Isaac de CAMONDO

 

Isaac de Camondo, vers 1890

 

 

comte Isaac de CAMONDO

 

banquier, collectionneur et compositeur français

(Istanbul, Empire ottoman, 03 juillet 1851 – Paris 8e, 07 avril 1911*)

 

Fils du comte Abraham Behor de CAMONDO (Istanbul, 01 juillet 1829 – Paris 8e, 13 décembre 1889*), banquier, et de Regina BARUCH (Istanbul, 09 février 1822 – Paris 8e, 19 février 1905) [mariés à Istanbul le 03 septembre 1847].

De sa liaison avec la cantatrice Lucy BERTHET naquirent deux fils, qui ne furent pas reconnus par leur père : Jean Robert Lucien BERTRAND (Paris 9e, 25 février 1902* – Paris 7e, 30 septembre 1980), romancier, et Paul BERTRAND (Paris 9e, 26 novembre 1903 – Paris 7e, 03 septembre 1978), artiste dramatique.

 

 

Issu d’une famille juive sépharade, il arriva en France en 1869 et son père s’installa dans un hôtel particulier qu’il fit construire au 61 rue de Monceau (Paris 8e), qu'Isaac vendra en 1893. Président ou administrateur de nombreuses sociétés, Isaac de Camondo fut également consul général de Turquie à Paris de 1891 à 1895. Il a constitué une impressionnante collection d’œuvres d’art du XVIIIe siècle, d’estampes japonaises, d’objets d’art d’Extrême-Orient et de peinture impressionniste, qu’il a légué à sa mort au musée du Louvre. Initié à la composition musicale par Gaston Salvayre, fasciné par Wagner, il est l’auteur d’une vingtaine d’œuvres, dont des œuvres symphoniques et un drame musical, le Clown. Ses contemporains ont qualifié son style d’ « impressionnisme musical ». En 1876, il se rendit à Bayreuth afin d’y entendre la première exécution intégrale de la Tétralogie. En 1882, en compagnie de Salvayre, Léo Delibes et du violoncelliste Fischer, il y retourna pour assister à la création de Parsifal. Il fit partie du conseil d’administration de l’Opéra et de celui de l’Opéra-Comique, et fonda en 1905 la Société des artistes et des amis de l’Opéra. Il fut l’un des commanditaires du Théâtre des Champs-Elysées, aidant ainsi son ami Gabriel Astruc à concrétiser son projet.

Il habita 61 rue de Monceau à Paris 8e, puis 4 rue Gluck à Paris 9e, puis enfin 82 avenue des Champs-Elysées à Paris 8e où il est décédé, célibataire.

 

 

 

 

œuvres lyriques

 

le Clown, nouvelle musicale en 2 actes, livret de Victor Capoul (Nouveau Théâtre de Paris, 26 avril 1906 ; Opéra-Comique, 16 mai 1908) => fiche technique

 

mélodies

 

Absente (l’), poésie d’Armand Silvestre (1903)

Au bord d’un ruisseau, poésie de Maurice Bouchor (1903)

Chanson du berger (la), poésie de Paul de Choudens (1889)

Ile bleue (l’), poésie de Maurice Bouchor (1903)

Laisseras-tu, mignonne ?, idylle, poésie de Paul de Choudens (1889)

Musette, poésie d’Armand Silvestre et Victor Debay (1903)

Rajeunissement, mélodie alternée, poésie de Maurice Bouchor (1904)

Ravissement, poésie de Maurice Bouchor (1904)

Roses fanées, poésie de Maurice Bouchor (1904)

Une autre, poésie d’Armand Silvestre (1903)

 

 

 

 

         

 

Gentil tambour, esquisse militaire pour piano, musique d'Isaac de Camondo (1885)

 

 

 

 

Mener de front le monde, les affaires, l’art, ce n’est pas une mince besogne, et quand un jeune homme, entré dans la vie sous les auspices qui ont doré le berceau de celui-ci, s’acharne à la musique comme s’il lui devait demander sa place au soleil, on en peut conclure qu’il y a quelque chose là. M. Isaac de Camondo a-t-il trente ans ? c’est le bout du monde, et déjà on lui doit une respectable quantité de morceaux, surtout de la musique de danse, entre lesquels sa valse : la Charmante, est surtout populaire. Aimé des artistes, artiste lui-même, il a fait en Orient un charmant voyage avec Delibes, Salvayre et Fischer. Il ira loin, si la suite répond au départ. Aujourd’hui il se consacre à la musique sérieuse.

(Arthur Meyer, le Gaulois, 15 décembre 1885)

 

Un dilettante bien connu et très répandu dans le monde artistique, M. le comte Isaac de Camondo, est mort subitement vendredi dernier à Paris, dans sa soixantième année. Amateur pratiquant, on se rappelle qu'il avait fait jouer au Nouveau-Théâtre en 1906, puis à l'Opéra-Comique en 1908, un ouvrage intitulé le Clown. Mais ce n'est pas la ce qui appelle l'attention et la sympathie sur la personne de ce financier musicien ; c'est le véritable amour qu'il portait à l'art et aux artistes, et que la mort l'a empêché de témoigner autant qu'il l'eût voulu. Fondateur et président de la Société des Amis de l'Opéra, M. de Camondo, qu'on avait élu récemment président de la Société des amis du Louvre, avait formé depuis de longues années une superbe et très riche collection d'œuvres et d'objets d'art qu'il avait léguée, par acte notarié, au musée du Louvre, en s'en réservant l'usufruit. Mais il voulait être utile aussi à la musique et aux musiciens, et dans ce but, il s'entourait, en ces derniers temps, de conseils relativement au projet qu'il avait conçu. Sa pensée était de constituer un capital de deux millions dont la rente devait servir à aider, à protéger et à servir de jeunes artistes par la diffusion, l'édition et l'exécution de leurs œuvres jugées dignes d'intérêt. C'est ce projet magnifique et généreux dont, tout récemment, il s'occupait avec activité d'établir les conditions, que la mort ne lui a malheureusement pas laissé le temps de réaliser. Ce qui ne l'a pas empêché de léguer une somme de 100.000 francs à l'Association philanthropique des artistes de l'Opéra.

(le Ménestrel, 15 avril 1911)

 

Ce Camondo m’avait prié de visiter sa galerie de tableaux, non pour connaître mon avis dont il se souciait peu, avec raison, mais pour me recommander son amie de l’Opéra, Mme Marcy, Sieglinde plutôt faiblarde.

(Willy, Souvenirs littéraires… et autres, 1925)

 

 

 

 

 

 

la pièce consacrée à Degas, dans l'appartement d'Isaac de Camondo, 82 avenue des Champs-Elysées (Paris 8e)

 

 

 

 

 

 

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