Henri JÉRÔME

 

 

Jérôme GROSJEAN dit Henri JÉRÔME

 

ténor français

(rue Grosjean, Monplaisir, Lyon 3e, Rhône, 05 avril 1860* ap. 1917)

 

Fils de Marie GROSJEAN (Cusy, Haute-Savoie, 16 mai 1825 – Lyon 3e, 25 avril 1893*) chaudronnier, et d’Etiennette COLLOMB (Cusy, 15 mars 1830 – Lyon 3e, 16 août 1878*) ouvrière en soie [mariés à Lyon 3e le 15 janvier 1853*].

Epouse 1. à Paris 9e le 11 octobre 1888* (divorce à Bordeaux, Gironde, le 26 juillet 1897) Antoinette HUGUET (Lagnieu, Ain, 05 septembre 1866 –).

Epouse 2. à Barbaste, Lot-et-Garonne, le 14 mai 1898* (divorce avant 1918) Marie Célestine Anne Joséphine TRIAIRE (Constantinople, Turquie, 26 juillet 1873 –) [épouse 1. à Constantinople le 14 septembre 1889* (divorce le 13 mars 1895) Raymond Jean Martin SÉGURA (Toulouse, Haute-Garonne, 15 décembre 1858 –) artiste lyrique (remarié à Toulouse le 11 novembre 1901 avec Julie FOURQUAT)] ; parents d’Etiennette Henriette GROSJEAN (Barbaste, 04 août 1900* – Paris 10e, 23 juillet 1969) [épouse 1. à Saint-Mandé, Seine [auj. Hauts-de-Seine], le 12 mars 1918* Léon Alfred CARPENTIER (Le Vésinet, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 10 août 1885 –), ingénieur ; épouse 2. à Paris le 18 juin 1942 André Pierre ORLHAC].

 

 

Lauréat du Conservatoire de Lyon. Il entre ensuite au Conservatoire de Paris (élève de Crosti et de Ponchard) où il y remporta les premières récompenses : 2e accessit de chant en 1887, premier prix de chant en 1888, second prix d’opéra-comique en 1888. Il a débuté à l'Académie Nationale de Musique le 15 octobre 1888, dans le rôle de Faust, et y a tenu l'emploi de ténor pendant deux années. A chanté ensuite, avec grand succès, le répertoire d'opéra et d'opéra-comique sur les scènes suivantes : Grand-Théâtre de Bordeaux, où il chante les Huguenots, l'Africaine, la Favorite, le Prophète et participe aux premières d'Esclarmonde et de l'Attaque du moulin. Il quitte Bordeaux pour entrer au Théâtre National de l'Opéra-Comique (débuts en 1894) ; puis le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles ; tournées en Amérique ; Opéra de Nice ; représentations à Marseille, Alger, Grand-Théâtre de Lyon. Est engagé de nouveau à Nice pour la saison 1906-1907. Il a créé la Jacquerie (Robert) d'Edouard Lalo à l'Opéra de Monte-Carlo le 09 mars 1895, Princesse d'Auberge, à Bordeaux en 1898, et la première de la Tosca, à Lyon. Il a chanté successivement : Faust, Rigoletto, la Favorite, Lucie de Lammermoor, Roméo et Juliette, le Cid, Lohengrin, Sigurd, l'Africaine, les Huguenots, le Prophète, Esclarmonde, l'Attaque du Moulin, les Pêcheurs de perles, Carmen, Lakmé, la Vie de Bohème, Aïda, Messaline, Hérodiade, etc. En 1918, il était professeur de chant à Paris.

En 1888, il habitait 4 rue de Parme à Paris 9e ; en 1895, 90 rue de Rivoli à Paris 4e ; en 1898, à Barbaste (Lot-et-Garonne) ; en 1918, 166 rue Ordener à Paris 18e.

 

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il a débuté le 15 octobre 1888 dans Faust (Faust).

 

Il a chanté la Juive (Léopold, 1889) ; Rigoletto (le Duc, 1889) ; Hamlet (Laerte, 1889) ; Robert le Diable (Raimbaut, 1890).

 

Il a créé le 28 mai 1890 Zaïre (Nérestan) de Paul Véronge de La Nux.

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il a débuté le 15 novembre 1894 dans les Pêcheurs de perles (Nadir).

 

Il a créé le 07 juin 1895 Guernica de Paul Vidal ; Kermaria ; le 24 juin 1896 la Femme de Claude d'Albert Cahen ; le 08 février 1897 Kermaria (Yvon) de Camille Erlanger.

 

Il a participé aux premières, le 03 octobre 1895 de la Navarraise (Araquil) de Jules Massenet ; le 23 décembre 1895 de la Jacquerie (Robert) d'Edouard Lalo ; le 17 mai 1897 du Vaisseau fantôme (Erik) de Richard Wagner [version française de Charles Nuitter].

 

Il a chanté Carmen (Don José, 1896-1898).

 

 

 

 

 

L'Opéra nous a présenté lundi dernier un nouveau ténor, M. Jérôme, qui a fait son premier début dans Faust. C'est, si nous comptons bien, avec M. Saléza, Mlles Jeanne Durand, Agussol et Aussourd, le cinquième des élèves de notre Conservatoire qui affronte le public de nos théâtres depuis les derniers concours, ce qui ne prouve pas que l'institution soit aussi inutile que quelques-uns voudraient le donner à croire. M. Jérôme, élève de MM. Crosti et Ponchard, avait obtenu cette année un premier prix de chant et un second prix d'opéra-comique, et il serait mieux à sa place, croyons-nous, dans la maison de Grétry et de Boieldieu que dans celle où cohabitent MM. Ritt et Gailhard. Sa voix, qui est d'un assez joli timbre, manque de force et de volume, et le moindre effort semblerait devoir la briser. Le jeune artiste chante d'ailleurs non sans goût, avec une grâce aimable, et pour une première épreuve il ne s'est point montré maladroit comme comédien. Mais s'il articule avec netteté, il s'en faut que sa prononciation soit toujours heureuse, et il devra s'observer beaucoup sous ce rapport, de façon, par exemple, à ne pas dire demôre pour demeure et à ne pas orner le mot chaste d'une série d'accents circonflexes qui le rendent fort désagréable. En résumé, le début de M. Jérôme n'est point malheureux, et le jeune chanteur pourra rendre des services, à la condition essentielle de s'en tenir aux rôles de grâce et aux ouvrages de demi-caractère. Un bon point, dans cette représentation, à M. Delmas, qui tient avec talent et presque avec autorité le rôle de Méphistophélès.

(Le Ménestrel n° 3003, dimanche 21 octobre 1888)

 

A l'Opéra, quatre débuts dont les plus dignes d'attention m'ont paru être ceux de Mlle Agussol dans les Huguenots et celui de M. Jérôme dans Faust. Assez petit, mais « fait avec soin » comme le jeune Hassan du poème de Namouna, M. Jérôme est doué d'une voix charmante, et de suffisante portée ; il chante avec goût, il joue avec naturel. C'est une bonne acquisition pour l'Opéra où Faust, qui caractérise les rôles de son emploi, revient si régulièrement sur l'affiche, étant, à juste titre, la pièce de fond du répertoire moderne.

(Louis Gallet, la Nouvelle Revue, 01 novembre 1888)

 

Monnaie de Bruxelles. — Faust nous a fait revoir M. Jérôme, plus apprécié et plus applaudi encore qu'il ne l'avait été dans les Pêcheurs de perles ; et nous le reverrons lundi ou mardi dans Princesse d'auberge, qu'il a créé l'an dernier à Bordeaux.

(Le Ménestrel n° 3573, dimanche 17 septembre 1899)

 

 

 

 

 

 

Discographie

 

N° catalogue N° matrice Date d'enreg. Compositeur Librettistes Œuvre Extrait Interprètes Accompagnement
FONOTIPIA (Paris)
39280 xPh 713-2 1905 VERDI (Giuseppe) trad fr Edouard Duprez RIGOLETTO Ballade "Qu'une belle" Henri JÉRÔME, ténor de l'Opéra Piano
39281 xPh 715 1905 VERDI (Giuseppe) trad fr Edouard Duprez RIGOLETTO "Comme la plume au vent" Henri JÉRÔME, ténor de l'Opéra Piano
39282 xPh 721-2 1905 BRUNEAU (Alfred) Louis Gallet ATTAQUE DU MOULIN (L') Adieux à la forêt Henri JÉRÔME, ténor de l'Opéra Piano
39283 xPh 722-2 1905 DELIBES (Léo) Philippe Gille et Edmond Gondinet LAKMé "Fantaisie aux divins mensonges" Henri JÉRÔME, ténor de l'Opéra Piano
39284 xPh 714-3 1905 MASSENET (Jules) Paul Milliet et Henri Grémont HéRODIADE "Adieu donc, vains objets" Henri JÉRÔME, ténor de l'Opéra Piano
39285 xPh 717-2 1905 REYER (Ernest) Camille Du Locle et Alfred Blau SIGURD "Esprits, gardiens de ces lieux vénérés" Henri JÉRÔME, ténor de l'Opéra Piano

 

 

 

Voir les enregistrements d'Hérodiade (acte IV "Ne pouvant réprimer")

 

 

 

   

 

 

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