Pauline COLSON

 

Pauline Colson dans les Amours du Diable (Urielle), dessin d'Eustache Lorsay lithographié par Alexandre-Désiré Collette

 

 

Pauline Désirée DÉJON dite Pauline MARCHAND, puis Pauline COLSON

 

soprano français

(en Belgique, 1828 – Milan, Italie, 1904)

 

Fille d'Isidore Jean DÉJON (– 09 août 1849) et de Sophie DANIS (Lille, Nord, 1808 – Rueil-Malmaison, Seine-et-Oise [auj. Hauts-de-Seine], 15 décembre 1881*), actrice.

Sœur de Georges François DÉJON (1833 –), artiste dramatique, et de Joseph Georges DÉJON dit Georges MARCHAND (1835 – 1903), artiste dramatique et ténor [épouse à Paris 2e le 10 novembre 1859 Elisa LEGRAND] [il créa de Jacques Offenbach Orphée aux Enfers (Minos) aux Bouffes-Parisiens le 21 octobre 1858 et Monsieur Choufleuri restera chez lui le... (Petermann) le 31 mai 1861].

Epouse à La Haye, Pays-Bas, le 02 septembre 1850 Charles Alexandre COLSON, acteur.

 

 

En 1850, elle épousa en Hollande son camarade l’acteur Charles Alexandre Colson. Le roi de Hollande leur envoya un service d'argenterie et une ravissante corbeille de mariage. Les jeunes époux restèrent deux ans à La Haye, puis vint à Paris. Adam cherchait une Néméa pour son Si j’étais roi. Mme Colson fut engagée et fit au Théâtre-Lyrique une brillante carrière. En 1856 et années suivantes, on retrouve le couple à La Nouvelle-Orléans. Ensuite, elle partit continuer sa carrière en Italie.

 

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Elle y débuta le 04 septembre 1852 en créant Si j'étais roi ! (Néméa) d'Adolphe Adam.

 

Elle y créa le 22 décembre 1852 Tabarin (Francesquine) de Georges Bousquet ; le 11 mars 1853 les Amours du Diable (Urielle) d'Albert Grisar ; le 03 septembre 1853 la Moissonneuse d'Adolphe Vogel ; le 31 décembre 1853 Elisabeth de Gaetano Donizetti.

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 16 septembre 1854 lors de la 560e du Pré-aux-Clercs (la Reine).

 

Elle y créa le 11 avril 1855 la Cour de Célimène (la Baronne) d'Ambroise Thomas.

 

 

 

 

Mme Colson de l’Opéra-National

 

Les danseuses et les chanteuses. — Taglioni. — Dorus-Gras. — Les enfants au théâtre. — Le travail. — Corps de fer et cœur d'artiste. — Pauline Marchand. — Le page des Huguenots. — Aix. — Audition. — Une Dugazon de treize ans. — Junca. — Marseille. — Liège. — Bordeaux. — Lyon. — Bruxelles. — Théâtre royal de la Haye. — Chollet. — Colson. — Le roi de Hollande. — Un service d'argenterie. — Bouquet de mariée. — Paris. — Henri Potier. — Le Théâtre-Lyrique. — Adam à la recherche d'une chanteuse. — Si j'étais roi ! — Madame Damoreau. — Succès. — Tabarin. — Urielle. — Albert Grisar. — Falcon — Appréciation.

 

C'est chose enviable, en vérité, que la position d'une chanteuse ou d'une danseuse. Venir devant le public, faire une pirouette ou une roulade, à peu près une heure tous les deux jours, recueillir les bravos, les fleurs, les bouquets, etc., sans compter les piastres de tous les pays qui abondent à la fin du mois, et qui, accumulées, finissent par effectuer une petite fortune bien rondelette, d'autant plus agréable à palper, qu'elle a été rapidement acquise. Demandez à Taglioni, interrogez madame Dorus-Gras : l'une a élevé un château sur ses pointes, l'autre a trouvé dans son gosier une maison, que dis-je ? une maison ! plusieurs maisons en gamme chromatique et en points d'orgue. — Oui, oui , c'est chose enviable comme nous l'avons dit ; et le bourgeois, l'ouvrier, l’artisan, qui, le soir après une journée d'un travail dur, ingrat, pénible et souvent maigrement payé, s'en retourne à pied à son pauvre logis, songent à ces heureux mortels qui n'ont qu'à paraître un moment chaque soir pour échanger en pluie d'or un don qu'ils tiennent de la nature — la souplesse ou la voix.

Que répondre à ces braves gens, pour qui la vie de théâtre est ignorée, et qui regardent les artistes comme des élus, comme de charmants paresseux auxquels le bien vient en chantant et en dansant ?

Que répondre à ces braves gens ? — Rien. — Mais seulement, prenez le premier bourgeois venu , le premier ouvrier, le plus laborieux, le plus robuste que vous rencontrerez, conduisez-le pas à pas dans ce labyrinthe que l'on nomme le théâtre ; faites-le assister aux leçons, aux exercices, aux répétitions, aux représentations, depuis la pointe du jour jusqu'au milieu de la nuit ; nous offrons de parier qu'avant trois mois de ce travail surhumain il demeurera toute sa vie dégoûté du théâtre, et bien persuadé surtout qu'il n'y a pas d'existence plus fatigante, plus agitée, plus pénible et plus remplie d'émotions, et que, pour y résister, il faut avoir non seulement un corps et une volonté de fer, des membres d'acier, mais avant tout un cœur et une vocation d'artiste.

Ces réflexions, qui peuvent s'appliquer à beaucoup, nous ont été inspirées par la jolie madame Colson, du Théâtre-Lyrique.

Mademoiselle Pauline Marchand eut pour père et mère de braves comédiens, consciencieux s'il en fut, mais remplissant des emplois si obscurs, que nous nous faisons un véritable scrupule de les mettre en relief, ne voulant en aucune façon effaroucher leur modestie.

Née dans une tournée départementale, l'enfant fut enveloppée dans un oripeau dramatique, et baptisée entre deux répétitions ; qui fut son parrain, le directeur, le régisseur, le garçon d'accessoire ? peu importe, puisque le public devait plus tard l'adopter et la tenir lui-même sur les fonts de ce nouveau baptême qu'on nomme le succès...

La jeune Pauline Marchand fut-elle élevée au biberon Darbo, nous l'ignorons ; perça-t-elle toutes ses dents à la satisfaction de ses parents, nous le souhaitons ; mais notre mission de chroniqueur ne nous oblige point à des détails aussi puérils. Nous nous bornons à constater, non le premier vagissement de l'enfant nouveau-né, mais le premier son filé de l'artiste ; aussi,

faisant une vaste enjambée sur la première période de cette jeune étoile qui pointait à peine à l'horizon, nous retrouvons la troupe nomade dont faisait partie M. et madame Marchand dans la Dordogne, à Périgueux, pays généralement plus renommé pour ses truffes que pour son théâtre.

La jeune Pauline avait alors treize ans, peut-être ne vous eût-elle pas récité sans faute une ode de Lamartine ou de Victor Hugo, mais elle possédait le solfège de Garaudé, elle savait par cœur toutes les vocalises de Bordogni, sans en oublier une mesure, une note, un soupir ; c'est que M. Marchand, comédien médiocre, n'entendait pas donner pour héritage à sa fille cette médiocrité dont il vivait si difficilement.

Les commencements sont rudes et pénibles dans toutes les carrières, ils le sont doublement au théâtre, souvent même ils offrent un caractère d'inhumanité.

A treize ans, comme nous l'avons dit plus haut , la jeune Pauline Marchand joua et chanta le rôle d'un page dans l'opéra des Huguenots.

Six mois après, Marchand, engagé à Aix, emmena sa fille avec lui, et, parce qu'elle avait chanté une fois les Huguenots, il en conclut tout naturellement qu'elle les pouvait chanter deux fois et même plus. Il présenta donc son élève au directeur, qui, par complaisance plus que par conviction, la fit chanter à l'orchestre ; son étonnement fut grand de trouver dans une enfant si jeune et qui le paraissait plus encore étant d'une complexion très délicate, de trouver, disons-nous, une voix pure, fraîche, bien timbrée, une bonne méthode, et enfin presque un talent là où il espérait à peine rencontrer des dispositions. L'audition dura quatre heures, et pendant quatre heures la voix de l'enfant ne fléchit pas un instant, pas une note fausse ou même douteuse n'annonça la fatigue ou la lassitude. L'admission était enlevée, et à treize ans mademoiselle Pauline Marchand se voyait en possession des rôles de Dugazon dans la ville d'Aix. Le premier enthousiasme passé, on laissa tranquillement la jeune fille remplir sa tâche, et comme l'intrigue est un défaut qui ne mûrit qu'avec l'âge, la petite Pauline mit tous ses soins au contraire à se mettre à l'écart et à se faire oublier.

Exempte d'ambition, l'enfant contente de son obscurité, n'eût jamais songé à en sortir, du moins de longtemps, s'il ne se fût pas rencontré sur son chemin une de ces occasions qui décident de la vie entière d'un artiste. Cette occasion, cette rencontre, ce fut Junca.

Ce serait ici le moment de vous dire ce que c'est que Junca ; mais nous sommes certains de le retrouver sous notre plume dans cette publication, où sa position et son talent lui assurent une des premières places. Nous ne ferons donc que citer le fait, et nous ne nous occuperons de lui qu'autant qu'il sera nécessaire pour relier son nom à celui de madame Colson.

Junca venait d'arriver à Aix, et voyant une jeune fille si jeune, qu'elle était même enfant, admirant son courage, et distinguant parfaitement sous ses dispositions le germe d'un talent hors ligne, Junca, disons-nous, sentit s'émouvoir son cœur d'artiste, et, fort d'une renommée déjà justement, acquise dans les provinces, il prit sous sa protection l'enfant qui n'en avait aucune, et se plut à aplanir pour elle le chemin si rude du théâtre. Il joua Marcel dans les Huguenots, et exigea qu'on rendit à sa protégée le rôle du petit page qui lui avait été enlevé, l'aida de ses conseils et de son expérience, et donna à son élève l'assurance, que l'on ne peut ressentir que lorsque l'on est bien appuyé.

Six mois après, le professeur et son élève allaient finir l'année à Marseille ; la petite Pauline Marchand avait alors treize ans et demi ; mais, l'impulsion était donnée, elle ne devait plus se ralentir. Toujours sous la protection de Junca, elle parcourut successivement Liège, Bordeaux, Lyon, Bruxelles, chantant toujours alternativement et avec une même facilité l'opéra et l'opéra-comique ; enfin, elle signa un engagement pour La Haye. Ce n'était plus la France, il est vrai ; mais c'était un théâtre royal, et la fortune semblait sourire à l'enfant, puisqu'elle se trouvait sous la direction de Chollet, qui avait trouvé le moyen d'être à la fois un excellent comédien, un directeur juste et affable, et un honnête homme. A dater de ce jour, Pauline Marchand comprit ce qu'il y avait de véritablement enivrant dans le théâtre. Elle cueillit à pleines mains les fleurs, après s'être piqué les doigts aux épines de la vie d'artiste. Ce bonheur, elle le dut à plusieurs circonstances parmi lesquelles il faut citer en première ligne son talent de chanteuse ; et puis elle rencontra un jeune homme, débutant comme elle dans la carrière, mais dont le père était connu comme artiste à la Comédie-Française, et comme directeur de province ; la petite Pauline Marchand, toute jeune qu'elle fût, n'était plus une enfant, son cœur parla assez haut pour lui faire comprendre qu'elle devait échanger son nom contre celui de Colson. Cette union fut consommée sous les yeux du roi de Hollande, qui envoya à Colson un beau service d'argenterie, et à sa jolie petite pensionnaire le bouquet de mariée dans une ravissante corbeille de mariage.

La lune de miel dura deux ans en Hollande, ce qui ne veut point dire qu'elle est couchée maintenant. Mais, l'engagement terminé, les deux époux vinrent à Paris ; c'est le but de tous les artistes, et nous ne songerons nullement à les en blâmer, au contraire : tout le monde veut une position ; mais du désir à la réalité il y a tout un monde. Colson et sa femme étaient donc à Paris avec l'espoir, mais voyaient, fuir devant eux la réalité sans pouvoir la saisir. Enfin, après avoir frappé à plusieurs portes, Colson se croise un jour sur le boulevard (c'est là où se fout toutes les rencontres ) avec Henry Potier, qui joint à sa position de directeur des chœurs à l'Opéra la qualité de compositeur. Après les embrassements d'usage, Henry Potier lui conseille d'aller de suite au Théâtre-Lyrique ; on avait besoin de voix, et surtout de talents, il serait accueilli lui et sa femme. L'attente fut longue, mais il ne faut pas se rebuter, c'est là le point principal. Les théâtres, sont changeants comme les flots ; demain on recevra à bras ouverts l'artiste que l'on a dédaigneusement repoussé la veille, par la raison toute simple qu'il devient indispensable, et qu'il était inutile. M. Adam cherchait une femme qui pût chanter, dans Si j'étais roi ! le rôle de Néméa. Madame Colson vint donc se faire entendre, et la réception suivit immédiatement ; seulement M. Adam lui imposa pour condition d'aller prendre quelques leçons de madame Damoreau. Le conseil était bon, il fut suivi, et madame Damoreau vint par son admirable talent donner le poli à ce diamant, qui, sans être brut, manquait de ce fini dont cette cantatrice a seule le secret. Les leçons firent merveille, et madame Colson, aidée des conseils des auteurs dont son intelligence et sa modestie savaient profiter, fit du rôle de Néméa une heureuse création. Quelque temps après elle joua Tabarin, de M. Bousquet. Mais ce qui devait mettre le comble à la faveur que lui accorde le public, c'était le rôle d'Urielle dans les Amours du Diable, d'Albert Grisar ; ce fut plus qu'un succès, ce fut un triomphe dont les habitués se souviendront longtemps. Madame Colson ne s'arrêtera pas là, nous en sommes convaincus ; sa place est marquée d'avance à l'Opéra, car, par la nature de sa voix, qui est mezzo-soprano très étendue, avec une forte tendance de soprano, elle rappelle la voix de la regrettable mademoiselle Falcon, si rapidement enlevée aux arts par la perte de sa voix.

Nous ne terminerons pas cette légère esquisse sans dire un mot de la femme dont les qualités recommandables brillent à côté du mérite de l'artiste. Depuis l'âge de treize ans, madame Colson est le soutien de sa nombreuse famille ; ses deux frères jouent en province, et sa sœur chante les Dugazon. Madame Colson est un exemple de plus qui vient à l'appui de ce que nous répétons constamment, c'est que les vertus domestiques se rencontrent au théâtre comme dans la vie privée, et qu'il faut savoir plus de gré aux artistes exposés aux succès et aux adulations de toutes sortes, qui ne viennent point séduire la bourgeoise derrière son comptoir, ou au fond de son arrière-boutique.

(Ed. Rigo, les Théâtres de Paris, Galerie illustrée des célébrités contemporaines, 1854)

 

 

 

 

 

M. Jules Seveste, directeur du Théâtre-Lyrique, vient d’engager Mme Colson, plus connue sous le nom de Mlle Pauline Marchand, dont la voix légère et le jeu piquant ont été souvent applaudis en province.

(le Nouvelliste, 26 juin 1852)

 

M. et Mme Colson sont de retour de La Nouvelle-Orléans après une campagne des plus heureuses. Au moment de leur départ, les abonnés du théâtre se sont réunis pour offrir à Mme Colson un cadeau en diamants d’une valeur de 3.000 fr.

(le Ménestrel, 06 juillet 1856)

 

[les Amours du Diable de Grisar]

[…] enfin, une interprète principale d'un rare talent, qui, j'ignore par quel effet de malchance, n'a pu se faire à Paris la place qu'elle y méritait, et, à qui le rôle du démon féminin Urielle aurait dû créer une réputation exceptionnelle.

Je veux parler ici de Mme Colson, une artiste fort distinguée, aujourd'hui complètement oubliée du public parisien, qui pourtant naguère lui fit fête pendant un instant. Jolie et élégante comme femme, d’une physionomie expressive et sympathique, rayonnante de grâce et de charme, en un mot véritablement séduisante ; douée en outre d’une voix dont le timbre et l'éclat, l'ampleur et l'étendue ne laissaient rien à désirer, et qu'elle conduisait avec art (elle avait reçu des leçons de Mme Damoreau) ; enfin, avec tout cela, comédienne intelligente, d'un talent plein de souplesse et de variété, unissant la légèreté et la finesse au pathétique et à la passion, Mme Colson semblait avoir été créée à souhait, au triple point de vue de la beauté, de l'art de la scène et de l'art du chant, pour représenter ce personnage singulier et complexe d’Urielle, à la fois fantastique et humain, sceptique et aimant, railleur et généreux. Fille d'obscurs comédiens nomades, elle était venue à Paris après s'être rompue, en province et à l'étranger, à toutes les difficultés pratiques du métier, et quoique ayant commencé à treize ans sa carrière, elle avait en la chance de n'altérer en rien la sonorité métallique d'un instrument splendide qui, disait-on, n'était pas sans présenter un caractère d'analogie réelle avec la voix de Mlle Falcon. Présentée au Théâtre-Lyrique à l'époque où Adam écrivait pour ce théâtre son bel opéra : Si j'étais roi, et où il demandait à tous les échos d'alentour une artiste capable d'en interpréter dignement le rôle principal, elle fut engagée aussitôt, s'en alla, sur l'invitation et avec la recommandation du compositeur, demander à Mme Damoreau des conseils qui la missent en état de paraître avec tous ses avantages devant le public parisien, et débuta en effet d'une façon très heureuse, le 4 septembre 1852, dans le rôle de Néméa. Peu après, elle fit une nouvelle création dans Tabarin, joli petit opéra d'un compositeur mort avant l’âge, Georges Bousquet, qui était aussi un critique délicat, et enfin parut sous les traits du génie Urielle des Amours du Diable, dans lequel elle produisit une véritable et profonde sensation. « Ce fut plus qu'un succès, disait un critique, ce fut un triomphe dont les habitués se souviendront longtemps. Mme Colson ne s'arrêtera pas là, nous en sommes convaincu, et sa place est marquée d'avance à l'Opéra. » Pour ma part, je la vis plusieurs fois dans cet ouvrage, et, quoique fort jeune alors, je me rappelle encore, comme si c'était d'hier, la vive impression que produisirent sur moi et la belle musique de Grisar et sa principale interprète, aussi remarquable par sa beauté que par son double talent de comédienne et de chanteuse. Peu de temps après, et malgré son grand succès, Mme Colson quitta le Théâtre-Lyrique. N'ayant trouvé sans doute ni à l'Opéra, ni à l'Opéra-Comique l'emploi de ses rares facultés, elle s'en fut, je crois, à l'étranger, où elle embrassa la carrière italienne ; toujours est-il que depuis lors on n'en entendit plus parler en France. Il ne m’en a pas semblé moins intéressant de rappeler en peu de mois, à propos d'une œuvre de Grisar au succès de laquelle elle avait puissamment aidé, le souvenir d'une artiste fort distinguée, qui méritait mieux que l'injuste oubli dans lequel son nom est resté enveloppé.

(Arthur Pougin, le Ménestrel, 26 décembre 1869)

 

 

 

 

 

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