Angèle GRIL

 

Angèle Gril dans Madame Favart (Madame Favart) au Théâtre Apollo en octobre 1911

 

Angèle Blandine Marie Jeanne dite Angèle GRIL

 

soprano français

(Badaroux, Lozère, 01 juillet 1883* – Paris 17e, 10 octobre 1921*)

 

Fille d'Odilon GRIL (1849 – av. 1920), conducteur des ponts et chaussées, et de Caroline PEYTAVIN (1853 – ap. 1921).

Sœur de Céleste GRIL, soprano.

Epouse 1. à Paris 9e le 09 juin 1904 (divorce le 12 janvier 1911) Eugène André Maurice CHARLOT.

Epouse 2. à Paris 17e le 19 octobre 1920* Fernand HERRMANN (Paris 17e, 21 février 1886* – avril 1925), acteur français de cinéma muet [épouse 1. à Paris 1er le 26 février 1908 (divorce le 16 avril 1920) Blanche Rose Marie Marthe BARRETTA], fils de Léon HERRMANN (1855 –), peintre, et de Mathilde SCHMOLL (1860 –).

 

 

Cette charmante divette fit une carrière parisienne dans l'opérette : création de l'Oncle d'Amérique de Marius Baggers, au Théâtre du Châtelet le 20 novembre 1903 ; création du Postiche de Léo Pouget, au Théâtre des Capucines le 24 février 1908 ; création de Rhodope (Nausicaa) de Ganne, à Monte-Carlo en 1910 ; Madame Favart (Madame Favart) d'Offenbach, à l'Apollo le 18 octobre 1911 ; création des Petites étoiles (Florette) d'Hirschmann, à l'Apollo le 23 décembre 1911 ; première en français du Comte de Luxembourg (Juliette) de Lehar, à l'Apollo le 13 mars 1912 ; création de la Reine s'amuse de Cuvillier, aux Variétés de Marseille le 31 décembre 1912, puis aux Célestins de Lyon le 20 janvier 1913 et à l'Olympia, à Paris, le 06 février 1913 ; création des Arcadiens de Monckton et Talbot, à l'Olympia le 03 avril 1913 ; puis, au théâtre de la Gaîté-Lyrique : les Cloches de Corneville (Serpolette) de Planquette, en juin 1913 ; les Vingt-huit jours de Clairette (Clairette) de Roger, en 1913 ; Mam'zelle Nitouche (Denise) d'Hervé, le 02 septembre 1913 ; Rip (Kate) de Planquette, le 01 octobre 1913 ; les Saltimbanques (Marion) de Ganne, en novembre 1913 ; création des Contes de Perrault (Cendrillon) de Fourdrain, le 27 décembre 1913 ; le Grand Mogol (Irma) d'Audran, en 1914 ; reprises des Cloches de Corneville (Serpolette), de Mam'zelle Nitouche (Denise) et des Vingt-huit jours de Clairette (Clairette), en 1914 ; reprise des Saltimbanques (Marion) et du Grand Mogol (Irma), en 1915 ; les Mousquetaires au couvent (Louise) de Varney, en 1915 ; la Mascotte d'Audran, en 1915 ; reprise des Vingt-huit jours de Clairette (Clairette), le 04 septembre 1920. Elle créa encore Un mari sans sa femme de Terrasse, à l'Alhambra le 1er novembre 1920.

Lors de son second mariage, elle était domiciliée avec Fernand Herrmann 29 rue des Batignolles à Paris 17e, où elle est décédée.

 

 

 

 

Angèle Gril dans l'Oncle d'Amérique en novembre 1903

 

 

 

A l'Olympia. la Reine s'amuse. Mlle Angèle Gril, blonde petite reine à la voix délicieuse, charme et enchante le public et son partenaire, M. Maxime Capoul, élégant amoureux exquis chanteur.

(Pan, revue libre, janvier-février 1913)

 

Théâtre de la Gaîté. Mam'zelle Nitouche continue sa brillante carrière et les dernières représentations qu'on en donnera à la Gaîté seront triomphales pour Angèle Gril, si heureusement diversifiée dans le rôle complexe de Denise. L'œuvre exhilarante d'Hervé ne sera plus donnée que jusqu'à dimanche soir inclus. Et Rip succèdera bientôt à Mam'zelle Nitouche.

(l'Aurore, 24 septembre 1913)

 

Tribunaux. Plus de rôle indécent. – Aux termes de conventions intervenues, il y a un an environ, Mlle Angèle Gril était engagée à la Cigale, aux appointements de 3.000 francs par mois. Mais, si lucratif que fût ce contrat, l'artiste refusa de l'exécuter, parce qu'elle trouvait trop indécent le rôle qu'on lui distribuait dans la revue. Aussitôt, le directeur assigna Mlle Angèle Gril en paiement d'une somme de 6.000 francs, montant de son dédit.

Appelée à vider le différend, la cinquième chambre, sous la présidence de M. Dreyfus, a statué en ces termes :

« ...Attendu qu'il suffit de lire le scénario de ce rôle et plus spécialement les paroles et couplets que la demoiselle Angèle Gril a relevés dans sa protestation pour en constater le caractère nettement obscène : que cette obscénité devait évidemment s'accentuer encore par l'attitude exigée de l'actrice et le déshabillé de son costume ; qu'à une époque où toute censure préventive a été abolie dans les théâtres et où l'immoralité s'étale sur certaines scènes sans autre frein que celui que peut y apporter l'exercice de l'action publique, il n'est pas mauvais de voir les interprètes eux-mêmes devancer en quelque sorte cette action en se refusant à jouer certains rôles qui blessent leur pudeur. »

Le jugement résilie le contrat de Mlle Angèle Gril aux torts et griefs du directeur, qui est sans droit pour réclamer à son ex-pensionnaire la clause pénale de son dédit.

(l'Aurore, 20 juin 1914)

 

 

 

 

 

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