Ariane

 

affiche pour la création d'Ariane par Albert Maignan (1906)

 

Opéra en cinq actes, livret de Catulle MENDÈS, d’après la tragédie de Thomas Corneille (1672), musique de Jules MASSENET (1905).

 

 

   partition

 

manuscrit autographe de la partition

 

 

Création au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier), le 31 octobre 1906 ; mise en scène de Pedro Gailhard ; décors de Marcel Jambon et Alexandre Bailly (1er, 2e et 5e actes), Amable (3e et 4e actes) ; costumes de Charles Bétout ; chorégraphie de Joseph Hansen.

 

Reprise du 24 février 1937 : mise en scène de Pierre Chéreau ; décors et costumes de Jean Souverbie ; décors exécutés par Georges Mouveau ; chorégraphie de Serge Lifar.

 

 

 

personnages

emplois

Opéra

31 octobre 1906

(création)

Opéra

26 août 1907

(50e)

Opéra

24 février 1937

(62e)

Opéra

27 août 1937

(75e)

Ariane soprano Mmes Lucienne BRÉVAL Mmes Marguerite MÉRENTIÉ Mmes Germaine LUBIN Mmes Germaine HOERNER
Phèdre soprano dramatique Louise GRANDJEAN Louise GRANDJEAN Marisa FERRER Marguerite SOYER
Perséphone contralto Lucy ARBELL Lucy ARBELL Ketty LAPEYRETTE Jeanne MONTFORT
Cypris soprano Marcelle DEMOUGEOT Marcelle DEMOUGEOT Yvonne GERVAIS Andrée MARILLIET
Eunoé soprano Berthe MENDÈS DE LÉON Antoinette LAUTE-BRUN Renée MAHÉ Françoise HOLNAY
Chromis soprano (travesti) Antoinette LAUTE-BRUN MATHIEU Odette RICQUIER Odette RICQUIER
Thésée ténor MM. Lucien MURATORE MM. Lucien MURATORE MM. Georges THILL MM. Raoul JOBIN
Pirithoüs baryton Francisque DELMAS Francisque DELMAS Martial SINGHER Marcel CLAVÈRE
le Chef de la nef baryton Pierre Etienne TRIADOU Joachim CERDAN Marcel CLAVÈRE Roger BUSSONNET
Phéréklos, le Pilote baryton Henri STAMLER Henri STAMLER Charles CAMBON Jules FOREST
Deux Sirènes coryphées (soprano et mezzo)    

Mmes DONIAU-BLANC

Jemmy BACHILLAT

 
Deux Matelots coryphées (ténor et baryton)

Gédéon DELRIEUX

MARC DAVID

 

MM. Edouard MADLEN

Louis NOGUERA

 
les Six Vierges d'Athènes voix choisies (1er et 2e soprani) Mmes ROEHN, SOLARI, LOYNEL, ROGER, LAFONT-DUPIRE, DAURIGNIES      
les Six Ephèbes (travestis) voix choisies (1er et 2e soprani) LEPAGE, Gabrielle NOTICK, Henriette DOYEN, DODUN, GLAUSER, CAUSSET      
les Vieillards des Enfers 8 basses        
les Compagnes de Perséphone 8 soprani        
Chœurs : Matelots ; Guerriers ; Chasseurs et Chasseresses chœurs        

les Trois Grâces*

danse

SANDRINI

BARBIER

MEUNIER

Mmes MEUNIER

L. COUAT

URBAN

Mmes KERGRIST

DYNALIX

GRELLIER

Mmes KERGRIST

DYNALIX

GRELLIER

les Trois Furies*

danse

ZAMBELLI

BEAUVAIS

BILLON

G. COUAT

BOUISSAVIN

GUILLEMIN

CHAUVIRÉ

DARSONVAL

GOUBE

CHAUVIRÉ

DARSONVAL

GOUBE

les Désirs ; les Jeux ; les Nymphes ; etc. danse L. COUAT, URBAN, DOCKES, BOUISSAVIN, GUILLEMIN, DEMAULDE, JONSSON, COUDAIRE, LOZERON, KELLER, MOURET, S. MANTE, KERVAL      
Chef d'orchestre   M. Paul VIDAL M. Paul VIDAL M. Paul PARAY M. François RÜHLMANN

 

* Mlle Zambelli dansait le rôle de Tisiphone ; Mlle Sandrini, celui d'Aglaïa.

 

Autres interprètes des principaux rôles à l'Opéra :

Ariane : Mme Marthe CHENAL (1907).

Phèdre : Mme Rose FEART (1906).

Perséphone : Mme Marianne FLAHAUT (1907).

Thésée : M. Gaston DUBOIS (1907).

Pirithoüs : MM. Jean BARTET (1907), Joachim CERDAN (1908), Henry-Bertrand ETCHEVERRY (1937).

 

75 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

 

 

 

Première à la Monnaie de Bruxelles le 23 novembre 1907 avec Mmes PACARY (Ariane), SEYNAL (Phèdre), Claire CROIZA (Perséphone), BOURGEOIS (Cypris), ROZANN [remplaçant au pied levé Mazzonelli] (Eunoé), SYMIANE (Chromis), MM. VERDIER (Thésée), LAYOLLE (Pirithoüs), DELAYE (le Chef de la nef), LA TASTE (Phéréklos), DESHAYES et DEBOOT (deux Matelots).

 

 

 

 

costume de Jean Souverbie pour la reprise de 1937 à l'Opéra

 

 

autres costumes de Jean Souverbie pour Ariane

 

 

 

 

Massenet lisant pour la première fois la partition d'Ariane à ses trois interprètes

 

 

 

Lucienne Bréval (Ariane) lors de la création

 

 

 

Louise Grandjean (Phèdre) lors de la création

 

 

 

Lucy Arbell (Perséphone) lors de la création

 

 

 

 

un décor d'Ariane

 

 

 

   

Le livret est inspiré par l'antique légende illustrée par Catulle et Ovide. 1er acte : Thésée vient d'amener au Minotaure, dans l'île de Crète, le tribut annuel de sept éphèbes et sept vierges : muni par Ariane, qui l'aime, du fil qui le guide dans le labyrinthe, il tue le monstre, et quitte la Crète, emmenant Ariane. 2e acte : Sur la nef qui les conduit, le héros et Ariane échangent des paroles d'amour, tandis que la sœur d'Ariane, Phèdre, d'abord dédaigneuse de l'amour, et depuis éprise de Thésée, songe tristement. A la suite d'une tempête, la nef aborde à Naxos. 3e acte : Déjà las d'Ariane, Thésée aime Phèdre à son tour ; Ariane surprend leurs aveux : les coupables s'enfuient, mais Phèdre se donne la mort. Vaincue par la pitié, Ariane obtient de Cypris d'aller arracher sa sœur à l'Hadès. 4e acte : Elle descend aux Enfers, accompagnée des Grâces, et Perséphone lui permet de ramener sa sœur sur la terre. 5e acte : La scène est de nouveau à Naxos : Thésée pleure à la fois deux victimes ; mais la terre s'entrouvre : Ariane paraît conduisant Phèdre. Touché du dévouement d'Ariane, Thésée jure qu'il n'aime plus qu'elle ; Phèdre jure qu'elle n'aime plus Thésée. Vains serments ! A peine Ariane a-t-elle regagné le palais que Thésée et Phèdre, reconquis par leur ancien amour, quittent Naxos sur une barque. Ariane, abandonnée, s'avance dans les flots, attirée par le chant des sirènes, et disparaît.

Ce sujet, emprunté à la légende antique, et tout à fait dans la tradition de l'ancien opéra français, est en soi très poétique, mais il est traité d'une façon un peu trop extérieure, avec une psychologie sommaire et une forme d'un lyrisme trop cherché. Dans la partition on retrouve la forme musicale qui caractérise les œuvres précédentes de Massenet : mélodie ingénieuse et séduisante, passionnée ou voluptueuse, souple et savante, avec des contrastes habilement calculés, dont la tendresse gracieuse ne s'élève pas toujours jusqu'au pathétique d’un sujet héroïque. Il faut citer, au premier acte : l'invocation à Cypris, le thème d'amour d'Ariane ; au second : la barcarolle de la nef de Thésée ; au troisième acte, où la musique est le plus dramatique : la prière d'Ariane à Phèdre, scène d'amour entre Thésée et Phèdre, la lamentation d'Ariane, le menuet des Grâces ; au quatrième : l'air des roses; au cinquième : la lamentation d'Ariane.

(Yves Saint-Paul, Nouveau Larousse Illustré, supplément 1906)

 

 

 

 

Le mythe grec d'Ariane abandonnée et malheureuse est un de ceux qui ont le plus tenté les librettistes et les musiciens. La souffrance, la passion si noble, la résignation si touchante de cette grande Abandonnée, inspirèrent plus de quarante opéras.

Mais ce n'est pas seulement la littérature lyrique et la musique qui ont versé des larmes rythmées sur les infortunes imméritées d'Ariane ; c'est la peinture (voyez la fameuse fresque d'Herculanum, ou bien le tableau du Titien, à Madrid, ou encore la statue d'Ariane, au Vatican) ; c'est aussi la gravure ; tous les arts graphiques ou plastiques se sont apitoyés sur le sort de la fille de Minos et de Pasiphaé.

Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que Massenet, qui est avant tout le musicien de la femme, à ce que Catulle Mendès, qui est le poète des rimes tendres et élégiaques, voulussent à leur tour renouer la chaine interrompue, je ne dirai pas le fil, des œuvres consacrées à célébrer la pauvre victime mythologique de l'Amour. Il y a là un sujet intéressant, très « musicable ». Voltaire, qui était un bon juge, disait de la mise à la scène des aventures d'Ariane : « Une femme qui a tout fait pour Thésée, qui l'a tiré du plus grand péril, qui s'est sacrifiée pour lui, qui se croit aimée, qui mérite de l'être, qui se voit trompée par sa sœur et abandonnée par son amant, est un des plus heureux sujets de l’antiquité. »

Je n'oserai pas soutenir que dans les aventures malheureuses d'Ariane il n'y ait pour nous, aujourd'hui, quelque chose d'artificiel et que les plaintes de la pauvre délaissée, malgré leur sincérité, ne soient un peu éloignées de notre humanité plus terre à terre. C'est peut-être notre faute à nous, qui ne voyons là que des Grecs, beaucoup plus qu'au poète et au compositeur, qui l'un et l'autre ont mis tout leur cœur pour faire revivre cette figure « pitoyable », comme on disait jadis, symbole de la femme faible et dupe de son bon cœur.

L'affabulation que Catulle Mendès a donnée à Massenet suit de près la tradition classique. Mais le librettiste ne pouvait pas se borner à faire des vers nouveaux sur un sujet antique ; il l'a embelli d'un épisode qui est une vraie trouvaille de poète, l'acte de l'Enfer et la scène des Roses.

Au surplus, résumons brièvement le poème.

Thésée, à qui Ariane a révélé le secret pour pénétrer dans le Labyrinthe, est victorieux du Minotaure. Il est reconnaissant à Ariane, il l'aime et l'emmènera à Athènes, pour qu'elle règne avec lui. Phèdre, la sœur d'Ariane, est jalouse de n'avoir pu arriver au cœur de Thésée.

Au deuxième acte, les deux amants voguent vers Athènes ; dans la galère qui les emporte à travers les flots argentés de la mer Ionienne, Phèdre maudit de plus en plus son sort sans amour. Une tempête s'élève, et c'est dans l'île de Naxos qu'aborde le pilote.

Thésée, malgré les sages avis de son ami Pirithoüs, s'abandonne à l'amour. Mais ce n'est plus à Ariane, c'est à une autre que s'adressent ses hommages. Ariane, qui a demandé à sa sœur d'intercéder pour elle auprès de Thésée, surprend les baisers qu'il donne à celle-ci. Elle tombe inanimée. Phèdre s'enfuit et va implorer la statue d'Adonis ; la statue s'écroule sur Phèdre, qui meurt. Ariane invoque Cypris, et la déesse des Amours fera accompagner aux enfers Ariane par les trois Grâces pour fléchir la déesse Perséphone.

Le quatrième acte nous conduit dans le sombre royaume des morts, où trône Perséphone, qui regrette la vie et le séjour de la terre. Ariane demande à la terrible déesse de lui rendre sa sœur Phèdre ; et pour la fléchir, elle lui a apporté une gerbe de roses, souvenir de la terre. A cette vision, sous les effluves embaumées de ces gerbes, Perséphone redevient humaine et accorde à Ariane la vie de Phèdre.

Au cinquième acte, nous sommes sur le rivage de Naxos. Thésée hésite entre le dévouement d'Ariane et l'amour plus ardent de Phèdre ; c'est Phèdre qui triomphe. Et Thésée quitte le rivage avec elle, tandis qu'Ariane se laisse aller à sa douleur. Tout à coup de la mer s'élève un chant harmonieux : ce sont les sirènes. Attirée par elles, Ariane s'enfonce dans les flots.

***

Le vers de Catulle Mendès appelle la musique, il est fait pour l'harmonieux enlacement de la phrase sonore. Il a dans Ariane la grâce dolente de ces petits chagrins « à la Maréchale » qu'évoquent les poésies plaintives de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle. C'est ainsi que dans les belles strophes : « Ah ! le cruel ! Ah ! la cruelle ! » dites par Ariane au troisième acte, ce refrain revient comme le répons angoissé d'un rituel éploré d'amour. Et cela est d'un alanguissement très doux, très archaïque et très caressant.

La musique d'Ariane est celle que l'on pouvait attendre de l'auteur de Manon et de Werther. Elle a de la légèreté dans l’amour et la douleur ; elle sait garder je ne sais quoi de joli quand elle pleure ; elle est élégante même quand elle grandit sa voix pour magnifier l'amour ardent de Phèdre ou pour clamer les désespoirs d'Ariane. Elle se complaît dans les larmes, elle s'entend pleurer avec volupté. Et l'auditeur est charmé.

Massenet a non seulement soigné son orchestration, car c'est là où éclate son incomparable maîtrise ; il a su donner à chaque personnage du drame son langage musical à part. Fermez les yeux pendant l'audition d'Ariane, et vous saurez parfaitement distinguer qui s'exprime, d'Ariane, l'exquise abandonnée, de Phèdre, la dominatrice, de Thésée, le fatal indécis, ou de Pirithoüs, l'ami pondéré. Et de même que chacun des héros a son dessin orchestral ou mélodique bien spécial, de meule la musique suit avec une singulière précision les péripéties de l'action.

J'avoue avoir une préférence marquée pour le troisième acte, qui est le point culminant du drame comme de la partition ; la jolie cantilène d'Eunoé ; la scène exquise où Ariane, confiante, charge Phèdre de lui ramener Thésée : « Tu lui parleras, n'est-ce pas ? » avec son discret accompagnement de cordes et de bois ; la complainte d'Ariane, d'une douleur si pénétrante : « Ah ! le cruel ! Ah ! la cruelle ! » ainsi, que le joli lamento orchestral qui précède l'invocation à Cypris ; cet acte est d'une venue tout à fait réussie.

Comme s'il ne suffisait pas à Massenet d'être Massenet, il montre, dans le final du troisième acte, qu'il connaît Gluck ; et il nous en fait souvenir à nouveau dans le ballet des Enfers, au quatrième acte.

Il faut citer encore : le gracieux arioso d'Ariane, au premier acte, une façon de leitmotiv très « massenétique » qui chante la beauté de Thésée : « La fine grâce de sa force » ; la scène des roses au quatrième acte, avec l'air de Perséphone.

Il y a dans cette partition de jolis coins disséminés un peu partout ; mais le troisième acte aurait suffi à lui seul pour assurer le succès de l'ouvrage.

(Louis Schneider, Massenet, 1908)

 

 

 

 

   

Qu'on le veuille ou non, qu'on l'apprécie ou le honnisse, Massenet occupe dans la musique contemporaine une place que le recul des temps laisse de premier plan. Non seulement parce que l'on n'a pas le droit de tenir pour nul le suffrage des millions d'êtres qui, dans tous les coins du monde, l'ont applaudi et continuent de l'applaudir, mais aussi parce que son influence a, en réalité, très profondément marqué même ceux des musiciens de la génération d'avant guerre dont les aspirations artistiques laissaient les siennes au-dessous d'elles.

En fait, dans la musicalité de Massenet, dans la courbe si personnelle de sa mélodie, il y a en germe une certaine conception du langage musical assez neuve pour son époque, en dépit d'une facilité apparente qui l'a rendue d'emblée accessible à la foule.

Sans cloute peut-on penser que cette adhésion si rapide du public a, en quelque mesure, empêché Massenet de réaliser ce qu'il avait en lui. Esclave d'un succès trop grisant, il s'est vu trop tôt amené à écrire en fonction des mille admirations qui attendaient la naissance de chaque œuvre nouvelle, au lieu d'écrire en fonction de son propre instinct créateur.

Il n'empêche que son métier prodigieux du théâtre, son originalité foncière ont marqué son œuvre du signe de l'immortalité. De ce point de vue, il n'était pas inutile de mettre à l'épreuve d'une reprise éclatante un ouvrage comme Ariane qui, datant des dernières années de la production de Massenet, porte les traces d'une certaine fatigue. Malgré cela, malgré le caractère trop flatteur pour l'oreille de telles phrases d'une couleur sentimentale ou sensuelle, on ne peut nier que maints passages s'imposent par leur accent passionnée voire même par leur grandeur ; spécialement dans le troisième acte, qui marque le point culminant de l'action — et où Mme Mahé fut délicieuse, dans une de ces souples et tendres pages musicales dont le compositeur de Manon possédait le secret.

Mêmes caractéristiques dans l'instrumentation qui, parfois, sacrifie un peu trop à l'effet, mais dont la solidité, l'équilibre et la belle pâte sonore sont d'un maître incontestable de l'orchestre. Disons tout de suite que M. Paul Paray la met en valeur avec une autorité et une souplesse admirables.

On connaît le sujet du poème, d'une substance poétique un peu chargée, de Catulle Mendès. Le dévouement d'Ariane, son amour pour Thésée, sa souffrance, la trahison de sa sœur Phèdre, par elle sauvée des enfers... Magnifique occasion pour Mme Germaine Lubin de faire valoir son talent de grande tragédienne lyrique et la richesse de sa voix. Celle de M. Thill s'affirme avec un éclat incomparable, particulièrement dans les derniers actes.

Mme Maryse Ferrer est une Phèdre d'une séduction troublante, Mme Ketty Lapeyrette, une impressionnante et expressive Perséphone. M. Singher se montre excellent comédien et chanteur expert.

Il faut noter encore la délicieuse apparition des trois Grâces : Mlles Chauviré, Darsonval, Goube, au cours d'un divertissement chorégraphique, de la meilleure veine, de M. Serge Lifar, et qui se meut dans une ambiance lumineuse du plus heureux effet.

Ce qui m'amène à louer les aménagements nouveaux de la scène de l'Opéra, dont le « panorama » arrondi en coupole, prolonge et poétise les décors de MM. Soubervie et Mouveau. J'ajoute que les voix, ainsi placées dans une sorte de caisse de résonance, portent dans la salle infiniment mieux que jadis.

(Louis Aubert, le Journal, 01 mars 1937)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encylopédie