Léonce DÉTROYAT

 

 

 

Pierre Léonce dit Léonce DÉTROYAT

 

marin et journaliste français

(26 rue Bourgneuf, Bayonne, Pyrénées-Atlantiques, 07 septembre 1829* – Paris 8e, 18 janvier 1898*)

 

Fils de Jean Théodore DÉTROYAT (1800 – Bayonne, 26 août 1856), courrier de la malle [fils de Pierre DÉTROYAT (1775 –), maître de poste], et de Marie Julie PASSEMENT (– Bayonne, 10 mars 1866).

Epouse à Paris 8e le 20 décembre 1866* Hélène GARRE (Paris, 08 octobre 1844 – ap. 1898), fille de Louis Théodore GARRE (– Paris, 12 octobre 1862) [fils de Sophie GAIL, compositrice], et de Bernardine Isaure GAY (1805 –) [fille de Sophie GAY, écrivain, et sœur de Delphine GAY, écrivain et épouse du journaliste Emile de GIRARDIN].

Père d’Alexandre Maurice DÉTROYAT (Paris 8e, 19 octobre 1868* – Paris 16e, 28 août 1951), ingénieur.

 

 

Elève de l'Ecole navale (1845), il servit dans la mer des Indes (1847), fit les campagnes de Crimée et de Chine, où il fut blessé et mis à l'ordre du jour de la flotte (1859). Avec le grade de lieutenant de vaisseau (1860), il prit part à l'expédition du Mexique, fut nommé sous-secrétaire d'Etat au département de la marine de l'empire mexicain et chef du cabinet militaire de l'empereur Maximilien. Il accompagna en Europe la malheureuse princesse Charlotte et demanda en 1867 un congé de non-activité. Il se lança alors dans le journalisme, collabora d'abord à la Liberté sous le pseudonyme de L. de Bourgneuf , puis en 1869 acheta cette feuille qui appartenait alors à Émile de Girardin, dont il avait épousé la nièce, et y soutint ardemment la politique du gouvernement. En décembre 1870, il fut promu général à titre auxiliaire et organisa le camp de la Rochelle, qu'il commanda en chef jusqu'à l'armistice. En mars 1871, il se démit de toutes ses fonctions officielles et reprit sa plume d'écrivain. Le 08 février 1874, il posa sans succès sa candidature à l'Assemblée nationale dans le département d'Indre-et-Loire. Il reprit alors la direction de la Liberté jusqu'en 1876, fonda à cette date le Bon Sens, qui devint l'Estafette, où il appuya le gouvernement du 16 mai. Le 14 octobre 1877, il éprouvait un nouvel échec aux élections législatives dans l'arrondissement de Neuilly. En 1882, il fonda un nouveau journal littéraire et politique, la Réforme, de concert avec Waldeck-Rousseau, puis le Jour qui ne vécut que quelques mois. Enfin, en 1885, il acheta le Constitutionnel, auquel il imprima une direction nettement républicaine. De 1892 à 1893, il prit la direction du théâtre de la Renaissance, qu’il transforma en théâtre lyrique. L. Détroyat a beaucoup écrit et en divers genres. Nous citerons de lui : la Cour de Rome et l'empereur Maximilien (Paris, 1867) ; l'Intervention française au Mexique (1868) ; Du Recrutement, de l'organisation et de l'instruction de l'armée française (1871) ; le Sénat et le Scrutin de liste (1881) ; la France, l'Allemagne et l'Angleterre (1884) ; les Chemins de fer en Amérique (1886) ; Nos possessions françaises en Indo-Chine (1887) ; une pièce en un acte : Entre l’enclume et le marteau (Vaudeville, 1870) ; ainsi que des livrets d’opéras : Henry VIII (musique de Saint-Saëns, 1883), Aben-Hamet (musique de Théodore Dubois, 1884). Il a été nommé chevalier (09 mars 1859), puis officier (11 février 1864) de la Légion d’honneur.

Il est décédé en son domicile, 6 rue de l’Isly à Paris 8e.

 

 

 

 

livrets

 

Henry VIII, opéra en 4 actes, avec Armand Silvestre, musique de Camille Saint-Saëns (Opéra, 05 mars 1883)

Pedro de Zalamea, grand opéra en 4 actes, avec Armand Silvestre, musique de Benjamin Godard (Anvers, 31 janvier 1884)

Aben-Hamet, grand opéra en 4 actes et 1 prologue, musique de Théodore Dubois (version italienne d'A. de Lauzières-Thémines, Théâtre-Italien, 16 décembre 1884)

Djemmah, ballet persan en 2 actes, chorégraphie d'Ernest Pluque, musique de Francis Thomé (Eden-Théâtre, 18 février 1886)

Ruy Blas, opéra 5 actes, musique de Benjamin Godard (1891, non représenté)

 

 

 

 

Camille Saint-Saëns dans le rôle d'Henry VIII, caricature d'Henri Meyer (la Nouvelle Lune, 23 mai 1886)

[sur l'étagère les têtes coupées des interprètes : MM. Lassalle, Sellier, Mmes Caron et Richard ; en bas, celles des librettistes Léonce Détroyat et Armand Silvestre]

 

 

 

 

 

 

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