Namouna

 

esquisse du décor du 1er tableau de Namouna pour la création par Philippe Chaperon (juillet 1881)

 

 

Ballet en deux actes, un prologue et trois tableaux, argument de Charles NUITTER et Joseph Lucien PETIPA, musique d'Édouard LALO, instrumentation terminée par Charles GOUNOD.

 

   partition

dédiée à Charles Gounod

 

 

Création au Théâtre de l'Opéra (Palais Garnier) le 06 mars 1882. Décors d'Auguste Alfred Rubé et Philippe Chaperon (1er et 2e tableaux), Jean-Baptiste Lavastre (3e tableau). Costumes d'Eugène Lacoste. Chorégraphie de Lucien Petipa.

Reprise du 30 mars 1908. Costumes de Joseph Pinchon. Chorégraphie de Léo Staats.

Reprise du 13 mai 1935. Décors d'André Dignimont. Chorégraphie d'Albert Aveline inspirée de celle de Léo Staats.

40 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

=> décor du 2e tableau pour la création

=> décor du 3e tableau pour la création

=> costumes d'Eugène Lacoste pour la création

 

 

 

personnages

Opéra, 06 mars 1882

(création)

Opéra, 30 mars 1908

(16e)

Opéra, 13 mai 1935

(37e)

Namouna Mlles Rita SANGALLI Mlles Carlotta ZAMBELLI Mlles Camille BOS
Iotis Julia SUBRA SIRÈDE Suzanne LORCIA
Andrikès Alice BIOT Antonine MEUNIER Jacqueline SIMONI
Héléna INVERNIZZI Léa PIRON HUGHETTI
Khainitza MERCEDES Georgette COUAT  
Don Ottavio MM. Louis MÉRANTE MM. Léo STAATS MM. Serge PERETTI
Adriani PLUQUE GIRODIER Paul GOUBÉ
Ali M. CORNET FEROUELLE SERRY
Kitzos AJAS    
Chef d'orchestre Jules GARCIN Paul VIDAL François RÜHLMANN

 

 

Carlotta Zambelli (Namouna) et Léo Staats (Don Ottavio) dans Namouna lors de la reprise à l'Opéra du 30 mars 1908

 

 

Commencée en juillet 1881, la composition fut interrompue en décembre par la maladie de Lalo, et connut de nombreuses vicissitudes avant la création, qui se solda par un échec retentissant. L’œuvre est cependant riche de trouvailles harmoniques et de couleurs instrumentales nouvelles. Lalo en a tiré une suite d'orchestre.

 

   partition de la suite d'orchestre

 

 

 

Catalogue des morceaux

 

PROLOGUE — un Casino à Corfou
01 Introduction et Prologue
02 Prélude
ACTE I — le Port de Corfou
03 Scène du balcon (Sérénade)
04 Allegro vivace
05 Fête foraine
06 Pas des cymbales
07 Valse lente (scène)
08 Tambourin
09 Airs marocains
10 La Gitane (dansée par Namouna)
11 Parades de foire et Scène finale
ACTE II — une Île de l'Archipel
12 la Sieste
13 Pantomime
14 Mazurka
15 Danse de toutes les esclaves
16 Pantomime
17 Thème varié
18 Pas des 16 Danseuses
19 Danse de Namouna (solo de flûte)
20 Scène de l'arrivée des Pirates
21 Valse
22 Pantomime
23 Bacchanale

 

 

 

 

autographe d'Edouard Lalo dédié à Paul Taffanel, extrait de Namouna (collection Charles Malherbe)

 

 

 

Namouna, une esclave grecque, appartient à un corsaire, Adriani, qui la joue aux dés et la perd. Furieux, Adriani cherche tous les moyens possibles d'arracher Namouna à l'heureux gagnant, don Ottavio ; mais la jeune fille s'est amourachée de son nouveau maître et s'enfuit avec lui, après avoir fait poignarder le corsaire et emprisonner ses compagnons de piraterie. Les librettistes ont emprunté cet épisode aux Mémoires de Casanova. La musique de M. Lalo, dont le talent est incontestable, est beaucoup trop symphonique, beaucoup trop travaillée ; les mélodies sont rares et manquent de franchise. Interprété par Mmes Sangalli, Subra ; MM. Mérante et Pluque, Namouna disparut de l'affiche après 19 représentations.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

[reprise à l'Opéra du 27 mars 1908]

L'action du scénario de Namouna se passe à Corfou, au XVIIe siècle ; elle est empruntée aux Mémoires de Casanova, mais elle n'apporte aucune nouveauté dans le genre des scénarios pour ballet. Voici la donnée. Un corsaire, Adriani, joue avec un gentilhomme vénitien, don Ottavio ; celui-ci lui gagne sa fortune, sa tartane et sa belle esclave Namouna. D'un geste généreux, Ottavio rend la liberté à l'esclave et même lui fait don de tout ce qu'il a gagné aux dés. Mais le fourbe Adriani, regrettant son esclave et son argent, veut les reconquérir à tout prix et, avec une bande de pirates, il complote le meurtre d'Ottavio. Namouna, qui aime son sauveur, surprend le projet du forban, fait assassiner Adriani et s'enfuit avec Ottavio.

Sur cette intrigue, bien mince et peu passionnante, Edouard Lalo écrivit une partition, comprenant vingt-trois numéros, dont quelques-uns sont des pages musicales remarquables ; leurs rythmes neufs et leur contour mélodique, original et expressif, causèrent une telle surprise aux auditeurs de la première représentation (1882), que l'œuvre a quitté l'affiche après quelques représentations seulement.

Nous devons signaler tout d'abord les deux thèmes qui réapparaissent en divers endroits de la partition : la phrase génératrice ; celle de la séduction de Namouna, exposée à la neuvième mesure de l'Introduction en sol majeur ; puis celle du Prélude n° 2, également en sol majeur, qui revient au n° 16 sur des harmonies chatoyantes. Quelques autres numéros sont encore à citer : la Sérénade de la scène du balcon (n° 3), où les pizzicati du quatuor se mêlent aux instruments en bois sur le rythme curieux 3/16 ; le Pas des cymbales (n° 6) ; la Valse lente en la mineur (n° 7) ; la Parade de Foire (n° 11), qui conclut le premier acte ; le Solo de flûte de la Danse de Namouna (n° 19), avec ses mélancoliques intervalles de seconde augmentées, qui donnent une couleur orientale toute particulière.

L'orchestration de cette œuvre est due, en grande partie, à Ch. Gounod, qui, très généreusement proposa à l'auteur, atteint du mal qui devait l'emporter, d'en achever l'instrumentation sous sa direction.

Lalo a tiré, de son ballet, une Suite d'orchestre qui est très souvent exécutée aux grands concerts symphoniques.

Les principaux interprètes de la reprise de Namouna, sont : Mmes Zambelli (Namouna), Couat, Meunier, L. Piron, Sirède ; MM. Staats (Ottavio) et Girodier (Adriani). Lors de la création, les rôles avaient été tenus par Mmes Rita Sangalli et Subra, et MM. Mérante et Pluque.

(Stan Golestan, Larousse mensuel illustré, juin 1908)

 

 

 

 

 

Suite en blanc

 

 

 

 

Suite en blanc « Levée du rideau », Opéra de Paris, juillet 1943

 

 

 

Ballet. Argument de Serge Lifar. Musique extraite du ballet Namouna d'Édouard LALO.

 

Création par le Corps de ballet du Théâtre de l'Opéra sur la scène du Grand Théâtre de Zurich le 19 juin 1943, puis au Palais Garnier le 23 juillet 1943. Décor de Maurice Moulène. Chorégraphie de Serge Lifar.

La 200e eut lieu durant le séjour du Corps de Ballet au Covent Garden de Londres en 1954.

306 représentations à l’Opéra au 31.12.1961.

 

=> coupures de presse

 

 

 

 

Opéra, 19 juin 1943 (création à Zurich)

Opéra, 04 août 1943

(18e)

Opéra, 24 mai 1944

 

Opéra, 07 juin 1946

(21e)

Opéra, 07 janvier 1948

(50e)

Opéra, 11 janvier 1950

(100e)

Opéra, 1954

(200e à Londres)

Opéra, 01 juin 1961

(300e)

Mlles

DARSONVAL

S. SCHWARZ

CHAUVIRÉ

BARDIN

IVANOFF

DYNALIX

DARSONVAL

S. SCHWARZ

CHAUVIRÉ

BARDIN

IVANOFF

DYNALIX

S. SCHWARZ

CHAUVIRÉ

BARDIN

IVANOFF

DYNALIX

BARDIN

VAUSSARD

GUILLOT

GERODEZ

L. MAIL

LAFON

CHAUVIRÉ

VAUSSARD

BARDIN

LAFON

GERODEZ

GUILLOT

DARSONVAL

BARDIN

VYROUBOVA

LAFON

MOREAU

BOURGEOIS

CHAUVIRÉ

VYROUBOVA

DAYDÉ

LAFON

DYNALIX

TALLCHIEF

LAFON

BESSY

MOTTE

MM.

Serge LIFAR

FENONJOIS

R. RITZ

Serge LIFAR

FENONJOIS

R. RITZ

Milliand, Duprez, Decarli, Sauvageot, Ponti

Serge LIFAR

FENONJOIS

R. RITZ

Duprez, Decarli, Sauvageot, Petit, Ponti

R. RITZ

BOZZONI

LEGRAND 

R. RITZ

RENAULT

KALIOUJNY 

R. RITZ

RENAULT

BOZZONI 

Serge LIFAR

RENAULT

BOZZONI

ALGAROFF

BOZZONI

J.-P. ANDREANI

A. LABIS

 
Chef d'orchestre

Louis FOURESTIER

Louis FOURESTIER

Louis FOURESTIER

Roger DÉSORMIÈRE

Robert BLOT

Richard BLAREAU

Robert BLOT

Robert BLOT

 

 

 

Ces dix études chorégraphiques, dépourvues de tout lien d'action entre elles, sont destinées à mettre en valeur les qualités techniques du corps de ballet de l'Opéra. En composant Suite en blanc, Serge Lifar ne s'est soucié que de danse pure, et de belles visions. Ce ballet a été repris sous le titre de Noir et blanc, avec quelques modifications, par le Nouveau Ballet de Monte-Carlo en 1946 et, plus tard, par le Grand Ballet du marquis de Cuevas.

 

 

 

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