Pierre BARBIER

 

 

 

Pierre Auguste Christian dit Pierre BARBIER

 

auteur dramatique français

(Paris 10e, 30 octobre 1854 – Paris, 1918)

 

Fils de Jules BARBIER, librettiste, et de Marie RENARD dite Marie BARBIER (1827 1897). Père de Henri BARBIER.

 

 

D'abord peintre, élève de Bonnat de 1873 à 1877, il a fait représenter quelques pièces, notamment : le Roi chez Molière, comédie en un acte et en vers (Gaîté, 23 janvier 1876) ; Indigne, drame en quatre actes (Menus-Plaisirs, 05 avril 1884) ; le Modèle, comédie en un acte et en vers (Odéon, 22 mars 1886) ; Vincenette (Comédie-Française, 28 mai 1887) ; les Fiançailles de Triboulet, drame en un acte (Bodinière, 17 janvier 1892) ; la Preuve (1893), comédie (1893) ; l'Enfant prodigue (1896) ; la Vieillesse de Don Juan, avec Mounet-Sully (Odéon, 27 avril 1906) ; etc.

En 1897, il habitait 50 rue Pergolèse à Paris 16e.

 

 

 

 

livrets

 

Simone, opéra-comique en 3 actes, musique de R. Cottier (en privé, salle Duprez, mai 1883)

l'Enclume, opéra-comique en 1 acte, musique de Georges Pfeiffer (Opéra-Comique, 23 juin 1884)

le Baiser de Suzon, opéra-comique en 1 acte, musique de Herman Bemberg (Opéra-Comique, 04 juin 1888)

Jehan de Saintré, opéra-comique en 2 actes, avec Jules Barbier, musique de Camille Erlanger (Aix-les-Bains, 01 août 1893)

Struensée, scènes empruntées au drame en prose et mises en vers pour relier les différentes parties de la partition de Giacomo Meyerbeer (Concerts Colonne, 08 mars 1896)

Daphnis et Chloé, comédie lyrique en 3 actes, avec Jules Barbier, musique d'Henri Maréchal (Théâtre-Lyrique, 08 novembre 1899)

le Follet, poème lyrique en 1 acte, musique d'Ernest Lefèvre-Dérodé (Opéra-Comique, 01 mai 1900) => fiche technique

le Tasse, opéra en 3 actes, avec Jules Barbier, musique d'Eugène d'Harcourt (Monte-Carlo, 14 février 1903)

Renza, opérette en 3 actes, avec Jules Barbier, musique de Charles Lecocq (non représenté)

Circé, grand opéra, avec Jules Barbier, musique de Théodore Dubois (non représenté)

Danubia, avec Jules Barbier, musique de Feinsinger (non représenté)

Djemina, opéra-comique en 3 actes, musique d'Hector Salomon (non représenté)

 

mélodies

 

les Chants de l'Enfance, un volume, musique d'Henri Maréchal

le Départ du mousse, barcarolle, musique de Charles Gounod (1877)

 

 

 

 

Il a fait représenter plusieurs pièces qui, sans lui avoir acquis encore une grande notoriété littéraire, révèlent cependant du talent chez ce « jeune » vraiment jeune, et le désignent comme un auteur d'avenir. Nous citerons entre autres : le Roi chez Molière, intermède en vers (1876) ; Indigne, drame en quatre actes, où M. Barbier a mis en scène, non sans imprudence et sans inexpérience, une aventure parisienne qui venait de faire grand scandale dans le monde (1884) ; l'Enclume, opéra-comique en un acte, musique de Pfeiffer (1884) ; le Modèle, comédie en un acte, représentée à l'Odéon (1886) ; enfin Vincenette, comédie en un acte, jouée à la Comédie-Française en juin 1887. Vincenette est une humble paysanne qui « a fauté » avec le fils d'un riche propriétaire et qui finit, malgré l'opposition de celui-ci au début, par épouser celui qu'elle aime et dont elle est adorée. Si l'histoire n'est pas très neuve, les vers sont charmants. Dits par M. Got, et surtout par Mlle Reichemberg, dans les deux principaux rôles, ils ont conquis les suffrages du public.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

 

 

Pierre Barbier, qui reprit noblement dans les lettres un nom illustré déjà deux fois : par Auguste Barbier, l'auteur fameux des Iambes, et par Jules Barbier, le librettiste de tant d'œuvres célèbres, s'est montré dignement au théâtre et dans le drame poétique le continuateur de son oncle et de son père. Son œuvre, sans négliger l'inspiration plus personnelle de vers familiers, embrasse dans la comédie, l'opéra et l'opéra-comique, les formes diverses du lyrisme et de l'inspiration. Une fantaisie charmante unie à l'émotion la plus saine et la plus poignante, enfin un art dont la perfection est toute littéraire contribuent à faire du théâtre comique, dramatique et aussi musical de M. Pierre Barbier, l'un des plus séduisants et des plus expressifs de la scène moderne.

D'abord élève de Bonnat, l'auteur délicat de Vincenette s'essaya dans le bel art de peindre. Ce n'est pas sans humour qu'il rappelle aujourd'hui cette « époque funeste, où, dit-il, je faisais de la peinture de poète et des vers de peintre ». Le succès de son premier acte en vers : Le Roi chez Molière, représenté, au théâtre de la Gaîté — aux matinées littéraires organisées par Vizentini — l'encouragea peu à peu à délaisser le pinceau pour la plume. Un mot du peintre Fromentin décida de son option définitive. Ceci se passait à Vichy et M. Jules Barbier, parlant avec son fils, venait de lui conseiller de rester à l'atelier tout en faisant du théâtre. Survient le peintre Fromentin avec lequel tous deux étaient liés. « Ah ! mon cher ami, lui dit M. Jules Barbier, vous êtes l'illustre exemple qui me manquait pour convaincre mon fils ! Dites lui donc que l'on peut être un grand écrivain, lors même qu'on est déjà un grand peintre ! » — Pardon, cher ami, répondit Fromentin, on peut être peintre et écrivain ; soit, mais successivement ! Quand je peins je deviens incapable d'écrire et quand j’écris le pinceau me devient un lourd instrument ; il y a là deux ordres d'inspiration bien différents. »

Dès lors, convaincu de la presque incompatibilité des deux arts, M. Pierre Barbier se consacra entièrement aux lettres. Un drame en vers en cinq actes qu'il présenta à la Comédie-Française et un volume de satires : les Flèches, que l'auteur vint, au XIXe siècle, offrir à Edmond About furent jugés trop audacieux pour paraître, l'un au feu de la rampe, l'autre en librairie. Aussi les débuts véritables de M. Pierre Barbier datent-ils de la représentation d'un drame en quatre actes et en prose : Indigne, que monta le théâtre des Menus-Plaisirs. Après une première orageuse, l'œuvre tint bon et imposa le nom de M. Barbier. Un acte que ce dernier donnait, la même année en collaboration avec Georges Pfeiffer : l'Enclume, lui ouvrait les portes de l'Opéra-Comique. Le Modèle, comédie en un acte en vers donnée à l'Odéon succéda ensuite. Enfin ce fut, au Théâtre-Français, Vincenette, ce délicieux petit acte d'une fraîcheur si vive qui est justement resté au répertoire.

Accueilli aussi bien dans les divers genres où il se manifestait, M. Pierre Barbier triomphait encore à l'Opéra-Comique avec le Baiser de Suzon, puis, au Théâtre d'Application avec trois petits actes : Au bois sacré, la Preuve, les Fiançailles de Triboulet, tous trois révélateurs de son talent. Depuis, ce dernier n'a fait que de s'affirmer encore avec des ouvrages comme les scènes musicales de Struensée, la Chanson de la Vieille composée avec Hector Salomon, Circé avec Théodore Dubois, Daphnis et Chloé avec Henri Maréchal, Renza avec Ch. Lecocq, Jehan de Saintré avec d'Erlanger, le Tasse, laissé inachevé par Ambroise Thomas, ont été ou seront représentés. Un Lis, drame en vers qui sera l'œuvre capitale de l'auteur de Vincenette, est à représenter aussi.

Très épris des grands naturalistes modernes : Balzac, Dickens, Augier, Maupassant, Daudet, M. Pierre Barbier croit qu'on peut être poète sans amplifier la nature. C'est ce qu'il enseigne avant tout, aux élèves de son cours de déclamation : « Je vous en prie, ne nous faisons qu'un répertoire de choses vraies, mais de belles choses. Je dirai toujours à l'interprète ce que je demande au créateur : « Ne reproduis que la vérité mais, choisis-la. » Est-il un plus beau programme ? M. Pierre Barbier l'a toujours mis en application.

(Figures contemporaines tirées de l'album Mariani, 1908)

 

 

 

 

 

 

Encylopédie