Suzanne BROHLY

 

Suzanne Brohly en 1923

 

 

Suzanne BROHLY

 

mezzo-soprano français

(Paris, 1882 – 1943)

 

 

Elève de Rosine Laborde, elle fut engagée en juillet 1905 par Albert Carré à l’Opéra-Comique où elle fit l’essentiel de sa carrière. De 1908 à 1930, elle a enregistré de nombreux disques, dont certains sous le pseudonyme d’Alix Martell. En 1931, elle chantait encore aux Concerts Lamoureux.

En 1909, elle habitait 4 rue de Sèvres à Paris 6e ; en 1922, 204 rue de Rivoli à Paris 1er ; en 1930, 41 boulevard Exelmans à Paris 16e ; en 1932, 20 boulevard Malesherbes à Paris 8e.

 

=> sa discographie

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y a débuté le 09 janvier 1906 dans Miarka (la Vougne).

 

Elle y a créé le 27 mars 1906 Aphrodite (Chimairis) de Camille Erlanger ; le 17 avril 1907 Circé (Pénélope) de Paul et Lucien Hillemacher ; le 10 mai 1907 Ariane et Barbe-Bleue (Sélysette) de Paul Dukas ; le 08 décembre 1909 le Cœur du Moulin (la Mère) de Déodat de Séverac et Myrtil (Cléo) d'Ernest Garnier ; le 30 novembre 1910 Macbeth (une Sorcière) d'Ernest Bloch ; le 28 décembre 1910 Noël (Mme Herblet) de Frédéric d'Erlanger ; le 07 février 1912 la Lépreuse (Maria) de Sylvio Lazzari ; le 20 mars 1913 le Carillonneur (Barbara) de Xavier Leroux ; le 01 décembre 1913 Céleste (la Sans-Besoin) d'Emile Trépard ; le 25 février 1914 la Marchande d'allumettes (la Duchesse) de Tiarko Richepin.

 

Elle y a participé à la première le 18 décembre 1907 d'Iphigénie en Aulide (Clytemnestre) de Gluck ; le 22 mai 1908 de Snégourotchka (Lel) de Rimski-Korsakov [version française de Pierre Lalo] ; le 30 janvier 1911 de l'Ancêtre (l'Ancêtre) de Camille Saint-Saëns ; le 06 janvier 1914 de la Vie brève (la Grand'mère) de Manuel de Falla [version française de Paul Milliet].

 

Elle y a chanté Aphrodite (Bacchis) ; Carmen (Carmen) ; les Contes d’Hoffmann (Nicklausse) ; la Flûte enchantée (une Dame) ; Iphigénie en Tauride (Diane) ; le Juif polonais (Catherine) ; Louise (la Mère) ; Madame Butterfly (Kate, puis Souzouki) ; Orphée (Orphée) ; Pelléas et Mélisande (Geneviève) ; Marie-Magdeleine (Marthe) ; Mignon (Mignon) ; la Reine Fiammette (Pantasilée) ; le Rêve (Hubertine) ; le Roi d'Ys (Margared) ; Thérèse (Thérèse) ; Werther (Charlotte).

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Au cours d'un Gala, le 28 avril 1912, elle a participé à la première [3e acte seul] de Werther (Charlotte).

 

 

 

 

Suzanne Brohly en 1907

 

 

Suzanne Brohly en 1926

 

 

 

Le départ de Mme Héglon pouvait jeter une ombre fâcheuse dans la brillante distribution de la pittoresque Miarka, dont le succès s'est si bien implanté à l'Opéra-Comique. Il n'en a rien été. MM. Jean Richepin et Alexandre Georges doivent se réjouir d'avoir trouvé en la Vougne que leur a donnée M. Albert Carré, une nouvelle interprète absolument digne du rôle. De stature imposante et vraiment théâtrale, Mlle Brohly a, dès le premier acte, conquis le public, justement épris de sa jeune et belle voix de mezzo si pure, si pleine, si étendue, si habilement conduite. L'Hymne du Soleil, chaleureusement enlevé, lui a valu quatre rappels de la salle enthousiaste. Et, jusqu'à la scène de la mort, où elle produisit une très vive impression, ce ne fut pour la débutante, excellente chanteuse et déjà fort intelligente comédienne, qu'une longue suite d'ovations. Mlle Brohly ajoute un fleuron de plus à la couronne de son admirable professeur, Mme Rosine Laborde, à qui l'Opéra-Comique a déjà dû des artistes de la valeur de Calvé et de Delna...

Nous avons dit naguère quelle séduisante Miarka était Mme Marguerite Carré ; quel étonnant Gleude est M. Jean Périer... Ajoutons que M. Beyle chantait ce soir-là, et de parfaite façon, le rôle du roi ; que l'excellent maître Alexandre Luigini conduit toujours à la victoire l'œuvre savoureuse destinée à tenir longtemps l'affiche.

(le Monde artiste, 14 janvier 1906)

 

 

Suzanne Brohly, qui avait quitté l'Opéra-Comique pour le défunt théâtre du Vaudeville, va rentrer Salle Favart pour la reprise de Thérèse, dont elle fut une des plus parfaites interprètes.

Cédant à d'instantes sollicitations, la brillante artiste, que Paris regrette encore, a consenti à quitter sa retraite charentaise pour reparaître, l'été dernier, sur la scène du Casino de Vichy, ce qui lui a valu des offres d'engagements de la plupart des grands théâtres.

Sa récente réapparition dans Carmen et Werther a fait sensation à Lille, où, grâce à une municipalité généreuse jusqu'à la prodigalité, les plus grandes vedettes se donnent rendez-vous.

(Lyrica, décembre 1929)

 

 

Thérèse

On a repris Thérèse pour la rentrée de Mme Brohly à l'Opéra-Comique, et on a bien fait. Ce n'est pas que l’œuvre soit l'une des meilleures de Massenet, bien au contraire, on comprend en l'écoutant les raisons pour lesquelles son effet sur le public fut toujours des plus médiocres, mais elle comporte des parties émouvantes et elle a l'avantage de fournir aux contralti, si peu favorisés par les compositeurs actuels, une admirable occasion de développer leurs dons vocaux ou tragiques.

Mme Brohly a peut-être la plus belle voix de contralto que je connaisse. Ce genre de voix qui très souvent est empreint d'une certaine dureté, d'une virilité parfois désagréable chez une femme, prend chez Brohly un moelleux, un velouté qui donnent du charme à des sonorité qui chez d'autres paraîtraient trop noires. On peut réellement avec elle, employer le mot de velours. C'est du beau velours noir. Malgré la très grande émotion qui l'étreignait en reparaissant sur la scène de ses grands succès, elle chanta sans défaillance un rôle redoutable par son étendue, sa tessiture et la violence de ses imprécations à la dernière scène. La belle phrase qui commence le second tableau, Jour de juin, jour d'été, les hirondelles passent, en prit une pathétique sonorité. J'ai l'impression que Mme Brohly se livre davantage qu'autrefois, et conséquemment, nous émeut beaucoup plus.

(Thomas Salignac, Lyrica, février 1930)

 

 

 

 

Suzanne Brohly en 1931

 

 

 

    

 

Valse "Heure exquise"

extrait de l'acte III de la Veuve joyeuse de Lehár

Alix Martell [Suzanne Brohly] (Missia), Jean Duez [Louis Dupouy] (Danilo) et Orchestre

Disque Pour Gramophone 34251, mat. 15854 1/2 u, enr. à Paris le 08 juin 1910

 

    

 

Chanson politique "Jadis les rois, race proscrite"

extrait de l'acte I de la Fille de Madame Angot de Lecocq

Alix Martell [Suzanne Brohly] (Clairette), Chœurs et Orchestre

Disque Pour Gramophone 33807, mat. 16149u, enr. à Paris le 24 novembre 1910

    

 

"Printemps qui commence"

extrait de l'acte I de Samson et Dalila de Saint-Saëns

Suzanne Brohly (Dalila) et Orchestre

Disque Pour Gramophone 033205, réédité sur W 431, mat. CE75-1, enr. à Paris le 24 octobre 1921

 

    

 

"Mon cœur s'ouvre à ta voix"

extrait de l'acte II de Sanson et Dalila de Saint-Saëns

Suzanne Brohly (Dalila) et Orchestre

Disque Pour Gramophone 033204, réédité sur W 431, mat. 03480v, enr. à Paris le 16 juin 1921

 

    

 

Barcarolle "Belle nuit"

extrait de l'acte III des Contes d'Hoffmann d'Offenbach

Yvonne Brothier, Suzanne Brohly et Orchestre

Disque Pour Gramophone 34329, réédité sur P 440, mat. BE76-1, enr. à Paris le 24 octobre 1921

    

 

Duo des fleurs "Toutes les fleurs"

extrait de Madame Butterfly de Puccini [version française de Paul Ferrier]

Yvonne Brothier (Cio-Cio-San), Suzanne Brohly (Souzouki) et Orchestre

Disque Pour Gramophone 34234, réédité sur W 433, mat. CE78-1, enr. à Paris le 24 octobre 1921

 

voir également les enregistrements de Carmen (acte I. Habanera ; acte II. Chanson bohème), de Werther (acte I. Duo de la Déclaration ; acte III "Bonjour grande sœur", "Oui, c'est moi" ; acte V. Mort de Werther), de Marthe Bakkers, de Léon Beyle et de Rose Heilbronner

 

 

 

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