Eugène BERTRAND

 

 

 

Eugène BERTRAND

 

artiste dramatique et directeur de théâtre français

(Paris 8e, 15 janvier 1834* – Paris 8e, 31 décembre 1899*)

 

Fils de Guillaume BERTRAND et de Geneviève Etiennette MEUNIER.

Epouse Julia Victoire Adélaïde Félicie DIENNE.

Frère d'Ernest Noël BERTRAND (Paris 8e, 24 avril 1850 – 1905), directeur de théâtre [épouse à Paris 8e le 29 novembre 1880* Marthe Marie Alice OBIN (Paris 1er, 22 juillet 1858 –), fille du chanteur Louis-Henri OBIN].

 

 

Il abandonna l'étude de la médecine pour se faire acteur, joua à l'Odéon, puis en Amérique (1859-1865), et à Bruxelles. Après avoir dirigé deux théâtres à Lille, il prit, en 1869, la direction du théâtre des Variétés à Paris ; grâce à son habileté, il porta, ce théâtre à un haut degré de prospérité, et dirigea en outre l'Eden-Théâtre de 1887 à 1889. En 1891, il fut nommé directeur de l'Opéra, entra en fonctions le 1er janvier 1892 et s'adjoignit comme co-directeur le chanteur Pedro Gailhard en 1893. A sa mort, Pedro Gailhard devint seul directeur. Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 19 juillet 1892.

En 1880 il habitait 102 boulevard Pereire à Paris 17e. En 1899, il habitait 90 boulevard Malesherbes à Paris 8e, où il est décédé.

 

 

 

 

Il se destina d'abord à la médecine et fit des études dans ce but jusqu'à l'âge de vingt ans. Se sentant alors des dispositions pour la carrière dramatique, il entra au Conservatoire, où il suivit les cours de Provost. Ses débuts eurent lieu modestement au théâtre des Jeunes-Artistes, rue de la Tour-d'Auvergne, et il y joua pendant plusieurs années. De là il passa à l'Odéon, dont il ne fut que peu de temps le pensionnaire.

En 1859, Eugène Bertrand partit pour l'Amérique, qu'il habita six ans, et où il fut d'abord acteur, puis directeur d'un petit théâtre. A son retour de la terre des Yankees, il obtint un engagement au théâtre du Parc, à Bruxelles. Il ne tarda pas a quitter cette petite scène et prit la direction des deux théâtres de Lille, qu'il abandonna au mois de juin 1869 pour revenir à Paris et succéder deux mois plus tard à M. Cogniard, directeur des Variétés.

Depuis quatre ou cinq ans, Eugène Bertrand, sacrifiant au goût du jour, a fait du théâtre des Variétés un véritable Conservatoire d'opérettes. L'affluence du public lui a prouvé qu'il avait eu raison. Son frère, Ernest BERTRAND, est un des trois directeurs du théâtre du Vaudeville. Les deux autres sont MM. Roger et Raymond Deslandes.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1er supplément, 1878)

 

 

 

 

Il étudia d'abord la médecine avec le professeur Orfila, jusqu'en 1854 ; puis il entra dans la classe de Provost au Conservatoire et, en compagnie de camarades tels que Baron, Worms, etc., parut avec succès au Théâtre des Jeunes Artistes. Il jouait peu de temps après à l'Odéon dans Grandeur et décadence de Joseph Prudhomme, de Henry Monnier ; l’Honneur et l’Argent, de Ponsard, etc.

Parti, en 1859, en Amérique, M. E. Bertrand y donna des représentations de ses principaux rôles du répertoire français. De retour en Europe et après un court séjour au théâtre du Parc, à Bruxelles, il alla diriger, à Lille, le grand Théâtre et celui des Variétés (1865 à 1869) ; c'est sous sa direction que, à Lille, le 4 mars 1868, la Patti chanta pour la première fois Faust en français.

Revenu à Paris en 1869, il devint directeur des Variétés. Il a monté sur cette scène toutes les pièces gaies qui y eurent un si vif succès : les Brigands, d'Offenbach ; le Trône d'Ecosse, de Hervé, Crémieux et Jaime ; les Cent Vierges, de Chivot, Duru et Lecocq ; le Tour du Cadran, de Bocage, Crémieux et Blum ; les Braconniers, de Chivot, Duru et Offenbach ; les Merveilleuses, de Sardou ; la Petite Marquise, de Meilhac et Halévy ; les Prés-Saint-Gervais, de Lecocq et Philippe Gille ; les Trente millions de Gladiator, de Labiche et Philippe Gille ; la Cigale, de Meilhac et Halévy ; Nitouche, de Millaud et Hennequin ; Décoré, de Meilhac et Halévy ; Niniche, de Hennequin et Millaud ; le Grand Casimir, de Prevel et M. Albin ; la Femme à Papa, de Hennequin et Millaud ; le Fiacre 117, de Najac et Millaud ; Monsieur Betzy, de Paul Alexis et O. Metenier ; Ma Cousine, de Meilhac, etc. ; avec des interprètes tels que Mmes Hortense Schneider, Van Ghèle, Paola Marié, Aimée, Céline Montaland, Deveria, Judic, Réjane, Granier, Chaumont, Zulma Bouffar, Théo, Milly-Meyer, et même un moment Sarah Bernhardt ; et MM. Dupuis, Grenier, Lesueur, Berthelier, Baron, Léonce, Lassouche, Cooper, Raimond, Dailly, Coquelin cadet, etc.

Le 1er janvier 1892, M. Eugène Bertrand, quittant les Variétés, prit la direction de l'Académie nationale de Musique. Dès ses débuts, il fit une très louable tentative de représentations dominicales à prix réduits qui furent très suivies, mais qu'il dût suspendre bientôt, à cause des frais énormes qu'elles nécessitaient. Ces représentations populaires ont été remplacées par l'abonnement mixte du samedi, qui permet l'accès de l'Opéra à un prix égal à celui des théâtres de genre.

A ce moment, il eut aussi l'idée de la création d'un Théâtre du Peuple, à Paris, pour lequel, disait-il, « il faudrait associer les quatre scènes subventionnées », dont les artistes auraient, à tour de rôle, fait connaître, une fois par semaine, aux familles d'ouvriers et de petits bourgeois parisiens, les belles scènes d'opéra, d'opéra-comique, de tragédie et de comédie. Ce projet ayant été depuis repris sous une autre forme et par d'autres personnes, il est intéressant d'en faire remonter le mérite initial à son premier auteur, M. Bertrand.

A l'Opéra, où, bientôt, M. Pedro Gailhard devint son co-associé, il a donné un grand nombre d'œuvres nouvelles et fait connaître au public français plusieurs chefs-d'œuvre des maîtres étrangers. Citons, parmi les pièces montées sous sa direction : Salammbô, de Reyer ; Samson et Dalila, de Saint-Saëns ; la Walkyrie et Tannhäuser, de Wagner ; la Maladetta, de Pedro Gailhard ; la Montagne Noire, d'Augusta Holmès ; Frédégonde, de Guiraud et Saint-Saëns ; Gwendoline, de Chabrier ; Hellé, de Duvernois ; Messidor, de Bruneau ; les Maîtres chanteurs, de Wagner ; la Prise de Troie, de Berlioz, etc. On annonce en outre la mise à la scène de Lancelot, de Joncières.

Commandeur de Sainte-Anne de Russie, de la Croix de fer d'Italie et de divers ordres étrangers, M. Eugène Bertrand est aussi chevalier de la Légion d'honneur depuis 1892.

(C.-E. Curinier, Dictionnaire National des Contemporains)

 

 

 

 

 

Mme Bertrand, veuve de l'ancien associé de M. Gailhard, vient d'offrir le buste de son mari à M. Malherbe pour son petit musée si intéressant de l'Opéra qui s'enrichit chaque jour de souvenirs curieux.

(le Monde artiste illustré, 07 février 1904)

 

 

 

 

 

 

 

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