Maurice DONNAY

 

Maurice Donnay, photo H. Manuel, vers 1924

 

Charles Maurice DONNAY dit Maurice DONNAY

 

auteur dramatique français

(Paris 1er, 12 octobre 1859* – Paris 8e, 31 mars 1945*)

 

Fils de Charles Simon DONNAY et de Pauline BÉGA.

Epouse Lucie Adrienne Victorine ALLARD (1866 1954), petite-cousine d'Alphonse DAUDET.

 

 

Il fit ses études au lycée Louis-le-Grand. En 1885, il sortit de l'Ecole centrale des arts et manufactures et renonçant à sa carrière d’ingénieur civil, trouva un emploi chez un marchand de fer et se tourna bientôt vers les lettres, écrivit des vers, des saynètes. Il envoya des manuscrits à l'hebdomadaire du Chat-Noir. Un secrétaire de rédaction les jetait au panier sans les lire. Donnay s'en fut se plaindre à Rodolphe Salis, qui le pria de réciter lui-même ses poésies dans son cabaret, et Donnay devint à partir de 1889 un des poètes les plus goûtés du Chat-Noir, où il se signala par Phryné, scènes grecques (1891), et une revue, Ailleurs (1892). S'adonnant dès lors au théâtre, il débuta par une pièce d'une fantaisie tout aristophanesque : Lysistrata (1893), puis donna Folle Entreprise (1894), Pension de famille (1894), Complices (1895), Amants (1895), chef-d'œuvre d'esprit et d'émotion. A partir de cette pièce, en effet, la sentimentalité prend chez Donnay le pas sur l'ironie gouailleuse du début, et produit de jolies comédies qui sont de fines et pathétiques peintures de l'amour : la Douloureuse (1897) ; l'Affranchie (1898) ; Georgette Lemeunier (1898) ; le Torrent (1899); l'Autre Danger (Comédie-Française, 1902). Par instants cependant Donnay revient soit à la fantaisie avec Education de prince (Variétés, 1900), soit à la comédie légère avec la Bascule (Gymnase, 1901). Avec la Clairière (théâtre Antoine, 1900) et Oiseaux de passage (théâtre Antoine, 1904), pièces écrites en collaboration avec Lucien Descaves, Donnay aborde le théâtre d'idées. C'est à ce genre qu'appartiennent le Retour de Jérusalem (Gymnase, 1904) et les Eclaireuses (1913), où est étudié l'amour dans le féminisme. Mais Donnay est surtout un peintre des mœurs, ainsi qu'en témoignent l'Escalade (Renaissance, 1904), Paraître (Comédie-Française, 1906), la Patronne (1908), la Chasse à l'homme (1919), tableau des mœurs d'après guerre. Une seule incursion dans le passé nous a valu le Ménage de Molière, pièce en vers en hommage à Molière (1912), œuvre élevée, émue, d'une forme très classique. Avec André Rivoire, Donnay a fait jouer la Belle Angevine (1922), et, avec Henri Duvernois, le Geste (1924) : ce sont des œuvres inférieures aux précédentes. Enfin il a écrit les livrets du Mariage de Télémaque (avec Jules Lemaitre, musique de Claude Terrasse, 1910) et du Roi Candaule (musique d’Alfred Bruneau, 1920) ; ainsi qu’un ouvrage sur Musset et l'amour (1935). On lui doit aussi Pendant qu’ils sont à Noyon (1917), Centrale (1930), Des souvenirs (1934), De Montmartre à Athènes (1937), Mes débuts à Paris (1937), l'Esprit montmartrois (1938), le Lycée Louis-le-Grand (1939), J’ai vécu 1900 (1950), Mon Journal [1919-1939] (1953). Joignant à une fantaisie originale un esprit d'observation très fin, le sens exact de la réalité actuelle, Donnay a abordé souvent les sujets les plus scabreux et les a fait passer par sa mordante ironie, sa gaieté jaillissante, ses plaisanteries à froid, par la vivacité d'un dialogue émaillé de mots drôles, tantôt cyniques, tantôt exquis. Bien que très sûr de son métier, il apporte dans la composition de ses pièces une nonchalance pleine de charme : l'action semble parfois subordonnée au dialogue. Mais tout en ayant l'air d'effleurer seulement ses sujets, ce moraliste sans arrogance a parfois atteint le fond de l'âme humaine. L'histoire du théâtre doit aussi retenir que c'est Donnay qui a établi au théâtre le découpage des pièces en quatre actes. Elu à l'Académie française au fauteuil d'Albert Sorel (14 février 1907), Donnay célébra l'éclectisme des suffrages de l'illustre compagnie, "où un inventeur de divertissements peut succéder à un historien considérable". Il fut président de l'Amicale des chansonniers. Plusieurs de ses poèmes furent mis en musique par Maria Krysinska et par Paul Delmet. Il avait été nommé chevalier (26 juillet 1896), officier (17 juillet 1908), commandeur (05 juillet 1913) puis grand-officier (25 juillet 1935) de la Légion d'honneur.

En 1897, il habitait 164 boulevard Pereire à Paris 17e ; en 1942, à "Le Tournant" à Senneville, hameau de Guerville (Seine-et-Oise [auj. Yvelines]) et 7 de la rue de Florence à Paris 8e, où il est décédé.

 

=> Phryné, scènes grecques de Maurice Donnay représentées au Théâtre d'ombres du Chat-Noir le 14 janvier 1891, avec les décors de Henri Rivière et la musique de Charles de Sivry

=> Ailleurs, revue symbolique en 20 tableaux de Maurice Donnay représentée au Théâtre d'ombres du Chat-Noir le 11 novembre 1891, avec les décors de Henri Rivière et la musique de Charles de Sivry

=> Souvenirs sur le Chat-Noir par Maurice Donnay (1926)

=> Molière par Maurice Donnay

 

 

 

bottin mondain de 1942

 

 

 

 

livrets

 

le Mariage de Télémaque, comédie musicale en 5 actes, avec Jules Lemaitre, musique de Claude Terrasse (Opéra-Comique, 04 mai 1910)

le Roi Candaule, comédie lyrique en 5 actes, musique d’Alfred Bruneau (Opéra-Comique, 01 décembre 1920)

Sacha, comédie musicale en 4 actes, avec André Rivoire, lyrics de Guillot de Saix, musique d'André Messager terminée par Marc Berthomieu (Opéra de Monte-Carlo, 23 décembre 1933)

Malvina, opérette en 3 actes, avec Henri Duvernois, musique de Reynaldo Hahn (Gaité-Lyrique, 23 mars 1935 ; Opéra-Comique, 14 juillet 1945)

 

 

 

 

 

Maurice Donnay, caricature de Charles Léandre (le Rire, 07 avril 1900)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maurice Donnay dit le début de son poème Monte-Carlo

(document radiophonique)

 

 

 

Hommage à Maurice Donnay (Yvette Guilbert)

Yvette Guilbert

enr. en 1944

 

 

 

 

 

 

 

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