Rita GORR

 

Rita Gorr dans Tannhäuser (Vénus) à l'Opéra en 1957

 

 

Marguerite GEIRNAERT dite Rita GORR

 

mezzo-soprano belge

(Zelzate, Belgique, 18 février 1926 – Denia, Espagne, 22 janvier 2012)

 

 

Lauréate des concours de Verviers (1946) et Ostende (1948), elle débute en 1948 à l'Opéra flamand d'Anvers dans la Walkyrie (Fricka). De 1949 à 1952 elle est pensionnaire de l'Opéra de Strasbourg, où elle s'impose, et, à partir de 1952, chante en représentations à la Monnaie de Bruxelles, à l'Opéra-Comique, à l'Opéra de Paris, dont elle devint cette année-là le premier mezzo-soprano. Elle paraît à Bayreuth en 1958, au Covent Garden de Londres en 1959, à la Scala de Milan en 1960 et au Metropolitan de New York en 1962. Elle a réalisé une des carrières marquantes de son époque, en particulier dans les opéras de Verdi et de Wagner. Elle a repris l'Armide de Lully à Bordeaux, Padmâvatî de Roussel à Londres et créé Dialogues des Carmélites (Mère Marie) à Paris.

 

 

 

Rita Gorr dans Tannhäuser (Vénus) à l'Opéra en 1957

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 06 mars 1952 dans Werther (Charlotte).

 

Elle y chanta Pelléas et Mélisande (Geneviève) ; Orphée et Eurydice (Orphée, 04 novembre 1959).

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle y débuta le 31 octobre 1952 dans les Maîtres chanteurs de Nuremberg (Magdalaine).

 

Elle y chanta en 1952 : Samson et Dalila (Dalila) ; en 1953 : les Indes galantes (Bellone), Aïda (Amnéris), le Vaisseau fantôme (Marie), Thaïs (Albine), Boris Godounov (Hôtesse), Rigoletto (Madeleine) ; en 1954 : Othello (Emilia), Danses polovtsiennes (une Voix), Jeanne au bûcher (Sainte Catherine), Obéron (Puck) ; en 1956 : Tannhäuser (Vénus), la Walkyrie (Fricka) ; en 1957 : la Damnation de Faust (Marguerite), le Martyre de saint Sébastien (Gémeau) ; en 1958 : Tristan et Isolde (Brangaine), le Crépuscule des dieux (Waltraute, deuxième Norne), le Chevalier à la rose (Octave), Salomé (Hérodias) ; en 1959 : Lohengrin (Ortrude).

 

Elle a participé à la première à l'Opéra le 21 juin 1957 de Dialogues des Carmélites (Mère Marie) de Francis Poulenc ; le 01 juin 1962 de Médée (Médée) de Luigi Cherubini (montée spécialement pour elle).

 

Elle y a créé le 15 avril 1955 Numance (la Femme de Théogène) d'Henry Barraud.

 

 

 

 

 

 

 

 

Rita Gorr dans Tannhäuser (Vénus) à l'Opéra (revue l'Opéra de Paris, 1965)

 

 

 

Rita Gorr dans Tannhäuser (Vénus) à l'Opéra en juin 1963

"A côté de Hans Berer et de Régine Crespin, Rita Gorr incarnait Vénus et complétait ainsi, pour cette reprise de Tannhäuser, une distribution essentiellement internationale." (revue l'Opéra de Paris, 1967)

 

 

 

Nancy Tatum (Aïda, à gauche) et Rita Gorr (Amnéris) dans Aïda en juin 1965 à l'Opéra

 

 

 

Rita Gorr dans Médée (Médée) de Cherubini  (revue l'Opéra de Paris, 1960)

 

 

 

L'histoire de Médée à l'Opéra prêterait à rire si l'on y passait une bonne soirée. Envoyez-y votre pire ennemi ; il en mourra peut-être d'ennui. C'est l'œuvre type pour le musicologue en mal de commentaires. Mais pour le mélomane ou le fanatique de bel canto, mieux vaut s'abstenir. Pourquoi donc a-t-on remonté ce chef-d’œuvre, direz-vous ? Voilà pourquoi.

Une certaine Maria Callas, tragédienne géniale, un jour, exhuma Médée, y fit faire de larges coupures, et se tailla là un beau succès de monstre sacré. M. Julien, voulant faire une sensation (comme on dit), à l'Opéra de Paris, avec la Callas, lui proposa de monter Médée. Comme d'autres, ce beau projet ne put se réaliser ; les deux intéressés s'en rejettent d'ailleurs les responsabilités à la tête.

Là-dessus vint chanter Renata Tebaldi, dans Aïda. Rita Gorr tenait le rôle d'Amnéris, où elle remporta un succès personnel extraordinaire. La Tebaldi ne manqua pas d'ailleurs de le remarquer. On se dit alors : « Cette Rita si formidable, il faut lui donner un grand premier rôle. Elle ferait sûrement très bien Médée. »

On tergiversa ; on répéta (presque deux ans). Entre-temps, on eut des grèves, Rita n'était plus libre aux dates primitivement prévues. Elle se fâcha même avec l'un de ses directeurs artistiques, qui avait eu l'audace de l'avertir que le rôle n'était pas pour elle. Finalement, le soir de la première, une consternation s'empara du public et des invités. Rita criait ses aigus, beaucoup trop hauts pour elle ; la mise en scène, les décors ressemblaient à ceux que l'on trouvait déjà un peu vieillots, il y a cent ans. Les moins endormis avaient encore le courage de s'indigner. Les autres subissaient. A l'entracte, on remarqua des vides dans les fauteuils d'orchestre.

Le succès, quoi.

Et, dans ce naufrage, on ne revit jamais M. Georges Auric, qui n'y était pour rien, mais inaugurait, ce soir-là, ses fonctions, et ne voulait à aucun prix dire ce qu'il « en » pensait.

(Musica disques, août 1962)

 

 

 

 

 

Rita Gorr vers 1960

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arioso "Ah ! mon fils, sois béni !"

extrait de l'acte II du Prophète de Meyerbeer

Rita Gorr (Fidès) et Orchestre de l'Opéra dir Jean Laforge, enr. en avril/mai 1958

 

 

 

"Amour, viens aider ma faiblesse"

extrait de l'acte II de Samson et Dalila de Saint-Saëns

Rita Gorr (Dalila) et Orchestre de l'Opéra dir André Cluytens, enr. en 1959

 

 

Voir également les enregistrements de Hérodiade (version anthologique) et de Werther (acte III : les Lettres, les Larmes)

 

 

 

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