Jacques BOUHY

 

Jacques Bouhy, photo Nadar (1872)

 

Jacques Joseph André dit Jacques BOUHY

 

baryton belge

(Pepinster, province de Liège, Belgique, 18 juin 1848 – Paris 8e, 29 janvier 1929*), enterré au cimetière de Pepinster.

 

Fils de Pierre BOUHY et de Joséphine LEMAIRE.

 

 

Il fit ses premières études : piano, orgue et chant, au Conservatoire de Liège, puis au Conservatoire de Paris, où il fut l’élève de Charles Duvernoy, Mocker et Masset ; il y obtint en 1869 le premier prix de chant, le premier prix d'opéra et le deuxième prix d'opéra-comique. Engagé à l'Opéra de Paris, alors rue Le Peletier, il y fit de brillants débuts dans Faust (Méphistophélès) en 1871 ; il y chanta le répertoire et créa Erostrate (16 octobre 1871) ; il passa l’année suivante à l'Opéra-Comique, où il créa le rôle du toréador Escamillo dans Carmen le 03 mars 1875. Il quitta la Salle Favart pour débuter au Théâtre-Lyrique de la Gaîté dans Giralda (12 octobre 1876) ; il y créa le 15 novembre 1876 Paul et Virginie (Domingue) de Victor Massé ; le 18 avril 1877 le Bravo (Jacopo) de Gaston Salvayre ; le 14 septembre 1877 la Clef d'Or (Georges Vernon) d’Eugène Gautier ; il y chanta le 07 novembre 1877 la reprise de Si j’étais roi ! (Moussoul) d’Adolphe Adam. Rentré à l'Opéra en 1878 après la fermeture du Théâtre-Lyrique, il y chanta Hamlet, Don Juan, la Favorite, etc. Il fit ensuite des saisons en Russie (Saint-Pétersbourg), à Londres (1882), à Monte-Carlo (1884) ; il y chanta les répertoires italiens et français et créa Mefistofele de Boito et la Reine de Saba de Goldmark. Appelé en 1885 à New York pour y fonder le Conservatoire National, il dirigea cet établissement d’instruction musicale jusqu’en 1889. Rentré à Paris, il chanta encore la première à Paris le 31 octobre 1890 de Samson et Dalila (le Grand-Prêtre) à l'Eden-Théâtre, et fit une apparition à l'Opéra de Paris en mai 1892. En 1895, il quitta la scène pour être professeur de chant. A partir de 1914, il cessa ses leçons pour employer son temps à la composition musicale. On peut citer, parmi ses mélodies, Ave Printemps, Mater Superba, avec violon, violoncelle et orgue ; le Manoir bleu de Rosemonde, A vingt ans, Ce que j’aime en toi, les Papillons, et quantité d’autres, publiées en Russie, en Italie et à Paris. Il est également l’auteur de quelques chœurs pour voix d’hommes et s’est exercé dans le style religieux. Le 23 juillet 1925, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur.

En 1911, il habitait 34 rue de Ponthieu à Paris 8e, où il est décédé, célibataire.

 

Barbe dite Barbelte ACH (Wintzenheim, Alsace, 04 juin 1859* –), artiste lyrique, a épousé à Paris 17e le 18 mars 1895* Jules Nicolas Joseph Alfred BOUHY (Liège, 20 novembre 1824 –), industriel, sans lien direct avec le baryton Jacques Bouhy.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il débuta à la Salle Le Peletier le 02 août 1871 dans Faust (Méphistophélès).

 

Il y chanta la première le 16 octobre 1871 Erostrate (Erostrate) d’Ernest Reyer.

 

Il chanta au Palais Garnier Hamlet (Hamlet, 1878), Don Juan (Don Juan, 1879), la Favorite (Alphonse, 1879).

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 24 février 1872 en chantant la première des Noces de Figaro (Figaro) de Wolfgang Amadeus Mozart [version française de Jules Barbier et Michel Carré].

 

Il y créa le 30 novembre 1872 Don César de Bazan (Don César de Bazan) de Jules Massenet ; le 03 mars 1875 Carmen (Escamillo) de Georges Bizet.

 

Il y chanta la première le 05 décembre 1873 de Maître Wolfram (Wolfram) d’Ernest Reyer ; le 24 mars 1874 de la version oratorio de Marie-Magdeleine (Judas) de Jules Massenet ; le 16 mai 1876 de Philémon et Baucis (Jupiter) de Charles Gounod.

 

Il y chanta Roméo et Juliette ; le Pardon de Ploërmel (Hoël, 1874) ; Galathée ; Joconde.

 

 

 

 

 

Jacques Bouhy dans Carmen (Escamillo) lors de la création, lithographie d'Antonin Chatinière (1875)

 

 

 

 

Il commença ses études musicales au Conservatoire de Liège, où il remporta le premier prix de chant. Il entra immédiatement après au Conservatoire de Paris, sous la direction de son compatriote, M. Masset. Aux concours généraux du mois de juillet 1869, il obtenait le premier prix de chant, le second prix d'opéra-comique et le premier prix d'opéra. Ce triple succès le fit engager aussitôt à notre Académie nationale de musique ; mais les événements de 1870 et 1871 reculèrent ses débuts de deux années. Ce fut aux obsèques d'Auber, le 15 juillet 1871, que le jeune chanteur se fit entendre au public pour la première fois. Il chanta, à l'église de la Trinité, un Benedictus d'Auber, qui fut très remarqué. La critique s'accorda à louer le velouté de son organe, le sentiment profond de son chant.

Quelques jours plus tard, Bouhy succédait à Faure dans le rôle de Méphistophélès. Il remplit ce rôle avec succès pendant quinze représentations, jusqu'à la fin d'octobre, où il quitta l'Opéra, les offres d'appointements qui lui étaient faites ne lui paraissant pas assez avantageuses.

Quelques mois après, il débutait à l'Opéra-Comique, dans la reprise des Noces de Figaro, avec Mme Miolan-Carvalho. Le 30 novembre 1872, il fit sa première création dans Don César de Bazan de Massenet. Il joua ensuite successivement dans Roméo et Juliette, dans Galatée et dans Maître Wolfram.

Le 24 mars 1874, eut lieu à l'Opéra-Comique la première audition de Marie-Magdeleine, de Massenet, où Bouhy se fit beaucoup remarquer ; mais il obtint surtout la faveur du public dans la reprise de Joconde, où la délicatesse de son chant, son goût et son style dans l'art de phraser lui conquirent tous les suffrages.

La dernière création de Bouhy à l'Opéra-Comique fut dans la Carmen de Georges Bizet (3 mars 1875), où il joua avec beaucoup de verve et d'entrain le rôle du toréador Escamillo. Il entra ensuite à l'Opéra-National-Lyrique et remporta un véritable triomphe en créant le rôle du nègre Domingue, dans Paul et Virginie. C'est là qu'il a déployé toutes les qualités qui font de lui un chanteur de premier ordre, à la voix large, vibrante, souple, pleine de style et de goût.

M. Bouhy a épousé en 1876 Mlle Reichemberg [sic], de la Comédie-Française. [Cette information est erronée : Jacques Bouhy ne s'est jamais marié et Suzanne Reichenberg a épousé à Paris 17e le 12 octobre 1900 le baron de Bourgoing.]

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1er supplément, 1878)

 

 

 

 

 

M. Bouhy est, comme talent, ce que je connais de meilleur, en fait de basse chantante, après Faure.

(Lettre de Charles Gounod à Mme Weldon à propos des débuts de Bouhy)

 

 

 

 

 

 

 

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