Euphrasie BORGHÈSE

 

 

 

Juliette Euphrosine BOURGEOIS dite Euphrasie BORGHÈSE

 

soprano français

(1818–)

 

 

Créatrice de la Fille du régiment, elle fit carrière en Italie, en Amérique, puis revint chanter à Paris en 1854. Elle ne doit pas être confondue avec Juliette Borghèse, la créatrice des Dragons de Villars.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 11 février 1840 en créant la Fille du régiment (Marie) de Gaetano Donizetti.

 

 

 

 

 

C’est Mlle Euphrasie Borghèse, et non pas Mme Emmanuel Garcia, comme nous l’avions annoncé qui doit remplir le principal rôle dans la pièce nouvelle de Donizetti, que prépare en ce moment le théâtre de l’Opéra-Comique. Mlle Borghèse arrive de l’Italie, où elle a obtenu les succès les plus mérités sur plusieurs scènes importantes, et principalement sur le théâtre Saint-Charles à Naples.

(le Monde dramatique, 31 octobre 1839)

 

 

la Musique aux Etats-Unis, New York, 23 août 1844

[...] Ceci m'amène tout naturellement à vous parler d'une troupe italienne que nous avons eue l'hiver passé à New York. Ces artistes, de la force de ceux qu'on entend dans les villes de troisième ordre en Italie, avaient formé une société pour nous représenter divers chefs-d'œuvre des maîtres d'Italie. À force de coupures, de concessions de la part des maestri, chargés de monter ces ouvrages, on est parvenu à nous chanter passablement Norma, I Puritani, Lucia di Lammermoor, Beatrix de Tenda, il Barbiere di Siviglia, l'Elisir d'amore, etc.

Un entrepreneur italien, le sieur Palmo, avait fait construire dans ce but une petite bonbonnière, grande comme le théâtre des Variétés à Paris, disposé en gradins, comme celui du Cirque des Champs-Élysées. Cette salle peut contenir 1.000 à 1.500 personnes.

Les Italiens avaient, et ont encore pour prima donna, Mlle Euphrasie Borghèse (1), aux débuts de laquelle nous avons assisté, vous et moi, à l’Opéra-Comique, dans la Fille du Régiment, de Donizetti. Vous vous souvenez sans doute du peu de suces qu'eut cet ouvrage, si habilement monté et si savamment écrit, mais qui fut si maigrement chanté. Cette sorte de chute découragea M. Crosnier sur le compte de la débutante, et notre cantatrice partit pour l'Italie.

De Naples, je crois, Mlle Borghèse se rendit à La Havane, en compagnie du chanteur Voisel, qui a eu le tort de se laisser emporter par la fièvre jaune. C'est après sa mort que notre prima donna est venue à New York, où elle trouva pour compagnon de théâtre une basse-taille grave, le sieur Valtellino, deux ténors, Antognini et Perrozzi, et enfin, en dernier lieu, le Figaro connu de Begnis, qui bien qu'usé au théâtre produit encore un effet quelconque.

C'est  donc avec ce quintetto que les œuvres de Rossini, Bellini et de Donizetti nous ont été représentées cet hiver passé.

Malgré ses défauts, nous nous estimons fort heureux de posséder un Opéra-Italien, et nous espérons bien que la saison prochaine s'ouvrira bientôt, et fera quelque diversion à nos longues soirées, dans ce pays positif où le charme de la société intime est tout-à-fait inconnu.

Nous désirerions cependant, pour que nos vœux pussent se réaliser, que vous donnassiez à quelque jolie cantatrice le conseil de venir nous demander l'hospitalité. Elle combattrait, par sa présence et par son talent, les prétentions insensées de notre prima donna, qui ne se contentera plus désormais de 150 dollars par soirée. (750 fr. et plus !) Pourriez-vous me dire si Mmes Grisi, Persiani, Viardot, Stoltz, Dorus-Gras, etc., gagnent une plus forte somme sur les deux premiers théâtres de Paris ? Je ne le crois pas.

(1) On pourrait prononcer tout bourgeoisement Mlle Bourgeois, mais Borghèse est plus romantique.

(le Ménestrel, 15 septembre 1844)

 

 

Mlle Euphrasie Borghèse, qui depuis quelques années est en Amérique, est de retour parmi nous, et a l’intention de donner prochainement un concert.

(l’Univers musical, 15 mars 1854)

 

 

 

 

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