Caroline GIRARD

 

 

 

Caroline GIRARD

 

mezzo-soprano français

(Paris 4e, 07 avril 1830 – Paris 9e, 04 janvier 1925*)

 

Fille de Pierre GIRARD et de Joséphine Fanny CLERC.

De sa liaison avec LOCKROY, acteur et librettiste, est née Juliette SIMON-GIRARD, soprano.

 

 

Elève de Revial au Conservatoire, elle obtint en 1852 un 2e accessit de chant et un second prix d’opéra-comique, puis en 1853 un 1er accessit de chant et un premier prix d’opéra-comique. Elle pouvait débuter à l'Opéra-Comique ; elle préféra entrer à l'ancien Théâtre-Lyrique. Elle y fut vivement accueillie, le 02 septembre, en chantant dans le prologue d'ouverture, la Princesse de Trébizonde, des couplets bretons et en interprétant avec autant de naturel que de gaieté Matérielle du Roi des halles, d’Adam. Elle montra les mêmes qualités dans le Diable à quatre, de Solié, puis dans Elisabeth ou les Exilés de Sibérie, de Donizetti ; la Fille invisible, d'Adrien Boieldieu ; la Promise, de Clapisson, rôle de Simonette ; le Roman de la Rose, de Prosper Pascal ; Schahabaham II, d'Eugène Gautier, etc. En 1856, elle représenta Georgette des Dragons de Villars ; en 1857, les Commères, du Napolitain Montuoro, un de ses bons rôles ; Margot, de Clapisson ; Jacqueline du Médecin malgré lui, de Gounod ; Don Almanzor, de Vilbac ; l’Agneau de Chloé, de Montaubry ; Michaëla de Broskovano, où elle produisit un grand effet dans la chanson du Vampire. En 1859, elle joua un rôle à la Déjazet, celui de Lulli des Violons du roi, de Deffès ; en 1860, Laure de Gil-Blas, de Semet ; les Rosières, d'Herold. En 1861, elle reprit de Delphine Ugalde le rôle du héros de Lesage et interpréta, l'année suivante, Zemphira de la Fille d'Egypte, de Jules Beer. En 1862, elle créa à Ems Mon ami Pierrot de Léo Delibes. Elle fut engagée à l'Opéra-Comique, où elle débuta en 1863. Nous signalerons, parmi ses créations à ce théâtre : Sylvie, de Guiraud (1864) ; le Saphir, de Félicien David (1865), etc. Elle parcourut ensuite plusieurs villes de province, Vichy, Le Havre, Rouen. Elle alla également chanter à l'étranger, à Monaco d'abord, à Bruxelles ensuite. Revenue à Paris vers la fin de 1872, elle entra au Théâtre-Lyrique de l'Athénée et y créa le 11 octobre 1872 l'Alibi d’Adolphe Nibelle ; le 25 janvier 1873 les Rendez-vous galants (Lucia) de Mme Sainte-Croix ; le 28 février 1873 la Dot mal placée (Pépita) de Paul Lacôme ; le 01 mai 1873 la Guzla de l'émir (Fatmé) de Théodore Dubois ; le 06 février 1875 la Belle Lina de Rubans. Elle jouait encore en province, lorsque Vizentini transforma l'ancienne Gaîté en Théâtre-National-Lyrique. Engagée une des premières, elle y créa le 28 mai 1877 la Promise d’un autre de Ch. de Courcelles, et le 14 septembre de la même année, la Clé d’or (Jeannette) d’Eugène Gautier, et y resta jusqu'à la fermeture, c'est-à-dire jusqu'au 1er janvier 1878. Le 1er février, elle devint la pensionnaire des Bouffes-Parisiens où elle créa le 13 mars 1878 Maître Peronilla (Leona) de Jacques Offenbach. Le 13 décembre 1879, elle créa aux Folies-Dramatiques, aux côtés de sa fille, la célèbre divette Juliette Simon-Girard, et de son gendre, l’acteur Simon-Max, la Fille du Tambour-major (Duchesse Della Volta) d’Offenbach, puis elle quitta la scène.

En 1855, elle habitait 11 rue Chabanais à Paris ; en 1879, 14 rue Magnan [auj. rue Beaurepaire] à Paris 10e. Elle est décédée, célibataire, en son domicile, 66 rue de la Chaussée d’Antin à Paris 9e.

 

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Elle y débuta le 15 octobre 1853 en participant à la première du Diable à quatre de Jean-Pierre Solié.

 

Elle y créa le 28 novembre 1853 Georgette ou le Moulin de Fontenoy (Georgette) d’Auguste Gevaert ; le 31 décembre 1853 Elisabeth (Nizza) de Gaetano Donizetti ; le 24 février 1854 la Fille invisible d’Adrien Boieldieu ; le 16 mars 1854 la Promise de Louis Clapisson ; le 31 octobre 1854 Schahabaham II (Olivette) d’Eugène Gautier ; le 29 novembre 1854 le Roman de la rose (Christine) de Prosper Pascal ; le 06 juin 1855 les Compagnons de la marjolaine d’Aristide Hignard ; le 14 septembre 1855 Une nuit à Séville (Sephora) de Frédéric Barbier ; le 27 octobre 1855 les Lavandières de Santarem (Don Luiz) d’Auguste Gevaert ; le 19 septembre 1856 les Dragons de Villars (Georgette) d’Aimé Maillart ; le 26 mai 1857 les Nuits d’Espagne (Inésille) de Théophile Semet ; le 10 juin 1857 les Commères d’Achille Montuoro ; le 05 novembre 1857 Margot (Manette) de Louis Clapisson ; le 13 janvier 1858 le Médecin malgré lui (Jacqueline) de Charles Gounod ; le 16 avril 1858 Don Almanzor de Renaud de Vilbac ; le 09 juin 1858 l’Agneau de Chloé (Myrtille) de Montaubry ; le 29 septembre 1858 Broskovano (Michaëla) de Louis Deffès ; le 30 septembre 1859 les Petits violons du roi (Lulli) de Louis Deffès ; le 23 mars 1860 Gil-Blas (Laure) de Théophile Semet ; le 23 avril 1862 la Fille d’Egypte (Zemphira) de Jules Beer.

 

Elle y participa à la première le 01 juin 1854 du Tableau parlant (Colombine) de Modeste Grétry ; le 24 janvier 1855 de Robin des bois (Nancy) de Weber [version française de Sauvage et Castil-Blaze du Freischütz] ; le 14 septembre 1855 de Marie de Ferdinand Herold ; le 18 janvier 1856 du Sourd (Pétronille) d’Adolphe Adam ; le 23 mai 1856 de Richard Cœur de Lion (Antonio) de Modeste Grétry ; le 27 février 1857 d’Obéron (Fatima) de Weber [version française de Nuitter, Beaumont et de Chazot] ; le 08 mai 1858 des Noces de Figaro (Marceline) de Mozart [version française de Barbier et Carré] ; le 05 juin 1860 des Rosières de Ferdinand Herold ; le 16 novembre 1861 du Café du roi (Louis XV) de Louis Deffès ; le 30 octobre 1862 Hymne à la musique de Charles Gounod ; le 31 mars 1863 de Peines d’amour (Papillon) de Mozart [version française de Barbier et Carré de Cosi fan tutte].

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 16 juillet 1863 en chantant la Fausse magie (Lucie) de Modeste Grétry et en participant à la première des Bourguignonnes (Manette) de Louis Deffès.

 

Elle y créa le 11 mai 1864 Sylvie (Sylvie) d’Ernest Guiraud ; le 26 octobre 1864 les Absents (Suzette) de Ferdinand Poise ; le 08 mars 1865 le Saphir (Fiammetta) de Félicien David ; le 25 février 1867 le Fils du brigadier (Catalina) de Victor Massé ; le 03 avril 1867 la Grand’Tante (Chevrette) de Jules Massenet ; le 27 novembre 1867 Robinson Crusoé (Suzanne) de Jacques Offenbach ; le 10 mars 1869 Vert-Vert (la Corilla) d’Offenbach ; le 20 décembre 1869 Rêve d’amour (Marion) d’Esprit Auber.

 

Elle y participa à la première le 07 juin 1866 de la Colombe (Mazet) de Charles Gounod ; le 05 juin 1868 des Dragons de Villars (Georgette) d’Aimé Maillart ; le 02 septembre 1868 du Café du roi (Louis XV) de Louis Deffès.

 

Elle y a chanté le Pré-aux-Clercs (Nicette).

 

 

 

 

 

Elles sont nombreuses, les fauvettes envolées de la cage, avant et depuis la guerre, sans que l'on paraisse songer à les rappeler ou à les remplacer !

Mlle Girard. — Un diable à la scène, une nonne craintive à la ville, qui se réfugia dans la cave de l'Athénée...

 

(le Théâtre de l’Opéra-Comique, Jules Prével, le Figaro, 17 janvier 1875)

 

 

 

 

 

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