Lucy BERTHET

 

 

Lucie Adeline Marie BERTRAND dite Lucy BERTHET

 

soprano belge

(Dinant, Belgique, 13 mai 1866 )

 

De sa liaison avec Isaac de CAMONDO naquirent deux fils, qui ne furent pas reconnus par leur père : Jean Robert Lucien BERTRAND (Paris 9e, 25 février 1902* Paris 7e, 30 septembre 1980), romancier, et Paul BERTRAND (Paris 9e, 26 novembre 1903 Paris 7e, 03 septembre 1978), artiste dramatique.

Epouse à Paris 16e le 15 avril 1919* Louis Michel ALOÏSI (Farges-en-Septaine, Cher, 26 mars 1874 ), chef de bataillon.

 

 

Deuxième prix de chant (élève de M. Duvernoy) et premier prix d'opéra au Conservatoire de Paris en 1892, elle débuta la même année à l'Opéra de Paris, où elle créa la version définitive de Thaïs de Massenet.

En 1895, elle habitait 14 rue de Milan à Paris 9e ; en 1902, 26 rue de Clichy à Paris 9e ; en 1919, 79 avenue Malakoff à Paris 16e.

 

 

 

Lucy Berthet en 1895

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle a débuté le 25 septembre 1892 dans Hamlet (Ophélie).

 

Elle a chanté Roméo et Juliette (Juliette, 1892) ; Rigoletto (Gilda, 1892) ; Lohengrin (Elsa, 1893) ; Faust (Marguerite, 1894) ; Thaïs (Thaïs, 1894) ; Don Juan (Zerline, 1896) ; les Huguenots (la Reine, 1897).

 

Elle participa à la première le 12 mai 1893 de la Walkyrie (Ortlinte) [version française de Victor Wilder] de Richard Wagner ; le 27 décembre 1893 de Gwendoline (Gwendoline) d'Emmanuel Chabrier.

 

Elle créa le 08 février 1895 la Montagne-Noire (Héléna) d'Augusta Holmès ; le 19 février 1897 Messidor (Hélène) d'Alfred Bruneau ; le 13 avril 1898 la version définitive de Thaïs (Thaïs) de Jules Massenet ; le 08 mai 1899 Briséïs (Briséïs) d'Emmanuel Chabrier.

 

 

 

 

 

 

 

Lucy Berthet dans Messidor (Hélène) à l'Opéra le 06 mars 1897

 

Lucy Berthet dans Thaïs (Thaïs) à l'Opéra en 1904

 

Lucy Berthet dans Hamlet (Ophélie) à l'Opéra en 1901

 

 

 

Opéra : début de Mlle Berthet dans Hamlet.

Mlle Berthet, qui avait remporté un prix de chant et le premier prix d'opéra aux derniers concours du Conservatoire, a débuté ces jours-ci à l'Opéra dans Hamlet.

Le rôle d'Ophélie lui a été on ne peut plus favorable et lui a permis de développer ses qualités de chanteuse et l'on peut déjà dire, de comédienne. La voix est étendue, et le timbre, extraordinairement pur, peut être mis en parallèle avec celui de Mme Melba. Mais où la jeune débutante a fait preuve d'une supériorité complète sur la virtuose australienne, c'est après l’air de la Folie, qu'elle a dit de façon à soulever les applaudissements de toute la salle.

On sait que sur la dernière note, Ophélie tombe à la renverse, et reste étendue assez longtemps sur le sol.

Mme Melba, au moindre applaudissement, ne manque jamais alors d'interrompre la scène au profit de son succès personnel, de se relever et de prodiguer au public des révérences à l'italienne, jusqu'au moment où, daignant se souvenir du rôle qu'elle remplit, elle reprend sa position première, en ayant bien soin que les plis de sa jupe ne soient pas dérangés.

Mlle Berthet n'a pas imité ce fâcheux exemple, et très intelligemment, elle est restée à son rôle, émue certes de l'ovation prolongée qu'on lui faisait, mais respectueuse assez de l’art pour ne rien en laisser paraître.

Et voilà de ces indices auxquels on devine une artiste véritable. En persévérant dans cette voie, Mlle Berthet peut conquérir une place en dehors que semblent lui promettre l'accueil très chaud et les rappels nombreux qui ont signalé sa première apparition sur la scène de l'Opéra.

(A. Boisard, le Monde illustré, 08 octobre 1892)

 

L'Opéra a fait débuter dans Hamlet une jeune personne, Mlle Berthet, qui a eu de grands succès d'école et dont ce début a pu encourager les espérances, lui ayant valu un accueil des plus flatteurs. La voix est belle, et si l'artiste n'a pas encore toute la maîtrise nécessaire pour en tirer, en certaines pages, où brillèrent bien de ses devancières, notamment dans la poétique scène de la folie, tout le parti désirable, il faut songer que si les vocalises sont un excellent exercice d'entraînement vocal, l'art de les « réussir » ne constitue pas — heureusement — le fin du fin du métier lyrique. Mlle Berthet ne compose pas encore son personnage avec un bien évident souci de la vérité dramatique ; sa manière de s'ajuster, de s'habiller, de se tenir en scène nous disent clairement que, pour le moment, elle ne se préoccupe que de sa voix et des effets qu'elle en doit obtenir. Ce point acquis, elle s'inquiétera du reste et le reste viendra à l'aide de quelques bons conseils et d'un juste souci de toute perfection.

Ce même soir, Lassalle réapparaissait dans ce rôle d'Hamlet, qu'il a su faire sien et où il a pu trouver un très grand succès personnel, malgré le redoutable et encore récent souvenir du créateur.

(Louis Gallet, la Nouvelle Revue, 15 octobre 1892)

 

Après quelques mois, Mlle Lucy Berthet a reparu sur la scène de l'Académie nationale de musique, plus belle et plus en voix que jamais dans le rôle de Thaïs, qu'elle a maintes fois chanté d'ailleurs, depuis la création.

C'est Mlle Berthet qui a créé dans cette œuvre charmante le nouveau tableau de l'Oasis, un des épisodes les plus émouvants que le Maître ait écrits.

Mlle Berthet a été très fêtée pendant tout le spectacle et nombreux ont été les rappels qui prouvaient à l'exquise artiste le plaisir que le public de l'Opéra éprouvait à la revoir.

(le Monde artiste illustré, 07 février 1904)

 

 

 

 

 

 

Lucy Berthet (Thaïs) et Francisque Delmas (Athanaël) dans l'acte II de Thaïs, 1898

 

 

 

 

Francisque Delmas (Athanaël) et Lucy Berthet (Thaïs) au 3e tableau de l'acte III de Thaïs, 1898

 

 

 

   

 

 

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