Réer BALANQUÉ

 

 

 

Réer BALANQUÉ

 

baryton français

(Paris, 20 août 1852 )

 

Fils de Mathieu Emile BALANQUÉ, basse.

 

 

Il fut baryton au Théâtre des Variétés de Toulouse, puis directeur du Théâtre de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

En 1893, il habitait 4 rue Bréda [auj. rue Henry-Monnier] à Paris 9e ; en 1895, 27 rue Fontaine à Paris 9e.

 

 

 

 

M. Réer Balanqué (Théâtre des Variétés de Toulouse).

Le sympathique baryton que l’on applaudit chaque soir aux Variétés est né à Paris, le 20 août 1852. Son père, l'éminent artiste qui a créé le rôle de Méphistophélès au Théâtre-Lyrique, lui fit apprendre, au collège, le solfège et le violon. Lorsqu'en 1864 M. Balanqué père fut appelé au théâtre du Capitole où il se fit remarquer au milieu des illustrations que nous possédions alors, il emmena avec lui son jeune fils, qui suivit dans notre Conservatoire le cours de violon de l'excellent M. Guiraud. Un fait fera comprendre les dispositions remarquables que manifestait dès cette époque le jeune Réer : ce dernier, ayant dû partir avant le concours annuel pour suivre son père, rappelé à Paris, M. Guiraud fut tellement contrarié de ce départ qui le privait d'un élève sur lequel il fondait de brillantes espérances, que, sur sa proposition, l'on décida, pour l'avenir, la non admission des enfants d'artistes qui ne pourraient rester pour concourir.

M. Balanqué fils continua à Paris ses études musicales avec MM. Vizentini et Montardon ; il fit partie de l'orchestre de la Porte-Saint-Martin, où il avait pour camarade de pupitre Vergnet, le ténor de l'Opéra. Il fut ensuite successivement engagé à ceux de l’Alcazar, du Pré-Catelan, des Bals de l'Opéra et du Théâtre-Lyrique ; il jouait à première vue et était devenu d'une force remarquable sur son instrument, sans toutefois négliger les études d'architecture auxquelles il s'était adonné.

Lorsqu'arriva la guerre de 1870, il dut quitter le compas et le violon pour le mousquet, et ne rentra à Paris qu'après un service de cinq ans, pendant lequel il s'était battu contre l'Allemagne et avait mérité d'être proposé pour le grade d'officier. A son retour, il eut d'abord l'intention de fonder une maison de pianos, de reprendre ses études d'architecture ; mais la voix du sang parlait trop fort en lui : fils d'artiste, témoin des triomphes que la carrière artistique avait valu à ses parents, il ne résista plus à l'instinct qui le portait vers le théâtre et se mit enfin résolument à étudier le chant.

Musicien excellent, aidé d'ailleurs des bons conseils de sa mère (son père était mort en 1866), il n'eut pas grand’ peine a acquérir rapidement les connaissances nécessaires à la nouvelle profession qu'il avait embrassée. Il fit ses premiers débuts sur la scène dans la saison d'été de 1877, au Croisic. Rentré à Paris, il eut une audition de M. Cantin, directeur des Folies-Dramatiques. Il faut croire que l'impression qu'il fit sur cet habile impresario fut assez bonne, puisque M. Vois, qui jouait le Marquis des Cloches de Corneville, étant tombé malade, M. Cantin songea aussitôt à notre jeune artiste pour le remplacer.

M. Balanqué, qui était allé à Genève où l’appelait un engagement pour la saison d'hiver, put résilier et revint à Paris. Il parut sur la scène parisienne des Folies-Dramatiques deux mois et demi après ses débuts dans la carrière théâtrale, et par un sentiment de modestie qui l'honore, il n'avait fait mettre sur l'affiche que son prénom de Réer. Voici comment s'exprime à son sujet M. Joncière, l'éminent critique de la Liberté :

« Le rôle du Marquis des Cloches de Corneville a été cédé à un jeune baryton du nom de Réer, agréable chanteur, possédant une excellente méthode. »

M. Balanqué fit ensuite une saison à Rouen. A son retour, il chanta devant Mme Miolan-Carvalho, qui le présenta à son mari, alors directeur de l'Opéra-Comique. Il aurait pu accepter les propositions d'engagement qui lui étaient faites et paraître sur cette scène célèbre ; mais, se trouvant encore trop jeune pour de semblables débuts, notre jeune artiste préféra aller faire la saison d'été à Ostende ; de là, il fut engagé en qualité de baryton d'opéra-comique au Grand-Théâtre-Royal de Liège. Le public, éminemment connaisseur de cette ville, fit un excellent accueil à M. Balanqué tant que dura la saison théâtrale de 1881.

C'est au moment où il était en pourparlers avec M. Lecocq, qui voulait lui donner un rôle dans sa nouvelle opérette le Jour et la Nuit, que M. Lemercier a su attacher à son théâtre le sympathique chanteur qui nous occupe.

M. Balanqué a débuté sur la scène des Variétés dans le rôle du Podestat de la Petite Mariée ; il a fait admirer d'abord sa tenue parfaite, son jeu distingué et son savoir musical. Le rôle de Pippo de la Mascotte n'a fait que grandir le succès du jeune baryton, qui dans cette pièce fit preuve, comme comédien, d'une souplesse de talent égale à celle de sa voix. Le personnage de Brissac, des Mousquetaires au Couvent, a prouvé que M. Balanqué pouvait aborder avec succès tous les genres.

Grâce à cette heureuse acquisition, la troupe d'opérette des Variétés est désormais complète, et M. Lemercier peut, sans crainte, monter toutes les œuvres légères qui demandent le concours d'un baryton véritablement artiste.

(Néol, le Midi artiste, 25 décembre au 01 janvier 1882)

 

 

 

 

 

Grand-Théâtre de Saint-Etienne [première du Cœur et la Main de Lecocq].

M. Reer-Balanqué, un vrai baryton, nous voulons dire un baryton qui sait chanter, M. Delorieu, sorte de Ramollot fort plaisant, et M. Derieux, brave homme de roi toujours préoccupé de l'équilibre européen, ont été vivement applaudis.

(le Petit Stéphanois, 11 janvier 1886)

 

Boulogne-sur-Mer. — Donner Mireille avec une simple troupe d'opérette est, vous me l'avouerez, un joli tour de force ; c'est pourtant celui que vient d'accomplir notre directeur M. Reer-Balanqué, ajoutons que la tentative a complètement réussi.

Il est vrai de dire que Mlle Blanche Balanqué et M. Charles Balanqué, de l'Opéra-Comique, tenaient les rôles de Mireille et de Ramon.

Ces deux artistes ont été on ne peut mieux secondés par M . Duncan (Vincent), M. Estella (Ourrias) et Mlle Lamoureux, notre charmante première chanteuse, qui avait accepté de chanter Taven. Une véritable ovation lui a été faite après son morceau du premier acte : « Voici la saison, mignonne. »

(L. V. Dhanvilliers, Chronique artistique n° 3, dimanche 25 décembre 1892)

 

 

 

 

 

 

 

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