Blanche DESCHAMPS-JEHIN

 

 

 

Blanche Adèle DESCHAMPS dit Blanche DESCHAMPS puis DESCHAMPS-JEHIN

 

mezzo-soprano français

(36 rue de l'Enfance, Lyon 4e, Rhône, 22 juin 1856* – Park Palace, Monaco, 24 juin 1923*)

 

Fille d'Antoine Edouard DESCHAMPS (1831 –), propriétaire, et d'Anne Marie Adèle Augustine VALLERY (1834 –).

Epouse à Paris 9e le 26 décembre 1889* Léon JEHIN, chef d'orchestre.

 

 

Elle commença ses études musicales au Conservatoire de Lyon, où elle obtint un premier prix de chant en 1878, passa ensuite quelques mois à celui de Paris dans la classe de Saint-Yves Bax, puis, en septembre 1879, débuta dans Mignon au théâtre de la Monnaie de Bruxelles, où son beau physique, sa voix superbe et son grand sentiment dramatique lui valurent pendant six années des succès éclatants et ininterrompus. Elle y créa le 08 avril 1881 le Capitaine Raymond (comtesse de Cambris) de J.-B. Colyns, participa aux premières le 19 janvier 1883 de Méphistophélès (Marthe) d'Arrigo Boito (en français) et le 07 mars 1885 des Maîtres chanteurs de Nuremberg (Magdelaine) de Wagner (en français), et fit d'importantes créations dans Hérodiade (Hérodiade) de Massenet le 19 décembre 1881, et dans Sigurd (Uta) de Reyer le 07 janvier 1884. Elle fut ensuite engagée à l'Opéra-Comique où elle débuta en 1885 dans une Nuit de Cléopâtre, après quoi elle joua Mignon, Carmen, les Dragons de Villars, etc., puis créa Plutus, Benvenuto et le Roi d'Ys, où elle se fit remarquer dans le rôle de Margared. En 1891, elle passa à l'Opéra, y joua : le Prophète, la Favorite, Aïda, Hamlet, Lohengrin, Sigurd, crée Samson et Dalila, la Walkyrie, Messidor, après quoi elle revint à l'Opéra-Comique, pour y faire de nouvelles créations dans : Cendrillon, Louise et la Troupe Jolicœur. Elle chanta à Saint-Pétersbourg en 1888 Rose Friquet, des Dragons de Villars, parut au Covent Garden de Londres en 1891 et 1892, où elle créa le 05 juillet 1892 Elaine de Herman Bemberg. Blanche Deschamps, qui avait épousé Léon Jehin, chef d'orchestre du théâtre de Monte-Carlo, entra dans la troupe de ce théâtre. Elle avait chanté pour la dernière fois Mefistofele de Boito avec Chaliapine en 1914 et s’était consacrée depuis lors à l’enseignement. Cette artiste à la voix superbe et au joli physique fut la créatrice à l'Opéra de Monte-Carlo, le 04 mars 1894 de Hulda (Hulda) et le 06 avril 1896 de Ghiselle (Gudruhna), les deux opéras posthumes de César Franck ; le 09 mars 1895 de la Jacquerie (Jeanne) d'Edouard Lalo et Arthur Coquard ; le 14 février 1905 de Chérubin (la Baronne) de Jules Massenet.

En 1894, elle habitait 57 boulevard de Rochechouart à Paris 9e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 16 octobre 1885 dans Une nuit de Cléopâtre (Charmion).

 

Elle y a créé le 31 mars 1886 Plutus (la Pauvreté) de Charles Lecocq ; le 06 décembre 1886 Egmont (Marguerite de Parme) de Gaston Salvayre ; le 07 mai 1888 le Roi d'Ys (Margared) d'Edouard Lalo ; le 03 décembre 1890 Benvenuto (Pasilea) d'Eugène Diaz ; le 18 juin 1891 le Rêve (Hubertine) d'Alfred Bruneau ; le 24 mai 1899 Cendrillon (Madame de la Haltière) de Jules Massenet ; le 02 février 1900 Louise (la Mère) de Gustave Charpentier ; le 30 mai 1902 la Troupe Jolicœur (Madame Jolicœur) d'Arthur Coquard.

 

Elle y a chanté le Pardon de Ploërmel (un pâtre, 1886) ; la Flûte enchantée (une Fée, 1886) ; Lakmé (Mallika, 1891) ; Dimitri (Marpha).

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle débuta au Palais Garnier le 14 novembre 1891, au Gala du Centenaire de Meyerbeer, y paraissant dans le Prophète (Fidès), puis, au quatrième acte des Huguenots, dans Catherine de Médicis, rôle exceptionnellement rétabli pour cette représentation.

 

Elle y a créé le 19 février 1897 Messidor (Véronique) d'Alfred Bruneau.

 

Elle a participé à la première, le 23 novembre 1892 de Samson et Dalila (Dalila) de Camille Saint-Saëns ; le 12 mai 1893 de la Walkyrie (Fricka) [version française de Victor Wilder].

 

Elle y a chanté la Favorite (Léonore, 09 décembre 1891) ; Aïda (Amnéris, 1892) ; Guillaume Tell (Edwige, 1892) ; Hamlet (Gertrude, 1892) ; Lohengrin (Ortrude, 1893) ; Sigurd (Uta, 1893) ; Faust (Dame Marthe, 1893).

 

 

 

 

 

Blanche Deschamps-Jehin en 1895

 

 

 

 

 

 

 

Va-t-on enfin reconstruire l'Opéra-Comique !

Où et comment le reconstruira-t-on ? Ce sont là des questions que se posent avec anxiété tous les partisans de ce genre vraiment français qui mêle agréablement les trilles aux calembours et possède des vertus toutes spéciales, à savoir, de rompre la glace entre spectateurs et spectatrices, et de les précipiter lentement, mais sûrement, dans les doux liens du mariage.

Mais les amateurs ne sont pas les seuls à attendre anxieusement une décision.

Les acteurs, également, et les actrices voudraient bien être fixés à ce sujet.

Non pas qu'ils soient poussés par le seul désir d'essuyer les plâtres d'un monument neuf, mais bien plutôt parce que leur installation, dans le théâtre de la Place du Châtelet, est absolument défectueuse.

Or, les coulisses de celui de la place Favart étaient déjà beaucoup trop petites et fort incommodes, on l'a bien vu le jour de l'incendie. Dans une même loge, deux, trois, quatre chanteuses étaient obligées de s'habiller, et, non pas seulement des artistes de second plan, mais aussi les premiers sujets. Ce n'était partout que courants d'air, parquets défectueux, couloirs obscurs. Et les malheureux acteurs sont tombés de mal en pis.

Ce n'était vraiment pas la peine de risquer d'être rôti comme venaison, en compagnie de deux ou trois cents malheureux spectateurs qui n'en pouvaient mais.

 

***

 

 

loge de Mademoiselle Deschamps

 

 

Pour atteindre à la loge de Mademoiselle Deschamps, dans la bâtisse concédée à M. Pavarey, il faut accomplir une véritable ascension.

Entré par l'avenue Victoria, on monte d'abord un premier escalier assez confortable ; mais on s'engage ensuite, non sans précautions, dans une enfilade interminable de corridors peu attractifs, de degrés étroits et de portes lourdes.

On arrive enfin, et, il faut avoir fait bien mathématiquement le compte des marches montées pour savoir si l’on est au second ou au troisième étage.

C'est dans un couloir assez large, où donnent plusieurs portes numérotées.

— Mademoiselle Deschamps ?

— Au numéro 3.

(Avoir soin de consulter l'affiche avant de faire l'ascension, on risquerait, en ouvrant la porte de la sympathique diva, de se trouver en face d'un tout autre visage : la loge étant occupée alternativement par je ne sais combien de chanteuses.)

 

 

 

Mademoiselle Deschamps dans le Roi d'Ys

 

 

On frappe : un judas s'ouvre au milieu du châssis, et après quelques paroles de reconnaissance, on entre enfin dans le sanctuaire !...

... Imaginez une reine dans une chaumière. — Telle apparaît en ses somptueux costumes, avec son opulente beauté, Mademoiselle Deschamps, au milieu des quatre murs demi nus et de vagues ustensiles servant de meubles qui composent sa loge, comme d'ailleurs toutes les autres loges du même théâtre.

Je n'ai eu qu'une fois le courage d'affronter les dédales des coulisses de l'ex-théâtre des Nations.

Mais je garde de cette unique fois une impression qui me restera longtemps.

Ou donnait le Roi d'Ys. Je trouvai Mademoiselle Deschamps à sa toilette du quatrième acte.

Une longue robe de laine brune l'enveloppait depuis les épaules, moulait sa poitrine, dessinait vaguement les formes par devant, se drapait par derrière en lourds plis somptueux, descendant et traînant à terre.

Ses cheveux cendrés, d'une nuance rare, brillaient d’un large diadème d'or, et descendaient en flots ondés jusqu'à la ceinture de pierreries qui enserrait la taille.

L'opulente Margared, la reine terrible et adulée, tenait dans l'une de ses mains fuselées une boîte de poudre, dans l'autre une houppe, et tout en blanchissant légèrement son cou et sa gorge, mirait son profil hautain, ses bras superbes, toute sa personne enfin — dans une glace au cadre de bois, aux dimensions exiguës, placée au-dessus d'une table de toilette également en bois, couverte d'une simple nappe blanche.

— Vous voyez, me dit-elle, ce que je suis obligée d'appeler « ma loge » !

— En effet, ce n'est pas féerique !

— Non, n'est-ce pas... Et, si encore, j'y étais seule, je pourrais l'égayer un peu, la décorer, la meubler au besoin, à mes frais !... Mais, voilà ; il faut la partager. Nous sommes plus d'une à nous laver à la même cuvette ! Et, comme on ne peut avoir tant de clefs, il faut laisser la porte ouverte tout le jour. Or, bien des gens passent dans les coulisses, des figurants, des choristes, que sais-je encore !... Tout cela n'engage pas, vous me l'avouerez, à faire la moindre dépense !

 

 

 

 

Pendant ce discours, je jetais les yeux autour de moi.

Pour tous meubles, des chaises avec des cartons à chapeaux, et des patères pleines de robes. Une armoire-placard, peinte en brun, le long d'une des cloisons. Et des becs de lumière électrique. Seule, à la fenêtre, une tenture assez jolie s'accrochait : des rideaux foncés à grands ramages.

— Vous regardez ces rideaux ? me demanda la diva.

— Oui ! ils sont un peu mieux que le reste.

— Devinez d'où ils viennent ?

— ???

— C'est un souvenir... Un reste de la tenture même qui garnissait ma loge, là-bas, avant l'incendie !

Cette fois, j'examinai cette étoffe, qui pourtant n'avait rien de particulier, plus curieusement encore. Et — voyez comme l'horreur peut rester présente à la mémoire — il me sembla sentir comme une vague odeur de roussi... de chair brûlée.

Mais, du couloir tout à coup, et de la scène, en bas, des sons puissants nous arrivèrent. Des éclats de cuivre résonnaient jouant l'ouverture du quatrième acte. Puis, de grands ébranlements, des échos, annoncèrent les manœuvres des machinistes, mettant en mouvement le fameux décor de l'inondation. Puis, les trois coups... Et, soudain, quelque chose de vague, brisé par les recoins des couloirs, assourdi, faussé par la distance : le chœur.

Mademoiselle Deschamps achevait sa toilette. Il était temps. Son tour était venu de paraître en scène.

Elle descendit, avec son habilleuse portant la queue de sa robe.

Et, la suivant des yeux, j'eus encore une fois, au spectacle de sa majestueuse démarche parmi ces murs tristes, nus, humides, la même impression que tout à l'heure : quelque chose comme l'idée d'une impératrice vaguant dans les couloirs d'une prison.

Mademoiselle Deschamps habite aujourd'hui, 52, rue Lafayette, avec sa mère, un appartement tout intime. Je l'y ai trouvée un jour de cet été, la veille de son départ pour la Russie.

Ce n'était partout que malles à demi pleines, cartons éventrés, tiroirs ouverts et en désordre, mannequins habillés de somptueux costumes.

L'artiste achevait ses derniers préparatifs. Comme un capitaine à la manœuvre, elle dirigeait l'empaquetage de tout ce qu'il lui fallait emporter, elle mettait elle-même la main à la pâte, et elle trouvait encore le moyen de se fâcher contre sa couturière qui lui avait apporté une tunique faisant un pli à la taille : une véritable Mme César.

 

 

 

 

— Vous voyez, je pars, me dit-elle. Et non pour mon plaisir, je vous prie de le croire ! Quel métier je m'en vais faire ! ce soir, je chante à Lille, demain, à Bruxelles. Et dans trois jours, à Saint-Pétersbourg ! Si je ne reviens pas aphone j'aurai de la chance !...

Mademoiselle Deschamps n'est pas revenue aphone. Au contraire. Elle a triomphé partout. A l'Arcadia, on lui a fait des ovations perpétuelles. Les Saint-pétersbourgeois ne pouvaient se lasser d'écouter sa voix chaude et d'admirer sa beauté sculpturale.

Un mot encore : Croyez-vous au fatidisme des nombres ?

Si oui, vous pourrez peut-être prédire la destinée de Mademoiselle Deschamps, d'après ce fait, qu'ayant quitté le n° 52, de la rue Vivienne où elle habitait, elle est venue demeurer au n° 52 de la rue Lafayette.

Y a-t-il là un présage ?

Moi, si j'étais bohémienne et devineresse, j'affirmerais sincèrement à la cantatrice vouée au 52, que cela signifie pour elle : Nouveaux succès, nouveaux triomphes !

 

(Louis Germont, Loges d’artistes, 1889, dessins de Félix Fournery)

 

 

 

 

 

 

 

 

Blanche Deschamps-Jehin dans Samson et Dalila (Dalila)

 

 

 

 

Mezzo-soprano de premier ordre, une superbe voix vivifiée par un tempérament dramatique rare et un talent incontestable, commença ses études musicales à Lyon et les continua au Conservatoire de Paris.

Madame Deschamps, après avoir chanté dans des concerts alla débuter à Bruxelles. Sa création d'Hérodiade eut du retentissement ; elle créa aussi la nourrice dans Sigurd. On pensait que madame Deschamps entrerait à l'Opéra : M. Carvalho eut l'habileté de l'attacher à l'Opéra-Comique. Dans ce théâtre, elle est adorée. Elle y a chanté Carmen au moins 150 fois, en offrant un type tout différent de celui de la créatrice — nous constatons et ne comparons pas, chaque Carmen ayant ses qualités bien caractéristiques et ses effets personnels. Elle y a créé Margared, du Roi d'Ys, où elle s'est montrée tragédienne lyrique parfaite. Notons depuis, à l'actif de madame Deschamps, une belle reprise de Marpha, créée par madame Engalli, dans Dimitri, et son engagement à l'Opéra où ses succès se comptent par ses rôles.

Madame Deschamps est la femme de M. Jehin, musicien belge et chef d'orchestre de réputation. Elle a créé Véronique, de Messidor. Madame Deschamps-Jehin est revenue à l'Opéra-Comique en vue de reprises et de créations.

(Adrien Laroque, Acteurs et actrices de Paris, juillet 1899)

 

Née à Lyon, est issue d'une famille de magistrats et d'industriels que la guerre de 1870 ruina.

Entrée au Conservatoire de sa ville natale, elle y remporta un brillant premier prix ; admise ensuite, avec le numéro I, au Conservatoire de Paris, elle n'y resta que quelques mois, MM. Stoumon et Calabresi lui ayant offert un brillant engagement au théâtre de la Monnaie.

Elle débuta à Bruxelles dans l'emploi des « Galli-Marié » ; son succès dans Mignon fut triomphal ; elle passa ensuite au répertoire de grand opéra pour créer d'une façon sensationnelle Hérodiade de Massenet ; devenue l'idole du théâtre de la Monnaie, où elle resta six années consécutives, elle y créa successivement Sigurd, Méphistophélès de Boito, et les Maîtres chanteurs (en français). Engagée à l'Opéra-Comique en 1886, elle y débuta dans Une nuit de Cléopâtre avec un succès qui la classa immédiatement au premier rang ; elle chanta Carmen près de 300 fois, Mignon, les Dragons, etc. Elle créa à ce théâtre Egmont de Salvayre, Plutus de Charles Lecocq, le Roi d'Ys, le Rêve, Benvenuto, etc.

Engagée à l'Opéra en 1891 elle débuta le 9 décembre dans Léonore de la Favorite, chanta Hamlet, le Prophète, Guillaume Tell, et créa le 23 novembre 1892 Samson et Dalila où elle produisit un effet énorme et où sa voix chaude et vibrante fit merveille. Mme Deschamps-Jehin créa, en outre, à l'Opéra la Walkyrie de Richard Wagner, et Messidor d'Alfred Bruneau.

Entre temps elle fit plusieurs créations mémorables au théâtre de Monte-Carlo : Hulda, de César Franck, la Jacquerie de Lalo et Coquard, Ghiselle de César Franck.

En 1898, l'éminente artiste quitta l'Opéra pour cause de fatigue.

Revenue à la santé elle retourna, sur la prière de Massenet, à l'Opéra-Comique pour créer Cendrillon et sur la demande de Gustave Charpentier la mère de Louise.

Ce qui est digne de remarque dans la très brillante carrière de Mme Deschamps-Jehin c'est que la triomphante artiste ne s'est fait entendre que sur trois théâtre et qu'elle est restée six années consécutives dans chacun d'eux : Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, Théâtre de l'Opéra, Théâtre de l'Opéra-Comique.

Pendant ses congés elle est allée naturellement chanter et se faire applaudir, au théâtre de Monte-Carlo dont son mari Léon Jehin, est le réputé et savant chef d'orchestre.

(Annuaire des Artistes, 1902)

 

 

 

Blanche Deschamps-Jehin dans Louise (la Mère) lors de la création

 

 

 

 

Blanche Deschamps-Jehin en 1913

 

 

 

 

 

l'Anneau d'argent

mélodie (Rosemonde Gérard / Cécile Chaminade)

Blanche Deschamps-Jehin et Orchestre

Disque Edison, enr. en 1907

 

 

    

 

"Mon cœur s'ouvre à ta voix"

extrait de l'acte II de Samson et Dalila de Saint-Saëns

Blanche Deschamps-Jehin (Dalila, créatrice à l'Opéra) et Orchestre de Monte-Carlo dir. Léon Jehin

Odéon 97028, mat. XP 4298, enr. en juin 1908

 

 

    

 

Arioso "Ah ! mon fils, sois béni"

extrait de l'acte II du Prophète de Meyerbeer

Blanche Deschamps-Jehin (Fidès) et Orchestre de Monte-Carlo dir. Léon Jehin

Odéon 97041, mat. XP 4299-2, enr. en juin 1908

 

 

 

 

 

 

 

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