Roger BOURDIN

 

 

Roger Bourdin, photo Studio Tscherniak, 1940

 

Roger BOURDIN

 

baryton français

(38 rue de Flandre, Paris 19e, 14 juin 1900* – Paris 17e, 14 septembre 1973)

 

Fils de Jean Alfred Louis BOURDIN (1853 –), employé de commerce, et de Louise Virginie MASSONNAT (1866 –).

Epouse à Levallois-Perret, Hauts-de-Seine, le 17 mai 1944 Geori BOUÉ, soprano ; parents de Françoise BOURDIN (Paris, 1952 –), écrivain.

 

 

Ayant étudié au Conservatoire de Paris avec André Gresse et Jacques Isnardon, il y obtint ses premiers prix en 1922. Il débuta la même année à l'Opéra-Comique dans Manon (Lescaut). Il s'y imposa aussitôt par sa voix chaude et musicale, sa présence scénique et son humour. Il y créa, entre autres, le Bon roi Dagobert dans lequel il composa un savoureux Éloi. En 1933 il abandonne la salle Favart pour se consacrer à l'opérette où il réussira avec beaucoup d'aisance. Mais dès 1940 il reparaît à l'Opéra-Comique pour de nouvelles créations. En 1942, il entre à l'Opéra. Il a interprété, sur nos deux scènes nationales jusqu'en 1959, la plupart de tous les emplois allant du baryton-martin à la basse chantante, puisqu'on le vit à l'Opéra dans Thaïs et à l'Opéra-Comique dans Ciboulette. Il fut d'ailleurs à la Gaîté-Lyrique, le créateur le 23 mars 1935 de Malvina (Valérien) de Reynaldo Hahn. Non seulement chanteur estimé, Roger Bourdin s'est fait apprécier pour ses qualités scéniques. Il fut une figure marquante des scènes françaises, également apprécié à l'étranger. Il a chanté plus de cent rôles et créé plus de vingt ouvrages, dont certains de Milhaud, Ibert, Bondeville, etc. Nommé professeur au Conservatoire de Paris, il prit sa retraite en 1965.

 

 

 

 

Roger Bourdin, photo H. Manuel, 1928

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il débuta le 20 octobre 1922 dans Manon (Lescaut).

 

Il a créé le 27 juin 1925 Scènes dansées (le Récitant) ; le 24 décembre 1925 le Joueur de viole (le grand décorateur, 2e marchand) de Raoul Laparra ; le 21 février 1927 Sophie Arnould (Comte de Laurageais, Dorval) de Gabriel Pierné ; le 05 décembre 1927 le Bon roi Dagobert (Eloi) de Marcel Samuel-Rousseau ; le 16 janvier 1928 Angelo, tyran de Padoue (Homodéi) d'Alfred Bruneau ; le 17 décembre 1928 Riquet à la houppe (le Prince Avenant) de Georges Hüe ; le 24 avril 1929 la Peau de chagrin (comte Rospoli) de Charles Levadé ; le 15 janvier 1930 le Roi d'Yvetot (le cabaretier maigre) de Jacques Ibert ; le 02 juin 1930 Rayon de soieries (Gaston) de Manuel Rosenthal ; le 09 février 1931 Cantegril (Cantegril) de Roger-Ducasse ; le 10 mars 1942 Mon oncle Benjamin (Benjamin) de Francis Bousquet ; le 25 janvier 1944 Amphitryon 38 (Jupiter) de Marcel Bertrand ; le 21 juin 1949 le "Oui" des jeunes filles (don Diégo) de Reynaldo Hahn ; le 01 juin 1951 Madame Bovary (Lheureux) d'Emmanuel Bondeville

 

Il a participé aux premières suivantes : le 18 juin 1923 Pepita Jiménez (le Comte) d'Isaac Albéniz ; le 30 mai 1925 les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau ; le 01 février 1926 l'Enfant et les sortilèges (l'Horloge, le Chat) de Maurice Ravel ; le 02 juin 1930 Angélique (Charlot) de Jacques Ibert ; le 17 novembre 1931 la Danse pendant le festin (Chico) de Marius-François Gaillard ; le 04 mai 1940 Mesdames de la Halle (Raflafla) de Jacques Offenbach ; le 27 juin 1941 Carmosine (Minuccio) d'Henry Février ; le 13 mars 1953 Ciboulette (Duparquet) de Reynaldo Hahn ; le 12 mai 1955 Eugène Onéguine (Eugène Onéguine) de Piotr Ilitch Tchaïkovski [version française de Michel Delines].

 

Il a chanté Aphrodite (Timon) ; le Barbier de Séville (Basile) ; la Basoche (Clément Marot) ; Béatrice (Tibério) ; Carmen (Escamillo) ; les Contes d’Hoffmann (Miracle) ; Djamileh (Splendiano) ; Don Quichotte (don Quichotte) ; Fortunio (Clavaroche) ; Gismonda (Zaccaria) ; le Hulla (Taher) ; Lakmé (Frédéric) ; Lorenzaccio (un Officier, Lorenzo) ; Madame Butterfly (Scharpless) ; Mârouf, savetier du Caire (Ali) ; Masques et Bergamasques ; le Médecin malgré lui (Sganarelle) ; Mireille (Ourrias) ; Paillasse (Sylvio) ; Pelléas et Mélisande (Pelléas) ; Pénélope (Eurymaque) ; le Roi malgré lui (Henri) ; la Tosca (Scarpia) ; Tristan et Isolde (Mélot) ; la Bohème (Marcel) ; Werther (Albert) ; les Noces de Figaro (Figaro, Almaviva).

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il débuta le 28 novembre 1942 dans Mârouf, savetier du Caire (Mârouf).

 

Il a chanté Thaïs (Athanaël, 1947) ; Faust (Valentin, 1949) ; les Indes galantes (don Alvar, 1952) ; les Maîtres chanteurs de Nuremberg (Beckmesser, 1952) ; l'Aiglon (Metternich, 1952).

 

Il a créé le 12 mai 1950 Bolivar (Bolivar) de Darius Milhaud ; le 06 avril 1951 Kerbeb, danseuse berbère (Sid Haffid) de Marcel Samuel-Rousseau.

 

Il a participé le 12 février 1954 à la première d'Oberon (Shérasmin) de Carl Maria von Weber [version française de Kufferath et Henri Cain].

 

 

 

 

 

Roger Bourdin, photo A. Tscherniak, 1925

 

 

 

Roger Bourdin, photo Tscherniak, 1927

 

 

 

 

Roger Bourdin, photo Waléry-Paris, 1930

 

 

Roger Bourdin, photo A. Tscherniak, 1931

 

 

 

Roger Bourdin décoré de la Légion d'honneur par Maurice Lehmann en 1952

 

 

 

Roger Bourdin en 1953

 

Roger Bourdin en 1956

 

 

 

 

Concerts Lamoureux. – M. Roger Bourdin est non seulement un excellent chanteur, mais un interprète hautement intelligent qui comprend et pénètre le texte musical comme le texte poétique des œuvres qu'il présente et dont il exprime avec une parfaite diction, un juste sentiment, le sens intime. Le Promenoir des Amants, Colloque sentimental, Mandolines, qu'il a chantés, ont été orchestrés par M. Louis Beydts avec une entière assimilation de l'esprit de Debussy, une adresse, une piété rares. Ces œuvres gagnent-elles à être instrumentées ? Debussy pensait réellement pour piano ou pour orchestre ; aussi, selon les circonstances, s'exprimait-il différemment. La trame orchestrale, si habile et légère soit-elle, alourdit la fluidité pianistique et se développe au détriment du chant. Mandolines semble le mieux s'accommoder de la transposition. Cette réserve ne doit pas empêcher de reconnaître le talent déployé en la circonstance par M. Beydts.

(Raymond Balliman, Lyrica n° 81, janvier 1929)

 

Cannes. C'est une heureuse idée qu'a eue notre Casino municipal de monter le Bon Roi Dagobert de MM. Marcel Samuel-Rousseau et André Rivoire. L'œuvre est vraiment charmante, constituant un spectacle des plus agréables. La partition fourmille de jolis détails, dont l'orchestration est traitée avec une incomparable richesse. Aussi n'étonnerons-nous personne en disant que cette délicieuse comédie musicale, d'un goût si sûr et si fin, a obtenu un immense succès.

L'interprétation fut vraiment excellente. Mme Emma Luart et Mlle Gauley rivalisèrent de charme et de talent dans les rôles de la Reine et de Nantilde, M. Goavec apporta beaucoup de compréhension et de finesse dans la composition du personnage de Dagobert, M. Roger Bourdin fut un Eloi d'une verve éblouissante et d'une fantaisie débordante. Citons encore parmi les autres interprètes, Mmes Sonia Rasumny, Borde, Laugier, Rizzi, Lysiane, MM. A. Friant, Flavien et Scellier. N'oublions pas non plus M. Spaanderman qui dirigea la représentation avec beaucoup d'autorité, et mentionnons aussi la mise en scène de M. Léon Devaux qui fut particulièrement soignée.

(le Ménestrel, 15 mars 1929)

 

La « Comtesse Maritza » aux Ambassadeurs [première à Paris en français de l'opérette d'Emmerich Kalman, le 08 mai 1931]

Mauvaise soirée. Mauvaise pièce. Musique banale et interprétation ordinaire, sauf en ce qui concerne Roger Bourdin qui apporta au rôle de Tassilo sa voix mordante, son intelligence scénique, son articulation distincte et du style, toutes qualités si différentes de celles de ses camarades, que l'on peut dire sans trop de paradoxe que par son talent il a décalé toute l'interprétation. Evidemment, c'est tout de même un paradoxe, car si le reste de l'interprétation eut été de la valeur du principal personnage, il en serait résulté une homogénéité qui manquait totalement.

Mlle Lewis qui jouait la Comtesse Maritza m'a plu considérablement, mais c'est au seul point de vue physique. Je ne veux pas me montrer un critique trop sévère pour des œuvres de si petite envergure artistique, mais je ne puis m'empêcher de trouver profondément regrettable que, non contente de parler le français avec un accent aussi abominable qu'incompréhensible, Mlle Lewis ait négligé même d'apprendre le texte de son rôle.

J'ai vu Mlle Jannie Marèse et M. Robert Allard bien souvent meilleurs. Je veux croire que la faute en incombe aux rôles plus qu'à eux-mêmes.

La scène la mieux réussie à tous points de vue est une scène tout à fait secondaire qui arrive à la fin de la pièce, très drôlement jouée par Mme Marthe Derminy et M. Rognoni.

(Lyrica n° 105, mai 1931)

 

 

 

 

 

Roger Bourdin, photo Tscherniak, 1924

 

 

 

 

 

 

Roger Bourdin dans le Roi malgré lui (Henri de Valois) en 1946

 

 

 

Geori Boué (la Princesse) et Roger Bourdin (Mârouf) dans Mârouf, savetier du Caire à l'Opéra de Paris en 1949

 

 

 

 

    

 

Couplets du Toréador "Votre toast, je peux vous le rendre"

extrait de l'acte II de Carmen de Bizet

Roger Bourdin (Escamillo), Chœurs et Orchestre de l'Opéra-Comique dir. Gustave Cloëz

Odéon 171.013, mat. XXP 6454-2, enr. vers 1927

 

 

    

 

Stances "Lakmé, ton doux regard se voile"

extrait de l'acte II de Lakmé de Delibes

Roger Bourdin (Nilakantha) et Orchestre de l'Opéra-Comique dir. Gustave Cloëz

Odéon 171.016, mat. XXP 6451-2, enr. vers 1927

 

 

    

 

Récit "C'est une toute petite histoire"

extrait de l'acte I du Bon roi Dagobert de Samuel-Rousseau

Roger Bourdin (Eloi) et Orchestre de l'Opéra-Comique dir. Gustave Cloëz

Odéon 188.583, mat. KI 1652-1, enr. vers 1928

 

 

    

 

Triolets "Que ne puis-je la rencontrer"

extrait de l'acte I de Miss Helyett d'Audran

Roger Bourdin (Paul) et Orchestre dir. Gustave Cloëz

Odéon 166.656, mat. KI 5989-1, enr. après 1937

 

 

    

 

Air "Fête complète sous ta baguette"

extrait de l'acte I de Don Juan de Mozart [version française]

Roger Bourdin (Don Juan) et Orchestre dir. Gustave Cloëz

Odéon 188.663, mat. KI 2441-1, enr. en juillet 1929

 

 

    

 

Sérénade

extrait de l'acte II de Don Juan de Mozart [version française]

Roger Bourdin (Don Juan) et Orchestre dir. Gustave Cloëz

Odéon 188.663, mat. KI 2442-1, enr. en juillet 1929

 

 

    

 

"Oui de rimes, je fais moisson... Je suis aymé"

extrait de l'acte I de la Basoche de Messager

Roger Bourdin (Clément Marot) et Orchestre dir. Gustave Cloëz

Odéon 188.844, mat. KI 4765-1, enr. en 1931

 

 

    

 

Romance "A ton amour simple et sincère"

extrait de l'acte III de la Basoche de Messager

Roger Bourdin (Clément Marot) et Orchestre dir. Gustave Cloëz

Odéon 188.844, mat. KI 4766-1, enr. en 1931

 

 

    

 

Cantique de Noël "Minuit, Chrétiens"

(Placide Cappeau de Roquemaure / Adolphe Adam)

Roger Bourdin et Orchestre de l'Opéra-Comique dir. Gustave Cloëz

Odéon 123.513, mat. XXP 6543-1, enr. en 1927

 

 

    

 

les Deux Grenadiers

lied (Heinrich Heine / Robert Schumann) [version française]

Roger Bourdin et Piano

Odéon 123.614, mat. XXP 6812, enr. en avril 1930

 

 

    

 

"le Plus beau rêve de Schubert"

extrait de Chanson d'amour de Berté (d'après Schubert)

Roger Bourdin et Orchestre dir. Gustave Cloëz

Odéon 188.711, mat. KI 4767-1, enr. en 1931

 

 

    

 

Sérénade

extrait du Chant du Cygne de Schubert [version française de Guillot de Saix]

Roger Bourdin et Piano

Odéon 123.614, mat. XXP 6811-2, enr. en avril 1930

 

 

    

 

la Marseillaise

(Claude Joseph Rouget de Lisle)

Roger Bourdin, Chœurs et Orchestre de l'Opéra-Comique dir. Gustave Cloëz

Odéon 171.018, mat. XXP 6453-2, enr. vers 1927

 

 

    

 

le Chant du Départ

(Marie Joseph de Chénier / Etienne Méhul)

Roger Bourdin et Orchestre de l'Opéra-Comique dir. Gustave Cloëz

Odéon 171.018, mat. XXP 6466-1, enr. vers 1927

 

 

 

le Barbier de Séville de Rossini [version française de Castil-Blaze]

Roger Bourdin (Don Basile)

Artistes, Chœurs et Orchestre de l'Opéra-Comique dir. André Cluytens

version filmée, 1948

 

 

 

la Lettre "Adieu, je pars"

extrait de l'acte II de Véronique de Messager

Roger Bourdin (Florestan), Max de Rieux (Loustot), Marcel Carpentier (Coquenard), Sophie Mallet (Denise), Chœurs et Orchestre dir Pierre Dervaux

enr. en 1953

 

 

Voir également les enregistrements de Manon (actes I "Ne bronchez pas", II "Quatuor" et III "A quoi bon l'économie"), Thaïs (intégrale), le Jongleur de Notre-Dame (acte II "Légende de la Sauge"), Don Quichotte (acte II "C'est vers ton amour"), Coups de roulis (acte I "Finale" et II "Romance"), Pensée d'automne, Véronique (intégrale et acte I "Vrai Dieu")

 

 

 

 

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