Blanche BARETTI

 

 

 

Marie Julie Blanche BARETTY dite Blanche BARETTI

 

soprano français

(Bordeaux, 1re section, Gironde, 10 février 1838* – Paris 9e, 16 décembre 1877*)

 

Fille de Joseph (Joseph Adolphe) BARETTY (1 place Nationale, Bordeaux, section Centre, 23 mai 1804 [3 prairial an XII]* – Deuil-la-Barre, Seine-et-Oise [auj. Val-d’Oise], 25 septembre 1883*), musicien [fils d’Augustin Alexis BARETTY (Pignerol, Piémont, Italie, 1753 – Bordeaux, 02 février 1831*), artiste musicien], et de Marie Irma DESGUYOT DE LABRUYÈRE (1814 – ap. 1883).

Sœur d’Henri (Henri Paul) BARETTY (Bordeaux, section 1, 26 octobre 1836* – Paris 9e, 11 juillet 1862*), second prix d’harmonie au Conservatoire en 1861 ; de Jeanne Berthe BARETTY (Bordeaux, section 1, 11 mai 1841* – ap. 1885) [épouse à Paris 9e le 30 juillet 1863* Michel CARRÉ, librettiste] ; de Georges BARETTI, ténor (voir ci-dessous) ; de Jeanne Marie Marguerite BARETTY (Bordeaux, section 1, 27 janvier 1855* – ap. 1914), artiste peintre ; de Charles Henri BARETTY dit Charles BARETTI (Bordeaux, 1re section, 31 mars 1859* – ap. 1896), violoncelliste.

 

 

Elève au Conservatoire de Paris dans la classe de chant d’Henri Laget, elle y obtint en 1860 un second prix de chant, un premier prix d’opéra-comique et un premier accessit d’opéra. Elle chanta au Théâtre-Lyrique (1860-1862), à l’Opéra-Comique (1863-1865). Elle chanta ensuite en province : Marseille, Gand, Bordeaux, Lyon, et dans les principales villes de Belgique [Monnaie de Bruxelles, 1867-1868 et 1871-1872 ; Théâtre Royal d’Anvers : Rigoletto, 05 mars 1871].

En 1863, elle habitait 7 passage Saulnier [auj. rue Saulnier] à Paris 9e. Elle est décédée, célibataire, à trente-neuf ans en son domicile, 54 rue Basse-du-Rempart à Paris 9e.

 

Son frère, Georges Henri BARETTY dit Georges BARETTI (Bordeaux, section 1, 10 octobre 1843* – ap. 1883), ténor, débuta au Théâtre-Lyrique en 1867 dans Roméo et Juliette et y créa le 23 octobre 1867 les Bleuets (Don Sanche) de Jules Cohen. Il débuta à l’Opéra-Comique en 1868 et y créa le 28 novembre 1868 le Corricolo (Matteï) de Ferdinand Poise. Il chanta ensuite au Théâtre de la Gaîté (1869), à Lyon (1871-1872), au Grand Théâtre de Bordeaux (1875), à Bayonne (1880), au Capitole de Toulouse (1880).

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Elle y débuta le 17 décembre 1860 en créant les Pêcheurs de Catane (Nella) d’Aimé Maillart.

 

Elle y créa également le 11 avril 1861 la Statue (Margyane) de Victor Massé ; le 06 décembre 1861 la Tyrolienne de Charles Théodore Leblicq ; le 24 mai 1862 le Pays de Cocagne (Violette) de Pauline Thys.

 

Elle y participa à la première le 16 novembre 1861 du Café du roi (Gilberte) de Louis Deffès.

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 15 septembre 1862 dans Zémire et Azor (Zémire) de Modeste Grétry.

 

Elle y créa le 21 février 1863 la Déesse et le berger (Maïa) de Jules Duprato ; le 13 avril 1863 Bataille d’amour (Diane) d’Emmanuel Vaucorbeil ; le 21 mars 1864 Lara (Camille) d’Aimé Maillart ; le 08 mars 1865 le Saphir (la Reine) de Félicien David.

 

Elle y participa à la première le 24 août 1863 des Amours du Diable d’Albert Grisar.

 

 

 

Jules Monjauze et Blanche Baretti

 

 

 

[création de la Tyrolienne]

Il y a une cantatrice qui vient de Saint-Pétersbourg chargée de gloire et de roubles, et qui chante le bonheur d'être une virtuose célèbre, avec une petite voix aigrelette qui a été limée au Conservatoire de Paris, où ils n'en font pas d'autres. Elle se nomme Mlle Baretti.

(Paul Scudo, l’Année musicale, 1862)

 

 

Pourquoi mademoiselle Monrose est-elle entrée à l'Opéra-Comique ? Qui m'expliquera cette charade ? Personne.

Felix qui potuit rerum cognoscere causas.

Un profil de casse-noisette, le port d'une reine, voilà tout, et c'est bien peu. Il ne faut pas parler de sa voix ou de son talent ; vous savez bien que les absents ont toujours tort. Taisons-nous, elle a remplacé mademoiselle Baretti dans Lara, et elle était loin de la valoir. Or, ne pas valoir Baretti…

(Yveling Rambaud et E. Coulon, les Théâtres en robe de chambre : Opéra-Comique, 1866)

 

 

La mort vient de faire un nouveau vide dans les rangs de nos artistes : Mlle Blanche Baretti, une chanteuse de mérite, que le public parisien n'a point oubliée, est morte hier soir.

Blanche Baretti, élève distinguée du Conservatoire, avait débuté au Théâtre-Lyrique, en 1860. Elle créa à ce théâtre du rôle principal de la Statue, d'Ernest Reyer puis elle entra à l'Opéra-Comique, où elle resta pendant plusieurs années. Elle partit ensuite pour la province, et Marseille, Bordeaux et les principales villes de la Belgique l’ont applaudie tour à tour.

Depuis quelques années, Blanche Baretti avait été forcée d'abandonner le théâtre ; elle était en proie à une de ces maladies dont on meurt lentement, mais sûrement. C'est à la suite d'une agonie de longs mois qu'elle est morte hier.

C'était une artiste d'un talent très réel, dont le charme et l'exquise beauté avaient un grand empire sur le public. Comme femme, elle a vécu entourée des sympathies de tous ceux qui l'ont connue. Elle meurt âgée de trente-neuf ans.

Ses obsèques auront lieu demain mardi, à l'église de la Madeleine ; nous en ferons connaître l'heure.

(Jules Prével, le Figaro, 17 décembre 1877)

 

 

Une jeune et charmante artiste, Mlle Blanche Baretti, qui débuta naguère au Théâtre-Lyrique dans les Pêcheurs de Catane, de Maillart, y créa le rôle poétique de Margyane dans la Statue et occupa pendant plusieurs années une place distinguée à l’Opéra-Comique, est morte cette semaine à Paris, où elle vivait retirée du théâtre. Mlle Blanche Baretti, fille d’un artiste modeste qui tient sa place dans l’orchestre du théâtre de la Renaissance et sœur de Mme Michel Carré, n’avait que 39 ans.

(le Ménestrel, 23 décembre 1877)

 

 

 

 

 

Blanche Baretti

 

 

 

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