Marcel JAMBON

 

 

 

Marcel JAMBON

 

peintre décorateur français

(Barbezieux-Saint-Hilaire, Charente, 19 octobre 1848* – Paris 19e, 30 septembre 1908*)

 

Fils de Marcel JAMBON (– entre 1870 et 1875), gendarme, et de Suzanne Victoire LAMOTHE (– ap. 1875).

Epouse à Paris 3e le 06 mars 1875* Louise Marie SILVESTRE (Nantes, Loire-Atlantique, 13 janvier 1856* – ap. 1908) ; parents de Louise Suzanne JAMBON (Paris 3e, 02 juillet 1876* – Chalo-Saint-Mars, Seine-et-Oise [auj. Essonne], 08 août 1955) [épouse à Paris 19e le 29 mai 1894* Alexandre BAILLY, décorateur].

 

 

Elève du peintre décorateur Rubé, il est ensuite devenu son associé. A la mort de son maître (1899), il fonda un nouvel atelier 73 rue Secrétan [auj. avenue Secrétan] à Paris 19e, s'associant avec son gendre, Alexandre Bailly, qui devait un jour lui succéder. Jambon fut l’un des maîtres du décor de son époque. Ses travaux furent nombreux et remarqués à l’Exposition universelle de 1889 (Galerie des machines, Histoire de l’habitation, etc.). On lui doit, au théâtre, les décors de la Walkyrie, de Tannhäuser, de la Maladetta, de l’Attaque du moulin, de Falstaff, etc. Ayant été chargé en 1896 d'organiser le magasin de décors de l'Opéra boulevard Berthier, il obtint qu'une voie de tramway fût raccordée audit magasin, ce qui permit le transport des décors par voie ferrée. Les ressources de son ingénieux talent ont été largement mises à contribution à l'Exposition universelle de 1900 (Paris), où il a exécuté dans les palais des Beaux-Arts, des Armées de terre et de mer, du Génie civil, de la Mécanique, etc., des milliers de frises décoratives. La Compagnie des wagons-lits lui demanda aussi le Panorama du chemin de fer transsibérien, et le Syndicat des vins les Chars du champagne, de l'Allemagne et des vins étrangers. Il a encore exécuté un grand nombre de décors pour l'Opéra : Armide, la Statue, l'Enlèvement au sérail, Tristan et Isolde ; l'Opéra-Comique : la Carmélite, l'Enfant roi, les Pêcheurs de Saint-Jean ; la Comédie-Française : Gertrude, les Phéniciennes, Don Quichotte ; l'Odéon, les théâtres Sarah-Bernhardt, de l'Ambigu, du Châtelet, les arènes de Béziers, pour Prométhée, Parysatis, Armide, les Hérétiques, etc. Ces travaux théâtraux se résument, depuis janvier 1900 jusqu'à juillet 1906, par 482 décors représentant 165.000 mètres carrés de peinture. On lui doit encore la décoration du café et du buffet de la gare P.-L.-M., de la salle des fêtes de la préfecture, à Nancy, des panoramas pour les expositions internationales. Il a aussi restauré les peintures de la Malmaison.

En 1876, il habitait 15 rue Réaumur à Paris 3e ; en 1894, 39 rue Manin à Paris 19e, où il est décédé.

 

 

 

 

Le Peintre Décorateur Jambon

 

 

                   

 

Le perspecteur trace les perspectives                                                                                        Vue de l'atelier dans son ensemble

 

Son atelier

 

C’est au public qui aime le théâtre que s'adressent les quelques lignes qui vont suivre, par lesquelles je m'efforcerai de retracer toutes les difficultés que comporte l'art du décor, cet art si développé à notre époque, non seulement par les effets d'éclairage variés mis en œuvre, mais aussi par l'habileté que déploient les peintres décorateurs pour localiser l'action théâtrale dans le milieu qui lui convient.

Les spectateurs qui, plongés dans l'obscurité de la salle, anxieux d'émotion, entendent tout à coup la sonnerie électrique et les trois coups du régisseur et voient soudain s'éclairer devant leurs yeux un printemps verdoyant, s'assombrir un ciel d'orage sur un donjon crénelé, se dresser sur l'azur d'un ciel les colonnes d'un temple dorique, ou s'élargir l'antre d'une sorcière dans des roches fracassées, ou blanchir sous la neige un village endormi, reçoivent d'abord l'émotion du décor, émotion intense qui prépare à l'action, y convie en quelque sorte et rend apte l'auditoire à saisir les péripéties du drame ; car, en réalité, le décor incorpore l'action à la salle qui écoute, il la prolonge jusqu'aux auditeurs qui se trouvent situés, par ce fait même, à l'endroit où la scène se passe et qui la vivent doublement, ayant la vision unie à la pensée il en résulte l'unité de la sensation.

Surtout à l'Opéra et à l'Opéra-Comique où les paroles échappent souvent à l'oreille, le sens se trouve plus encore intimement lié au décor dont la musique vient agrandir l’effet et multiplier la sensation.

Qui n'a remarqué, par exemple, l'éblouissement et le charme que donne le décor du Printemps soudainement apparu dans le premier acte de la Walkyrie à cette mélodie enchanteresse : « Plus d'hiver, déjà le printemps commence, etc. » Il condense même l'attention sur le changement de modulation et le rend doublement harmonieux par la connexité des deux effets.

Or, c'est à ce qu'exige d'imagination un décor largement brossé qu'il faut d'abord s'arrêter.

En quête de vérité, plus qu'aucun autre artiste, puisqu'il doit toujours donner l'illusion de la réalité, le décorateur doit être doué d'une pénétration d'idée rapide, d'une assimilation des milieux exacte ; il doit comprendre très vite les idées des auteurs, fussent-elles rapidement exprimées, il doit voir ce qu'un autre pense et le voir pareil à lui : là surgit la première difficulté.

Le jour où un auteur a fini sa pièce, il l'a vécue, elle est créée, elle existe pour lui dans un décor qu'il s'est plu à forger plus ou moins vraisemblable et facile à exécuter et lorsqu'il va trouver le décorateur qui ne connaît absolument rien de sa pièce, et qui, peut-être une minute auparavant, brossait un château moyen âge pour encadrer une scène de la féodalité, il s'adresse d'abord courtois au décorateur et lui dit, je suppose : « Monsieur, voilà ma pièce ; elle se passe en Egypte, au temps de Toutmès, il y a une scène dans le temple d'Hator à Memphis, il faut qu'on voie les pylones à droite, que le Nil apparaisse à gauche, la chaîne Lybique dans le lointain, qu'un kilomètre au moins sépare le temple du fleuve, la scène a lieu au soleil couchant, j'ai un ballet qui évolue du fond vers l'entrée, etc., etc..., dessinez-moi cela. » Le décorateur répond : « Mais certainement, mais... » L'auteur ne se dit pas : est-ce possible de faire tenir dans le cadre du décor ce que j'exige ! Et si, à l'ahurissement du décorateur, l'auteur juge que son partenaire ne comprend pas, il se fâche quelquefois sans se rendre compte qu'il lui a fallu trois mois, six mois pour construire sa pièce après l'avoir choisie et pensée, tandis que le décorateur en est informé pour la première fois de sa vie.

Il faut donc que le décorateur soit un peu visionnaire, qu'il connaisse très bien l'adaptation des milieux aux époques et aux pays, qu'il sache un peu d'archéologie et se rende compte de l'aspect général des contrées historiques, il faut qu'il lise ou voyage beaucoup, et quand la scène ne se passe pas en Egypte ou en Chine, mais à Bordighera par exemple, qu'il n'hésite pas à prendre le train pour aller faire une étude sur les lieux même et rentrer quarante-huit heures après muni de quelques pochades. Voilà pourquoi certains décors ont souvent tant de couleur locale : c'est parce qu'ils ont été ébauchés sur le vif et reproduits après.

 

 

 

les élèves

 

 

Parmi les décorateurs qui ont perfectionné, rénové le décor, un des premiers fut le peintre décorateur Jambon. Fils d'un ancien gendarme et d'une mère qui confectionnait des coiffures de théâtre, Jambon connut très jeune la misère avant d'être le brillant décorateur qu'il est devenu.

A l’âge de onze ans et demi il fut engagé comme garçon de peine chez Rubé et Chaperon et gagnait un franc par jour. Là, son goût pour le dessin se développa, il fut élève pendant cinq ou six ans. Quand la guerre éclata, il s'engagea parmi les mobiles, il avait alors vingt ans. Son père lui signifia qu'il ne voulait le revoir qu'avec la médaille militaire ; le jeune homme avait le droit de devenir artiste, mais avant tout il fallait qu'il soit brave, ainsi l'exigeait l'amitié paternelle.

Jambon se le tint pour dit ; il passa les nuits dans les embuscades, sa modestie se refusa à raconter toutes ces choses que je tiens d'un de ses amis, mais sa boutonnière est ornée de l'insigne des braves (qu'il semble porter fièrement à côté de la rosette de la Légion d'Honneur). Après la guerre, il se présenta devant son père qui, joyeux, l'accueillit et mourut peu de jours après.

Il retourna chez Rubé et Chaperon et devint par la suite le chef de l'atelier jusqu'au jour où les fils succédèrent à leur père ; alors Jambon se retira et s'installa chez lui.

A la Villette, au bout de la rue Secrétan, adossé aux Buttes-Chaumont, un atelier de 100 mètres de long, sur 20 mètres de large, auquel on accède par une allée étroite entourée de palissades, donne en entrant l'illusion d'un grand préau aux murs blanchis à la chaux. Des chants confus et gais en augmentent l'impression scolaire ; mais après avoir fait quelques pas à l’entrée, on trouve le maître décorateur Jambon, son gendre Bailly entourés d'une trentaine d'élèves, tous ayant une tâche différente, occupés à mettre en place, à ébaucher ou à finir les décors.

 

Comment on brosse un décor

 

Brosser un décor n'est pas chose si simple que cela puisse paraître au premier abord, c'est à la fois un travail de construction, de perspective, de dessin et de couleur. Le relief qu'il exige et la distance qu'il déploie mettent en œuvre les lois de la perspective en élévation de plan et la couleur en valeur d'effet. Il faut donc le concours de plusieurs métiers : constructeurs perspecteurs, dessinateurs et peintres, sans compter les mains intermédiaires qui mettent au point et contribuent à la fabrication du décor.

Quand le décorateur a dessiné le décor d'après les idées que lui a données l'auteur, il construit la maquette, c'est-à-dire la réduction exacte de ce que devra être le décor ; pour cela, il prend des petits morceaux de carton mince qu'il dessine, peint et découpe à l'échelle de 3 centimètres par mètre.

L'Opéra est le seul théâtre qui garde toutes ses maquettes, que le public peut étudier à la bibliothèque de l'Opéra, il peut ainsi se rendre compte de quelle façon se fait d'abord le décor en miniature.

 

 

 

le Maître décorateur Jambon

 

 

Quand la maquette est terminée, on la soumet à l'auteur qui l'accepte généralement.

On reprend alors les mesures plan par plan, on reprend la perspective en détail, on en refait un double que l'on donne au machiniste, qui est constructeur et bâtit les châssis et les entoile à la mesure du théâtre et les essaie sur place avant de les renvoyer au décorateur. Une fois ce travail préliminaire entièrement fait, les châssis entoilés reviennent à l'atelier du décorateur. On les étale par terre et on les passe à l’impression, c'est-à-dire qu'on les prépare au blanc de Meudon avec de la colle ; cela donne un ton blanc à la toile qui était grise et lui prête une certaine consistance et la peinture y adhère facilement.

Après avoir placé les châssis dans le rang qu'ils doivent occuper, c'est-à-dire comme ils doivent être placés, on retrace à nouveau la perspective. Si deux côtés reproduisent le même dessin, on procède alors différemment : on trace sur du papier bulle le dessin, travail très serré et minutieux qui, une fois terminé, est passé dans la main des élèves pour le piquage. Ce piquage consiste à piquer avec de longues épingles chaque trait d'encre du dessin, le papier bulle se trouve alors perforé, travail qui dure quelquefois trois ou quatre jours selon l'importance du détail ; on l'applique ensuite sur le châssis opposé. Une dizaine d'élèves prennent de la ponce et la passent sur le tracé des trous pour que la ponce passe au travers et les dessine sur la toile qui est blanche. Ce pointillage qui forme décalque est encore repassé à l'encre.

On ébauche ensuite selon le ton d'abord à grand effet, ensuite on brode les détails avec de petites brosses destinées à cet usage, même on se sert de pinceaux pour fignoler.

Pour tout ce travail qui n’est ici qu'esquissé, depuis l'exécution de la maquette jusqu'à ce que le décor soit entièrement terminé, il faut compter quatre ou cinq mois.

Il y a souvent, tel que dans les paysages, des découpages de feuillage ; il faut encore dessiner en rouge les parties à découper et afin que les feuillages ne soient pas flottants et ne se déchirent pas, une autre opération est encore nécessaire : celle de coller derrière un filet invisible pour tenir reliées les parties découpées.

Une fois le décor livré au théâtre, le décorateur revoit son œuvre toute montée et très souvent redonne encore quelques coups de brosse pour augmenter ici un effet, ailleurs pour le diminuer (1).

 

(1) Ce qui caractérise les décors de Jambon et Bailly, c'est la recherche du détail s'harmonisant dans l'ensemble de la composition, c'est l'exactitude du document s'alliant avec la vérité du texte, c'est, en un mot, la vision directe du pays et de l'époque. D'autres décorateurs visent plus à captiver le regard par l'effet provocant, par la violence ou par l'opposition d'une des parties ; Jambon, au contraire, cherche la simplicité, l'harmonie, sans truchement par la reconstitution simple de l’effet.

 

***

 

Seuls les décorateurs ont conservé les traditions des peintres du XVIe et du XVIIe siècles comme Véronèse, Titien, etc., ils font travailler leurs élèves avec eux, leur apprennent le métier et vivent dans une atmosphère de gaieté et de sympathie. Le patron, comme ils appellent le maître, est aimé et vénéré de tous.

Quelquefois, l'atelier Jambon reçoit d'illustres travailleurs comme Detaille, Clairin, Picard, etc., qui viennent ébaucher un plafond de commande, trouvant leur atelier trop petit ou mal éclairé. Quelquefois aussi des sculpteurs y font reproduire par les élèves de Jambon les monuments qu'ils doivent exécuter en grand. Ainsi, le monument de Waldeck-Rousseau fut peint sur toile et mis sur châssis et donna au sculpteur l'impression de son œuvre.

 

 

 

le premier dessin - mise en place

 

 

Si l'atelier n'a ni fauteuils, ni divans, ni tentures d'apparat, ni tapis orientaux, ni rien des mille bibelots qui constituent l’ameublement de l'atelier d'un peintre, en revanche, son seul ornement n'est pas dépourvu d'intérêt : de nombreuses caricatures courent en frise autour des murs dont elles rompent spirituellement la grise monotonie. Ce sont les portraits des peintres qui viennent travailler par hasard, dont les élèves malicieux n'ont pas oublié la gravité ou l'enjouement, et, la veille de leur départ, ils voient leur effigie silhouettée avec humour. L'un d'eux est assis en train de peindre avec une assiduité cocasse et connue son nez a quelque tendance à la Cyrano, cet appendice a pris des proportions enjolivées et grotesques. Un autre, dont le plafond qu'il peignait s'illustrait d'amours, se retrouve jovialement assis, environné de petits enfants dans toutes les attitudes les plus fantastiquement folles. C'est un élève qui a obtenu les palmes académiques dont on a fêté la décoration en la lui offrant gigantesque ; c'est un autre qui est devenu père de famille a qui l'on prédit l'extension de sa progéniture ; c'est une fête qu'on souhaite, c'est mille détails de la vie de l'atelier transposés, écrits comme l'histoire de l'atelier même sur les murs. Les jours de fête, cette frise mobile, qui n'est autre que des bannières, se déplace, se monte sur des hampes de bois et voila l'atelier qui fait exode dans La Villette, avec des lanternes vénitiennes en chantant des refrains d'atelier : et tout cela c'est la joie, la vie et le travail.

 

***

 

Le décorateur n'est pas seulement celui qui fait les décors de théâtre, il est encore l'artiste qui complète l'illusion dans les expositions et dans les fêtes d'un jour.

Lorsqu'en 1889 la rue du Caire fut construite, on s'aperçut un peu tard que d'oriental, elle n’avait que le titre. M. Delort, de concert avec les peintres, s'émurent du manque de pittoresque et de l'aspect neuf de ses maisons, et l'un de s'écrier : « Un seul peut nous tirer de là, c'est Jambon ! » Mais comment décorer ces murs, leur donner un aspect usé, une physionomie égyptienne, il n'y a plus que quarante-huit heures avant l'ouverture de l'Exposition. Et cette rue sur laquelle on avait fondé l'espérance qu'elle serait le clou de l'Exposition ! « Consolez-vous, dit Jambon accouru en hâte avec des seaux de poudre d'ocre, d'outremer, de sienne, de laque et de vermillon. — Vous n'aurez pas le temps ! — De l'eau et des pompes ! », réclame-t-il ; et le voilà déguisé en pompier lançant de haut en bas des maisons des jets d'eau devenus soudain verts, rouges, bleus, jaunes. Au lieu d'éteindre, il allumait... les feux de l'Orient provisoires et factices ; mais le tour était joué et le caractère de la rue du Caire était improvisé par cet aimable décorateur.

 

 

 

le pointillage ou piquage

 

 

Souvent une exposition s'ouvre avant que les travaux ne soient terminés : les frises, les chapiteaux manquent. On va chercher Jambon, il sauve la situation ; aidé d'un élève et de ses brosses, un chapiteau est enlevé sur toile et donne à l'œil l'aspect voulu.

Autrefois, les décorateurs lisaient mais ne voyageaient pas ; maintenant, ils font le tour du monde : Jambon et Bailly ont visité l’Inde, la Chine, le Japon, l'Égypte, la Turquie, la Grèce, l'Espagne, l'Italie.

Quand Vincent d'Indy demanda la digue de Biarritz pour « l'Etranger », Jambon prit le train et partit faire une pochade sur les lieux et revint avec l'effet de mer verte qui fit dire à tous ceux qui connaissent Biarritz : c'est absolument cela.

Aidé dans sa tâche d'une façon particulièrement intelligente par son gendre Bailly, Jambon fit de l'art du décor un art souverainement appréciable au point de vue théâtral : il a su donner la véritable couleur locale, documenté non seulement par la lecture, mais par le voyage. Les décors portent sa signature par leur facture, leur vérité, leur éclairage, comme un tableau porte la signature de celui qui l'a fait par la façon dont il est exécuté. L'Opéra, l'Opéra-Comique, la Comédie-Française, l'Odéon, tous les théâtres, en général, lui doivent leurs plus harmonieux décors. Sans compter les nombreux théâtres particuliers pour lesquels il brosse chaque jour de délicieuses toiles de mises en scène. En ce moment, il finit les décors pour le théâtre des Arènes de Béziers de la pièce du Premier Glaive, et prépare les maquettes pour le théâtre de Sarah-Bernhardt.

 

 

 

de g. à dr. : Jambon, Bailly et des élèves

 

 

On peut dire que certaines pièces plus que médiocres n'ont vécu, même quelques jours, que grâce aux décors qui en rendaient souriante la nullité ; et quand même l'action est intéressante, ils ne font que la montrer plus saisissante pour les yeux en la classant davantage dans l'esprit, opérant le virement optique de la pensée dans la mémoire. Le décor est donc une des conditions essentielles du succès au théâtre, son illusion la plus puissante et son ingéniosité la plus artistique, et joint à la reconstitution des costumes ; on peut affirmer qu'il est l'expression synthétique de l’action.

 

(Gondy de Seinprez, Revue Illustrée, 20 décembre 1906)

 

 

 

 

 

Dans l'Hellade, film de 1909

 

 

 

 

 

 

Encylopédie