Pierre DERVAUX

 

Pierre Dervaux en 1959

 

 

Pierre Jean Emile dit Pierre DERVAUX

 

chef d'orchestre français

(Juvisy-sur-Orge, Seine-et-Oise [auj. Essonne], 03 janvier 1917 Marseille, Bouches-du-Rhône, 20 février 1992)

 

 

Après des études au Conservatoire de Paris (piano et écriture) avec I. Philippe, Yves Nat, Jean Gallon, Samuel Rousseau, il débuta comme musicien professionnel en 1931, d'abord comme pianiste accompagnateur, puis chef d'orchestre en 1944. Il a été chef d'orchestre à l'Opéra-Comique (1947-1953), à l'Opéra (1956-1969), à l'O.R.T.F. ; vice-président des Concerts Pasdeloup (1948-1953) ; chef d'orchestre de la Société des concerts du Conservatoire, des Concerts Lamoureux, Pasdeloup et Colonne (1953-1958) ; en 1958, il a été nommé président-chef d'orchestre des Concerts Colonne. Il fut également directeur et chef d'orchestre de l'Orchestre symphonique des pays de la Loire (1971-1978), créé par le ministère des Affaires culturelles. Comme compositeur, on lui doit notamment deux symphonies et deux concertos (un pour piano et un pour violoncelle).

A l’Opéra-Comique, il débuta le 14 septembre 1947 en dirigeant Manon. Il effectua des reprises du Pré-aux-Clercs et de Fortunio. Il y créa le 20 février 1948 le ballet l’Ame heureuse de Charles Kœchlin ; le 26 juin 1948 la Farce de Maître Pathelin d'Henry Barraud ; le 18 janvier 1949 Guignol d'André Bloch ; le 09 mars 1951 Il était un Petit Navire de Germaine Tailleferre ; le 07 novembre 1952 Dolorès de Michel-Maurice Lévy ; le 20 novembre 1952 le ballet Aubade de Francis Poulenc.

A l’Opéra, au cours d'un Gala, le 19 mars 1953, il dirigea Faust 53. Il débuta officiellement le 01 juin 1956 avec Rigoletto. Il assura le 21 juin 1957 la première de Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc, le 21 octobre 1960 la première en version scénique du Roi David d'Arthur Honegger, et les reprises de l'Heure espagnole, Un Bal masqué (1958), Lucie de Lammermoor (1960), les Troyens (1961).

 

 

 

 

Pierre Dervaux en 1951

 

 

 

 

Le plus jeune des chefs d'orchestre des théâtres nationaux ! C'est un titre et qui en promet d'autres. M. Georges Hirsch appela M. Pierre Dervaux au poste de l'Opéra-Comique en 1947, M. Pierre Dervaux est né à Paris en 1917.

 

D'ailleurs M. Dervaux avait le goût de la précocité. Ne fut-il pas des l'âge de 14 ans, timbalier chez Pasdeloup : Massenet, Saint-Saëns, Vincent d'Indy, Paul Paray l'avaient été avant lui.

 

L'éducation musicale de Pierre Dervaux fut ardente. Il fit ses études au Conservatoire de Paris. Piano, harmonie, fugue... Professeurs : Philipp, Yves Nat, Gallon, Marcel-Samuel Rousseau.

 

Il est compositeur. On lui doit un concerto pour piano, violoncelle, un quatuor à cordes, un trio d'anches, des mélodies, diverses pièces pour piano.

 

Mais il est attiré vers l'orchestre. Il veut être chef d'orchestre de théâtre, de concerts.

 

Les années passent vite dans la jeunesse triomphante. Pierre Dervaux est vice-président chef d'orchestre des concerts Pasdeloup, et en même temps que de l'Opéra-Comique, il est chef d'orchestre de la Radiodiffusion française, membre du jury au Conservatoire national de musique. Si actif, il mena l'orchestre roman de Genève, l'orchestre du festival de Bonn, tel orchestre de Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Angers, l'orchestre Colonne à Paris.

 

Chargé de mission artistique en Amérique du Sud, par le Ministère des Beaux-Arts, ce compositeur en 1946, accepte une commande de l'Etat, et le chef d'orchestre crée de nombreuses œuvres nouvelles de Marcel Landowski, André Bloch, Henri Barraud, Raymond Loucheur, Jean Martinon, Germaine Tailleferre... Quel chemin parcouru depuis cette année 1935 où Pierre Dervaux « s'arrangeait » pour être engagé volontaire au 5e R. I. Maintenant la musique a pris le dessus. Et rapidement. Il y a temps pour tout.

 

(l'Opéra de Paris n° 4, 1951)

 

 

 

 

 

 

Pierre Dervaux en 1957

 

 

publicité de 1958

 

 

 

 

 

 

Pierre Dervaux, né en 1917, est l'un de nos plus jeunes chefs. Il fit, au Conservatoire de Paris, des études complètes. Il compose, ce qui lui permet d'apporter à l'interprétation une efficacité plus agissante. En 1948, il est vice-président des Concerts Pasdeloup et premier chef d'orchestre à l'Opéra-Comique, et conduit à la Société des Concerts, aux Concerts Colonne et Lamoureux. Le Comité officiel des Fêtes de Paris lui confie la direction musicale de « l'Hommage à Victor Hugo » et celle du 150e anniversaire de Berlioz. Les grands concerts symphoniques de province le font venir (Strasbourg, Toulouse, Bordeaux), et l'étranger le sollicite. Telle, une brillante tournée au Mexique, où la musique française est à l'honneur. Tels, aussi, d'autres concerts à Rome, Trieste, Bologne, Brescia. En 1952-1953, au festival d'Aix-en-Provence, il termine la saison par un concert consacré à Honegger et Milhaud. Plus récemment (1953-1954), il partage son activité entre nos associations symphoniques parisiennes et la Scandinavie, l'Italie, le Mexique, le Brésil, l'Argentine, l'Espagne, Israël, la Hongrie. Depuis 1954, il est chef d'orchestre au théâtre national de l'Opéra.

On est frappé, chez Pierre Dervaux, par la fougue de sa direction, par la fièvre qu'il communique à l'interprétation et la décision de ses exécutions rythmiques. Une fougue s'accordant avec, le contrôle et la lucidité de l'esprit. Grâce à cette entente entre deux activités intérieures opposées, Dervaux donne vie et élan à ses interprétations. Cette force nerveuse peut céder à la fluidité, au charme, ou déchaîner, à l'occasion, une violence impérative. Dans la jeune génération des chefs français, Dervaux peut être considéré comme l'un des meilleurs défenseurs de notre musique.

(Paul Le Flem, Musica disques, novembre 1958)

 

 

 

 

 

Pierre Dervaux, photo J.-F. Gitton

 

 

 

 

 

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