Alfred GIRAUDET

 

Alfred Giraudet en 1900

 

 

Auguste Alfred dit Alfred GIRAUDET

 

basse française

(29 rue Sainte-Croix, Etampes, Seine-et-Oise [auj. Essonne], 29 mars 1845* – New York, Etats-Unis, 17 octobre 1911)

 

Fils de Jean Gilbert Alphonse GIRAUDET (1811 – ap. 1877), mécanicien, et d'Adélaïde Eléonore TIERCE (1821 – ap. 1877).

Epouse à Paris 8e le 10 juillet 1877* Mathilde Marie Cécile DESFOSSÉS (Paris, 28 juillet 1853 –), fille de Jacques Marceau Edmond DESFOSSÉS, avocat distingué du barreau de Paris, et de Hortense Euphémie Augustine GASC.

 

 

Son père était chef des dépôts au chemin de fer d'Orléans et possédait une très belle voix de basse-taille. Le jeune Giraudet apprit rapidement le solfège et, guidé dès 1862 par l'éminent professeur François Delsarte, il se perfectionna dans l'art du chant. Engagé au théâtre de Boulogne-sur-Mer, il y débuta en 1866 dans Faust (Méphistophélès) et y chanta, non sans succès, les rôles de basse profonde dans le grand opéra. La province le rendit bientôt à Paris, où il débuta l'année suivante, le 12 juillet, au Théâtre-Lyrique Impérial, dans Faust (Méphistophélès). Il chanta ensuite la Flûte enchantée (Sarastro) et se fit vivement applaudir en 1868 dans le rôle de Jacques Sincère du Val d'Andorre. Il fit en 1869 deux créations importantes : Colonna dans Rienzi, de Wagner, et le chevalier de la triste figure dans Don Quichotte, d'Ernest Boulanger. Il reprit la même année le rôle du Commandeur de Don Juan et, au mois d'avril 1870, Raymond de Charles VI. La guerre étant survenue, il combattit comme sergent dans les mobiles de la Seine. Après le traité de paix, il partit pour Bordeaux, où il aborda pendant deux années (1871-1872), au Grand-Théâtre de cette ville, le répertoire de l'opéra, notamment le Comte Ory, Zacharie du Prophète, Marcel des Huguenots, Bertram de Robert le Diable, Brogni de la Juive et l'archevêque Turpin de Roland à Roncevaux. Engagé en 1873 au théâtre royal de Turin, il y créa le 31 janvier 1874 d'une façon magistrale le duc d'Albe de la Contessa di Monza de Lauro Rossi. Il parcourut ensuite les villes de Gênes, d'Asti et d'Udine. Revenu en France en 1874, il chanta au Théâtre-Italien de Paris don Alfonso de Lucrezia Borgia, Severo de Poliuto, Rodolfo de la Sonnambula, Elmiro d'Otello et Gaspard du Freischütz, ce dernier rôle en français. Il entra en 1875 à l'Opéra-Comique, où il débuta le 24 mai dans Malipieri d'Haydée. Il a créé le 05 avril 1877, avec un grand succès, le Père Joseph de Cinq-Mars. En 1880, il entra à l’Opéra, où il créa le Tribut de Zamora (Ramire II) et Françoise de Rimini (Dante).

En 1876, il avait dirigé par intérim, au Conservatoire, la classe de chant de M. Grosset. Il y fut nommé professeur de déclamation lyrique (classe d'opéra) à compter du 1er février 1889, et il donna sa démission en août 1901. Il compta à l’Opéra parmi ses élèves : Mmes Bréval, Berthet, Grandjean, Lafargue, Ganne, Ackté, Hatto, Soyer ; MM. Affre, Vaguet, Bartet, Delpouget, Sizes, Courtois, Hans, Demauroy, Rousselière, Riddez, et à l’Opéra-Comique : Mlles Wyns, Guiraudon, MM. Beyle et Vieuille. Giraudet est l’auteur de diverses mélodies, d’un cahier d’exercices pour le développement de la voix intitulé Gymnastique vocale et d’un ouvrage important sur la mimique : Physionomie et Gestes, paru en 1896. L’auteur n’a pas envisagé le sujet seulement pour le théâtre, son œuvre est plus vaste. Les principes qu’il expose intéressent autant les orateurs, les peintres et les sculpteurs. 250 figures gravées hors texte en font un véritable guide de l’expression du corps humain.

En 1895, il habitait 10 rue du Conservatoire à Paris 9e.

 

 

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Il y débuta le 12 juillet 1867 dans Faust (Méphistophélès).

 

Il y créa le 10 mai 1869 Don Quichotte (Don Quichotte) d'Ernest Boulanger.

 

Il y participa à la première française le 06 avril 1869 de Rienzi ou le Dernier tribun (Stefano Colonna) de Richard Wagner [version française de Nuitter et Guilliaume].

 

Il y chanta la Flûte enchantée (Sarastro) ; le Val d’Andorre (Jacques Sincère, 1868) ; Charles VI (Raymond, 05 avril 1870) ; Don Juan (le Commandeur, 1869).

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 24 mai 1875 dans Haydée (Malipieri).

 

Il y créa le 05 avril 1877 Cinq-Mars (le Père Joseph) de Charles Gounod.

 

Il y participa à la première le 03 avril 1879 de la Flûte enchantée (Sarastro) de Mozart [version française de Nuitter et Beaumont] ;  le 16 mai 1876 à la version définitive de Philémon et Baucis (Vulcain) de Charles Gounod.

 

Il y chanta Roméo et Juliette ; Mignon ; la Fille du Régiment ; la Dame blanche ; Piccolino ; l'Etoile du Nord (Peters Michaeloff).

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il débuta au Palais Garnier le 10 septembre 1880 dans les Huguenots (Marcel).

 

Il y créa le 01 avril 1881 le Tribut de Zamora (Ramire II) de Charles Gounod ; le 14 avril 1882 Françoise de Rimini (Dante) d'Ambroise Thomas.

 

Il a chanté la Juive (Cardinal de Brogni, 1880) ; Aïda (Ramphis) ; l’Africaine (Don Pèdro, 1880) ; le Prophète (Zacharie, pour la 400e le 18 juillet 1881) ; Hamlet (Claudius, 1881) ; Robert le Diable (Bertram, 1881) ; Guillaume Tell (Walter, 1881) ; la Favorite (Balthazar, 1882).

 

 

 

 

 

Alfred Giraudet dans Robert le Diable (Bertram) à l'Opéra en 1884

 

 

 

 

Le 17 octobre dernier est mort subitement à New York un excellent artiste qui se fit applaudir dans nos théâtres et qui, pendant plusieurs années, occupa avec succès une classe de déclamation lyrique au Conservatoire. Alfred-Auguste Giraudet, qui était né à Étampes le 29 mars 1845, n'avait point passé par notre grande École et était élève du grand chanteur Delsarte ; sa première éducation musicale s'était faite à l'École Chevé, dont il était l'un des adoptes les plus convaincus. En 1866, à l'âge de vingt et un ans, Giraudet, doué d'une excellente voix de basse, abordait la scène à Boulogne-sur-Mer, en jouant le Méphistophélès de Faust. Engagé aussitôt au Théâtre-Lyrique, il s'y montra dans Faust, la Flûte enchantée, le Val d'Andorre, joua Rienzi et créa le Don Quichotte d'Ernest Boulanger. Après la guerre, il alla tenir pendant deux ans son emploi au Grand-Théâtre de Bordeaux, fit une apparition au Théâtre-Royal de Turin, puis, en 1875, entra à l'Opéra-Comique, où on le vit dans la Fille du régiment, la Flûte enchantée, Haydée, Roméo et Juliette, Philémon et Baucis, l'Étoile du Nord et Cinq-Mars, où il fit une importante création. De l'Opéra-Comique il passa en 1880 à l'Opéra, où il se fit applaudir dans les Huguenots, la Juive, Robert le Diable, Hamlet, le Prophète, Aïda... Puis, brusquement, il quitta le théâtre pour se consacrer à l'enseignement. Nommé en 1889 professeur d'une classe d'opéra au Conservatoire, il y eut pour élèves Mlles Bréval, Ackté, Grandjean, Hatto, Féart, Borgo, et MM. Affre, Vaguet, Salignac, Vieuille, Renaud, Rousselière, qui, toutes et tous, paraissent avoir bien profité de ses leçons. Après quelques années, il donna sa démission pour aller fonder à New York une école de chant, qu'il dirigea pendant quatre ans, revint ici pour prendre, à la mort d'Amand Chevé, la direction de l'École Galin-Paris-Chevé, puis retourna en Amérique, d'où nous arrive la nouvelle de sa mort. Giraudet avait publié un ouvrage très important sous ce titre : Mimique, physionomie et gestes, méthode pratique d'après le système de F. Delsarte pour servir à l'expression des sentiments (Paris, Quantin, 1895, in-f° illustré).

(le Ménestrel, 11 novembre 1911)

 

 

 

 

 

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