Montano et Stéphanie

 

 

 

 

Opéra en trois actes, livret de Jean-Elie DEJAURE, musique d’Henri Montan BERTON.

 

 

   partition

 

   livret

 

 

Création à l'Opéra-Comique (1re salle Favart) le 15 avril 1799 (26 germinal an VII).

 

L'ouvrage défendu par la police après sa première représentation, fut joué pour la seconde fois le 20 avril 1799, et remis à la scène le 04 mai 1800 avec un troisième acte nouveau.

 

Représentation du 31 juillet 1818 avec Mmes PAUL, DESBAINS ; MM. HUET, DARANCOURT, LEMONNIER, ALLER, FAY.

 

 

 

personnages créateurs
Stéphanie, fille de Léonati Mme Jenny BOUVIER
Léonati MM. PHILIPPE
Montano Jean-Baptiste-Sauveur GAVAUDAN
Altamont ANDRIEUX
Salvator Jean-Pierre SOLIÉ
Fabrice FLEURIOT
Chevaliers, Femmes de Stéphanie, Villageois et Villageoises, habitants de Syracuse  

 

La scène se passe dans une campagne près de la ville de Syracuse, au commencement du IIe siècle, lorsque les Syracusains eurent secoué le joug des Sarrasins d'Afrique.

 

 

 

 

Tout le monde connaît l'air du premier acte : Quand on fut toujours vertueux, nous signalerons encore l'air : Non, il ne s'accomplira pas, et le duo : Venez, aimable Stéphanie.

(Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869)

 

 

 

 

 

Le livret est un mélodrame dont le sujet a souvent reparu au théâtre ; la jalousie en forme le nœud ; l'innocence de Stéphanie est reconnue, et le traître Altamont paye de sa vie la ruse infâme qu'il a ourdie. La musique est considérée comme le chef-d'œuvre de Berton. Elle est dramatique, originale et bien conduite. L'ouverture qui sert de début à l'ouvrage est très remarquable. Nous rappellerons le bel air de Stéphanie : Oui, c'est demain que l'hyménée. Montano et Stéphanie n'eut d'abord que trois représentations consécutives. Ce ne fut que deux ans après, en 1801, qu'on reprit l'ouvrage. Le succès fut immense, et cet opéra ne quitta plus le répertoire. Tout le monde connaît l'air du premier acte. L'absurdité des deux premiers vers :

 

     Quand on fut toujours vertueux,

     On aime à voir lever l'aurore,

 

est parvenue jusqu'à nous ; est-ce à dire que cette seule circonstance doit assurer le succès à une production musicale quelconque ? Beaucoup d'autres inepties ont été lancées à la face du public sur la scène de l'Opéra-Comique et sur d'autres ; le souvenir en est parfaitement perdu. Mais si nous remarquons l'extrême franchise de la mélodie que Berton a mise au-dessus de ces stupidités, nous ne serons plus surpris que le public, ami avant tout de cette éminente qualité chez un compositeur, ait gardé le souvenir de cette romance. Supposez sur ces deux vers une phrase gênée d'allure et ils étaient ensevelis dans oubli. « Ce qui ne vaut pas la peine d'être dit, on le chante ; » il s'agit seulement de le bien chanter.

 

1er Couplet. Andantino.

 

 

2e Couplet.

Je vais encor combler les vœux

D'une tendre et sensible amante.

A la main d'un amant heureux

Je vais unir sa main tremblante.

L'attente d'un si beau moment

Me remplit d'une ivresse pure,

Et me rend encor plus touchant

Le doux réveil de la nature.

 

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1872-1876)

 

 

 

 

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