Giovanni INCHINDI

 

 

 

Jean-François HENNEKINDT [les actes de ses enfants sont orthographiés Hinnekindt] dit Giovanni INCHINDI

 

basse belge

(Bruges, Belgique, 04 mars 1798 Bruxelles, Belgique, 23 août 1876)

 

Fils d'Eugenius HINNEKINDT (Izegem, Flandre-Occidentale, Belgique, 10 février 1770 – Bruges, 09 octobre 1822), cocher, et d'Anna Teresia VAN OVERSCHELDE (Roulers, Flandre-Occidentale, Belgique, 24 janvier 1768 – Bruxelles, 07 mai 1833), servante, mariés à Bruges le 22 février 1812.

Epouse Teresa NADAL (– av. 1870) ; parents d'Eugène Joseph Jean HINNEKINDT (Barcelone, Espagne, 1829 – Paris 8e, 25 janvier 1870*), négociant [épouse Rosa DUCLOS (1834 – ap. 1870)], et d'Henry Joseph HINNEKINDT (Barcelone, Espagne, 1831 – Paris 8e, 03 mars 1894*), consul de Belgique [épouse Virginie DUCLOS (1834 – ap. 1894)].

 

 

Après avoir étudié la musique dans sa ville natale, il s'essaya sur le théâtre d'Anvers dans la Vestale (Cinna), puis il se rendit à Paris et fut admis au Conservatoire, à cause de sa belle voix, en juin 1822. Il y reçut les leçons de Plantade, et Baptiste aîné, du Théâtre-Français, fut son maître de déclamation. Il y obtint un 2e prix de chant en 1822. Le 20 mars 1823 il débuta sous son patronyme à l'Opéra dans la Caravane du Caire ; mais il ne sortit du Conservatoire que dans l'année suivante. Après être resté quelque temps à l'Opéra sans y obtenir les succès auxquels il aspirait, il se rendit en Italie, et s'y livra à de nouvelles études de chant. C'est pendant son séjour dans ce pays qu'il adopta le pseudonyme d'Inchindi (prononcez In'kin'di). En 1828, il fait encore partie des effectifs de l'Opéra, en tant que basse-taille, et c'est dans cette tessiture qu'il chante cette année-là aux Concerts du Conservatoire. En 1829, il chantait à Parme. De retour à Paris, il fut engagé au Théâtre-Italien et y fit ses débuts le 01 octobre 1829 dans Semiramide (Assur). Après avoir chanté les ténors, il prenait donc l'emploi des barytons, et devenait le partenaire heureux de ces grands artistes, qui s'appelaient Graziani, Donzelli, Santini, Bordogni, la Sontag et la Malibran. Il se fit applaudir à ce théâtre dans les rôles de baryton des ouvrages de Rossini, particulièrement dans Matilde de Shabran. Il retourna ensuite en Italie, et chanta à Bologne, en 1834 ; mais, bientôt rappelé à Paris, il fut engagé au théâtre de l'Opéra-Comique. Il devait y débuter dans la version française du Barbier de Séville (Figaro) ; les répétitions eurent lieu mais l'ouvrage fut interdit par la Société des Auteurs. Il y débuta finalement à ce théâtre, alors place de la Bourse, en créant le Chalet, dont le rôle de Max fut écrit pour lui par Adolphe Adam ; puis il créa le Cheval de bronze d'Auber, avec beaucoup de succès. Cependant, par des causes inconnues, il ne resta pas longtemps à ce théâtre. Pendant quelque temps il voyagea dans les départements de la France pour y donner des représentations, puis il retourna en Italie. Il chantait à Florence en 1838. En 1841, il retourne à l'Opéra de Paris. Du 16 octobre au 29 novembre 1843, il donne une série de représentations à la Monnaie de Bruxelles, en tant que première basse-chantante : Guillaume Tell, Robert le Diable, le Chalet. On le retrouve à Madrid en 1845. Depuis lors, il a disparu de la scène.

Inchindi était doué d'une voix puissante et souple, et son talent de chanteur était remarquable, mais c'était un médiocre comédien. C'est pendant un court passage qu'il faisait à Bruxelles qu'il fut saisi par la maladie, et qu'il mourut dans un modeste hôtel de la rue des Longs-Chariots. Il laissait un fils, consul de Belgique à Singapour.

En 1827, il habitait 21 rue d'Argenteuil à Paris 1er ; en 1839, 3 rue Neuve-Saint-Augustin à Paris 2e.

 

=> la vie et la carrière d'Inchindi par Benno Hinnekint (2016)

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il y a débuté le 10 mars 1823 dans la Caravane du Caire (le Pacha) d'André Grétry.

 

Il y a chanté en 1841 la Juive (Cardinal de Brogni) de Fromental Halévy.

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y a débuté le 25 septembre 1834 en créant le Chalet (Max) d'Adolphe Adam.

 

Il y a créé également le 23 mars 1835 le Cheval de bronze (Tchin-Kao) d'Esprit Auber ; le 06 août 1835 les Deux reines (Georges Koller) d'Hippolyte Monpou ; le 23 janvier 1836 Actéon (le Prince Aldobrandi) d'Esprit Auber.

 

 

 

Giovanni Inchindi dans le Cheval de bronze (Tchin-Kao), gravure de Louis Maleuvre (1835)

 

 

 

Le procès entre Inchindi et le théâtre de l'Opéra-Comique a été plaidé mardi dernier. Le jugement a été remis à quinzaine.

(l'Agent dramatique, 04 juin 1835)

 

Inchindi, qui soutenait un procès avec le directeur de l'Opéra-Comique, a été renvoyé de sa plainte, et seulement condamné aux dépens. Mieux vaut cela que de payer 108.000 fr.

(l'Agent dramatique, 28 juin 1835)

 

A Bruxelles est mort, le 23 août dernier, Jean-François Hennekindt, ancien artiste lyrique, plus particulièrement connu sous le nom italianisé d'Inchindi.

L'organe de ce chanteur avait une élasticité singulière : ce fut d'abord une voix de ténor, qui, se développant ensuite dans le grave, permit à l'artiste d'aborder les rôles de basse-taille ; il devint enfin un très beau baryton, étoffé, sympathique surtout dans le registre inférieur.

Inchindi voyagea beaucoup. Lauréat du Conservatoire de Paris, il appartint à l'Opéra de 1823 à 1825, comme basse-taille et doublure de Dérivis ; il se rendit ensuite en Italie, où il parut sur diverses scènes, puis il revint à Paris, fut engagé au Théâtre-Italien et s'y fit applaudir dans les rôles de baryton des opéras de Rossini.

(la Presse, 03 octobre 1876)

 

 

 

 

 

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