Paul BOURRILLON

 

Paul Bourrillon vers 1898 (photo Jules Beau)

 

 

Pierre Ernest Paul dit Paul BOURRILLON

 

coureur cycliste et ténor français

(rue Labat, Marmande, Lot-et-Garonne, 14 janvier 1877* – Marmande, 14 avril 1942*)

 

Fils de Guillaume BOURRILLON (1845 ap. 1915) serrurier puis négociant en cycles, et de Marie JANTIEN (1851 ap. 1915).

Epouse à Marmande le 14 septembre 1915* Marie Justine Gabrielle ROHAUX (Rouilly-Sacey, Aube, 28 mars 1881* – Plailly, Oise, 08 juin 1970), artiste lyrique.

 

 

Fils d’un négociant de Marmande qui orienta son activité vers la vente et la réparation des cycles, il fit d’abord une carrière de coureur cycliste. Il remporta de nombreux prix à partir de 1894 et fut notamment champion du monde de vitesse à Copenhague en 1896, et champion de France de vitesse en 1897 et 1899. Parallèlement, il prépara sa carrière lyrique et entra au Conservatoire dans la classe de chant de Villaret. Il débuta en 1902 à Nantes dans Faust. On le trouva ensuite au Théâtre des Arts de Rouen, à l’Opéra de Bordeaux (où il est premier ténor en 1904), puis à l’Opéra-Comique (où il débute en 1908). En 1910, il fit une tournée en Amérique. Le 28 mars 1911, il créa Elsen (Branther) d’Adalbert Mercier à la Gaîté-Lyrique. Le 10 mai 1912, il chanta Orphée aux Enfers (Orphée) aux Variétés, aux côtés de Brasseur. Mobilisé pendant la Grande Guerre, il continua cependant de se produire, notamment en avril 1915 à Monte-Carlo, où il chanta Hans, le joueur de flûte (Hans) de Louis Ganne, aux côtés de Rose Heilbronner, sous la direction du compositeur. Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur (contingent de l’éducation physique) le 16 janvier 1935. Dans la presse, son nom a parfois été orthographié Bourillon. C'est sous ce nom que sa ville natale lui a rendu hommage, en baptisant une allée Paul Bourillon à Marmande.

Il est décédé en son domicile, boulevard de Maré à Marmande (Lot-et-Garonne).

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 04 septembre 1908 dans la Navarraise (Araquil).

 

Il y chanta le Jongleur de Notre-Dame (Jean, 27 septembre 1908) ; Mignon (Wilhelm Meister, 26 octobre 1908) ; Louise (Julien, 17 décembre 1908) ; Julien (Julien) ; Mireille (Vincent).

 

 

 

 

Paul Bourrillon vers 1896 (photo Jules Beau)

 

 

 

On se souvient que, dans une série de lettres publiées par un de nos confrères d’Amérique, les chanteurs, cantatrices et professeurs de chant les plus connus avaient déclaré unanimement que l’exercice de la bicyclette ne pouvait que nuire au développement de la voix. Or, voici que notre confrère du Paris-Vélo annonce que le champion du monde, Paul Bourrillon, vient de passer avec succès son second examen d'admission aux classes de chant du Conservatoire.

Bourrillon va, dès à présent, suivre les cours de M. Villaret et entrera au Conservatoire de Musique au commencement de la nouvelle année scolaire, c'est-à-dire en octobre prochain.

Le champion du monde possède, paraît-il, une fort belle voix de ténor. Il gagne, actuellement, de 25,000 à 30,000 fr. par an en « performant » dans les grandes courses nationales et internationales. Une seule carrière offrait plus de ressources encore que celle de professionnel de la pédale : la carrière de grand ténor d'opéra. Nous comprenons que, malgré ses succès actuels, Bourrillon tienne à permuter…

(Journal des Débats, 20 mars 1897)

 

A l’Opéra-Comique : M. Albert Carré vient d’engager, pour une période de deux ans, M. Paul Bourrillon, qui fut un champion cycliste.

M. Bourrillon a abandonné la piste, il y a cinq ans, pour se lancer dans la carrière lyrique. Bordeaux, Nantes, Rouen, Calais l’ont tour à tour applaudi. C’est à la suite d’une audition dans Faust et Manon que M. Albert Carré s’est attaché ce nouveau pensionnaire.

(le Temps, 23 janvier 1908)

 

 

 

 

 

Paul Bourrillon dans Elsen (Branther), dessin de Paul Charles Delaroche (1911)

 

 

 

 

 

Encylopédie