Amédée de BEAUPLAN

 

 

 

 

Amédée Louis Joseph ROUSSEAU dit Amédée de BEAUPLAN

 

écrivain et compositeur français

(Beauplan [auj. dans Saint-Rémy-lès-Chevreuse], Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 11 juillet 1790 – Paris, 24 décembre 1853)

 

Epouse Marguerite HULIN.

Père d’Arthur de BEAUPLAN, auteur dramatique.

 

 

Il avait quatre ans lorsque son père périt sur l'échafaud révolutionnaire. Neveu de Mme Campan, il reçut une bonne instruction, dans laquelle la musique eut une certaine part. Amédée de Beauplan fit représenter quelques vaudevilles en collaboration, et aborda même la Comédie-Française avec une comédie intitulée le Susceptible. De plus, il écrivit la musique de deux opéras-comiques : l'Amazone et le Mari au bal, qui furent joués à l'Opéra-Comique, d'ailleurs sans grand succès, le premier en 1830, le second en 1845. Mais ce qui valut à de Beauplan une véritable notoriété, c'est une foule de romances dont il composait avec facilité la musique aimable et gracieuse. Ces romances obtinrent dans les salons une vogue prodigieuse, et l'on citait surtout, parmi elles : Bonheur de se revoir, Taisez-vous, le Pardon, l'Ingénue, et le délicieux nocturne : Dormez donc, mes chères amours, qui fit véritablement fureur.

 

 

 

 

œuvres lyriques

 

l'Amazone, opéra-comique en 2 actes, livret d’Eugène Scribe, Delestre-Poirson et Mélesville, d'après leur vaudeville le Petit Dragon (Opéra-Comique [salle Ventadour], 15 novembre 1830)

le Mari au bal, livret d’Emile Deschamps, opéra-comique en 1 acte (Opéra-Comique [2e salle Favart], 25 octobre 1845)

"Le titre indique suffisamment l'intrigue de la pièce. M. Dubourjet revient à temps du bal de l'Opéra pour éviter les conséquences d'un duo passionné que Mme Dubourjet chante avec un jeune voisin pour se consoler de son abandon. La musique de cet ouvrage renferme quelques mélodies heureuses, mais l'instrumentation en est pauvre et accuse l'inexpérience du compositeur de romances. Moreau-Sainti a bien joué le rôle du mari confiant, celui de Mme Dubourjet a été chanté par Mme Martin." [Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869]

 

livrets

 

les Parents d'un jour, opéra-comique en 1 acte, musique d’Angelo Benincori (Opéra-Comique, 07 novembre 1815)

 

romances

 

Aimons qui nous aime, cavatine comique, paroles du compositeur => partition

Anglais mélomane (le)

Aventure remarquable de Tristan de Léonais => partition

Bonheur de se revoir

Celui que j'aime, paroles du compositeur => partition

Dormez donc, mes chères amours => partition

Enfant du régiment (l')

Esclave du harem (le), ballade, paroles de François-René de Chateaubriant => partition

Ingénue (l')

Marguerite, romance à deux voix, paroles de Mr Guttinguer => partition

Pardon (le)

Pays le plus beau (le), barcarolle, paroles du compositeur => partition

Saut de la chèvre (le), paroles de Mr de Coupigny => partition

Taisez-vous

 

 

 

 

 

Il était fils d'un maître d'armes des enfants de France, qui périt sur l'échafaud à l'époque de la Révolution. Amédée Rousseau avait pour tantes Mme Campan et Mme Auguier, toutes deux attachées au service de la reine Marie-Antoinette. Une des filles de Mme Auguier épousa le maréchal Ney. On voit que le jeune homme, fidèle à ses attaches aristocratiques, devait, par la force des choses, être imprégné des idées monarchiques, aussi prit-il le nom de Beauplan (terre qui appartenait à sa mère). Après avoir reçu une éducation distinguée, mais superficielle, et étudié la musique avec l'aimable laisser-aller d'un amateur, Amédée de Beauplan se lança dans la carrière littéraire. Il eut la modestie de bon goût de se borner à glaner des succès dans le genre relativement facile de la romance. Bien lui en prit, car il parvint à briller dans cette spécialité, qui ne souffre pas de médiocrité. Il passa la plus grande partie de sa vie dans les emplois administratifs, consacrant ses loisirs à la littérature et à la peinture. Plusieurs de ses œuvres, exposées au Salon, méritèrent l'attention des connaisseurs ; mais ses romances seules lui acquirent une renommée. Il fut un temps où le nom d'Amédée de Beauplan, mis au bas d'une romance ou d'une chansonnette, suffisait pour en déterminer la vogue. Quelques-unes de ses productions resteront comme des modèles du genre simple et gracieux. Citons entre autres : Dormez donc, mes chères amours ; Bonheur de se revoir ; l'Ingénue ; l'Anglais mélomane ; l'Enfant du régiment, etc. Il publia aussi, dans les

dernières années de sa vie, un recueil de fables qui ne pouvait qu'augmenter l'estime inspirée par le talent de leur auteur. La pièce qui commence ce volume, dédié à la comtesse de Persigny ; celles qui ont pour titre : la Carte de visite et la Boule de neige renferment toutes les qualités nécessaires pour exciter l'intérêt du lecteur.

Voici la liste des ouvrages dramatiques d'Amédée de Beauplan : l'Amazone, opéra-comique en deux actes, avec Scribe, Delestre-Poirson et Mélesville (Opéra-Comique, 15 novembre 1830). Le Dragon de Vincennes, conte de Bouilly, avait fourni le sujet de cet ouvrage, rempli de scènes habilement filées, et qui avait déjà été applaudi au théâtre du Vaudeville, le 18 septembre 1817, sous le titre du Petit dragon. « Il n'y a que deux idées dans la pièce, disait un critique de 1830 : une à chaque acte. La première a déjà fourni Adolphe et Clara, et la seconde, la Jeune femme colère. Dans tout cela, de l'amazone, point ; à moins qu'un jupon vert et un spencer de velours noir ne constituent la femme que les auteurs appellent une amazone..... Musique de piano un peu tourmentée, sautillante et très rarement dramatique, mais légère, agréable et d'assez bon goût, ajoutait le critique. » On dit que l'instrumentation de l'Amazone est due à Niedermeyer. La pièce réussit peu. Scribe garda l'anonyme, et Mélesville ne se fit pas nommer le premier soir. Le talent de Mme Casimir triompha six fois de l'indifférence du public. Le Susceptible, comédie en un acte et en vers (Comédie-Française, 22 mai 1839). Le sujet, on le comprend de reste, ne comportait ni intérêt, ni gaieté. Un pareil caractère, gênant dans la vie intime, manque du relief nécessaire pour attirer l'attention du spectateur. La versification froidement correcte retardait d'un demi-siècle sur la montre de ceux qui venaient d'applaudir Ruy-Blas à la Renaissance, et qui étaient en guerre active avec les dessus de pendule de la Comédie-Française. La Dame du second, comédie-vaudeville en un acte, avec Emile Vanderburch (1840). Sur la rivière, tableau nautique en un acte, avec M. Paul de Kock (1842). La Villa Duflot, comédie-vaudeville eu un acte, avec Mélesville (1843). Deux filles à marier, comédie-vaudeville en un acte (12 octobre 1844)). Le Mari au bal, opéra-comique eu un acte, avec M. Emile Deschamps (Opéra-Comique, 25 octobre 1845), déclin d'un compositeur qui n'avait pas eu d'aurore. Oui et non, comédie-vaudeville en un acte, avec Jacques Arago (1846).

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1876)

 

 

 

 

 

 

 

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