Charles BEAUQUIER

 

Charles Beauquier en 1913 [photo Agence Rol]

 

 

Charles BAUQUIER puis (jugement du 25 juillet 1872) BEAUQUIER

 

homme politique et écrivain français

(Besançon, Doubs, 18 décembre 1833* Besançon, 12 août 1916)

 

 

Fils de Pierre Joseph BAUQUIER (Besançon, 1803 –), propriétaire et grenadier, et de Françoise Véronique TARBY (Besançon, 1803 –).

 

 

=> Philosophie de la musique, par Charles Beauquier (1865)

=> Théâtre de Beaumarchais avec une notice et des notes par Charles Beauquier (1871)

=> les Musiciens franc-comtois, par Charles Beauquier (1887)

=> Chansons populaires recueillies en Franche-Comté, par Charles Beauquier (1894)

 

 

 

 

livrets

 

Fiesque, opéra en 3 actes, musique d'Edouard Lalo (1866-1868), non représenté => partition

Ruse d'amour, opéra-comique en 1 acte, musique d'Emile Ratez (Besançon, 24 mars 1885)

 

mélodies

 

Humoresque, musique d'Edouard Lalo (vers 1867)

 

 

 

 

 

Il s'occupa d'abord de politique et prit part à la rédaction de plusieurs journaux de Paris ou de la province. Plus tard, et un goût prononcé le portant à s'occuper des choses de la musique, il prit, comme on dit, le taureau par les cornes, et, pour son coup d'essai en ces matières, écrivit et publia une Philosophie de la musique (Paris, Germer Baillière, 1865, in-12). Je ne voudrais pas assurer que ce titre ne soit un peu ambitieux, et que nous possédons aujourd'hui une véritable philosophie de la musique ; un tel livre m'a toujours semblé terriblement difficile à faire, et il me paraît que pour le mener à bien il est besoin de connaissances musicales plus étendues que celles que possède M. Beauquier, connaissances qui donnent en plus d'un endroit prise à la critique. Toutefois ce livre, écrit avec soin par un homme intelligent, qui sait ce qu'il veut dire et qui trouve l'expression juste, est un essai qui n'est point sans mérite. Peu de temps après sa publication, l'auteur devint l'un des collaborateurs de la Revue et Gazette musicale de Paris. En 1870, après la chute de l'empire, M. Beauquier fut nommé sous-préfet dans un de nos départements de l'Est. Il ne conserva que peu de temps cette situation, et a repris, depuis, ses travaux littéraires.

C'est M. Beauquier qui a écrit le livret de Fiesque, opéra de M. Édouard Lalo qui a obtenu une mention très honorable au concours ouvert au Théâtre-Lyrique en 1867.

(François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, supplément d'Arthur Pougin, 1878-1880)

 

 

Ses études terminées, il vint à Paris faire son droit, puis entra à l'Ecole des Chartes, d'où il sortit avec le diplôme d'archiviste-paléographe. Il se lança alors dans le journalisme, débuta, vers 1858, dans le Figaro, donna ensuite des articles à la Revue moderne, à la Gazette musicale, au Monde musical, au Ménestrel, etc. (car M. Beauquier est aussi un esthéticien et un musicographe distingué). Plus tard il collabora à la Tribune de M. Pelletan et au Réveil de Delescluze. Il faisait paraître dans ce dernier journal, au moment où on le supprima, un feuilleton intitulé les Vrais Héros de Brumaire et dirigé contre l'Empire. Il avait aussi fondé à Besançon une feuille hebdomadaire, le Doubs, qui, au moment du plébiscite, mena une campagne républicaine si vigoureuse, que M. Beauquier fut, par deux fois, condamné à l'amende et à la prison. Nommé sous-préfet de Pontarlier le 6 septembre 1870, il donna sa démission en 1871, après la nomination de l'Assemblée monarchique de Versailles, et revint à Besançon prendre la rédaction en chef du Républicain de l'Est, dont de nombreux procès finirent par interrompre la publication. En 1871, il fut élu membre du conseil général du Doubs. L'année suivante faillit lui être fatale. Un duel politique eut lieu sur la frontière suisse entre lui et un de ses collègues, M. Estignard, et l'épée de son adversaire lui traversa la main droite. D'autre part, un fanatique, irrité de sa réputation d'anticlérical, vint de Montbéliard tout exprès pour l'assassiner ; ne pouvant parvenir à le rencontrer, il se fit sauter la cervelle. En 1873, M. Beauquier devint conseiller municipal de Besançon. En 1877, il fonda dans cette  ville la Fraternité, petit journal à citer parmi les rares organes de province demeurés fidèles au programme radical. M. Beauquier était connu depuis de longues années dans le département pour un homme dévoué aux intérêts des travailleurs et pour un ardent défenseur de la liberté de conscience ; il avait organisé plusieurs associations syndicales pour les horlogers, les boulangers, etc., et, comme libre penseur, avait fondé à Besançon une société pour les enterrements civils ; le 11 avril 1880, il se porta candidat radical à la députation dans la première circonscription de cette ville, et fut élu député par 3.989 voix au scrutin de ballottage, le 25 avril.

A la Chambre, il prit place à l'extrême gauche. Il a notamment soutenu la nécessité de l'élection des juges par le suffrage universel, mais dans certaines catégories d'éligibles ; il a pris part a la discussion de la loi sur les associations syndicales ; il est le père de la loi sur les enterrements civils, assurant le respect des dernières volontés ; enfin c'est un de ceux qui ont le plus contribué à faire voter la suppression des aumôniers dans les écoles normales. Rappelons encore que M. Beauquier est connu aussi pour avoir rédigé un projet de loi donnant à tout le monde la liberté de se parer d'un titre de noblesse : c'était le meilleur moyen, disait-il, d'avilir ces titres qui finiraient ainsi par disparaître d'eux-mêmes ; l'idée, bien qu'elle ait été prise en considération par la commission d'initiative, n'a pas abouti. M. Beauquier a été réélu député à Besançon le 4 septembre 1881 par 4.162 voix, et, après l'adoption du scrutin de liste, député du Doubs par 35.409 voix, le 4 octobre 1885.

Les principaux ouvrages qu'on lui doit sont les suivants : Notice historique et pittoresque sur le Raincy (1865, in-8°) ; Philosophie de la musique (1865, in-18) ; Fiesque, grand opéra, musique d'Edouard Lalo, qui obtint une mention très honorable au concours ouvert au Théâtre-Lyrique en 1867 ; une édition annotée du Théâtre de Beaumarchais (1872, 2 vol. in-16) ; les Dernières campagnes dans l'Est (1873, in-18) ; le Drame et la Musique (1877, in-18) ; Vocabulaire, étymologique des provincialismes usités dans le Doubs (1881, in-8°) ; etc.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

 

 

 

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