Félix GALIPAUX

 

 

 

Félix Martin FÉNÉLON-GALIPAUX dit Félix GALIPAUX

 

acteur et auteur dramatique français

(26 rue Saint-Pierre, Bordeaux, 2e section, Gironde, 12 décembre 1860* Paris 1er, 07 décembre 1931*), enterré au Père-Lachaise (93e division).

 

Fils naturel de Louise FÉNÉLON-GALIPAUX (1839 –), institutrice.

Epouse Henriette Johanna LIEPMANN (– ap. 1931).

 

 

Prix de solfège et de violon au Conservatoire de Bordeaux, il obtint, en 1880 un second prix, puis en 1881, le premier prix de comédie au Conservatoire de Paris et entra alors au Palais-Royal. Comique plein de verve, au jeu trépidant, il a créé de nombreux rôles à ce théâtre, puis à la Renaissance, de nouveau au Palais-Royal, aux Bouffes-Parisiens, au Vaudeville, et il a été surtout applaudi dans les Surprises du divorce, la Famille Pontbiquet, Monsieur le Directeur et Manette Salomon (1896). Il fut, en 1910, le Merle du Chantecler d’Edmond Rostand. Comme écrivain, outre des articles dans des journaux, notamment dans l'Echo de Paris, sous le pseudonyme de Félix Mayran, on lui doit un grand nombre de monologues, genre où il excella, d'opérettes, de saynètes, de pantomimes, de monomimes, dont il est l'inventeur, des recueils amusants : Monologues et Récits (1883) ; les Galipettes (1887) ; Encore des Galipettes (1889) ; Pour casinoter (1895) ; Toujours des Galipettes (1901) ; Rien que des Galipettes (1907) ; Théâtricule (1907) ; la Tournée Ludovic (1914) ; ainsi qu’une biographie des Luguet. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 29 janvier 1926.

Il a créé des opérettes : la Veuve joyeuse (baron Popoff) de Franz Lehár [version française de R. de Flers et de Caillavet] (Apollo, 28 avril 1909) ; le Comte de Luxembourg (le prince Basil) de Franz Lehár [version française de R. de Flers et de Caillavet] (Apollo, 13 mars 1912) ; les Maris de Ginette (Furet) de Félix Fourdrain (Apollo, 18 novembre 1916) ; Mariage parisien (Longueil) d’Henri Goublier (Variétés, 24 mai 1919) ; Florabella de Charles Cuvillier (Célestins de Lyon, 31 décembre 1920) ; Léontine Sœurs (Gargarisof) d’Antoine Mariotte (Trianon-Lyrique, 20 mai 1924) ; A Paris tous les deux (Méphisto ; le Shah de Perse) de Georges Menier (Comédie des Champs-Elysées, 04 février 1926) ; Bateau de nuit de Jerome Kern [version française d’André Bisson] (Célestins de Lyon, 08 mars 1929).

En 1895, il habitait 6 rue Mayran à Paris 9e ; en 1924, 240 rue de Rivoli à Paris 1er.

 

 

 

 

livrets

 

Pierrot confesseur, pantomime en 3 actes, avec de Pontsevrez, musique d'Eugène Domergue (Bodinière, 15 février 1892)

Inspiration interrompue, opérette en 1 acte, musique de Louis Lefèvre (Etretat, 05 août 1892)

Une soirée chez monsieur le Sous-Préfet, monomime, musique de Francis Thomé (Bodinière, 01 févier 1893)

le Monde renversé, ballet-pantomime en 1 acte, musique d'Eugène Michel (Gaîté, 30 novembre 1893)

le Muet, opérette mimée en 1 acte, musique d'Emile Pessard (Bodinière, 26 mars 1894)

 

 

 

 

 

Réjane et Galipaux dans Madame Sans-Gêne, lithographie d'Henri de Toulouse-Lautrec (1893)

 

 

 

Il obtint à l'âge de onze ans un prix de solfège et un autre de violon. Venu à Paris, il entra au Conservatoire, suivit la classe de Régnier et remporta, en 1881, le premier prix de comédie. Il pouvait dès lors débuter au Théâtre-Français, mais les deux Coquelin et de Féraudy tenant son emploi, il se fit engager au Palais-Royal, où il créa, le 31 décembre 1881, Nitouche, du Mari à Babette de Meilhac, puis Victor, du Volcan de Gondinet, et Frédéric, de l'Heure du berger d'Ordonneau (1883). Il eut un succès plus vif dans le répertoire de Ravel et de Gil-Pérès. Devenu pensionnaire de la Renaissance, en 1884, il aborda du même coup le répertoire de Molière et celui de nos auteurs contemporains. Il créa de nombreux rôles à ce théâtre qu'il quitta en 1888 pour retourner au Palais-Royal. Comme écrivain, M. Galipaux a montré non moins de talent que comme comédien. On lui doit : le Violon séducteur, folie en un acte, jouée à l'Athénée (1883) ; le Lézard, un acte, à Déjazet (1883) ; trois saynètes à deux hommes : la Poire en deux, Douleur et Deux Epaves ; Divorce et Dynamite, un acte, à la Renaissance (1885) ; Ma bonne, au même théâtre (1886). Il a publié : Monologues et Récits (1883, in-18), en vers et en prose, parmi lesquels nous remarquons : Un monsieur qui a un tic, le Strapontin, la Pendule, Quel concert !, le Petit Dernier des Mohicans ; les Galipettes, avec une préface d'Aurélien Scholl (1887, in-18) ; Encore des Galipettes (1889, in-8°). Il a collaboré au « Figaro », à « l'Estafette », à « l'Opinion », à « l'Echo de Paris » en dernier lieu au « Gil Blas », sous le pseudonyme de Félix Mayran.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1889)

 

 

 

 

 

Félix Galipaux en 1905

 

 

 

le Pianiste marqueur

 

Tous les artistes qui ont besoin d'un accompagnateur — chanteurs ou instrumentistes — le connaissent, celui-là.

C'est un numéro tiré à pas mal d'éditions. On le rencontre partout, dans les concerts, dans les salons, ici, là, ailleurs, plus loin...

Le pianiste marqueur est d'ailleurs un artiste consciencieux, s'il en est — et il en est. Que dis-je ? C'est précisément parce qu'il est avant tout consciencieux qu'il est marqueur.

Malheureusement, il est la ruine des accompagnés.

Vous le savez tous, je chante la romance... je la chante bien même... je ne dis pas ça pour me vanter... je dis ce qui est... la vérité avant tout. Un des mes triomphes, un de mes morceaux « bœuf », c'est le duo de Mireille... Oui, je sais... il commence à être un peu connu, mais qu'importe ! les chefs-d'œuvre ne vieillissent pas, et la popularité est l'estampille du vrai talent. (Je ne suis pas mécontent de cette phrase-là).

Bref, si vous avez entendu chanter le duo de Mireille, ce qui est possible, après tout, vous avez dû remarquer le je, le fameux je sur lequel plane un magnifique point d'orgue :

Alors, je me fe-rai la terre et je t'au-rai.

Eh bien, la première fois que j'ai chanté cette phrase, l'accompagnateur ne tint pas compte du point d'orgue et fila comme un dard.

Il ne l'avait pas vu !

Très vexé de mon effet raté, je me promis bien de prévenir le prochain pianiste. Ce que je fis à la répétition.

— Laissez-moi le refaire plus gros, me dit ce nouveau-là.

Et, prenant son crayon, il dessina sur le premier un second point d'orgue formidable.

— C'était inutile, pensais-je, un suffisait, mais enfin avec celui-là... tous les pianistes le verront et, partant, plus de gaffe à redouter.

Enfant ! enfantelet étais-je de risquer ainsi à la légère semblable hypothèse ! Tour à tour, voici les pianistes marqueurs qui ont sali, maculé, abîmé mes partitions !

Le troisième qui vint me dit :

— Qu'est-ce que c'est que ça.

— Un point d'orgue... il est même assez gros...

— Ah ! c'est un... on ne s'en douterait pas !...

Et, prenant son crayon, il écrivit en toutes lettres : Point d'orgue.

Le suivant, le quatrième me demande :

— Pourquoi a-t-on fait un point d'orgue sur le chant et pas sous la basse ?

Et, joignant le geste à la parole, v'lan, il en met un sous la portée.

Le cinquième me hoche :

— Eh là... eh là... qu'est-ce ?

— Deux points d'orgue... on l'a même écrit.

— Oh ! moi ! si je ne fais pas une croix... je passerai outre.

— Faites ! soupirai-je, résigné. Et dzing ! Et dzang !

Le sixième, un myope, colle son nez sur la partition.

— Il y a quelque chose là ?

— Plutôt, oui... c'est pour prévenir qu'il y a un point d'orgue... je ne sais pas si vous le voyez ?

Non, mais ça ne fait rien... avec ce rond au crayon bleu…

Et ring ! un joli cercle azuré.

Le septième, blasé, ironique, hausse les épaules :

— Je parie qu'on a voulu désigner un point d'orgue...

— Je crois... en effet...

— Tordant ! c'était si simple de faire ça...

Et je n'avais pas eu le temps de dire : « Ouf ! » que ce tapoteur avait griffonné une sorte de 8 traversé d'une barre rouge.

Le huitième, un chevelu prétentieux, se mit à rire follement :

— C'est trop bête, ces gribouillages ! il est si simple de faire un renvoi — si j'ose m'exprimer ainsi — et d'écrire sur la marge. Comme ça, il n'y a pas d'erreur... ça se voit tout de suite.

Et il écrivit à l'encre : ATTENTION !

Tous ces maniaques-là m'avaient tellement exaspéré que je m'étais bien promis de gifler le premier qui ferait mine de vouloir encore annoter à sa manière ce pauvre point d'orgue.

Tout à l'heure, comme je répétais mon duo avec un neuvième accompagnateur, arrivé à mon..., je lève le bras menaçant.

Mais quelle n'est pas ma surprise de voir le pianiste tenir compte de toutes les indications sans réflexions.

— Eh quoi ? vous ne marquez rien, vous ?

— Moi, monsieur ! excusez ma bizarrerie, mais pour rien au monde je n'écrirais sur une partition !

.   .   .   .   .   .   .

Je l'ai embrassé !

 

Félix Galipaux (publié dans Paris qui chante, 15 janvier 1925)

 

 

 

 

 

07 février 1903

Suzanne Reichenberg, Eugène Silvain, Mounet-Sully, Paul Mounet, Maurice de Féraudy, Blanche Pierson

 

07 février 1903

Albert Lambert fils, Cécile Sorel, Raphaël Duflos, Henri Mayer, Louise Lara, Pierre Laugier, Georges Berr

 

22 février 1903

Marthe Brandès, Paul Fugère, Jeanne Granier, Courtès, Guyon fils

 

22 février 1903

Perrée Raimond, Germaine Gallois, Polin, Numa, Gobin, Matrat, Jane Avril

 

01 mars 1903

Victor Régnard, Marthe Mayer, Léon Lérand, Lucien Noël, Lucien Fugère

 

01 mars 1903

Daynes-Grassot, Molé-Truffier, Baron fils, Simon Max, Francès, Germain

 

 

 

08 mars 1903

Brasseur fils, Réjane, Félix Huguenet, Edmond Clément, Paulin-Louis Boisselot

 

08 mars 1903

Martel, Charles Lamy, Cécile Caron, Numès, Charles Le Bargy, Georges Noblet

 

15 mars 1903

Coste, Jean Périer, Simon-Girard, Jean Coquelin, Germaine Gallois-Guy

 

15 mars 1903

Renée Maupin, Albert Lambert père, Torin, François Mondaud, Mariette Sully, Luguet

 

22 mars 1903

Médal, Augustine Leriche, Lucy Gérard, Guy, Hirch

 

29 mars 1903

Lucien Guitry, Claudius, Marguerite Deval, Emilie Mily-Meyer, Invernizzi

 

12 juin 1904

Léonie Yahne, Jane Hading, Fordyce, Pouctal, Alida Marignan

 

 

Nos acteurs dans la rue, rimailleries de Félix Galipaux, parues dans Paris qui chante

 

 

 

Il obtint un prix de violon et de solfège au Conservatoire de sa ville natale, et, en 1881, il obtenait aussi le premier prix de comédie au Conservatoire de Paris dans le rôle de Mascarille des Précieuses ridicules. François Coppée, dans le feuilleton dramatique de la Patrie, lui prédisait un brillant avenir : « Ce gamin, au nez en trompette, aux yeux étincelants, au joli rire, vif et souple comme un singe, a montré dans ses répliques le talent le plus spirituel et le plus varié. Il a d'ailleurs la qualité par excellence de l'acteur comique : il est franchement, naturellement gai. De plus cet amusant garçon a le grand bonheur de posséder un nom fait pour la gloire, ou du moins pour la popularité. Galipaux est un nom un peu commun, mais sonore, destiné fatalement aux rappels, et dont les trois syllabes ne peuvent être proférées qu'avec accompagnement de trépignements de joie. »

 

Galipaux ne devait pas faire mentir cet oracle. Engagé aussitôt au Palais-Royal, il débuta par la création du Mari à Babette, du Volcan, de l'Heure du berger, de Tricoche et Cacolet, et par la reprise de tous les rôles de Ravel et de Pérez, notamment dans la Cagnotte. Samuel, qui dirigeait alors la Renaissance, le réclama en 1884, et c'est là qu'il joua dans la première pièce de Georges Feydeau : Tailleur pour dames, qu'il créa le rôle de Simpson dans la Parisienne de Becque, et bien d'autres types dans l'Amazone, Voyage au Caucase, J'épouse ma femme, Mission délicate, le Roi Koko, où s'affirmèrent sa verve, son brio, sa gaieté, son tempérament électrique : « Il a du vif-argent dans les veines ! » disait le spectateur charmé. « Il ne peut pas rester en place. Il ne marche pas, il vole ! » Interprète des auteurs modernes, il n'en restait pas moins fidèle aux classiques, et interprétait aussi les Fourberies de Scapin, le Dépit, les Plaideurs et les Précieuses. Il revint en 1888 au Palais-Royal, où il créa Doit et avoir, Mes aïeux, 115 rue Pigalle, et surtout Divorçons, de Sardou, et le Train de plaisir : « Rien de plus juste, de plus fin et de plus spirituel que son jeu », écrivait Sarcey à cette époque dans un de ses feuilletons du Temps, « Galipaux a la souplesse de l'anguille, la vivacité, la prestesse et la mobilité de physionomie du singe. C'est un mime délicieux. »

 

Mais c'est au Vaudeville qu'il devait connaître la grande notoriété. Il y débuta en mai 1891 dans un acte d'Abraham Dreyfus : De une heure à trois. Après s'être imposé par son naturel dans le Jeune homme qui ne peut pas se courber, il était successivement l'homme-poisson de la Famille Pontbiquet, le petit vicomte du Prince d'Aurec, le maître à danser de Madame Sans-Gêne ; il jouait avec autant de succès Bas-Bleu, Folle entreprise, Monsieur le Directeur, Viveurs, la Bonne Hélène. Enfin, lui qui faisait toujours rire, il fit pleurer dans le rôle d'Anatole, le rapin fantasque et attendri de Manette Salomon, avec le récit fameux de la mort du singe. C'était un de ses rôles préférés.

 

 

 

Félix Galipaux dans Manette Salomon (Anatole) [photo Nadar]

 

 

Dès lors les créations et les reprises brillantes se succédèrent. Citons, parmi les principales : au Gymnase, Pension de famille, Villa Gaby, la Carrière, Médor, les Transatlantiques, d'Abel Hermant, la Bourse et la Vie, d'Alfred Capus, Zaza, en 1896, aux côtés de Réjane. A l'Apollo, Nos bons villageois, la Veuve joyeuse, la célèbre opérette, en 1909. Lorsque Edmond Rostand distribua les rôles de Chantecler, en 1910, à la Porte-Saint-Martin, il désigna tout de suite Galipaux pour « le Merle » ; son physique s'adaptait admirablement à ce rôle où il fallait sautiller perpétuellement et user d'une mimique expressive. Il parut ensuite dans les Noces de Panurge, au théâtre Sarah-Bernhardt ; dans Un bon petit diable, au Gymnase, en 1911 ; dans le Comte de Luxembourg, — encore une opérette célèbre — à l'Apollo, en 1912 ; dans Ma tante d'Honfleur, aux Variétés, en 1914.

 

Pendant la guerre, il prêta son concours aux représentations organisées dans les hôpitaux, et reprit sur les scènes parisiennes des vaudevilles à succès comme Vous n'avez rien à déclarer ou le fameux Contrôleur des wagons-lits. Toujours sur la brèche, ne s'arrêtant jamais, il continua à jouer dans Deburau (au Vaudeville) et dans le Traité d'Auteuil (au théâtre Antoine) en 1918 ; dans Mademoiselle ma mère (au théâtre Fémina), Une petite femme dans le train (à la Potinière), en 1920, etc.

 

A partir de 1925, il ne joua presque plus (il était pourtant encore, en 1929, aux Variétés, de la reprise de l'Habit vert) ; mais il continua à suivre de très près le mouvement dramatique. On apercevait toujours, aux répétitions générales, ce petit homme mince, futé, toujours en mouvement avec des cheveux en houppette, aussi gai à la ville qu'à la scène, serrant beaucoup de mains, contant beaucoup d'anecdotes. Il aimait à rappeler que, du 28 décembre 1878 à décembre 1926, il avait interprété vingt-deux rôles classiques, fait deux cent quatre créations, pris part à cent cinquante-huit reprises ; soit trois cent quatre-vingt-quatre personnages différents qu'il avait été appelé à représenter à Paris et dans toutes les villes de province de France et de l'étranger... Et il affirmait avoir joué le rôle de Duval, des Surprises du divorce, cinq cent treize fois !

 

Galipaux a écrit de nombreux monologues, saynètes et petites histoires, qu'il disait lui-même et qu'il réunit en une dizaine de volumes, sous le titre : Galipettes, Re-galipettes, Rien que des Galipettes, Toujours des galipettes, etc., sans parler de son dernier volume de souvenirs paru en février 1931 : Ceux que j'ai connus, où il dépeignit ses anciens camarades avec verve et humour.

 

Il a inventé un genre, le monomime, qu'il fit applaudir dans tous les salons parisiens avec une étincelante gaieté. Il était très fier d'avoir mis à la mode ces deux mots : monomimes et galipettes. Il inventa aussi une sorte de variété du monologue, une joyeuse mixture de vers et de musique, qu'il dénomma symphonologue. La mode étant aux poésies sérieuses, dites avec accompagnement de piano, telles que la Fiancée du timbalier, il lança la Fiancée du trombone à coulisse, dont le succès fut immense. Sa conférence humoristique : Professeur de mort, fit pouffer des salles entières : « C'est un danse sans-rire, et qui fait rire, disait Lavedan ; d'un humour abracadabrant et cinématographique auquel, pour ma part, je suis incapable de résister et qui m'enchante. »

 

Ce grand amuseur trouva encore le moyen d'écrire, avec ou sans collaborateurs, une trentaine de pièces, la plupart en un acte (trois comédies sont en trois actes : Madame l'Avocat, Monsieur la Pudeur, Pierrot confesseur). Citons au hasard, représentées sur diverses scènes parisiennes : Amour et comédie, Divorce et dynamite, les Droits de la femme, les Etrennes d'Edouard, l'Escalier de service, Ma Bonne, Pour une bouffée de tabac !, le Petit Passant, Inspiration interrompue, Une soirée chez monsieur le Sous-Préfet, le Muet, Agence dramatique, etc.

 

Galipaux est mort le 7 décembre 1931, à l'âge de soixante et onze ans, laissant le souvenir d'un homme affable, d'un amusant conteur, d'un comédien d'une pittoresque fantaisie, ayant été, en cinquante années de brillante carrière, l'interprète de nombreux vaudevilles, d'opérettes et de comédies, parmi lesquels plusieurs de Sardou, de Feydeau, de Becque, de Lavedan, d'Edmond Rostand, d'Alfred Capus, de Robert de Flers, et de tant d'autres. Jusqu'à sa mort, il aura été fidèle à sa devise : « Amuser et faire rire. » La popularité de son talent provenait de sa joviale gaieté, de son entrain. Il avait cette qualité bien française : la bonne humeur.

 

(J. Monval, Larousse Mensuel Illustré, avril 1932)

 

 

 

 

 

 

 

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