Adèle GUICHARD

 

 

 

 

Adèle Louise GUICHARD dite Adèle GUICHARD

 

soprano français

(Paris 1er, 02 août 1816 – Paris 9e, 04 mai 1878*)

 

Fille de Prosper Auguste GUICHARD et de Marie Adélaïde TERNAY.

De sa liaison avec Claude Emile FLEURY (1812 – av. 1865), artiste, est née Marie Emélie FLEURY (Romainville, Seine [auj. Seine-Saint-Denis], 22 juin 1840* –) [épouse à Paris 9e le 07 novembre 1865* Charles SCHMALZ (Paris 4e, 30 avril 1843 –), négociant].

 

 

Au Conservatoire de Paris, elle obtint en 1836 un second prix d’opéra-comique, en 1837 un second prix de chant, et en 1838 les premiers prix de chant et d’opéra-comique. Elle fut engagée la même année à l’Opéra-Comique. Puis elle débuta à la Monnaie de Bruxelles le 04 septembre 1840 en tant que forte seconde chanteuse dans le Postillon de Lonjumeau (Madeleine). Le 09 juillet 1841, elle y participa à la première de la Fille du régiment (Marie) de Gaetano Donizetti, et le 15 avril 1846 à celle des Mousquetaires de la Reine (Berthe de Simiane) de Fromental Halévy. En juin 1851, elle fut engagée au Théâtre-Lyrique. En septembre 1853, elle retourna à l’Opéra-Comique, puis elle se produisit jusqu’à la fin des années 1850 sur les scènes des théâtres de province, de Belgique (1855) et de Londres. Elle avait également chanté aux Concerts du Conservatoire (sociétaire du 13 novembre 1839 à novembre 1840).

En 1865, elle était commerçante et habitait 15 passage Saulnier [auj. rue Saulnier] à Paris 9e. Elle est décédée, célibataire, en son domicile 7 rue Mayran à Paris 9e.

 

Elle ne doit pas être confondue avec Céline MATHIEU, soprano, qui a débuté au Grand Théâtre de Lyon le 10 septembre 1855 dans les Mousquetaires de la Reine (Athénaïs de Solanges), et qui a chanté sous le nom de Mlle GUICHARD.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y a débuté en juillet 1838 dans le Concert à la cour (Adèle) et la Fiancée (Henriette).

 

 

Sa carrière au Théâtre-Lyrique

 

Elle débuta au Théâtre-Lyrique (alors Opéra-National), boulevard du Temple, en 1851.

 

Elle y créa le 22 novembre 1851 la Perle du Brésil (la comtesse de Cavallos) de Félicien David ; le 02 octobre 1852 Flore et Zéphire (Mariette) d’Eugène Gautier.

 

Elle y participa à la première le 28 septembre 1851 du Maître de chapelle (Gertrude) de Ferdinand Paer ; le 17 octobre 1851 des Rendez-vous bourgeois (Julie) de Niccolo Isouard ; le 11 mars 1852 de Joanita (Valérie) de Gilbert-Louis Duprez ; le 03 novembre 1852 du Postillon de Lonjumeau (Madeleine) d’Adolphe Adam.

 

 

 

 

 

Mlle Guichard vient de débuter avec beaucoup d’éclat à l’Opéra-Comique, dans le rôle d’Adèle du Concert à la cour et celui d’Henriette dans la Fiancée. Cette jeune artiste a pleinement répondu aux espérances que le public avait conçues de son talent. Une vocalisation nette et limpide, une prononciation pleine de charme, une physionomie expressive, une grâce parfaite, voilà les qualités qui distinguent la débutante ; nous pensons que l’administration de l’Opéra-Comique a des projets sérieux sur Mlle Guichard. Ce théâtre ne saurait faire une meilleure acquisition.

(le Ménestrel, 15 juillet 1838)

 

 

Son père, possesseur d’une belle fortune, avait rêvé pour sa fille une position sociale exempte de travail ainsi que de soucis. Dès ses jeunes années, on l'entoura des soins minutieux, que la richesse peut seule procurer ; encore enfant, on confia son éducation à une institution dont le pensionnat aristocratique ne comptait que de nobles élèves. Ce fut au milieu de ce joyeux essaim que la fortune vint choisir Mlle Guichard pour l'accabler de ses revers les plus terribles. En un instant, la médiocrité succéda à l'opulence, la modeste pension du Marais reçut l'exilée de la Chaussée d'Antin. L'éducation, commencée sous de brillants auspices, subit aussi de prudentes modifications, et les sciences utiles remplirent seules les loisirs de l'élève.

La musique était de tous les arts d'agréments celui que préférait Mlle Guichard ; elle s'y livra donc avec ardeur, et les encouragements qu'elle reçut d'artistes célèbres achevèrent de déterminer sa vocation. Pressée par les conseils de M. Berton, l'illustre auteur d'Aline et de Montano, Mme Guichard mère se décida à placer sa fille au Conservatoire de musique. La jeune pensionnaire fut bientôt remarquée par l'excellent professeur Banderali qui obtint de la prendre dans sa classe, et n'eut qu'à se louer de son choix, car au bout de quatre années, son élève favorite avait remporté les premiers et seconds prix de chant et de déclamation.

Au sortir du Conservatoire, Mlle Guichard, parut sur le théâtre de l'Opéra-Comique ; pendant deux années elle s'y essaya dans les rôles créés avec tant de supériorité par Mme Colon-Leplus, et chacune de ces tentatives fournit à la débutante l'occasion de développer les heureuses qualités que l'on apprécie maintenant.

Engagée à Bruxelles, en septembre 1840, Mlle Guichard débuta sur notre théâtre dans le Postillon de Lonjumeau (le 4 septembre), dans la Juive, rôle d'Eudoxie (11 septembre), et dans Fra Diavolo, rôle de Zerline (5 octobre).

Le rôle de Madeleine dans la première de ces trois pièces, révéla dans la débutante un gracieux talent de comédienne, peu commun chez les artistes lyriques, et son chant décela une école irréprochable. Plus tard, dans un genre plus élevé, elle prouva que les grandes compositions des Rossini, des Meyerbeer, des Halévy, des Donizetti, pourraient aussi trouver en elle une habile interprète. Elle se fit applaudir notamment dans le rôle du page des Huguenots, et y déploya une voix fraiche, bien timbrée, d'une parfaite sûreté d'intonations, à laquelle se joint une excellente méthode.

(Annuaire dramatique, Bruxelles, 1842)

 

 

[création de Flore et Zéphire]

Dès la première soirée, ces couplets : Il pleut toujours sur mes amours, ont fait les délices du public : il faut dire aussi que le motif est très gentiment encadré avec l’air populaire : Il pleut, bergère. Chaque soir, Mme Guichard est étourdie de bravos, et se voit forcée de recommencer son couplet. […] Mme Guichard, comédienne spirituelle, chanteuse agréable, artiste aimée, est tout simplement une des perles du Théâtre-Lyrique, et si M. Jules Séveste n’y prend garde, M. Perrin la lui enlèvera un beau soir.

(le Ménestrel, 10 octobre 1852)

 

 

 

 

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