Renée DORIA

 

 

 

Renée DORIA

 

soprano français

(Perpignan, Pyrénées-Orientales, 13 février 1921 –)

 

Epouse Guy DUMAZERT (1922 2004).

 

 

Après des études musicales très complètes (piano, solfège, harmonie), elle se consacre au chant et se produit en concert dès l'âge de 18 ans. Ses grands débuts ont lieu en 1942 à l'Opéra de Marseille dans le Barbier de Séville (Rosine), un triomphe qui lui vaut de chanter "au pied levé" quelques jours après les Contes d'Hoffmann (Olympia) puis Lakmé, son rôle fétiche, qui marque ses débuts à l'Opéra-Comique le 20 octobre 1946. Elle fait aussitôt apprécier la qualité de sa technique et la sûreté de son aigu, montant aisément jusqu'au contre-fa. Elle interprète également la Traviata (Violetta), les Pêcheurs de perles (Léïla), Manon (Manon), Mignon (Philine), Mireille (Mireille), Rigoletto (Gilda). Elle chante l'Enlèvement au sérail (Constance) à Cannes sous la direction de Reynaldo Hahn, et Don Pasquale (Norina) au Théâtre du Châtelet, où elle eut successivement pour partenaire Luis Mariano, Mario Altéry et Tito Schipa. Elle débute au Palais Garnier le 04 janvier 1947 dans la Flûte enchantée (la Reine de la Nuit). Vanni-Marcoux, maître bienveillant et scrupuleux, l'emmène en Hollande puis en Italie où elle met à son répertoire Faust (Marguerite), Lucia di Lammermoor (Lucia), Roméo et Juliette (Juliette) et les trois rôles de Contes d'Hoffmann qu'elle chantera notamment à Strasbourg, scène où elle a incarné Cosi fan tutte (Fiordiligi), les Noces de Figaro (Suzanne), la Flûte enchantée (Pamina), Hamlet (Ophélie), le Comte Ory (la Comtesse), l'Heure espagnole (Concepcion). Elle a mené une brillante carrière de 30 années, chantant plus de 60 rôles et pratiquant quatre langues. Puis elle s'est consacré à l'enseignement du chant.

"Elève d'artistes fameux tels que Maria Barrientos, Lucien Muratore et Vanni-Marcoux, Renée Doria est une des plus grandes techniciennes actuelles du chant. Vocalisatrice parfaite, colorature de grand opéra, la tradition lyrique du XIXe siècle et sa voix de trois octaves lui permettent de maîtriser toutes les embûches semées par les compositeurs de cette époque, de Gounod à Massenet, de Donizetti à Verdi." (RCA, 1966)

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 20 octobre 1946 dans Lakmé (Lakmé).

 

Elle y chanta le Barbier de Séville (Rosine), la Traviata (Violetta), les Pêcheurs de perles (Léïla), Manon (Manon), Mignon (Philine), Mireille (Mireille).

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle débuta au Palais Garnier le 04 janvier 1947 dans la Flûte enchantée (la Reine de la Nuit).

 

Elle y chanta Rigoletto (Gilda, 1955) ; les Indes galantes (Fatima, puis Hébé, 1955) ; la Traviata (Violetta, 1956) ; le Chevalier à la rose (Sophie, 1957).

 

 

 

 

 

les Contes d'Hoffmann avec Renée Doria (Olympia), diffusés à la Radio (programme national) le vendredi 09 mai 1947 à 20h50

 

 

 

de g. à dr. : André Cluytens, Fanély Revoil, Raymond Amade, Bourvil, Renée Doria, André Pernet, André Philippe et René Lapelletrie, lors de l'enregistrement intégral des Contes d'Hoffmann en mars 1948

 

 

 

Renée Doria dans la Traviata (Violetta)

 

 

 

Renée Doria dans la Traviata (Violetta) à l'Opéra en 1956

 

 

 

de g. à dr. : Jean Giraudeau (Rodolphe), Renée Doria (Violetta) et Jean Borthayre (d'Orbel) dans la Traviata

 

 

 

Renée Doria dans Mireille (Mireille) en 1962

 

 

 

Renée Doria dans le Barbier de Séville (Rosine)

 

 

 

 

 

 

Thaïs

Enregistrement intégral

Solistes, orchestres et chœurs dir. Jésus Etcheverry
(3 disques 30 cm, 33 tours, en album, VAL-22, Véga, 1961)

Distribution

Thaïs, soprano : Renée Doria

Albine, mezzo : Janine Collard

Crobyle, soprano : Françoise Louvay

Myrtale, mezzo : Janine Collard

Athanaël, baryton : Robert Massard

Palémon, basse : Gérard Serkoyan

Nicias, ténor : Michel Sénéchal

 

 

 

Renée Doria et Robert Massard

 

 

Voici, publié par Véga, l'enregistrement intégral d'un ouvrage français, Thaïs (qui succède, chez le même éditeur, à la Tosca et à Rigoletto, également en français). Les amateurs d'art lyrique ne peuvent que se réjouir de voir cette partie négligée du catalogue tendre ainsi à se garnir. (La précédente version de 1962, chez Urania, avec Geori Boué, Roger Bourdin et Georges Sébastian, a disparu des listes, puis a été rééditée sous étiquette Président.)

Comme il est méritoire de graver les œuvres étrangères dans notre langue, à l'intention de ceux qui font panser l'intelligibilité des mots avant un souci d'authenticité souvent excessif, il est courageux d'éditer les ouvrages de notre répertoire national réputés en principe moins commerciaux... Voire.

Thaïs est peut-être, parmi les plus célèbres des œuvres lyriques de Massenet, la moins bien connue, tant par son sujet que par sa partition elle-même. Si, en effet, le roman qui inspira le librettiste Louis Gallet connut dans les années 1890 une vogue considérable, on ne lit plus guère Anatole France... De nos jours, Thaïs, c'est Massenet, presque exclusivement. C'est avant tout, pour la plupart, l'Air d'Athanaël : « Voilà donc la terrible cité », l'invocation à Vénus : « Dis-moi que je suis belle » et la longue scène qui suit, c'est surtout la fameuse « Méditation » (dont les violonistes font un si redoutable abus jusqu'en les messes de mariage). Le reste procède d'une sorte de grand récitatif aux multiples développements, doué d'une incontestable vertu dramatique, mais certes moins propice à la popularité quotidienne que les nombreux airs de Manon ou de Werther. (Sans que le rapprochement aille plus loin, il en est un peu de même de Falstaff ou d'Otello par rapport à la Traviata ou Rigoletto.)

Qui, après Geori Boué hier, est aujourd'hui Thaïs, la courtisane-sainte ? Renée Doria, qui fait une seconde carrière au disque, à défaut de poursuivre celle qu'inexplicablement on lui fit naguère interrompre sur la scène des lyriques nationaux (si elle la continue en province et à l'étranger). Cette remarquable musicienne, capable d'incarner avec vérité Leïla des Pêcheurs de perles, Gilda de Rigoletto ou, ici, la sensuelle Thaïs, nous offre une interprétation fort authentiquement expressive. Contrairement à Geori Boué, elle ne répugne pas à user abondamment du portamento qui « visualise », si j'ose dire, le caractère professionnellement lascif du personnage, avec une efficacité étonnante.

Sa voix aux multiples possibilités d'emploi (n'est-elle pas, en fait, un soprano lyrique auquel sa technique de l'émission et une longue pratique de la vocalisation, — étude négligée par la plupart, — permet aussi de chanter les Rosine et autres légers, voire les Lakmé et autres coloratures...), sa voix, donc, l'autorise à terminer son air sur un contre- très brillant. (D'un point de vue strictement musical, je trouve avec Massenet vraisemblablement la tonique préférable.)

Massard est un Athanaël de grande classe. Impeccable vocalement, — même si certains puristes vous disent qu'ils « voient » dans ce rôle un baryton « plus noir », — il est même, en quelques rares endroits, un peu trop appliqué, ainsi dans les phrases : « Prête-moi donc, Ami, quelque robe d'Asie », ou bien : « Seigneur, fais que son radieux visage... », qu'il pourrait dire avec plus de conviction intérieure, même, au besoin, au détriment de la pureté vocale. A cet égard, d'aucuns préfèreront le style plus chaleureux de Roger Bourdin.

Le reste de la distribution est fort soigné. Pour mon goût personnel, et bien que reconnaissant la qualité du Nicias de Michel Sénéchal, je préfère dans ce rôle, malgré son effacement, un ténor plus lyrique. (On a maintenant l'habitude d'y distribuer un « léger »... Ne chicanons pas !)

La direction de Jésus Etcheverry, sans nous faire oublier la maîtrise de Sebastian, est d'une intelligence et d'une musicalité dignes d'éloges. Son autorité débonnaire lui permet, dans un tel ouvrage, de maintenir l'équilibre entre la dynamique de la partition (qui va, comme en tous les opéras de Massenet, de la « monophonie » la plus simple aux débordements les plus dramatiques) et son caractère de féminité qui nécessite une baguette à la fois précise et souple.

Fidèles à une pratique qu'ils ont inaugurée dans Rigoletto, les responsables de cet enregistrement ont superposé à certains passages de la partition un bruitage, en l'occurrence des cris de foule, initiative très légitime, réalisée d'ailleurs avec une discrétion de bon aloi.

José Bruyr remarquait, à propos de leur édition de Rigoletto, que la prise de son avantage trop les solistes. Et en effet ceux-ci se détachent, parfois très présents, devant l'orchestre un peu lointain. Mais je sais qu'il s'agit là d'un parti-pris adopté en toute connaissance de cause par de passionnés défenseurs du chant et des voix, — et non d'une faute technique. Les discophiles jugeront. Et cette ligne de conduite est plus défendable que la conception de nombreux chefs de théâtre qui laissent la fosse couvrir les voix de ses déferlements incoercibles...

Même luxueuse présentation que pour Rigoletto, avec un album richement illustré et documenté.

 

(J.-Y. Lamare, Disques, novembre 1961)

 

 

 

 

 

publicité de novembre 1961

 

 

 

 

Couplets "les Oiseaux dans la charmille"

extrait de l'acte II des Contes d'Hoffmann d'Offenbach

Renée Doria (Olympia), Chœurs et Orchestre de l'Opéra-Comique dir André Cluytens

enr. au Théâtre des Champs-Elysées en mars 1948

 

 

 

Air et chœur "Salut à la France"

extrait de l'acte II de la Fille du régiment de Donizetti

Renée Doria (Marie), Chœurs et Orchestre

enr. 1954

 

 

Air du Rossignol

extrait des Noces de Jeannette de Massé

Renée Doria (Jeannette) et Orchestre dir Jean Allain

enr. 1955

 

 

le Barbier de Séville de Rossini [version française de Castil-Blaze]

Renée Doria (Rosine), Marguerite Legouhy (Marceline), Carlo Baroni (Almaviva), Jacques Jansen (Figaro), Louis Musy (Bartholo), Xavier Depraz (Basile), Charles Daguerressar (Pédrille), Paul Payen (l'Officier), André Noël (le Notaire), Le Prin (l'Alcade)

Chœurs et Orchestre de l'Opéra-Comique dir. Jean Fournet

enr. en public à l'Opéra-Comique le 19 juin 1955

 

 

 

"On m'appelle Mimi"

extrait de l'acte I de la Bohème de Puccini [version française de Paul Ferrier]

Renée Doria (Mimi) et Orchestre Symphonique dir Erasmo Ghiglia

enr. 1960

 

 

 

"Depuis le jour"

extrait de l'acte III de Louise de Charpentier

Renée Doria (Louise) et Orchestre Symphonique dir Giancarlo Amati

enr. vers 1960

 

 

 

Thème et variations de Heinrich Proch

Renée Doria et Orchestre Symphonique dir Jean Allain

enr. vers 1960

 

 

Voir également les enregistrements de Carmen (sélection), de Sapho (acte IV "la Séduction"), Thaïs (acte II "Scène du Miroir" et III "Duo de la Source") et les Pêcheurs de perles (acte I "O dieu Brahma")

 

 

 

 

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