Eugène BADIALI

 

 

Eugène Charles Constant BADOUAILLE dit Eugène BADIALI

 

baryton français

(Paris 2e, 30 juin 1865* – Jette-Saint-Pierre, près de Bruxelles, Belgique, 27 septembre 1907*)

 

Fils de Constant BADOUAILLE (1839 ), cartonnier, et de Sophie Valentine GÖTTY (1837 ), couturière.

Epouse Henriette MOTTE.

 

 

Elève de Mocker au Conservatoire de Paris, il obtint une première médaille de solfège et un premier accessit d’opéra-comique en 1886, puis un second accessit de chant et un premier prix d'opéra-comique en 1888. Il débute au Théâtre-Lyrique-National du Château-d’Eau le 13 octobre 1888 en participant à la première en France de Jocelyn (l'époux de Julie ; un incroyable) de Benjamin Godard ; il y chante : Si j'étais roi, Joconde, le Chien du jardinier, etc., et y chante la première de Fanfan la Tulipe (Fanfan) de Louis Varney. Engagé ensuite à la Monnaie de Bruxelles, il y est applaudi de 1889 à 1892 dans le Songe d’une nuit d’été, Carmen, le Barbier de Séville, Siegfried (Alberich), la Flûte enchantée, Don Juan, la Basoche, etc. Ses éclatants succès le font engager à l'Opéra-Comique où il débute le 03 octobre 1892, et y crée divers rôles, avec succès, notamment dans le Spahi, Madame Rose, la Vivandière, Daphnis et Chloé, Fervaal. En février 1900, il est fait officier de l’Instruction publique. La même année, il retourne chanter quelque temps à la Monnaie de Bruxelles, puis renonce à la scène et se consacre à l’enseignement du chant à Bruxelles.

En 1894, il habitait 15 passage Saulnier à Paris 9e ; en 1896, 155 faubourg Poissonnière à Paris 9e ; en 1905, 7 rue Lauriston à Paris 16e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y a débuté le 03 octobre 1892 dans le Barbier de Séville (Figaro).

 

Il y a chanté Richard Cœur de Lion ; les Deux avares (Martin) ; la Basoche (Clément Marot) ; Falstaff (Ford) ; l'Amour médecin (Sganarelle) ; Sapho (Cadoual) ; Don Juan (Mazetto).

 

Il y a créé le 25 septembre 1893 Madame Rose (Jean) d'Antoine Banès ; le 01 avril 1895 la Vivandière (Capitaine Bernard) de Benjamin Godard ; le 26 novembre 1895 Xavière (Galibert) de Théodore Dubois ; le 18 octobre 1897 le Spahi (Jean Peyral) de Lucien Lambert ; le 14 décembre 1897 Daphnis et Chloé (Chromis) d'Henri Büsser.

 

Il a participé aux premières suivantes : le 20 juin 1896 Don Pasquale (Malatesta) de Gaetano Donizetti [version française de Vaëz et Royer] ; le 10 mai 1898 de Fervaal (le Messager) de Vincent d'Indy.

 

 

 

 

 

 

 

 

Théâtre-Lyrique (Château-d’Eau) : reprise de Si j'étais roi !.

La presse n'avait point été convoquée pour Si j'étais roi ! J'ai voulu toutefois revoir cet ouvrage devenu classique au Château-d'Eau, où il a été la ressource des directions précédentes. Un jeune baryton, M. Badiali, récemment sorti du Conservatoire, si je ne me trompe, s'y est révélé de la façon la plus agréable. Il a une voix charmante dont il se sert avec une réelle maîtrise. Son succès a été très grand et très mérité.

(Louis Gallet, la Nouvelle Revue, 15 novembre 1888)

 

Théâtre-Lyrique (Château-d’Eau) : reprise de Joconde.

Joconde n'avait pas été repris depuis 1874, et si nous avons bonne mémoire ce fut Bouhy, un charmant chanteur trop tôt perdu pour la scène, qui interpréta ce rôle pour la dernière fois. C'est un jeune lauréat du Conservatoire qui lui succède actuellement sur la scène de la rue de Malte. Il est bien novice M. Badiali et son jeu est bien emprunté, mais sa voix, dont quelques notes sont agréables, suffit encore pour cette musique simple et facile qui fit la joie de nos pères et dont l'accent naïf et sincère repose aujourd'hui de bien des formules prétentieuses et d'un moins frais sentiment.

Mlle Balanqué est avec le jeune M. Badiali la seule qui mérite une mention parmi les autres interprètes à peine suffisants. Elle chante gentiment et joue non sans finesse son personnage de rosière délurée faisant pièce à deux galants au profit d'un troisième.

(A. Boisard, le Monde illustré, 15 décembre 1888)

 

Théâtre-Lyrique (Château-d’Eau) : première de Fanfan la Tulipe.

La pièce est montée avec beaucoup de soin et d'intelligence ; il y a de jolis décors, des costumes gais à l'œil et l'interprétation en est excellente en certaines de ses parties. M. Badiali, qui fait Fanfan, est jeune et charmant d'aspect ; il chante à ravir, d'une voix très flexible et très chaude, — je l'ai déjà constaté dans une récente occasion ; son avenir est assuré soit à l'Opéra-Comique, soit même sur la scène à laquelle il appartient et où les auteurs des œuvres en préparation ne manqueront pas de rechercher son concours.

(Louis Gallet, la Nouvelle Revue, 15 février 1889)

 

Opéra-Comique : début de M. Badiali dans le Barbier de Séville.

M. Badiali, que l'Opéra-Comique vient de nous présenter comme Figaro, fut, il y a déjà quelques années, un des plus persévérants élèves du Conservatoire.

Il chanta au Château-d'Eau, alors Opéra Populaire, et quoique très jeune à cette époque et bien mal secondé, il fit preuve de quelque adresse dans Joconde, repris à son intention. Plus tard, nous le vîmes dans un rôle effacé de Béatrice et Bénédict, à la première séance des grandes auditions musicales de France, organisée à l'Odéon par Mme la comtesse Greffulhe.

Le jeune baryton s'en est allé depuis lors à Bruxelles, où nous le retrouvâmes dans une scène de Siegfried, sans pouvoir apprécier les qualités qui le faisaient, dit-on, goûter par les habitués de la Monnaie.

Le voici, tentant la fortune à Paris et montrant toujours la persévérance dont il faisait preuve lorsqu'il voulait obtenir son prix. Il a chanté et joué Figaro avec une louable application, mais sans grand relief, et il faut l'attendre à une autre épreuve pour décider de la place qu'il pourra se faire sur une scène parisienne. La représentation a servi de revanche à Mlle Landouzy, qui fit ses débuts dans Rosine, et qui, dans la scène de la leçon de chant, avait chanté bien médiocrement les Variations de Proch et l’air de l'Abeille de la Reine Topaze. La jeune chanteuse a pioché ferme depuis, ces deux morceaux, et elle les chante maintenant avec une presque impeccable correction ; mais les deux morceaux n'en restent pas moins aussi ennuyeux que mal choisis.

M. Fugère est un Bartholo incomparable, M. Lorrain un excellent Basile, et dans une réplique improvisée pour réparer un jeu de scène défectueux, il a fait preuve d'un rare esprit d'à-propos, et d'une très heureuse verve.

Quant à M. Delmas, il conviendra jusqu'à nouvel ordre, de ne pas l'essayer dans d'autres rôles que celui du chevalier Des Grieux, où il est d'ailleurs charmant.

(A. Boisard, le Monde illustré, 08 octobre 1892)

 

 

 

 

 

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