Bornons-nous à constater l'éclatant succès d’un opéra qui, par le fond mélodramatique de son libretto, est si parfaitement approprié à la scène du boulevard du Temple.

Marie a été interprétée avec un ensemble satisfaisant. Mlle Bourgeois, chargée du rôle de l'héroïne, a obtenu de fréquents applaudissements. Mlles Pannetra et Girard ont également fort bien rempli leur tâche. M. Ernest Leroy, jeune artiste sorti du Conservatoire, s'est acquitté du rôle d'Adolphe d'une façon satisfaisante. Léon Achard, affecté d'un enrouement, avait fait réclamer l'indulgence avant le lever du rideau. Le public lui a su gré de son zèle et de ses louables efforts pour ne pas faire manquer le spectacle. Malgré son indisposition, il s'est bien tiré de son couplet : Une robe légère. Grignon, Girardot et Prilleux ont concouru à l'ensemble.

Et pour clore ce rapide compte-rendu, remercions M. Perrin d'avoir transplanté cette charmante Marie sur le terrain du boulevard du Temple. Elle s'y acclimatera. »

[J. Lovy, le Ménestrel, 16 septembre 1855]

 

« Cet ouvrage a révélé au public l'un des maîtres les plus aimés de l'école française, le successeur de Boieldieu. Le poème est intéressant et de bon goût ; les caractères sont bien dessinés ; des situations tour à tour gracieuses et touchantes ont offert au compositeur un cadre approprié à la fraicheur de ses idées et à son exquise sensibilité. On ne trouve pas dans la partition de Marie la couleur, les effets variés qui distinguent celle du Pré-aux-Clercs, ni la richesse presque exubérante de Zampa ; le sujet simple et presque épisodique de Marie ne demandait que la vérité dans la déclamation, du charme et de la grâce dans la partie vocale, et une instrumentation sobre et élégante. Herold a rempli toutes les exigences de ce programme sans dépasser la mesure. Marie est l'œuvre où le génie d'Herold, épuré par le travail et dégagé des hésitations de la jeunesse, s'épanouit dans toute sa grâce et donne la mesure de sa force. C'est dans Marie qu'Herold arrive pour la première fois à la conscience de lui-même : il y met cette tendresse ineffable d'un premier amour, ces mélodies suaves et faciles qui s'exhalent de l'âme comme le parfum de la fleur, et que l'on ne peut donner qu'une seule fois dans la vie. La scène du désespoir de Marie : Je suis donc parvenue au comble du malheur, la seule vraiment pathétique de l'ouvrage, a été traitée avec beaucoup d'énergie. Presque tous les motifs de cet opéra ont joui d'un succès prompt et populaire. Est-il besoin de rappeler la cavatine si délicatement écrite : Une robe légère, qui a aidé à la réputation de Chollet ; la barcarolle : Batelier, dit Lisette, qui semble répandre une sorte de fraîcheur dans la salle ; la romance : Je pars demain, il faut quitter Marie, qui s'annonce par une ritournelle de cor d'un effet charmant ; l'air : Comme en notre jeune âge ; enfin les couplets : Sur la rivière, dont on a imité la coupe, mais non la naïveté ? L'opéra de Marie a été souvent repris. Il appartient au répertoire de l'Opéra-Comique. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Une des plus séduisantes partitions d'Herold, et celle où son génie arrivé à maturité commença à se montrer dans sa pleine originalité. L'auteur de Marie (1826) en était à son quatorzième opéra ; il en a depuis écrit huit, et il a fait jouer aussi cinq ballets. L'indifférence de nos directions théâtrales laisse tant de trésors se perdre dans l'oubli, au moment même où nous traversons une période de disette mélodique. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MARIE ADOLESCENTE DANS LE TEMPLE DE JÉRUSALEM

 

Drame biblique en trois actes, paroles de l'abbé Monnier, musique de M. Limnander, publié chez l'éditeur Mayens-Couvreur.

 

 

MARIE DE BOURGOGNE

 

Opéra, paroles de Napoléon Destanberg, musique de M. C. Miry, représenté sur le théâtre National d'Anvers le 15 octobre 1865.

 

 

MARIE DE BRABANT

 

Scène lyrique en un acte, musique de Denefve, représentée au théâtre de Mons en 1850.

 

 

MARIE DE BRABANT

 

« Episode lyrique », musique de Toussaint Radoux, représenté sur le théâtre Royal de Liège le 2 mars 1854.

 

 

MARIE DE MAGDALA

 

« Evangile en vers », poésie de Maurice Duplessy, musique de Jane Vieu, représenté au théâtre des Mathurins en avril 1903.

 

 

MARIE FOURÉ

 

Opéra en trois actes, livret d’Arthur Bernède, musique d’André Fijan, représenté à Péronne le 25 juillet 1897, à l'occasion de l'inauguration de la statue de cette vaillante héroïne de Péronne, avec Mlle Nina Bonnefoy, MM. Lubert, Ghasne, Nivette.

 

« La ville de Péronne inaugurera le 25 juillet la statue élevée à l'une de ses enfants, Marie Fouré, qui la sauva autrefois de l'invasion des Espagnols.

Le soir aura lieu, dans un grand théâtre construit tout exprès, l'unique représentation d'un opéra en trois actes, retraçant la vie de l'héroïne, dont le livret a été écrit par M. Bernède et la musique par M. André Fijan, un tout jeune musicien, élève de Massenet et de Gedalge, et dont ce sont les débuts.

Les principaux interprètes seront : Mlle Nina Bonnefoy, MM. Lubert, Ghasne et Nivette. Les chœurs et l'orchestre proviennent de nos deux grands théâtres de musique subventionnés, ainsi que les décors et les costumes. Cette tentative nous a semblé particulièrement intéressante et digne d'être signalée. »

(le Figaro, 15 juillet 1897)

 

 

MARIE L'ÉGYPTIENNE

 

[Maria Egiziaca]

Mystère italien en trois épisodes, livret de Claudio Guastalla ; version française de Jean Chantavoine ; musique d’Ottorino Respighi.

 

Première exécution, sous forme de concert, à New York, Carnegie Hall, le 16 mars 1932, mise en scène de Lillian Palmedo, avec Charlotte Boerner (Marie), sous la direction du compositeur.

 

Première représentation à Venise, théâtre La Fenice, le 10 août 1932.

 

Première à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 01 juin 1934, dans la version française. Mise en scène de Pierre-Barthélemy Gheusi. Décors et costumes de Nicola Benois ; décors exécutés par Raymond Deshays, costumes exécutés par Mme Solatgès et M. Mathieu.

Mmes Ninon VALLIN (Marie), Jane ROLLAND (1er Compagnon ; l'Aveugle ; une Voix d'Ange), Jeanne MATTIO (2e Compagnon ; le Pauvre), Christiane GAUDEL et Jeanne GALDEMAS (2 Voix).

MM. Louis ARNOULT (le Matelot ; le Lépreux), Carlton GAULD (le Pèlerin ; Zozime), JEANTET et DUFONT (2 Voix).

Chef d'orchestre : Ottorino RESPIGHI.

 

2e représentation le 05 juin 1934 avec les interprètes de la première, sous la direction de Gustave CLOËZ.

 

6 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

"Transposition d'une légende sacre, cette œuvre manque de tout ressort dramatique. C'est une fresque musicale sobre, un peu académique, privée de la qualité la plus vaillante de l'auteur, celle de l'orchestration pittoresque." (Larousse Mensuel Illustré, 1934)

 

 

MARIE-MAGDELEINE

 

Drame sacré en trois actes et quatre tableaux, livret de Louis Gallet, musique de Jules Massenet. Création à l'Odéon le 11 avril 1873. Première à l'Opéra-Comique le 24 mars 1874. => fiche technique

 

 

MARIE STUART

 

Opéra en cinq actes, livret de Théodore Anne, musique de Louis Niedermeyer.

 

Création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 06 décembre 1844. Divertissements de Jean Coralli. Décors de Charles Séchan, Jules Dieterle et Edouard Desplechin (actes I et IV), René Philastre et Charles Cambon (actes II, III et V). Costumes de Paul Lormier. Avec Rosine Stolz (Marie Stuart), sous la direction de F.-A. Habeneck.

 

« Cet ouvrage n'obtint qu'un succès d'estime. Le sujet, fort intéressant par lui-même, a été bien traité par l'auteur du livret. On pourrait lui reprocher toutefois de n'avoir pas tenu assez compte du portrait traditionnel de Bothwell, en représentant ce soldat violent comme un élégant seigneur soupirant la romance. La musique est soignée, pleine de délicatesse et d'expression. Les situations sont rendues avec intelligence et une distinction qui ne se dément jamais. Tout le rôle de Marie Stuart admirablement interprété par Mme Stoltz, est rempli de mélodies touchantes. Nous signalerons le duo qu'elle chantait avec Gardoni, alors débutant ; les adieux de Marie Stuart, au premier acte ; la villanelle sur un motif écossais, dans le second acte ; le duo avec Gardoni au troisième ; quant aux ensembles, il faut remarquer d'abord le chœur : Partons, milord, à cheval ! au premier acte ; la scène des conjurés, sans accompagnement, au troisième ; enfin la scène d'abdication et l'entrevue des deux reines, au cinquième acte. Baroilhet et Mlle Nau complétaient un quatuor qui a laissé un bon souvenir de cette phase de notre histoire académique. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARIE STUART

 

Drame lyrique en cinq actes, poème imité de la tragédie de Schiller par Julien Goujon, député de la Seine-Inférieure, musique de Rodolphe Lavello, représenté sur le théâtre des Arts, à Rouen, le 27 novembre 1895.

 

 

MARIE STUART AU CHÂTEAU DE LOCHLEVEN

 

Opérette en un acte, paroles de P. Bogaerts, musique de Jules Duprato, publiée à Bruxelles chez Schott.

 

 

MARIE STUART EN ÉCOSSE ou LE CHÂTEAU DE DOUGLAS

 

Drame lyrique en trois actes, livret d’Eugène de Planard et Jean-François Roger (1776-1842), musique de François-Joseph Fétis. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 30 août 1823. => livret

 

« Ce sujet, tiré de l'Abbé de sir Walter Scott, avait été mis à la Gaîté sous le titre du Château de Lochleven. Marie est retenue prisonnière dans le château de Douglas, par ordre du comte Murray, son frère naturel, qui s'est emparé de la régence du royaume. Elle peut recouvrer sa liberté en signant un acte de renonciation à la couronne ; elle s'y refuse. J’ai su vivre en reine, dit-elle, en reine je saurai mourir. Cependant Melvil, neveu de lord Douglas est resté fidèle à la reine, et il la sauve au moment où Douglas allait l'emmener à Édimbourg. Cet ouvrage est bien dans les détails ; mais les détails rachètent rarement un fond vicieux. Aussi, malgré une musique fort agréable, Marie Stuart n'a-t-elle obtenu qu'un succès d'estime. »

[Almanach des spectacles, 1824]

 

 

MARIE-THÉRÈSE

 

Opéra en quatre actes, musique de Blangini. Cet ouvrage a été répété à l'Opéra en 1820, mais n'a pas été représenté.

 

 

MARIE-THÉRÈSE

 

Opéra en quatre actes, paroles d’Eugène Cormon et Félix Dutertre, musique de Nicolas Louis, représenté sur le théâtre de Lyon le 19 février 1847. Ce compositeur distingué, ne pouvant obtenir que ses ouvrages fussent représentés à Paris, se décida à tenter la fortune en province. Il fit d'abord jouer à Lyon un opéra-comique qui avait pour titre : Un duel à Valence. Son grand opéra de Marie-Thérèse obtint du succès. Le poème en est intéressant et offre de très beaux vers et des situations fortes ; d'ailleurs, il est en désaccord formel avec l'histoire, ce qui est une faute toujours et partout. On a remarqué au premier acte les couplets chantés par Olga : Une bachelette ; le duo de Marie-Thérèse et de Ladislas : Du sort la chance est incertaine ; au second acte, la cavatine de Ladislas : Douce espérance ; le grand duo : Vous m'avez dit : devenez capitaine, qui est plein de noblesse et d'accent dramatique ; la barcarolle et le chœur des conjurés; au troisième acte, divers morceaux épisodiques, tels que les couplets de Frédérick : Au joyeux bruit du verre, la tyrolienne : Emma la palatine, et enfin, au quatrième, un duo entre l'impératrice et Bolinsky. Les rôles ont été créés par Chaunier, Mmes Wideman et Hébert. Cette courageuse initiative n'eut guère d'imitateurs. De tous les produits de la civilisation, l'opéra se décentralisera le dernier, à cause de la diversité des éléments qui constituent la représentation d'un grand ouvrage. Il faut, en outre, que l'art soit beaucoup plus répandu qu'il ne l'est actuellement dans la province pour que le goût public réclame des plaisirs de cette sorte et consente à en faire les frais.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARIÉE D’HIER

 

Opéra-comique en un acte, musique de M. Merguery, représenté à Lisieux le 1er mai 1872.

 

 

MARIÉE DEPUIS MIDI

 

Pièce en un acte mêlée de chant, de William Busnach et Armand Liorat, musique de Georges Jacobi, représentée au Gymnase de Marseille le 20 août 1873, puis aux Bouffes-Parisiens le 7 mars 1874. Cette pièce a été jouée aux Bouffes-Parisiens par un seul personnage, Mme Judic, qui raconte au public la journée de son mariage et le met dans la confidence de ses émotions en entrant dans l'appartement conjugal où la scène se passe. Ce récit est vulgaire, banal, et il est étrange que les auteurs de ce genre d'ouvrages fassent toujours verser leur carriole dans la même ornière. La musique n'a rien qui la différencie du livret.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1876]

 

 

MARIÉS DE NANTERRE (LES)

 

Opérette en un acte, paroles de Gourdon de Genouilhac, musique d'André Simiot, représentée au Cercle Pigalle en juillet 1866.

 

 

MARIETTE LA PROMISE

 

Opéra en un acte, musique de Victor Massé, représenté à Saint-Pétersbourg en août 1862.

 

 

MARIN DE LA GARDE (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de M. de Saint-Yves, musique de M. Gauthier, représenté au théâtre Beaumarchais le 21 juin 1849. La scène se passe à Valogne. Un marin, de retour dans son pays natal, retrouve celle qu'il aime mariée à un de ses amis, moins par affection que par reconnaissance, parce que cet ami a sauvé la vie à son père. Le généreux marin entreprend de guérir Marie de son amour pour lui au moyen d'extravagances et de brutalités simulées. On a remarqué dans la partition les couplets militaires et le duo entre Marie et André. Mme Petit-Brière s'est fait applaudir dans le rôle de Marie.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARIN (LE) ou LE RIVAL IMPRÉVU

 

Comédie en deux actes, mêlée d'ariettes ; musique de Benjamin de La Borde, reçue au théâtre de la Comédie-Italienne, mais non jouée et demeurée inédite.

 

 

MARINETTE ET GROS-RENÉ

 

Opérette-bouffe, livret d’Edouard Duprez, musique de Gustave Héquet, représentée aux Bouffes-Parisiens le 24 juin 1856.

 

« La revue musicale que M. Hecquet rédige avec conscience et savoir dans les colonnes de l'Illustration a grandi en autorité depuis la représentation de cette opérette. On ne sait pas combien il serait urgent d'exiger de tout critique d'art la production d'une œuvre quelconque. L'épreuve fût-elle malheureuse, elle prouverait encore les connaissances spéciales du critique qui l'aurait signée, et le public y attacherait l'idée d'un brevet de compétence. »

[Albert de Lasalle, Histoire des Bouffes-Parisiens, 1860]

 

« Rien ne recommande cette pièce que les noms connus des auteurs. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARINI ou LE MUET DE VENISE

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Etienne-Joseph-Bernard Delrieu, musique de Victor Dourlen. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 12 juin 1819.

 

 

MARINIERS DE SAINT-CLOUD (LES)

 

Impromptu, livret de Sewrin, musique de vaudevilles. Création à l’Opéra-Comique (1re salle Favart) le 13 novembre 1799.

 

 

MARINS (LES)

 

Opéra-comique français, musique d’Uber, représenté à Cassel vers 1812.

 

 

MARION

 

Opérette en un acte, musique d’Ernest Boulanger (1877).

 

 

MARION ou LA BELLE AU TRICORNE

 

Opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, livret de Jean Goudal, musique de Pierre Wissmer.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 17 novembre 1951. Mise en scène d'Alex Jouvin. Décors et costumes dessinés par Roger Chapelain-Midy.

Mmes Solange MICHEL (Marion), Lucienne JOURFIER (Sylvie), Nadine RENAUX (Catos), Irène JOACHIM (Madeleine), Germaine CHELLET (Nicole), Christiane GAUDEL (Jeannette), Lily DANIÈRE (Armande).

MM. Jean GIRAUDEAU (Fabrice), Jean VIEUILLE (Roquillard), Marcel ÉNOT (l'Espérance).

Au 2e acte, Ballet réglé par Jean-Jacques ETCHEVERY, dansé par Mlles Geneviève KERGRIST, Lucienne BERGGREN, MM. Paul GOURÉ, Constantin TCHERKAS, Michel GEVEL et le Corps de ballet.

Chef d'orchestre : André CLUYTENS.

 

4 représentations en 1951, 1 en 1952, soit 5 au 31.12.1972.

 

 

MARION DE L’ORME

 

Parodie, musique de Frédéric Barbier, représentée à l’Eldorado en 1875.

 

 

MARIS DE GINETTE (LES)

 

Opérette en trois actes, livret d’Albert Barré et Henri Kéroul, musique de Félix Fourdrain, représentée au Théâtre de l’Apollo le 18 novembre 1916, avec Mmes Mariette Sully (Ginette), Mary Richard (Simone), Mary Théry (Madame Boucardier), Jane Ader (Françoise), Rosenne (Octavie), Rochetty (Robert), MM. Élain (André), Félix Galipaux (Furet), Massart (Chapitel), Sidonac (Oscar), Julian (Jolibois), Dalex (Martinet) ; chef d'orchestre : M. Jamin.

 

 

MARIS GARÇONS (LES)

 

Opéra-comique en un acte, livret de P. Charles Gaugiran-Nanteuil, musique d’Henri Montan Berton. Création à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 14 juillet 1806, avec Mmes Saint-Aubin (Emilie), Gavaudan (Angélique), Gontier (Mme Dugrand), MM. Jean-Blaise Martin (Edmont), Elleviou (Florville), Simon Chenard (Dugrand). => partition

 

 

MARISKA

 

Opérette en trois actes, livret de Michel Carré et Georges Sibre, lyrics de Philippe Goudard, musique de Mario Cazès. Création au Trianon-Lyrique le 22 décembre 1930.

 

"Sur une donnée assez innocente, Mario Cazes, virtuose du violon, a écrit des danses plus ou moins exotiques et d'agréables mélodies." (Larousse Mensuel Illustré, 1930)

 

 

MARITORNE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, paroles d’Arthur Bernède, musique d’Édouard Kann, représenté au Casino de Saint-Malo le 19 août 1899.

 

 

MARJOLAINE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret d’Albert Vanloo et Eugène Leterrier, musique de Charles Lecocq, représenté au théâtre de la Renaissance le 03 février 1877, avec Mmes Jeanne Granier, Théol, Carli, Ribe, Bied, Dareine, Dianie, Andrée, Néline, Davenay, Dhaucourt, MM. Berthelier, Vauthier, Puget, Caliste, Hervier, Gaussins, Valotte, Cailloux, Robillot, Gisors.

 

Le sujet de la pièce est plus que scabreux ; c'est ce que cherchent, avant tout, les auteurs de ces sortes d'ouvrages. La scène se passe en Flandre. Le baron Palamède épouse une rosière ; Marjolaine est son nom. Parmi les célibataires de ses amis est un certain Annibal, fort entreprenant. Palamède parie avec lui sa fortune tout entière qu'il ne réussira pas à rendre sa femme infidèle. Annibal finit par persuader à son ami que Marjolaine l'a autorisé à venir, la nuit, dans sa chambre. Palamède est ruiné et obtient le divorce. De son côté, Marjolaine aime le jeune horloger Frickel et l'épouse, après avoir fait avouer à Annibal qu'il a usé d'un stratagème pour gagner son pari.

Cet ouvrage a obtenu le plus grand succès auprès d'un public affriandé par les scènes risquées dont il est rempli. La musique est en elle-même fort agréable et la partition abonde en motifs mélodiques. On peut citer plus particulièrement les couplets de la médaille, le rondeau des blés, le duo des adieux : Je ne suis plus la Marjolaine ; la scène de la présentation, dans le vrai style de la comédie musicale ; dans le second acte, la chanson de la Maguelonne, le duo d'Aveline et de Frickel, le duo de la déclaration ; dans le dernier acte, les couplets des Coucous, le duo de Marjolaine et d'Annibal : Et pourtant, quel rêve enchanteur !

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

MAROCAINE (LA)

 

Opéra bouffe en trois actes, livret de Paul Ferrier, musique de Jacques Offenbach, représenté aux Bouffes-Parisiens le 13 janvier 1879. Cette pièce est tellement excentrique, que l'analyse n'en est guère possible. La musique offre, parmi de nombreuses redites, quelques fragments assez agréables ; tels sont : le chœur de femmes accompagnant le chant du muezzin ; une sérénade, Aux baisers de la nuit sereine ; le quatuor, Pour préserver mon Atalide, suivi d'une valse. Chanté par Milher, Jolly, Mlles Paola Marié, Hermann et Marie Albert.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

MÂROUF, SAVETIER DU CAIRE

 

Opéra-comique en cinq actes, livret de Lucien Népoty tiré d’un conte des Mille et une nuits, d'après la traduction du Docteur J.-C. Mardrus, musique d’Henri Rabaud.

 

Personnages : Mârouf (ténor) ; Fatimah, sa femme (soprano) ; Saamcheddine (soprano) ; le sultan de Khaitan (basse) ; le vizir (basse) ; Ali (basse) ; le fellah (ténor) ; Ahmad, le pâtissier (basse) ; le cadi (basse) ; marchands, mamelouks, voisins de Mârouf, marins, femmes du harem, caravaniers.

 

L’action se déroule au Caire, à Khaïtan et dans le désert, à l’époque légendaire.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 15 mai 1914. Mise en scène de Pierre Chéreau. Décors de Lucien Jusseaume. Costumes de Marcel Multzer.

Mmes Marthe DAVELLI (la Princesse), TIPHAINE (Fatoumah).

MM. Jean PÉRIER (Mârouf), DELVOYE (le Vizir), Félix VIEUILLE (le Sultan), VIGNEAU (Ali), MESMAECKER (le Fellah), Louis AZÉMA (le Pâtissier), CAZENEUVE et AUDOIN (2 Marchands), PAYAN (le Kadi), DONVAL (un ânier), Eugène DE CREUS (le Chef des marins, un Muezzin), THIBAULT (un Muezzin), REYMOND et BRUN (2 Mamelucks), DELOGER et CORBIÈRE (2 Hommes de police).

Au 3e acte, Ballet réglé par Mme MARIQUITA, dansé par Mlles Sonia PAVLOFF, G. DUGUÉ, Gina LUPARIA, SALLANDRI, M. Robert QUINAULT et les Dames du Corps de ballet.

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN.

 

50e représentation à l'Opéra-Comique le 12 janvier 1919.

Mmes Madeleine MATHIEU (la Princesse), TIPHAINE (Fatoumah).

MM. Fernand FRANCELL (Mârouf), BOURGEOIS (le Vizir), Félix VIEUILLE (le Sultan), VAURS (Ali), DE CREUS (le Fellah), Louis AZÉMA (le Pâtissier), POUJOLS et AUDOIN (2 Marchands), Raymond GILLES (le Kadi), BERTHAUD (le Chef des marins, un Muezzin), DONVAL (un ânier), BRUN et LYS (2 Mamelucks), ÉLOI et FEINER (2 Hommes de police).

Ballet : Mlle VRONSKA et Mr HOLTZER.

Chef d'orchestre : Paul VIDAL.

 

100e représentation à l'Opéra-Comique  fêtée le 14 juin 1923 (soir de la 99e).

Mmes Marthe DAVELLI (la Princesse), TIPHAINE (Fatoumah).

MM. André BAUGÉ (Mârouf), MORTURIER (le Vizir), Félix VIEUILLE (le Sultan), SAUVAGEOT (Ali), DE CREUS (le Fellah), Willy TUBIANA (le Pâtissier), MESMAECKER (un Marchand), VILLABELLA (le Chef des marins, un Muezzin), DONVAL (un ânier), BRUN et ÉLOI (2 Mamelucks), René HÉRENT et LALANDE (2 hommes de police), GILLES (le Kadi).

Ballet : Miles Mona PAÏVA et Gina LUPARIA.

Chef d'orchestre : Henri RABAUD.

 

128 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

 

L'ouvrage fut, en 1917, créé successivement à Milan (Théâtre de la Scala) par Mme Ninon VALLIN et M. MAGNEZ, sous la direction de E. PANIZZA à Buenos-Aires (Théâtre Colon) par Mme Ninon VALLIN et M. Armand CRABBE ; à New York (Metropolitan-Opera), par Mme Francès ALDA, MM. Giuseppe DE LUCA et Léon ROTHIER, sous la direction de Pierre MONTEUX.

 

Première au Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles le 08 mai 1919, dans une mise en scène de Pierre Chéreau, sous la direction de Corneil de Thoran avec :

Mmes Emma LUART (la Princesse Shaamcheddine), Abby RICHARDSON (Fattoumah).

MM. Thomas SALIGNAC (Mârouf), VAN OBBERGH (le Sultan), DE CLÉRY (le Vizir), SERVAIS (Ali), FARINI (le fellah), CHANTRAINE (le pâtissier), DOGNIES (le marchand), DECOCK, RAIDICH, PREVERS, CAMBIEN, DOLMAN, COUTELIER, PEETERS.

 

Cet ouvrage est passé au répertoire du Théâtre National de l'Opéra :

 

Première au Palais Garnier, le 21 juin 1928, dans une mise en scène de Pierre CHÉREAU — Décors et costumes dessinés par Quelvée.

Mmes DENYA (la Princesse), CARO (Fattoumah).

MM. THILL (Mârouf), JOURNET (le Sultan), A. HUBERTY (le Vizir), Jean MAURAN (Ali), GILLES (le Fellah, un Muezzin, un Homme de Police), NARÇON (le Pâtissier), SORIA, ERNST (2 Marchands), RAYBAUD (le Kâdi), MADLEN (le Chef des marins, un Muezzin, un Homme de Police), DELBOS (l'Anier), CAMBON et GUYARD (2 Mameluks).

Aux 3e et 5e tableaux, « Divertissements » réglés par Nicolas GUERRA, dansés par Mlles CERES, GELOT, BINOIS, M. Serge PERETTI et le Corps de Ballet.

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN

 

Reprise du 15 mars 1937 avec Marcelle DENYA (la Princesse) et André BAUGE (Mârouf), sous la direction d'Henri RABAUD.

"Dans le cadre rafraîchi de l'Opéra, cette œuvre charmante nous a été rendue avec toute sa grâce. On a goûté sans restrictions la musique de Rabaud, dont la riche sensibilité se refuse aux effusions banales, et qui répudie tout artifice et toute vulgarité. André Baugé nous a présenté un Mârouf un peu gavroche, mais plaisant à voir et à entendre, et Mlle Marcelle Denya fut une princesse charmante et espiègle. Gros succès personnel pour le maître Henri Rabaud qui dirigeait lui-même son œuvre." (Larousse Mensuel Illustré, 1937)

 

La reprise par l’Opéra du 02 novembre 1939 eut lieu à l'Opéra-Comique (le Palais Garnier ayant été fermé par ordre de la défense passive). Il n'y avait pas de spectateurs : la représentation fut simplement radiodiffusée.

 

100e représentation à l’Opéra, le 27 février 1943 mais, par suite d'une erreur de la Régie, elle ne fut fêtée que le 04 avril, soir de la 102e exacte. Cette représentation fut d'ailleurs interrompue durant une heure par suite d'une alerte aérienne sur la capitale.

 

 

06.05.1932

50e

02.11.1939

83e

27.02.1943

100e

11.02.1949

115e

06.02.1950

124e et dernière

Princesse

NESPOULOUS

COURTIN

DOSIA

BOUE

D. DUVAL

Fattoumah

HAMY

CARO

HAMY

HAMY

LEGOUHY

 

 

 

 

 

 

Mârouf

DE TREVI

THILL

BOURDIN

BOURDIN

GIRAUDEAU

Sultan

BORDON

DUTOIT

DUTOIT

PERNET

SAVIGNOL

Vizir

A. HUBERTY

A. HUBERTY

A. HUBERTY

PHILIPPE

PHILIPPE

Ali

CLAVERIE

CAMBON

CLAVERIE

NOGUERA

NOGUERA

Fellah

GILLES

GILLES

CHASTENET

LE BRETON

RIALLAND

Pâtissier

NARÇON

NARÇON

CAMBON

CAMBON

CAMBON

Kâdi

FOREST

ERNST

A. RICHARD

MAX-CONTI

MAX-CONTI

le Chef des marins

MADLEN

MADLEN

DESHAYES

DESHAYES

DESHAYES

Anier

MORINI

GOURGUES

DESHAYES

ROUQUETTY

ROUQUETTY

2 Marchands

LE CLEZIO

ERNST

GILLES

ERNST

GILLES

PETITPAS

CHASTENET

PETITPAS

CHASTENET

PETITPAS

2 Muezzins

GILLES

MADLEN

DELORME

MADLEN

SAINT-COME

DELORME

GOURGUES

DELORME

GOURGUES

MICHEL

2 Mamelucks

CAMBON

FROUMENTY

CAMBON

NARÇON

PHILIPPE

A. RICHARD

MAX-CONTI

GICQUEL

MAX-CONTI

GICQUEL

2 Hommes de Police

GILLES

MADLEN

DELORME

GILLES

GILLES

DE LEU

GOURGUES

DELORME

GOURGUES

MICHEL

Chef d’orchestre

SZYFER

RÜHLMANN

RÜHLMANN

FOURESTIER

FOURESTIER

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

La Princesse Saamcheddine : Mmes GERVAIS (1928), GALL (1931), Solange RENAUX (1934).

Mârouf : MM. RAMBAUD (1928), CHAMLEE (1929), A. BAUGÉ (1929), PONZIO (1930), VILLABELLA (1932), JOBIN (1949).

Le Sultan : MM. GROMMEN (1928), MOROT (1933), ETCHEVERRY (1945).

Le Vizir : MM. GOT (1930), MEDUS (1943), CHARLES-PAUL (1945).

Ali : MM. ASCANI (1933), BUSSONNET (1937), VIGNEAU (1940).

 

124 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

MARQUIS DE CARTONNAGE (LE)

 

Opérette en deux actes, musique de Louis Robert (pseudonyme) ; représentée au théâtre de Friedrich-Wilhemstadt, à Berlin, en février 1872. Le sujet a été tiré d'un vaudeville français, la Meunière de Marly, de Mélesville.

 

 

MARQUIS DE MEILLAN (LE)

 

Opéra en cinq actes, paroles d’Eugène Landoy, musique d’Albert de Wleeshauwer, représenté au théâtre royal d'Anvers en mars 1902.

 

 

MARQUIS TULIPANO (LE) ou LE MARIAGE INATTENDU

 

Opéra bouffon en deux actes, livret de Joseph-Antoine Gourbillon, musique de Giovanni Paisiello. Création à Paris, Théâtre de Monsieur, le 28 janvier 1789. Première à l’Opéra-Comique (salle Feydeau) le 13 octobre 1806.

 

 

MARQUIS TURLUPIN (LE)

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Davin de Champclos et J. Jacquin, musique de Gaston Meynard, représenté sur le petit théâtre de la Bodinière le 19 mars 1897.

 

 

MARQUISE (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Henri de Saint-Georges et Adolphe de Leuven, musique d'Adolphe Adam. Création à l’Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 28 février 1835. On y remarque un air et un duo, assez jolis.

 

 

MARQUISE DE BRINVILLIERS (LA)

 

Drame lyrique en trois actes, livret d’Eugène Scribe et Castil-Blaze, musique d'Esprit Auber, Batton, Henri Montan Berton, Blangini, Boieldieu, Carafa, Luigi Cherubini, Herold et Paer. Création à l'Opéra-Comique (salle Ventadour) le 31 octobre 1831, décors de Julien-Michel Gué, avec Mlle Prévost et M. Féréol.

 

« L'histoire de cette célèbre empoisonneuse n'aurait pas dû fournir le sujet d'un opéra. Elle est trop odieuse pour être mise en musique, et l'habileté avec laquelle Scribe défigure les personnages historiques pour les mettre en scène n'a pas suffi à rendre la marquise intéressante. En attribuant à l'amour les crimes de l'empoisonneuse, les auteurs de la pièce ont commis une faute de plus. Ils ont mis sur le compte de cette passion souvent violente, mais jamais capable d'une basse scélératesse, ce qu'on ne peut attribuer qu'à une nature vicieuse, à une cupidité monstrueuse et aux plus sauvages instincts La marquise de Brinvilliers, qui a déjà envoyé son mari dans l'autre monde pour aimer plus librement le comte de Saint-Bris, a adopté une jeune orpheline, Hortense. La voyant devenir l'objet des assiduités de son amant, elle obtient un régiment pour le comte, l'éloigne, et pendant son absence fait épouser à Hortense un fermier général. Saint-Bris écrit à sa maîtresse qu'il l'aimera tant qu'elle vivra, et lui fait parvenir cette déclaration dans un bouquet. Il tombe entre les mains de la marquise. Qu'elle meure donc, dit-elle, et elle verse un poison violent sur ses fleurs. C'est le fermier général qui, cédant à un sentiment de méfiance, saisit le premier le fatal bouquet ; il tombe foudroyé. Un certain Galifar, complice de la marquise, veut échanger sa charge d'intendant contre le titre d'époux ; la Brinvilliers le lui promet et l'empoisonne. Avant de rendre le dernier soupir, cet homme dénonce sa maîtresse, qui est arrêtée au nom du roi. Tel est le drame imaginé par Scribe et Castil-Blaze. La partition est un pot-pourri de toutes les manières et de tous les styles, ainsi que l'annonce le nom des auteurs. Carafa a fourni l'ouverture et, le finale du deuxième acte, Cherubini l'introduction, Boieldieu et Berton des couplets, Paer l'air du premier acte, chanté par Mlle Prévost, Blangini a écrit un air accompagné de danses et un joli duo, Batton un duo également et le finale du premier acte, Herold le finale du troisième. L'honneur du succès, dans ce tournoi musical, a été pour M. Auber, qui a doté cet ouvrage d'un de ses meilleurs duos scéniques. La troupe de l'Opéra-Comique était à cette époque des plus médiocres ; l'exécution de cet ouvrage fut trouvée très faible. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MARQUISE DE CHICAGO (LA)

 

Opérette en trois actes, livret de Maurice Ordonneau, musique d'Edy Toulmouche, représentée à Enghien-les-Bains, Théâtre du Casino, en septembre 1911.

 

 

MARQUISE DES RUES (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Paul Siraudin et Gaston Hirsch, musique d’Hervé, représenté aux Bouffes-Parisiens le 22 février 1879, avec Mmes Bennati (Mirette), Marie Albert (Patrice), Kate Munroë (Albina), Claudia (Margotte) ; MM. A. Jolly (le Marquis des rues), Jannin (Hercule), Bonnet (le Comte de La Palude), Desmonts (Champagnac).

 

« Cette pièce est une opérette, s'il en fut. Le style des paroles et celui de la partition ne s'élèvent pas au-dessus de ce mauvais genre. On pouvait cependant traiter ce canevas autrement et le broder avec goût et même avec sentiment, au lieu de le couvrir de paillons.

Le marquis des rues, chansonnier ambulant, a associé à sa vie errante une jeune fille, nommée Mirette, qu'il fait passer pour sa femme, mais dont il se propose de retrouver les parents. C'est donc la marquise des rues. Elle est, en réalité, la nièce du comte de La Palud, qui la reconnaît et veut lui faire épouser Hercule, son fils. La jeune Mirette a promis son cœur à Patrice, fifre dans un régiment suisse, et de son côté le vicomte aime l'Anglaise Albina. La marquise des rues, qui a appris plus d'un tour dans ses pérégrinations de bohémienne, pratique la chiromancie, devient la protectrice des jeunes amoureux et favorise l'enlèvement de l'Anglaise par le vicomte, tandis qu'elle se prétend mariée elle-même au marquis des rues. Margotte, la vraie femme de celui-ci, revendique son titre, et il y a là une scène de gifles tout au plus digne de la foire. Mirette finit par épouser Patrice, le gentil fifre suisse. Pour plaire au goût régnant, les auteurs ont accumulé les scènes grotesques et adopté la langue des opérettes de M. Offenbach, à laquelle il serait temps de renoncer enfin. Comment peut-on donner le titre d'opéra-comique à un ouvrage où l'on chante ceci ?

 

J'ai du bon tabac

Dans ce petit sac,

De peur de micmac,

Je l' porte sur mon frac ;

D' t'en offrir un' prise

Mon cœur fait tic tac,

C'est du maroumac,

Bon pour le nez et l'estomac.

 

Cela passe toute permission, et messieurs les paroliers ne devraient pas trouver de compositeur pour mettre en musique de pareilles fadaises. Au reste, la partition de la Marquise des rues est des plus médiocres. On a applaudi, toutefois, les couplets des Maris de Pantin, la chanson de la chambrée, Quand je quittai mon village, et un chœur comique de conspirateurs ; une assez jolie valse sert d'entr'acte. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

MARS JALOUX

 

Opéra-ballet, musique de Batistin (Struck), représenté à Versailles vers 1720.

 

 

MARSEILLAISE (LA)

 

Pièce lyrique en un acte, livret de Georges Boyer, musique de Lucien Lambert.

 

Création à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 14 juillet 1900, en matinée gratuite dans une mise en scène d’Albert Carré.

Mmes Mary GARDEN (Marie), MARIÉ DE L'ISLE (Mme Dietrich), SONNELY (Madeleine).

MM. Max BOUVET (Dietrich), Léon BEYLE (Rouget de Lisle), DELVOYE (Moreau), ROTHIER (Desaix).

Chef d'orchestre : Alexandre LUIGINI.

 

3 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950.

  

« Ce petit tableau musical mettait en scène, d'une façon un peu rapide, l'enfantement de la Marseillaise par Rouget de Lisle et mettait en action l'épisode où, chez Dietrich, Rouget faisait entendre son chant patriotique aux applaudissements de tous. On avait ici une sorte de reproduction vivante du tableau célèbre de Pils. Le compositeur avait montré de l'adresse dans l'arrangement musical de ce petit intermède. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

 

MARTHA ou LE MARCHÉ DE RICHMOND

 

[Martha oder Der Markt zu Richmond]

Opéra semi-séria allemand en trois actes, livret de W. Friederick, musique de Friedrich von Flotow, d’après Lady Henriette ou la Servante de Greenwich, ballet-pantomime en trois actes et huit tableaux d’Henri de Saint-Georges mis en musique par Friedrich von Flotow, Friedrich Burgmüller et Edouard Marie Ernest Deldevez, représenté à Paris le 21 février 1844.

 

Personnages : Lady Henriette, dame d’honneur de la reine (soprano) ; Nancy, son amie et confidente (contralto) ; Lionel (ténor) ; Plumkett, un riche fermier ami de Lionel (baryton) ; Sir Tristan de Mickleford (basse) ; le shérif de Richmond (basse) ; serviteurs, fermiers, paysans.

 

L’action se déroule à Richmond, en Angleterre, en 1710, au temps de la reine Anne.

 

Première représentation à Vienne, Kärntnertortheater, le 25 novembre 1847, avec Anna Kerr (Lady Harriet), Alois Ander, K. J. Formes, sous la direction du compositeur.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 18 février 1858, dans la version française de Louis Danglas, avec Mmes Barbot (Lady Henriette), de Aynssa (Nancy), MM. Montaubry (Lionel), Depoitier (Plumkett), Filliol (Tristan).

 

Première représentation à Paris dans une version italienne, au Théâtre Italien, en 1858, avec Mmes Saint-Urbain et Nantier-Didiée, MM. Mario, Graziani et Zucchini.

 

Représentation à Paris, dans la version française en quatre actes d'Henri de Saint-Georges et Louis Crevel de Charlemagne (1806-1882), au Théâtre-Lyrique (place du Châtelet), le 16 décembre 1865, avec Mmes Christine Nilsson (Martha), Dubois (Nancy), MM. Michot (Lyonel), Troy (Plumkett), Wartel (Lord Tristan), Guyot (un Juge). Le fameux air des Larmes, tiré d’un opéra en deux actes de Flotow, l’Ame en peine, que l’Opéra de Paris avait donné en juin 1846, fut alors intercalé dans l’œuvre.

 

« Une grande dame, qui par désœuvrement et par l'attrait piquant de la curiosité, se lance étourdiment dans quelque aventure dont elle a toutes les peines du monde à se retirer saine et sauve ; c'est un sujet qu'on a souvent traité. MM. de Flotow, Burgmüller et Deldevez avaient déjà, le 21 février 1844, donné la musique d'un ballet intitulé : Lady Henriette, qui avait été conçu d'après cette donnée. M. de Flotow en a fait un opéra dont le livret, allemand à l’origine, a été traduit en italien et représenté salle Ventadour, le 11 février 1858, puis récemment en français pour le Théâtre-Lyrique et représenté le 16 décembre 1865. Dans chaque traduction, l'époque de l'action a été changée. Dans la pièce allemande, elle se passe au temps de la reine Anne, c'est-à-dire au commencement du XVIIIe siècle ; dans le livret italien, c'est au XVe ; dans la pièce française, elle semble avoir été de beaucoup rapprochée de nous. Lady Enrichetta et son amie, accompagnées de lord Tristano di Mickleford, déguisés tous trois, se rendent au marché de Richmond, où les servantes arrivent en foule pour chercher des maîtres. Deux jeunes gens, nommés Lionello et Plumkett, remarquent les jeunes filles et les choisissent pour servantes. Le marché est conclu devant le shérif. Les jeunes ladies ont trouvé la chose plaisante ; mais, malgré les protestations de lord Tristano, il n'y a plus à se dédire. Elles partent pour la ferme de leurs maîtres et prennent les noms de Marta et de Betty. En présence d'un rouet, elles se montrent aussi inhabiles que possible à soutenir leurs rôles, ce qui a fourni au compositeur l'occasion d'écrire un des plus jolis quatuors qui soient au théâtre. Lionello et Plumkett sont devenus sérieusement amoureux. Marta se laisse un moment attendrir par la déclaration d'amour de Lionello ; elle consent à lui donner une rose qu'elle porte et qu'il lui demande avec instance, et, dans cette scène charmante, le compositeur a introduit une mélodie irlandaise empreinte de la plus suave rêverie. La poésie, due à Thomas Moore : The last rose of summer (La dernière rose d'été), est d'une simplicité charmante :

 

Qui sola, vergin rosa,

Come puoi tu fiorir ?

Ancora mezzo ascosa

E presse già a morir.

 

Lady Enrichetta et sa compagne parviennent à s'esquiver de cette maison, grâce à Tristano, qui arrive avec une voiture. Lionello et Plumkett se mettent à la recherche des deux fugitives. Ils les retrouvent dans une partie de chasse princière et sous les habits de grandes dames. La situation est embarrassante pour la prétendue Marta. A la suite d'une si grande surprise et d'une telle déception, le pauvre Lionello perd momentanément la raison. Marta, en bonne princesse, ne songe plus qu'à réparer le mal qu'elle a causé. Elle recule encore devant une mésalliance. Heureusement que Lionello est aussi d'une grande naissance et que la reine consent à lui restituer, en même temps que ses biens, ses titres et sa faveur. Lionello ne peut croire à son bonheur qu'en revoyant lady Enrichetta habillée en servante et dans la même situation qu'au premier acte, c'est-à-dire au marché de Richmond, et lorsqu'il l'entend répéter cette romance de la Rose, dont la mélodie n'a cessé de vibrer dans son cœur.

Marta est, sinon par sa facture, du moins par son caractère, un ouvrage à la fois poétique et doux, mélancolique et rêveur, bien digne d'être l'opéra favori des Allemands. Son succès a été immense et peut offrir quelque analogie avec celui de la Dame blanche chez nous. Remarquons que c'est encore un sujet de provenance anglaise, aidé d'une mélodie irlandaise, qui a contribué à cette heureuse fortune. On ne peut cependant pas mettre cet ouvrage au rang des chefs-d'œuvre. Le travail harmonique est loin d'être irréprochable. Les intonations ne sont pas partout naturelles pour les voix ; l'instrumentation n'offre guère de remarquable que l'accompagnement du quatuor du Rouet. Mais c'est un opéra gracieux, très bien conduit, et dans lequel l'intérêt ne languit jamais. Nous signalerons d'abord l'ouverture ; dans le premier acte, le chant des servantes et le chœur :

 

Ecco suono mezzodi;

Il mercato s'apre gia.

 

Dans le second acte, le quatuor du Rouet, le duo de Lionello et de Marta, dans lequel se trouve la célèbre mélodie irlandaise et le finale du bonsoir. La chanson du Porter, chantée par Plumkett, le chœur des chasseresses, le morceau d'ensemble sont les morceaux saillants du troisième acte. Les deux duos du dernier acte sont peu remarquables. On a introduit dans la représentation au Théâtre-Lyrique la jolie romance : Depuis le jour j'ai paré ma chaumière, de l'Âme en peine, du même auteur, dont on a changé les paroles. Les rôles furent créés en Allemagne par le ténor Ander, la basse Formès et Mlle Zerr ; au Théâtre-Italien, par Mario, Graziani, Zucchini, Mmes Saint-Urbain et Nantier-Didiée. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Le seul des opéras allemands modernes qui ait fait le tour du monde avec un succès incontesté, et d'ailleurs légitime. Le sujet de la pièce a été traité plus d'une fois ; du moins il diffère peu du Ballet des Chambrières à louer qui fut dansé au temps de Louis XIII, et de celui de la Comtesse d'Egmont, vaudeville relativement récent ; il fait aussi le fond de Lady Henriette, ballet donné à l'Opéra en 1844, et dont le livret était de M. de Saint-Georges, la musique de MM. de Flotow, Burgmuller et Deldevez. — M. de Flotow, rentré en Allemagne, y fit arranger le livret de Lady Henriette dans la forme d'un opéra de demi-caractère, et en composa immédiatement la musique. Ainsi naquit Martha, qui fut chantée pour la première fois à Vienne, en 1847. — La traduction italienne en fut donnée au théâtre Ventadour avec Mario, Graziani, Zucchini, Mmes Saint-Urbain et Nantier-Didiée ; la traduction française, au Théâtre-Lyrique, avec Michot, Troy, Wartel, Mlles Nilsson et Dubois. — Bien que né à Teutendorf, dans le Mecklembourg, M. de Flotow a plus d'une affinité avec Paris, où tous les théâtres de musique lui ont été hospitaliers. Sans parler de l'Opéra, de l'Opéra-Comique, des Italiens, du Théâtre-Lyrique et de l'Athénée, les Bouffes-Parisiens ont joué de l'auteur de Martha, une opérette intitulée la Veuve Grapin, et le théâtre Déjazet un intermède qui avait nom Pianella, et dont les paroles étaient celles de la Servante Maîtresse. Il avait débuté sur le théâtre mondain de l'hôtel de Castellane, par Pierre et Catherine, opéra-comique en un acte. Cette manière d'invasion allemande, bien qu'excessive, a toujours été supportée de bonne grâce. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

 

MARTHÉSIE, REINE DES AMAZONES

 

Tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de Lamothe, musique de Destouches, représentée à Fontainebleau au mois d'octobre 1699, et à l'Académie royale de musique, à Paris, le 29 novembre suivant. Mlle Maupin jouait les rôles de Cybèle et de grande prêtresse du Soleil, Mlle Desmatins celui de Marthésie, et Thévenard celui d'Argapise.

 

 

MARTILLE

 

Drame lyrique en deux actes, livret d'Edmond Cattier, musique d'Albert Dupuis.

Première à la Monnaie de Bruxelles le 03 mars 1905 avec Mmes Paquot d'Assy (Betsy), Dratz-Barat (Martille), Colbrant, Carlhant, Cortez (trois jeunes filles de Florenville), Tourjane, Van Dyck (deux servantes d'auberge), Udellé, Lambrechts (deux paysannes), MM. Laffitte (Etienne), d'Assy (Pierre), François (Jérôme), Crabbé (père Benoît).

 

 

MARTIN ET MARTINE

 

Conte flamand en trois actes, livret de Paul Milliet, musique d’Emile Trépart, représenté à Nice en mars 1898, puis à Paris, au Théâtre-Lyrique de la Renaissance, le 06 février 1900, avec Mmes Marie Thiéry, Frandaz, Richard, MM. Dantu, Ballard.

 

« Il n'est pas besoin de dire si le livret de cet ouvrage est emprunté à la légende flamande si célèbre de Martin et Martine, les deux gentils jacquemarts qui depuis longtemps sonnent si gaillardement l'heure au beffroi de l'hôtel de ville de Cambrai. Leur histoire a été racontée bien des fois, entre autres en une prose singulièrement savoureuse et originale par Charles Deulin dans ses jolis Contes d'un buveur de bière, puis, en vers, par Desrousseaux, le fameux poète lillois, dans une de ses amusantes chansons en patois. M. Milliet, en dénaturant un peu la légende, l'a poussée du côté de la féerie, ce qui était son droit et ce qui n'était pas un mal. Mais il a eu le tort de ne pas donner à son livret la forme de l'opéra-comique avec dialogue parlé, que le sujet semblait appeler tout naturellement. De son côté, le compositeur a écrit sur ce livret une musique dont la lourdeur ne se marie guère avec ce sujet et qui ne brille pas assez par la nouveauté de l'invention mélodique. Pourquoi cet orchestre massif, pourquoi ces déchaînements de cuivres pour une fable mignonne qui voulait être traitée avec grâce, délicatesse et discrétion ? M. Emile Trépart est un jeune artiste, élève de M. Charles Lenepveu, auquel il a dédié sa partition, qui a été organiste à l'église Saint-Éloi et qui, dit-on, a été empêché par un mariage précoce de prendre part au concours de Rome. S'il veut réussir au théâtre il faudra qu'il modère sa fougue, qu'il apaise son orchestre et qu'il ne prenne pas une massue pour écraser une mouche. Il faudra surtout qu'il se montre plus difficile sur le choix de ses motifs, et qu'il ne se figure pas trop aisément que le bruit remplace la fraîcheur de l'idée musicale. C'est à peine si, dans sa partition, on peut signaler quelques pages agréables, telles que l'introduction, qui est d'une bonne venue, le petit récit de l'histoire de Martine et, au second acte, un air de ballet avec sourdines et un chœur lointain d'un assez heureux effet. — Avant d'être joué à Paris, cet ouvrage avait été représenté à Nice en mars 1898. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1904]

 

 

MARTINE

 

Comédie lyrique en cinq tableaux, livret de J.-J. Bernard, musique d’Henri Rabaud.

 

Personnages : Martine (soprano), Jeanne, Mme Hervan (mezzo-soprano), Julien (ténor), Alfred (basse).

 

L'action se passe à Grandchin.


Création au Théâtre municipal de Strasbourg, le 26 avril 1947.


Il se dégage de cette œuvre fluide une extraordinaire fraîcheur, une poésie douce et prenante. Les sentiments ne sont pas exprimés directement ; ils sont évoqués par l'ambiance. Henri Rabaud fait preuve dans cette œuvre d'une liberté de touche bien française.

PREMIER TABLEAU : Le pommier sur la route de Grandchin, en juillet. — Julien, jeune Parisien, se rend chez sa grand'mère au village qu'elle habite ; il rencontre sur la route une jeune paysanne : Martine. Séduit par elle, il s'amuse à la faire parler, plaisante sans penser à mal. Mais Martine est prise au jeu.

DEUXIÈME TABLEAU : Un petit salon chez Mme Hervan à Grandchin. — Après quinze jours, pendant lesquels Martine et Julien ont couru les champs et les bois autour de Grandchin, arrive chez Mme Hervan, la grand-mère, une amie de Julien : Jeanne. C'est une jeune fille de la ville qui a reçu une éducation semblable à la sienne. Aussi Julien épousera-t-il Jeanne.

TROISIÈME TABLEAU : Le pommier en automne. — Martine reste lourde d'une secrète souffrance dont personne autour d'elle ne soupçonne la profondeur. Jeanne, fiancé à Julien, se confie à elle.

QUATRIÈME TABLEAU : Chez Mme Hervan : l'hiver. — Jeanne et Julien sont mariés, et Martine assiste en silence au bonheur qui se forme sous ses yeux.

CINQUIÈME TABLEAU : Chez Alfred : un an après. — D'abord révoltée contre Alfred, un paysan qui l'aime et qui veut l'épouser, Martine par dépit peut-être, la raison encore... plus que tout, la « résignation » la feront s'incliner devant la destinée. Elle épousera Alfred.

 

 

MARTINGALE ET GIROFLÉE

 

Opérette en un acte, livret de Labie, musique de Marc Burty, représentée sur le théâtre du Vaudeville en décembre 1862.

 

 

MARTON ET FRONTIN

 

Opéra-comique, musique de Francis Thomé, représenté au Casino des Eaux-Bonnes en août 1877. Chanté par Troy et Mlle Marcus.

 

 

MARTON ET FRONTIN

 

Opéra-comique en un acte, livret de Dubois et Grimault, musique de Francis Thomé, représenté dans une soirée au ministère de la Justice le 11 juillet 1900.

 

 

MARTYRE (LA)

 

[la Martire]

Nouvelle scénique italienne en trois actes, livret de Luigi Illica ; version française d’E. Crosti ; musique de Spiro Samara.

 

Première représentation à Naples, Teatro Mercadante, le 23 mai 1894.

 

Représentation en français à Anvers, le 25 mars 1897 ; à Paris, Théâtre des Variétés, le 21 juillet 1898.

 

 

MARTYRE DE SAINT SÉBASTIEN (LE)

 

Mystère en cinq mansions, livret de Gabriele d'Annunzio, composé en rythme français, musique de Claude Debussy.

 

Personnages :

Rôles parlés : Sébastien ; l’Empereur ; le préfet ; Sanaé ; Marc et Marcellien, frères jumeaux ; Gudène, l’affranchi ; Thédote ; Vital, fils du préfet ; le héraut d’armes ; la Mère douloureuse ; la femme voilée ; la femme muette ; la femme aveugle ; la Fille malade des fièvres ; les vierges ; les compagnons des jumeaux ; le greffier ; les appariteurs ; les hérauts ; les bourreaux ; les sacrificateurs ; les victimaires ; les joueurs de flûte ; les gentils ; les chrétiens ; les juifs ; les esclaves ; les sept séraphins.

Rôles chantés : la vierge Erigone ; vox coelestis ; vox sola ; anima Sabastiani ; les Gémeaux ; chœurs.

 

L’action se déroule à Rome, à l’aube du christianisme.

 

Créé à Paris, Théâtre du Châtelet, le 22 mai 1911 dans une mise en scène d'Armand BOUR, avec Mme Ida RUBINSTEIN (Sébastien), MM. DESJARDINS (l'Empereur), KRAUSS (le Préfet), Mmes FEART, Ninon VALLIN et Y. COURSO (artistes du chant), sous la direction d’André CAPLET.

 

Première fois au Palais Garnier, le 17 juin 1922 ; décors et costumes de Léon Bakst ; mise en scène d'Armand Gour ; chorégraphie de Michel Fokine.

Mmes Ida RUBINSTEIN (Sébastien), S. DESPRES (la Mère douloureuse), GRAYVAL (la Femme voilée), VINCENT (la Femme muette), ROCHEMAY (la Femme aveugle).

MM. DESJARDINS (l'Empereur), H. KRAUSS (le Préfet), P. BERTIN (Sanaé), FERRAS (Marc), MAURY fils (Marcellien), MENAUD (l'affranchi Gudène), H. VERLAY (Thédote), LAGRANGE (Vital), MAXIME (le Héraut d'armes).

Artistes du chant :

Mmes LAVAL (une Voix), MONTFORT, COURSO (les Gémeaux).

Chef d'orchestre : Henri DEFOSSE.

 

Reprise du 08 février 1957 (16e représentation) dans une version mimodrame de Hubert Devillez ; décors et costumes de Félix Labisse ; mise en scène de M. Jacquemont ; chorégraphie de Serge Lifar.

Mme Ludmilla TCHERINA (Sébastien). M. P.-E. DEIBER (l'Empereur).

Rôles chantés :

Mmes ANGELICI (la Vierge Erigone), VAN HERCK (Vox Coelestis), CASTELLI (Vox Sola), MONTMART (Anima Sabastiani), GORR et S. MICHEL (les Gémeaux).

Rôles mimés :

Mlles P. DYNALIX (la Mère douloureuse), LEROY (la Fille malade des fièvres).

MM. DUTHOIT (Sanaé), HEPAULT (l'Apprenti Guddène), BLANC (le Préfet).

Chef d'orchestre : Louis FOURESTIER.

 

44e et dernière, le 25 janvier 1958 avec les interprètes de la reprise, sauf :

Mlle THALIA (la Mère douloureuse).

 

44 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

« A l’Opéra, la présentation du Martyre de saint Sébastien constitue un grand et noble effort. Mais est-il possible de donner à une musique de scène, si belle que puisse être celle de Debussy, un rôle de drame chorégraphique, en sacrifiant presque entièrement le texte étonnant de d'Annunzio ? Malgré l'adresse de Devillez et le respect de Hirsch, je n'en suis pas convaincu, pour ma part : tout en reconnaissant et le rare intérêt d'une soirée où étaient unis le magnifique orchestre et les chœurs excellents de l'Opéra, dirigés par Fourestier, et le corps de ballet, une fois de plus soulevé et inspiré par l'admirable Lifar — et la qualité des interprètes (danse et chant), en tête desquels Ludmilla Tcherina, aussi belle à voir qu'émouvante à entendre, a été justement acclamée. »

[Jacques Feschotte, directeur de l’Ecole Normale de Musique, Musica, avril 1957]

 

 

MARTYRS (LES)

 

Opéra en quatre actes, livret d’Eugène Scribe, musique de Gaetano Donizetti, création au Théâtre de l'Opéra (salle Le Peletier) le 10 avril 1840. Décors de Devoir et Pouchet (actes I et IV), Charles Séchan, Léon Feuchère, Jules Dieterle et Edouard Desplechin (actes II et III). Costumes de Paul Lormier. Avec Mme Dorus-Gras (Pauline) et Gilbert Louis Duprez (Polyeucte), sous la direction de F.-A. Habeneck.

 

« Le célèbre chanteur Nourrit avait fait choix du sujet de Polyeucte pour en composer un livret d'opéra italien. Donizetti en avait écrit la musique, et tous deux présentèrent l'ouvrage à la censure du gouvernement napolitain, qui ne jugea pas à propos d'en permettre la représentation. Nourrit comptait beaucoup sur le rôle de Polyeucte pour reconquérir la situation qu'il croyait avoir perdue dans l'opinion publique. Cette circonstance imprévue acheva d'égarer sa raison. C'était en 1839. Peu d'années après, on ramenait en Italie le corps, privé de raison, de son infortuné collaborateur, Donizetti. Heureusement, ce poème de Poliuto tomba en assez bonnes mains. Scribe l'arrangea pour la scène française, et le compositeur fit les soudures nécessaires. Hâtons-nous de dire que cet ouvrage important se ressent de son origine italienne, et que, pour le juger équitablement, il faut se placer au point de vue des formes et du style employés de l'autre côté des monts. Le premier acte s'ouvre par un chœur fort beau de chrétiens ; il est suivi de l'hymne à Proserpine. Des airs dans la forme italienne succèdent : Dieu des Romains, chanté par Dérivis ; Sévère, il existe un Dieu, cavatine par Mme Dorus ; Amour de mon jeune âge, et Je te perds, toi que j'adore, par Massol ; les habitudes de l'Opéra ont exigé des danses dont la musique est assez jolie, mais qui suspendent trop longtemps l'intérêt. Le troisième acte est un des plus beaux que Donizetti ait composés. Il renferme un sextuor qui est un chef-d'œuvre, conçu d'après le même plan et sur le même rythme que le sextuor de Lucie ; il a toujours eu les honneurs du bis. L'air chanté par Duprez : Oui, j'irai dans leur temple, est une mélodie ravissante ; l'hymne à Jupiter a aussi du mérite. Le quatrième acte, moins beau que le précédent, renferme un air brillant, plutôt destiné à faire valoir la prima donna qu'à concourir à l'action dramatique. Le duo du cachot est pathétique ; le trio et le finale terminent dignement cette œuvre remarquable. Le rôle de Poliuto est un des meilleurs du célèbre chanteur Tamberlick. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAS (LE)

 

Pièce lyrique en trois actes, poème et musique de Joseph Canteloube de Malaret.

 

Créée à Paris, à l'Académie Nationale de Musique (Palais Garnier) le 27 mars 1929 ; mise en scène de Pierre Chéreau ; chorégraphie de Nicola Guerra ; décors de G. Mouveau, costumes de Victor Fonfreide.

Mmes Jane LAVAL (Marie), TESSANDRA (la Nourrice Rouzil), MANCEAU (une Jeune Fille).

MM. RAMBAUD (Jean), A. HUBERTY (le Grand-père), CAMBON (Gabel), GOT (un Vieux Mendiant), BROUET (un Vieux Moissonneur). Mmes HAMY, LALANDE, MORTIMER, MANCEAU (les Bergers).

Mme LLOBERES, MM. VERGNES, MADLEN, DELBOS, NEGRE, ERNST (les Moissonneurs).

Chef d'orchestre : Philippe GAUBERT

 

8e à l’Opéra, le 20 juin 1929 avec les créateurs, sauf :

Mmes MANCEAU (Rouzil), DOULS (une Jeune Fille), MM. VERGNES Vieux Moissonneur), GUYARD (un Moissonneur).

 

8 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

"Il s'agit d'une action assez simple. La fidélité à la maison natale, au « mas », est le mobile principal qui fait agir les personnages. Jean, qui a quitté son village pour la grand’ville, revient passer quelques jours au mas près de son grand-père et de sa jeune cousine Marie. Celle-ci ne manque pas de s'éprendre du jeune homme ; cet amour contenu, joint au charme du souvenir du pays, commence à émouvoir Jean ; mais il est fiancé et il repart. Cependant la situation matérielle des habitants du mas est mauvaise ; et comme un riche villageois se présente pour épouser Marie, le grand-père la presse d'accepter afin d'éviter de vendre le domaine. Marie, partagée entre son amour pour la vieille maison et son amour secret pour Jean, ne peut pourtant consentir à ce mariage. Alors, comme dans tout opéra-comique, Jean (qui a brisé avec sa fiancée de ville), réapparaît et tout s'arrange pour le mieux.

L’œuvre de J. Canteloube remonte à une vingtaine d'années ; elle fut refusée à l'Opéra-Comique et elle n'eût jamais peut-être été représentée à Paris si elle n'avait obtenu en 1927 le prix Heugel. Comme il est d'importance, financièrement du moins, cela fit quelque bruit. Mais en vingt ans, le compositeur a évolué. Il y avait peut-être un peu de monotonie dans le débit lyrique. J. Canteloube a introduit des chœurs dans la coulisse dont l'effet serait fort bon s'il n'était trop fréquemment répété. L'orchestration, reprise sans doute dans ces dernières années, est un peu dense, et nuit parfois aux voix. Les pages les plus réussies sont assurément celles où l'auteur nous fait assister à la fête de la moisson. Il utilise là de vieilles chansons populaires au rythme bien marqué et fort adroitement harmonisées." (Larousse Mensuel Illustré, 1929)

 

 

MASANIELLO ou LE PÊCHEUR NAPOLITAIN

 

Drame historique en quatre actes, livret de Charles Moreau de Commagny et A.-M. Lafortelle, musique de Michele Enrico Carafa. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 27 décembre 1827. Sans le succès écrasant de la Muette de Portici d'Auber, les beautés que renferme l'opéra de Masaniello l'auraient fait maintenir au répertoire. Le grand duo : Un oiseau qui supporte à peine la lumière, est un chef-d'œuvre. L'entrée des collecteurs est d'un grand effet. Les barcarolles, qui sont des mélodies charmantes, et les couplets sur Notre-Dame du Mont-Carmel sont devenus populaires. Ponchard père a chanté avec succès le rôle de Masaniello, quoique ce rôle demandât plutôt de la force que de la grâce. Convenablement interprété, Masaniello ne peut manquer de retrouver un jour une veine de succès.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MASCARADE DES PRINCESSES CAPTIVES (LA)

 

Scénario d'Henry Prunières, musique de Francesco Malipiero.

Première à la Monnaie de Bruxelles le 19 septembre 1924 avec Mlles D'Astra, Lange, Darms.

 

 

MASCARILLE

 

Opéra-comique en trois actes, livret posthume de Thomas Sauvage, musique de Julius Ten Brink, exécuté sous forme de concert, chez le compositeur, en octobre 1888.

 

 

MASCARILLE LE TROUBADOUR

 

Opérette en un acte, paroles de M. Grenet, musique de M. Bovery fils, représentée au théâtre des Batignolles (Paris), le 8 mars 1879.

 

 

MASCHERA (LA)

 

Opéra-comique en deux actes, livret d’Auguste Arnould et Jules de Wailly, musique de Georges Kastner. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 17 juin 1841. L'intrigue de cette jolie comédie repose sur une substitution de personne sous le masque et le domino, qui donne lieu à des quiproquos. On a remarqué, dans la partition ingénieusement orchestrée de M. Kastner, le trio : A ce soir ! la romance chantée par Mlle Révilly : J'avais rêvé la gloire et la fortune, et un boléro chanté par Mocker. Emon, Victor et Mme Henri Potier complétaient l'ensemble de la représentation.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MASCOTTE (LA)

 

Opéra-comique en trois actes, livret d’Henri Chivot et Alfred Duru, musique d’Edmond Audran.

 

Première représentation aux Bouffes-Parisiens le 29 décembre 1880, avec Mme Marie Montbazon [Grisier-Montbazon] (Bettina), sous la direction de Marius Baggers.

 

Reprise au Trianon-Lyrique le 25 septembre 1929 avec Mmes Balazy (Bettina), Meunier (Fiammetta) ; MM. J. Farrès (Pippo), Rozani (Fritellini), Darthez (Laurent XVII), P. Darnois (Rocco).

 

Représentation au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, le 13 mai 1935. Repris à ce théâtre le 10 mai 1935 avec Fanely Revoil et André Baugé.

 

« Les porte-veine étaient alors à la mode, et les auteurs de la Mascotte en ont imaginé un à l'usage des Bouffes-Parisiens. Ce porte-veine est une jeune paysanne dont la présence dans une maison suffit pour y amener le bonheur, la fortune, tous les biens, faire réussir toutes les entreprises. Cela s'appelait autrefois une dame blanche, une fée, un bon ange ; c'est aujourd'hui une gardeuse de dindons, et son nom est moins poétique ; elle s'appelle une mascotte dans la légende, et de son nom Bettina. L'action se passe dans les États de Laurent XVII, prince de Piombino. Rocco, un de ses fermiers, possède la mascotte et, de gueux qu'il était, devient riche. Laurent lui enlève Bettina, son trésor, en fait une comtesse et le fait lui-même son premier chambellan ; mais, pour que la mascotte conserve son privilège de porte-veine, il faut qu'elle résiste à toutes les séductions. Or, elle aime le berger Pippo, qui vient enlever Bettina au moment où le vieux prince va l'épouser pour la forme, afin de la préserver de toute aventure. Le porte-veine ayant quitté la cour, Laurent XVII n'a plus que des revers. Le prince de Pise, Fritellini, fiancé à la princesse Fiammetta, enlève à son futur beau-père ses États. Laurent XVII et son chambellan Rocco sont réduits à la misère et, tout dépenaillés, reviennent au troisième acte en habit de pifferari et subissent tous les genres d'affront. Il va sans dire que le berger Pippo épouse la gardeuse de dindons, Fritellini la princesse Fiammetta, et que les couplets grivois, les jolies actrices, les costumes brillants, un certain luxe de mise en scène assurent à cette entreprise une centaine au moins de représentations. Et la musique ? Le morceau qu'on a applaudi le plus, qui a même été bissé, est un duo dans lequel Pippo et Bettina imitent tour à tour le bêlement des agneaux et le gloussement des dindons. Dans l'Avocat Patelin, le bée, bée du berger Aignelet est aussi adroit que malicieux, tandis que le , du berger Pippo n'est que la première syllabe d'un mot qu'on achève pour lui. Quoique, à mon sens, un musicien soucieux de son art ne devrait pas s'associer aux concessions que font les librettistes au mauvais goût régnant, je ne puis méconnaître qu'il y a dans la partition de M. E. Audran des morceaux intéressants. Le rythme y joue un rôle plus essentiel que la mélodie, et presque tous les vers sont syllabiques, depuis le chœur d'introduction : Vive le petit vin doux, jusqu'aux couplets fort lestes sur la fleur d'oranger. Au point de vue exclusivement musical, il y a dans le premier acte une valse chantée par la mascotte, avec les réponses du chœur, et une romance expressive ; au deuxième, un menuet chanté et les couplets du secret de Polichinelle ; enfin, dans le troisième, d'excellents couplets militaires, chantés par Fritellini et le chœur, habilement relevés par les deux pistons. Cette opérette, fort développée, est chantée par Morlet, Hittemans, Lamy ; Mlles Montbazon et Dinelli. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1880]

 

 

MASQUE DE VELOURS (LE)

 

Opérette en un acte, paroles et musique de Prosper Morton, représentée à Laval le 18 mai 1888.

 

 

MASQUES (LES)

 

[Tutti in maschera]

Comédie lyrique en trois actes et quatre tableaux, livret de Marcelliano Marcello, d’après l’Impresario delle Smirne, comédie de Carlo Goldoni ; version française de Charles Nuitter et Alexandre Beaumont ; musique de Carlo Pedrotti (1817-1893).

 

Première représentation à Vérone, Teatro Nuovo, le 04 novembre 1856.

 

Représenté en français à Paris, théâtre de l'Athénée, le 23 septembre 1869, avec Mlles Singelée (Vittoria), Marie Biabini (Valentine), Lyonnel (Lisette), MM. Jourdan (Emilio), Jean-Pierre Aubéry (Abdallah), Soto (Don Gregorio), Minssart (Martello), Barnolt (Cascatello).

 

« Cette pièce a été donnée à Vérone en 1856, et a obtenu un assez grand succès en Italie. Il s'agit encore d'une prima donna dont un jeune officier est amoureux ; une brouille survient entre eux. Un riche rival organise une troupe d'opéra, sous le prétexte d'aller donner des représentations à Bagdad ; mais sa véritable idée est d'emmener la cantatrice ; avant de partir, il donne un bal, dans lequel l'officier Emilio se réconcilie avec Vittoria, et l'amphitryon en est pour ses frais. C'est bien peu de chose, comme on voit. Le compositeur a écrit sur ce canevas une partition considérable. Il est vrai qu'il parait doué d'une grande facilité. Toute cette musique est mélodique, scénique, bien orchestrée. Mais aucun morceau ne s'élève au-dessus d'une moyenne estimable. On a applaudi un quatuor, imité de celui de Rigoletto, et le trio des Turcs. M. Pedrotti représente très dignement l'école italienne contemporaine. Cet ouvrage a été chanté par Jourdan, Aubéry, Soto, Mlles Singelée et Marie Biarini. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément, 1872]

 

 

MASQUES ET BERGAMASQUES

 

Divertissement en un acte, livret de René Fauchois, musique de Gabriel Fauré.

 

Création à l'Opéra de Monte-Carlo le 10 avril 1919 avec dans les personnages de la Comédie, Mme Marguerite VALMOND (Colombine), MM. René FAUCHOIS (Arlequin), Pierre STEPHEN (Gilles).

 

Première à l'Opéra-Comique (3e salle Favart) le 04 mars 1920, mise en scène d’Albert Carré, décor de Lucien Jusseaume, chorégraphie de Jeanne Chasles.

Mme Marthe FERRARE (Colombine).

MM. René HÉRENT (Arlequin), Victor PUJOL (Gilles).

Mmes Yvonne BROTHIER, Germaine BAYE, Jeanne CALAS, Jeanne BOURGUIGNON.

MM. Eugène DE CREUS, Louis CAZETTE, André BAUGÉ, REYMOND.

Chef d'orchestre : Fernand MASSON.

 

 

 

11.04.1922

Opéra-Comique

(12e)

09.12.1924

Opéra-Comique

(29e)

11.12.1924*

Opéra-Comique

 

16.01.1930**

Opéra-Comique

(40e)

21.03.1931***

Opéra-Comique

 

17.01.1942

Opéra-Comique

(68e)

04.04.1946

Opéra-Comique

(74e)

25.02.1948

Opéra-Comique

(100e)

Personnages de la comédie Colombine REVILLE REVILLE REVILLE A. VAVON LEBARD Ch. GAUDEL L. FEYRER Ch. GAUDEL
Arlequin René HÉRENT René HÉRENT René HÉRENT René HÉRENT DERROJA René HÉRENT DERROJA A. NOEL
Gilles PUJOL GENIN GENIN PUJOL PUJOL H. BUCK MARGUILLIES H. BUCK
Personnages du chant   Mmes A. FAMIN BROTHIER BROTHIER BEN SEDIRA BEN SEDIRA JOACHIM JOACHIM JOACHIM
  J. CALAS GAULEY GAULEY J. ROLLAND MARTIN      
  G. BAYE ESTEVE ESTEVE CERNAY CERNAY CERNAY SCHARLEY LEGOUHY
  DELAMARE DELAMARE DELAMARE QUENET QUENET      
  MM. DE CREUS DE CREUS DE CREUS GENIO GENIO DERENNE RIALLAND RALLIER
  VILLABELLA L. NIEL L. NIEL L. NIEL L. NIEL      
  A. BAUGÉ BOURDIN BOURDIN GAUDIN PAYEN J. JANSEN MAURANE MAURANE
  SAUVAGEOT SAUVAGEOT SAUVAGEOT ROQUE ROQUE      

Chef d'orchestre

 

CATHERINE

INGHELBRECHT

INGHELBRECHT

E. COHEN

E. COHEN

G. CLOËZ

A. WOLFF

CLUYTENS

 

* Danse : Sonia Pavloff, Rosne et le Corps de Ballet.

** Danse réglée par Mmes Chasles : Mlles De Rauwera, Guggiari et les dames du Corps de Ballet.

*** Danse réglée par Mmes Chasles : Mlles Collin, S. Rosne et les dames du Corps de Ballet.

 

105 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950, 1 en 1952, soit 106 au 31.12.1972.

 

 

MATELOT CARTAHUT (LE)

 

Opérette en deux actes et trois tableaux de Gabriel Timmory et Maurice de Marsan, créé le 17 juin 1910 à l'Eldorado de Marseille. Représenté le 08 décembre 1911 à Grenoble.

 

 

MATELOTS DU FORMIDABLE (LES)

 

Opérette, paroles de M. de Beaugenet, musique de Henri Perry, âgé de onze ans, et de Mlle A. Perry, âgée de dix-sept ans. Ce petit ouvrage, qui a paru offrir des traces d'inspiration, a été chanté dans la salle Beethoven le 4 avril 1865, par Ismaël, Hermann-Léon fils, Lœbnitz et Mme Gaveaux-Sabatier.

 

 

MATHIAS CORVIN

 

Opéra-comique en un acte, livret de Paul Milliet et Jules Levallois, musique d’Alexandre de Bertha. Création à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 18 juin 1883, avec Mlles Vidal, Dupont, MM. Mouliérat, Maris, Belhomme, Troy.

 

 

MATHIEU ou LES DEUX SOUPERS

 

Comédie mêlée d’ariettes en trois actes, livret de Nicolas Fallet, musique de Nicolas Dalayrac. Création à Fontainebleau, Théâtre de la Cour, le 11 octobre 1783. Voir les Deux tuteurs.

 

 

MATHIEU LAENSBERG

 

Opéra-comique en deux actes, musique de Bovery, représenté à Douai vers 1850.

 

 

MATILDE

 

Opéra en trois actes, musique de Kreutzer, écrit vers 1827 (inédit).

 

 

MATINÉE DE PRINTEMPS

 

Opéra-comique, musique d’Antoine-François Cajon, représenté au théâtre des Jeunes-Artistes en 1805.

 

 

MATINÉE ET LA VEILLÉE VILLAGEOISES (LA) ou LE SABOT PERDU

 

Divertissement en vaudevilles en deux actes, livret de Pierre-Antoine-Augustin de Piis et Pierre-Yvon Barré, musique de vaudevilles. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 27 mars 1781.

 

 

MATINES D'AMOUR (LES)

 

Fabliau-miracle en trois images, livret de Raoul Gastambide, musique de Jules Mazellier.

 

Créé à Paris, à l'Académie Nationale de Musique (Palais Garnier) le 06 décembre 1927 — Mise en scène de Pierre CHEREAU — Décors et costumes dessinés par Ernotte.

Mmes NESPOULOUS (la Vierge), FERRER (Magdalaine).

MM. BORDON (le Diable), RAMBAUD (Théophilus), DUCLOS (Joffroy), NARÇON (le Prieur), GILLES (Frère Alléaume), ERNST (2e Diable).

Chef d'orchestre : Philippe GAUBERT

 

6e à l’Opéra, le 11 janvier 1928 avec les créateurs, sauf Mme HARAMBOURE (la Vierge).

 

6 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.


 

MATRIMONIO PER INGANNO (IL)

 

[en français le Mariage par supercherie]

Opéra italien, musique d'Anfossi, représenté sur le théâtre de l'Académie royale de musique, le 3 septembre 1779. Ce fut le dernier opéra que la troupe italienne réunie par le directeur De Vismes exécuta à Paris. Mme Chiavacci chanta le rôle principal avec un succès qui fit d'elle une cantatrice à la mode. Le ténor s'appelait Caribaldi. Malgré la vive et constante opposition faite aux Italiens, opposition à laquelle le bon roi Louis XVI n'est pas resté étranger, croyant protéger ainsi l'école française, un parti d'amateurs éclairés et délicats s'était formé et avait grossi à chaque représentation. La musique vive, fine et gracieuse des maîtres italiens, la facilité, la clarté de leur style, l'aisance avec laquelle ils opéraient les modulations et les changements de rythmes, qualités qui paraissaient naturelles et qui n'étaient que le résultat des bonnes et longues études auxquelles ils avaient été assujettis dans les conservatoires d'Italie ; tout cela produisit une impression durable et contribua à développer puissamment les progrès de l'art musical dans notre pays. La première tentative faite vingt-cinq ans auparavant, en 1752 et en 1753, avait fait connaître Latilla, Jomelli, Pergolèse, Leo ; la seconde, en ajoutant à ces noms illustres ceux de Piccinni, de Paisiello et de Sacchini, installa définitivement l'opéra italien en France.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MATRIMONIO SEGRETO (IL). Voir le Mariage secret.

 

 

MATROCO

 

Drame burlesque en quatre actes, en vers, livret de Pierre Laujon, musique de Grétry, représenté à Chantilly, chez le prince de Condé, le 03 novembre 1777, puis à Fontainebleau, le 21 novembre 1777. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 23 février 1778.

 

« C'était une parodie des mœurs de la chevalerie. L'auteur de Richard Cœur-de-Lion eut honte de s'être prêté à cette bouffonnerie, surtout après le mauvais accueil qu'elle reçut du public, et brûla sa partition. Toutefois, il en parle, non sans trahir son dépit, dans ses Essais, et il en donne quelques fragments. Il avait réuni dans cet ouvrage plusieurs airs populaires, tels que Charmante Gabrielle, etc. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MATRONE CHINOISE (LA) ou L’ÉPREUVE RIDICULE

 

Comédie-ballet en deux actes, livret de Pierre-René Lemonnier, musique anonyme. Création à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 02 janvier 1765.

 

 

MAUPRAT

 

Drame lyrique en quatre actes, livret d’Edouard Blau et Louis Gallet, d’après George Sand, musique de William Chaumet.

 

 

MAURES D'ESPAGNE (LES)

 

Opéra en trois actes, musique de Grétry, non représenté.

 

 

MAUVAIS ŒIL (LE)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène Scribe et Gustave Lemoine, musique de Loïsa Puget. Création à l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 01 octobre 1836. Cette pièce est un peu naïve ; il semble que les auteurs ont craint d'imposer à la musicienne légère des salons une tâche au-dessus de ses forces. Ils ont peut-être eu tort. En effet, Loïsa Puget ne manquait pas d'inspiration mélodique ; elle en a donné d'abondantes preuves. Il fallait lui fournir l'occasion d'acquérir les qualités qui lui manquaient en lui offrant un cadre plus vaste que celui d'un album. L'expression et la sensibilité qu'on trouve dans ses romances ne l'aurait pas placée trop loin de Dezède, de Gresnick et de Della Maria.

Un jeune muletier, nommé Pedro, est fiancé à Inès, fille de l'alcade. Il raconte à ses camarades l'histoire de sa mule qui est, dit-il, ensorcelée par le mauvais œil, l'œil du diable. De son côté, Inès, se promenant dans la vallée, a eu l'occasion de sauver de la mort un officier de l'armée de Christine que les carlistes poursuivaient. Son œil, disait-elle, l'avait fascinée. Depuis ce moment, elle est rêveuse et triste. Pedro prétend que sa fiancée est comme sa mule. On lui enjoint de faire venir l'enjôleur au moyen d'une chanson qui doit servir de signal à un rendez-vous demandé et promis. Un moine vient à passer, les paysans l'invitent à les aider à conjurer le mauvais œil. Ce moine, comme dans le Comte Ory, n'est rien moins que le beau militaire lui-même, qui finit par obtenir de l'alcade la main d'Inès. On a remarqué de jolis passages dans cette partition, notamment la romance jouée par le cor et reproduite dans le cours de la pièce, le duo chanté par Ponchard et par Mme Damoreau, qui a eu un succès complet comme actrice et comme chanteuse dans ce petit opéra.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MAUVIETTE (LA)

 

Drame lyrique en un acte, livret d'Albert-Paul Herrenschmidt dit Albert Fox, musique de Paul Gautier, représenté au Grand-Théâtre du Havre en mars 1924. => détails

 

 

MAVRA

 

Opéra bouffe en un acte, livret de Boris Kochno, d'après la Petite Maison Kolomna, nouvelle d’Alexandre Pouchkine, musique d’Igor Stravinsky.

 

Personnages : Parasha (soprano) ; la mère de Paracha (contralto) ; la voisine (mezzo-soprano) ; le hussard (Mavra) (ténor).

 

L’action se déroule en Russie, sous Charles X.

 

Créé à Paris, à l'Académie Nationale de Musique (Palais Garnier) le 03 juin 1922, par la Compagnie des Ballets Russes de Serge de Diaghilev — Mise en scène et chorégraphie de Bronislava NIJINSKA — Décor et costumes de Léopold Survage.

Mmes Oda SLOBODSKA (Paracha), Helen DE SADOWEN (la Mère), Zoia ROSOWSKA (la Voisine).

M. Stéphan BELINA (Vasili) et le Corps de Ballet des Ballets Russes.

Chef d'orchestre : Gregor FITELBERG.

 

7 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

MAXIMILIEN => Voir le Maître chanteur.

 

 

MAXIMILIEN

 

Opéra historique en trois actes et neuf tableaux, livret de R. S. Hoffman d’après Franz Werfel ; adaptation française d’Armand Lunel ; musique de Darius Milhaud.

 

Créé à Paris, à l'Académie Nationale de Musique (Palais Garnier) le 05 janvier 1932 ; mise en scène de Pierre Chéreau ; décors et costumes de Pruna.

Mmes LUBIN (l'Impératrice Charlotte), FERRER (Princesse Salm-Salm), MAHE (une Voix).

MM. PERNET (Maximilien), DE TREVI (Porfirio Diaz), GILLES (Colonel Lopez), ENDREZE (Conseiller Herzfeld), SINGHER (Maréchal Bazaine), NARÇON (Cardinal Labatista), DALERANT (Riva Palacio), MOROT (le Maire), ERNST (Mariono Escobèdo), MADLEN (Thomas Méja), FOREST, BOINEAU (2 Voix).

Au 2e tableau, « Danses » par Mlle TENIRA, VAHINETUA.

Chef d'orchestre : François RÜHLMANN

 

7e à l’Opéra, le 29 janvier 1932, avec les créateurs.

 

7 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

"La tragique aventure de l'archiduc Maximilien, envoyé comme empereur au Mexique et fusillé par les insurgés nationalistes a fourni à Manet le sujet d'un tableau célèbre et à l'écrivain allemand Werfel celui d'un drame qui a connu un grand succès. Il est à craindre qu'il n'en soit pas de même pour l'opéra. Trop réduit à quelques scènes synthétiques, le livret ne laisse guère au musicien l'occasion d'envolées lyriques. Aussi bien le compositeur semble se plaire au bruit, au mouvement, il écrit une musique agressive à force d'être dissonante et par là même assez monotone. Le théâtre ne semble pas être le fait de Darius Milhaud qui a cependant écrit quelques belles mélodies, mais qui a mieux réussi dans la musique pure, soit dans des suites symphoniques comme le Carnaval d'Aix, soit dans les quatuors à cordes." (Larousse Mensuel Illustré, 1932)

 

 

MAYONNAISE (LA)

 

Opérette en un acte, livret de MM. Winbouy et Morello, musique de M. Blétry, représentée à l'Eden-Concert le 20 août 1887.

 

 

MAZEPPA

 

Opéra bouffe en trois actes, livret d’Henri Dupin et Henri Chabrillat, musique de Charles Pourny, représenté aux Folies-Dramatiques le 07 septembre 1872. Joué par Luce, Milher, Hamburger, Mmes Thierret et Blanche d'Antigny.

 

 

MAZEPPA

 

Grand opéra en cinq actes et six tableaux, livret de Charles Grandmougin et Georges Hartmann, musique de la marquise de Grandval, représenté au Grand-Théâtre de Bordeaux le 24 avril 1892.

 

« On connaît la légende de Mazeppa, emporté jusque dans l'Ukraine par le cheval sur lequel il avait été attaché, devenant, au lieu de trouver la mort à laquelle il semblait condamné, le chef des gens de l'Ukraine, plus tard gagnant la confiance de Pierre le Grand, et enfin trahissant ce prince pour servir Charles XII. Le livret nous le présente au moment où l'Ukraine le proclame son défenseur. Mazeppa s'est épris d'une jeune fille, la belle Matrena, qui partage son amour et qui sacrifierait tout pour lui, hors l'honneur. Il n'en poursuit pas moins ses intrigues et n'en médite pas moins sa trahison. Bientôt son complot est découvert, et il se voit obligé de fuir la colère et les ressentiments de ses anciens compagnons d'armes. Abandonné de tous, il erre, seul, un soir, dans la steppe, il entend la voix de la femme aimée. Il appelle ; c'est bien elle, c'est Matrena, qui bientôt se trouve en sa présence. En reconnaissant l'infâme, le traître qui a renié sa patrie, elle est prise d'un mouvement de fureur, le maudit et tombe morte à ses pieds. Mazeppa, épouvanté, pousse alors un cri de douleur ! « Morte ! Et je suis maudit par elle ! »

Sur ce livret, assez habilement construit et dont les incidents ne manquent point d'intérêt, Mme de Grandval a écrit une partition qui a été fort bien accueillie et dont le succès a été réel. On en a particulièrement signalé au premier acte une jolie berceuse chantée par Matrena ; au second, son duo avec Iskra, et la scène vivante et mouvementée de la place de Pultawa avec la marche triomphale, le chœur des jeunes filles et l'épisode final, d'un grand effet dramatique ; au troisième, le prélude symphonique et le grand duo passionné de Matrena et de Mazeppa ; et surtout, au quatrième, des danses très pittoresques et le finale delà malédiction. L'ouvrage était joué par Mme Bréjean-Gravière et MM. Maurice Devriès, Dupuy, Silvestre et Abbert. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MAZET

 

Comédie en deux actes, mêlée d'ariettes, livret de Louis Anseaume, d’après Mazet de Lamporechio, conte de Jean de La Fontaine, musique d’Egidio Duni. Création à Paris, Théâtre-Italien, le 24 septembre 1761. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 22 avril 1762.

 

 

MÉDAILLE (LA)

 

Opérette, musique de Canoby, jouée et sifflée aux Bouffes-Parisiens le 16 février 1865.

 

 

MÉDAILLON DE MARIETTE (LE)

 

Opéra-comique, musique de Florimond Van Duyse, représenté à Gand le 20 mars 1861.

 

 

MÉDECIN DE L'AMOUR (LE)

 

Opéra-comique en un acte, en vers, mêlé d'ariettes, livret de Louis Anseaume et Pierre-Augustin Lefèvre de Marcouville, musique de Jean-Louis Laruette. Création au théâtre de la Foire Saint-Laurent le 22 septembre 1758. Première à l’Opéra-Comique (Hôtel de Bourgogne) le 25 avril 1762. Le sujet de cette pièce est le même que celui de Stratonice. Le roi de Syrie a été transformé en bailli de village, et tout le reste à l'avenant. Cette pièce a été remise en musique par Saint-Amand et par Coignet.

 

 

MÉDECIN DUPÉ (LE) ou LA HUCHE

 

Opéra-comique en un acte, paroles de Mayeur-Saint-Paul, musique de Chapelle, représenté au théâtre de la Cité en 1793.

 

 

MÉDECIN MALGRÉ LUI (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, paroles de Désaugiers fils, musique de Marc-Antoine Désaugiers père, représenté au théâtre Feydeau le 26 janvier 1792, sous la direction d’Antoine Bruni. C'est la comédie de Molière avec des couplets et quelques morceaux d'ensemble. Le sujet ne comporte guère plus de musique. La pièce est trop littéraire pour être traitée comme les canevas italiens, et elle ne renferme pas assez de scènes dramatiques pour inspirer un compositeur. L'air révolutionnaire : Ça ira ! se retrouve adapté dans cet ouvrage à une situation burlesque. Triste plaisanterie.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MÉDECIN MALGRÉ LUI (LE)

 

Opéra-comique en trois actes, livret de Jules Barbier et Michel Carré, d'après la comédie de Molière (1666), musique de Charles Gounod.

 

Personnages : Géronte, basse ; Lucinde, sa fille, soprano ; Léandre, amant de Lucinde, ténor ; Sganarelle, baryton ; Martine, sa femme, mezzo-soprano ; Valère, domestique de Géronte, basse ; Lucas, mari de Jacqueline, ténor ; Jacqueline, nourrice de Géronte, mezzo-soprano ; Maître Robert, trial.

 

La scène se passe à la campagne.

 

Création au Théâtre-Lyrique (boulevard du Temple), le 15 janvier 1858 par Mmes Esther CAYE (Lucinde), Amélie FAIVRE (Martine), Caroline GIRARD (Jacqueline), MM. LESAGE (Géronte), FROMANT (Léandre), MEILLET (Sganarelle), Adolphe GIRARDOT (Lucas), Ernest LEROY (Maître Robert), Louis-Emile WARTEL (Valère), sous la direction d’Adolphe DELOFFRE.

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 25 février 1859 avec Mmes Feitlinger (Jacqueline), Meuriot (Martine), MM. Carman (Sganarelle), Aujac (Léandre), Gourdon (Lucas), Borsary (Valère), Mengal (Géronte).

 

Première à l'Opéra-Comique (2e salle Favart) le 22 mai 1872.

 

 

22.05.1872

Opéra-Comique

(1re)

06.11.1902

Opéra-Comique

(28e)

24.03.1938*

Opéra-Comique

(45e)

18.04.1938*

Opéra-Comique

(49e)

07.12.1940*

Opéra-Comique

(67e)

07.11.1945

Opéra-Comique

(78e)

Lucinde

GUILLOT

DAFFETYE

G. CHELLET

G. CHELLET

ANGELICI

M. DROUOT

Martine

DECROIX

MARIÉ DE L'ISLE

LECOUVREUR

LECOUVREUR

LECOUVREUR

LEGOUHY

Jacqueline

DUCASSE

TIPHAINE

J. MATTIO

J. MATTIO

MATTIO

R. GILLY

 

 

 

 

 

 

 

Géronte

NATHAN

GOURDON

Louis MOROT

Louis MOROT

Louis MOROT

J. VIEUILLE

Léandre

COPPEL

JAHN

L. ARNOULT

Gabriel COURET

BONNEVAL

MALVASIO

Sganarelle

ISMAËL

FUGERE

L. MUSY

L. MUSY

L. MUSY

L. MUSY

Maître Robert

PALIANTI

DELAHAYE

DERROJA

DERROJA

DERROJA

DERROJA

Valère

BERNARD

ROTHIER

BOUVIER

BOUVIER

Jean VIEUILLE

J. DROUIN

Lucas

BARNOLT

MESMAECKER

V. PUJOL

V. PUJOL

V. PUJOL

LE PRIN

Chef d'orchestre

Adolphe DELOFFRE

LUIGINI

DÉSORMIÈRE

DÉSORMIÈRE

DÉSORMIÈRE

DÉSORMIÈRE

 

* Décors et costumes de Serge Magnin. Mise en scène de Jean Mercier. Au 2e acte, Divertissement réglé par Constantin Tcherkas.

 

Le 15 janvier 1922, à l'occasion des fêtes du Tricentenaire de Molière, il a été donné à l'Opéra-Comique, en matinée et en soirée, deux représentations du second acte seul, avec Mmes RÉVILLE (Lucinde), TIPHAINE (Jacqueline), MM. ROUSSEL (Géronte), VILLABELLA (Léandre), René HÉRENT (Sganarelle), DUPRÉ (Valère), MESMAECKER (Lucas), sous la direction d’Émile ARCHAINBAUD.

 

82 représentations à l’Opéra-Comique au 31.12.1950 (55 entre le 01.01.1900 et le 31.12.1950), 9 en 1966, 3 en 1967, soit 94 au 31.12.1972.

 

Résumé.

ACTE PREMIER : Une forêt. — Le fagotier Sganarelle bat tous les jours sa femme ; celle-ci cherche une occasion de se venger. Viennent à passer deux messagers : la fille du riche Géronte, Lucinde, a perdu la parole et l'on aurait besoin de suite d'un grand médecin. La femme du vilain dit alors aux serviteurs que son mari est un excellent médecin, mais qu'il n'en veut pas convenir avant qu'on l'ait roué de coups. Bien battu et « médecin malgré lui », Sganarelle suit les serviteurs à la cour.

ACTE DEUXIÈME : Une chambre dans la maison de Géronte. — Présenté au bonhomme Géronte, le faiseur de fagots prend le vieillard pour un confrère, et sur les dénégations de celui-ci il le fait docteur à coups de bâton. Trouvant la nourrice à son goût, il veut l'ausculter et la médicamenter. Mis en présence de la belle malade, le docteur improvisé gagne d'emblée son diplôme par un compliment physiologique qui fait rire Lucinde en attendant qu'elle recouvre la parole. Dans une consultation burlesque, il étale sa science incompréhensible. Il se défend de recevoir des honoraires mais enfin il les reçoit, et quand le beau Léandre, l'amant éconduit, vient suborner le docteur, Sganarelle accepte encore une bourse, tout en s'indignant de la démarche.

ACTE TROISIÈME : Même décor qu'au deuxième acte. — Léandre figure en qualité d'apothicaire ; le docteur le présente à titre auxiliaire. O miracle ! Lucinde, qui se trouve à côté de Léandre, grâce à un manège du docteur, Lucinde recouvre la parole ! Elle ne veut pour mari que Léandre ; le père n'en veut pas. Sganarelle prescrit en termes ambigus une prompte fuite ou un enlèvement. Les amants lui obéissent. Dénoncé presqu'aussitôt, Sganarelle court le risque d'être pendu ; mais Léandre revient avec un héritage et se fait agréer du père. Sganarelle pardonne à sa femme le tour qu'elle lui a joué, mais reste médecin, car il se plaît à ce métier.

 

« En adaptant cette comédie à la forme lyrique, en transformant les scènes en trios, sextuors, couplets et chœur, on n'a pas pu parvenir à lui donner l'air d'un opéra-comique. La musique de M. Gounod paraît être une œuvre séparée du sujet. On l'écoute avec plaisir, parce qu'elle est fort intéressante, fort distinguée. Malgré les efforts du compositeur pour lui donner une tournure archaïque, et particulièrement l'empreinte du XVIIe siècle, elle est restée une œuvre très moderne, très raffinée, pleine de détails, parfois trop ingénieux et maniérés, accusant partout une science exubérante de l'orchestration et du contre-point. Quant à la gaieté, la rondeur, le tour gaulois de la pièce de Molière, la musique n'en offre nulle part la plus légère trace, et les passages les plus intéressants du dialogue ont je ne sais quelle teinte mélancolique dont l'auteur ne peut jamais s'affranchir. Nous n'exceptons pas les couplets de la Bouteille, chantés par Sganarelle :

 

Qu'ils sont doux,

Bouteille jolie,

Qu'ils sont doux

Vos petits glouglous

 

Il est impossible d'imaginer des combinaisons plus ingénieuses et dont l'effet soit plus imitatif tout en restant musical, que celles de l'accompagnement par les flûtes, les cors, les clarinettes et les bassons. Mais tout ce luxe n'est pas de mise lorsqu'il s'agit d'un bûcheron entonnant une chanson à boire. Parmi les morceaux saillants de la partition, nous rappellerons le duo de Sganarelle et de Martine, le sextuor de la consultation, les couplets de la nourrice, la pastorale chantée par Léandre déguisé en berger ; le chœur : Serviteur, monsieur le docteur, et le quintette du troisième acte. Les rôles ont été créés par Meillet, Girardot, Mlles Faivre et Girard. »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

« Le rôle de Sganarelle a été repris par Sainte-Foy pendant le court séjour qu'il fit au Théâtre-Lyrique, et plus tard par Ismaël à l'Opéra-Comique. — Partition-pastiche où abondent les fours de style et les effets rythmiques familiers aux musiciens du XVIIe siècle. — Le soir de la première représentation, la toile de fond s'est ouverte après le dénouement et a laissé voir une sorte d'Olympe éclairé par des lueurs d'apothéose. Mme Carvalho, qui n'était pas de la pièce, a paru alors dans un costume à l'antique et a chanté des stances à Molière. M. Gounod s'est montré à son tour, mais vêtu à la moderne ; il a salué le public, et le rideau est tombé. — Ce n'était pas la première fois que la comédie de Molière tentait un compositeur. En 1792, le Médecin malgré lui, arrangé par Désaugiers père, fuit mis en musique par Désaugiers fils, et représenté au Théâtre Feydeau. L'air du Ça ira, intercalé dans la partition, pourrait au besoin lui servir de date. »

[Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877]

 

« Le Médecin malgré lui fut transporté à l’Opéra-Comique, où l'on en fit une reprise en 1872, et une seconde le 15 mai 1886. Mais, chose assez singulière, cette partition si piquante et si spirituelle n'y obtint point de succès et ne put se maintenir au répertoire. Qui sait si elle n'y retrouvera pas un jour la vogue de Mireille et de Philémon et Baucis ? »

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplément d’Arthur Pougin, 1903]

 

 

MÉDECIN TURC (LE)

 

Opéra bouffon en un acte, livret de Pierre Villiers et Armand Gouffé, musique de Niccolo Isouard. Création à l'Opéra-Comique (salle Feydeau) le 19 novembre 1803. La pièce est bien conduite et amusante. Forlis, lieutenant de vaisseau français, a été pris par des corsaires et vendu comme esclave au grand vizir à Constantinople, tandis qu'Adèle, sa femme, fait partie du harem d'un vieux médecin turc nommé Kalil. Tous deux sont désolés de leur séparation. Forlis apprend par hasard que le médecin, épris des charmes d'une esclave française, a refusé de la céder au Grand-Seigneur ; que, pour venger Sa Hautesse, le vizir veut mettre la science de Kalil à l'épreuve. On lui donnera à guérir un fou, et s'il échoue, il subira un châtiment exemplaire. Forlis a le pressentiment que cette esclave si intéressante est sa femme ; il contrefait le fou et se fait conduire chez le docteur. Mais celui-ci, malgré les conseils de Bouzoula, sa femme en titre, à laquelle Adèle inspire de la jalousie, malgré la promesse qu'on lui fait de le nommer médecin de Sa Hautesse s'il réussit dans sa cure, ne consent pas à rendre Adèle à son époux. Cependant la guérison de celui-ci est à ce prix et chaque fois que l'entêté docteur refuse la liberté à son esclave, Forlis redevient aussi fou qu'auparavant. A la fin Kalil cède et le jeune couple s'embarque pour la France. L'ouverture, dont le thème principal est une espèce de marche turque, a de l'entrain et une couleur originale. La romance d'Adèle : Sans plaisir et sans espérance est gracieuse ; mais, au lieu de faire connaître de suite les sentiments de regret de cette jeune femme, cette romance la montre au contraire occupée à se distraire par le chant et la danse des ennuis de la captivité. C'est d'ailleurs conforme à la manière frivole dont l'auteur de Joconde traite les sentiments sérieux. Les couplets de Bouzoula : Les plaisirs volaient sur mes traces, ont la désinvolture du genre. L'air dans lequel Kalil peint tour à tour son triomphe et sa chute n'est qu'assez comique : Oui, partout il faudra qu'on publie, etc. Niccolo, qui avait connu en Italie des modèles excellents de l'air bouffe, ne trouvait pas en France des artistes capables de les interpréter. Il s'est plié au goût français de cette époque, et son air de basse, tout en étant bien écrit, est lourd. Le trio qui suit : Tâchez par des agaceries, est bien développé. La partie de soprano est tantôt chantée, tantôt dansée par Adèle, ce qui alors passa pour une invention piquante, mais compromit le succès de l'œuvre à cause de la difficulté de trouver les deux talents réunis dans la même personne. La grande scène de la folie simulée de Forlis est un des bons morceaux de l'œuvre du compositeur. Elle a été écrite pour le célèbre chanteur Elleviou. Mentionnons encore le quatuor de la reconnaissance : Du courage, point de frayeur. La partition du Médecin turc est une des meilleures de l'auteur, et on l'entendrait encore avec plaisir si elle était interprétée par des chanteurs habiles. Niccolo l'a dédiée à la princesse Louis. A cette époque, les compositeurs se préoccupaient déjà d'échapper aux fourches caudines des marchands de musique. Plusieurs d'entre eux et les plus illustres s'étaient formés en société pour l'exploitation d'un magasin de musique situé rue de la Loi, n° 268, vis-à-vis de la rue Ménars. C'étaient Cherubini, Méhul, Kreutzer, Rode, Niccolo Isouard et Boieldieu. Le Médecin turc fut publié dans cette maison. L'entreprise commerciale des compositeurs réunis ne réussit point.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MÉDECIN TURC (LE)

 

Opéra-comique, musique de Meynne et T. Jouret, représenté sur un théâtre de société, à Paris, en 1845.

 

 

MÉDECINE SANS MÉDECIN (LA)

 

Opéra-comique en un acte, livret d’Eugène Scribe et Alfred Bayard, musique de Ferdinand Herold. Création à l'Opéra-Comique (salle de la Bourse) le 18 octobre 1832. Il s'agit dans cette pièce d'un médecin qui, sans avoir recours à son art, guérit un négociant malade d'une faillite imminente, en faisant épouser sa fille par un jeune Anglais fort riche qui, cédant à un accès de spleen, voulait aussi se tuer. Un si pauvre livret ne se prêtait point à la musique, et cependant Herold y a adapté de fort jolis motifs qui n'ont pas survécu malheureusement au naufrage de la pièce. Mlle Massy a débuté dans cet opéra-comique.

[Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

 

MÉDÉE

 

Tragédie lyrique en un prologue et cinq actes, livret de Thomas Corneille, musique de Marc-Antoine Charpentier, représentée par l'Académie royale de musique le 4 décembre 1693, avec Mmes Marthe Le Rochois (Médée), Moreau (Créuse) et MM. Dun (Créon), Dumesny (Jason).

 

 

MÉDÉE

 

Tragédie lyrique en trois actes et en vers, livret de François Benoît Hoffman, d’après la tragédie de Corneille (1635), musique de Maria-Luigi Cherubini.

 

Personnages : Créon, roi de Corinthe (basse) ; Glauce (Dircé), sa fille (soprano) ; Jason, chef des Argonautes (ténor) ; Médée, épouse de Jason (soprano) ; Néris, servante de Médée (mezzo-soprano) ; un capitaine de la garde royale (baryton) ; une première servante (soprano) ; une deuxième servante (contralto) ; deux enfants de Médée et Jason, les servantes de Glauce, les Argonautes, les prêtres, les guerriers, le peuple de Corinthe.

 

L’action se déroule à Corinthe, dans l’Antiquité.

 

Créée à Paris au Théâtre Feydeau, le 13 mars 1797 (23 ventôse an V),