Henri BLAZE DE BURY

 

 

 

Ange Henri Castil BLAZE, baron de BURY dit Henri BLAZE DE BURY

 

littérateur, critique musical et librettiste français

(place du Palais, Avignon, Vaucluse, 17 mai 1813* – Paris 7e, 15 mars 1888*)

 

Fils de CASTIL-BLAZE, critique musical, et de Marie Anne Félise Euphrosine BURY.

Epouse Marie Pauline Rose STEWART (1823 – ap. 1888), femme de lettres.

 

 

Il collabora à la « Revue des Deux Mondes » comme critique musical, en 1864. Très érudit et écrivain élégant, il publia, outre des Poésies (1842), un grand nombre de volumes contenant des études très intéressantes. Nous citerons, entre autres : Ecrivains et poètes de l'Allemagne (1846) ; Vie de Rossini (1854), écrite du vivant du compositeur ; Musiciens contemporains (1856) ; Rossini et son temps (1862) ; Meyerbeer et son temps (1865) ; la Légende de Versailles (1870) ; les Maîtresses de Goethe (1872) ; les Femmes et la Société au temps d'Auguste (1875) ; Musiciens du passé, du présent et de l'avenir (1880) ; Dames de la Renaissance (1887) ; Mes Souvenirs de la « Revue des Deux Mondes » (1888) ; Goethe et Beethoven (1892), ouvrage posthume. Signalons aussi une traduction des poésies et du Faust de Goethe ; une comédie en vers, le Décameron (1861), etc.

Il est décédé en son domicile, 20 rue Oudinot à Paris 7e.

 

 

 

 

livrets

 

Don Juan, opéra en 5 actes, version française de Don Giovanni, avec Castil-Blaze et Emile Deschamps, musique de Wolfgang Amadeus Mozart (Opéra, 10 mars 1834)

 

 

 

 

 

Ses études une fois terminées, il se fit connaître par des poésies et des fragments critiques et littéraires, insérés sous le pseudonyme de Hans Werner dans la Revue des Deux-Mondes. Ce recueil ne passe pas, en général, pour accueillir à la légère les jeunes écrivains ; mais le directeur du journal, M. Buloz, avait épousé Mlle Christine Blaze, et il se montra coulant à l'égard de son jeune beau-frère. Au reste, cette faveur n'était que justice, car plusieurs de ses articles ont été tirés à part, ce qui parle plus haut que tous les éloges. La Revue de Paris s'acquit alors la collaboration du spirituel écrivain. Après ses débuts, qui attirèrent l'attention des artistes sérieux, M. Blaze fut attaché à une cour du Nord, où la distinction de ses manières, son ton parfait de gentilhomme, non moins que ses connaissances profondes et variées, lui valurent de nombreuses décorations et le titre de baron. De retour à Paris, M. Blaze reprit ses travaux littéraires. Il a accepté, en 1864, la succession, assez lourde à porter, du critique musical Scudo, et s'est montré, sous le pseudonyme nouveau de F. de Lagenevais, admirateur presque exclusif de Meyerbeer, ménageant peu les maîtres italiens et quelques-uns des plus illustres compositeurs français, entre autres, Hérold. Cette réserve faite, on doit louer le style ferme et pur de M. Blaze, et son érudition profonde. Sa critique, dédaigneuse du banal, est toujours vivement exprimée, et ses idées, empreintes d'une sorte de germanisme adouci, sont constamment puisées aux sources mêmes du grand et du beau.
Voici la liste des œuvres principales de M. Blaze : Etudes sur Beethoven (1833, Revue des Deux-Mondes) ; Musique des drames de Shakespeare (1835, Revue des Deux-Mondes) ; Poètes et Musiciens de l'Allemagne (1835, Revue de Paris) ; Meyerbeer (1835, Revue de Paris) ; Lettres sur la musique française (1836, Revue de Paris) ; De l'Ecole fantastique et de M. Hector Berlioz (1838, Revue de Paris) ; Adolphe Nourrit (1839, Revue de Paris) ;
Rosemonde, légende illustrée (1841) ; Mademoiselle Sophie Lœve (1841, Revue de Paris) ; la Reine de Chypre, opéra d'Halévy (1842, Revue de Paris) ; la Vestale de Mercadante et le Stabat Mater de Rossini (1842, Revue de Paris) ; un Recueil de Poésies (1842, in-18) ; une traduction des Poésies de Goethe (1843, in-18) ; Ecrivains et poètes de l'Allemagne (1846, 2 vol. in-12). Ce livre charmant, ému, plein d'idées gracieuses et élevées, mériterait d'être placé parmi les ouvrages classiques. Il est indispensable à tous ceux qui veulent connaître l'histoire de la littérature moderne en Europe ; la Nuit du Walpurgis (1850) ; Souvenirs et récits des campagnes d'Autriche (1854, in-18) ; les Kœnigsmark, épisode de l'histoire du Hanovre (1855) ; les Musiciens contemporains (1856, in-18) ; Études sur Weber, Mozart, Rossini, Beethoven et quelques chanteurs et chanteuses célèbres ; les Amies de Goethe (in-18) ; Intermèdes et poèmes (1859, in-18) ; le Chevalier de Chasot, mémoires du temps de Frédéric le Grand (1862, in-18) ; Rossini et son temps (in-18) ; Meyerbeer et son temps (1865, in-18). M. Blaze a publié aussi une brochure ayant pour titre : M. le comte de Chambord, Un mois à Venise. On cite encore, comme étant de lui, un article signé Guy d'Estrées, publié par le Figaro du 15 septembre 1860, et dirigé contre le compositeur allemand Wagner, alors très vivement attaqué par la plupart des critiques parisiens.
Si nous passons à son théâtre, nous trouvons : Don Juan, opéra en cinq actes, avec M. Emile Deschamps, musique de Mozart (Opéra, 10 mars 1834). On prétend que Castil-Blaze collabora au livret d'une manière assez habile ; le Décaméron, comédie en un acte et en vers (Odéon, 1861), joli conte un peu tendre, un peu ironique, que les dévots de la Muse ont été applaudir, mais qui n'a tenu que fort peu de temps l'affiche.
M. Blaze de Bury n'a pas cru devoir publier un ouvrage auquel son père travaillait avec amour lorsque la mort vint l'atteindre. Cet ouvrage était l'Histoire de l'Opéra-Comique (1753-1856). Il restait fort peu de chose à faire pour mettre en lumière un livre utile, mais dont l'impression exigeait une certaine dépense. Or, le résultat financier de l'Histoire de l'Académie royale de musique et de l'Opéra-Italien effraya M. le baron, qui sait compter et qui craignit un nouveau déficit.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1876)

 

Les derniers ouvrages qu'il a publiés sont : les Ecrivains modernes de l'Allemagne (1868, in-12) ; la Légende de Versailles (1870, in-12) ; les Maîtresses de Goethe (1872, in-12), livre très intéressant ; les Femmes et la société au temps d'Auguste (1875, in-8°), etc.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1er supplément, 1878)

 

Ses ouvrages récents sont : Tableaux romantiques de littérature et d'art (1878, in-12) ; Musiciens du passé, du présent et de l'avenir (1880, in-12), études sur Gluck, Mozart, Rossini, Weber, Hérold, Halévy, Verdi, Gounod, Georges Bizet, Berlioz, Richard Wagner ; Mes études et mes souvenirs ; Alexandre Dumas, sa vie, son temps, son œuvre (1885, in-12) ; Dames de la Renaissance (1887, in-12), remarquable série d'études sur Laure de Noves, Lucrèce Borgia, Vittoria Colonna, etc.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

 

 

 

 

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