Marguerite BAUX

 

Marguerite Baux dans Faust (Marguerite) en 1877

 

 

Marguerite BAUX

 

soprano français

 

Fille de Jean Elysée BAUX (Marseille, Bouches-du-Rhône, 29 octobre 1798 Marseille, 13 octobre 1865*), maire de Marseille en 1848, et de Rosalie Eudoxie ARNAUD (Marseille, 13 janvier 1814 – Rouen, Seine-Inférieure [auj. Seine-Maritime], 22 avril 1884*).

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle a débuté le 04 février 1876 dans la Juive (Rachel).

 

Elle a chanté le Freischütz (Agathe, 1876) ; le Prophète (Berthe, 1876) ; Don Juan (Elvire, 1876) ; le Roi de Lahore (Sita, 1877) ; Robert le Diable (Alice, 1877).

 

 

 

 

 

Une bonne nouvelle pour finir. M. Halanzier vient d'engager pour trois années une future Nilsson ayant nom Marguerite Baux. Mlle Baux, fille de l'ancien maire de Marseille, est une jeune personne du meilleur monde, blonde comme la Marguerite de Goethe comme l'Ophélie de Shakespeare, et douée d'une voix séraphique. Elle chante déjà en artiste et promet de devenir bientôt une étoile. Ses débuts auront lieu dans Faust.

(le Ménestrel, 07 mars 1875)

 

Les débuts de Mlle Marguerite Baux, à l'Opéra, où elle a été admise d'une brillante manière, doivent avoir lieu très prochainement. On suppose que c'est dans Marguerite, de Faust, que paraîtra la Marguerite marseillaise, blonde comme celle qu'elle doit représenter.

(le Petit Journal, 15 mars 1875)

 

Marguerite Baux va suivre l'exemple de Mme Franck-Duvernoy et embrasser la carrière italienne. L'Italie a donc bien des attraits pour nos chanteuses et nos chanteurs ? se demande à ce propos M. Besson de l'Événement. L’Italie, peut-être, mais l'italien certainement ; car c'est la langue cosmopolite pour la musique, celle qui donne accès non seulement aux grands théâtres de la Péninsule, mais à ceux de l'Espagne, de l'Allemagne, de l'Angleterre, de la Russie et du Nouveau-Monde.

(le Ménestrel, 14 août 1881)

 

Ainsi que nous le disions dans nos échos de théâtre, Mlle Baux vient d'obtenir un grand succès au Grand-Théâtre de Lyon.

Mlle Marguerite Baux est une artiste du monde : son père était maire de Marseille en 1848. Elle est la nièce de M. Baux, un des armateurs les plus riches de la ville, et la cousine de M. Fraissinet, député à l'Assemblée nationale, actuellement trésorier-payeur à Montpellier.

Elle a chanté plusieurs années à l'Opéra, et nous ne comprenons pas que M. de Vaucorbeil n'ait pas retenu auprès de lui une artiste de son talent.

(le Gaulois, 17 octobre 1881)

 

Une découverte intra-stellaire, une merveilleuse trouvaille que fit M. Reyer, un jour qu'il voyageait dans le domaine artistico-lyrique, dont on s'était complu jusqu'alors à regarder M. Bischoflein comme l'astronome juré. A cette nouvelle, Auber, Meyerbeer, Halévy, tous les dieux sévères de la grande musique, frémirent de joie dans leur ciel de triples croches et on se hâta de faire entrer à l'opéra — Halanzier regnante — la grasse fille en rupture de maternelle Canebière.

Sans doute, pour y faire équilibre cette puissante Mlle Rosine Bloch, tellement ronde, disait Mahalin, que, si on la laissait tomber au fond de la scène, elle roulerait sans pouvoir se relever jusqu'au trou du souffleur.

Malheureusement, l'équilibre fut vite rompu — défaut de poids sans doute — et Mlle Baux s'enfuit vers Lyon, d'où elle nous est arrivée en droite ligne.

Aujourd'hui, je ne conseillerais plus à Mlle Bloch de tenter avec elle la concurrence, tant sa voix, comme sa personne, sont maintenant remplies d'agréables rondeurs. Cette belle Impéria bat son plein, comme pour parler au 16me siècle.

C'est qu'aussi elle est réellement majestueuse avec cette figure qui, cependant, ne repose encore que sur deux mentons ; avec ces bras puissants, ces épaules magnifiques, cette abondante poitrine, qui semble avoir inspiré à André Roswein ce hardi assemblage de mots : « du marbre liquide. » Avec cette physionomie à nez légèrement busqué je ne puis voir Mlle Baux sans songer à un grand patriote, à M. Thiers ; M. Thiers avec de la gorge s'entend !

Les curieux se demanderont où elle a bien pu mettre son cœur sous d'aussi puissants appâts, et d'aucuns prétendent qu'il a été égaré sur la route de Lyon, ce qui n'aurait rien d'étonnant, étant donné la négligence de la compagnie. Là est le grave problème qui préoccupe les mathématiciens de coulisses et les algébristes d'avant-scène ; et, lorsqu'impuissants, ils eurent demandé son secret à la blonde diva, celle-ci, les regardant de ses grands yeux gouailleurs, a l'air de leur dire : « adorez-moi, je me moquerai de vous ; moquez-vous de moi, je vous adorerai ... si j'en ai le temps. »

(Myop, la Cloche d’argent, 03 décembre 1882)

 

Rouen. — Le Théâtre des Arts reprenait, la semaine dernière, Robert le Diable. La représentation a été très brillante. Mlle Marguerite Baux, qui était merveilleusement en voix, a chanté avec une observation parfaite des nuances le rôle difficile d'Alice, et le public ne lui a ménagé ni les bravos ni les rappels.

(Officiel-Artiste, 11 novembre 1883)

 

Françoise de Rimini au Théâtre des Arts à Rouen. — Mlle Marguerite Baux — qui avait enterré sa mère la veille — a surmonté sa profonde douleur et a consenti a jouer son rôle de Francesca, pour ne pas laisser perdre au personnel si intéressant des chœurs, le fruit de cette superbe représentation. Mlle Baux s'est fait admirer, comme chanteuse et comme tragédienne, d'un bout à l'autre de l'œuvre. Elle a joué et déclamé tout ce rôle de douleur avec sa propre douleur à elle et elle a ému profondément le public, qui lui a fait une ovation prolongée.

Le duo du prologue : « Oh ! la cruelle épreuve » et la scène finale du deuxième acte : « Il vit... celui que j'ai pleuré » ont été salués d'acclamations. C'est qu'aussi c'était de la douleur vécue, cela...

(le Ménestrel, 04 mai 1884)

 

Mlle Marguerite Baux, qu'on a applaudie naguère à l'Opéra de Paris et qui, depuis, a fait une très brillante carrière sur nos grandes scènes de la province, vient d'être engagée à de belles conditions, par l'impresario Ferdinand Straskoch, qui va la faire chanter, d'abord, au théâtre de Trieste. Elle finira la saison à Rome, au Costanzi, avec M. Sonzogno.

(le Ménestrel, 30 septembre 1888)

 

 

 

 

 

 

publicité d'avril 1891

 

 

 

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