Frédéric BARBIER

 

 

 

Etienne Frédéric dit Frédéric BARBIER

 

compositeur français

(place de la Comédie, Metz, 3e section, Moselle, 15 novembre 1829* – Paris 3e, 12 février 1889*)

 

Fils de Félix Henry BARBIER (Verceil, Piémont, 1805 –), lieutenant au corps royal du génie, et d'Adélaïde Joséphine Rosalie ROUSSEAU (Aix-la-Chapelle, Prusse, 1804 –).

Epouse 75003.Paris le 06 novembre 1888* Alexandrine Marie LAUBIER (Paris, 27 juillet 1830 ).

 

 

Il fit ses études littéraires au collège de Bourges, en même temps qu'il recevait des leçons de solfège, de piano, d'harmonie et de contrepoint de Henri Darondeau, alors organiste d'une des églises de cette ville. Son père, officier du génie, désirait le voir entrer à l’Ecole polytechnique, dont lui-même avait été l'élève ; mais le gouvernement de 1848 ayant créé une nouvelle école, dite d'administration, le jeune Barbier préféra concourir pour cette dernière, et y fut admis. Cette école ayant été dissoute peu de mois après, il reçut comme dédommagement des inscriptions de droit, et commença ses études de droit. Mais la musique, qu'il n'avait jamais abandonnée au milieu de travaux d'un ordre bien différent, reprit bientôt le dessus dans son esprit. Frédéric Barbier, qui avait déjà écrit et fait représenter à Bourges en 1852 un petit opéra-comique en un acte, le Mariage de Colombine, songeait à se produire à Paris, sur une scène musicale. Présenté par des personnages influents à Edmond Séveste, alors directeur du Théâtre-Lyrique, il fit à ce théâtre la connaissance d'Adolphe Adam, qui s'intéressa à lui, lui donna d'abord des conseils, puis des leçons particulières, et enfin lui fit recevoir son premier ouvrage, Une nuit à Séville, opéra-comique en un acte joué au Théâtre-Lyrique le 14 septembre 1855 et très favorablement accueilli. Deux mois après, le 21 novembre, Frédéric Barbier donnait au même théâtre un nouvel ouvrage en un acte intitulé Rose et Narcisse, qui ne fut pas moins bien accueilli. Depuis lors, et dans un espace de vingt années, il a fait représenter sur toutes les petites scènes lyriques de Paris et dans des cafés-concerts plus de soixante ouvrages plus ou moins importants, la plupart en un acte et se rapprochant de plus en plus du genre de l’opérette-bouffe. Il a, en outre, composé pour l'Eldorado, l'Alcazar, Ba-ta-clan, les Folies-Belleville, les Bouffes-du-Nord, etc., un grand nombre d'opérettes, de saynètes, de pantomimes, de ballets. On peut regretter que Frédéric Barbier, qui est bien doué au point de vue de l'imagination, qui a de la verve et qui sait écrire, ait ainsi gaspillé ses forces sans profit pour son nom, tandis qu'il aurait pu sans doute, avec un peu moins de fièvre et de hâte dans la production, acquérir une situation plus enviable. Aux œuvres représentées, il faut ajouter : le Miroir, opérette en un acte, non représentée, publiée dans le Magasin des Demoiselles ; la Veuve Omphale, publiée chez l'éditeur M. Vieillot ; la Chaumière indienne, opéra-comique en un acte, reçu naguère à l'Opéra-Comique et non représenté ; Corinne, opéra-comique en trois actes, et les Incroyables, opéra bouffe en trois actes, non représenté ; environ 300 duos, romances, mélodies vocales, chansonnettes, de nombreux morceaux de musique de danse pour le piano, des marches de concert et des fantaisies pour orchestre sur des motifs d'opéras, des chœurs pour voix d'hommes, des galops, valses, mazurkas, polkas, etc. Frédéric Barbier a été, en 1867, chef d'orchestre du Théâtre-International, et il dirigea au même titre à partir de 1873 l'orchestre de l'Alcazar d'été (aux Champs-Elysées, alors composé de 70 musiciens), fonction qu'il partagea avec Henry Litolff. Cet artiste s'est essayé aussi dans la critique, et a collaboré à quelques petits journaux, entre autres l'Avenir musical (1853), et l'Indépendance dramatique. Le 06 novembre 1888, malade, il ne put se déplacer et fit célébrer son mariage en son domicile, 11 boulevard du Temple à Paris 3e, où il mourut quelques mois après.

 

 

 

 

œuvres lyriques

 

le Mariage de Colombine, opéra-comique en 1 acte (théâtre de Bourges, 1852)

Une nuit à Séville, opéra-comique en 1 acte, livret de Charles Nuitter et Beaumont (Théâtre-Lyrique, 14 septembre 1855) => fiche technique

Rose et Narcisse, opéra-comique en 1 acte, livret de Charles Nuitter et Beaumont (Théâtre-Lyrique, boulevard du Temple, 21 novembre 1855)

     avec M. Legrand (Narcisse), et Mlle Garnier (Rose), qui plus tard aux Bouffes-Parisiens eut un succès de beauté en prêtant ses traits à Vénus dans Orphée aux Enfers.

le Pacha, opérette en 1 acte, livret de Charles Nuitter (Folies-Nouvelles, mars 1858). Cet ouvrage réussit peu.

Francastor, opérette en 1 acte, livret de Gustave Labottière et Achille Eyraud (Folies-Nouvelles, 22 mai 1858) => fiche technique

le Page de Madame Malborough, opérette en 1 acte, livret d'E. Vierne [Jules Verne] (Folies-Nouvelles, 28 octobre 1858)

     C'est une bluette amusante, semée de quelques mots spirituels et accompagnée d'une musique piquante. Le vieil air de Marlborough a été varié par l'auteur d'une manière originale.

le Faux Faust, opérette parodie en 3 actes [composée sous le pseudonyme de Stephan] (Folies-Nouvelles, novembre 1858)

le Docteur Tam-Tam, opérette-bouffe en 1 acte, livret de Francis Tourte (Folies-Nouvelles, 05 mars 1859) => fiche technique

Monsieur Deschalumeaux, opérette en 2 actes, livret de Gustave Perée (théâtre Déjazet, octobre 1859). C'est un arrangement de la pièce ancienne et de la musique de Gaveaux.

Panne aux Airs, parodie en 1 acte, livret de Clairville (théâtre Déjazet, 30 mars 1861)

les Amours d'un shah, opérette en 1 acte et 2 tableaux, livret de Gustave Pérée (inauguration du théâtre du Chalet des Iles, 13 juin 1861). Ce petit ouvrage amusant a été goûté.

Flamberge au vent, opérette en 1 acte, livret de Charles Nuitter et Séjour [Victor Marcou], création au théâtre du Chalet des Iles (Bois de Boulogne) en août 1861

Versez, marquis !, opérette en 1 acte, livret d'Alexis Bouvier et Edouard Prével (Folies-Marigny, 19 avril 1862)

la Cigale et la Fourmi, opérette-bouffe en 1 acte, livret d'Achille Eyraud (1821-1882) (Folies-Marigny, 28 mai 1862)

le Loup et l'Agneau, opérette en 1 acte, livret d'Etienne Hippolyte Chol de Clercy et Hippolyte Messant (théâtre Déjazet, octobre 1862)

     On a remarqué la jolie romance : Frêles calices, accompagnée par le cor anglais.

Madame Pygmalion, opérette-bouffe en 1 acte, livret de Jules Adenis et Francis Tourte (Bouffes-Parisiens, 06 février 1863)

     avec MM. Duvernoy, Jean-Paul, Mlles Baudouin, Giraldine et Laurent.

      « L'idée est burlesque et ne manque pas d'esprit. Clorinde, artiste peintre, conçoit une folle passion pour l'image d'un affreux Turc qu'elle vient de peindre. Sa camériste et son amoureux s'amusent aux dépens de l'artiste en transformant la toile en tableau parlant, et achèvent de lui faire perdre la tête. M. Barbier a écrit dans ce petit ouvrage un morceau intitulé : Ronde de l'émir, qui a été bien accueilli. » [Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

les Trois Normandes, opérette-bouffe en 1 acte, livret de Pol Mercier (Folies-Marigny, 21 mars 1863)

la Gamine du village, opérette en 1 acte, livret d'Alexis Bouvier (Folies-Marigny, 15 juillet 1863) => fiche technique

Simon Terre-Neuve, opérette en 1 acte (théâtre Déjazet, 1863)

Deux permissions de dix heures, opérette en 1 acte, livret de Pol Mercier et Henry Currat (théâtre Déjazet, mai 1864)

Achille chez Chiron, opérette en 1 acte, livret d'Amédée de Jallais et Vulpian (Folies-Marigny, 14 octobre 1864)

le Miroir, opérette en 1 acte, livret de Charles Nuitter (octobre 1864) => fiche technique

la Bouquetière de Trianon, opéra-comique en 2 actes, livret de Laurencin [pseudonyme de Paul-Aimé Chapelle (1806-1890)] et Jules Adenis

     représenté pour l'inauguration du théâtre Saint-Germain (devenu théâtre Cluny), le 24 novembre 1864.

Un souper chez Mademoiselle Contat, opérette en 1 acte, livret d'Armand Liorat (Eldorado, 1864)

Un congrès de modistes, opérette-bouffe en 1 acte, livret de Marc Michel et Laurencin (Bouffes-Parisiens, 16 février 1865)

la Nourrice d'Hercule, opérette en 1 acte (Eldorado, 1865)

les Oreilles de Midas, opéra-comique en 1 acte, livret de Nérée Desarbres et Charles Nuitter (Fantaisies-Parisiennes, 21 avril 1866)

Don Juan de fantaisie, opérette en 4 actes (Fantaisies-Parisiennes, 09 juin 1866)

Une femme qui a perdu sa clef, opérette en 1 acte, livret de Léonce et Alexandre de Bar (Bouffes-Parisiens, 21 octobre 1866)

les Légendes de Gavarni, opéra-comique en 3 actes, livret d'Hippolyte Lefebvre (Bouffes-Parisiens, 29 janvier 1867)

     avec MM. Gourdon, Bonnet, Croué, Mmes Geraizer, Bonelli, Decroix et Rigault.

      « C’est une bouffonnerie de carnaval. Des clercs de notaire déguisés en débardeurs ; un habitant de Senlis, oncle de la future d'un des jeunes gens, qui s'est faufilé dans cette société à l'aide d'un costume de femme sauvage ; une querelle ; des cartes échangées, dont l'une se trouve être, par erreur, celle du patron des basochiens ; tout cela fait une pièce assez plaisante, mais qui appartient plutôt au répertoire du Palais-Royal qu'à celui d'un théâtre lyrique. » [Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

Gervaise, opéra-comique en 1 acte, livret d'Hippolyte Lefebvre et Alexis Bouvier (Théâtre-International, 17 juin 1867)

le Nez de carton, opérette en 1 acte (Eldorado, 1867)

l'Orchestre des Danoises, opérette (Alcazar, 1867)

le Soldat malgré lui, opéra-comique en 2 actes, livret d'Henri Chivot et Alfred Duru (théâtre des Fantaisies-Parisiennes, 19 octobre 1868)

     avec MM. Bonnet, Soto, Davoust, Mme Decroix et Mlle Flachat. La musique a du mérite. On a remarqué des chœurs bien traités, une tyrolienne et des couplets bouffes.

le Souper d'Arlequin, opérette-bouffe en 1 acte, livret de Jules Perrin (Eldorado, 28 novembre 1868) => partition et livret

Balladine et Casquenfer, opérette-bouffe en 1 acte, livret de Charles Blondelet et Félix Baumaine (Eldorado, 15 février 1869)

Faust et Marguerite, saynète bouffe en 1 acte, livret de Félix Baumaine et Charles Blondelet (Ambassadeurs, 23 juillet 1869) => fiche technique

Mam'zelle Pierrot, opérette en 1 acte, livret d'Amédée de Jallais et Henri de Kock (Folies-Bergère, 26 septembre 1869)

Don Férocio, saynète bouffe en 1 acte, livret de Charles Blondelet et Félix Baumaine (Eldorado, 23 octobre 1869) => fiche technique

Fermé le dimanche, saynète en 1 acte, livret d'Etienne Hippolyte Chol de Clercy (Eldorado, 13 décembre 1869)

le Beau Chasseur, opérette en 1 acte (Eldorado, 1869)

Un mariage au gros sel, opérette en 1 acte, livret d'Armand Liorat (Eldorado, 10 juillet 1869) => fiche technique

Millionnaire !, opérette en 1 acte (Eldorado, 1869)

Un procès en séparation, saynète en 1 acte, paroles d'Hippolyte Bedeau (Eldorado, 12 janvier 1870)

l'Acteur Omnibus, fantaisie lyrique en 1 acte, livret de Jules Perrin et Jules Pacra (Eldorado, 12 mars 1870) => fiche technique

Lucrèce d'Orgeat, parodie en 1 acte (Eldorado, 1870)

On demande un pitre, opérette en 1 acte (Eldorado, 1870)

Un lendemain de noces, opérette en 1 acte (Eldorado, 1871)

les Points jaunes, saynète en 1 acte, livret de Jules Pacra et Fétré (Eldorado, 17 août 1872)

la Bonne de ma tante, saynète bouffe en 1 acte, livret d'Hippolyte Bedeau (Eldorado, 1872) => fiche technique

Une cause célèbre, opérette en 1 acte (Eldorado, 1872)

le Baromètre parisien, monologue d'A. Philibert et Alphonse Siégel (Eldorado, 1873)

le Coq est mort !, opérette en 1 acte (Eldorado, 1873)

M'ame Nicolas, opérette en 1 acte, livret de Gaston Villemer (Eldorado, 1873)

Mam'zelle Rose, opérette en 1 acte, livret d'Adrien Decourcelle et Eugène Bercioux, d'après leur vaudeville (Variétés, 1874)

Monsieur l'Alcade, opérette en 1 acte (Eldorado, 1874)

Pierrot et la Belle enchantée, opérette en 1 acte (Eldorado, 22 mai 1875)

Un scandale à l'Alcazar, bouffonnerie musicale en 1 acte, livret de M. Duvert (Alcazar d'été, mai 1875)

     avec toute la troupe : Mmes Lafourcade, Person, Roger, Gondet, Latouche, MM. Desroches, Bienfait, Mathieu, Leter, Fieux ; orchestre sous la direction du compositeur, alors chef d'orchestre de l'Alcazar d'été.

les Deux Choristes, opérette en 1 acte (Eldorado, 11 septembre 1875)

le Champagne de ma tante, opérette en 1 acte, livret d'Hippolyte Bedeau (Eldorado, 1875) => fiche technique

la Fermière et son garçon, opérette en 1 acte, livret d'Auguste Jouhaud (Eldorado, 1875, avec Mmes Chrétienno [Marcelle] et Amiati [Jacquet]) => partition et livret

la Fête de Madame Denis, opérette en 1 acte, livret de Jules de Rieux et Gaston Villemer (Alcazar d'été, 1875)

Marion de l'Orme, parodie (Eldorado, 1875)

les Cent mille francs du ténor, opérette en 1 acte (1876)

la Baronne de Haut-Castel, opérette en 1 acte, livret de Laurencin (Eldorado, 1877)

le Carnaval des épiciers, opéra-comique en 3 actes (Bouffes-du-Nord, 06 avril 1877)

les Deux Parfaits Notaires, opérette en 1 acte, livret de Louis Péricaud et Gaston Villemer (Bouffes-Parisiens, 1878)

le Verrou, opérette en 1 acte, livret de Louis Battaille (Eldorado, 31 octobre 1879) => fiche technique

la Noce à Suzon, opérette en 1 acte, livret de Jouhaud et Gaston Villemer (Alcazar d'été, 1880)

Atchi !, bouffonnerie musicale en 1 acte, livret d'Hermil et Numès (Eldorado, 1880) => fiche technique

le Supplice de Tantale, opérette en 1 acte, livret d'E. Durafour (1881)

les Premières armes de Parny, opérette en 1 acte, livret de Louis Péricaud et Lucien Delormel (Eldorado, 15 mars 1882, avec Mmes Roland, Canon, Liovent, M. Gaillard)

la Carmagnole, opérette en 1 acte, livret de Louis Péricaud (Eldorado, 1883)

la Chaumière indienne, opéra-comique en 1 acte

Corinne, opéra-comique en 3 actes

les Incroyables, opéra bouffe en 3 actes

la Poupée automate, opérette en 1 acte

la Sainte Catherine, opérette en 1 acte (Eldorado)

la Veuve Omphale, opérette en 1 acte

 

ballets

 

le Grand roi d'Yvetot, vaudeville-pantomime en 3 actes, livret de Louis Emile Vanderburck et Albert Guinon (théâtre Déjazet, décembre 1859)

les Pifferari, ballet (Alcazar d'été, mai 1875)

la Balle enchantée, pantomime (Eldorado)

les Cascades de Pierrot, pantomime (Eldorado)

le Trésor de Cassandre, pantomime (Eldorado)

 

mélodies et chansons

 

A l'école, chanson satirique, paroles d'Henry Min et Ribault (1872) => partition

A la guerre comme à la guerre, chansonnette, paroles d'Hippolyte Bedeau (1870) => partition

Abeille (l'), fantaisie, paroles d'A. Beaumont (1856) => partition

Bibi-Boba, scie havanaise, paroles d'A. Ben et R. d'Herville (1880) => partition

Révolte des noirs (la), paroles de Francis Tourte

Roi David (le), paroles de Francis Tourte

Toinon, paroles de Francis Tourte

Tout ça c'est à moi, paroles de Francis Tourte.

 

œuvres pour piano

 

=> partitions

 

 

 

 

 

 

Le compositeur Frédéric Barbier, après avoir eu deux partitions chantées en deux mois au Théâtre-Lyrique, n'a plus reparu sur les grandes scènes ; il s'est fait le fournisseur mélodique des petites (les Folies-Nouvelles, l'Athénée, les Fantaisies-Parisiennes, les Folies-Marigny, etc...) ; au besoin il n'a pas dédaigné de descendre jusqu'aux cafés-concerts, jetant sa musique à tous les vents.

(Albert de Lasalle, Mémorial du Théâtre-Lyrique, 1877)

 

 

 

 

 

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