Antonia AUSSOURD

 

Antonia Aussourd en 1912

 

 

Louise Antonie BENOIT, reconnue AUSSOURD, dite Antonia AUSSOURD

 

soprano français

(59 rue Notre-Dame-de-Nazareth, Paris 3e, 03 septembre 1866* ap. 1922)

 

Fille de Louise Marie BENOIT (Cornus, Aveyron, 23 mars 1846 – 40 boulevard de Strasbourg, Paris 10e, 08 mars 1930*), employée de commerce ; reconnue à Paris 3e le 14 juin 1870* par François Désiré Guillaume AUSSOURD (1849 – av. 1930), sertisseur, puis légitimée par leur mariage à Paris 3e le 02 juillet 1872.

 

 

Au Conservatoire de Paris, elle obtint en 1888 les deuxièmes accessits de chant (élève de Masset puis d’Edmond Duvernoy) et d’opéra-comique (élève de Ponchard). Elle débuta au Théâtre de la Renaissance le 24 septembre de cette année-là, en créant Miette d’Edmond Audran ; elle y créa ensuite le 26 octobre la Gardeuse d’oies de Paul Lacôme, et le 26 décembre, Isoline (Isoline) d’André Messager, et reprend Giroflé-Girofla. Elle passa aux Bouffes-Parisiens où elle créa le 18 décembre 1889 le Mari de la Reine (la Reine Azella), du même compositeur. Aux Menus-Plaisirs, en 1892, elle reprit le 21 septembre l’Œil crevé (Dindonnette) d’Hervé, créa le 22 octobre Bacchanale (Pépa) d’Hervé, et le 30 décembre Tararaboum-Revue d’Edmond Missa ; en 1903, elle y  créa, le 05 mai, Mademoiselle ma femme (Gabrielle) de Frédéric Toulmouche. Le 10 février 1894, elle joua à la Bodinière la revue Paris-Bazar (la Commère) de P.-L. Flers, aux côtés de MM. Flers et Fordyce. Elle quitta l'opérette pour la chanson et se produisit dans plusieurs cafés-concerts ; "Une bien jolie voix, une charmante camarade." (Paulus, Trente ans de café-concert, 1908).

En 1895, elle habitait 2 rue Mazagran à Paris 10e ; en 1922, 40 boulevard de Strasbourg à Paris 10e.

 

Son frère, Louis André Marius dit Louis AUSSOURD, acteur (Paris 3e, 25 août 1874* ) [épouse à Ivry-la-Bataille, Eure, le 01 juin 1927 Jeanne Eugénie GODDIER], fit ses débuts à l’Alcazar d’Hiver en 1891, puis joua à l’Ambigu-Comique (1896), au Châtelet (1899), au Vaudeville (1903), à la Renaissance (1908).

 

 

 

 

Louis Aussourd en 1903

 

 

 

 

« Miette » et mademoiselle Aussourd.

 

Et M. Silvestre regardait comme sœur Anne s'il ne voyait rien poindre à l'horizon dramatique et comme sœur Anne M. Silvestre ne voyait rien.

Cependant ils répétitions de Miette étaient commencées, seule la jolie Miette, la Miette rêvée par les auteurs restait introuvable. Mon théâtre pour une Miette, criait en gémissant M. Silvestre et l'Echo qui n'était autre qu'Edmond Audran, répondait... Son théâtre pour une Miette.

Ordonneau, lui, navré, ne disait mot.

Et l'on se mettait en campagne dès le matin, et le soir l'on rentrait bredouille. Une nuit enfin qu'il reposait douillettement dans son lit directorial...

 

Un ange, une femme inconnue…u…e

 

comme l'on chante à l'Opéra, apparut à M. Silvestre, qui tendit les bras à cette apparition.

L'ange se mit à sourire, la femme inconnue se mit à chanter.

« C'est très curieux, pensa le directeur, j'ai vu cette figure-là quelque part. Cette voix, je l'ai entendue... mais oui, au concours du Conservatoire, deuxième prix d'opéra-comique... mademoiselle... comment donc s'appelle-t-elle ? J'y suis ! Mlle Aussourd !

Et, joyeux, le directeur se mit à fredonner sur un air connu :

 

C'est la Miette, Miette, Miette,

C'est' la Miette qu’il me faut !

 

Le lendemain, il se rendait rue Sainte-Appoline et avait avec la future étoile l'entretien suivant :

 

— Mad’moiselle, écoutez-moi donc,

J' voudrais vous avoir pour chanter Miette,

Mad’moiselle, écoutez-moi donc,

Voulez-vous êt’ la diva d’ la maison ?

 

— Non, monsieur, je n' vous écout' pas,

C'est aimable à vous, vous êt's bien honnête,

Non, monsieur, je n' vous écout' pas,

Vous me mettez dans un grand embarras.

 

— Mad’moiselle, écoutez-moi donc,

On ne refus' pas ces chos'-là, que diantre !

Mad'moiselle, écoutez-moi donc,

Combien voulez-vous, dites-le, voyons ?

 

— Non, monsieur, je n' vous écout' pas,

Au Conservatoire il faut que je rentre,

Non, monsieur, je n’ vous écout’ pas,

Il s'rait pas content, m'sieur Ambrois' Thomas.

 

— Mad’moiselle, écoutez-moi donc,

C'est d'Edmond Audran, c’ te p'tite opérette,

Mad’moiselle, écoutez-mot donc,

C'est de l'Ordonneau, vous savez, c'est bon.

 

— M’sieur Silvest’, vous m'en dites tant

Que je ne sais plus où donner d' la tête,

M’sieur Silvest', vous m'en dites tant

Que j’ viendrai signer d’main mon engag’ment.

 

Le lendemain, en effet, Mlle Aussourd, après avoir chanté devant MM. Silvestre et Ordonneau Madame Turlupin, signait un traité et M. Audran qui l'entendit le soir même, partit enthousiasmé, ses partitions sous le bras, afin de refaire le rôle spécialement pour elle.

Mlle Aussourd est encore une inconnue pour le public parisien.

Elle n'est pas jolie, jolie, mais les yeux sont intelligents. Son minois éveillé fera, je crois, très bien à la scène.

Sa vocation pour les planches s'est révélée à l'âge de huit ans !

Elle jouait alors les premiers rôles dans les comédies de distribution de prix de son pensionnat. Et c'est à la Scala, s'il vous plaît, que se donnaient ces représentations.

La première fois qu'elle parut en scène, devant ce public de papas-mamans, elle remplaçait au pied levé, tout comme à la Comédie-Française, une de ses petites amies qui était indisposée.

On jouait la Fée Carabosse.

La petite Aussourd obtint un énorme succès qui ne fit que s'accroître chaque année, à tel point que le directeur du café-concert qui l'entendit un jour voulut absolument l'engager.

Elle avait alors quatorze ans !

Voyez-vous cette gamine chantant avec un air très malin, paraît-il :

 

Aimez-moi donc, sans me le dire,

Car ça ferait peur aux oiseaux !

 

Après cette représentation, la petite déclara à sa mère qu'elle voulait entrer au théâtre. Le réintègrement en pension fut la réponse de la maman qui lui fit donner cependant des leçons de piano et de chant.

Ce n'est qu'à dix-sept ans et demi qu'on lui permit de suivre sa vocation.

Elle entra comme auditrice au Conservatoire dans la classe de M. Crosti d'abord, de M. Edmond Duvernoy ensuite, puis au bout d'un an était reçue élève dans la classe de Ponchard.

Très travailleuse, elle piocha pendant deux ans le répertoire, se gargarisant chaque jour avec des vocalises. Admise à concourir en juillet dernier, elle obtint comme l'on sait le deuxième accessit de chant d'opéra-comique.

Aussitôt après la distribution des prix, M. Lagoanère la demanda pour les Menus-Plaisirs, M. Paravey pour chanter les Dugazon à l'Opéra-Comique ; elle refusa toutes propositions désirant rester un an encore au Conservatoire, suivant en cela les conseils de son professeur.

Vint M. Silvestre qui, plus malin ou plus entreprenant, parvint à décider Mlle Aussourd.

Voilà donc Miette trouvée.

Et si vous désirez que je sois indiscret, je vous dirai que la Miette d'Audran et d'Ordonneau est au premier acte une jeune et jolie Arlésienne qui ne veut épouser qu'un homme qui la prendra pour elle et non pour sa dot.

Aussi, car elle est très avancée pour son âge, Miette se fait-elle la réflexion suivante : On aime les jeunes filles riches pour leur fortune, tandis que l'on fait la cour aux femmes mariées pour elles-mêmes. Si je me mariais pour rire, en laissant croire à tout le monde que c'est arrivé ! Je pourrais alors me laisser conter fleurette et je donnerai ma main qui me donnera son cœur.

Deuxième acte. — De complot avec son parrain (Maugé), dont le rôle est paraît-il d'un comique achevé, Miette se fait passer pour sa femme et permet aux petits amoureux de papillonner autour d'elle.

Troisième acte. — Le jeune premier (Morlet) se laisse prendre aux charmes de Miette. Ils roucoulent ensemble.

Voulez-vous un aperçu du roucoulement ?

— C'est bien vrai, tu m'aimes ?

— Oui, mais à quoi bon, puisque tu appartiens à un autre !

— Et si je n'étais pas la femme de cet autre, m'épouserais-tu ?

— Tout de suite.

— Et tu m'aimerais ?

— Toujours ?

— Toujours !

Et ils s'épousent.

(Rideau).

Disons, pour terminer, que MM. les auteurs et directeurs ont hésité, pour le rôle de Miette, entre soixante-sept jeunes filles.

Mlle Aussourd est arrivée bonne soixante-huitième.

Il était temps de s'arrêter !

(Lucien Puech, Gil Blas, 08 septembre 1888)

 

 

 

 

 

Antonia Aussourd

 

 

Antonia Aussourd en 1895

 

 

 

Parisienne de naissance, Mme Aussourd est une des physionomies les plus sympathiques et les plus artistiques de notre époque. Entrée au Conservatoire de Paris, dans la classe du regretté Duvernoy, elle en sortit à l'âge de seize ans avec un deuxième accessit de chant et un deuxième accessit d'opéra-comique. Après avoir abordé le théâtre où, dans des rôles divers, elle sut faire remarquer et apprécier la souplesse de sa voix et la finesse de sa diction, rôles de composition tels que le Barbier, les Noces de Jeannette, Mireille, elle termina sa carrière théâtrale par la création, à la Renaissance, d'Isoline, du délicat compositeur Messager.

 

L'état de sa santé la contraignit à quitter le théâtre pour se consacrer à un genre plus léger et moins pénible. Ce fut alors qu'elle se fit entendre avec succès à la Scala, à l'Eldorado, à Parisiana et au Petit-Casino, on elle fut pendant plusieurs années l'artiste choyée du public et adorée de ses camarades.

 

Elle y créa successivement les Ramiers, de Varney (extrait de « Miss Robinson »), Hymne à l'amour, de Pencer, Froufrou, Chanson à Magalli, de Thérèse Wittmann, compositeur à la mode dans les salons parisiens, Sérénade lunatique, de Rousseau, Sérénade à Gillotin, du consciencieux compositeur Goublier, Pour vos lèvres jolies, de Maheu, Joli bouquet d'amour, de Thony.

 

(Paris qui chante, 29 juin 1912)

 

 

 

 

 

         

 

l'Amour à Sorrente

(paroles et musique d'Albert Grimaldi)

chanson créée par Antonia Aussourd

(Paris qui chante, 29 juin 1912)

 

 

 

Barcarolle à la lune

(paroles de R. Lafon / musique d'Albert Grimaldi)

chanson créée par Antonia Aussourd

(Paris qui chante, 29 juin 1912)

 

 

    

 

Béguin d'un jour

(paroles de Robert Lanoff / musique d'Albert Grimaldi)

idylle créée par Antonia Aussourd

(Paris qui chante, 29 juin 1912)

 

 

    

 

la Chanson du Troubadour

(paroles de E. Hachdey / musique d'Albert Grimaldi)

chanson créée par Antonia Aussourd

(Paris qui chante, 29 juin 1912)

 

 

    

 

Pour que tu sois jolie !...

(paroles de E. Hachdey / musique d'Albert Grimaldi)

chanson créée par Antonia Aussourd

(Paris qui chante, 29 juin 1912)

 

 

 

 

 

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