Lucien AUGÉ DE LASSUS

 

 

 

Lucien Joseph Louis AUGÉ dit Lucien AUGÉ DE LASSUS

 

littérateur et auteur dramatique français

(Paris, 24 février 1846 Paris 16e, 19 décembre 1914*)

 

Fils de Charles Joseph Louis AUGÉ et de Louise Félicie DÉQUEVAUVILLER.

Epouse Elisabeth Justine Stéphanie COMBET (– ap. 1914).

 

 

 

Il s'est fait connaître par des livres de vulgarisation comme Routes et Etapes (1876) ; Voyage aux sept merveilles du monde (1878) ; les Tombeaux (1878) ; les Spectacles antiques (1888) ; le Forum (1891), et par des pièces de théâtre, surtout par des livrets d'opéra et des cantates. Nous citerons de lui : le Triomphe d'Auguste (1881) et la Conspiration du général Malet (Château-d'Eau, 25 octobre 1889), drames ; Racine à Port-Royal (Comédie-Française, 21 décembre 1884) et le Vieux Corneille (Comédie-Française, 06 juin 1889), à-propos en vers ; la Saint-Jean, comédie en un acte (Odéon, 15 janvier 1893) ; la Partie carrée (1884) ; l'Amour vengé (1888) ; Chasse gardée (1891) ; Phryné (1893) ; l'Amour à la Bastille (1896), opéras ; Endymion (1885) et Ahasvérus (1892), cantates primées pour des concours de musique. On lui doit encore Boieldieu et Saint-Saëns (1914), livres consacrés à ces musiciens.

En 1897, il habitait 6 quai Debilly [auj. avenue de New York] à Paris 16e ; il est décédé en son domicile, 78 rue de Passy à Paris 16e.

 

=> Boieldieu par Augé de Lassus

=> Saint-Saëns par Augé de Lassus (1914)

=> la Trompette, un demi-siècle de musique de chambre par Augé de Lassus (1911)

 

 

 

 

livrets

 

Partie carrée (la), opéra-comique en 1 acte, musique de Lavello (Opéra-Comique, 23 juin 1884)

Endymion, scène lyrique, musique de Xavier Leroux (1885)

Didon, scène lyrique, musique de Gustave Charpentier (1887)

l'Amour vengé, opéra-comique en 2 actes, musique de Gaston de Maupeou (Opéra-Comique, 31 décembre 1890)

Chasse gardée, opéra-comique en 1 acte, musique de R. de Montalent (Rouen, 14 avril 1891)

Phryné, opéra-comique en 2 actes, musique de Camille Saint-Saëns (Opéra-Comique, 24 mai 1893)

Ahasvérus, scène lyrique et dramatique, musique d'Henri Hirschmann (Conservatoire, 26 novembre 1893)

J'ai pris la Bastille !, opéra-comique en 1 acte, musique d'Auzende (Galerie Vivienne, 29 mars 1897)

l'Amour à la Bastille, opéra-comique en un acte, avec Paul Choudens, musique d'Henri Hirschmann (Opéra-Comique, 14 décembre 1897)

la Pomme d'Adam, opéra-comique en 1 actes, musique d'Antoine Banès (Casino de Trouville, 25 août 1899)

l'Ancêtre, drame lyrique en 3 actes, musique de Camille Saint-Saëns (Monte-Carlo, 24 février 1906 ; Opéra-Comique, 23 janvier 1911)

Léda, opéra bouffe en 3 actes, avec Pierre Veber, musique d'Antoine Banès, édité chez Enoch en 1909

la Fille d'Isis, ballet, musique de Pierre Carolus-Duran

 

 

 

 

 

Son existence entière, fort méritoire, paraît avoir été consacrée au culte du bien et du beau. Au sortir de l'adolescence, ayant fait de solides études, il se désintéressa des carrières profitables, pour s'abandonner à son goût de pure intellectualité. Il explora avec passion les domaines de l'histoire, de la littérature, de la science, de l'art, et ses connaissances devinrent rapidement encyclopédiques. La guerre de 1870 interrompit ses travaux. Ardent patriote, il s'engagea dans la garde mobile et défendit Paris contre l'assaut des hordes allemandes.

 

Pour dissiper le chagrin que lui causa notre défaite, il entreprit des voyages, visita la France d'abord, l'Europe ensuite, dont les musées lui furent bientôt familiers, enfin les pays classiques de l'Orient où il s'efforça de reconnaître, sous les images actuelles, les magnificences anciennes. De ses voyages, où s'alimenta son amour de la beauté et se satisfit sa religion de l'antiquité , il rapporta les ouvrages suivants : Huit jours à Versailles (1875) ; Routes et étapes (1877) ; Voyage aux sept merveilles du monde (1878) ; les Tombeaux (1879) ; Chez le bey de Tunis (1881) ; les Spectacles antiques (1886) ; le Forum (1892) ; l'Oratoire, Rome, Juilly, L'Hay (1897) ; l'Art égyptien (1898). Dans ces ouvrages, où se manifestent une belle éloquence, un don de comprendre et de voir qui dénotent une intelligence vive, Augé de Lassus mit le meilleur de son talent.

 

Ils ne constituent cependant qu'une faible partie de son labeur. De même que l'histoire de toutes les époques, l'art, de toutes les époques et sous toutes ses formes, passionnait cet intellectuel raffiné. Si la sculpture l'émouvait profondément, la musique ne le ravissait pas moins. Deux de ses volumes : Boieldieu (1908), la Trompette, un demi-siècle de musique de chambre (1911), contiennent ses idées sur cette matière. Il écrivit, pour les concours de l'Académie des beaux-arts, plusieurs cantates : Endymion (1889), Ahasvérus (1892), que cette académie couronna. Il voulut même, se rendant compte de la pauvreté des livrets d'opéra, en bâtir qui eussent un intérêt littéraire. L'Opéra-Comique, l'Opéra de Monte-Carlo, le casino d'Aix-les-Bains jouèrent plusieurs de ses opéras-comiques, dont Phryné (1893), l'Ancêtre (1906), furent mis en musique par son ami Saint-Saëns. Il aborda ensuite la comédie et le drame. On a, de lui, une douzaine de pièces en vers et en prose, dont les sujets, empruntés à l'histoire, obtinrent du succès sur les scènes de la Comédie-Française, de l'Odéon, du Château-d'Eau, de Trianon. Francisque Sarcey appréciait ces actes rapides et bien traités. Emile Faguet loua particulièrement la Conspiration du général Malet (1889).

 

Augé de Lassus ne se contenta pas de cette importante contribution à notre littérature. Conférencier très remarquable, improvisateur au langage chaud et brillant, il parla, sur des matières multiples, devant mille auditoires mondains ou ouvriers, que séduisit son entraînante éloquence. Membre, vice-président et président de nombreuses sociétés savantes et littéraires, il entreprit de vives campagnes pour la conservation de nos monuments et de nos sites naturels. A l'exemple de Maurice Barrès, il combattit en faveur des églises de France, et il aida très activement André Hallays dans sa campagne contre les atteintes portées à l'esthétique de Paris. Ayant pour sa ville natale une tendresse infinie, il s'ingénia à préserver de la pioche des démolisseurs ses souvenirs artistiques. Ses nombreuses études sur le vieux Paris : la Vie au Palais-Royal (1904), les Champs-Elysées (1905), le Bois de Boulogne (1908), indiquent quelle merveilleuse connaissance il avait de l'histoire locale.

 

Augé de Lassus collabora à de nombreux journaux et revues, ainsi qu'à des bulletins de sociétés savantes. Pour se délasser de ses travaux d'érudition, il écrivait des vers agréables, dont beaucoup figurent dans ses recueils : Coups de cravache (1904), Honneur et Patrie (1905). Très affecté par la destruction de Louvain, Reims, Senlis, il est mort en pleine activité, soignant les blessés de la guerre et écrivant encore. Infatigable travailleur, savant consciencieux, lettré délicat, citoyen modeste, généreux et désintéressé, auteur de quarante volumes, il laisse le souvenir d'un apôtre dont l'action esthétique fut bienfaisante.

 

(Emile Magne, Larousse Mensuel Illustré, février 1915)

 

 

 

 

 

 

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