Louise JANSSEN

 

Louise Janssen dans l'acte II d'Armide (Armide) de Gluck

 

Louise Amalie dite Louise JANSSEN

 

soprano français d'origine danois

(Carlimagle-Noeland, Danemark, 05 octobre 1863 Lyon 1er, Rhône, 24 février 1938*)

 

 

Elle fit l’essentiel de sa carrière au Grand-Théâtre de Lyon où elle débuta le 24 octobre 1890 dans Faust (Marguerite). Elle y participa aux premières de Lohengrin (Elsa) le 26 février 1891 ; de Tannhäuser (Elisabeth) le 04 avril 1892 ; de la Walkyrie (Sieglind) le 04 janvier 1894 ; de la Jacquerie (Blanche de Sainte-Croix) le 27 novembre 1895 ; des Maîtres Chanteurs de Nuremberg (Eva) le 30 décembre 1896 ; de Tristan et Isolde (Isolde) le 06 mars 1900 ; de la Tétralogie [le Crépuscule des dieux (Brunnhilde)] le 05 avril 1903 ; d’Armor (Ked) le 22 novembre 1903. Elle fut un temps pensionnaire de l’Opéra de Paris, où elle chanta le rôle de Siegrune lors de la première de la Walkyrie.

« L’interprète n’est rien, s’il ne vit pas avec l’œuvre ; il devient fort ennuyeux s’il s’attache à chercher un misérable succès personnel. » (Louise Janssen)

Elle est décédée, célibataire, en son domicile, 50 rue Pierre-Dupont à Lyon.

 

=> les Premiers interprètes de Wagner en France : Louise Janssen (1927)

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Elle y débuta le 12 mai 1893 en participant à la première de la Walkyrie (Siegrune) de Richard Wagner [version française de Victor Wilder].

 

 

 

 

Louise Janssen dans l'acte II des Maîtres Chanteurs de Nuremberg (Eva)

 

 

 

Louise Janssen dans l'acte II de Lohengrin (Elsa)

 

 

 

Mlle Louise Janssen chanta pour la première fois à Lyon, au Grand-Théâtre, en 1891, et ses débuts, qui eurent le succès le plus grand, eurent lieu dans « Elsa » de Lohengrin. M. Alexandre Luigini, le distingué et aimable chef d'orchestre, aujourd'hui à l'Opéra-Comique, et qui était à l'époque au pupitre du Grand-Théâtre de Lyon, conserve le souvenir de ces représentations qui consacraient par un coup de maître le talent de Mlle Louise Janssen qui interpréta, dans la même saison et d'émouvante façon, les personnages d' « Elisabeth » de Tannhäuser, « Brünnhilde » de Sigurd. Nous avons sous les yeux les appréciations de la presse lyonnaise : toutes, sans aucune exception, sont extrêmement élogieuses. On sait que Lyon est une ville bien autrement difficile que Rouen — où le snobisme règne en souverain — et l'uniformité de ton de nos confrères, à louanger sans restriction aucune le beau talent de Mlle Louise Janssen, nous dispense de tous commentaires superflus.

 

L'écho de ces succès ne mit pas longtemps parvenir aux oreilles de M. Gailhard, et celui-ci fit signer de suite à la brillante artiste, un engagement qui la liait pour deux années à notre Académie Nationale de Musique.

 

Mais la nostalgie de Lyon reprit Mlle Louise Janssen qui rompit son engagement avec l'Opéra pour retourner sur la scène qui avait été témoin de ses premiers triomphes avec M. Vizentini. C'est sous la direction éclairée de ce dernier que Mlle Louise Janssen créa « Eva » des Maîtres Chanteurs, avec un éclat exceptionnel qui lui valut la  création de « Blanche » de la Jacquerie, de Lalo et Arthur Coquard. Cette interprétation fut l'occasion pour elle de recevoir les plus chaleureuses félicitations de la presse, en même temps que celles de M. Coquard et Lalo Fils.

 

Puis, Mlle Louise Janssen, désireuse de s'identifier complètement la Tétralogie, alla passer une année en Allemagne où elle travaille les œuvres wagnériennes avec Mme Materna, la cantatrice préférée de Richard Wagner. C'est sous les précieux conseils de cette grande artiste, que Mlle Louise Janssen étudia les personnages de « Brünnhilde » et « Kundry » de Parsifal.

 

Ou se souvient certainement encore du succès qui accueillit Mlle Louise Janssen à Paris, lorsque Tristan et Yseult fut donné au Nouveau-Théâtre, sous la direction Lamoureux. Le rôle d' « Yseult » fut un triomphal succès pour cette magnifique artiste. Aussi, Lyon s'empressa-t-il de monter l'ouvrage où Mlle Louise Janssen fut acclamée.

 

L'an dernier encore, Mlle Louise Janssen chantait — toujours à Lyon — « Sieglinde », et la saison actuelle vient de la voir triompher dans Armide, de Gluck, qui lui avait déjà valu un succès considérable en 1896 à Monte-Carlo, sous la direction de M. Raoul Gunsbourg.

 

Il est de toute évidence que pour garder, depuis dix ans, intacte et pure, la faveur du public lyonnais qui, comme nous le disions plus haut, est particulièrement difficile, il faut être au-dessus de toute critique, si légère soit-elle. Tel est le cas de l'admirable cantatrice d'incomparable style, Louise Janssen.

 

C'est sur cette irréfutable conclusion que s'arrêteront ces quelques notes biographiques, à notre grand regret, trop brèves.

 

(Journal des Théâtres, 01 février 1905)

 

 

 

 

 

Lyon, 25 février. – Mlle Louise Janssen, qui fut à Lyon créatrice de toutes les héroïnes wagnériennes, et qui fut sans doute une des plus remarquables interprètes des œuvres du maître de Bayreuth, est morte hier soir à l’âge de 74 ans, dans le petit appartement, rue Pierre-Dupont, où elle était venue se retirer après avoir abandonné la scène.

Le 5 décembre dernier, au cours d’un gala wagnérien, donné en son honneur à l’Opéra de Lyon, les fidèles admirateurs de la cantatrice lui rendirent un hommage qui devait être le dernier. Un bas-relief représentant ses traits fut inauguré à cette occasion.

(le Journal, 26 février 1938)

 

 

 

 

 

Louise Janssen dans l'acte II de l'Etranger (Vita)

 

 

 

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