Eugène BIGOT

 

Eugène Bigot en 1955

 

 

Eugène Victor dit Eugène BIGOT

 

chef d'orchestre et compositeur français

(12 rue Châteaudun, Rennes, Ille-et-Vilaine, 28 février 1888* – Paris 14e, 17 juillet 1965)

 

Fils de Jean Marie Joseph BIGOT (1863 –), employé, et d'Eloïse MALLIER (1861 –).

Epouse à Levallois-Perret, Hauts-de-Seine, le 09 août 1939 Georgette Louise TESSON.

 

 

Il commença ses études musicales dans sa ville natale. Il les poursuivit au Conservatoire de Paris, où il fut élève de Xavier Leroux pour l'harmonie, André Gédalge pour la fugue et Paul Vidal pour la composition. Il fut nommé dès 1913 chef des chœurs au Théâtre des Champs-Elysées. Il participa à la Grande Guerre comme officier d'infanterie. De 1920 à 1923, il parcourut l'Europe avec les Ballets suédois, et en 1923 devint chef adjoint de la Société des Concerts du Conservatoire. Il fit une brillante carrière de chef d’orchestre à la Radio (1928-1934), dans les grands concerts (président-chef d'orchestre des Concerts Lamoureux de 1935 à 1950) et à l’Opéra-Comique (1er chef, du 15 septembre 1936 à 1947 ; directeur de la musique, de 1936 à 1944). Il a été, à partir de 1947, chargé d’un cours de direction d’orchestre au Conservatoire national supérieur, et premier chef de l'Orchestre symphonique de la Radiotélévision française (1947-1960), devenu Orchestre philharmonique de la Radiodiffusion-Télévision française (1960-1963), et enfin Orchestre philharmonique de l'Office de Radiodiffusion-Télévision française (1964-1965). De 1957 à 1964, il présida le concours international des jeunes chefs d'orchestre de Besançon. On lui doit des suites d’orchestre, des mélodies, de la musique de chambre, des ballets restés manuscrits (la Princesse d’Elide ; Pastorale ; Pyrrhique). Avec Paul Vidal, il a orchestré des musiques de Franz Schubert pour le ballet Laurenza, créé à l'Opéra de Paris le 24 janvier 1924.

A l'Opéra-Comique, il a débuté le 15 septembre 1936 en dirigeant Manon de Massenet. Il y a dirigé le 21 février 1937 la première du tableau chorégraphique Prélude à l'après-midi d'un faune ; le 17 octobre 1940 la création du conte lyrique Nele Dooryn d'Antoine Mariotte ; le 25 mai 1939 la création de la comédie lyrique la Nuit embaumée d'Henri Hirschmann ; le 27 mai 1941 la création de l'opéra-comique Comme ils s'aiment d'André Lavagne ; le 27 juin 1941 la première du conte romanesque Carmosine d'Henry Février ; le 16 octobre 1941 la première de la pièce lyrique la Chanson de Paris de Francis Casadesus ; le 13 février 1943 la création du ballet Kermesse d'André Lavagne ; le 25 janvier 1944 la création de la pièce lyrique Amphitryon 38 de Marcel Bertrand. Il y a également dirigé des reprises de Gargantua, la Habanera, le Rêve, le Roi malgré lui et la Rôtisserie de la Reine Pédauque.

A l'Opéra de Paris, il a débuté en 1942 en dirigeant une reprise de Salammbô de Reyer.

Il enregistra beaucoup de disques, accompagnant souvent Georges Thill pour la firme Columbia (discographie), et dirigea en 1935 la version phonographique de Louise réalisée par Gustave Charpentier (Grand Prix du Disque 1936). Il dirigea également en 1938 la musique du film Louise d'Abel Gance d'après l'œuvre de Charpentier, sous la direction musicale de Louis Beydts.

Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 12 janvier 1935 en qualité de compositeur de musique et chef d’orchestre, et officier le 06 septembre 1954 en qualité de premier chef d’orchestre à la Radiodiffusion française.

En 1935, il habitait 9 boulevard Pereire à Paris 17e ; en 1942, il habitait 15 rue des Batignolles à Paris 17e.

 

 

 

 

 

 

les Ballets Suédois devant la Tour Eiffel (1921) : 1. Georges Auric - 2. Jean Borlin - 3. Jacques Hébertot - 4. D. E. Inghelbrecht - 5. Carina Ari - 6. Jean Cocteau - 7. Arthur Honegger - 8. Eugène Bigot - 9. Darius Milhaud - 10. Valentine Hugo - 11. Rolf de Maré - 12. Jean Hugo - 13. Francis Poulenc - 14. Irène Lagut - 15. Germaine Tailleferre

 

 

 

Un chef. Regard énergique et net. Stature bien charpentée. Capable de maîtriser et de tenir en équilibre les grandes masses. Tout en lui respire l'ordre. Non l'ordre mesquin ni l'art de couper un cheveu en mille parts. Aucun bluff. La vérité, belle et pure, saine et juste. Une sainte horreur du médiocre, de l'à peu près. Il est simple de lire un texte, de s'en imprégner, de le posséder à fond, lorsque l'on est un véritable travailleur, de le présenter en toute connaissance de cause à ceux qui sont chargés de le traduire. Seulement, il faut avoir le courage de persévérer dans ses intentions, de ne pas aimer les solutions faciles. Fort d'un métier acquis à la forge même, depuis de longues années, Eugène Bigot monte au pupitre des Concerts Lamoureux, au moment décisif pour forger sainement la musique. En quelques séances les troupes se sont serrées autour de leur chef. Tout le monde a compris, après de multiples et vaines expériences.

 

Le souvenir de C. Chevillard n'est pas effacé, il plane toujours sur la maison, sceptre en main, mais le sceptre vient tout à coup de passer entre les mains de celui qui est digne de le prendre. Eugène Bigot s'en saisit sans vaine publicité, sans proclamation insolite. Il étudie d'abord l'instrument qui lui est confié, il le connait, et tout à coup le miracle se produit, l'ordre règne à nouveau, une saveur sonore dont il ne nous restait que le souvenir nous surprend agréablement, le bel orchestre justement célèbre retrouve non seulement son unité mais toutes ses qualités. Ceux qui souhaitaient que nos musiciens soient disciplinés à l'exemple des Allemands, seront satisfaits. Le jeu des nuances s'est singulièrement agrandi, la souplesse portée à un haut degré de perfection, enfin la vie de l'orchestre est bien celle que nous aimions au temps de Camille Chevillard.

 

La discipline seule n'a pas suffi à remettre les choses au point, il fallait encore la grande culture, la profonde musicalité d'Eugène Bigot. Les œuvres exécutées profitent de son expérience, de son jugement éprouvé. Fort d'une puissante autorité, le nouveau chef-président des Concerts Lamoureux peut se permettre d'interpréter, de modeler, de régénérer même sans crainte d'être trahi. Il le fait avec un tact, un goût, une distinction auxquels il me plaît tout particulièrement de rendre hommage. Les compositeurs trouveront en lui un précieux auxiliaire, les auditeurs non seulement un chef d'orchestre de classe mais un animateur ardent, passionné de pureté et d'originalité, sûr de triompher et de faire triompher à nouveau l'art musical au sein de l'un des plus beaux orchestres français.

 

Eugène Bigot à la tête de l'orchestre du poste Radio-Paris avait réalisé de belles choses, à la tête de l'orchestre Lamoureux, champ d'expérience plus vaste, plus libre, ce chef a déjà donné une nouvelle preuve de sa valeur, de son esprit, de sa logique. En le regardant conduire la Symphonie héroïque simplement, sans inutile gesticulation, mais avec une totale sérénité et une présence d'esprit que rien ne saurait trahir, en écoutant l'orchestre ainsi brassé, j'ai retrouvé un Beethoven rajeuni, plein de poésie, de mâle sensibilité, d'accents vigoureux, des mouvements justes.

 

J'ai entendu avec ravissement la suite de G. Fauré : Dolly, les accents frénétiques de l'ouverture du Roi d'Ys de Lalo, si souvent massacrée. Un admirable jeu de nuances et de plans dans le concerto grosso en mineur de Haendel. Quelle précision infinie dans l'accompagnement des « Variations sur des airs nationaux polonais de Chopin » dont l'orchestration de Georges Migot est un chef-d'œuvre du genre. Migot avec son esprit inventif en perpétuel mouvement, a réalisé avec un bonheur infini la prolongation orchestrale des sonorités du piano. Les flûtes sont souvent mises à contribution, l'orchestre sonne avec rondeur. L’apparition des trompettes bouchées n'est nullement un anachronisme mais une réussite. Jacques Dupont avec des doigts légers, une éloquente facilité fait chanter poétiquement un Gaveau, honneur ou plutôt sommet de la facture du piano.

 

Avec fougue, élégance et enthousiasme Eugène Bigot dirige une œuvre nouvelle du Russe Koustantinof : Vienne. Cette paraphrase arrive trop tard, M. Koustantinof avec une indiscutable habileté, superpose des thèmes célèbres de valses de Strauss afin de provoquer un vaste scintillement de timbres, mais il semble impossible d'égaler Ravel.

 

(Pierre Blois, l’Européen n° 309, 22 novembre 1935)

 

 

 

 

 

Eugène Bigot en 1940

 

 

 

 

Eugène Bigot, né à Rennes, commença ses études musicales dans sa ville natale. Il les poursuit au Conservatoire de Paris, où il est l'élève de Xavier Leroux pour l'harmonie, d'André Gédalge pour la fugue, de Paul Vidal pour la composition. En 1913, il est chef des chœurs au Théâtre des Champs-Elysées, fait la guerre, en 1914, comme officier d'infanterie, participe, de 1920 à 1923, aux tournées des Ballets Suédois, est nommé chef adjoint à la Société des Concerts. Bigot conduit, comme premier chef, une saison lyrique au Théâtre de Monte-Carlo, puis au Théâtre de l'Opéra-Comique. Les Concerts Lamoureux l'élisent président-chef, en 1935, et, en 1947, Claude Delvincourt le charge de guider, au Conservatoire de Paris, les jeunes candidats à la baguette. La Radio française lui fait confiance, ainsi que les plus importantes associations de concerts de l'Europe. Comme compositeur, il est l'auteur de pièces pour orchestre, ballets, musique de chambre (la Princesse d'Elide ; Laurenza ; Pastorale ; Pyrrhique).

 

La vie active d'Eugène Bigot a lait de lui un chef d'orchestre de concert et de théâtre. Respectueux du texte écrit, il estime trahir la pensée du compositeur si ce point de départ est méconnu au moment de l'interprétation. Mais le souci de l'exactitude n'empêche pas ce chef d'être un sensible, capable de trouver un terrain d'accord entre la donnée matérielle du texte et l'immatérialité des notes. C'est dans cet esprit qu'Eugène Bigot monte au pupitre, et quelles que soient les œuvres, même si celles-ci ne répondent pas à son vœu intime, il sait, sans démonstrations extérieures, trouver le mouvement intérieur qui anime une page musicale, et en faire jaillir l'étincelle.

 

(Paul Le Flem, Musica, décembre 1958)

 

 

 

 

 

              

 

Fantaisie sur les Mousquetaires au couvent de Varney

(arrangement d'Emile Tavan)

Orchestre Symphonique dir. Eugène Bigot

Columbia DF 263, mat. L 2498-1 et L 2499-1, enr. le 07 octobre 1930

 

 

         

 

Ouverture de Mignon de Thomas

Orchestre Symphonique dir. Eugène Bigot

Columbia DFX 75, mat. LX 1397-2 et LX 1398-1, enr. le 03 novembre 1930

(Grand Prix du Disque 1931)

 

 

 

 

 

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