Edouard DUPREZ

 

 

 

 

Louis Julien dit Edouard DUPREZ

 

acteur et librettiste français

(Paris, 1804 – Paris 15e, 04 juin 1879*)

 

Frère de Gilbert Louis DUPREZ, ténor, et de Bernard Bonaventure DUPREZ [père de Mme LACOMBE-DUPREZ, soprano].

Epouse à Paris le 03 avril 1837 Colette Jeanne Antoinette BUINO (1813 ).

 

 

D'abord acteur comique au théâtre de Montmartre, il a écrit plusieurs librettos, entre autres ceux des deux opéras de son frère, le ténor Louis Duprez, la Cabane du pêcheur et Joanita ; on lui doit aussi celui de Marinette et Gros-René, dont M. Héquet a composé la musique en 1856, ainsi que la version française de Rigoletto de Verdi (1858), et Violetta, version française de la Traviata de Verdi (Théâtre-Lyrique, 1864).

Il est décédé en son domicile au 256 rue de Vaugirard à Paris 15e.

 

 

 

 

livrets

 

la Cabane du pêcheur, opéra, musique de Gilbert Louis Duprez (Versailles, 1826)

le Pirate, drame lyrique en 3 actes, version française, musique de Vincenzo Bellini (Grand Théâtre de Lyon, 24 février 1835)

l'Abîme de la Maladetta, opéra en 3 actes, musique de Gilbert Louis Duprez (Monnaie de Bruxelles, 19 novembre 1851) [repris sous le titre Joanita ou la Fille des Boucaniers]

Joanita ou la Fille des Boucaniers, grand opéra en 3 actes, avec G. Oppelt, musique de Gilbert Louis Duprez (Opéra-National, 11 mars 1852) => fiche technique

Jélyotte ou Un passe-temps de duchesse, opérette en 1 acte, musique de Gilbert Louis Duprez (salle Duprez, 07 avril 1854)

Marinette et Gros-René, opérette-bouffe, musique de Gustave Héquet (Bouffes-Parisiens, 24 juin 1856)

Samson, opérette, musique de Gilbert Louis Duprez (1857)

la Chasse aux rats, saynète musicale en 1 acte, avec Dutertre, musique de Léon Duprez (Théâtre Deburau, 11 août 1858)

Rigoletto ou le Bouffon du prince, opéra en 4 actes, version française, musique de Giuseppe Verdi (Monnaie de Bruxelles, 22 novembre 1858)

Un amour de trombone, opéra-comique en 1 acte, avec Dutertre, musique de Croisilles (Caen, 22 février 1863)

Violetta, opéra en 3 actes, version française de la Traviata, musique de Giuseppe Verdi (Théâtre-Lyrique, 27 octobre 1864)

Jeanne d’Arc, opéra en 5 actes et 1 prologue, avec Joseph Méry, musique de Gilbert Louis Duprez (Grand-Théâtre-Parisien, 24 octobre 1865) => fiche technique

Djihan-Ara, opéra en 4 actes, musique du marquis de Colbert-Chabanais (salle Duprez, 1868)

le Bal masqué, opéra en 4 actes, version française d'Un ballo in maschera [Un bal masqué], musique de Giuseppe Verdi (Théâtre-Lyrique, 17 novembre 1869)

les Racoleurs, opéra bouffe en 1 acte, musique du marquis de Colbert-Chabanais (salle Duprez, 08 juin 1870)

la Sérénade, opéra-comique en 1 acte, musique du marquis de Colbert-Chabanais (salle Duprez, 1870)

les Oies de frère Philippe, opéra bouffe en 3 actes, musique du marquis de Colbert-Chabanais (salle Duprez, 1872)

les Deux Jeanne, opéra en 5 actes, musique du marquis de Colbert-Chabanais (salle Duprez, mai 1878)

le Coiffeur de Madame, opéra bouffe en 1 acte, musique du marquis de Colbert-Chabanais (salle Duprez, 05 mai 1879)

 

 

 

 

 

Un abbé, cadet d'une famille distinguée de la Champagne, proscrit par la révolution, et que son père avait recueilli, se chargea de l'éducation du jeune Édouard. Des revers de fortune étant venus accabler les parents de Duprez, il fut placé, à 15 ans, à l'imprimerie du Constitutionnel, où il resta quelque temps, passant les nuits à lire les épreuves de ce fameux coryphée du libéralisme. Dans ses moments de loisir il composait de joyeux vaudevilles, timides ébauches de son imagination, qu'un des plus infimes théâtres de Paris se chargeait de mettre au jour.

Du goût de la littérature dramatique à la passion du théâtre, il n'y a souvent qu'un pas. Duprez ne tarda pas à le franchir : âgé d'environ 19 ans, il parut pour la première fois sur la scène qu'il enrichissait de ses œuvres. Il y joua un rôle d'amoureux dans le vaudeville la Créole, et se tira si bien de cette épreuve que le directeur, vieux comédien de province, taillé sur le patron du Père de la débutante, l'engagea fortement à poursuivre une carrière qui lui promettait de nombreux succès.

Duprez mit à profit des conseils si flatteurs, et, plus léger de bagage, que ce Figaro dont il devait un jour revêtir l'habit, il se mit en route pont la province. Sa bonne étoile lui fit rencontrer dans son premier directeur un honnête et digne artiste que Bruxelles a estimé et applaudi pendant de longues années. Bourson, à cette époque, promenait par toute la Belgique sa jeune fille Pauline, deuxième édition de la petite merveille française, Léontine Fay. Duprez parut donc sur tous les théâtres du pays. Ensuite, il eut successivement des engagements pour ceux de Paris (l'Odéon), Brest, Reims, Lyon, Paris (aux Variétés), Londres, Bruxelles où il se trouve aujourd'hui. De l'aplomb, du mordant, un bon ton de comédien, une diction très nette et des manières distinguées, voilà l'appréciation du talent de Duprez.

Outre la Cabane du pêcheur, opéra dont son frère, le fameux chanteur, a composé la musique, et quelques autres pièces qui nous sont inconnues, Édouard Duprez a traduit de l'italien l'opéra de Bellini, le Pirate représenté à Bruxelles, le 10 août 1838 ; la Somnambule, du même compositeur, et Lucia di Lammermoor de Donizetti, ces deux derniers ouvrages destinés à notre scène.

(Annuaire dramatique de la Belgique pour 1839)

 

 

 

 

 

 

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