Auguste-Acanthe BOUDOURESQUE

 

 

 

Auguste-Beauté dit Auguste-Acanthe BOUDOURESQUE

 

basse française

(La Bastide-sur-l'Hers, Ariège, 28 mai 1835* – Marseille, Bouches-du-Rhône, 21 janvier 1905)

 

Fils de Maurice BOUDOURESQUE, tailleur de pierre, et de Rose Marie Nancy BERGÉ, ménagère [mariés à La Bastide-sur-l’Hers le 28 mars 1830*].

Epouse à La Bastide-sur-l’Hers le 26 février 1861* Anna Sophie CORNEIL (La Bastide-sur-l’Hers, 24 novembre 1839*) ; parents de Marcel BOUDOURESQUE, baryton-basse.

 

 

Elève au conservatoire de Marseille de Benedict pour le chant et de Morel pour le solfège, il obtint un premier prix de chant en 1859. Lors de son mariage en 1861, il était inspecteur du gaz. L'année suivante, il était entrepreneur. Le 05 septembre 1874, il débuta avec succès au théâtre Valette, à Marseille, dans Ernani, de Verdi (en italien). Doué d'une superbe voix de basse profonde, il débuta à l'Opéra de Paris le 10 avril 1875 dans la Juive (de Brogni) d'une façon magistrale. Il joua ensuite différents rôles qui consacrèrent d'une façon éclatante un succès qui s'était annoncé si brillamment. Ensuite vinrent les créations importantes du Roi de Lahore, d'Aïda et d'Henry VIII, ainsi que des rôles secondaires dans d'autres créations dans lesquels Boudouresque se montra aussi grand artiste, sous le rapport de la voix et du talent, qu'acteur excellent, dramatique et sobre à la fois. Il quitta l'Opéra en 1885. Après avoir parcouru pendant quelque temps la province et l'étranger, il se retira à Marseille. Il a chanté avec un succès considérable, tant en France qu’à l’étranger, la plupart des rôles de basse du répertoire, notamment ceux de Timour dans le Roi de Lahore et du cardinal dans Henri VIII. Boudouresque s'exerçait aussi à la peinture et avait envoyé aux Salons de 1884 et 1885 des marines non sans mérite.

En 1895, il habitait la "Batellerie de la Malmousque" à Marseille (Bouches-du-Rhône).

 

 

 

 

Boudouresque dans le Roi de Lahore (Timour)

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il débuta le 10 avril 1875 dans la Juive (Cardinal de Brogni).

 

Il chanta Guillaume Tell (Melchtal, puis Walther, 1875) ; la Favorite (Balthazar, 1875) ; les Huguenots (Marcel, 1876) ; Robert le Diable (Bertram, première au Palais Garnier le 06 décembre 1876) ; l'Africaine (don Pedro, première au Palais Garnier, 17 décembre 1877) ; le Comte Ory (le Gouverneur, 25 octobre 1880) ; le Chant du départ de Méhul (première au Palais Garnier, 14 juillet 1883).

 

Il participa à la première à l'Opéra le 22 mars 1880 Aïda (Ramfis) de Giuseppe Verdi [version française de Du Locle et Nuitter] ; le 27 février 1885 de Rigoletto (Sparafucile) de Giuseppe Verdi [version française d'Edouard Duprez].

 

Il créa le 27 avril 1877 le Roi de Lahore (Timour) de Jules Massenet ; le 05 mars 1883 Henry VIII (le Légat) de Camille Saint-Saëns.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fit ses études à Marseille, puis il entra dans la compagnie du chemin de fer de Béziers comme piqueur. Depuis quelque temps, il était aide-conducteur, lorsque, étant tombé au sort, il fut appelé à servir dans l'artillerie. De retour à Marseille, M. Boudouresque obtint un emploi d'inspecteur de l'éclairage. Tout en remplissant ces fonctions, il s'adonna à son goût pour la musique et se fit admettre comme élève externe au Conservatoire de Marseille, où il reçut des leçons de Benedict et de Morel. Il venait d'obtenir le second prix de chant lorsque M. Ambroise Thomas, l'ayant entendu chanter, fut frappé de sa belle voix de basse et l'engagea à aller terminer ses études au Conservatoire de Paris. Le jeune homme voulut suivre ce conseil ; mais, pendant son voyage, il prit un refroidissement, sa voix s'altéra et il ne fut point admis au Conservatoire. Il retourna à Marseille (1859), où il obtint, peu après, le premier prix de chant. Au lieu de tenter la fortune du théâtre, M. Boudouresque se fit entrepreneur d'éclairage. En 1862, il obtint, à la suite d'une adjudication, l'entreprise de l'éclairage au schiste, qui lui fut très fructueuse, et, dix ans après, il acheta un des plus beaux cafés de Marseille. Une circonstance fortuite vint enfin le lancer dans la carrière du théâtre. En 1874, le baryton Maurel, ayant voulu faire jouer à Marseille l'Ernani de Verdi, ne trouva pas dans sa troupe un chanteur qui pût remplir d'une façon satisfaisante le rôle de Silva. Il avait eu l'occasion d'entendre chanter Boudouresque, dont la voix puissante l'avait vivement frappé. Il le pria de lui venir en aide en jouant le rôle de Silva. Boudouresque y consentit, apprit en une quinzaine de jours le rôle qu'il devait chanter en italien et débuta sur le théâtre Valette le 5 septembre 1874, avec un si grand succès, qu'il se décida enfin à se faire chanteur. Il vint à Paris, obtint une audition de M. Halanzier, directeur de l'Opéra, et celui-ci l'engagea pour trois ans, à partir du 1er janvier 1875. Boudouresque débuta au mois d'avril suivant sur ce théâtre, dans le rôle de Brogni de la Juive. Peu satisfaisant comme comédien, il donna une excellente opinion de lui comme chanteur, car sa voix, d'un très bon timbre, était d'une parfaite justesse. Il joua ensuite dans Guillaume Tell, dans la Favorite, dans les Huguenots, où il remplit le rôle de Marcel. Au mois de décembre 1876, il interpréta Bertram, dans Robert le Diable, et, cette fois, son succès fut complet.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1er supplément, 1878)

 

Lorsque MM. Ritt et Gailhard furent nommés à la direction de l'Académie nationale de musique, M. Boudouresque crut devoir quitter l'Opéra, et alla se faire entendre sur les principales scènes de province et de l'étranger. Il y obtint de très beaux succès, notamment à la Scala de Milan, où il chanta de janvier à mars 1886, puis à Nantes, à Marseille et à Bordeaux. En été, M. Boudouresque se retire volontiers sous sa tente, c'est-à-dire dans sa jolie villa des environs de Marseille, employant ses heures de loisir à se perfectionner dans l'étude du chant italien, à moins qu'il n'explore la Méditerranée sur son yacht, dont il est lui-même le capitaine, croquant de ci, de là quelques jolies marines. Il a exposé au Salon de 1884 : Côtes de Provence : lever de soleil derrière un morne, et au Salon de 1885 : Coup de mistral dans le golfe du Lion.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

 

 

 

 

 

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