Henri François BERTON

 

 

 

Henri François BERTON

 

compositeur français

(Paris, 03 mai 1784 Paris 2e, 15 juillet 1832)

 

Fils naturel d'Henri Montan BERTON, compositeur, et de Marie-Thérèse DAVOUX dite Mlle MAILLARD (Paris, 06 janvier 1766 – 16 octobre 1818), cantatrice de l'Opéra.

Epouse Marie Charlotte Eléonore BORDES (1789 ap. 1874) ; parents d'Adolphe BERTON (Paris, 1817 – 28 février 1857), ténor, et de Francisque BERTON, acteur [père de Pierre BERTON, acteur].

 

 

Il a fait représenter à l’Opéra-Comique plusieurs ouvrages : le Présent de noce ou le Pari (1810) ; Monsieur Desbosquets (1810) ; Jeune et vieille (avec Pradher, 1811) ; Ninette à la cour (1811) ; les Caquets (1820) ; Une heure d’absence (1827). En 1834, on donna encore de lui un petit ouvrage posthume : le Château d’Urtuby. Il fut professeur de vocalisation au Conservatoire de Paris (23 mai 1820, réformé le 01 janvier 1828). Il est mort d'une attaque de choléra.

 

 

 

 

œuvres lyriques

 

le Présent de noce ou le Pari, opéra-comique en 1 acte, livret de René Alissan de Chazet (Opéra-Comique, 02 janvier 1810)

Monsieur Desbosquets, opéra-comique en 1 acte, livret de Sewrin, musique avec Eugène Grandfond (Opéra-Comique, 06 mars 1810)

Jeune et Vieille ou la Chambre à deux maîtres, opéra-comique en 1 acte, livret de René Alissan de Chazet et Charles Dubois, musique avec Louis-Barthélemy Pradher (Opéra-Comique, 12 janvier 1811)

Ninette à la cour ou le Retour au village, opéra-comique en deux actes de Charles-Simon Favart arrangé par Auguste Creuzé de Lesser (Opéra-Comique, 21 décembre 1811)

le Revenant, opéra-comique en 1 acte, livret de Jean-Victor Fontanès de Saint-Marcellin et Dozaux fils (Opéra-Comique, 15 février 1817)

les Caquets, opéra-comique en 1 acte, livret de Jean-Baptiste-Charles Vial (Opéra-Comique, 19 février 1821, avec Mme Gavaudan et M. Vizentini)

Une heure d'absence, opéra-comique en 1 acte, livret de Claude-François Fillette-Loraux (Opéra-Comique, 26 décembre 1826)

le Château d'Urtuby, opéra-comique en 1 acte, livret de Gabriel de Lurieu et Raoul Vandière (Opéra-Comique, 14 janvier 1834, avec Mme Pradher, MM. Révial, Ponchard)

 

 

 

 

 

Il entra au Conservatoire dès l'âge de douze ans, et, à vingt, il se fit professeur de chant. Ayant hérité, à un certain degré, des qualités paternelles, François Berton se livra à son penchant pour la composition musicale. On lui doit de charmantes romances, entre autres : la Barque, la Feuille morte, Voilà l'amour, Faut-il encore l'aimer, etc., et les Veillées parisiennes, recueil de contre-danses et de valses. Entourage par le succès de ses mélodies, François Berton aborda un peu trop légèrement le théâtre, où il n'obtint jamais de succès durables. Nommé professeur de vocalisation au Conservatoire, en 1821, il fut révoqué de ses fonctions en 1827. On peut consulter, pour de plus amples détails, la notice biographique, publiée en 1832, par M. Raoul Rochette. Voici la liste des opéras de François Berton : Jeune et Vieille ou la Chambre à deux maîtres, opéra-comique en un acte, de Chazet et Dubois, musique composée en société avec Pradher (12 janvier 1811) ; Ninette à la cour, opéra en deux actes de Favart, arrangé par Creuzé de Lesser (21 décembre 1811). Refaire la musique de Grétry était une audace qui ne porta pas bonheur au fils de Berton ; les Caquets, opéra-comique en un acte et en prose, imité de Riccoboni et arrangé par Vial (19 février 1821) ; Une heure d'absence, comédie de Loraux, arrangée en opéra par son auteur (1827) ; le Château d'Urtuby, opéra-comique en un acte et en prose, paroles de MM. de Lurieu et Raoul Vandière (14 janvier 1834). Cette œuvre posthume, que M. Fétis appelle le Château d'Iturbide (sic), renfermait quelques gracieuses mélodies, qui augmentèrent les regrets causés par la mort prématurée de leur auteur.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1876)

 

 

 

 

 

Admis au Conservatoire comme élève, en 1796, il en sortit après huit années d'études, et se livra à l'enseignement du chant. Les premières compositions qui le firent connaître étaient des romances et des morceaux détachés pour le chant et le piano. En 1810, il donna au théâtre Feydeau : 1° Monsieur Desbosquets, opéra-comique en un acte, qui eut peu de succès. — 2° Jeune et Vieille, avec Pradher, fut représenté en 1811. Dans la même année, Berton donna à l'Opéra Ninette à la Cour, en deux actes, dont il avait refait la musique. En 1820, il fit représenter au théâtre Feydeau les Caquets, petite pièce en un acte qui méritait d'avoir plus de succès qu'elle n'en a obtenu. Nommé professeur de vocalisation au Conservatoire, en 1821, Berton remplissait ses fonctions avec zèle et intelligence, lorsqu'il fût privé de son emploi avec plusieurs autres professeurs, à la fin de 1827. Dans la même année, il fit représenter au théâtre de l'Opéra-Comique un petit opéra intitulé Une Heure d'absence : cet ouvrage n'a pas réussi. Atteint du choléra en juillet 1832, il mourut le 15 du même mois. Peu de temps après sa mort, on a représenté à l’Opéra-Comique un ouvrage en un acte qu'il avait en portefeuille, sous le titre du Château d'Urtuby. Il existe une Notice sur la vie et les ouvrages de François Berton, par M. Désiré Raoul-Rochette ; Paris 1832, in-8°.

 

Adolphe Berton, fils de cet artiste, né à Paris, en 1817, fit ses études musicales au Conservatoire, puis débuta au théâtre de l'Opéra-Comique sans s'y faire remarquer. N'ayant pas été plus heureux à celui de la Renaissance, il se décida à chanter sur les théâtres de province. En 1843 il était à Nice avec sa femme, attachée comme lui au théâtre de cette ville. Dans la même année ils furent engagés tous deux pour le théâtre d'Alger. Berton y fut bien accueilli et ne s'en éloigna plus jusqu'à sa mort, qui arriva le 28 février 1857. Il était parvenu à l'âge de quarante ans.

 

(François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, 1866)

 

Aux ouvrages dramatiques de ce compositeur, il faut joindre le Présent de noces ou le Pari, ouvrage en un acte qui fut représenté à l'Opéra-Comique le 2 janvier 1810. Quant au Château d’Urtuby, il fut donné au même théâtre le 14 janvier 1834, dix-huit mois après la mort du compositeur, qui fut l'une des premières victimes de l'épidémie cholérique de 1832. En tête du livret de cette pièce, les auteurs, MM. de Lurieu et Raoul, out placé une pièce de vers « aux mânes de Henri Berton fils », pièce de vers qui fut lue sur la scène, le jour de la première représentation, et qu'il ne me semble pas inutile de reproduire ici :

 

Un fléau d'affreuse mémoire

Naguère épouvantait Paris ;

Vertus, beauté, talent et gloire,

Rien ne put le fléchir : il fut sourd à nos cris...

Henri BERTON, tenant la lyre,

Tomba foudroyé sous ses coups ;

Les derniers chants, enfans de son délire,

L'infortuné les modulait pour vous.

 

Bientôt vous allez les entendre.

Lui seul, hélas ! il manque au rendez-vous.

Qu'il eut été joyeux d'être au milieu de nous !...

Ses amis empressés sentent venus lui prendre

La main, en lui disant : « C'est bien. »

Cette main s'est glacée... Et de ce cœur si digne,

De ce feu créateur, il ne reste plus rien...

Ces chants pleins d'avenir étalent le chant du cygne.

 

Vous les adopterez, oui, messieurs, car son nom

Du succès fut toujours le gage ;

Oui, son aïeul, Pierre BERTON,

Par ses accords, enivrant un autre âge,

De Gluck lui-même obtenait le suffrage.

Plus fier, plus mâle en ses accens,

De son fils le brillant génie

Grandit encore avec les ans,

Et dans la France entière on répète les chants

Et d'Aline et de Stephanie.

 

Ainsi la gloire, aimant à proclamer ce nom,

Sur ses tables d'airain grava trois fois : BERTON.

Henri, console-toi, puisqu'en mourant tu laisses

Pour héritage à tes enfants,

Trois générations de talens ;

C'est la plus belle des noblesses.

 

De ses travaux lorsqu'il n'a pu jouir,

Pour un artiste qui succombe,

C’est, hélas ! bien plus que mourir.

Cc fut le sort d'Henri… Grâce à vous, sur sa tombe,

Que ses enfans, quand ils iront prier,

Puissent porter demain quelques brins de laurier.

 

(François-Joseph Fétis, Biographie universelle des musiciens, supplément d’Arthur Pougin, 1881)

 

 

 

 

 

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