Camille DU COMMUN DU LOCLE

 

Camille du Locle à Capri en 1895

 

 

Camille Théophile Germain DUCOMMUN, devenu par jugement du 09 juillet 1862, DUCOMMUN DU LOCLE, dit Camille DU COMMUN DU LOCLE

 

auteur dramatique français

(Orange, Vaucluse, 16 juillet 1832 – Capri, Italie, 09 octobre 1903)

 

Fils de Daniel Henri Joseph DUCOMMUN (devenu DUCOMMUN DU LOCLE par jugement du 09 juillet 1862) dit DANIEL (Nantes, Loire-Atlantique, 1804 Rethel, Ardennes, septembre 1884), sculpteur [épouse 1. à Paris 2e le 09 juillet 1831 Claire Adèle COLLART DUTILLEUL ; épouse 2. à Paris 2e le 10 octobre 1848 Augustine Louise PRINCE].

Epouse à Paris 1er, 22 avril 1863* Marie Henriette DOUX (Paris 1er, 23 mars 1843 –), fille de Jean DOUX (1793 –) et de Noëtte Catherine Lucile FOURNIER-VERNEUIL (1802 –) [belle-sœur d'Emile PERRIN, directeur de théâtres].

 

 

Il débuta par deux petits ouvrages : M'sieu Landry (1856) et la Déesse et le Berger (1863), dont Duprato avait écrit la musique. Il donna ensuite à l'Opéra la Fiancée de Corinthe (1867), avec le même compositeur, puis écrivit pour Verdi, avec Méry, le livret de Don Carlos. Depuis 1862, il était secrétaire de l'Opéra, sous la direction d'Emile Perrin. Le 20 juillet 1870, il fut nommé, avec de Leuven, directeur de l'Opéra-Comique. Leur administration ne fut pas heureuse. Du 20 janvier 1874 au 05 mars 1876, Du Commun du Locle fut seul directeur, puis il reprit la plume. Déjà il avait tracé en français, pour Verdi, le poème d'Aïda, dont Ghislanzoni a tiré le livret italien en vers ; il le traduisit à son tour, avec Charles Nuitter. Il traduisit également avec Nuitter, celui de la Forza del Destino, opéra de Verdi, puis il fournit à Reyer les livrets de Sigurd (1885) et de Salammbô (1892). Il est l'auteur de nombreuses poésies, cantates, etc. Un de ses poèmes, André Chénier, a été couronné par l'Académie française en 1877.

 

 

 

 

livrets

 

M'sieu Landry, opérette en 1 acte, musique de Jules Duprato (Bouffes-Parisiens, 24 novembre 1856)

l'Ile d'amour, opérette en 1 acte, musique d'Alfred Deléhelle (Théâtre des Champs-Elysées, 08 juin 1859)

la Déesse et le Berger, opéra-comique en 2 actes, musique de Jules Duprato (Opéra-Comique, 21 février 1863)

Don Carlos, opéra en 5 actes, avec Joseph Méry, musique de Giuseppe Verdi (Opéra, 11 mars 1867)

la Fiancée de Corinthe, opéra en 1 acte, musique de Jules Duprato (Opéra, 21 octobre 1867)

Aïda, opéra en 4 actes, version française avec Charles Nuitter, musique de Giuseppe Verdi (Monnaie de Bruxelles, 15 janvier 1877 ; Opéra, 22 mars 1880)

la Force du destin, opéra en 4 actes, version française avec Charles Nuitter, musique de Giuseppe Verdi (Anvers, 14 mars 1883)

Sigurd, opéra en 4 actes, avec Alfred Blau, musique d'Ernest Reyer (Monnaie de Bruxelles, 07 janvier 1884 ; Opéra, 12 juin 1885)

Prométhée enchaîné, poème symphonique, musique de Georges Mathias et musique de Lucien Lambert (Conservatoire, 19 avril 1885)

Salammbô, opéra en 5 actes, musique d'Ernest Reyer (Monnaie de Bruxelles, 10 février 1890 ; Opéra, 16 mai 1892)

Othello, drame lyrique en 4 actes, version française avec Arrigo Boito, musique de Giuseppe Verdi (Opéra, 10 octobre 1894)

Hellé, opéra en 4 actes, avec Charles Nuitter, musique d'Alphonse Duvernoy (Opéra, 24 avril 1896)

le Démon, opéra en 4 actes, version française avec Charles Nuitter, musique d'Anton Rubinstein

Simon Boccanegra, opéra en 4 actes, version française avec Charles Nuitter, musique de Giuseppe Verdi

 

mélodies

 

Babillarde alouette, extrait du Livre des Sonnets, musique de Jules Duprato (vers 1875)

Il était nuit déjà, extrait du Livre des Sonnets, musique de Jules Duprato (vers 1875)

Larmes (les), musique d'Ernest Reyer

 

 

 

 

 

Il est l'auteur de plusieurs livrets d'opéra, entre autres : Don Carlos, musique de Verdi, écrit en collaboration avec Méry, et la Fiancée de Corinthe, opéra en un acte, musique de J. Duprato (1867). A la fin de 1871, Camille du Locle fut nommé directeur de l'Opéra-Comique avec M. de Leuven. Quelques années plus tard, son associé se séparait de lui. M. du Locle avait obtenu la direction de l'Opéra-Comique grâce à 1'influence du directeur de la Comédie-Française, M. Perrin, dont il a épousé la nièce. Les cinq années pendant lesquelles M. du Locle a tenu les rênes de l'Opéra-Comique devaient amener fatalement la ruine de ce théâtre. Directeur sans initiative, Camille du Locle ne donna guère que des reprises. Le bagage de nouveautés représentées sous le directorat du Locle se réduit à une dizaine d'œuvres, la plupart sans valeur. En 1875, M. du Locle, assez souffrant, alla passer quelque temps en Egypte. Il fut suppléé, pendant son absence, par M. Charles Nuitter, qui fit représenter, les 3 mars 1875, Carmen, opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, musique de Georges Bizet. Cet opéra fut suivi de nouvelles reprises, et, fin mai 1876, la salle Favart fermait ses portes. Déjà M. du Locle avait dû abandonner la direction de cette scène, confiée provisoirement à M. Emile Perrin, qui lui avait quelques instants rendu un semblant de vie, et, à la fin de juillet 1876, M. Carvalho fut nommé directeur de l'Opéra-Comique. L'administration de M. du Locle se termina par un véritable désastre financier : elle succomba à une dette qu'on évalue à près de 2 millions. Au mois de juin 1877, le tribunal de la Seine a prononcé la faillite de M. du Locle.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1er supplément, 1878)

 

En 1877, peu après son désastre financier de l'Opéra-Comique, M. du Locle recevait de l'Académie française le prix de poésie sur un sujet mis au concours, André Chénier. La critique fut unanime à constater que cette pièce s'élevait au-dessus de la valeur ordinaire des concours et à en louer la composition ingénieuse et les beaux vers. Aux livrets d'opéra de M. Du Locle que nous avons déjà cités, il faut ajouter : Aïda, opéra en quatre actes (1877, in-12) ; la Force du Destin, opéra en quatre actes (1882, in-12). Ces deux opéras ont été faits en collaboration avec M. Ch. Nuitter ; c'est Verdi qui en a écrit la musique. On doit encore au même auteur : M'sieu Landry, opérette en un acte (1856, in-12), dont la musique est de Jules Duprato, et Sigurd, opéra en quatre actes (1884, in-12), en collaboration avec M. Alfred Blau, dont la musique, due à M. Reyer, a obtenu un véritable succès. Il a envoyé d'Italie des correspondances au « XIXe siècle », sous le nom de Camillo.
(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

 

 

 

 

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