Maria CALLAS

 

 

 

Maria Sophie Cecilia CALOGEROPOULOS dite Maria CALLAS-MENEGHINI puis Maria CALLAS

 

soprano grec

(New York, Etats-Unis, 02 décembre 1923 – Paris 16e, 16 septembre 1977*), incinérée au Père-Lachaise.

 

Epouse à Vérone, Italie, le 21 avril 1949 (divorce en octobre 1959) Giovanni Battista MENEGHINI (Vérone, 11 janvier 1896 – Desenzano del Garda, Lombardie, Italie, 21 janvier 1981), industriel italien.

 

 

Elle étudie avec Elvira de Hidalgo à Athènes, où elle débute à quinze ans dans Cavalleria rusticana, mais ne s'imposera qu'en 1947 à Vérone. Rendue célèbre pour avoir su chanter alternativement Wagner et Bellini, elle paraît en Amérique du Sud, à la Scala (1950), à Londres et enfin au Metropolitan de New York ; elle est sacrée dès lors comme la plus grande vedette lyrique internationale (1956). Elle chanta peu à Paris (Opéra, 1958, 1963 et 1964) et au Théâtre des Champs-Elysées (05 juin 1963). Aprement discutée, l'artiste a su renouer avec la tradition du bel canto et mettre sa virtuosité au service de l'expression dramatique, répondant ainsi à l'évolution de l'esthétique moderne. Son tempérament exceptionnel trouve son plein emploi dans des opéras tels que Norma, la Traviata, Tosca ou la Gioconda.

Elle est décédée dans son appartement parisien, où elle s'était retirée, 36 avenue Georges-Mandel à Paris 16e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle y débuta lors d'un Gala le 19 décembre 1958 où elle chante l'acte II de Tosca (Floria Tosca) avec Albert Lance et Tito Gobbi, sous la direction de George Sebastian.

 

Elle y revint du 22 mai au 24 juin 1964 pour huit représentations de Norma (Norma) dans la mise en scène de Franco Zeffirelli. En 1965 elle interpréta neuf fois Tosca (Floria Tosca) avec Renato Cioni (Mario Cavaradossi) et Tito Gobbi (Scarpia) les 19, 22, 26 février sous la direction de Georges Prêtre, et 01, 03, 05, 08, 10 et 13 mars sous la direction de Nicola Rescigno*. Puis, toujours en 1965, elle donna cinq représentations de Norma (Norma), devant abandonner la dernière au second acte, le 29 mai.

 

* Du 19 février au 13 mars 1965, Maria Callas fut l'interprète de Tosca au Théâtre National de l'Opéra dans la mise en scène de Franco Zeffirelli.

Ses partenaires étaient M. Tito Gobbi dans le rôle de Scarpia et M. Renato Cioni dans celui de Mario Cavaradossi. La distribution était complétée par des artistes de la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux : M. Robert Geay, Angelotti, M. Jean-Christophe Benoît, le Sacristain, M. Louis Rialland, Spoletta.

Pour ces huit représentations exceptionnelles dont le succès fut considérable, M. Georges Prêtre, puis M. Nicola Rescigno conduisirent l'orchestre du Théâtre National de l'Opéra.

(revue l'Opéra de Paris n°23, 1er trimestre 1965)

 

=> Maria Callas dans Norma à l'Opéra de Paris

 

 

 

 

 

Pierre Bourgeois (pdg de Pathé-Marconi) et Maria Callas au restaurant la Tour d'Argent, Paris, février 1957. [coll. Emmanuel Jourquin-Bourgeois]

 

 

 

Arrivée de Maria Meneghini-Callas à Paris. La Callas est accueillie par Pierre Bourgeois, pdg de Pathé-Marconi, dont le label la Voix de son maître diffusait en France ses disques. Salle de presse de l'aéroport d'Orly, jeudi 16 janvier 1958. [coll. Emmanuel Jourquin-Bourgeois]

 

 

 

au premier plan, de g. à dr. : Régine Crespin, Maria Callas et l'acteur et chanteur Jean-Claude Pascal. Salle de presse de l'aéroport d'Orly, jeudi 16 janvier 1958. [coll. Emmanuel Jourquin-Bourgeois]

 

 

 

 

 

les deux photos ci-dessus : de g. à dr. : Patrick Amoore (chargé des relations publiques de la Callas), Maria Callas, Pierre Bourgeois (ami de l'artiste et pdg de Pathé-Marconi). Dîner chez Maxim's, jeudi 16 janvier 1958. [coll. Emmanuel Jourquin-Bourgeois]

 

 

 

 

 

 

 

La Callas au cours de son dernier passage à Paris [Arrivée de Maria Callas à l'hôtel Crillon le jeudi 16 janvier 1958 ; au second plan, Pierre Bourgeois, grand patron des Industries Musicales et Electriques Pathé-Marconi.]

 

 

La Callas à l'Opéra le 19 décembre.

 

C'est une grande nouvelle pour les mélomanes, mais aussi pour les Parisiens : Maria Meneghini Callas, la Callas, la célèbre Callas, va chanter pour la première fois à Paris.

 

Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, celle qui a triomphé sur toutes les scènes du monde, à Milan, à Rome, à New York, à Vienne, à Londres et à Venise n'avait jamais encore eu l'occasion de se produire dans notre capitale.

 

Cette première apparition, c'est aux œuvres de la Légion d'honneur que la grande diva a voulu en réserver le bénéfice, et c'est au profit de ces œuvres qu'elle donnera une seule et unique représentation au cours d'une soirée non moins unique.

 

Cette Grande Nuit de l'Opéra aura lieu le 19 décembre sur notre première scène nationale. Pour en être l'héroïne, la Callas interrompra une tournée qui doit la mener dès dimanche dans les grandes villes américaines jusqu'au mois de juin de l'année prochaine.

 

Elle traversera Paris demain soir et règlera, au cours de cette brève escale, certains détails du programme de cette prestigieuse soirée patronnée par notre confrère Marie-Claire.

 

(le Figaro, samedi 04 et dimanche 05 octobre 1958)

 

 

 

 

 

 

publicité d'octobre 1961

 

 

 

 

Récital Maria Callas, soprano

« Callas à Paris »

Gluck : Orphée : « J'ai perdu mon Eurydice »
Gluck : Alceste : « Divinités du Styx »
Bizet : Carmen : Habanera - Séguedille

Gounod : Roméo et Juliette : Valse

Saint-Saëns : Samson et Dalila : « Printemps qui commence » - « Amour, viens aider ma faiblesse »

Thomas : Mignon : Polonaise

Massenet : le Cid : « Pleurez, mes yeux »

G. Charpentier : Louise : « Depuis le jour... »

avec l'Orchestre National de la R.T.F., dir. Georges Prêtre

(1 disque 30 cm, 33 tours, stéréo, SAXF-219 ou mono, FCX-902, Columbia, 1961 )

 

 

 

de g. à dr. : Georges Prêtre, Walter Legge et Maria Callas

 

 

Au critique exigeant, ce disque pose une cas de conscience. Un cas assez fréquent, d'ailleurs, puisqu'il s'agit de résoudre un conflit entre la beauté pure, parfaite, et la beauté vivante. Comment ne pas songer à Chaliapine que nous aimions malgré ses défauts, avec ses défauts (et certains à cause de ses défauts !).

Les défauts de Callas nous sont connus de longue date : un aigu parfois instable (c'est, je crois, une question de vibrato plus encore que de justesse), une voix à laquelle il arrive de « s'égarer dans les bajoues », un tempérament qui n'hésite pas toujours devant des effets de « soufflets » discutables.

Tout cela étant constaté (et faisant partie de sa personnalité), Callas est un « phénomène », un « monstre sacré » passé vivant dans la légende, et son nom restera gravé sur les tablettes de l'histoire du théâtre lyrique.

Dans ce disque, elle affronte un répertoire étranger, une langue étrangère et, de ce fait, elle s'y révèle et s'y affirme totalement. « Ma voix n'est pas un ascenseur », déclarait-elle lors d'un « incident » mémorable. Eh bien, n'en déplaise à Maria Callas, sa voix est bel et bien un ascenseur à la mécanique parfaitement huilée. Sans effort apparent, elle parcourt les divers étages d'un gratte-ciel dont la base s'appuie sur un la bémol grave, dont le sommet atteint le contre- aigu. C'est un tour de force tout à fait exceptionnel, et pourtant, dans le domaine de l'expression, le registre de Maria Callas est encore plus étendu. Avec une inspiration, une « divination » toujours égales, elle recrée des personnages dont nous pensions posséder une image définitive.

Sa Carmen, qu'elle chante avec une étonnante rigueur de style et qui nous fait grâce de tout effet vocal spectaculaire, est une des plus séduisantes et peut-être la plus vraie que je connaisse. Son « Printemps qui commence » retrouve une fraîcheur, une spontanéité, une mélodie profonde, une authenticité que trop de Dalilas poitrinantes nous avaient fait oublier (et comme elle a raison de ne pas traiter « Amour, viens aider ma faiblesse » en grand air de bravoure d'allure wagnérienne !).

 

 

 

Maria Callas au cours de l'enregistrement à Paris

 

 

Les deux premiers morceaux de l'autre face de ce disque (Roméo et Juliette et Mignon) nous font retrouver Maria Callas dans des exercices de virtuosité vocale où seule Joan Sutherland est capable de rivaliser avec elle à l'heure actuelle : des vocalises proprement éblouissantes, des vocalises qui débordent largement le cadre de la pure technique et qui deviennent moyen d'expression et musique. Comme on pouvait s'y attendre à priori, Callas est remarquable dans ces deux pages.

Remercions-la ensuite d'avoir choisi le bel air de Chimène du Cid de Massenet, où le tempérament dramatique de Callas fait merveille ; cet air, trop peu chanté, n'est pas sans parenté avec les Stances de Sapho de Gounod en sa ligne mélodique : c'est dire la place importante qui devrait lui revenir dans le répertoire.

Et notons, pour conclure, que quiconque n'a pas entendu Callas prononcer « Depuis le jour où je me suis donnée », avec toute la ferveur épanouie, tout l'étonnement et toute la joie d'une jeune femme véritablement éprise ; quiconque, dis-je, n'a pas entendu Callas dans cet air, ne peut se flatter de le connaître vraiment. Elle y est sublime.

Georges Prêtre dirige l’Orchestre National avec une efficacité parfaite, mise au service de la grande musicienne qu'il accompagne. Dans les deux gravures de ce disque, monophonique et stéréo, la prise de son est fort belle. La soliste, bien sûr, tient la vedette (et son « cadrage » dans la version stéréophonique est excellent), mais l'orchestre demeure parfaitement présent et lisible, tant et si bien que l'on ne peut souhaiter meilleur équilibre pour un récital.

Contrairement à l'usage, c'est au tout début de mon compte rendu que j'ai placé quelques réserves. Elles peuvent s'appliquer à tous les enregistrements de Maria Callas et sont bien peu de chose en comparaison de sa personnalité, aussi ne m'empêcheront-elles pas de vous recommander très chaleureusement ce disque qui deviendra, je n'en doute pas, un précieux document dans l'histoire de l'art lyrique.

 

(R.-M. Hofmann, Disques, novembre 1961)

 

 

 

 

 

 

la Callas (revue l'Opéra de Paris, 1964)

 

 

 

Maria Callas (Norma) dans Norma à l'Opéra de Paris en 1964

 

 

 

 

Maria Callas (Norma) et Franco Corelli (Pollione) dans Norma à l'Opéra de Paris en 1964

 

 

 

 

Maria Callas (Norma) et Fiorenza Cossotto (Adalgisa) dans Norma à l'Opéra de Paris en 1964

 

 

 

 

Maria Callas : le triomphe de la musique.

 

L’art de Maria Callas constitue, sans doute, un des phénomènes étonnants de notre époque.

 

La caractéristique essentielle de cet art inouï nous paraît être une intégration de la musique avec l'action telle qu'elle n'a peut-être jamais été réalisée. Exprimer dramatiquement avec des moyens purement musicaux, telle est la réussite unique de Callas. Nous disons bien « musicaux » et non pas « vocaux » car avec elle, le chant cesse d'être éclats de voix pour devenir musique. Un tel accomplissement devrait aller de soi, et pourtant, combien de chanteurs font-ils vraiment de la musique ?

 

Mais le plus étonnant est, sans doute, que cette conception purement musicale de l'opéra paie aussi sur le plan dramatique. On parle souvent du talent d'actrice de Callas, alors qu'en fait, il ne s'agit que de la transposition de son talent musical. Avec elle, la partition trouve son sens véritable et une simple vocalise que l'on était habitué à considérer comme un ornement prend soudain une signification expressive qui renforce le dramatique de l'action.

 

Mais, bien sûr, la compréhension d'un art aussi raffiné exige un peu plus de la part du public que le chanteur uniquement soucieux de produire de beaux sons. Aimer Callas, c'est un peu la marque de la sensibilité artistique et d'un goût musical aiguisé.

 

(Jacques Bourgeois, revue l'Opéra de Paris n°23, 1er trimestre 1965)

 

 

 

 

Maria Callas (Floria Tosca) et Renato Cioni (Mario Cavaradossi) dans l'acte I de Tosca à l'Opéra de Paris en février/mars 1965

 

 

 

Maria Callas (Floria Tosca) et Tito Gobbi (Scarpia) dans l'acte II de Tosca à l'Opéra de Paris en février/mars 1965

 

 

 

Renato Cioni (Mario Cavaradossi) dans l'acte III de Tosca à l'Opéra de Paris en février/mars 1965

 

 

 

Renato Cioni (Mario Cavaradossi), Maria Callas (Floria Tosca) dans Tosca lors des représentations à l'Opéra de Paris en février et mars 1965

 

 

 

Tito Gobbi (Scarpia) et Maria Callas (Floria Tosca) dans Tosca lors des représentations à l'Opéra de Paris en février et mars 1965

 

 

 

Renato Cioni (Mario Cavaradossi), Maria Callas (Floria Tosca) et Tito Gobbi (Scarpia) dans Tosca lors des représentations à l'Opéra de Paris en février et mars 1965

 

 

 

 

publicité de 1965

 

 

 

 

 

Arrivée de Maria Callas de Paris

17 décembre 1958 (vidéo muette)

 

 

 

Départ de Maria Callas de Paris

21 décembre 1958 (vidéo muette)

 

 

 

Acte II de Tosca de Puccini

Maria Callas (Floria Tosca), Tito Gobbi (Scarpia), Renato Cioni (Mario Cavaradossi)

Covent Garden de Londres, 09 février 1964

 

 

 

Reportage sur Maria Callas dans Norma de Bellini à l'Opéra de Paris, avec interviews de Georges Auric (administrateur de la RTLN), Franco Zeffirelli, Emmanuel Bondeville (directeur de l'Opéra) et Georges Prêtre

21 mai 1964

 

 

 

Interview de Maria Callas par Bernard Gavoty

18 mai 1965

 

 

 

extrait de l'acte I de Tosca de Puccini

Maria Callas (Floria Tosca) et Renato Cioni (Mario Cavaradossi)

Orchestre de l'Opéra de Paris dir Nicola Rescigno

enr en public à l'Opéra de Paris, 03 mars 1965

 

 

 

fin de l'acte II de Tosca de Puccini

Maria Callas (Floria Tosca) et Tito Gobbi (Scarpia)

Orchestre de l'Opéra de Paris dir Nicola Rescigno

enr en public à l'Opéra de Paris, 03 mars 1965

 

 

 

extrait de l'acte III de Tosca de Puccini

Maria Callas (Floria Tosca) et Renato Cioni (Mario Cavaradossi)

Orchestre de l'Opéra de Paris dir Nicola Rescigno

enr en public à l'Opéra de Paris, 03 mars 1965

 

 

voir également les enregistrements de Carmen (acte I "Habanera"), du Cid (acte III "Pleurez, mes yeux") et de Manon (acte II "Adieu, notre petite table")

 

 

 

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