Jean-Baptiste CARRÉ

 

 

 

Baptiste CARRÉ dit Jean-Baptiste CARRÉ

 

ténor français

(26 rue de la Prison, Rouen, Seine-Inférieure [auj. Seine-Maritime], 29 août 1823* – Paris 3e, 01 janvier 1907*), enterré au Père-Lachaise.

 

 

Fils de François Paul CARRÉ, marchand de légumes, et de Marie Barbe CASTIDIANUS [mariés à Rocroi, Ardennes, le 20 mai 1811].

Epouse à Paris 2e le 24 août 1854 Juliette Albertine THIRY (1833 – ap. 1907), fille de Jean Fabrice LABROUSSE (Cahors, Lot, 27 septembre 1803 [4 vendémiaire an XII]*) – Ville-d'Avray, Seine-et-Oise [auj. Hauts-de-Seine], 22 août 1876*), auteur dramatique, et nièce d’Auguste François THIRY dit ALBERT (Reims, Marne, juillet 1811 – 29 septembre 1864), acteur et auteur dramatique.

Parents de Fabrice CARRÉ, auteur dramatique, et de Berthe Henriette Adeline CARRÉ (Montmartre, Seine [auj. Paris 18e], 17 février 1859 ) [épouse à Paris 10e le 27 mars 1879* Ernest Lucien THIELLEMENT (Paris 4e, 31 mai 1855 ap. 1907), avocat].

 

 

Il fut engagé en 1852 au Théâtre-Lyrique du boulevard du Temple où il resta deux saisons. Il chanta à Strasbourg (1854-1855), à Toulouse (1856), à Alger (1857-1858). En 1858, il fut engagé à l’Opéra-Comique mais n’y resta que peu de temps. Il chanta ensuite à Nantes (1859), à Lille (1862-1864), à Rouen (1865-1870). En 1872, il se fixa à Paris. En 1879, il était agent principal d’assurances et finit sa vie en tant qu’agent général d’assurances.

En 1855, il habitait 22 rue des Fossés du Temple à Paris 6e. En 1904, il habitait 174 rue du Temple à Paris 3e, où il est décédé.

 

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta en 1852.

 

Il y participa en septembre 1852 à la création de Si j’étais roi ! (Zéphoris, en alternance avec M. Tallon qui l’a créé le 04 septembre) d’Adolphe Adam.

 

Il y créa le 08 décembre 1852 Guillery le Trompette (Fabrice) de Salvatore Sarmiento.

 

Il y participa à la première le 05 janvier 1853 du Roi d’Yvetot (Adalbert) d'Adam.

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta en novembre 1858 dans Haydée (Loredan).

 

 

 

 

 

Les nommés Huguet et Verdier, arrêtés par la gendarmerie à la gare d’Enghien, porteurs de lourds paquets, avaient commis leur vol 14, avenue de Soisy, à Saint-Gratien, dans une villa inhabitée appartenant à M. Jean-Baptiste Carré, demeurant actuellement rue du Temple, 174, à Paris.

(le Petit Parisien, 09 janvier 1904)

 

 

Hier ont eu lieu, en l’église Sainte-Elisabeth, les obsèques de M. Jean-Baptiste Carré, décédé le 1er janvier dernier, à l’âge de quatre-vingt-trois ans.

M. Carré fit, en qualité de ténor, une carrière artistique des plus honorables. Il chanta longtemps en province. Il avait appartenu au théâtre de l’Opéra-Comique et aussi au Théâtre-Lyrique où il créa le rôle principal de Si j’étais roi ! d’Adolphe Adam.

Le deuil était conduit par les gendres du défunt et par M. Albert Carré, directeur de l’Opéra-Comique, son neveu.

(Journal des Débats, 06 janvier 1907)

 

 

Entr’actes…

Ces petites baraques, qui sortent de terre, tous les ans, à date fixe, le long de nos boulevards, ces magasins remplis d'acheteurs, ces gens graves qui courent les rues, chargés de jouets et de bonbons, c'est Noël, que ne manquait jamais de célébrer mon vieil ami Jean-Baptiste Carré, le père de Fabrice Carré, en offrant, à quelques intimes, la dinde traditionnelle, qu'il était allé choisir lui-même aux Halles et découpait d'une main qui ne tremblait pas, bien que main d’octogénaire. Ses convives habituels étaient François Coppée, qui ne déposait sa fourchette que pour allumer une cigarette, tout en contant de petites histoires qui faisaient rougir sa voisine Renée Richard, de l'Opéra, la plus belle voix de contralto que j'aie jamais entendue, un haut fonctionnaire de la Ville, dont j'avais été le client, le directeur du Mont-de-Piété, et Laroche, l'ancien sociétaire de la Comédie-Française, qui s'était retiré en Bretagne, pour y faire de l'élevage, et qui, chaque année, prenait le train pour venir assister au dîner de son ami J.-B. Carré, méconnaissable sous sa longue barbe grise, avec son visage bronzé par les vents du large.

Quel était-il ce J.-B. Carré qui, aux approches de la nonantième année, gardait intactes ses facultés et sa gaieté de jeune homme ? Un ancien chanteur, un ténor, qui avait eu son heure de célébrité, qui, en 1852, avait créé, au Lyrique, Si j'étais roi, d'Adam, et appartenu à la salle Favart. Il avait épousé la fille de Labrousse, l'auteur des drames guerriers à la mode sous Louis-Philippe, et, de ce mariage, étaient nés un fils et une fille. Piqué par la tarentule de la direction, il avait été perdre, en une saison, à Rouen, toutes ses économies et, avec un courage et une volonté qui forcent l’admiration, il s'était fait courtier d'assurances, avait rétabli sa fortune, doté sa fille et fait de son fils Fabrice un avocat, qui devait mal tourner et devenir un de nos plus joyeux vaudevillistes, l'auteur de la Nuit de Noces de P. L. M., de Nos bons jurés, de Joséphine vendue par ses sœurs et de Monsieur le Directeur.

(Albert Carré, le Matin, 06 janvier 1934)

 

 

 

 

 

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