Célestin JOUBERT

 

         

médaille en bronze par Charles Pillet

 

Martin Célestin dit Célestin JOUBERT

 

éditeur de musique français

(Saint-Savin-de-Blaye, Gironde, 23 juillet 1861* Varsovie, Pologne, 11 juin 1934)

 

Fils de Robert JOUBERT (1816 –), sellier, et de Marie CHAPRON (1828 –).

Epouse en 1899 Louise BATHLOT [épouse 1. avril 1885 Camille HÉRAUD ; épouse 2. Philippe MAQUET], fille de Louis BATHLOT, éditeur de musique (Vitting, Meurthe, 1838 – 1907) ; parents de Robert André JOUBERT ( Paris, 01 avril 1969).

 

 

Il a travaillé comme avocat à Bordeaux puis à Paris, où il est devenu en 1891 le partenaire de son client Louis Bathlot, éditeur de musique depuis 1868 (Bathlot et Joubert, éditeurs de musique, 39 rue de l’Echiquier à Paris 10e). En 1897, il a racheté le fonds Bathlot et s’est installé 25 rue d’Hauteville à Paris 10e, éditant des opérettes et des œuvres légères, ainsi que des compositions de Rossini, Franck, Berlioz, Offenbach et Saint-Saëns. En 1899, il épousa la fille de Bathlot, veuve de Philippe Maquet. Il prit donc possession du catalogue des frères Brandus, que Philippe Maquet avait acquis en 1887. Son fils Robert André Joubert a hérité de son entreprise, rachetée en 1970 par les éditions Chappell. Il fut également maire de Saint-Savin (Gironde) de 1913 à 1934. Il fut nommé chevalier (20 octobre 1911), puis officier (30 juillet 1925) de la Légion d'honneur. Président de la Sacem pendant dix-neuf ans entre 1903 et 1932, il est décédé à Varsovie lors d’un congrès de cet organisme.

Il possédait le château de Moulineux, près d’Etampes (Essonne).

 

 

 

 

[à propos de Louis Bathlot]

L’Affaire des éditeurs de musique.

Nous rencontrons aujourd'hui, assis sur le banc des accusés, à la cour d'assises, un éditeur de musique et six garçons de magasin.

Ils déclarent se nommer :

Pierre-Victor Blanc, âgé de trente et un ans, employé de commerce, demeurant à Paris, rue Saint-Placide, 52 ;

Jean-Baptiste Ferdinand, né à Saint-Vit, arrondissement de Besançon, garçon de magasin, demeurant à Paris, faubourg Saint-Honoré, 25 ;

Joseph-Etienne Taramarcaz, né à Sembranches (Suisse), âgé de 28 ans, garçon de magasin, demeurant à Paris, rue Cadet, 7 ;

Claude Guy, âgé de 42 ans, né à Hauterives, arrondissement de Valence (Drôme), commis, demeurant à Paris, rue Saint-Placide, 52 ;

François-Eugène Girard, né à Saint-Vit (Doubs), âgé de 32 ans, demeurant à Paris, rue d'Argout;

Nicolas-Joseph Mascaux, né à Saint-Aubert (Nord), âgé de 31 ans, garçon de magasin, demeurant à Paris, rue Saint-Honoré, 182 ;

Louis Bathlot, né à Vitting (Lorraine), âgé de trente-cinq ans, éditeur de musique, demeurant à Paris, rue de 1'Echiquier, 37.

Un huitième accusé, Joseph Closouit, né à Martigny-Ville (Suisse), garçon de magasin, est en fuite.

Tous sont sans antécédents judiciaires.

Les éditeurs de musique s'apercevaient depuis assez longtemps de soustractions frauduleuses opérées à leur préjudice. Des morceaux de prix, souvent des partitions d'opéra tout entières, disparaissaient de leurs magasins, comme par enchantement. Toutes les recherches pour découvrir les coupables n'aboutissaient à rien ; la constatation même du fait de détournement paraissait chose impossible. Cela tenait à l'organisation de la bande, qui disposait de moyens infaillibles.

L'éditeur Brandus, mort il y a quelques jours, fut le premier à découvrir l'origine des vols. Il surprit son employé, Victor Blanc, en flagrant délit et le livra à la justice.

Une fois cet homme pris, le reste de la bande devait tomber sous la férule du parquet. Une instruction, longue, laborieuse, révèle l'existence d'une association organisée entre divers garçons de magasin, qui par leur façon de procéder avaient pu déjouer la surveillance des patrons.

Leur mode de procéder était uniforme et d'une simplicité rare.

Chacun des individus, faisant partie de l'association, au lieu de payer la musique qu'il avait mission d'acheter chez les confrères de son patron, recevait des morceaux volés ; et, en échange du service rendu, remettait en retour à son complice de la musique également soustraite dans la maison où il servait.

Trois des accusés, Taramascaz, Guy et Mascaux, sont acquittés.

Le verdict du jury est affirmatif à l'égard des autres, mais leur reconnaît des circonstances atténuantes.

La cour condamne : Blanc et Ferdinand à trois ans de prison et Bathlot à quatre ans de la même peine.

(le Rappel, 18 février 1873)

 

 

 

 

 

Il a fait ses études dans l'Université et possède le grade de licencié en droit.

 

Entré dans la basoche en 1879, après avoir été maître clerc d'avoué à Paris pendant sept ans, il en sortit, en 1889, pour épouser Mlle Bathlot, la fille de l'éditeur des célèbres Cloches de Corneville.

 

Associé de son beau-père, immédiatement après son mariage, il resta seul en 1895, à la tête de la maison et transporta son siège 25, rue d'Hauteville. Il a donné à cette maison une grande extension avec une installation très moderne.

 

M. Joubert est comme le roi d'Yvetot. Se couchant tard, se levant tôt, on le voit partout : au théâtre, au concert, chez lui, toujours frais et dispos ; comme homme privé, c'est l'urbanité même et on fait jamais antichambre chez lui.

 

Le sympathique éditeur est propriétaire de : les Cloches de Corneville, Surcouf, Héloïse et Abélard, Niniche, la Roussotte, l'Œil crevé, la Fille de Madame Angot, le Cœur et la Main, la Grande-duchesse de Gerolstein, en un mot, du répertoire de Planquette, Lecocq, Offenbach, Litolff, Hervé, etc.

 

Il possède également tout le répertoire d'opéra et d'opéra-comique des maisons Royol et Bathlot ainsi que plusieurs milliers de vaudevilles.

 

Son répertoire d'opérettes et de concert en un acte, qui s'accroît de toutes les nouveautés, est certainement le plus considérable dans ce genre, en même temps que le plus joué à Paris comme en province et à l'étranger.

 

M. Joubert, dont les qualités d'initiative, d'organisation et le goût artistique sont reconnus par tous ses confrères, est syndic de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique depuis le 16 décembre 1897. Au mois de mars 1899 il s'est rendu acquéreur, moyennant la somme de un million, du fonds Philippe Maquet, successeur de Brandus et Dufour.

 

(Annuaire des Artistes, 1902)

 

 

 

 

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